IBM et des chercheurs médicaux basés au Japon, à Hong Kong et aux États-Unis font appel à l’aide du public pour trouver des nouveaux traitements contre les cancers infantiles.
L’équipe d’experts recherche plus précisément des médicaments pouvant affecter les molécules clés et les protéines qui contrôlent les cellules cancéreuses dans plusieurs cancers infantiles courants.
Chercher de nouveaux traitements nécessite l’exploitation d’un supercalculateur afin de pouvoir analyser les différents scenarii possibles, un système très coûteux. IBM souhaite donc passer par la méthode dite du « calcul distribué » pour accélérer les recherches. Par le biais d’un logiciel, les appareils des participants au projet effectuent automatiquement une partie des calculs nécessaires aux recherches des experts et transmettent ensuite les résultats aux scientifiques concernés. Un gain de temps et d’argent.
Un supercalculateur partagé pour accélérer les découvertes scientifiques
Le projet a été annoncé aux États-Unis fin janvier 2017 lors d’une conférence presse menée par le gouverneur du Connecticut, Dannel P. Malloy (IBM) et le Dr. Ching Lau, du Connecticut Children’s Medical Center, du Jackson Laboratory et de l’UConn School of Medicine.
La recherche de médicaments candidats est un processus coûteux et lent. Pour accélérer le processus et élargir la recherche, IBM fournit aux scientifiques concernés un accès gratuit à son World Community Grid, un programme qui exploite la puissance de calcul « offerte » par des bénévoles à travers le monde.
En clair, il s’agit d’un supercalculateur qui permet aux scientifiques de conduire plus rapidement des millions d’expériences virtuelles. Ces expériences visent à mettre en évidence des médicaments candidats prometteurs pour une étude plus approfondie.
Calcul distribué : utiliser la puissance des appareils des particuliers pour réaliser à moindre coût des calculs scientifiques colossaux
Les bénévoles ne donnent ni de leur temps, ni de leur d’argent et n’ont pas besoin d’expertise technique pour participer à cet effort de recherche, nommé le Smash Childhood Cancer.
Ils participent simplement au programme World Community Grid en téléchargeant et en installant une application gratuite sur leur ordinateur ou un appareil Android. Les dispositifs des volontaires exécutent automatiquement des expériences virtuelles au nom de l’équipe de recherche. Les résultats sont ensuite transmis aux chercheurs pour être analysés.
Le principe utilisé est celui du « calcul distribué ». Dans le domaine médical, les chercheurs ont besoin de moyens colossaux en matière de puissance de calcul afin de simuler l’effet de certains médicaments ou de séquencer certaines molécules, certains gênes ou certaines protéines. Ils peuvent faire appel à des supercalculateurs pour réaliser ces calculs mais, la plupart du temps, ils ne disposent pas du budget suffisant, ces machines coûtant plusieurs dizaines de millions de dollars.
IBM a donc décidé de distribuer les calculs, de les diviser en des millions d’opérations pouvant être effectuées par l’ordinateur ou l’appareil Android d’un particulier pour ensuite les regrouper afin de faire avancer un projet donné.
Le World Community Grid utilise un logiciel qui télécharge automatiquement de petites quantités de données puis exécute des calculs permettant de déterminer comment les médicaments interagissent avec les différentes mutations d’une maladie par exemple.
Plus clairement, le World Community Grid transforme l’appareil de l’utilisateur en explorateur. « Votre appareil effectue des calculs de recherche lorsqu’il est inactif. Il suffit donc de l’utiliser comme vous le faites tous les jours pour aider les scientifiques à obtenir des résultats en quelques mois plutôt que des décennies, précise IBM sur le site officiel du programme. Avec votre aide, ils peuvent identifier les domaines les plus importants à étudier en laboratoire, en les rapprochant des découvertes qui sauvent des vies et traitent des problèmes globaux. »
Smash Childhood Cancer : une équipe d’experts internationale centrée sur les solutions numériques
Smash Childhood Cancer rassemble une équipe internationale de chercheurs experts issus de l’Université de Chiba et de l’Université de Kyoto au Japon mais aussi de l’Université de Hong Kong, du Connecticut Children’s Medical Center, du Jackson Laboratory et de l’École de médecine de l’Université du Connecticut (États-Unis).
L’initiative mondiale est dirigée par le Dr. Akira Nakagawara, un oncologue pédiatrique de renommée internationale, biologiste moléculaire et directeur général du Saga Medical Center Koseikan, au Japon.
Le Dr. Nakagawara a utilisé la même approche de recherche sur un précédent projet World Community Grid par le biais duquel il est parvenu à identifier les médicaments candidats pour le neuroblastome, l’un des cancers les plus courants chez les enfants.
Le système Smash Childhood Cancer est désormais étendu à la recherche de traitements contre d’autres formes de cancers infantiles, tels que la tumeur cérébrale, la tumeur de Wilms (tumeur du rein), les tumeurs des cellules germinales (cancers qui affectent le système reproducteur et le système nerveux central), l’hépatoblastome (cancer du foie) et l’ostéosarcome (cancer de l’os).