Incubateurs

  • Les réseaux sociaux pourraient faciliter la pharmacovigilance (Académie nationale de Pharmacie)

    Les réseaux sociaux pourraient rapidement devenir des outils de promotion, de rapprochement, de partage, appliqués à la santé, et plus particulièrement en pharmacovigilance.

    C’est la conclusion de la séance thématique de l’Académie nationale de Pharmacie organisée le 12 octobre 2016 à la faculté Paris Descartes sur le thème: « Réseaux sociaux, un nouvel outil de pharmacovigilance ? ».

    Cinq projets ayant pour objectif de rechercher et analyser des EI rapportés par les patients dans les réseaux sociaux ont été présentés lors de cette séance:

    – Vigi4MED, financé par l’ANSM et présenté par Cédric Bousquet, Pharmacien, INSERM St-Etienne, Coordinateur du projet.

    – ADR-PRISM, financé par le Fond Unique inter-ministrériel et présenté par Mr Schuck, président de Kappa Santé.

    –  Le projet pilote SANOFI présenté par le Dr Stéphanie TCHERNY-LESSENOT, Responsable de l’unité pharmco-épidémiologie, pharmacovigilance globale et épidémiologie, Sanofi.

    – Web RADR, présenté par Mr Houÿez, Directeur de l’Information et de l’Accès aux Traitements (Director of Treatment Information and Access), Eurordis, membre du groupe de travail « Patients and consumers » de EMA.

    – Le projet RENALOO, présenté par le Dr Evelyne PIERRON, Médecin, Consultant Pharmacovigilance, Conseil d‘Administration de RENALOO.

    Un avantage évident des réseaux sociaux est qu’ils pourraient rapidement devenir des outils de promotion, de rapprochement, de partage, appliqués à la santé, et plus particulièrement en pharmacovigilance. Ils pourraient être une solution complémentaire de la déclaration à la BNPV qui rebute nombre de patients.

    Une sous-notification des effets indésirables

    Alain Saint-Pierre, docteur et membre de l’Académie nationale de Pharmacie, indique que malgré plusieurs dispositifs réglementaires, il existe une réelle sous notification des EI.
    Selon l’ANSM, l’origine des déclarants est constituée à :

    • 65 % par des médecins spécialistes
    • 20 % de pharmaciens
    • 8 % de médecins généralistes
    • 5 % par des non professionnels de santé, c’est-à-dire les patients.

    Ceci se confirme au niveau européen : l’EMA indique un nombre total de notifications d’1 228 342, le pourcentage relatif aux déclarations patients étant de 4 %. Sur les réseaux sociaux l’information est bien plus disponible mais de moindre qualité, contrairement aux notifications réalisées sur la BNPV sur laquelle il y a peu d’information, mais fiable.

    Surabondance de données sur les réseaux sociaux

    Sur les réseaux sociaux l’information est bien plus disponible mais de moindre qualité, contrairement aux notifications réalisées sur la BNPV sur laquelle il y a peu d’information, mais fiable.

    A titre d’exemple, Doctissimo héberge 5 millions de messages rien que sur le cancer. L’anonymat, la recherche d’informations, de soutien, de partage, incitent les patients à davantage se confier sur les réseaux sociaux plutôt que sur la BNPV.

    Si bien que l’EMA a déjà mis en place une ébauche réglementaire pour encadrer ce qui pourrait constituer des données « exploitables » en pharmacovigilance. Les titulaires d’AMM ont certaines obligations quant à leurs supports numériques :

    • Les bonnes pratiques de PV européennes prévoient déjà dans certaines circonstances la déclaration d’EI potentiels détectés sur internet ou médias numériques
    • Les titulaires d’AMM doivent régulièrement rechercher les EI potentiels sur internet ou les médias numérique sous leur responsabilité pour une éventuelle déclaration
    • Les médias numériques sont considérés comme dépendant du titulaire de l’AMM s’ils appartiennent, sont financés ou contrôlés par lui
    • Si le titulaire de l’AMM est au courant d’une notification d’un EI potentiel sur un média numérique non sponsorisé par lui, cette notification doit être évaluée pour savoir si elle doit faire l’objet d’une notification aux autorités.

    Le défi du traitement des informations recueillies sur les réseaux sociaux réside dans le fait de traduire en langage médical ce qui ne l’est pas. Puis de répertorier tous les EI, ce qui constitue un problème de temps.

    Réseaux sociaux et pharmacovigilance: les 5 projets présentés

    Faire redescendre l’information vers les professionnels

    Le président de l’Académie nationale de Pharmacie, Claude Monneret, a conclu cette séance en résumant les trois informations importantes qu’il avait lui-même retenues :

    • Les réseaux sociaux pourraient permettre de renforcer la PV par croisement des données, si des précautions sont instaurées.
    • Il est nécessaire de faire « redescendre » l’information vers les professionnels et favoriser le partage des données entre eux.
    • Les réseaux sociaux devraient pouvoir participer à l’amélioration de l’éducation thérapeutique des patients.

  • Les médecins 2 fois plus efficaces que les algorithmes d’autodiagnostic (Harvard Medical School)

    Les médecins « humains » sont environ deux fois plus efficaces pour trouver le bon diagnostic que 23 des applications d’autodiagnostic les plus utilisées, c’est ce que montre une étude de la Harvard Medical School menée entre décembre 2015 et mai 2016, publiée dans JAMA Internal Medicine le 10 octobre 2016.

    72% des 234 médecins participants ont trouvé le bon diagnostic pour les cas cliniques présentés contre 34% pour les applications d’autodiagnostic.

    « Le diagnostic est aujourd’hui autant de l’art que de la science »

    L’étude a demandé à 234 médecins d’évaluer 45 cas cliniques, à la fois simples et complexes, à des degré divers de gravité.

    Pour chaque scénario, les médecins ont dû établir le diagnostic le plus probable, et donner deux autres diagnostic possible. Chaque cas présenté avait été choisi et résolu par 20 médecins.

    • 72%, des médecins ont trouvé le bon diagnostic
    • 34%,  des outils d’autodiagnostic ont trouvé le bon diagnostic.
    • 84% des médecins ont cité le bon diagnostic dans leur 3 propositions.
    • 51% des outils d’autodiagnostic ont trouvé le bon diagnostic dans leur 3 propositions

    Les erreurs de diagnostic des machines vont de l’impossibilité à reconnaître une maladie à l’incapacité à le faire dans un temps donné.

    L’écart entre les humains et les machines est plus important dans les cas graves et les pathologies les moins répandues.

    « Le diagnostic est aujourd’hui autant de l’art que de la science. Mais les technologies venant en appui du diagnostic sont très prometteuse », a tempéré Ateev Mehrotra, professeur associé à la Harvard Medical School, un des chercheurs ayant participé à l’étude.

  • Australie : des millions de données de santé menacées par une faille de sécurité

    Le ministère de la Santé australien vient de révéler avoir commis par inadvertance une infraction potentiellement grave à la loi sur la protection des informations personnelles en publiant de manière insuffisamment sécurisée des données liées au programme national d’assurance sociale (Medicare). Le fuite concerne des médecins généralistes et trois millions de leurs patients.

    Cette annonce a été faite par la ministre de la Santé, Sussan Ley, lors de la conférence annuelle du Royal Australian College of General Practitioners (29 septembre-1er octobre 2016), la plus importante organisation professionnelle de médecins généralistes du pays.

    Cette nouvelle survient alors que le gouvernement est en pleine négociation avec les médecins à propos de la réduction des dépenses dans le secteur.

    Une faille au niveau de l’anonymisation des données privées

    Pour aider les chercheurs à fournir de meilleures analyses et à contribuer à l’élaboration de nouvelles politiques de santé, le ministère de la Santé australien avait rendu public des dossiers de réclamations « dépersonnalisés » concernant des indemnités d’assurance-maladie et certains avantages pharmaceutiques du régime social. Ce procédé concernait un échantillon aléatoire représentant 10 % de la population australienne.

    Problème : sans le vouloir, le ministère a laissé paraître suffisamment d’informations au sein de ses algorithmes pour permettre à un logiciel malveillant adapté de décrypter les numéros brouillés censés remplacer les numéros officiels des médecins, qui sont alors devenus potentiellement identifiables.

    Des analystes du département informatique et des systèmes d’information de l’Université de Melbourne ont mis seulement quelques jours à contourner le dispositif de cryptage. La ministre a révélé que les chercheurs en question avait signalé début septembre à son département l’existence d’une « vulnérabilité » à propos de ces données chiffrées et « que les fournisseurs de soins [logiquement anonymisés] pourraient éventuellement être ré-identifiés ».

    Aucune information sur les patients n’aurait été compromise

    Le département de la gestion des risques du ministère de la Santé fait actuellement l’objet d’importantes discussions au sein du gouvernement afin de savoir comment la divulgation d’informations précieuses a pu être si mal gérée.

    Madame Ley assure aux médecins qu’il n’y avait « aucun nom de fournisseurs de soins dans l’ensemble des données » et qu’aucune information sur les patients n’avait été compromise. Les analystes qui ont signalé le problème indiquent cependant que la ré-identification était possible ; ils ont simplement décidé de ne pas la faire.

    « Nous prenons bien évidemment tout ceci au sérieux et nous présentons nos excuses aux praticiens pour les problèmes que cela pourrait leur causer », a déclaré la ministre aux médecins.

    Une loi pour condamner l’utilisation de données ré-identifiées

    Elle a ajouté que le procureur général, George Brandis, était en train de mettre en place une loi visant à considérer comme une infraction pénale toute publication de données ré-identifiées ou toute action visant à conseiller, faciliter ou encourager leur publication ou communication.

    En réaction à l’annonce de la faille signalée par l’Université de Melbourne, M. Brandis a annoncé que la loi allait être votée au plus vite et que son effet serait rétroactif.

    Dans un article paru le 8 octobre dans The Saturday Paper, la journaliste Karen Middleton se demande pourquoi le gouvernement a attendu plusieurs jours avant d’alerter les médecins et les autres personnes concernées par la faille, alors qu’il est légalement tenu d’avertir immédiatement les individus touchés par une violation de leur vie privée. Le ministère n’a pas encore réagi.

    Pour l’heure, l’ensemble de données concernées n’est plus en ligne. La ministre a indiqué que les informations « ne seront de nouveau accessibles que lorsque tous les problèmes liés à leur potentielle vulnérabilité seront résolus ».

    La protection des données de santé préoccupe l’Australian Privacy Foundation

    > Cette annonce de la ministre de la Santé survient quelques semaines après les critiques émises par le Dr. Bernard Robertson-Dunn, président du comité de santé de l’Australian Privacy Foundation (APF) : l’expert pointe du doigt le dossier numérique de la santé australien, My Health Record (MyHR), qui, selon lui, serait « inutile » et mettrait « en danger les données privées des utilisateurs ».

  • Sécurité et interopérabilité : les bénéfices de la Blockchain pour la santé (Livre Blanc, Deloitte)

    Un échange d’information basé sur la Blockchain pourrait ôter les freins et réduire les coûts que représentent les intermédiaires dans le système de santé américain actuel. C’est ce qu’affirme un livre blanc du cabinet Deloitte sur les bénéfices potentiels de la blockchain sur la santé et les soins intitulé « Blockchain: opportunités pour la santé», présenté le 31 août 2016.

    Le livre blanc a été rédigé en réponse au défi lancé par l’ONC et le département de la santé américain en juillet 2016 pour explorer le potentiel de la technologie Blockchain dans la santé et la recherche médicale aux États-Unis.

    Les cas d’usages montrent déjà les bénéfices que la technologie Blockchain apporte en termes de décentralisation, de désintermédiation, d’amélioration de la sécurité des données, et de coûts de transaction réduits, selon le livre blanc de Deloitte.

    L’échange de dossiers médicaux et de données utilisant cette technologie, en impliquant les professionnels de santé, offre des moyens de résoudre les problèmes d’accès aux données et d’interopérabilité des systèmes.

    Le livre blanc analyse la configuration technique requise pour que les systèmes de santé atteignent les standards nécessaires à la mise en place d’un réseau national d’information de santé.

    La Blockchain s’attaque aux blocages

    La technologie Blockchain offre un framework distribué qui améliore l’intégration de l’information entre les usages et les parties prenantes. Elle résout les blocages existants et fournit un système mieux distribué, sécurisé et efficace.

    Le document liste six blocages dans l’échange d’information et les solutions de base de données distribuées correspondantes :

    4 questions-clés à se poser

    Le framework blockchain de Deloitte fournit un guide aux organisations intéressées par la technologie.

    Quatre questions clés peuvent aider à prendre des décisions :

    • Quand débuter les premières expérimentations blockchain ?
    • Comment mettre en place ses cas d’usage ?
    • Quand renforcer le système avec les smart-contracts ?
    • Doit-on déployer des blockchains en consortium, avec ou sans permissions ?

    Tous les problèmes n’exigent pas de recourir aux bases de données distribuées. Les quatre conditions à réunir pour que la blockchain soit vraiment utile sont :

    • Plusieurs intervenants créent des transactions qui modifient l’information dans un répertoire partagé,
    • Les intervenants doivent obtenir la garantie de la validité de la transaction,
    • Les intermédiaires sont inefficaces ou peu fiables,
    • Une plus grande sécurité est nécessaire pour garantir l’intégrité du système.

    Une fois qu’une organisation décide de créer une blockchain, l’étape suivante consiste à décrire des cas de figure. Les premiers cas de figure sont :

    • Authentifier et vérifier l’information
    • Transférer la valeur

    Pas la panacée

    La Blockchain ne peut pas se substituer à la base de données d’entreprise, indique le document de Deloitte. Ses solutions ne conviennent pas à de gros volumes de données requérant une protection totale et un accès immédiat au sein d’une organisation. Au contraire, une solution blockchain enregistre des transactions de données spécifiques qui seront partagées sur un réseau dans lequel la collaboration et la transparence sont essentielles.

    • La technologie Blockchain a du potentiel dans le paysage de la santé aux USA, selon le document.
    • Un consortium Blockchain pourrait réaliser l’interopérabilité du réseau d’’informations de santé au niveau national.

    Une telle blockchain pourrait créer une couche de transaction pour toutes les organisations. Elle pourrait aussi faire avancer les objectifs du département des services de santé et humains américain (HHS) visant à standardiser l’information de santé en créant une couche de transaction sur laquelle les parties prenantes pourront facilement collaborer.

    Interopérabilité au niveau national

    Le bureau du coordinateur national pour la santé a défini un cahier des charges strict pour l’interopérabilité au niveau national. Les technologies actuelles ne répondent pas suffisamment à ces besoins puisqu’elles sont limitéss en termes de vie privée, de sécurité et d’interopérabilité. Les dossiers médicaux actuels sont incompatibles en raison de l’absence d’architecture commune.

    Le flux d’information du patient vers l’organisation de santé à chaque fois qu’une transaction a lieu ne doit pas s’arrêter au niveau de cette seule organisation, selon le document de Deloitte. Les organismes de santé pourront diriger un bloc d’information standardisé vers une base distribuée nationale. L’information serait ainsi universellement accessible grâce à clés privées de la blockchain, permettant aux patients de partager plus facilement leurs informations avec les organisations.

    Les clés d’accès publiques et privées de la blockchain, et les données distribuées ouvrent un nouvel horizon en terme d’intégrité des informations de santé.

    Plus de sécurité

    Toutes les organisations connectées à la blockchain peuvent avoir leur propre copie de la base de données de santé. Si un bloc devait être modifié, 51% des participants au réseau devront approuver le changement, et toutes les copies de la base devront être mise à jour pour refléter ce changement. Cela renforce la sécurité et limite le risque d’actes malveillants

    Les défis à prendre en compte

    De nombreux défis organisationnels, techniques et économiques doivent être relevés avant que les organisations adoptent la Blockchain en santé au niveau national.

    • Un réseau d’ordinateurs interconnectés (nodes) est nécessaire pour fournir la puissance de calcul requise pour créer un bloc pour chaque transaction.
    •  La base ne peut pas stocker des données comme les images IRM ou les radios. Ce type de données doit être stocké séparément et faire l’objet d’un lien.
    • Un plus grand soutien pourrait être demandé pour encourager les organisations à adopter la technologie et participer au réseau. Même si des organisations testent déjà la technologie pour suivre et vérifier des dossiers médicaux en interne, la blockchain se renforcera avec l’augmentation du nombre de ses utilisateurs.

    Prévoir les coûts de fonctionnement d’une blockchain au niveau de l’entreprise ou au sein d’un consortium est difficile. Pour comprendre les coûts qu’engendrerait le suivi des standards de l’HHS, il est nécessaire de mener des expérimentations ciblées et de mettre en place des règles précises.

    Le besoin d’expérimentation

    Les expérimentations permettraient au HHS de déterminer plus précisément ce qui peut être accompli.

    Suivre les expérimentations à travers un cycle complet de transaction permettra aux développeurs de lever les derniers blocages et de déterminer les zones de bénéfices avant un déploiement au niveau national.

  • «  Les nouvelles technologies au service des seniors  » : colloque les 17-18/10/2016, La Grande-Motte

    Le colloque-exposition sur le thème « Les nouvelles technologies au service des seniors » aura lieu les 17 & 18 octobre 2016 au Palais des congrès de La Grande-Motte dans le Languedoc-Roussillon.

    Organisé par la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) du Languedoc-Roussillon et l’institut régional du vieillissement, cet événement ambitionne de promouvoir et encourager les innovations techniques et la créativité à destination des seniors.

    Cette manifestation se déroulera sous forme de stands, ateliers et conférence plénière.

    Seront notamment abordés les sujets suivants :
    – La place de la robotique d’assistance auprès des personnes âgées
    – S’approprier les nouvelles technologies en santé
    – l’évaluation de l’impact des nouvelles technologies sur le bien vieillir et le maintien à domicile
    – Prévention de la chute et autonomie de la personne âgée
    – Meilleur accompagnement du parcours de vie grâce aux outils numériques
    – Première maison connectée sans contraintes pour les seniors
    – L’Europe et les nouvelles technologies
    – les nouvelles technologies au service du quotidien

    Le détail du programme est disponible en cliquant sur le lien suivant :

    Programme détaillé du colloque CARSAT

  • MyHR : « Le gouvernement australien prend très au sérieux la sécurité des données » (porte-parole)

    En août 2016, le dossier numérique de santé australien My Health Record (MyHR) a été pointé du doigt par le Dr. Bernard Robertson-Dunn, président du comité de santé de l’Australian Privacy Foundation (APF), une ONG visant à protéger le droit à la vie privée des Australiens.

    Parmi les principales critiques émises par l’expert : l’inutilité du système et la mise en danger des informations personnelles des patients.

    Un porte-parole du ministère de la Santé australien a accepté de répondre à H&TI pour tenter de mieux comprendre le fonctionnement de MyHR. Il nous en dit plus sur l’état actuel du dispositif, les moyens mis en place pour assurer la sécurité des données collectées, les coûts réels de l’outil et les aspects à améliorer.

    My Health Record : retour sur les fondamentaux

    À quoi sert My Health Record ?

    My Health Record est le dossier de santé numérique national australien (il a été lancé en juillet 2012). Il permet à un individu et à ses médecins de partager en ligne de manière sécurisée des informations importantes sur la santé du patient, comme ses antécédents médicaux, les médicaments qu’il prend actuellement, ses allergies, etc. Ce système est surtout bénéfique pour les personnes prises en charge par différents professionnels de la santé ou qui suivent un traitement continu dans le cas de maladies chroniques ou complexes.

    Avec un dossier MyHR, les patients n’ont également pas à répéter sans cesse leurs antécédents médicaux face à un nouveau médecin. Cela peut aussi faciliter les démarches en cas d’urgence médicale : les fournisseurs de soins, comme les hôpitaux connectés au système MyRH, ont un accès direct aux informations du patient.

    Qui peut avoir accès aux données accessibles via MyHR ?

    Les organismes de santé tels que les hôpitaux publics et privés, les médecins généralistes et spécialistes, les pharmacies et les prestataires de santé connexes peuvent tous visualiser et télécharger des documents cliniques stockés sur un dossier personnel MyHR. Les particuliers peuvent eux aussi consulter et télécharger des données relatives à leur santé sur leur dossier.

    En vertu de la Loi 2012 relative à My Health Record, les données de santé de chaque MyHR peuvent être recueillies, utilisées et divulguées « à n’importe quelle fin » à condition d’obtenir le consentement du bénéficiaire des soins. L’une des fonctions du système est « de préparer et de fournir des données anonymisées à des fins de recherche et de santé publique ». Avant que cette loi puisse être mise en œuvre, un cadre législatif pour l’utilisation secondaire du dispositif doit être établie.

    Réponses aux critiques du Dr. Robertson-Dunn

    Selon le Dr. Bernard Robertson-Dunn, MyHR « met en danger les données personnelles de patients ».

    Le gouvernement prend très au sérieux la confidentialité et la sécurité des données personnelles des individus. Le système My Health Record dispose d’outils similaires à ceux utilisés pour la sécurisation des données bancaires, y compris de puissants logiciels de cryptage, des pare-feux et des connexions sécurisées.

    L’outil fonctionne en conformité avec les normes australiennes de sécurité et subit des contrôles indépendants réguliers permettant d’assurer la conformité du système à ces différentes règles et d’évaluer son niveau de vulnérabilité. Ces normes de sécurité sont régulièrement mises à jour pour tenter de contrer au mieux les nouveaux types de cyber-menaces.

    Outre les contrôles techniques du système actuellement en place, il existe toute une série de sanctions pénales et civiles prévues par la Loi 2012 relative à My Health Record, applicables envers ceux qui utilisent délibérément à des fins malveillantes les données de santé d’un individu.

    Le ministère de la Santé australien a révélé l’existence d’une faille de sécurité lors de la publication d’informations de santé anonymisées, a indiqué le 8 octobre 2016 The Saturday Paper. Les données de médecins et de millions de leurs patients seraient concernées.

    Le président du comité de santé de l’APF assure aussi que très peu d’Australiens utilisent MyHR et que, parmi les personnes enregistrées, une minorité se servirait de l’outil. Combien de citoyens utilisent réellement My Health Record ?

    Il y a actuellement plus de 4,2 millions d’Australiens, soit environ 18 % de la population du pays, qui possède un dossier MyHR. Au 18 Septembre 2016, ces personnes avaient téléchargé plus de 111 000 documents sur leurs comptes, dont 70 000 bilans de santé, plus de 30 000 notes de santé personnelles et près de 12 000 directives préalables à certains soins.

    Il y a par ailleurs plus de 9 000 organisations de fournisseurs de soins enregistrées via le système MyHR. Au 18 Septembre 2016, ces prestataires ont téléchargé plus d’1 million de documents cliniques via le dispositif, dont près de 314 000 bilans de santé partagés, plus de 533 000 bilans de sortie d’hôpital, 108 000 bilans de rendez-vous médicaux et plus de 25 000 lettres de spécialistes.

    Le Dr. Bernard Robertson-Dunn reproche notamment au gouvernement « de n’avoir jamais dit [aux Australiens] comment [MyHR] améliorait le système de soin, ni de quel manière il permettait de réduire les coûts de santé ». Que lui répondez-vous ?

    L’outil a le potentiel pour améliorer l’efficacité du système de santé australien et réduire les coûts dans le domaine de santé :

    • en améliorant l’accès aux informations de santé ainsi que leur qualité (meilleure prise de décision clinique) ;
    • en réduisant le risque de prise de traitement indésirable ;
    • en diminuant le nombre d’hospitalisations évitables ;
    • en réduisant la duplication inutile des examens médicaux ;
    • en améliorant la coordination et la qualité des soins de santé.

    Il peut aussi aider les praticiens à être plus efficaces en réduisant la paperasse (moins d’utilisation de papier, moins de télécopie de dossiers entre collègues, etc.).

    [Aucun chiffre n’a été communiqué par le ministère sur ce point.]

    Combien coûte le dispositif ? Le Dr Robertson-Dunn évoque une dépense annuelle de 400 M AU$ (271 M €). Ce chiffre est-il correct ?

    Non. Dans le cadre du budget 2015-2016 « My Health Record : une nouvelle orientation pour les dossiers électroniques de santé en Australie », le gouvernement australien a annoncé un financement de l’ordre de 455,1 millions de AU$ (308,5 M €) pour poursuivre l’utilisation de MyHR, améliorer le système, renforcer les dispositifs nationaux relatifs à la santé numérique et soutenir les phases d’essais entreprises dans certaines régions. Ce programme de financement doit s’étaler sur trois ans.

    Il point également du doigt le manque de praticité de My Health Record. « Les données sont pour la plupart présentées dans des fichiers PDF (…) [et le dossier doit être complété.] Cela signifie que les notes et les données de chaque visite chez le médecin devraient être répertoriées, ainsi que les résultats de tous les tests effectués (…) »

    La majorité des documents accessible sur MyHR ne sont pas en format PDF, cela vaut notamment pour les bilans de santé partagés, les bilans de rendez-vous médicaux, les prescriptions et les dispenses de médicaments. Nous continuons à travailler avec les fournisseurs de soins et les professionnels de l’industrie pour faciliter encore davantage l’utilisation du système.

    My Health Record est un résumé électronique des données de santé de chaque patient enregistré mis à la disposition de l’individu en question et des fournisseurs de soins concernés. Il ne s’agit pas d’un dossier médical complet : il ne remplace pas les dossiers médicaux détenus par les praticiens et ne modifie pas les obligations actuelles des prestataires de soins, qui doivent continuer à maintenir leurs propres dossiers cliniques détaillés pour chacun de leurs patients.

    MyHR fournit des informations de santé supplémentaires sur le patient dont le praticien peut ne pas avoir accès autrement, par exemple si l’individu a été reçu dans un autre hôpital qu’habituellement ou s’il a consulté un autre médecin.

    Chaque semaine en Australie, entre un à trois médecins prennent en charge un patient pour lequel ils n’ont que peu ou pas de renseignement du tout. Plus d’un cinquième des médecins généralistes font face à cette situation tous les jours. Avec My Health Record, un praticien se trouvant dans cette situation aura accès à au moins une partie des informations sur son patient.

    Avez-vous prévu certains changements pour améliorer l’efficacité du dispositif ?

    Il y a eu, et il y a aura encore, toute une série d’améliorations du système. Au cours de l’année 2015-16, des changements importants ont été apportés. Voici quelques exemples :

    • L’outil a changé de nom : le « Personally Controlled Electronic Health Record » est ainsi devenu « My Health Record ».
    • Son utilisation a été simplifiée pour le rendre plus accessible et permettre aux usagers de créer facilement un dossier mais aussi de mieux gérer le contrôle d’accès à leurs données.
    • Les patients peuvent désormais télécharger une copie de leurs documents de planification préalables aux soins via leur dossier MyHR.
    • Il y a eu aussi quelques changements pour encourager la participation aux essais en cours dans le nord du Queensland et dans la région de Nepean Blue Mountains en Nouvelle-Galles du Sud. Cela comprend notamment l’introduction d’un canal hébergé séparément pour les participants de la zone d’essai pour qu’ils puissent avoir le choix de refuser la création automatique d’un dossier à leur nom s’ils le souhaitent.
    • L’interface de l’outil a été améliorée et modernisée : elle s’adapte désormais automatiquement au type de terminal utilisé (ordinateur, téléphone portable ou tablette).
  • Dossier pharmaceutique : le CNOP veut faciliter la coordination ville-hôpital (Isabelle Adenot)

    Étendre l’accès du dossier pharmaceutique aux hôpitaux pour faciliter la coordination ville-hôpital, c’est le prochain défi de l’Ordre des pharmaciens annoncé par Isabelle Adenot, sa présidente, le 29 septembre 2016.

    La généralisation du dossier pharmaceutique à l’hôpital nécessite un décret d’application qui devrait être publié «incessamment», selon Isabelle Adenot, après avis de la Cnil. La loi de Santé permet cette généralisation de l’accès au dossier pharmaceutique à tous les médecins des établissements de santé et non plus uniquement aux urgentistes, anesthésistes-réanimateurs et aux gériatres.

    Pour accéder au DP, il est nécessaire de posséder la carte du professionnel de santé (CPS) ainsi que la carte vitale du patient. Ceci n’étant pas possible dans tous les établissements, le CNOP a développé un système pour que lorsqu’un patient entre à l’hôpital, son consentement soit recueilli pour utiliser une trace de sa carte vitale. Mais cette «empreinte» n’est active que 15 jours.

    Les objectifs du DP pour sécuriser la dispensation des médicaments sont :
    – Éviter les traitements redondants
    – Détecter les risques d’interactions entre médicaments
    – Mieux coordonner les soins entre la ville et l’hôpital
    – Contribuer au bon usage du médicament
    – Améliorer la couverture vaccinale
    – Disposer de l’information la plus récente possible

    Coordination, décloisonnement, sécurité, réactivité

    Au départ, le DP constituait le dossier patient, outil efficace contre la iatrogénie médicamenteuse (effets indésirables) en évitant les risques d’interaction entre les médicaments et les traitements redondants.
    Avec le temps, ses usages se sont déployés afin de répondre à d’autres enjeux professionnels, sanitaires ou du système de santé : coordination entre les professionnels de santé, décloisonnement ville-hôpital, sécurité de la chaîne d’approvisionnement en médicaments, réactivité lors d’alertes sanitaires et amélioration de la couverture vaccinale.

    Le budget du DP et son modèle économique reposent sur un financement direct du Cnop des coûts d’investissement et de fonctionnement, la ratification de conventions cadres avec les autorités sanitaires et la ratification de conventions de services avec les utilisateurs. Le coût annuel du DP existant s’élève en officine à 7,6 centimes€/an et par dossier. Celui du service DP en PUI progresse entre 2015 et 2016 de par le déploiement et financement d’évolutions du logiciel Fast pour atteindre légèrement moins de 300 000 € par an.

    Le DP-Patient contient, pour chaque bénéficiaire de l’assurance maladie, tous les médicaments (qu’ils soient prescrits ou conseillés par un pharmacien), lui ayant été délivrés au cours des 4 derniers mois. Les données sont anonymisées. Le pharmacien peut vérifier qu’il n’y a pas de doublon ou qu’il n’y a pas de risques d’interactions dangereuses.

    Aujourd’hui, le DP se décline dans les établissements de santé (hôpitaux) et en services : DP-Rappels, DP-Alertes, DP-Ruptures, DP-Suivi sanitaire, DP-Vaccins.

    Le DP-Patient constitue une source d’informations pour les différents professionnels hospitaliers, en particulier lors de la PEC d’un patient aux urgences, en consultation pré-anesthésique ou lors de l’accueil d’une personne âgée dans un service gériatrique.

    Une arrêté ministériel de juin 2013 a officialisé le début de l’expérimentation de l’accès au DP-Patient:

    • Aux urgences, permettant aux médecins de disposer d’une information instantanée des traitements antérieurs,
    • En anesthésie réanimation pour établir le risque anesthésique au regard des médicaments pris
    • En gériatrie où le risque iatrogène est accru compte tenu de l’habituelle polymédication de ses patients

    Le déploiement du DP dans les établissements de santé s’est accéléré grâce à la généralisation de son accès à tous les médecins des établissements de santé, une fois la publication du décret d’application et l’obtention de l’autorisation de la CNIL.

    Prochains enjeux du DP

    Interconnexion entre DP et DMP au bénéfice des patients, à travers la démarche de rapprochement de la Cnamts et le CNOP.
    La solution technique privilégiée est de réaliser un lien entre SI du DP et du DMP incluant une authentification réciproque entre les deux systèmes.

  • 3 Français sur 4 convaincus de l’intérêt de la e-santé (Etude Deloitte)

    • Plus de 3 Français sur 4 convaincus de l’intérêt de la e-santé pour la prévention, le dépistage et la prise en charge médicale,
    • Plus de 7 Français sur 10 favorables à la mise à disposition de leurs données de santé,
    • Leur utilisation d’objets connectés en santé a triplé depuis 2015,
    • Un Français sur trois prêt à utiliser un dossier médical électronique,

    tels sont les éléments concernant la e-santé qui ressortent d’une enquête menée en avril 2016 par le cabinet Deloitte dans le cadre de son étude « santé 2016 » et dont les résultats ont été rendus publics le 4 octobre 2016.

    Ci-dessous, les chiffres clés de cette étude.

    Sur l’accès aux soins et coût des soins

    • 85% sont satisfaits de la qualité des soins
    • 86% sont satisfaits de la sécurité des soins
    • 70% sont satisfaits de l’accessibilité aux soins
    • 66% sont satisfaits des conditions financières d’accès aux soins
    • 88% considèrent comme important la facilitation de l’échange de données médicales des patients entre les professionnels de santé

    Sur la prévention

    • 79% sont favorables au recours à la médecine prédictive
    • 91% pensent que la prévention réduit le risque d’apparition de maladies chroniques

    mais :

    • 39% estiment ne pas disposer des moyens financiers suffisants pour assurer cette prévention
    • 46% estiment que les solutions technologiques dédiées à la prévention sont insuffisantes
    • 26% considèrent que les complémentaires santé devraient faire davantage pour la prévention
    • 10% considèrent que les acteurs du digital (dont les GAFA) devraient aussi faire davantage pour la prévention
    • 55% attendent des conseils et un accompagnement personnalisé dans la durée

    Sur le développement de la e-santé

    • 81% considèrent qu’il serait efficace pour améliorer la coordination des professionnels de santé
    • 77% estiment qu’il améliorerait la détection en temps réel, le dépistage et la prise en charge
    • 76% pensent qu’il aiderait à réaliser des actions de prévention ciblées et adaptées aux besoins
    • 75% déclarent qu’il permettrait de limiter les coûts liés aux déplacements sanitaires
    • 63% y voient un moyen de lutte contre les déserts médicaux

    Sur les données de santé

    • 43% ont des craintes sur la confidentialité des données de santé en lien avec le développement de la e-santé

    même s’ils sont favorables à la mise à disposition de leurs données de santé pour:

    • Favoriser la médecine prédictive (82%)
    • Anticiper les risques de maladies chroniques (80%)
    • Suivre des programmes de prévention personnalisés 80%)
    • Améliorer l’état de santé et le suivi au quotidien 77%)

    et si :

    • 78% sont favorables aux dispositifs permettant de collecter les données afin de permettre le développement du suivi et de la consultation à distance

    Sur le dossier médical électronique

    • 33% seraient prêts à l’utiliser comme outil de suivi et d’échanges en matière de santé

  • « Réseaux sociaux : un nouvel outil de pharmacovigilance ? » le 12/10/2016 à Paris-Descartes

    Le 12 octobre 2016 se tiendra à la faculté de pharmacie de Paris-Descartes une séance thématique organisée par l’Académie nationale de pharmacie sous le Haut-Patronage de la ministre de la Santé, Marisol Touraine :  » Réseaux sociaux : un nouvel outil de pharmacovigilance ? »

    Seront présents :
    – le Président de l’Académie nationale de Pharmacie
    – Dr Alain Saint-Pierre, membre de l’Académie nationale de Pharmacie
    – Dr Cédric Bousquet, Inserm, coordinateur du projet Vigi4Med
    – Stéphane Schuk, président de KAPPA Santé, qui présentera le projet ADS-Prism
    – Dr Stéphanie Tcherny-Lessenot, qui présentera un projet pilote Sanofi
    – François Houÿez, directeur de l’information et de l’Accès aux Traitements, qui présentera le projet WEB-RADR
    – Dr Evelyne Pierron, qui présentera l’expérience de l’association de patients Renaldo.

    Une table ronde ayant pour thème « Place de l’exploitation des réseaux sociaux parmi les outils de pharmacovigilance » aura lieu à 16h, avec pour modérateur Véronique Lamarque-Garnier, membre de l’Académie nationale de Pharmacie, à laquelle participeront Patrick Maison, directeur de la surveillance ANSM, et François Houÿez.

    Rendez-vous de 14h à 17h au 4, avenue de l’Observatoire dans le sixième arrondissement de Paris.

  • Lancement d’un logiciel d’évaluation du risque de cancer du sein dès 40 ans par Statlife

    Statlife présentera Mammorisk, sa solution logicielle d’évaluation du risque de cancer du sein dès 40 ans, lors des Journées Francophones de Radiologie qui auront lieu du 14 au 17 octobre 2016 à Paris. Ce nouvel outil est destiné aux gynécologues et radiologues.

    Stéphane Ragusa, PDG de Statlife a indiqué lors d’une conférence de presse à l’occasion du congrès EUSOBI (European Society of Breast Imaging) les 23 & 24 septembre 2016 à Paris, que « l’objectif est de faire un dépistage par mammographie aux femmes qui en ont vraiment besoin dans la tranche d’âge 40-50 ans. Actuellement, la prescription d’une mammographie de dépistage dépend du gynécologue: à Paris, les femmes en font tous les ans, mais ailleurs beaucoup moins ».

    La recommandation en France est de réaliser un dépistage du cancer du sein par mammographie tous les deux ans, gratuitement entre 50 et 74 ans dans le cadre d’un programme organisé national. Aux États-Unis, les mammographies sont recommandées dès 40 ans.

    Une nouvelle approche de calcul

    L’outil Mammorisk est né de la collaboration de statisticiens de Statlife et du Dr Delaloge, chef du comité pathologie mammaire à Gustave-Roussy à Villejuif. La méthode utilisée est celle de aussi appelée « des proches voisins » qui consiste à évaluer les risques d’une personne par comparaison avec ses voisins les plus proches (mêmes caractéristiques), nouvelle approche de calcul qui a été brevetée.

    La mesure de la densité mammaire (deuxième facteur de risque après l’âge) est effectuée de manière reproductible sur un cliché (et non évalué à l’œil par le radiologue) et permet d’intégrer 3 autres paramètres (âge, nombre d’antécédents familiaux, biopsie antérieure du sein pour lésion bénigne) afin de déterminer un risque allant de 1 (faible) à 4 (élevé). Son utilisation est inscrite dans le protocole d’une mammographie clinique. Le logiciel permet d’écarter les femmes à très haut risque auxquelles des recommandations spécifiques sont proposées (suivi par IRM).

    « Evaluer de façon objective les facteurs de risque »

    Un compte-rendu peut être édité, fournissant une estimation de la densité mammaire, du risque de cancer du sein, ainsi qu’un programme de suivi personnalisé à partir de recommandations officielles.
    MammoRisk a déjà obtenu son marquage CE et a débuté sa commercialisation en France, en Italie, en Suisse et en Allemagne. 300 000 femmes seraient concernées. L’agrément FDA est attendu. Le coût s’élève à 1 à 2 euros par mammographie.

    Pour le Dr Delaloge, « il faut utiliser des outils et des méthodes de dépistage novateurs, basées sur les avancées et les connaissances statistiques, qui vont permettre d’évaluer de façon objective des facteurs de risque jusqu’alors évalués de manière empirique, et qui vont intégrer des nouveaux scores de risque tout au long de la vie de la patiente. »