« Une absence d’éléments chiffrés et de réponses concrètes » de la part de l’Assurance maladie sont les raisons données par le syndicat de médecins CSMF le 22 juin 2016 pour expliquer qu’il quittait la table des négociations à l’issue d’une nouvelle réunion sur la prochaine convention médicale.
« Cela fait quatre mois que l’on discute toutes les semaines, s’il n’y a pas de propositions chiffrées, ce n’est pas la peine de continuer « , a déclaré la CSMF dans un communiqué en menaçant de ne pas participer aux prochaines séances.
Le 1er juin 2016, c’est le syndicat SML qui avait claqué la porte des négociations en dénonçant « le refus de l’Assurance maladie de donner le montant de l’enveloppe don elle dispose pour cette négociation ».
Les discussions entre l’Assurance maladie et les syndicats de médecins (CSMF, FMF, SML, MG France et Le Bloc) sur la nouvelle convention médicale ont débuté en février 2016 et doivent aboutir avant le 26 août 2016 pour une entrée en vigueur de la nouvelle convention en septembre 2016, le texte précédent qui date de 2011 arrivant à échéance. Les enjeux de cette discussion qui concerne essentiellement les rémunérations des médecins de ville portent sur la démographie médicale et la suppression des déserts médicaux, l’engorgement des urgences et le suivi des maladies chroniques.
L’Assurance maladie a déclaré après la décision de la CSMF de quitter la table des négociations qu’elle avait « déjà formulé des propositions sur beaucoup de sujets » et qu’il s’agissait d’un « moment de tension comme il en existe toujours dans ce genre de processus ».
Les principales propositions avancées jusque-là par l’Assurance maladie dans le cadre de cette négociation sont:
• Un passage progressif de 23 à 25€ de la consultation « standard » dont le montant n’a pas bougé depuis 2011 mais sans apporter de réponse à la demande des syndicats de médecins qui souhaitent une grille tarifaire hiérarchisée selon le type de consultation (l’Assurance maladie est prête à discuter du tarif d’une consultation « longue et complexe »)
• Le mise en place d’un « forfait structure » qui serait sorti de la ROSP pour l’équipement des cabinets mais dont le montant est estimé « trop limité » par les organisations syndicales
• Une dégressivité de l’aide liée au Contrat d’accès aux soins au lieu de sa suppression en cas de non respect des engagements des praticiens
Les discussions entre l’Assurance maladie et les syndicats de médecins se déroulent dans le contexte d’un Ondam fixé pour 2016 à 1,75%.