Fonds

  • « Invest in Biomed » 2016 à Marseille : les start-up ExactCure et MediHandTrace distinguées

    ExactCure et MediHandTrace sont les deux entreprises distinguées lors des rencontres Invest in Biomed dont la deuxième édition a eu lieu le 19 octobre 2016 à Marseille. Elles ont toutes deux pour objectif de « préserver les patients de pratiques défaillantes en termes de santé et de rationaliser en conséquence les coûts supportés par l’assurance maladie ».

    Les rencontres Invest in Biomed ont pour vocation de soutenir et créer des connexions entre les entreprises conduisant des projets projets technologiques à forte valeur ajoutée en biotech et/ou medtech et des investisseurs souhaitant renforcer leurs fonds propres ou accompagner leur développement.

    C’est une initiative commune de l’accélérateur Eurobiomed et de la SATT Sud-Est qui est à l’origine de l’offre d’accompagnement dans leur développement des sept entreprises ayant pitché lors de cet événement.

    ExactCure: prédiction des bonnes prescriptions

    Son objectif est d’apporter une solution aux prescriptions inadéquates des médecins et aux libertés d’automédication dont font preuve certains patients afin de participer à la réduction du nombre de décès et de journées d’hospitalisation imputables à ces deux causes particulières.

    Frédéric Dayan, fondateur d’ExcatCure: « Or prescrire la bonne dose, le bon médicament n’est pas si simple pour un médecin. Il est en fait très difficile d’ajuster la posologie en fonction du patient. L’âge joue un rôle mais aussi sa taille, son poids, une éventuelle insuffisance  rénale, la génétique, les habitudes de vie. Nous construisons un avatar numérique et nous insérons les données personnelles du patient. Ce qui permettra de voir par simulation les conséquences d’une posologie, d’une prescription sur ce dernier. »

    Deux versions ont été développées : une à destination des professionnels de santé, l’autre à destination des patients.

    MediHandTrace: lutte contre les infections nosocomiales

    L’ambition de cette start-up est de tracer dans les établissements les 5 indications de l’hygiène des mains caractérisées par l’OMS (avant le contact patient, avant le geste aseptique, après le risque d’exposition à un liquide biologique, après le contact patient, après le contact avec l’environnement du patient).

    Francine Lanceleur, fondatrice de MediHandTrace estime qu’un patient sur vingt est atteint au cours de son parcours de soins par une infection nosocomiale: « En valeur absolue, cela représente 800 000 personnes touchées en France par an, 10 000 décès. Et un coût de 4 à 6 Md€ par an supporté par l’assurance maladie. Fait préoccupant, ces chiffres, en valeur absolue, ne bougent pas ».

    Les produits proposés par la start-up sont des puces à intégrer dans les chaussures des soignants, des antennes reconnaissant ces derniers et des distributeurs de solution d’hygiène hydro-alcoolique connectés. « Cela permet de savoir à tout moment ce qui se passe quand un soignant entre dans la chambre d’un patient. Nous avons développé un logiciel embarqué contenant toutes les données patients. Cela permet de savoir quels sont les différents soins à effectuer avec un système d’alerte et de rappel et de saisir toutes les infos lorsque ces actes de soin ont été réalisés », précise Francine Lanceleur.

  • Alan lève 12M € pour son assurance complémentaire santé numérique dématérialisée

    12M € c’est la somme levée en amorçage par la start-up Alan pour développer son offre de complémentaire santé digitale en France le 25 octobre 2016.

    L’opération s’est déroulée avec le soutien de CNP Assurances via son programme Open CNP, Power Financial of Canada et Partech Ventures.

    La start-up a reçu le 20 octobre 2016 l’agrément de l’ACPR pour lancer sa plate-forme sur le marché.

    Fondée par Jean-Charles Samuelian et Charles Gorintin, Alan propose une assurance complémentaire santé dématérialisée. Pour un tarif à partir de 55 €, elle propose aux start-up et aux PME une complémentaire santé avec souscription directe en ligne.

    Après Lendix et H4D, c’est le troisième investissement du programme Open CNP. Hélène Falchier, responsable du private equity de CNP Assurances et directrice générale d’Open CNP, rejoint à cette occasion le conseil d’administration d’Alan.

  • 4èmes Assises de l’Innovation Thérapeutique sur les traitements innovants (9/11/2016)

    « Traitements Innovants : réinventer le modèle? », tel est le thème des 4èmes Assises de l’Innovation Thérapeutique, organisées par Aromates en collaboration avec Deloitte et le Collectif Santé Numérique, le 9 novembre 2016 à l’Amphithéâtre Deloitte à Neuilly.

    Les sujets abordés lors de cette édition 2016 concerneront principalement la transformation du secteur des industries de santé et, en particulier, celui du médicament, sous le haut-patronage de Thierry Mandon, Secrétaire d’État chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

    Selon les acteurs de cette collaboration, le cycle « recherche-rente-recherche », longtemps moteur de la prospérité de l’industrie pharmaceutique, est dorénavant remis en question, tant par la difficulté croissante pour mettre de nouveaux médicaments sur le marché que celle d’en tirer un revenu sur une durée suffisamment longue pour financer la recherche et le développement de nouveaux produits.

    Ces Assises réuniront une nouvelle fois des politiques, experts, universitaires, représentants d’administration et professionnels de santé.

    Les intervenants:

    • Alain ASTIER, PharmaD, PhD, chef du pôle PUI H.Mondor
    • Olivier BABEAU, professeur d’économie à l’Université de Bordeaux, membre du comité scientifique de la Fondation Concorde
    • Chantal BELORGEY, directrice des Recommandations, des Médicaments et de la Qualité de l’Expertise, Institut National du Cancer
    • Fréderic BIZARD, économiste, enseignant à Sciences Po Paris et à l’Université Paris Descartes
    • Christophe de COURSON, co-fondateur & directeur général, Agentic Group
    • Thomas CROISIER, associé, Monitor Deloitte
    • Pr Nicolas DANCHIN, PUPH, département de cardiologie, Hôpital européen Georges Pompidou, ancien président de la Société Française de Cardiologie
    • Yves JARLAUD, Associé Conseil, responsable du secteur santé et sciences de la vie, Deloitte
    • Jean-Claude LAPRAZ, président et fondateur, endobiogeny.com ; Endobiogénique et de Physiologie Intégrative (SIMEPI)
    • Jean-François POLETTI, associé, Deloitte
    • Arnaud ROBINET, député de la Marne, maire de Reims
    • Nathalie RAUFFER-BRUYERE, responsable du service chimie/santé, département des brevets, INPI
    • Marc SALOMON, directeur associé, P2Link
    • Thibault VERBIEST, avocat aux barreaux de Paris et Bruxelles, De Gaulle Fleurance et Associés.

    Le programme complet est disponible à l’adresse ci-contre : http://innovation-therapeutique.aromates.fr/

  • Dépasser les nouvelles frontières de la santé : journée parlementaire le 6 décembre 2016

    Impact des innovations technologiques et numériques, enjeux de gouvernance, évolution du rôle des acteurs, modes de financement : le Cercle des Décideurs Numérique & Santé a retenu la transition du système de santé comme thème de ses réflexions pour l’année 2016. Il soumet ses propositions au débat des politiques, des professionnels de santé, des patients et des industriels.

    Programme

    14H00 – Accueil 

    14H30 – Présentation de la conférence par Solange Ménival, Présidente du Cercle des Décideurs Numérique & Santé

    14H45 – Keynote speaker, Joël de Rosnay

    15H15 – La santé demain : perspectives pour et par les générations futures

     Vidéo Next Gen : la santé de demain vue par les jeunes d’aujourd’hui

    Intervenants

    • Victor de Castro, Médecin anesthésiste
    • Christophe Marques, Économiste – Cabinet Alteres
    • Pauline d’Orgeval, Fondatrice de deuxiemeavis.fr  
    • Michel de Lempdes, Managing Director Venture capital – Omnes Capital 

    Modératrice : Sandrine Degos, Présidente de Care Insight

    16H15 – Présentation des propositions du Cercle des Décideurs Numérique & Santé

    • Grand témoin :  Michel Yahiel, Conseiller social du président de la République

    16H30-17H30 – Échange Parlementaire : Les rendez-vous de la France pour préparer le futur de la santé : Quelles priorités ?

    Intervenants

    • Jean-Pierre Barbier, Président du Département de l’Isère, Député de l’Isère
    • Michèle Delaunay, Députée de Gironde, Ancienne Ministre
    • Gilles Siméoni*, Président du Conseil Exécutif Corse
    • Alain Rousset*, Député, Président de la Nouvelle Aquitaine

    Modérateurs

    • Solange Ménival, Présidente du Cercle des Décideurs Numérique & Santé
    • Roland Michel, Conseiller stratégique santé – Care Insight

    17H30 – Conclusions

    • Jean Louis Touraine, Député du Rhône, Vice-Président de la FHF
    • Sandrine Degos, Présidente de Care Insight

     

  • Directeur d’innovation, une nouvelle mission dans la santé

    Manager l’innovation en e-santé, anticiper les changements, en maîtriser les processus, c’est le profil de dirigeants d’entreprises innovantes ou des directeurs d’innovation.

    Dans un contexte de forte compétitivité, la pérennité des entreprises et l’adaptation des établissements de santé passe par la montée en puissance de ces missions.

    Des professionnels issus d’horizons divers présentent pour H&TI leur parcours, leur vision et leur méthode pour faire naître l’innovation.

    L’e-santé stimule le recrutement de ces professionnels

    Si les objets connectés, le Big Data, l’ingénierie logicielle sont au cœur du nouvel écosystème qui se développe dans tous les secteurs de la santé, les experts de l’innovation liée au digital ont souvent été formés pour d’autres industries. Leur intégration au sein des entreprise et des structures de la santé repose sur leur capacité à transférer leur savoir-faire vers les cultures et les référentiels de la santé.

    A défaut de recruter, les groupes pharmaceutiques optent pour des partenariats avec les géants du numérique (alliances Sanofi et Verily, filiale santé de Google – ex. Google Life Science, au bénéfice de la prévention contre le diabète, ou encore Roche et Qualcomm pour le traitement connecté de la BPCO) ou les start-up innovantes en e-santé (adhésion de Sanofi à France e-Health Tech, association de start-up de l’e-santé).

    D’autres entreprises ont commencé à introduire ces profils convoités encore rares, à l’instar de Mercer France, qui s’est dotée il y a quelques mois d’un directeur de l’innovation chargé de développer la digitalisation dans son offre santé et prévoyance.

    La dynamique globale de l’e-santé va stimuler le recrutement de ces professionnels.

    Au carrefour d’enjeux stratégiques, marketing, techniques et commerciaux

    Interface entre les décideurs et les équipes opérationnelles, le directeur innovation oriente et pilote la politique recherche et développement dont il contrôle les paramètres : coût, investissement, stratégie, priorités.

    Sa vision est prospective : il doit savoir analyser les tendances issues du digital, repérer les usages émergents dans son environnement, identifier les signaux faibles, connaître l’état de l’art pour définir une stratégie interne porteuse d’innovation, en lien avec les services marketing et commercial. Il doit également savoir instiller une culture de l’innovation, pour accompagner les changements qu’elle induit.

     Un profil polycompétent

    Expert technique de son domaine d’activité et de son marché, le directeur innovation maîtrise aussi les méthodologies projet et les processus de gestion du changement, dans un climat contributif étendu. Il endosse le rôle de médiateur entre contraintes opérationnelles et enjeux politiques, et fait preuve d’une grande capacité de dialogue avec des interlocuteurs issus de disciplines professionnelles diverses.

    Titulaires de masters techniques doublé éventuellement d’un 3ème cycle marketing/ commercial, ou de diplômes d’ingénieurs, les cadres de l’innovation en santé sont présents dans les grandes entreprises et PME, mais également dans les organismes publics et les jeunes entreprises innovantes. Le plus souvent rattachés hiérarchiquement à la direction générale, ils ont une expérience significative de l’encadrement d’équipes de recherche notamment, et un positionnement fonctionnel dans l’organigramme. Leur salaire annuel moyen se situe autour de 75000 Euros bruts.

     

     

     

     

  • Partenariat AG2R/Medappcare pour un kiosque d’applis santé labellisées

    Un kiosque qui permet d’accéder à des applications santé labellisées, c’est ce qu’ont présenté le 13 octobre 2016 le groupe d’assurance AG2R et son partenaire Medappcare.

    Cette plateforme qui présente en octobre 2016 seize applications santé ayant reçu le label octroyé par Medappcare a pour objectif d’aider à la sensibilisation du grand public sur la santé et à développer la prévention, selon AG2R.

    Les applications proposées sur cette plateforme sont sélectionnées par AG2R à qui doivent s’adresser les éditeurs, Medappcare étant sur ce point force de proposition, comme l’a rappelé son dirigeant, David Sainati. Ce denier a rappelé l’importance de l’évaluation et de la labellisation des applications santé alors que l’on recense en 2016 environ 165 000 applications de ce type.

    Comment Medappcare évalue les applications

    Pour être labellisées, les applications mobiles sont soumises à une évaluation par Medappcare qui comprend 4 phases principales : évaluation générale et juridique, évaluation technique et sécurité, évaluation médicale, évaluation ergonomie et usage. Cette évaluation repose sur une méthodologie rigoureuse de plus de 70 critères, placée sous le contrôle d’un Conseil Scientifique reconnu, pluridisciplinaire et indépendant. La méthodologie d’évaluation a été mise au point après une consultation de toutes les parties prenantes (autorités, associations de patients et d’usagers, professionnels de santé, académiques, experts reconnus…) et avec le soutien de nombreux institutionnels.

    • L’évaluation générale et juridique

     Medappcare procède à l’évaluation réglementaire et juridique au regard de sa méthodologie et avec le concours d’un conseil spécialisé dans la protection des données personnelles et les questions relatives à leur exploitation et hébergement.

    • L’évaluation technique et sécurité

    Le bon fonctionnement des applications mobiles est évalué ainsi que leur sécurité (flux de données entrants et sortant, accès aux ressources locales du téléphone, présence de virus et logiciels malveillants…). Pour la sécurité des applications mobiles, Medappcare s’appuie sur Pradeo Security Systems qui analyse le comportement des applications mobiles à partir de leur code exécutable. 

    • L’évaluation médicale

    Elle est réalisée par des professionnels de santé et notamment les médecins de la société MedecinDirect qui collabore avec une vingtaine de médecins généralistes et spécialistes inscrits à l’Ordre National des Médecins et exerçant quotidiennement en ville ou à l’hôpital. 

    • L’évaluation ergonomie et usage

    Sont également évalués les aspects d’ergonomie, de design, et de service qui permettent un usage adapté aux utilisateurs conformément au positionnement de l’application pour optimiser l’expérience utilisateurs. 

    A l’issue de l’évaluation des applications, un rapport d’évaluation est remis à l’éditeur, mettant notamment en avant les axes d’amélioration potentiels. En moyenne, 1 application mobile évaluée par Medappcare sur 2 est labellisée (suite à une première sélection).

  • E-santé : « l’outil central d’une véritable politique de santé » (Antoine Dubout, FEHAP)

    • Faire du numérique et de la e-santé « l’outil central d’une véritable politique de promotion de la santé mettant notamment la prévention, l’information et la responsabilité des usagers et des aidants au cœur des priorités »,
    • Faire de la télémédecine une réponse concrète aux problématiques de la désertification médicale,
    • Mobiliser sur chaque territoire les collectivités locales pour mettre en place, en liaison avec les ARS, les projets d’e-santé nécessaires à une meilleure accessibilité des soins et des services,

    telles sont les propositions faites par Antoine Dubout, président de la FEHAP, le 7 octobre 2016 dans son intervention aux rencontres du Catel.

    Les conditions exposées pour développer le numérique et la e-santé

    • Identifier et recenser les expertises sanitaires et médico-sociales au sein des établissements et services publics et privés de sorte à la partager sur le territoire via la télémédecine.
    • Elargir en concertation avec la CNAM le périmètre des actes qui ouvrent droit à un financement forfaitaire (article 47 du PLFSS pour 2017)
    • Favoriser et réguler l’émergence de plateformes industrielles urbanisées et sécurisées, pour la gestion mais aussi le stockage des données.
    • Développer un vrai plan de formation initiale dès la Faculté de médecine et au sein des IFSI, assurer une formation pédagogique des personnels de santé des centres de santé et des maisons de santé, et inciter l’implication des sociétés savantes pour réévaluer les pratiques professionnelles.
    • Envisager de nouveaux métiers en lien avec la télémédecine et la télésanté notamment pour le maintien à domicile des personnes âgées.

    Comment financer le développement du numérique et de la e-santé

    • Etablir une fongibilité des enveloppes ville—hôpital pour dégager les moyens du développement de la e-santé.
    • Lancer un plan d’investissement numérique ambitieux couvrant les toutes les dimensions du système de santé (domicile, ville, sanitaire, médico-social et social).

     

  • « Galen Growth va devenir le catalyseur du marché de la health-tech en Asie » (J. de Salaberry)

    Familier de la région Asie-Pacifique depuis une quinzaine d’année, Julien de Salaberry est un investisseur et expert international reconnu dans le domaine de l’e-santé. Aujourd’hui basé à Singapour, il est le fondateur et P.-D.G. de The Propell Group, une société à capital risque et de conseils centrée sur les innovations health tech.

    Dans un entretien accordé à H&TI, l’homme d’affaires revient en détail sur son expérience du marché et notamment sur :

    1. le développement de Galen Growth Asia, une entreprise qu’il a fondée avec cinq confrères dans le but de faire mûrir les réflexions sur le secteur de la health-tech en Asie ;

    2. les spécificités de l’investissement en Asie ;

    3. la complexité d’établir un business modèle durable.

    Galen Growth Asia : un concept novateur pour booster les innovations en e-santé

    Fin 2015, vous avez cofondé Galen Growth Asia, une société visant à faire avancer le débat dans le secteur de l’e-santé. Comment vous est venue cette idée ?

    Galen Growth Asia est le résultat d’un constat établi par plusieurs investisseurs et entrepreneurs – dont je fais partie – qui se retrouvaient régulièrement lors de conférences dédiées à la health-tech :

    • 1. On s’est aperçu que l’on avait tous la même vision du secteur et que l’on évoquait les mêmes sujets dans notre petit coin ;
    • 2. On a rapidement réalisé que le niveau de qualité des conférences auxquelles on participait était limité.

    Nous avons donc décidé à six – trois entrepreneurs, deux investisseurs et un consultant – de fonder Galen Growth Asia. Notre but : devenir le catalyseur de l’écosystème de la health-tech en Asie. Nous souhaitons pour cela créer davantage de dialogue entre les six groupes de stakeholders du marché, qui sont les entrepreneurs et leurs start-up, les investisseurs, les grosses boîtes de santé comme Medtech & Pharma (qui vont attirer les clients), le gouvernement, les médias mais aussi les experts médicaux, généralement oubliés, qui sont souvent les utilisateurs de ces nouvelles technologies.

    Nous favorisons la discussion entre ces six groupes clés en organisant des événements. On en a mis en place déjà deux-trois depuis notre création, il nous en reste deux avant la fin de l’année, dont le Asia’s HealthTech CEO Summit (le 9 décembre). On compte y réunir tous les P.-D.G des sociétés health-tech les plus importantes de la zone Asie-Pacifique. Ce genre de sommets existe déjà aux États-Unis mais c’est une première en Asie.

    Avez-vous d’autres projets en tête pour faire progresser le secteur ?

    En parallèle de cette partie événementielle, nous avons pour objectif de monter une base de données unique pour tout le secteur de la health-tech en Asie. C’est assez difficile parce que les bases disponibles en Chine ou en Corée par exemple sont uniquement accessibles dans les dialectes locaux. On avance donc doucement afin de parvenir à un service de qualité. Le dispositif devrait être lancée en septembre 2017.

    Nous passons aussi du temps à élaborer des rapports de qualité, centrés sur des sujets très spécifiques de l’e-santé. En ce moment, nous nous concentrons sur le pré-diabète, un phénomène qui va toucher Singapour de plein fouet d’ici cinq-dix ans, le taux de pré-diabétiques (12 % de la population adulte selon les chiffres officiels) étant actuellement quasiment aussi grand que celui de diabétiques (12,8 % selon l’International Diabetes Federation).

    Nous essayons de démontrer que la health-tech peut jouer un rôle important. Elle peut par exemple encourager les pré-diabétiques à modifier leur mode de vie pour éviter qu’ils ne deviennent diabétiques. La technologie existe déjà (applications mobiles, capteurs…) mais tout l’enjeu est de savoir comment il serait possible de s’en servir de manière optimale et comment créer une meilleure adoption de ces outils parmi les consommateurs.

    Le rapport consiste au final en la réalisation d’une propale. Ce sera ensuite aux acteurs de l’écosystème de décider si, oui ou non, ils souhaitent l’adopter. Par le biais de cette étude, nous essayons de mettre en relation les six stakeholders ciblés par Galen Growth pour les faire travailler ensemble et ainsi établir une sorte de consensus.

    « Le patient sera le driver du marché de l’e-santé en Asie »

    Comment percevez-vous le marché de l’e-santé d’ici dix, vingt ans ?

    Je reste optimiste, même s’il y a des obstacles à surmonter.

    Le coût important de la santé fait notamment ralentir la croissance dans certains pays asiatiques. Si on s’intéresse à la pyramide des salaires, dès qu’on passe en dessous des 5 % les mieux payés, le niveau de rémunération baisse rapidement. La moyenne se situe alors entre 3 000 et 15 000 dollars par an, soit un salaire minime. Aux États-Unis, si tu proposes à cette tranche de la population un code de remboursement au moment du lancement d’un produit, tu es quasi certain d’avoir de la demande derrière. Ici, c’est plus complexe car le patient doit payer par ses propres moyens, excepté dans certains États comme l’Australie, le Japon ou Singapour.

    Malgré ce système très privatisé, il y a quand même une demande de santé équivalente à celle de l’Europe et des États-Unis. Elle croît même tous les ans en raison de l’augmentation des maladies cardio-vasculaires et respiratoires, du diabète, etc.

    Je suis donc globalement confiant parce que la croissance démographique est élevée et parce que les patients recherchent du choix comme ils paient eux-mêmes pour leurs frais de santé. Un autre atout est l’importance du taux de pénétration de la téléphonie mobile et de l’achat sur mobile. L’Asie est le leader mondiale dans ce domaine. La m-santé fait ainsi partie des secteurs les plus encourageants.

    Je pense que ce sera le patient, l’individu, qui sera le driver de ce marché de l’e-santé en Asie.

    Le patient peut être un driver ou un frein… En Europe et aux États-Unis, les risques liés à l’utilisation par un tiers de données personnelles reviennent régulièrement au centre du débat sur l’e-santé. Les patients asiatiques vous semblent-ils plus enclins à accepter toutes ces nouvelles technologie ?

    L’Europe se cache toujours derrière la question de la privatisation des données. Ici, notamment parce que l’âge moyen est plus faible, les gens sont moins frileux sur ce sujet. Cela signifie que les acteurs de l’industrie ont davantage accès aux données des patients.

    On se rend compte qu’il y aussi une vraie demande à exploiter dans le domaine des data. En Inde par exemple, environ 8,6 % de la population adulte était touchée par le diabète en 2015 et plus de 52 % de ces malades étaient non-diagnostiqués, estime l’International Diabetes Federation. Cela signifie que plus de la moitié des bientôt 120 millions de diabétiques en Inde (d’ici 2020 selon les chiffres officiels) n’ont pas accès aux informations nécessaires à la compréhension de leur maladie et ne bénéficient donc d’aucun traitement. Cela représente un marché énorme pour ceux qui s’intéressent au marché du diabète.

    Avec des outils health-tech adaptés, on a les moyens d’éduquer de manière plus efficace les malades.

    Comment s’y prendre concrètement ?

    Le plus grand frein, c’est le business modèle. On a besoin de trouver un modèle permettant d’offrir de manière durable ces solutions technologiques aux patients sans avoir recours aux fonds philanthropiques, une option qui fonctionne très bien mais uniquement sur le court terme.

    Les gros groupes doivent notamment revoir leur façon de fonctionner. Leur base de coûts est tellement élevée qu’ils ont l’habitude de vendre leurs produits très chers. L’ennui est que lorsqu’on leur présente une solution low cost pour, par exemple, permettre un meilleur diagnostic d’une maladie donnée dans une petite ville, ils ne peuvent pas se permettre de la vendre parce qu’ils ne feraient aucun profit. Il faut donc trouver une solution, un business modèle viable via lequel chaque acteur impliqué puisse gagner un minimum d’argent dans le processus de vente.

    3 conseils aux start-up européennes qui envisagent de s’étendre en Asie :

    Pourriez-vous nous donner un exemple de start-up prometteuse sur le marché asiatique ?

    Avec The Propell Group, on a entre autres investi dans ConnexionsAsia, une boîte aujourd’hui bien connue à Singapour. Ils ont levé leur Série A au mois de janvier 2015, environ 8 millions d’US dollars, soit une Série A assez importante pour la cité-État et cet écosystème.

    ConnexionsAsia, c’est tout d’abord un dispositif permettant aux employeurs de fournir une assurance santé à leurs employés via une plateforme électronique. Les trois acteurs sont ainsi reliés via un seul et même outil.

    Ce dispositif est nécessaire au fonctionnement du deuxième service lancé par Connexions Asia : un market place proposant aux employés différents produits dans le domaine de la health-tech.

    La plateforme en question inclut notamment MyDoc, un service de télé-médecine, et GlobeTrekker, un programme encourageant le bien-être en entreprise. Dans ce cadre, les employés peuvent par exemple choisir d’être équipés d’un bracelet Fitbit (podomètre) et essayer de réaliser chaque jour en équipe un certain nombre de pas tout en suivant un régime alimentaire équilibré. Le but est d’améliorer la santé des employés de façon fun mais aussi maîtrisée.

    Il y a toute une série de services de ce type disponibles en ligne. L’employé peut ainsi acheter sur ce market place des produits de santé en passant directement par l’assurance. Ce fonctionnement réduit la paperasse : chacun gagne en temps et en simplicité.

    Les start-up sont-elles nombreuses à échouer dans le domaine de l’e-santé en Asie ?

    Il n’y a pas un taux d’échec plus important qu’ailleurs dans le monde mais oui, il y a eu des échecs. Des boîtes qui ont mal fait leur devoir, qui sont arrivées en Asie mal préparées aux réalités du pays ; d’autres qui sont arrivées trop tôt. Certaines sociétés spécialisées dans l’e-santé présentent des idées trop précoces, le marché n’est pas encore prêt pour leur solutions. Mais c’est la même logique dans toutes les régions du monde.

    Le théoricien suisse Alex Osterwalder, inventeur du Business Model Canvas, synthétise bien le concept. Il explique que ce n’est pas simplement un bon produit qui vous permettra d’avoir une bonne place sur le marché mais la combinaison d’un bon produit et d’un bon business modèle. C’est exactement ça. Il ne suffit pas d’avoir le meilleur produit health-tech pour que son entreprise perce dans le secteur, il faut savoir la vendre de la bonne manière et au bon moment. C’est le b.a.-ba, une base qu’il est bon de se remémorer régulièrement.

  • PTA en Aquitaine et à La Réunion : plusieurs centaines de patients pris en charge

    Saint Pierre, 36 H CHRONO OCEAN INDIEN.

    Marie-Noëlle Billebot en charge du projet TSN ( territoire de soins numériques) pour l’ARS Nouvelle Aquitaine et Pierre Magnin, directeur médical de la plateforme territoriale d’appui OIIS à la Réunion ont présenté un point d’avancement lors de l’étape à la Réunion de la campagne « Faire avancer la santé numérique » le 5 octobre 2016.

    Selon la DGOS, les 5 territoires expérimentateurs de TSN ont maintenant ouvert leurs services et ont tous mis en place leur plateforme territoriale d’appui. Parmi elles, c’est celle de l’Aquitaine qui est la plus avancée et prend en charge à fin septembre plus de 1000 patients sur le département des Landes.

    L’évaluation des programmes TSN aura lieu fin 2017. La DGOS souhaite sans attendre généraliser les PTA à l’ensemble du territoire selon le décret n°2016-919 du 4 juillet 2016 sur les PTA.

    Ces deux plateformes de coordination reposent sur la mise en place d’une équipe pluridisciplinaire composée de :

    Plateforme Territoriale OIIS (La Réunion)

    •        4 Coordinatrices d’appui territorial, 1 Directeur médical, 1 Assistante
    •        3 Animatrices territoriales e-santé
    •        10 médecins généralistes expérimentateurs
    •        11 patients inclus à fin septembre.

    Principaux usages :

    Plateforme Santé Landes (Nouvelle Aquitaine)

    • 1 infirmière Coordinatrice
    • 3 infirmières
    • 3 travailleuses sociales
    • 1 médecin référent mi-temps
    • 1 Administratrice mi-temps.

    Principaux services :

  • Le GCS Tesis (La Réunion) met en place des méthodologies d’innovation pour ses projets e-santé

    « La Ruche », tel est le nom de l’espace dédié à la e-santé mis en place par Le GCS Tesis Réunion Mayotte à La Réunion.

    Mettre en place des systèmes d’information et outils numériques qui génèrent de l’usage et soient adoptés par les professionnels de santé et les patients nécessite une adaptation des outils aux besoins et pratiques des utilisateurs.

    Pour y parvenir, grâce à l’impulsion donnée par l’attribution de 30 M€ dans le cadre des projets Territoire de soins numériques, Antoine Lerat, directeur de Tesis, a conçu un espace de cocréation intégrant architecture, technologies et methodologie pour inciter à l’intelligence collective.

    Cette démarche de coconstruction est soutenue par l’Agence Régionale de Santé Océan Indien.

    Concrètement la démarche repose sur l’embarquement par des formats ludiques et participatifs et des techniques de management collaboratif de publics qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble.

    L’espace propose :

    • Un show room des innovations proposées par des start-up du territoire,
    • Un espace de coconstruction dédié aux séances collaboratives doté d’ecrans digitaux et interactifs,
    • Des bureaux partagés en plug and work

    La communication et le management transversal sont des clés du fonctionnement de l’espace.

    Dans le cadre des rencontres Esanté qui se sont tenues du 4 au 7 octobre 2016, plusieurs GCS d’autres régions ont pu expérimenter l’utilité de « la Ruche ».