Incubateurs

  • La nomenclature SNOMED CT pour favoriser l’interopérabilité en pharmacie (Phast)

    Pour que la télémédecine, la santé mobile (mHealth), l’intelligence artificielle (IA), etc. puissent continuer d’évoluer et d’être utilisées de façon optimale par les professionnels de santé et les patients, les acteurs s’accordent sur le fait que des progrès doivent être réalisés dans le domaine de l’interopérabilité, toutes ces nouvelles solutions devant se construire sur « une base sémantique solide, cohérente et commune » et être en mesure de partager des données « normalisées », disponibles « sous une forme structurée et non ambigüe », avance l’organisme de promotion de l’interopérabilité en santé Phast dans un communiqué daté de septembre 2019.

    Selon Phast, la SNOMED CT (Systematized Nomenclature of Medicine Clinical Terms), vocabulaire de référence international permettant de représenter les faits cliniques par des codes dans les SI médicaux, est une des terminologies qui pourrait permettre d’atteindre un niveau d’interopérabilité satisfaisant des solutions informatiques de santé.

    Des savoirs et des expériences développées autour de SNOMED CT ont été partagés à l’occasion d’une journée dédiée, organisée le 27 novembre à Paris par Phast, en partenariat avec Interop’Santé, l’association de promotion de la standardisation des échanges informatiques en santé.

    L’événement a réuni divers membres de l’écosystème de la santé tels que des éditeurs de logiciels hospitaliers et des start-ups de la e-santé, des professionnels de santé (pharmaciens, médecins, biologistes), des référents informatiques médicaux et des institutionnels.

    Health & Tech Intelligence, qui a assisté à cette journée, revient sur les interventions de plusieurs pharmaciens présents lors de l’évènement, professionnels selon lesquels l’utilisation de la terminologie SNOMED CT permettra d’atteindre une digitalisation intelligente de la pharmacie, en particulier hospitalière et officinale, et de la recherche biomédicale. Ils attendent en particulier que l’utilisation généralisée de SNOMED CT :
    • permette de mieux intégrer la biologie médicale dans des parcours de soins coordonné ;
    • fasse de l’officine non seulement un lieu de conseil centré sur un patient hautement connecté mais également un hub technologique ouvert à la recherche ;
    • facilite l’accès à des informations sur les médicaments ainsi qu’à certaines molécules innovantes.

    Mieux intégrer la biologie médicale dans le parcours de soins

    À l’heure actuelle, les biologistes médicaux travaillent à l’aide de logiciels fondés sur le recours à des terminologies spécifiques à leur domaine. Leur niveau d’interopérabilité sémantique est donc assez faible : ils communiquent difficilement avec d’autres logiciels métier ou patient dans la mesure où ils ne peuvent comprendre ou émettre des données non codées selon ces terminologies spécifiques.

    Pour rendre plus interopérables les SI utilisés par les biologistes médicaux, ceux-ci pourraient être entièrement repensés, rebâtis et fondés sur la nouvelle terminologie SNOMED TC. Une restructuration en profondeur des logiciels métier n’est cependant pas souhaitable : elle nécessiterait une implication importante des professionnels déjà habitués à utiliser leurs propres logiciels métier et engendrerait des coûts élevés.

    La solution n’est donc pas de transformer radicalement ces outils déjà adoptés par les biologistes médicaux mais d’adjoindre à ces derniers des fonctionnalités de mapping, c’est-à-dire de traduction de concepts cliniques d’une nomenclature ou terminologie à l’autre.

    Valérie Desbois-Pelissier, médecin biologiste et responsable de la production et de la qualité du référentiel CIOlab à Phast, a illustré comment ces nouvelles fonctionnalités pourraient permettre d’ouvrir numériquement la biologie médicale vers le reste de l’écosystème de la santé et en particulier vers le circuit du médicament.

    Selon elle, la clé est de considérer la terminologie SNOMED CT comme une terminologie intermédiaire, située à l’interface de référentiels d’interopérabilité sémantique autres tels que ceux commercialisés par Phast qui sont :

    • CIOlab, terminologie utilisée par divers logiciels métiers de biologie médicale ;
    • CIOds, terminologie spécifique au circuit du médicament ;
    • CIOdm, terminologie utilisée dans le secteur des dispositifs médicaux ;
    • CIOct, référentiel de termes médicaux utilisé par les cliniciens.

    En effet, si ces terminologies permettent de communiquer facilement au sein des spécialités, ils n’autorisent pas des échanges de données fluides entre ces spécialités. Adjoindre aux logiciels des fonctions de mapping – de traduction des concepts de ces terminologies vers SNOMED CT, et de SNOMED CT vers ces terminologies – permettrait aux données d’être lues plus facilement par tous les professionnels.

    Valérie Desbois-Pelissier affirme que dans le domaine de la biologie médicale, ce système trouverait des applications tant lors de la phase pré-analytique (qui précède les analyses d’échantillons) que de la phase post-analytique (qui suit les analyses d’échantillons).

    En phase pré-analytique, lors de l’admission des patients au laboratoire, le recours à la terminologie SNOMED CT pourrait par exemple rendre les informations renseignées par le patient plus interopérables. En particulier, la saisie des médicaments absorbés par le patient avant l’examen biologique (obligatoire car certains pourraient modifier le résultat de l’analyse), habituellement réalisée dans une terminologie telle que CIOdc, pourrait être traduite en SNOMED CT et ainsi devenir facilement lisible par les biologistes travaillant avec des logiciels fondés sur le recours à la terminologie CIOlab et permettant de s’assurer que les traitements du patient ne modifieront pas les résultats de l’examen.

    Serge Payeur, co-fondateur de la start-up SIL-LAB Experts qui commercialise la solution de prélèvement connecté à domicile P-A-D, a montré comment cette solution se fonde sur un principe analogue pour faciliter l’échange des informations recueillies lors de l’interrogation du patient avant le prélèvement.

    En phase post-analytique, il s’agit également de faciliter l’échange des données entre des logiciels fondés sur les référentiels CIOlab et CIOdc. Par exemple, les compte rendus d’examen biologique qui suggèrent des modifications de la prescription initiale du patient selon la terminologie CIOlab pourraient être traduits, par l’intermédiaire de SNOMED CT, vers la terminologie CIOdc, terminologie utilisée par les logiciels des cliniciens autorisés à modifier les prescriptions.

    Soutenir la transformation de l’officine en hub technologique                    

    Pierre Renaudin, pharmacien et co-fondateur de Bimedoc, a donné un exemple de la façon dont le recours à la terminologie SNOMED CT pourrait soutenir la transformation de l’officine en hub technologique lors de la présentation des solutions commercialisées par cette start-up.

    Lieu d’expertise sur le médicament

    Le recours à la terminologie SNOMED CT doit pouvoir soutenir le pharmacien d’officine dans son rôle d’expert de premier recours concernant les médicaments, et ce au bénéfice des patients : il s’agit de soutenir le pharmacien dans son activité d’analyse des prescriptions, de faciliter la conciliation pharmaceutique exercée en particulier lors des entretiens pharmaceutiques, de poursuivre les efforts déjà réalisés dans la lutte contre les accidents médicamenteux, qui occasionnent encore, selon Pierre Renaudin, « 30 000 décès par an ».

    A cette fin, les start-ups telles que Bimedoc pourraient proposer un accès facilité à des informations issues de diverses bases de données concernant les médicaments : il s’agit de croiser des informations issues de ces différentes bases de données codées selon divers référentiels, de les traduire en SNOMED CT et d’en faire une synthèse.

    Ces bases de données et sources d’informations à croiser concernent par exemple :

    • les interactions médicamenteuses, avec les plantes médicinales et l’alimentation : référentiels des interactions médicamenteuses de l’ANSM ;
    • les médicaments inappropriés : listes Stopp & Start, Laroche, Anticholinergic Drug Scale, déficit en G6PD, cascades médicamenteuses, etc. ;
    • les problèmes de forme galénique : liste sur les médicaments per os concernant l’écrasement des comprimés et l’ouverture des gélules (HAS, Thériaque, OMéDIT Haute Normandie, SFPC, etc.).

    Hub technologique ouvert à la recherche

    La traduction des données de santé mobile en SNOMED CT pourrait contribuer à faire des pharmaciens d’officine des chercheurs actifs.

    De nombreux patients utilisent actuellement des applications mobiles de santé. Les données de santé produites en conditions de vie réelle par ces applications pourraient être centralisées par les pharmaciens d’officine, anonymisées et analysées dans l’objectif :

    • de réaliser une pharmacovigilance efficace ;
    • ou de mettre en évidence des groupes risquant particulièrement de connaître des complications liées à des effets indésirables médicamenteux, des interactions entre spécialités pharmaceutiques ou une observance difficile de leur traitement, groupes qui pourraient alors potentiellement bénéficier d’entretiens pharmaceutiques.

    Faciliter l’accès aux informations sur le médicament et aux molécules innovantes

    Faciliter l’implémentation des bases de données de médicaments à l’échelle internationale

    Selon Paul Bonnet, directeur général de Vidal Espagne, l’utilisation de SNOMED CT faciliterait la gestion multilingue des bases de données concernant le médicament et ainsi la diffusion d’informations fiables et uniformisées à l’échelle internationale. Ceci serait permis par le caractère multilingue de SNOMED CT.

    Faciliter la prescription et le remboursement à des molécules innovantes

    Émilie Nguyen, pharmacien et responsable de l’unité CIOdc à Phast a montré, en présentant l’exemple de la nouvelle base de données off-label (utilisation hors indication), comment l’utilisation de la terminologie SNOMED CT pourrait permettre de faciliter l’accès à des molécules innovantes.

    La prescription et le remboursement des molécules innovantes particulièrement onéreuses sont actuellement fortement retardés et limités du fait de la complexité de la procédure de demande d’accès à ces médicaments. La prescription de ces médicaments doit en effet être justifiée par le clinicien par une bibliographie précise et détaillée auprès des autorités compétentes. Or la constitution de cette bibliographie peut être longue.

    Off-label constitue un exemple de base de données permettant de centraliser des informations concernant les médicaments et des références bibliographiques fournies par un organisme spécialiste de l’aide à la décision clinique, Motive Medical Intelligence. La centralisation de ces données nécessite le recours à SNOMED CT, qui permet finalement de présenter, pour chaque molécule innovante ou médicament pouvant être prescrit hors AMM, sous la forme de fiches :

    • le nom du médicament ;
    • les principales indications AMM, hors AMM ou encadrées par une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) ;
    • des justifications bibliographiques pour chaque indication ;
    • la codification SNOMED concernant au médicament et à chaque indication.

  • Owkin (France), Nvidia & le King’s College s’allient pour fournir aux hôpitaux une IA plus sécurisée

    Owkin, société française spécialisée dans les technologies d’intelligence artificielle (IA) appliquées à la recherche médicale, travaille avec l’entreprise américaine Nvidia, acteur majeur de l’IA, et le King’s College London (KCL) sur un projet de « federated learning« , ou « apprentissage fédéré » en français, une technique qui permet de concevoir des IA sans compromettre la sécurité des données des utilisateurs. Dans le cadre de cette collaboration, annoncée le 4 décembre 2019 par Owkin (communiqué), la start-up française a pour objectif de démontrer qu’une architecture de federated learning « est aussi pertinente que le modèle traditionnel d’analyse par centralisation des données mais aussi beaucoup plus sûre pour protéger les données personnelles des patients ».

    Le Medical Imaging and AI Centre for Value-Based Healthcare (AI4VBH) du KCL est actuellement l’un des plus importants projets d’apprentissage fédéré au monde. Il reliera tout d’abord 4 des principaux hôpitaux universitaires de Londres, puis s’étendra progressivement au reste de ces établissements au Royaume-Uni. Par son biais seront proposés des services d’IA conçus pour accélérer la recherche et améliorer les essais cliniques dans divers domaines thérapeutiques (cancer, insuffisance cardiaque, accidents vasculaires cérébraux, maladies neurodégénératives…).

    Le King’s College London va utiliser la plateforme EGX « Intelligente Edge Computing » de Nvidia, à laquelle va être intégré le logiciel de federated learning basé sur la blockchain d’Owkin, pour développer les améliorations cliniques, de recherche et opérationnelles, explique la société française. Les données fédérées seront mises à la disposition des chercheurs par le KCL ainsi qu’auprès d’une communauté d’entreprises du secteur de la santé membres du consortium AI Centre, financé par Innovate UK, l’agence publique d’innovation (non ministérielle) du Royaume-Uni.

    Une dizaine d’hôpitaux impliqués dans le projet à terme

    Le déploiement du projet de federated learning du King’s College London (KCL) sera réalisé en 2 étapes :

    • première phase : le centre AI4VBH, qui fait partie de la KCL School of Biomedical Engineering, fédérera les données de 3 universités (King’s College London, Imperial College et Queen Mary University de Londres) et de 4 hôpitaux d’enseignement supérieur de Londres (Kings College Hospital, South London et Maudsley, Guy’s & St. Thomas’ et Barts Health) ;
    • seconde phase : le réseau sera étendu à 12 hôpitaux du Royaume-Uni.

    « Ce partenariat réunit les meilleurs acteurs du secteur de la santé, du machine learning (ML, apprentissage automatique) et de l’univers de la donnée, commente Gilles Wainrib, co-fondateur et CSO d’Owkin (communiqué). Nvidia va permettre de créer un écosystème idéal et agile pour que les hôpitaux puissent investir dans le ML. De son côté, [le] KLC a réuni les talents en ingénierie, médecine et informatique ainsi que des données de haute qualité sur les patients au sein du centre AI4VBH. »

    « Fédérer une communauté de chercheurs universitaires et privés »

    « Notre objectif est de fédérer une communauté de chercheurs – universitaires et privés – pour développer nos connaissances autour des données cliniques et opérationnelles, indique de son côté Sébastien Ourselin, professeur en ingénierie de santé (professor of healthcare engineering) au KLC. Nous sommes particulièrement heureux d’accueillir Owkin au sein de ce consortium. Ils vont fournir  la couche logicielle permettant aux modèles d’être construits, orchestrés et sécurisés. Cela va garantir que les modèles prédictifs élaborés à partir des données des patients sont représentatifs et impartiaux. »

    La plateforme Owkin Connect intégrée aux plateformes de Nvidia

    Nvidia fournit la plupart des infrastructures de machine learning dans le monde

    Owkin rappelle dans son communiqué que Nvidia alimente une majorité des infrastructures d’apprentissage automatique (machine learning) dans le monde. La société donne accès à de multiples entreprises et start-ups du monde entier à sa plateforme Clara Application Framework et à une gamme de plateformes informatiques spécialisées, dont Nvidia DGX, supercalculateur personnel dédié au déploiement d’applications IA, et Nvidia EGX.

    Fusion des technos d’Owkin et de Nvidia : une « révolution pour la recherche hospitalière »

    Dans le cadre de ce projet, Owkin a intégré sa plateforme de federated learning Owkin Connect aux plateformes EGX, DGX et Clara de Nvidia. Selon la start-up française, il s’agit d’une « révolution pour la recherche hospitalière puisque, plutôt que de construire des modèles d’IA sur des données locales, les hôpitaux pourront élargir leur recherche à un réseau de centres médicaux universitaires de niveau 1 dans le monde entier ».

    En augmentant le volume de données de formation, Owkin garantit que les modèles d’IA peuvent être formés sur des données hétérogènes, « sans retirer les données des hôpitaux », explique la société.

    Le réseau comprend actuellement des hôpitaux de niveau 1 en France et aux États-Unis. Le KCL et ses partenaires hospitaliers de Londres seront le premier consortium universitaire participant au Royaume-Uni.

    Une technologie basée sur la blockchain

    « Owkin donne vie au federated learning en ayant développé un logiciel extrêmement flexible, sécurisé, traçable et préservant la confidentialité des données, note Craig Rhodes, responsable EMEA « intelligence artificielle en santé et sciences de la vie » (« artificial intelligence healthcare and life science« ) à Nvidia. Dans un contexte européen où le RGPD est une exigence, leur technologie basée sur la blockchain permet aux hôpitaux que la donnée de leurs patients soient respectées et protégées. »

    Owkin : des partenariats qui se développent aussi en France

    En France, Owkin a annoncé au mois d’octobre 2019 la lancement, en partenariat avec l’AP-HP, d’une première série de projets de recherche sur données afin d’améliorer la prise en charge des patients et de faciliter le développement de nouveaux médicaments dans 3 domaines principaux : l’oncologie, l’immunologie et la cardiologie.

    1,5 million d’euros versés par la Région Île-de-France

    Début septembre, la start-up a par ailleurs remporté le AI for Health challenge. La Région Île-de-France lui a attribué dans ce cadre 1,5 million d’euros pour financer ses travaux de R&D, en collaboration avec les chercheurs et médecins de l’Institut Gustave Roussy (pendant 18 mois). « Cette recherche vise à développer des outils d’intelligence artificielle performants, qui permettront de faire progresser la lutte contre le cancer », précise la Région (communiqué).

  • Amazon lance Transcribe Medical, système de reconnaissance vocale pour la saisie de données patients

    « Un service de reconnaissance vocale avec apprentissage automatique (machine learning) [qui vise à] améliorer l’efficacité de la prise de notes médicales. » C’est ainsi qu’Amazon décrit son nouveau produit, Transcribe Medical, dans un billet de blog daté du 3 décembre 2019. Présenté la veille lors de Re-Invent, l’événement cloud du groupe organisé cette semaine à Las Vegas, ce programme développé avec Cerner est complémentaire de l’outil d’extraction Amazon Comprehend Medical, lancé en 2018.

    Le groupe indique avoir conçu cette solution en réponse à une forte demande : pouvoir automatiser la saisie de données dans les dossiers patients électroniques, imposée depuis l’entrée en vigueur en 2009 de la loi HITECH. Selon Amazon, les médecins peuvent passer « jusqu’à six heures par jour » à cette tâche, ce qui constitue « un facteur important d’épuisement professionnel (burn out) et de stress » et dégrade la qualité des soins.
     
    Amazon Transcribe Medical se présente comme une API (interface de programmation d’application) en streaming intégrable à toute application vocale sur tout appareil doté d’un micro. Amazon souligne que son outil est doté de fonctionnalités de ponctuation automatique qui permettent aux médecins l’utilisant de parler naturellement. Le groupe ajoute qu’un important travail d’annotation a été effectué pour éviter les erreurs de transcription de termes et d’abréviations pointues, dans un domaine où elles peuvent avoir de graves conséquences.

  • Étude : quand l’IA détecte les premiers signes de maladie cardiaque (Congrès de radiologie, USA)

    Des chercheurs américains ont développé un système d’intelligence artificielle (IA) qui mesure le taux de calcium dans les artères coronaires chez des patients ayant subi un scanner thoracique pour dépister un cancer du poumon. L’outil, qui repose sur l’apprentissage profond, permet d’extraire automatiquement ces informations sans rallonger l’examen. Les résultats de cette étude* ont été présentés le 3 décembre 2019 au congrès annuel de la Société de radiologie de l’Amérique du Nord (RSNA).

    Le calcium, ennemi des coronaires

    Un dépôt dans les artères représente un risque pour la santé. Des plaques d’athérome se retrouvent alors dans les artères coronaires, qui peuvent aussi contenir des dépôts de calcium. Il est actuellement démontré que la présence de ces éléments est un facteur de risque de maladie cardiovasculaire. La mesure du score calcique, qui s’effectue grâce à un scanner, présente l’avantage de pouvoir identifier des patients à risque intermédiaire et donc de faire de la prévention. Une étude parue en 2019 souligne l’intérêt de mesurer le score calcique pour évaluer le risque d’insuffisance cardiaque.

    Pourtant, en dépit de sa valeur pronostique, le calcium dans les artères coronaires n’est pas systématiquement mesuré lors du dépistage pulmonaire par tomodensitométrie à faible dose, car les mesures nécessitent un logiciel spécifique et un temps supplémentaire pour l’interprétation.

    Mesurer automatiquement le score calcique grâce à l’IA

    Des chercheurs américains ont donc mis au point et testé une technique qui utilise l’intelligence artificielle (IA) pour mesurer automatiquement le taux de calcium dans les artères coronaires sur les images de scanner thoracique.

    Ils ont formé un système d’apprentissage profond (deep learning) sur les scanners cardiaques et thoraciques dans lesquels le calcium de l’artère coronaire avait été mesuré manuellement. Ils ont ensuite testé le système sur des scanners de milliers de gros fumeurs âgés de 55 à 74 ans, qui participaient à l’essai national sur le dépistage pulmonaire (NLST), une étude majeure qui a démontré la valeur du scanner pour le dépistage précoce du cancer du poumon.

    Résultats : des scores calciques correspondant à ceux des lecteurs humains

    • Les scores calciques des artères coronaires obtenus par apprentissage profond correspondaient étroitement à ceux des lecteurs humains.
    • Plus le score calcique mesuré par IA était élevé, plus le risque de décès par maladie cardiovasculaire s’est révélé important durant le suivi de 6,5 ans.
    • Le temps d’examen est resté identique à celui qui est nécessaire au dépistage du cancer du poumon.

    Un outil préventif à développer sur tous les scanners thoraciques

    « ce moyen automatisé d’extraction du score calcique peut aider les patients et les médecins à prendre des décisions en matière de traitement préventif », déclarent les auteurs de l’étude, intervenus le 3 décembre 2019 pendant le congrès annuel de la Société de radiologie de l’Amérique du Nord (RSNA).

    Par exemple, la quantification du calcium coronaire pourrait être utilisée pour séparer les personnes en groupes à risque élevé et faible. « Les nouvelles recommandations en matière de cholestérol incitent à utiliser le score de calcium pour aider les médecins et les patients à décider de prendre ou non une statine », rappelle l’un des auteurs des travaux. Pour certains patients à risque intermédiaire de maladie cardiaque, si le score de calcium est égal à 0, la statine peut être différée. Si le score de calcium est élevé, ces patients doivent prendre une statine. »

    La mesure automatique du score calcique pourrait également être effectuée chez les personnes souffrant de douleurs thoraciques stables et aiguës et qui passent un scanner. L’équipe de recherche a d’ailleurs déjà mené des d’essais cliniques dans de telles populations et les résultats étaient similaires. « Nous disposons d’un outil qui peut à l’avenir être utilisé dans presque chaque scan du thorax pour générer des informations très pertinentes sur le plan clinique pour un grand nombre de patients », concluent les auteurs de l’étude.

  • Étude : le suivi des graves traumatisés crâniens amélioré grâce à un algorithme (Scientific Reports)

    Des chercheurs finlandais ont mis au point un système basé sur l’intelligence artificielle (IA) capable de prédire la mortalité en temps réel de patients en soins intensifs après une lésion cérébrale traumatique. Dans le cadre de travaux menés sur le système, ces algorithmes simples sont parvenus à prédire la probabilité de décès du patient dans les 30 jours avec une précision de 80 à 84 %. Étant donné que les patients sont inconscients, cette information peut faciliter la prise de décision clinique. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 27 novembre 2019 dans la revue Scientific Reports, du groupe Nature.

    Le big data des patients inconscients

    En Europe et aux États-Unis, plus de 1,6 million de personnes sont hospitalisées chaque année en raison d’une lésion cérébrale traumatique. Malgré des soins de qualité en unités de soins intensifs, environ 1 patient sur 3 meurt.

    Les patients souffrant d’un traumatisme cérébral grave sont inconscients, ce qui rend difficile leur suivi. En réanimation, plusieurs dizaines de variables font l’objet d’une surveillance continue (par exemple la pression intracrânienne, la pression artérielle moyenne et la pression de perfusion cérébrale), des variables qui donnent indirectement des informations sur l’état du patient.

    Cependant, une seule variable, telle que la pression intracrânienne, peut générer des centaines de milliers de points de données par jour. Ainsi, il est impossible pour le cerveau humain de les analyser au regard de de toutes les données surveillées. Les algorithmes basés sur l’apprentissage automatique (machine learning) peuvent capturer des corrélations de caractéristiques non linéaires difficiles à détecter à l’aide d’approches statistiques classiques. En outre, les modèles pronostiques actuels sont de nature statique et sont basés sur des variables simples qui sont évaluées lors de l’admission.

    Un algorithme dynamique pour prédire la mortalité

    C’est pourquoi des chercheurs de l’Hôpital universitaire d’Helsinki ont commencé à développer un algorithme basé sur l’intelligence artificielle (IA) qui pourrait aider les médecins à traiter les patients atteints d’une lésion cérébrale traumatique grave. Ils ont conçu un algorithme dynamique capable de capturer les changements de pronostic pendant les soins intensifs. Ainsi, les cliniciens pourraient adapter leurs décisions de traitement fondées sur ces données, et améliorer potentiellement la qualité des soins.

    Les chercheurs ont donc développé 2 algorithmes entièrement automatisés pour prédire la mortalité à 30 jours :

    • l’un assez simple reposant sur la pression intracrânienne, la pression moyenne exercée sur les vaisseaux sanguins et la force entraînant le flux d’oxygène dans le cerveau ;
    • le deuxième plus complexe incluant des données sur le niveau de conscience du patient.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 27 novembre 2019 dans la revue Scientific Reports.

    Résultats : une précision « étonnamment bonne »

    • Sur 472 patients, 92 (19 %) sont décédés dans les 30 jours.
    • L’algorithme le plus simple prédit la mortalité à 30 jours avec une précision de 81 %.
    • L’algorithme le plus élaboré atteint une précision de 84 %.

    « La précision des deux algorithmes est étonnamment bonne, étant donné que le modèle le plus simple ne repose que sur trois variables principales et le plus complexe sur cinq variables « , déclare l’un des auteurs et codeurs principaux des algorithmes.

    De plus, les algorithmes fonctionnent même dans des conditions où la surveillance est perturbée par intermittence, comme cela arrive souvent dans les unités de soins intensifs. Il s’agit donc d’une preuve de concept (PoC). De nouveaux algorithmes sur des données volumineuses devraient permettre de prédire l’évolution de la lésion cérébrale traumatique. « De tels algorithmes ont le potentiel d’aider les cliniciens à prendre des décisions thérapeutiques plus rapides, fondées sur des données et normalisées », estiment les chercheurs.

    Cependant, ils doivent maintenant valider les algorithmes en utilisant des jeux de données externes nationaux et internationaux.

  • Etudes : il existe une synergie entre algorithmes intelligents et interopérabilité des SI cliniques

    Le recours à des solutions d’intelligence artificielle (IA) et de machine learning (apprentissage profond) permettrait d’améliorer l’interopérabilité des données et systèmes d’information (SI) utilisés dans le secteur de la santé. Réciproquement, atteindre un meilleur niveau d’interopérabilité permettrait de réaliser de grands progrès dans le domaine de l’IA et des solutions de machine learning dédiées à la santé.

    C’est ce qu’indiquent plusieurs publications parues entre août et novembre 2019 telles que :
    • un article publié le 5 novembre dans le magazine canadien Hospital news : Leveraging AI and Machine Learning to advance Interoperability in Canadian Healthcare (Exploiter l’IA et l’apprentissage automatique pour améliorer l’interopérabilité dans les soins de santé au Canada) ;
    • une communication de l’entreprise Cabot parue le 22 août 2019 : Interoperability and AI – a symbiotic Relationship for Healthcare (Interopérabilité et IA – une symbiose bénéficiant à la santé) ;
    • une revue de la littérature publiée le 20 août 2019 dans la revue Nature : Why digital medicine depends on interoperability (Pourquoi la médecine digitale dépend de l’interopérabilité).

    Selon ces documents, l’intelligence artificielle permettrait en effet d’augmenter le niveau d’interopérabilité – en particulier sémantique – des SI. Ce type de technologie permettrait de recueillir, de trier et de comprendre plus efficacement les données de santé non structurées, partagées entre divers espaces de stockage ou de visualisation.

    Réciproquement, des systèmes et des données plus interopérables nourriraient plus efficacement les technologies d’IA et de machine learning déjà en cours de développement : plus et mieux alimentées par des données interopérables, ces algorithmes intelligents disposeraient d’un matériau structuré garantissant des analyses plus rapides et des résultats plus exacts.

    Plus concrètement, la synergie entre algorithmes intelligents et systèmes interopérables permettrait par exemple :
    • d’améliorer la sécurité et l’efficience des prises en charge ;
    • de mettre en œuvre la médecine prédictive ;
    • de poursuivre la digitalisation des dossiers médicaux ;
    • de planifier plus efficacement les tâches à l’échelle d’un cabinet médical, d’un service médical ou d’un hôpital ;
    • d’intégrer les données de vie réelle aux essais cliniques ou à la pratique médicale courante.

    L’interopérabilité pour gagner du temps et améliorer la qualité des prises en charge

    L’interopérabilité des systèmes d’information cliniques et des données de santé demeure un objectif difficilement atteignable. Bien que des normes et des terminologies aient été définies à l’échelle internationale, à l’instar des ressources d’interopérabilité des soins de santé rapides (FHIR), de nombreux progrès restent à faire dans la manière de partager, de lire et de comprendre les données de santé entre systèmes.

    C’est que les nombreuses technologies de santé disponibles à l’heure actuelle produisent de plus en plus de données aux sémantiques ambiguës dans des formats très différents, au moyen de processus spécifiques. Ces données non structurées sont souvent stockées dans des bases de données non relationnelles (où les informations ne sont ni triées ni hiérarchisées) et difficilement exploitables alors appelées lacs de données (data lakes). De nouveaux algorithmes intelligents peuvent cependant aider à restructurer ces données, à extraire des informations de ces lacs données avant toute analyse : ils peuvent constituer un levier de l’interopérabilité.

    Cependant, plus ces données sont déstructurées et nombreuses, plus les algorithmes doivent les analyser longuement, et plus ils risquent de sélectionner de mauvaises informations ou d’interpréter ces dernières de façon erronée : plus les données et les SI deviendront interopérables, plus les algorithmes intelligents fourniront des analyse rapides et exactes.

    L’enjeu de l’interopérabilité est donc au moins double : il s’agit tant de gagner du temps que d’améliorer la qualité des analyses, au bénéfice des patients. 

    Les algorithmes intelligents au service de l’interopérabilité

    IA, interopérabilité syntaxique et interopérabilité sémantique

    L’interopérabilité présente deux composantes : syntaxique et sémantique.

    • L’interopérabilité syntaxique concerne une structure commune permettant d’échanger puis d’interpréter les données entre systèmes informatiques.
    • L’interopérabilité sémantique concerne elle l’existence d’un langage commun, d’une terminologie partagée afin que la signification des données soit transférée avec les données elles-mêmes.

    Les technologies telles que l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique permettent à la fois de créer une structure partagée entre les SI et de conférer aux données une signification compréhensible par plusieurs SI. Par exemple, les auteurs de l’article d’Hospital news indiquent qu’au Vancouver General Hospital ainsi qu’à l’université de Colombie-Britannique, des chercheurs ont mis en place un algorithme intelligent capable de trier automatiquement les données de radiographie au sein d’espaces de stockage structurés aux données accessibles et compréhensibles à la fois par les radiologues de l’hôpital et les étudiants ou chercheurs de l’université : il s’agit de collecter, de stocker puis de partager des données structurées et signifiantes entre plusieurs SI par le recours à des algorithmes intelligents.

    Structurer automatiquement les données

    Ces données peuvent d’abord être automatiquement hiérarchisées et « traduites » en fonction des personnes censées accéder à ces données, indique Cabot. Par exemple, les dossiers médicaux électroniques, alimentés par des données produites et traitées par divers SI, doivent pouvoir être comprises par les professionnels de santé comme par les patients : selon Cabot, des algorithmes intelligents permettent de rendre ces solutions plus « flexibles » et « user friendly », c’est-à-dire plus compréhensibles par les individus qui doivent pouvoir lire les données de santé.

    Ces données peuvent évidemment être automatiquement hiérarchisées lors de la collecte intelligente en fonction de ce que ces dernière sont censées montrer. Cabot donne l’exemple du stockage des éléments des comptes rendus cliniques et des courriers partagés par les professionnels de santé : les données réunies sur ces documents peuvent être structurées en fonction de ce que cherchent ces différents professionnels, de leurs hypothèses diagnostiques.

    Quand l’interopérabilité alimente des algorithmes intelligents

    L’interopérabilité pour augmenter l’efficience des algorithmes intelligents

    « Extraire des données à partir de différents SI et dépasser les frontières entre institutions de santé est crucial pour alimenter les algorithmes intelligents avec un maximum des données et utiliser ces derniers à leurs pleines capacités », expliquent les auteurs de l’article paru dans Nature.

    Les analyses proposées par ces algorithmes dans le domaine de la santé sont en effet souvent fondées sur des informations émises par les médecins généralistes, les laboratoires d’analyses médicales, les examens complémentaires prescrits par divers spécialistes, voire également sur des données de santé produites par des applications mobiles. De nouvelles disciplines telles que la médecine prédictive ou la pharmacogénomique demandent également d’échanger des données entre de nombreux SI et systèmes de santé, et ce parfois à l’échelle internationale.

    Atteindre un certain niveau d’interopérabilité permettrait donc aux professionnels de la santé d’utiliser des algorithmes fiables capables de les aider à établir des diagnostics, à élaborer des prescriptions adaptées ou réaliser certains gestes (chirurgie, radiologie interventionnelle, etc.) et ainsi de mettre en œuvre une nouvelle médecine de précision et data-driven.

    É viter d’enseigner des erreurs aux algorithmes d’apprentissage automatique

    Plus qu’à alimenter efficacement les solutions d’intelligence artificielle, l’interopérabilité servirait également à s’assurer de la pertinence des informations fournies aux algorithmes d’apprentissage automatique précisément dans le cadre de cet apprentissage automatique : l’interopérabilité permettrait de réduire les erreurs d’enseignement dans le cadre du machine learning.

    « Un algorithme d’intelligence artificielle par exemple programmé pour identifier des patients diabétiques à partir de données non structurées pourrait sélectionner des patients non diabétiques mais simplement présentant des antécédents familiaux de diabète », explique l’article de Nature.

    Ce genre d’erreurs étant difficile à repérer et à corriger, il est donc primordial que les algorithmes intelligents utilisés en santé puissent disposer pour leurs calculs et leur apprentissage automatique de données solides, clairement structurées et non ambigües, c’est-à-dire interopérables.

    Exemples de synergies entre algorithmes intelligents et interopérabilité

    Parce que la question de la symbiose entre IA et interopérabilité peut sembler abstraite, la plupart des documents traitant de ce thème proposent de nombreux exemples illustrant les apports de cette synergie technologique au domaine de la santé.

    Health and Tech Intelligence a retenu quelques exemples.

    Intégrer les données  en conditions de vie réelle

    De plus en plus de patients utilisent de plus en plus de dispositifs mobiles connectés à même de produire des données de santé non à l’hôpital mais dans l’environnement de vie réel du patient. Si ces données pourront dans le futur être recueillies et structurées au sein de divers SI au bénéfice du patient dans le cadre de ses prises en charge de santé, ces dernières pourront également être exploitées par les chercheurs. Ces derniers devront alors traiter une quantité phénoménale de données produites par des dispositifs fabriqués dans divers pays : ils devront atteindre un niveau d’intéropérabilité très avancé afin d’exploiter les données de vie réelle d’un maximum d’individus anonymisés.

    Améliorer la digitalisation des dossiers médicaux

    On l’a dit, des algorithmes intelligents permettent de poursuivre la digitalisation des dossiers médicaux et de rendre ces derniers de plus en plus interopérables et adaptés aux utilisateurs amenés à accéder aux données. A terme, ces derniers devraient pouvoir intégrer automatiquement des données produites par tout SI clinique ou par toute application mobile de santé. Ainsi pleinement interopérables, ces dossiers médicaux pourront être adjoints d’autres algorithmes qui proposeront alors non plus simplement de hiérarchiser les données mais bien de les analyser, de les traiter, de formuler des alertes, des recommandations, etc.

    Mettre en oeuvre la médecine prédictive

    Alimenter des algorithmes intelligents avec des données provenant de sources variées pourrait permettre d’identifier les patients à risque de pathologies notamment chroniques avant que celles-ci se déclarent ou passent à un stade avancé.

    Améliorer la qualité des prises en charges

    « En pratique, l’une des plates-formes numériques disponibles, stocke et analyse 15 pétaoctets de données de patients provenant de 390 millions d’études d’imagerie, de dossiers médicaux et de données de patients, ce qui permet d’ajouter jusqu’à un pétaoctet de nouvelles données chaque mois », indique Hospital news. Ces données ne peuvent pas toutes être manuellement hiérarchisées et analysées par l’Homme. Aussi, un niveau d’interopérabilité suffisant atteint notamment grâce à l’IA et qui alimenterait en retour d’autres algorithmes intelligents permettrait d’utiliser ces données de façon optimale, d’établir des diagnostics plus sûrs et des plans de traitement plus adaptés dans le cadre d’une médecine véritablement fondée sur les preuves.

  • Cybersécurité : des établissements mal protégés, des solutions en déploiement (état des lieux)

    478. C’est le nombre d’incidents déclaré à l’ACSS (Accompagnement cybersécurité des structures de santé) depuis la mise en place du signalement obligatoire des incidents de cybersécurité dans le domaine de la santé en octobre 2017 (chiffres de mai 2019). Depuis, d’autres piratages ont été recensées, dont celle du CHU de Rouen le 15 novembre 2019 (demande de rançon).

    Les cyberattaques sont une réalité en santé. Les hôpitaux sont des proies bien identifiées, en France comme au niveau international, et sont encore mal protégés par rapport aux risques (perte d’intégrité des données, fuite d’informations, gel du système d’information avec obligation pour l’établissement de fonctionner en mode dégradé). Face aux enjeux de plus en plus importants que soulève l’utilisation des données de santé, un accompagnement des professionnels dans la mise en pratique de la cybersécurité semble nécessaire. C’est dans ce contexte qu’Agnès Buzyn lance ce 28 novembre 2019 une campagne nationale de cybersécurité des structures de santé, en ouverture de l’étape « Île-de-France » du Tour de France de la e-santé (Asip).

    Health & Tech Intelligence fait le point sur le sujet :
    • les cyberattaques en santé sont une réalité : en dehors du CHU de Rouen, d’autres établissements ont été touchés en 2019, dont 120 structures de soins du groupe Ramsay en août ainsi que les hôpitaux de Montpellier, de Saint-Denis et Condrieu, sans risque pour les patients ;
    • les attaques sont en général d’origine malveillante, souvent portées par l’appât du gain : elles prennent différentes formes et sont de complexités variées ;
    • les établissements de santé sont souvent encore mal protégés et les professionnels peu ou pas sensibilisés : lors de la réalisation d’audits sécurité, l’Anssi a retrouvé des « traces » d’attaque dans tous les établissements ; paradoxalement, les établissements sont relativement mal protégés puisqu’ils consacrent actuellement 6 % de leur budget informatique à la sécurité, contre 16 % dans l’industrie (étude Symantec) ;
    • des solutions sont en cours de mise en place et la sensibilisation au problème se développe :  parmi elles figurent la création de l’ACSS en 2017, le projet de recommandations de l’ANSM concernant les dispositifs médicaux (à diposition des industriels en décembre 2019) et la campagne qui vient d’être lancée par le ministère pour sensibiliser et informer les acteurs sur les risques numériques en santé.

    Cyberattaques en santé : 27 incidents par mois en moyenne en France

    Les chiffres sont probants. De manière générale, tous secteurs confondus, l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi) a relevé 1869 signalements en 2018 (rapport annuel).

    Les hôpitaux sont une cible de choix. L’attaque du CHU de Rouen avec demande rançon le 15 novembre 2019, avec l’obligation pour l’établissement de rediriger une partie de ses patients et de fonctionner en mode dégradé pendant plusieurs jours en est la preuve. D’autres établissements ont été touchés au cours de l’année, dont 120 structures de soins du groupe Ramsay en août ainsi les hôpitaux de Montpellier, de Saint-Denis et de Condrieu, sans risque pour les patients.

    Le signalement des incidents de cybersécurité est obligatoire en France depuis octobre 2017, avec la mise en place de l’ACSS (Accompagnement cybersécurité des structures de santé).

    Les chiffres publiés par l’ACSS (mai 2019) font état de 478 incidents déclarés depuis la mise en place de la déclaration, soit environ 27 incidents par mois en moyenne.

    En particulier :

    • 7 incidents significatifs ayant fait l’objet d’un suivi particulier ;
    • 5 incidents ont été pris en charge par l’Anssi ;
    • 17 ont été signalés à l’ANSM ;
    • 6 incidents ont eu un impact sanitaire.

    Origine des signalements :

    • 88 % : établissements de santé ;
    • 4 % : laboratoires de biologie ;
    • 2 % : centres de radiothérapie ;
    • 6 % : autres.

    A noter par ailleurs que 45 % des incidents de cybersécurité sont d’origine malveillante.

    Gravité des attaques :

    • 46 % des attaques ont conduit les établissements à mettre en place un mode dégradé de prise en charge des patients ;
    • Sur les 12 % d’incidents présentant une mise en danger patient potentielle, 5 incidents ont entraîné une mise en danger avérée.

    Les cyberattaques sont en général d’origine malveillante, souvent portées par l’appât du gain.

    Elles peuvent prendre différentes formes, de complexités variées, impliquant des hackeurs plus ou moins chevronnés.

    Les différents types d’attaque des plus au moins complexes :

    • attaques avancées (APT : Advanced persistent threats) ;
    • destruction/ neutralisation ;
    • exfiltration/ divulgation ;
    • rançonlogiciels ;
    • attaques astucieuses ;
    • dénis de services ;
    • défiguration.

    Les impacts potentiels s’expriment de différentes façons au sein de la structure, atteignant l’intégrité des données, leur disponibilité ou celle des systèmes d’information ainsi que le respect de la confidentialité, avec :

    • perte d’intégrité des informations ;
    • indisponibilité des systèmes d’information ;
    • divulgation massive de données : les dossiers patients en masse représentent un marché intéressant, la valeur d’un dossier pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros. 

    Des établissements souvent mal protégés, des professionnels peu sensibilisés

    Les établissements de santé sont des proies faciles pour les hackeurs. Lors de la réalisation d’audits de sécurité, l’Anssis retrouve des « traces » d’attaque dans tous les établissements.

    Paradoxalement, les établissements sont relativement mal protégés. Ils consacrent actuellement 6 % de leur budget informatique à la sécurité, contre 16 % dans l’industrie (étude Symantec de 2016). Ces établissements présentent des failles nombreuses, comme en particulier le manque de sensibilisation des professionnels (80 % des attaques sont liés à une faille humaine) et les dispositifs médicaux connectés, de plus en plus présents dans les établissements.

    80 % des professionnels de santé ne sécurisent pas leurs appareils

    Concernant les professionnels de santé, une étude de Kaspersky démontre le manque de formation des professionnels dans le domaine de la cybersécurité : 70 % des professionnels de santé déclarent se sentir concernés par les questions de cybersécurité et de protection de la vie privée mais 80 % ne sécurisent pas les appareils qu’ils utilisent dans le cadre professionnel.

    En particulier :

    • seuls 20 % bénéficient d’une solution de sécurité sur tous les appareils qu’ils utilisent dans le cadre professionnel et 8 % sur une partie de ces appareils ;
    • 42 % utilisent leur smartphone personnel pour manipuler des données de santé ;
    • les professionnels de santé privilégient les emails (33 %) et les SMS (27 %) au détriment des outils professionnels ;
    • ils sont 32 % à estimer manquer de connaissances et de formation sur le sujet.

    Des solutions en déploiement, une sensibilisation de plus en plus présente :

    Les solutions pour faire face aux menaces de cybersécurité sont à la fois humaines et techniques, avec un besoin d’implication forte au niveau de la direction.

    Un cadre général se met en place pour adresser la thématique et accompagner les établissements.

    • Création de l’ACSS (2017), dispositif de prévention, de traitement des signalements des incidents de sécurité et de veille sectorielle au sein des acteurs de santé. Ses 3 grandes missions sont :
      • le traitement des signalements d’incidents de sécurité SI ;
      • la veille sur l’actualité de la sécurité des SI et sur les menaces propres au secteur de la santé
      • l’animation de la communauté cyberveille-sante.gouv.fr.
    • Concernant les dispositifs médicaux (DM), L’ANSM a rédigé un projet de recommandations à destination des fabricants de DM intégrant un logiciel. L’objectif de ce document est que la cybersécurité soit prise en compte lors du développement des produits pour réduire au maximum le risque d’attaque informatique. Les recommandations seront mises à la disposition des industriels en décembre 2019.
    • Pour les établissements, la DGOS a publié à destination des directions Le mémento de cybersécurité, connaître vos risques pour mieux y faire face.
    • Les actions menées par les plans Hôpital numérique et Hop’en ont conduit, à travers les prérequis, à une montée en puissance des actions de sécurité au sein des établissements :
      • 92 % des établissements avaient en 2018 une politique de sécurité des SI (Clusif) ;
      • les fonctionnalités évoluent, par exemple :
        • 75 % des établissements ont un filtrage internet (14 % en 2004) ;
        • 31 % ont des pare-feux (11 % en 2004) ;
    • Novembre 2019 : lancement de la campagne nationale de cybersécurité des structures de santé par la ministre des Solidarités et de la Santé.

    Reste au centre de la problématique le défi de la formation des professionnels, qui d’eux-mêmes se déclarent peu compétents en la matière.

    Un acteur comme L’Association pour la sécurité des systèmes d’information de santé (APSSIS) peut aider à cette montée en compétences, à travers ses actions de formation, d’animation et de production de contenus.

  • Israël : le Centre Sheba intègre la réalité virtuelle dans tous ses départements avec XRHealth

    XRHealth (ex VRHealth), société basée aux États-Unis et en Israël spécialisée dans les applications thérapeutiques de la réalité virtuelle (RV), et le Centre médical Sheba (Sheba Medical Center, Israël) signent un partenariat dans l’optique de faire de l’établissement israélien le premier hôpital entièrement basé sur la RV en intégrant la technologie de XRHealth dans chaque département du centre. L’objectif de Sheba est de devenir, à terme, le plus grand centre médical connecté au monde.

    L’établissement est guidé par le nouveau centre d’innovation de Sheba, appelée « ARC » (pour « accélérer le processus », « repenser les soins » et « collaborer avec des partenaires clés de la santé à travers le monde »). Dans le cadre de cette stratégie, le centre va utiliser la plateforme de réalité virtuelle de XRHealth, notamment dans le champ de la thérapie cognitive et physique et le soulagement des douleurs.

    « Avec XRHealth, le Centre médical Sheba pourra fournir des soins de meilleure qualité, ciblés et personnalisés pour nos patients », commente le Pr Amitai Ziv, directeur du Centre de rééducation de Sheba.

    Une plateforme de réalité virtuelle utilisant l’IA pour analyser les données patients

    Le produit principal de XRHealth est la plateforme VRHealth. Proposée aux établissements de soins, elle fournit des applications médicales de la réalité virtuelle : diverses solutions à distance sont proposées, comme des services de rééducation, d’évaluation cognitive et de gestion de la douleur.

    La solution collecte et examine les données de santé des utilisateurs par le biais d’algorithmes d’intelligence artificielle (IA) pour fournir des analyses avancées en temps réel à l’équipe médicale.

    Un suivi à distance possible

    Les plateformes VRHealth, basée sur la réalité virtuelle (RV/VR), et ARHealth, basée sur la réalité augmentée (RA/AR), permettent ainsi aux professionnels de santé d’accéder aux données de leurs patients en temps réel pour suivre leur rééducation, sur place et à distance.

    Fondé en 2016, XRHealth travaille avec plusieurs prestataires de soins, hôpitaux et centres de rééducation de renommée mondiale aux États-Unis. Le siège de la société est à Boston (États-Unis) et en Israël.

    Sheba : une stratégie de transformation centrée sur les nouvelles technologies

    Le Centre médical Sheba est soutenu en France par la Fondation alliance Sheba Telhashomer (FAST), sous l’égide de la Fondation du judaïsme français. En mars 2019, il a été classé par le magazine Newsweek au rang de 10ème meilleur hôpital du monde.

    L’établissement est en train de transformer stratégiquement l’hôpital pour en faire un centre d’innovation et de technologie avancée, son objectif étant de devenir à terme le plus grand centre médical connecté du monde.

    Les objectifs du centre sont les suivants :

    • être un centre médical sans frontière dédié à fournir des soins de qualité, axé sur la compassion des patients, sans discrimination et sans distinction de couleur, de croyance ou de nationalité ;
    • être un acteur majeur de la recherche médico-scientifique collaborant à l’échelle internationale avec des industries et des établissements universitaires pour développer de nouveaux médicaments, traitements et technologies ;
    • être un centre mondial d’éducation médicale qui accompagne et encourage la prochaine génération de dirigeants médicaux à relever les défis de demain ;
    • attirer et soutenir des médecins et autres professionnels de santé hautement qualifiés possédant les meilleures compétences ;
    • développer des partenariats avec les donateurs et les investisseurs intéressés par des projets innovants.
  • Étude (France) : une IA capable de prévoir les chances de mise sur le marché d’une molécule (JCO)

    Une équipe française de chercheurs et d’ingénieurs de l’Institut Gustave Roussy et de l’Université Paris-Sud a développé un système d’intelligence artificielle (IA) qui s’est révélé capable de prévoir si une molécule obtiendra ou pas, dans les 6 ans, une autorisation de mise sur le marché (AMM). Alors que très peu de molécules arrivent au lit du patient, cette prédiction pourrait être utilisée pour anticiper les dépenses de santé, particulièrement importantes en cancérologie. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 20 septembre 2019 dans le Journal of Clinical Oncology (JCO) Clinical Cancer Informatics.

    De la molécule au médicament anticancéreux : une course d’obstacles

    Il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus dans le développement de nouveaux médicaments. Entre les premiers screening de molécules et l’autorisation de mise sur le marché (AMM), le processus est long. Comme l’explique le Dr Loïc Verlingue, oncologue et chef de l’équipe « data science » du Département de l’innovation thérapeutique et des essais précoces (DITEP) de Gustave Roussy, « le développement d’un médicament est long, coûteux et demande l’implication de plusieurs milliers de patients. Alors qu’environ 19 % des médicaments en développement dans les maladies infectieuses, 17 % en ophtalmologie et près de 10 % toutes disciplines confondues recevront une autorisation de mise sur le marché après les essais de phase I, en cancérologie seulement 5 % d’entre eux démontreront suffisamment d’efficacité pour finalement être approuvés pour le traitement d’un cancer. » 

    En effet, actuellement, beaucoup d’agents anticancéreux sont candidats aux essais clinique de phase 1 mais très peu deviendront finalement des médicaments. C’est pourquoi une équipe française de médecins-chercheurs et d’ingénieurs de l’Institut Gustave Roussy et de l’Université Paris-Sud ont eu l’idée de développer un algorithme d’apprentissage automatique (machine learning) ayant pour mission de prédire les résultats du développement de médicaments.

    Un algorithme pour repérer les futurs médicaments

    Cet algorithme, appelé « Resolved2 », a été entraîné à partir des données pharmacologiques de 462 molécules d’oncologie en développement en phase I, données publiques disponibles dans les abstracts Pubmed et dans la base de données pharmacologiques DrugBank5.0. Le modèle a sélectionné 28 variables parmi les plus pertinentes sur 1 411 à partir des molécules d’oncologie autorisées ou non par l’agence américaine d’approbation des médicaments entre 1972 et 2017. Et il a ensuite été testé sur 70 autres molécules afin d’évaluer sa robustesse.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 20 septembre 2019 dans la revue Journal of Clinical Oncology (JCO) Clinical Cancer Informatics.

    Résultats : une prévision précise à 90 %

    • Quand l’IA prédit qu’une molécule n’obtiendra pas dans les 6 ans une autorisation de mise sur le marché (AMM), la prédiction s’avère juste dans 92 % des cas.
    • Quand l’IA prévoit que la molécule sera autorisée, cela se révèlera juste dans 73 % des cas dans les 6 ans.
    • La justesse de la précision monte à 90 % dans les 10 ans.
    • Un médicament « prédit approuvé » par Resolved2 a 16 fois plus de chance de l’être effectivement qu’un médicament « prédit non approuvé ».

    Cette étude française apporte la preuve de concept (PoC) que l’issue du développement d’un médicament peut être prédit grâce à des outils d’apprentissage automatique. En effet, l’algorithme parvient à prédire avec précision le délai d’approbation par la FDA à partir du moment où la molécule a passé l’étape de la phase 1.

    Donner plus de chances aux patients inclus dans les essais 

    « Resolved2 peut trouver son utilité auprès des industriels qui développent de nouveaux médicaments, bien sûr, mais également auprès des académiques, les médecins « Principal Investigator », afin de mieux sélectionner les molécules qu’ils proposent à leur patient dans des essais de phase II ou III », estiment les auteurs de cette étude. « L’objectif est que leur patient aient plus de chance de tirer un bénéfice de l’essai dans lequel il sera inclus, » explique le Dr Verlingue. En outre, alors que les médicaments anticancéreux sont particulièrement onéreux, prévoir l’arrivée sur le marché de telles molécules permettrait aussi aux décideurs d’anticiper ces dépenses de santé.

    La prochaine étape est d’adapter le modèle à l’Europe car les molécules approuvées ne sont pas strictement identiques et les critères d’évaluation peuvent également varier par rapport aux États-Unis.

  • Échange numérique de document médicaux : Ramsay déploie Lifen dans ses 143 établissements français

    Le groupe d’hospitalisation privée Ramsay Générale de Santé prévoit de déployer dans ses établissements situés en France l’outil Lifen, une solution numérique d’échange de documents médicaux. Ce partenariat « s’inscrit dans la volonté du groupe de faire évoluer le parcours de soins des patients en améliorant la coordination entre les équipes hospitalières et les professionnels de la médecine de ville », précise Ramsay dans un communiqué daté du 26 novembre 2019, diffusé le 25 novembre.

    L’intégration de l’outil est pour l’instant centrée sur les établissements français de médecine-chirurgie-obstétrique (MCO) du groupe européen (avant la fin du premier trimestre 2020), l’objectif étant de s’étendre en 2020 à ses autres structures de soins (soins de suite et de réadaptation ; santé mentale).

    Le groupe prend en charge le coût de l’abonnement Lifen pour l’ensemble des praticiens éligibles du groupe, est-il indiqué.

    1 300 praticiens utilisent déjà la solution Lifen dans le cadre de cet accord avec Ramsay : ils devraient être plus de 3 000 à la fin du déploiement.

    Lifen : un outil de messagerie sécurisée compatible avec les logiciels métiers

    Lifen est une solution conçue pour faciliter l’échange de documents médicaux, notamment en permettant aux établissements de santé et aux praticiens libéraux d’échanger ds données médicales de manière numérique.

    L’outil de messagerie sécurisé est compatible avec tous les logiciels métiers utilisés par les médecins, indique la société.

    Fonctionnalités principales de la solution :

    • envoie des comptes rendus par le praticien sur la plateforme ;
    • reconnaissance automatique par le logiciel des informations relatives aux médecins destinataires : croisement avec un annuaire mis à jour quotidiennement puis envoi du document sur le canal préférentiel de chaque médecin concerné ;
    • accès à un tableau de bord permettant aux praticiens de garder une trace de tous leurs envois : possibilité de retrouver sur l’interface facilement tout document relatif à leurs patients.

    L’objectif de l’outil est de simplifier le fonctionnement des cabinets de praticiens et de libérer du temps médical aux praticiens.

    Une communauté actuelle de plus de 1 300 praticiens

    La messagerie Lifen est actuellement déployée dans 31 établissements de Ramsay Générale de Santé, « ce qui représente déjà une communauté de plus de 1 300 praticiens », note Lifen (communiqué).

    D’ici la fin 2019, l’outil devrait être déployé dans 8 établissements supplémentaires et, d’ici le mois de juin 2020, les 68 établissements de MCO situés en France du groupe doivent en être équipés.

    Le groupe souhait déployer la solution dans ses 143 établissements français (intégrant les cliniques de soins de suite et de réadaptation ainsi que de santé mentale) d’ici fin 2020.

    Les établissements déjà dotés de la solution Lifen :

    • pôle Paris : Clinique Blomet, Clinique du Sport, Clinique Geoffroy Saint-Hilaire, CliniqueJouvenet, Clinique Maussins-Nollet, Clinique Marcel Sembat ;
    • pôle Ile-de-France Nord : Hôpital privé de la Seine-Saint-Denis, Hôpital privé de l’Est Parisien,Hôpital privé du Vert Galant ;
    • pôle Île-de-France Est : Hôpital privé Armand Brillard, Hôpital privé de Marne Chantereine, Hôpital privé de Marne-La-Vallée, Hôpital privé Paul d’Egine ;
    • pôle Ile-de-France Ouest : Hôpital privé de l’Ouest Parisien, Hôpital privé Parly II-Le Chesnay,Hôpital privé Versailles Les Franciscaines ;
    • pôle Ile-de-France Sud-Est : Hôpital privé Claude Galien.Pôle Lille Métropole : Hôpital privé La Louvière, Hôpital privé de Villeneuve d’Ascq ;
    • pôle Artois : Hôpital privé de Bois-Bernard, Clinique Saint-Amé, Hôpital privé Arras Les Bonnettes ;
    • pôle Lyon : Hôpital privé de l’Est Lyonnais, Hôpital privé Jean Mermoz ;
    • pôle Caen : Hôpital privé Saint-Martin ;
    • pôle Le Havre : Hôpital privé de l’Estuaire ;
    • pôle Bourgogne : Hôpital privé Dijon-Bourgogne.Pôle Bresse Savoie : Clinique Convert, Hôpital privé Pays de Savoie ;
    • pôle Drôme-Ardèche : Hôpital privé Drôme Ardèche ;
    • pôle Toulouse : Clinique des Cèdres.