IOT

  • UNESCO : rapport du groupe de travail Santé digitale lutter contre les maladies non-transmissibles

    La commission broadband pour le développement durable et son groupe de travail consacré à la santé digitale au sein de l’UNESCO travaillent depuis 2010 à la réalisation des engagements du programme pour le développement durable de l’Agenda 2030. En septembre 2018, elle a restitué les conclusions de son rapport « The Promise of Digital Health ».

    En 2017, le groupe de travail de la commission « broadband«  de l’Organisation des nations unies (ONU) dédié à la santé digitale a publié son rapport « Santé Digitale : un appel aux états à la coopération internationale à travers les NTIC pour le secteur de la santé » afin d’inciter les gouvernements à développer et à décloisonner une santé digitale encore trop fragmentée.

    Cette année, le groupe de travail co-présidé par la Fondation Novartis et le groupe Intel identifie la santé digitale comme moyen de lutte contre les maladies non transmissibles, via une approche par les soins primaires, afin de favoriser l’accès universel aux soins (UCH- Universal Health Coverage) dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

    • Publics concernés : administrations et institutionnels, organisations internationales, donateurs, personnalités du secteur privé, ONG et autres acteurs de la société civile œuvrant dans la promotion internationale de la santé digitale.
    • Objectif : proposer des recommandations pratiques afin de déployer des solutions digitales durables et compatibles avec les systèmes de santé existants.
    • Restitution : septembre 2018, en marge du Haut sommet des Nations unies pour les maladies non-transmissibles.

    Chiffres clés

    Les auteurs du rapport « The Promise of Digital Health » indiquent que :

    • plus de 40 millions de décès sont liés chaque année à une maladie non-transmissibles tel que le diabète ou les maladies cardiaques.

    • 85 % de ces décès ont lieu dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire.

    Les innovations de la santé digitale permettent une meilleure offre de soins aux professionnels de santé, des outils au suivi de leur propre santé pour les patients, et un appui au système de santé existant pour les états. 

  • CardioRenal s’associe avec le CEA pour perfectionner son DM de télémédecine de surveillance

    Un accord de co-développement pluriannuel a été signé entre la start-up CardioRenal, à l’origine d’un dispositif de télémédecine pour les patients insuffisants cardiaques, et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) afin de perfectionner le dispositif existant de cette première, selon un communiqué rendu public le 8 octobre 2018.

    Le partenariat en question donne la possibilité à CardioRenal de bénéficier de l’expérience et des infrastructures du CEA pour poursuivre le développement de capteurs incorporant les technologies d’électrochimie et de microfluidique de dernière génération dans son boîtier, capable de détecter à partir d’une goutte de sang les signes d’un problème cardiaque.

    L’objectif de l’alliance consiste à accélérer la commercialisation de son laboratoire d’analyse de sang utilisable à domicile par les patients insuffisants cardiaques.

    Analyse de sang, lecture et transfert de données

    CardioRenal a mis au point un dispositif reposant sur une mini boîtier équipé d’une micro puce qui permet l’auto-suivi de paramètres biologiques des patients insuffisants cardiaques dans le but de leur éviter des hospitalisations et le poids que ces dernières entraînent sur le système de santé. 

    Une goutte de sang apposée sur le boîtier déclenche la mesure de l’hémoglobine et du niveau de potassium et de créatinine pour s’assurer de la bonne fonction rénale. Ce boîtier s’insère dans un lecteur électronique qui lit les résultats de la micro puce intégrée et transfère les données dans des centres de data où elles sont stockées et peuvent être consultées par un professionnel de santé. L’examen des données peut donner lieu à une modification du traitement prescrit.

    L’objectif est de réduire les hospitalisations inutiles et évitables mais aussi d’améliorer la qualité de vie et le taux de survie des patients insuffisants cardiaques.

    La collaboration avec le CEA au service du perfectionnement des capteurs électrochimiques

    L’expertise du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives sera exploitée pour faire évoluer les capteurs électrochimiques inclus dans la puce microfluidique qui permet les mesures des paramètres biologiques du patient.

    CardioRenal s’était déjà associé avec Servier pour obtenir un soutien au cours de la phase de développement réglementaire et de la preuve clinique du dispositif.

    « La solidité scientifique du CEA-Leti ainsi que la richesse de ses équipes scientifiques sont pour nous le gage que nous allons continuer de bénéficier d’un savoir-faire de niveau mondial », a déclaré Maurice Bérenger, P.-D.G. de CardioRenal.

    Outre l’appui en recherche et développement des équipes du CEA, cet accord permettra à CardioRenal de bénéficier de l’appui de Hub4AIM, une alliance de partenaires académiques et industriels dotés des compétences nécessaires à toute la pré-industrialisation des dispositifs médicaux innovants.

    « Le Leti est heureux d’accompagner CardioRenal dans les améliorations de son dispositif de suivi à domicile des patients insuffisants cardiaques. Le laboratoire commun permettra à l’équipe CardioRenal d’accéder à l’intégralité des moyens et compétences du Leti dans l’objectif d’augmenter l’avance technologique de CardioRenal et d’accélérer sa mise sur le marché », a indiqué Emmanuel Sabonnadière, directeur du Leti.

  • Les enjeux autour de l’évaluation des IoT et leur impact sur l’offre de soins (univ. Paris Diderot)

    Le 8 octobre 2018 se déroulaient les premières rencontres académiques de l’évaluation des objets connectés en santé organisées par l’AP-HP, l’université Paris Diderot et l’Inria. Face aux objets connectés (IoT), les attentes et les espoirs sont immenses mais les questions qu’ils soulèvent sont aussi nombreuses et requièrent une réflexion interdisciplinaire que les trois acteurs ont décidé d’entreprendre. 

    Cette assemblée visait entre autres à interroger les enjeux autour de l’évaluation des IoT afin de garantir que le développent intérêt du patient.

    Des différentes interventions, il est ressorti que les IoT en santé bousculeront plusieurs domaines :
    • les données : un cadre réglementaire d’accès aux donnée est nécessaire mais peut avoir moins d’impact sur les acteurs de taille et il faudrait davantage réguler les usages des données ;
    • le modèle assurantiel : la disponibilité des données médicales de divers type ne pourra pas être sans conséquence sur les modèles d’assurance en santé actuels ;
    • les business models : les start-ups doivent être résolument plus proches des professionnels des usages qui seront fait des solutions qu’elle proposent ;
    • intelligence artificielle (IA) : les véritables enjeux autour de l’IA telle qu’elle est en train de se développer sont la traçabilité et « l’explicabilité » des algorithmes sur lesquels les outils reposent.

    Après avoir investi le champ du bien-être et du quantified-self*, des IoT se sont invités dans le champs de la santé dans lequel les domaines d’application sont nombreux, notamment dans le cadre du suivi à distance. Les acteurs académiques ont considéré qu’il fallait donc s’intéresser aux questions d’ordre éthique, économique, clinique, psychologique, sociétal, technologique et numérique.

    Changements de paradigmes et besoin d’interdisciplinarité

    Au cours de l’introduction, Martin Hirsch soulignait l’avènement des IoT et la nécessité d’être capable des les évaluer. Cette évaluation implique, selon lui, une analyse du service médical rendu ainsi que des effets indésirables, au même titre que se fait l’évaluation des effets indésirables liés aux médicaments.

    Il avance par ailleurs que les IoT changent les paradigmes qui régissaient le système des soins, soit :

    • le rapport entre le médecin et le malade ;
    • le rapport du malade au système de santé ;
    • les conditions économiques dans lesquelles s’exerce le soin.

    Selon Martin Hirsch, forger des outils et des doctrines constitue un enjeu stratégique à échelle mondiale pour les soins de demain pour ne pas se faire dépasser par l’avalanche des IoT.

    Christine Clerici, présidente de l’université Paris Diderot, soulignait dans son discours introductif la nécessité de l’interdisciplinarité dans le cadre de cette analyse qui ne peut que se placer à l’intersection des sciences fondamentales, naturelles et humaines.

    Elle soulignait également que la question sous-jacente aux IoT concernait les données. Elle préconisait une attention particulière au moment d’exploiter les données recueillies à l’aide d’outils technologiques par le patient car ce dernier n’est pas un professionnel de santé.

    Ainsi, selon Christine Clerici, la dimension clé dans la question du recueil, de l’évaluation et de l’exploitation des donnés réside dans leur fiabilité.

    Le modèle assurantiel sera chamboulé par la disponibilité des données générées par les IoT

    Durant son intervention, le Pr Étienne Minvielle, titulaire de la Chaire de Management, directeur de l’équipe d’accueil management des Organisations de Santé (EA 7348 MOS) et en charge de la mission « parcours innovant » à l’institut de cancérologie Gustave Roussy, s’est attaché à soulever les questions autour de la pénétration des IoT dans le secteur des soins.

    Parmi les principaux points qu’il a soulevés, on peut noter sa vision de l’impact des IoT sur le secteur de l’assurance en santé. 

    Il fait remarquer qu’à la suite de la disponibilité des données médicales générées par les IoT, les assureurs :

    • auront une meilleure connaissance du risque encouru par chaque individu et des comportements adoptés face au risque ;
    • des actions de prévention des facteurs de risques personnalisées en complément de la gestion de la réparation médicale et qui soient d’application directe par le biais des employeurs.

    L’autre versant de cette disponibilité des données massive comporte les risques et les questions qui y sont associés :

    • l’intrusion d’autres acteurs dans les informations confidentielles tels que les GAFA ;
    • la justification du maintien de la solidarité collective face au risque personnalisé ;
    • le risque d’accroissement d’inégalités fondées sur les IoT ou les connaissances provenant de données massives qu’ils permettent de générer : la fracture numérique, la cybersécurité, la discrimination génétique, la couverture assurantielle, etc.

    Au final, selon lui la meilleure contribution des IoT à la santé des personnes réside dans la personnalisation des soins qu’ils permettent.

    Réglementer l’usage des données ?

    Interrogé par un auditeur sur la politique réglementaire et le cadre juridique à construire autour des données de santé, le Pr Étienne Minvielle se montre réaliste. Il juge qu’un cadre juridique strict ne suffirait pas pour empêcher les GAFA d’obtenir et d’utiliser les données personnelles des patients. Aux États-Unis, par exemple, où la réglementation est moins stricte ou insuffisante, ils les utilisent déjà.

    Une solution serait de réguler les usages qu’ont les acteurs des données. Ainsi, les ceux qui souhaiteraient exploiter les données de santé devraient passer par une accréditation émise par un organisme indépendant qui entérinerait l’usage qu’ils comptent en faire pour qu’une relation de confiance puisse s’établir.

    Les écueils à éviter par les start-ups, principaux acteurs de l’écosystème des IoT

    Le Pr Etienne Minvielle soulignait que dans le cadre des IoT touchant à la santé des citoyens, nous sommes dans des temps longs et des cycles de recherche et d’autorisation des dispositifs fidèles aux cycles d’évaluation dans le domaine de la santé. Il s’agit là du premier constat que les start-ups doivent intégrer dans leur business model pour éviter de s’essouffler à mi-chemin.

    Autres considérations à prendre en compte :

    • associer les professionnels de santé à leur projet le plutôt possible afin de répondre correctement à la question de l’usage qui est cruciale – la solution proposée doit répondre à un besoin précis d’une communauté de professionnels de santé ;
    • ne pas attendre et oublier de procéder à l’évaluation de la valeur ajoutée d’une solution dès le « temps zéro », car si une analyse est basée sur les données, les données de départ sont tout aussi importantes que les données postérieures ;
    • ne pas écarter les considérations économiques dès l’éclosion des projets car actuellement les IoT de bien-être et de santé ne font pas généralement l’objet d’un remboursement ;
    • bien définir le marché de lancement qui doit être favorable aux solutions technologiques, donc ne pas écarter la possibilité de s’exporter avant de revenir à la conquête du marché français.

    L’IA n’est pas porteuse d’un changement de paradigme ni de révolution mais va continuer à faciliter le travail des professionnels

    Le défi majeur lié à l’IA réside dans la traçabilité

    Selon Eric Fleury, directeur de l’Inria, l’intelligence artificielle (IA) a depuis longtemps été un facilitateur dans le domaine de la santé. Par ailleurs, la « e-santé » et la « e-médecine » sont selon lui deux concepts différents. le premier est lié au bien-être et le second à la médecine. Ainsi, les IoT n’évoluent pas de la même façon dans ces deux domaines.

    Ainsi, lorsque l’on parle de la médecine, le défi majeur associé aux solutions reposant sur l’IA est celui de « la traçabilité et de l’explicabilité », à savoir une démarche qui consiste à rendre toute décision apportée par une solution d’intelligence artificielle transparente en mettant à nu tous les éléments de la chaîne du processus qui a abouti à la proposition d’une solution.

    Les données nourrissant l’IA doivent être fiables

    Selon lui, la rupture peut se situer dans le domaine économique et plus précisément dans l’économie de l’assurance qui pourra être bouleversée.

    Il faut aussi calmer certaines ardeurs quant aux aspirations qui existent autour des données car pour arriver à de bonnes conclusions permettant de vérifier une hypothèse scientifique, il faut se fonder sur des données fiables, soit celles produites dans le cadre d’une expérience scientifique. Ainsi, la gratuité ou la disponibilité de données multiples provenant de sources multiples n’est pas forcément la méthode scientifique la plus adaptée.

  • Soutien à la French Tech : création d’un fonds dédié, captage de talents et développements locaux

    Les axes de développement de l’écosystème French Tech annoncés par Mounir Mahjoubi, alors encore secrétaire d’État en charge du Numérique, sont :
    • l’accompagnement des scale-ups et la promotion de la « tech for good » ;
    • l’attractivité des talents et le développement de la French Tech dans les territoires ; 
    • un fonds de soutien à la communauté French Tech – le French Tech Community Fund.

    Ces priorités pour le développement de la French Tech ont été annoncées à l’issue de la réunion entre le secrétaire d’État et plus de 90 personnes de l’écosystème French Tech – entrepreneurs, représentants des métropoles et des hubs French Tech, représentants institutionnels des régions et métropoles – qui s’est tenue le 10 octobre 2018, au lendemain de la visite à la Station F du Président de la République, Emmanuel Macron.

    Le French Tech Community Fund, un fonds de soutien

    Ce fonds sera mis en place début 2019 afin d’appuyer les initiatives des entrepreneurs, des communautés et des capitales French tech.

    Il sera alimenté par l’État, qui fournira un financement d’amorçage, et par les partenaires de la French Tech parmi lesquels on trouve les grands groupes, les fonds d’investissement et les start-ups bien établies.

    Les fonds réunis ont vocation à financer des événements, l’ouverture de nouveaux lieux de la French Tech, de nouveaux outils, etc.

    Accompagnement au cours de la phase de croissance et constitution d’un vivier de talents

    Parmi les priorités annoncées pour la French Tech :

    • l’accompagnement des start-ups en hyper-croissance, les scale-ups ;
    • la promotion de la Tech for Good : l’écosystème French Tech doit s’inspirer et inspirer des valeurs au service de la résolution des grands défis de la planète et des humains.

    Une autre priorité concerne également l’attractivité des talents au service de laquelle une politique de délivrance de visas assouplie et accélérée pour le recrutement de talents étrangers sera mise en place dès le 1er mars 2019.

    Installer la French Tech dans les territoires

    La French Tech reposait jusqu’à présent sur 13 métropoles French Tech et 22 hubs de la French Tech installés à l’étranger. Pour favoriser la pénétration de la French Tech au sein des territoires, un dispositif à deux niveaux est proposé :

    • installation de communautés French Tech en France et à l’international dès qu’une trentaine d’entrepreneurs sont présents sur un territoire géographique et/ou autour d’un thème donné dans l’objectif de promouvoir leur écosystème. Une trentaine de communautés devraient d’ores et déjà pouvoir se constituer ;
    • labellisation de capitales French Tech qui sont au centre d’un écosystème particulièrement dynamique composé de start-ups en hyper-croissance et au sein duquel un fort soutien des collectivités locales est avéré.

    La mission French Tech va constituer une liste de critères de reconnaissance des communautés et des capitales dans une approche collaborative avec les entrepreneurs et les équipes actuelles des hubs et métropoles.

  • Les plateformes de télémédecine d’Auvergne et de Rhône-Alpes fusionnent via l’outil Estela

    Depuis le 13 septembre 2018, les groupements de coopération sanitaire (GCS) Sisra (Rhône-Alpes) et Simpa (Auvergne) proposent aux établissements de soins une solution unique sur l’ensemble de la région par le biais de la plateforme Estela. La fusion de leurs offres de télémédecine respectives, lancées en 2013, a été officialisée le 8 octobre 2018, l’accord cadre entre les deux anciennes solutions régionales étant arrivé à terme fin septembre.
    Les deux GCS ne forment plus qu’une seule équipe opérationnelle sur l’ensemble de la région depuis juillet.

    Le dispositif Estela se base sur le logiciel Covotem de Covalia (Maincare Solutions) et est accessible par le biais d’un accord cadre conclu avec le groupement d’intérêt public Réseau des acheteurs hospitaliers (Resah), auquel les GCS e-santé régionaux sont adhérents.
    Les GCS Sisra et Simpa, constitués en centrale d’achat, proposent aux établissements membres des tarifs négociés permettant d’accéder à l’outil Estela pour pratiquer des actes de téléconsultation et de télé-expertises dans tous les domaines cliniques.

    « Cette solution a déjà largement fait ses preuves en Auvergne depuis 2013, notamment sur les filières AVC et neurochirurgie, et en Rhône-Alpes pour des téléconsultations en milieu carcéral et en dermatologie », indiquent les deux groupements de coopération sanitaire dans leur communiqué.

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  • Appel à patients chroniques : l’AP-HP vise les 100 000 volontaires pour sa communauté ComPaRe

    Dans le cadre de sa communauté de patients pour la recherche ComPaRe, l’Assistance Publique – Hopitaux de Paris (AP-HP) a lancé le 4 octobre 2018 un appel à patients souffrant de maladies chroniques. Toutes les maladies sont concernées :
    • les maladies fréquentes comme le diabète, la bronchite chronique, le cancer, l’hypertension artérielle, la lombalgie chronique ;
    • les maladies moins connues comme le vitiligo, l’endométriose, la maladie de Verneuil, la maladie de Crohn ou encore d’autres maladies rares.

    L’objectif est de constituer une communauté de 100 000 patients volontaires pour apporter, par la recherche clinique, des connaissances nécessaires à l’amélioration de la qualité de vie des patients et de la prise en charge de leur maladie chronique.

    Les informations dans la cadre de cette recherche sont hébergées par la plateforme de recherche publique portée par l’AP-HP, ComPaRe, pilotée par le directeur du Centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu, le Pr Philippe Ravaud.

    Contribuer à la recherche en fournissant des données ou en la façonnant

    Les conditions d’accès sont les suivantes :

    • être majeur ;
    • être détenteur d’une adresse de messagerie électronique ;
    • être pris en charge pour une ou plusieurs maladies chroniques (c’est-à-dire une affection nécessitant un suivi médical de plus de six mois).

    Données impactant 20 millions de personnes

    Actuellement, à peu près un tiers de la population française souffre d’une maladie chronique soit environ 20 millions de personnes. Améliorer la recherche dans ce domaine contribuerait à éviter à ce que la qualité de vie ne soit pas détériorée de façon considérable par la pathologie à cause, notamment, d’errances de diagnostic, de complications ou d’invalidités et de souffrances physiques et morales associées.

    Aujourd’hui, 7 000 volontaires ont adhéré à ComPaRe tout comme 29 associations de patients partenaires, depuis le lancement de la plateforme en 2017 sous la direction du Pr Philippe Ravaud, directeur du centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu AP-HP.

    Actuellement, sept cohortes dédiées au diabète, à la maladie de Verneuil, au vitiligo, à la lombalgie chronique, aux maladies rénales, aux vascularites et à l’hypertension artérielle ont été mises en place. Il est prévu que quatre autres cohortes spécifiques soient constituées d’ici la fin 2018.

    Recueil des données via des questionnaires via la plateforme

    Les patients volontaires  s’inscrivent et contribuent directement en ligne, sur la plateforme hébergée et sécurisée https://compare.aphp.fr.

    Ils répondent aux questionnaires élaborés par des chercheurs qui portent sur des dimensions liées directement à leurs maladies, les symptômes associés, les traitements reçus, mais également sur des  aspects liés à leurs perceptions et ressentis : le vécu et l’impact de la maladie sur leur vie quotidienne et la qualité de vie. En fonction de la pathologie, renseigner les questionnaires peut prendre entre 10 et 30 minutes par mois.

    Le traitement de ces données doit permettre aux chercheurs d’identifier des pistes pour améliorer la qualité de vie et la prise en charge des patients.

    Participer aux instances de gouvernance

    Les patients volontaires peuvent aussi apporter leurs contributions à toutes les étapes de la recherche clinique :

    • gouvernance des études via les conseils scientifiques ;
    • conception des études (proposition et choix des questions et des informations recueillies, etc.) ;
    • réalisation des études (aide au recrutement d’autres patients et à la promotion de la communauté via les Patients Ambassadeurs, analyse des données avec les chercheurs…).
  • L’UNPS et l’Uncam signent le nouvel Acip : les outils numériques au cœur de la stratégie à 5 ans

    L’Accord Cadre Interprofessionnel (Acip) fixant les lignes directrices des prochains accords conventionnels pour les cinq années à venir a été signé le 10 octobre 2018 entre l’Union Nationale des Professionnels de Santé (UNPS) et l’Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie (Uncam) siège de l’Assurance Maladie.

    Il s’agit d’un cadre structurant qui définit la dynamique à poursuivre par la voie conventionnelle et qui s’articule autour de trois axes-clés :
    • le déploiement d’outils favorisant l’exercice coordonné ;
    • la généralisation de la prise en charge coordonnée des patients ;
    • la simplification des conditions d’exercice des professionnels de santé.

    Ces axes s’inscrivent dans le cadre de la stratégie de transformation du système de santé, Ma santé 2022, présentée le 18 septembre 2018 et qui nourrit les ambitions suivantes : conforter l’offre de soins de premier recours ; renforcer la prévention, l’efficience et la qualité de la prise en charge des patients ; améliorer l’articulation entre les établissements de santé et l’ambulatoire pour assurer la continuité des parcours des patients ; améliorer les conditions d’exercice des professionnels de santé.

    L’Union Nationale des Professionnels de Santé (UNPS) représentait 12 professions de santé : médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, pharmaciens d’officine, biologistes responsables infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues, audioprothésistes et transporteurs sanitaires.

    Dans l’Acip est inscrite la reconnaissance de l’importance du recours aux outils numériques comme moyens de faciliter les échanges entre professionnels de santé au service d’une prise en charge des patients de qualité.

    Accompagner le déploiement d’outils numériques favorisant l’exercice coordonné

    C’est pourquoi les deux acteurs se sont entendus sur e bien-fondé des outils suivants et leur déploiement accéléré :

    • le Dossier Médical Partagé (DMP) : un objectif de 40 millions de DMP ouverts d’ici à 5 ans a été fixé dans l’Acip. Les professionnels de santé sont invités à y intégrer le volet de synthèse médicale, les résultats d’examen et les vaccinations, alors que des travaux devraient être engagés avec les éditeurs de logiciels dans l’objectif de faciliter l’intégration automatique de données structurées dans le DMP ;
    • la Messageries Sécurisées de Santé (MSSanté) dont l’usage généralisé par l’ensemble des professionnels de santé devrait se faire d’ici à 3 ans ;
    • un calendrier progressif de 4 ans du déploiement de la e-prescription (selon le type de prescriptions, en commençant d’abord par les médicaments puis en s’étendant ensuite sur les examens de biologie, d’imagerie et les actes infirmiers) a été arrêté : la prescription électronique permet de simplifier et sécuriser le circuit de l’ordonnance, de fluidifier les échanges entre les médecins et les professions prescrites, et de favoriser la coordination des soins ;
    • l’équipement pour effectuer des actes télémédecine : les outils et les organisations nouvelles facilitant le recours à la télémédecine vont être associés à une aide à l’investissement technique que leur mise en place requière.

    Développer la prise en charge coordonnée des patients

    Les outils numériques dont le déploiement est encouragé par l’Acip sont au service d’une prise en charge coordonnée des patients, qui est également formalisée dans l’accord signé :

    • l’Acip acte le principe de la nécessaire généralisation de l’exercice coordonné qui sera repris dans tous les accords conventionnels à venir. Cet exercice coordonné peut prendre plusieurs formes :
      • maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) ;
      • équipes de soins primaires ;
      • toute forme d’organisation pluriprofessionnelle générant une réponse coordonnée de proximité ;
    • nécessité pour les professionnels de santé d’organiser à l’échelle de leur territoire une réponse collective aux besoins de santé de la population dans le cadre de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ;
    • la pratique coordonnée de la médecine pourra s’appuyer sur le recours et l’essor des pratiques de télémédecine rendant possibles une prise en charge et un suivi plus rapides sur l’ensemble du territoire ;
    • l’exercice coordonné doit enfin favoriser l’implication des professionnels de santé dans les actions et programmes de prévention et de promotion de la santé.

    Simplifier les conditions d’exercices des professionnels de santé

    Les priorités ici consistent à :

    • maintenir l’accompagnement individualisé des professionnels avec les praticiens-conseils et les délégués d’assurance maladie sous forme d’échanges confraternels autour :
      • de cas-patients ;
      • de pathologies, orientés vers le parcours de soins des patients ;
    • proposer un accompagnement des professionnels par des conseillers informatiques dans le domaine des outils numériques fondamentaux, mais à la fois les télé-services.

  • Health Data Hub : A.Buzyn souhaite un lancement d’ici juin 2019 et nomme J-M. Aubert pilote du projet

    « Il serait bien de tabler sur un lancement officiel du Health Data Hub d’ici juin 2019 », a demandé aux pilotes du projet la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn ce vendredi 12 octobre 2018 lors de la remise du rapport portant sur les conclusions de la mission de préfiguration du hub, qui vise à mutualiser des ressources technologiques et humaines et à promouvoir l’innovation pour faire de la France un leader des données de santé. « Il y a urgence à agir », a souligné la ministre.

    Les trois auteurs du texte, Dominique Polton, présidente de l’Institut national des données en santé (INDS), Marc Cuggia, professeur d’informatique médicale et praticien hospitalier au CHU de Rennes, et Gilles Wainrib, président fondateur de la start-up Owkin, ont présenté l’avancée du projet à la ministre et
    à Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du Numérique, précisant que 110 auditions, 5 ateliers thématiques et un benchmark international avaient été menés sur les trois derniers mois et que les conditions de construction du hub avaient été fixées.

    Durant cette remise, les trois responsables de la mission ont détaillé leurs premières hypothèses concernant les principes, l’organisation, les moyens et les modes de fonctionnement du Health Data Hub, un modèle qui sera affiné au cours des phases de concertation à venir. Ils ont notamment décrit le rôle que pourrait jouer ce nouvel acteur dans l’écosystème. Selon eux, le hub devra être « moteur et fédérateur », « une vitrine nationale et internationale », « un guichet unique », « un garant de la qualité de la donnée partagée », « un promoteur de l’innovation » et « garantir une mutualisation de ressources technologiques et humaines ».

    Agnès Buzyn a par ailleurs annoncé qu’elle nommait Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees, principal pilote de la mission, qui sera chargé de porter le projet dans la durée.

    Un rapport très qualitatif selon Agnès Buzyn et Mounir Mahjoubi

    Agnès Buzyn s’est dit « très impressionnée par la qualité du rapport ». Mounir Mahjoubi a déclaré de son côté qu’il s’agissait selon lui du rapport le plus à même d’être transformé en mission opérationnelle parmi l’ensemble des textes reçus depuis le début de sa prise de fonction.

    Les attentes de l’écosystème

    1. « Mieux connaître et pouvoir plus facilement accéder au patrimoine de données de santé »

    • pouvoir explorer, identifier, comprendre et apprécier les possibilités offertes par les données disponibles ;
    • harmoniser, simplifier et rendre lisible le processus d’accès aux données ;
    • accéder à des « grands jeux de données ».

    2. « Avoir accès à des moyens adaptés et suffisants pour consolider et valoriser le patrimoine de données »

    • Rétribuer les producteurs pour la constitution et la mise en qualité des bases  ;
    • Avoir accès aux capacités technologiques et aux compétences requises pour la valorisation.

    3. « Fédérer l’écosystème autour d’un modèle économique d’ensemble favorisant le partage et reconnaissant les efforts de chacun »

    • Établir un modèle de partage de la valeur entre le producteur et les utilisateurs ;
    • Orchestrer l’ensemble de l’écosystème.

    Ambitions des pilotes du projet

    Les données de santé « financées par la solidarité nationale constituent un patrimoine commun et doivent être mises pleinement au service du plus grand nombre dans le respect de l’éthique et des droits fondamentaux des citoyens », estiment les pilotes du projet, qui synthétisent en 4 points leurs ambitions :

    • 1. consolider et renforcer le patrimoine de données de santé ;
    • 2. faire « du partage la règle, de la fermeture l’exception » ;
    • 3. mettre en synergie les moyens techniques et humains et soutenir les initiatives prometteuses ;
    • 4. permettre la structuration d’une filière « intelligence artificielle (IA) et santé ».

    Le rôle souhaité du Health Data Hub

    Moteur et fédérateur

    Le Health Data Hub représenterait en premier lieu « un tiers de confiance dans le paysage des acteurs de la donnée de santé », et permettrait ainsi le partage des données « dans le respect du droit des patients et en assurant la transparence avec la société civile ». Il proposerait également « une ambition et des objectifs communs » par le biais de son conseil stratégique.

    Une vitrine nationale et internationale

    L’idée est de constituer une vitrine nationale mais aussi internationale à travers un patrimoine de données et une offre de service « lisibles pour tous les acteurs ».

    Un guichet unique

    Le Health Data Hub prendra la forme d’un guichet unique afin de faciliter l’accès aux données, avec des règles d’accès « transparentes et non discrétionnaires » pour les acteurs publics et privés, un accompagnement dans les procédures de demande d’accès et dans la valorisation économique, une documentation des bases partagées, etc.

    Un garant de la qualité de la donnée partagée

    Le hub vise à favoriser la « diffusion de standards de qualité internationaux et implémenterait des circuits de valorisation de l’effort de collecte et de mise en qualité des producteurs ».

    Un rôle essentiel dans la promotion de l’innovation

    L’innovation serait encouragée par le développement d’un environnement prospère : échantillons de données test, développements d’API, modèle économique favorisant l’innovation, etc.

    Mutualisation de ressources technologiques et humaines

    Une plateforme technologique sécurisée pour le partage des données et des expertises permettront d’assurer le lien entre utilisateurs, producteurs et experts de la donnée.

    Fonctionnement général du Health Data Hub

    Le fonctionnement du hub pourrait reposer sur:

    • une gouvernance de la donnée et des principes de collaboration standardisés régissant les liens entre les différents acteurs ;
    • une offre de service à destination des utilisateurs publics, privés et des citoyens autour de quatre missions :
      • donner accès aux données de santé ;
      • soutenir la collecte et la consolidation des données ;
      • accompagner la valorisation des données de santé ;
      • soutenir l’écosystème et assurer le lien avec les citoyens et la société civile ;
    • un catalogue de données, qui sera enrichi progressivement ;
    • une organisation en réseau, articulant un hub central et des hubs locaux, « cinq au maximum », précisent les auteurs du rapport ;
    • une plateforme technologique, qui regrouperait l’offre de services ;
    • un modèle juridique et économique.

    Principes de collaboration

    Les pilotes de la mission proposent que les engagements respectifs de chacun soient formalisés sous la forme de trois chartes (« producteur », « utilisateur » et « citoyen ») qui seraient établies en concertation avec les parties prenantes, dont la Cnil.

    Ces chartes préciseraient les conditions d’accès au service du hub, les engagements, les rôles et les responsabilités de chacun ainsi que les modes de fonctionnement communs.

  • Le CREDOC appelle à diversifier l’offre d’accueil médicalisé pour personnes âgées dépendantes

    Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC) a publié au cours du mois de septembre 2018 une enquête menée à la demande du groupe Caisse des Dépôts, d’AG2R La Mondiale et de Terra Nova. Cette étude met en évidence un besoin de diversification de l’offre d’accueil médicalisé des personnes âgées dépendantes.

    L’étude cherche à investiguer le processus de décision au sein des familles de choix du lieu de vie et d’accueil des personnes âgées pour porter auprès des pouvoirs publics des solutions d’accueil plus adaptées.

    Ainsi, cette investigation montre que 4 familles sur 10 pensent que l’entrée en maison de retraite se fait contre l’accord de la personne âgée concernée. Aussi, ces familles retardent le plus possible cette entrée, jusqu’à un moment de « crise ». La représentation négative des EHPAD « qui constituent l’essentiel de l’offre d’accueil en France », contribue à cette situation, au même titre que la situation de fragilité dans laquelle se trouvent souvent les proches au moment de la décision.

    Finalement, si la proximité géographique et le coût demeurent le 1er critère de choix des familles, « le développement d’offres alternatives sur le territoire, moins médicalisées, type béguinage ou résidences autonomie, logement intergénérationnel ou habitat partagé pourrait offrir une voie […] alternative attractive pour les familles et les personnes âgées« , conclut le CREDOC.

    L’intérêt de développer des lieux moins médicalisés

    L’objectif de ce type d’innovation serait d’encourager une prise en charge « avant la crise », explique le CREDOC.

    Le développement d’offres alternatives devrait en outre permettre d’atténuer un sentiment de culpabilité, de contrer le problème du manque de places en établissement, de lutter contre l’image négative des EHPAD, d’engager un mouvement dans le sens inverse de la spécialisation actuelle des lieux d’accueil pour les situations les plus critiques, ainsi que de baisser le coût d’accès aux structures.

    Ainsi, des solutions qui émergent telles que le béguinage, l’habitat partagé, le recours à une famille d’accueil, le logement intergénérationnel, etc. pourraient être développées : celles-ci sont encore rares. Elles devraient en outre être déployées dans des territoires relativement pauvres en structures d’accueil – l’offre d’accueil est inégalement répartie sur le territoire (81 places pour 1000 personnes âgées en métropole, 35 pour 1000 en Corse, 55 pour 1000 à Paris mais 132 pour 1000 en Lozère), or la proximité géographique de la famille demeure un critère de choix important pour une résidence.

    De plus, des aides financières pour les plus démunis devraient être mises en place afin d’aider les familles ou la personne âgée elle-même : 60% des familles les plus démunies déclarent ne pas pouvoir envisager le recours à un EHPAD.

  • L’Estonie et la Finlande vont échanger des dossiers de santé numériques dès 2019

    L’Estonie et la Finlande vont commencer à s’échanger des dossiers de santé numérique dès la fin 2019 afin de faciliter la mobilité des patients européens, a annoncé la ministre estonienne de la santé, Riina Sikkut, lors du Forum européen sur la santé, qui s’est tenu du 3 au 5 octobre 2018 à Gastein (Autriche). La ministre espère voir cette initiative, une première en Europe, se déployer dans d’autres pays de l’Union.

    L’Estonie et la Finlande « seront très probablement » les premiers pays membres à échanger des prescriptions numériques au sein de l’UE dès la fin de l’année, a-t-elle précisé, ajoutant que les deux parties avait déjà procédé à « toutes les étapes de vérification nécessaires » au déploiement du projet.

    L’échange transfrontalier des données personnelles est au centre des discussions à Bruxelles. Actuellement, quand un citoyen déménage d’un pays membre à un autre, ses données ne sont pas transférées, ce qui complexifie les procédures administratives.

    La portabilité des dossiers médicaux via le numérique entre les médecins, les infirmiers et les pharmaciens permettrait d’améliorer la qualité et la continuité des soins. Les personnes favorables à cette mesure estiment que la « 5ième liberté », soit la mobilité des données dans l’Union européenne, pourrait libérer le potentiel d’innovation du secteur de la santé et simplifier les démarches des patients européens.

    Selon Riina Sikkut, deux problèmes restent néanmoins à résoudre : le cadre juridique et l’interopérabilité

    Échange transfrontalier des données : la Suède, la Grèce et Chypre seraient prêts

    La ministre de la santé estonienne a indiqué que l’échange d’informations de santé entre pays membres seraient implémentés peu à peu en Europe. La Suède, la Grèce et Chypre devraient se lancer dès 2019, suivis par d’autres pays en 2020.

    « Parmi les pays qui ont déjà prévu d’échanger des dossiers de patients dès 2018/2019, on peut déjà compter Malte, la République tchèque [et] le Luxembourg », a-t-elle avancé.

    Le président du forum européen sur la santé et ministre autrichien de la Santé, Clemens Martin Auer, estime que 18 États membres au total devraient être en mesure d’échanger leurs données sanitaires dès 2019. « Ce n’est plus un projet en construction mais une infrastructure numérique concrète (…) Nous avons dépassé la phase pilote il y a longtemps. Il s’agit maintenant d’un échange réel, dans le monde réel, de cyber données réelles sur la santé », a-t-il commenté (source : Euractiv.fr).

    Un projet initié il y a plusieurs mois

    La volonté de l’Estonie de partager à échelle européenne les données des patients n’est pas une nouveauté. En octobre 2017, déjà, le secrétaire général adjoint du ministère estonien des Affaires sociales pour le développement des services de e-santé et l’innovation, Ain Aaviksoo, avait déclaré qu’il souhaitait lancer un projet portant sur le mouvement transfrontalier des informations sanitaires.

    Par ailleurs, les ministres de la Santé européens avaient approuvé en décembre 2017 les conclusions du Conseil de l’Union européenne, qui appelle la Commission européenne et les États membres à promouvoir la libre circulation des données de santé dans l’UE afin d’accélérer l’innovation numérique.

    Deux problématiques à résoudre : le cadre juridique et l’interopérabilité

    Selon Riina Sikkut, il existe encore deux freins majeurs au bon déploiement de l’échange transfrontalier des données de santé : le cadre juridique et l’interopérabilité.

    Elle estime que l’aspect légal n’est pas insurmontable puisque l’UE est en train de développer un « marché numérique unique de la santé ». De plus, elle ressent « une réelle volonté » de collaboration sur le sujet entre les autres États membres et la Commission européenne. Il faudra cependant régler les problème de sémantique et d’interopérabilité que pose l’échange d’informations sanitaires entre pays. « Il est important que nous nous mettions [non] seulement d’accord sur le format mais aussi sur le contenu des données qui doivent être partagées », reconnaît la ministre estonienne.

    L’Estonie : pays précurseur en e-santé

    L’Estonie fait partie des pays précurseurs dans le domaine de la e-santé. Lorsqu’elle assurait la présidence de l’UE, entre juillet et décembre 2017, elle a lancé une « coalition des volontaires » pour accélérer la mobilité des données de santé en Europe.

    Un projet européen baptisé l’eHDSI a par ailleurs été expérimenté avec succès par les villes estoniennes de Tallin et de Helsinki. Son objectif est le déploiement et l’exploitation transfrontaliers des services d’échange de données sanitaires dans le cadre du fonds « mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) ».