Fonds

  • USA : Iambic, qui conçoit ses médicaments avec l’IA, lève 150 M$ au Nasdaq

    Iambic Therapeutics a placé 9 375 000 actions à 16 $, au milieu de la fourchette annoncée (15 à 17 $), pour 150 M$ de produit brut avant frais.

    Les banques disposent d’une option de 30 jours sur 1,4 million d’actions supplémentaires. Le titre se négocie au Nasdaq sous le code IAM depuis le 15 octobre ; l’opération a été close le 16 octobre.

    La société associe des modèles d’IA à des laboratoires de chimie et de biologie automatisés, dans une boucle où les résultats d’expérience réalimentent les modèles. Les fonds doivent d’abord financer IAM1363, un inhibiteur oral de HER2 (récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain) conçu pour franchir la barrière hémato-encéphalique, en phase 1 dans le cancer du sein HER2 positif et d’autres tumeurs porteuses d’altérations de HER2. Iambic vise un essai d’enregistrement l’an prochain. Deux candidats précliniques suivent, dans les cancers du sein, de l’ovaire et d’autres tumeurs. HTI avait relayé une précédente levée de 100 M$ destinée à ses essais cliniques.

    Aucun médicament conçu par cette approche n’a encore atteint le stade de l’autorisation : la cotation mesure l’appétit des investisseurs pour l’IA en découverte de médicaments, pas la preuve de son efficacité clinique.

    Source : Iambic Therapeutics, communiqué du 14 octobre 2026 – fiabilité : déclarative

  • IA en imagerie : Incepto Medical lève 14 M€ et annonce des acquisitions ciblées

    La start-up française Incepto Medical, qui édite une plateforme d’IA en imagerie médicale, a annoncé une levée de 14 millions d’euros. Le tour est mené par Impactivist (ex-Investir&+), avec ses investisseurs historiques LBO France, Karista, Bpifrance et Wille Finance. Il doit financer le déploiement en Europe et aux États-Unis de TANGO, son assistant de compte rendu fondé sur l’IA générative, le renforcement du suivi en vie réelle, l’élargissement de son catalogue d’applications et des acquisitions ciblées.

    Selon l’entreprise, la plateforme équiperait plus de 1 000 centres, dont les deux tiers des CHU. L’IA en radiologie sort donc de la phase pilote, et la question devient celle de sa fiabilité dans la durée. Les établissements ont intérêt à exiger un suivi des performances en vie réelle, et les éditeurs à anticiper la consolidation du marché.

    Un suivi en vie réelle pour garantir la fiabilité des IA

    L’entreprise crée à cette occasion un Comité d’impact chargé de piloter quatre piliers :

    • Le nombre de patients bénéficiant d’une imagerie assistée par l’IA.
    • Le temps administratif gagné par examen et par patient.
    • L’accès équitable à l’IA.
    • Et la confiance, fondée sur le suivi en vie réelle et le contrôle qualité des algorithmes.

    Ce dernier pilier répond à une limite, un algorithme validé lors d’un essai clinique peut perdre en performance une fois installé, car les patients, les appareils et les pratiques varient d’un site à l’autre.

    Le compte rendu, nouveau terrain de l’IA générative en radiologie

    TANGO illustre un déplacement de la valeur. La première génération d’IA en imagerie aidait surtout à repérer une anomalie sur l’image. L’IA générative intervient à l’étape suivante : la rédaction du compte rendu, tâche chronophage pour le radiologue. Le gain attendu porte sur la charge administrative, que le Comité d’impact prévoit de mesurer par examen. Cet usage soulève d’autres questions : la relecture du texte avant signature et la responsabilité en cas d’erreur.

    Un agrégateur qui prépare des acquisitions dans un marché en recomposition

    Le modèle d’Incepto consiste à offrir aux radiologues un point d’entrée unique : la plateforme sélectionne des applications d’IA, les orchestre dans la pratique quotidienne et mesure leur impact. Pour un établissement, l’intérêt est d’éviter de multiplier les contrats et les intégrations techniques avec chaque éditeur. En annonçant des acquisitions ciblées, l’entreprise s’inscrit dans un mouvement de consolidation déjà engagé : RadNet a annoncé en mars 2026 le rachat du français Gleamer pour un montant pouvant atteindre 230 M€, et Sectra a conclu le même mois un accord pour acquérir Oxipit. Les plateformes capables d’intégrer des outils et d’en prouver l’impact se renforcent ; les éditeurs d’une seule application deviennent des cibles potentielles.

    Ce que cela change

    Pour les directions d’établissement et les acheteurs : les appels d’offres peuvent intégrer des indicateurs de suivi en vie réelle, un contrôle qualité périodique et une mesure du temps gagné.

    Pour les radiologues et les groupes d’imagerie : les outils de compte rendu génératifs gagnent à être testés sur un périmètre limité, avec une mesure du gain réel et une règle de relecture avant signature.

    Source : Incepto Medical, communiqué de presse du 22 septembre 2026 · fiabilité : déclarative.

  • Scribes IA : 1,3 Md$ levés depuis janvier 2025

    Scribes IA : 1,3 Md$ levés depuis janvier 2025

    1,29 milliard de dollars : c’est le montant des douze tours en capital chiffrés annoncés par huit éditeurs de scribes IA à écoute ambiante entre le 1er janvier 2025 et le 28 septembre 2026. Les américains Abridge (550 M$) et Ambience Healthcare (243 M$) en réunissent 62 %, levés en 2025.

    Graphique : montants levés par huit éditeurs de scribes IA en 2025 et 2026. Abridge 550 M$, Ambience 243 M$, Heidi 181,6 M$, Tandem Health 150 M$, Nabla 70 M$, Eleos 60 M$, Freed 30 M$, Noteless environ 4 M$. De janvier à septembre, 1 020 M$ en 2025 contre 200 M$ en 2026.
    Tours en capital chiffrés annoncés entre le 1er janvier 2025 et le 28 septembre 2026, par éditeur et par année. Infographie : l’équipe HTI.

    En 2025, dix tours totalisent 1 089 M$. Après Abridge et Ambience viennent l’australien Heidi (81,6 M$), le français Nabla (70 M$), l’américain Eleos (60 M$), le suédois Tandem Health (50 M$), l’américain Freed (30 M$) et le norvégien Noteless (3,5 M€). En 2026, deux tours seulement, en septembre : 100 M$ pour Tandem et 100 M$ pour Heidi. De janvier à septembre, les montants passent de 1 020 M$ en 2025 à 200 M$ en 2026.

    Le décompte exclut les financements de croissance (240 M$ de General Catalyst pour Heidi) et les montants non divulgués (Eli Lilly au capital d’Abridge en juin 2026). L’extension de série E de 316 M$ attribuée à Abridge en avril 2026 par Fortune n’a pas été démentie, mais l’entreprise ne l’a pas annoncée et le montant est identique à la clôture de sa série E de juin 2025 recensée par PitchBook : elle n’est pas additionnée.

    Le reflux de 2026 suit le lancement par Epic, en février, de son propre scribe intégré au dossier patient. L’équipe HTI publie vendredi un Décryptage sur le statut réglementaire de ces outils, leurs preuves cliniques et leurs investisseurs. Pour un établissement européen, les éditeurs qui lèvent en 2026 sont ceux qui ciblent son marché.

    Source : annonces des éditeurs et de leurs chefs de file (janvier 2025 – septembre 2026) · fiabilité : déclarative ; Fortune (11/06/2026), PitchBook, STAT (04/02/2026) · fiabilité : presse. Compilation et calculs : l’équipe HTI, chiffres arrêtés au 28 septembre 2026.

  • Relaisanté lève 6 M€ pour organiser les sorties d’hospitalisation

    Le 23 septembre, la start-up Relaisanté a annoncé une première levée de fonds de 6 millions d’euros auprès de Ternel, Aquiti, Elaia et AFI Ventures. Lancée en début d’année, la plateforme aide les établissements de santé à trouver des professionnels disponibles pour prendre en charge un patient à domicile après son hospitalisation. L’entreprise revendique 315 établissements équipés et 12 000 professionnels connectés, et vise 1 000 établissements d’ici 2027 et 30 000 professionnels d’ici fin 2027.

    Chaque retour à domicile retardé faute d’intervenant prolonge le séjour et immobilise un lit. Les établissements disposent d’un nouvel outil pour fluidifier ce passage, mais ont intérêt à vérifier sa neutralité, son articulation avec les outils publics et l’usage futur des données.

    Relaisanté souhaite développer une IA pour anticiper les sorties, aider à optimiser la durée moyenne de séjour, identifier le dispositif de sortie adapté et calculer le reste à charge du patient. Or ses conditions générales indiquent qu’elle fonctionne aujourd’hui sans traiter ni stocker de données de santé nominatives. Prédire une date de sortie suppose généralement des informations cliniques.

    La plateforme permettrait de trouver un soignant en 18 minutes, un chiffre déclaratif.

    Un modèle financé par les professionnels du domicile

    Les conditions générales de la plateforme distinguent un usage institutionnel pour les établissements et un abonnement payant, RelaiSanté Pro, pour les services d’aide et de soins à domicile et les infirmiers libéraux. Cela soulève une question : si l’accès aux patients sortants passe par un abonnement, les professionnels non abonnés risquent d’être moins sollicités. Reste à vérifier comment l’outil garantit le libre choix du patient.

    Une articulation à clarifier avec ViaTrajectoire et PRADO

    Relaisanté n’arrive pas sur un terrain vierge. ViaTrajectoire, service référencé dans la doctrine du numérique en santé, oriente déjà les patients sortant de médecine, chirurgie et obstétrique vers les soins de réadaptation, l’hospitalisation à domicile ou le programme de retour à domicile PRADO de l’Assurance maladie. Un module consacré aux accompagnements à domicile y est en cours de conception. Le risque pour les équipes : saisir deux fois les mêmes informations dans des outils qui ne communiquent pas.

    Source : Ventech, communiqué « RelaiSanté lève 6 M€ pour bâtir le standard de la continuité des soins entre l’hôpital et la ville » (24 septembre 2026) · fiabilité : presse.

     

  • L’éditeur de DPI Galeon lève 6 M€ et limite à deux ses nouveaux hôpitaux

    L’éditeur de dossier patient informatisé Galeon a annoncé avoir bouclé cet été une levée de fonds de 6 millions d’euros. Selon son blog, 4 M€ proviennent de sa « communauté de Pionniers », issue d’une campagne de financement participatif, et 2 M€ de Bpifrance et de banques. L’entreprise, qui affirme équiper 19 hôpitaux, ne prendra pas plus de deux nouveaux établissements dans les prochains mois.

    Selon le communiqué, les fonds renforceront deux équipes : le produit et le déploiement. La seconde est la plus sollicitée. Pour installer un DPI, l’éditeur doit transférer les données de l’ancien logiciel, adapter l’outil à chaque service et former les soignants : ses équipes restent mobilisées sur place pendant plusieurs mois pour chaque hôpital. C’est pour préserver cette qualité de déploiement que Galeon dit limiter à deux ses nouveaux établissements. Or, selon l’éditeur, « plusieurs établissements évaluent actuellement Galeon comme potentiel DPI pour 2027 » : si les candidats sont plus nombreux que les places, certains pourraient devoir décaler leur projet.

    Une rentabilité attendue entre fin 2027 et 2029

    L’éditeur vise la rentabilité fin 2027, mais « l’équilibre économique avant 2029 ». Cet écart compte : un DPI engage un hôpital pour de longues années, et la pérennité du fournisseur conditionne la continuité du service. La campagne participative aurait pris la forme d’obligations rémunérées à 8 % par an sur sept ans, à savoir une dette à rembourser.

    Galeon aurait refusé une offre de rachat de 60 M€, signe que ce type d’éditeur intéresse des acquéreurs. Pour les hôpitaux, un éditeur supplémentaire élargit le choix, mais une entreprise de cette taille reste une cible potentielle : un changement d’actionnaire pourrait modifier la feuille de route du produit en cours de contrat.

    À surveiller

    • Le bilan du déploiement à l’hôpital Saint-Joseph de Marseille, présenté comme une « démonstration grandeur nature » (migration prévue en neuf mois).
    • Les deux prochains établissements retenus.
    • Le respect de l’objectif de rentabilité fin 2027.

    Source : Galeon, espace presse « Les prochaines étapes de Galeon » (9 septembre 2026) · fiabilité : déclarative.

  • La BEI et Angelini Ventures investissent dans MMI, spécialiste de la microchirurgie robotique

    Angelini Ventures, le fonds de capital-risque du groupe italien Angelini Industries, et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont annoncé un co-investissement de 17 M€ dans MMI (Medical Microinstrument, Inc.). Fondée en Italie en 2015, MMI développe Symani, un robot de microchirurgie fabriqué à Pise. Il est présenté comme le premier de sa catégorie à avoir été autorisé par la FDA américaine en microchirurgie reconstructrice.

    L’opération est la troisième du partenariat de 150 M€ signé par les deux investisseurs en décembre 2025, qui atteint désormais 48,5 M€ investis.

    Il s’agit du premier accord de la BEI avec le fonds d’un industriel de santé. Environ 50 M€ resteraient à engager après début 2027, pour quelques start-up seulement. Les sociétés européennes proches de la mise sur le marché, y compris en santé numérique, peuvent évaluer leur éligibilité.

    La BEI et Angelini Ventures apportent chacune 75 M€ et investissent ensemble dans 7 à 10 start-up européennes. Ces sociétés doivent proposer des solutions jugées adaptées à un lancement commercial, en biotechnologie, en technologies médicales ou en santé numérique. Pour une start-up, ce co-investissement présente un double intérêt : il associe la capacité financière d’une banque publique à la connaissance du secteur d’un industriel de santé.

    Trois sociétés ont déjà été financées : Adcytherix, Nuclidium et MMI. Deux autres opérations, d’environ 20 M€ au total, seraient en cours de finalisation cet automne.

    Si ces opérations aboutissent, cinq entreprises seront financées sur un objectif de 7 à 10. Il resterait donc de deux à cinq places, pour une enveloppe d’environ 50 M€.

    La santé numérique, inscrite dans le périmètre, reste absente du portefeuille

    Les trois investissements réalisés relèvent d’autres domaines. Adcytherix, société biopharmaceutique française, développe des conjugués anticorps-médicament (ADC). Nuclidium développe une plateforme radiopharmaceutique fondée sur des isotopes du cuivre, destinée à l’oncologie. MMI conçoit un robot chirurgical. Les deux prochaines opérations viseraient l’oncologie et les maladies rares en hématologie et en médecine vasculaire.

    Le critère de sélection affiché, qui privilégie les solutions proches de la mise sur le marché, pourrait favoriser les produits déjà autorisés. Pour une HealthTech numérique, un dossier aurait donc probablement plus de chances d’aboutir à deux conditions : se rattacher aux aires thérapeutiques prioritaires du portefeuille, l’oncologie ou les maladies rares, et démontrer une maturité commerciale.

    Ce que cela change

    Pour les start-up medtech et biotech européennes. Les places restantes sont limitées.

    Pour les HealthTech numériques. Le périmètre les inclut, mais aucune n’a encore été financée. Rattacher leur offre à l’oncologie ou aux maladies rares pourrait renforcer leur candidature.

    Pour les industriels de santé et leurs fonds d’investissement. Ce premier accord entre la BEI et le fonds d’un industriel en santé est un précédent à étudier pour accroître leur capacité d’investissement.

    À surveiller

    Automne 2026 : la finalisation des deux opérations annoncées, pour environ 20 M€, en oncologie et dans les maladies rares.

    Début 2027 : l’atteinte, ou non, de l’objectif d’environ 100 M€ investis ou engagés, et l’éventuelle entrée d’une première HealthTech numérique au portefeuille.

    Source : Angelini Ventures, communiqué de presse « EIB-Angelini Ventures Partnership Reaches €68.5 Million with New Investment in MMI » (16 septembre 2026) – fiabilité : officielle.

     

  • Implicity lève 40 M$ pour porter sa plateforme cardiaque multimarque aux États-Unis

    Implicity a annoncé ce tour de capital-croissance de 40 M$ (35 M€) mené par le fonds européen IRIS avec Five Arrows (Rothschild & Co). L’entreprise, fondée en 2016 par le rythmologue Arnaud Rosier, revendique plus de 250 centres et 120 000 patients suivis quotidiennement en France, en Allemagne et aux États-Unis. Les fonds financeront des recrutements commerciaux américains et une nouvelle génération d’algorithmes prédictifs de l’insuffisance cardiaque.

    Pourquoi cela compte : un logiciel tiers s’installe entre le fabricant d’implant et l’hôpital. Jusqu’ici, acheter un stimulateur ou un défibrillateur revenait à prendre aussi le logiciel du fabricant pour en lire les données (un service dont les patients portent des implants de quatre marques différentes devait ouvrir quatre logiciels). Implicity sépare le matériel du logiciel et capte une valeur que les industriels contrôlaient seuls, ce que la France vient de valider en l’inscrivant au remboursement, et que le tribunal administratif de Paris a confirmé en déboutant Medtronic.

    L’arrivée de fonds de croissance, après des investisseurs d’amorçage, signale que le segment quitte l’expérimentation pour la concentration : on ne finance plus un pari, on finance une course à la taille, rachats compris. Et cette course se joue aux États-Unis : c’est la reconnaissance réglementaire française qui rassure les investisseurs, mais les recrutements auront lieu à Boston.

    L’actif réel n’est pas l’IA, c’est la position réglementaire

    Implicity est inscrit à la LATM en ligne générique. En mars 2026, la CNEDiMTS a jugé sa plateforme universelle IM009 d’intérêt supérieur aux dispositifs déjà inscrits pour les moniteurs cardiaques implantables (tous édités par Boston Scientific, Biotronik, Abbott et Medtronic). En décembre 2025, le tribunal administratif de Paris avait rejeté un recours de Medtronic contre son remboursement. La valeur logicielle cesse d’être captive du matériel.

    Les 26 % de réduction de mortalité, 4 % d’hospitalisations et jusqu’à 76 % de fausses alertes en moins proviennent de données de vie réelle comparatives, non d’essais randomisés. Les centres équipés sont aussi les mieux organisés, l’effet mesuré est organisationnel, pas algorithmique. Ce qui s’achète ici est un flux de travail, mesurable en ETP de tri libérés.

    Les deux investisseurs citent d’ailleurs la pression opérationnelle sur les équipes avant le bénéfice clinique. Trois points restent à arbitrer avant tout déploiement : intégration au DPI et au SIH, responsabilité et traçabilité de la réponse aux alertes vraies, équilibre du forfait LATM dégressif selon la file active.

    La France a créé le premier remboursement de droit commun de la télésurveillance, évalué, puis arbitré en faveur d’un acteur indépendant contre quatre multinationales. L’entreprise ainsi légitimée finance sa croissance aux États-Unis.

    Parmi les évolutions à suivre figurent l’adoption d’un nom de marque, la réponse des fabricants d’implants et les opérations de consolidation annoncées sur le marché américain du tri d’alertes.

    Source :

    Implicity, « Implicity secures $40M growth equity funding to scale its AI-driven cardiac monitoring platform globally », communiqué diffusé par GlobeNewswire (9 septembre 2026) – fiabilité : déclarative

    Arrêté du 9 juillet 2026 portant inscription d’activités de télésurveillance médicale (art. L. 162-52 CSS) – fiabilité : officielle

    et avis CNEDiMTS IMPLICITY MCI (IM009)- fiabilité : officielle

  • Visible Patient Lab liquidée deux mois après VivaTech : l’échec est financier, pas clinique

    L’entreprise strasbourgeoise, qui employait près de 40 personnes et équipait plus de 120 hôpitaux en France et en Europe, n’est pas parvenue à boucler sa levée de fonds malgré les bridges consentis par ses investisseurs.

    Visible Patient Lab a été placée en liquidation judiciaire le 31 août 2026. L’annonce a été faite par le professeur Luc Soler, l’un des créateurs de la start-up strasbourgeoise.

    « Nous ne sommes pas parvenus à boucler notre levée de fonds dans le temps de trésorerie dont nous disposions et malgré les bridges opérés par nos investisseurs », explique-t-il. La société développait un outil de modélisation 3D des organes des patients à partir de scanners ou d’IRM, destiné à la planification chirurgicale, et employait près de 40 personnes.

    Son produit avait bénéficié à environ 15 000 patients, principalement en France et en Europe, et était utilisé par plus de 300 chirurgiens dans plus de 120 hôpitaux.

    Ce n’est pas la première difficulté financière de l’entreprise : Visible Patient avait déjà été placée en redressement judiciaire fin 2024, avant d’être reprise par l’entrepreneur strasbourgeois Frédéric Rose, fondateur de la société d’intelligence artificielle générative IMKI, en association avec deux autres investisseurs strasbourgeois, Jean-Luc Schnoebelen et Emmanuel Knafou.

    L’entreprise avait pourtant été distinguée deux mois plus tôt : en juin, lors du salon VivaTechnology, elle avait remporté le prix du jury de la Battle des Régions.

    Quand l’adoption clinique ne suffit pas à éviter la liquidation

    Le calendrier de cette liquidation contredit un raccourci en tech santé, celui qui associerait reconnaissance publique et solidité financière. Un prix de jury à VivaTechnology en juin, une liquidation judiciaire en août : l’écart de deux mois entre les deux événements montre que la visibilité obtenue lors d’un salon ne se traduit pas nécessairement par l’accès au capital nécessaire pour poursuivre l’activité.

    L’échec ne provient pas non plus d’un défaut d’adoption clinique. Avec 15 000 patients traités, plus de 300 chirurgiens et 120 hôpitaux utilisateurs, le produit avait dépassé le stade du prototype pour s’intégrer dans des pratiques chirurgicales réelles. La question posée par cette liquidation porte donc davantage sur la structure de coûts, le modèle de revenu ou la taille du marché adressable, que sur la pertinence clinique de la technologie elle-même.

    Le second aspect concerne la trajectoire de l’entreprise : un premier redressement judiciaire fin 2024, suivi d’une reprise par de nouveaux investisseurs, puis une liquidation dix-huit mois plus tard. Cette séquence montre qu’un changement d’actionnariat et des financements relais (bridges) n’ont pas suffi à stabiliser durablement le modèle économique de la société, malgré l’usage établi du produit.

    Enfin, la formule de Luc Soler « comme d’autres avant nous » situe cet échec dans un contexte plus large que celui de l’entreprise seule, celui du financement des start-up medtech françaises, confrontées à des cycles de validation clinique longs avant d’atteindre la rentabilité. Pour les 120 hôpitaux clients, la liquidation pose aussi une question opérationnelle immédiate : celle de la continuité de maintenance ou de migration d’un outil désormais intégré à leurs pratiques de planification chirurgicale.

  • IA : le Health Data Hub devrait créer un engagement citoyen sur les aspects éthiques (J. Lucas, ANS)

    La transformation du système de santé s’associe à une utilisation plus importante des outils numériques et à une intégration plus forte de l’intelligence artificielle (IA) dans les pratiques. Or, cette dernière présente des enjeux éthiques, qui doivent être traités dans ce nouveau contexte et s’inscrire dans un cadre réglementaire, actuellement insuffisant. C’est le point sur lequel insistent Jacques Lucas, président de l’Agence du numérique en santé (ANS), Judith Melh (Ethik IA) ou encore David Gruson, intervenus le 14 janvier 2020 lors du séminaire de la Chaire Santé de Sciences Po, animé par Etienne Grass.

    « Il existe un double impératif, un principe éthique de bienfaisance, de dignité de la personne, d’autonomie de la personne et de justice », note Jacques Lucas, qui annonce par ailleurs que le Heath Data Hub devrait créer un engagement citoyen sur les aspects éthiques. « Il faut une place dans l’interdisciplinarité dans un objectif de validation et de la fiabilité des algorithmes, et ce, à tous les stades de la conception de l’algorithme », sans oublier le patient, souligne de son côté le Pr. Marie-France Mamzer, PU-PH spécialisée en éthique et en médecine légale à la faculté de médecine de l’université Paris-Descartes.

    La nécessaire émergence des questions éthiques de l’IA dans le débat public

    Il existe un consensus sur la nécessité de traiter les questions afférentes à l’intelligence artificielle (IA). En effet, malgré les risques éthiques qu’elle sous-tend, l’IA est un outil fondamental dans la transformation du système de santé, autant pour le bénéfice des patients que pour les aspects médico-économiques, comme le rappelle Jacques Lucas en mentionnant l’avis 130 du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) : « On ne saurait adopter une position hostile à ces nouvelles technologies numériques. En raison des risques dont elles sont porteuses (…), il serait contraire de ne pas favoriser leur développement si elles peuvent bénéficier à la santé de tous et aider à la rationalisation des coûts ». Par ailleurs, l’IA est un outil de support non seulement facilitant le quotidien des professionnels de santé dans leurs diagnostics et qui constitue une opportunité pour détecter davantage de pathologies rapidement (Pr Marie-France Mamzer) mais également un accélérateur pour la recherche. 

    Le traitement de ces enjeux doit s’inscrire dans un cadre réglementaire, actuellement insuffisant

    Le traitement de ces enjeux doit s’inscrire dans un cadre réglementaire, aujourd’hui insuffisant. Il faut toutefois veiller à ne pas tomber dans la sur-réglementation, qui serait alors trop limitante. 

    Ces questions d’ordre éthiques sont d’autant plus importantes qu’il existe un enjeu pour gagner la confiance de la société, méfiante à l’usage des nouvelles technologies, qui doit être informée et éduquée sur ces enjeux. Jacques Lucas annonce que le Heath Data Hub devrait créer un engagement citoyen sur les aspects éthiques. 

    La nécessaire intervention du cadre réglementaire et juridique  

    Le cadre législatif se base sur deux principes (avis 129 du CCNE) :

    • l’information du patient de l’incorporation de l’IA dans son parcours de soins ;
    • la supervision de l’IA par l’humain pour assurer « un pilotage de qualité ».

    L’article 11 de loi bioéthique complète alors les principes énoncées par la loi RGPD.

    Le RGPD prévoit l’intervention humaine pour les cas de profilages et « les prises de décisions automatisées »

    Anaïs Person, doctorante en droit de la santé et déléguée à la protection des données, note que le traitement des données de santé est autorisé par le RGPD, dans un cadre limitant de légalité (chaque traitement de donnée doit avoir une base légale), de loyauté (hébergement agrée donnée de santé) et de transparence (sécurité). Information préalable, consentement et intervention humaine sont nécessaires pour l’utilisation des données personnelles de santé.

    Le RGPD prévoit l’intervention humaine pour les cas de profilages et « les prises de décisions automatisées ». Les personnes concernées ont « au moins le droit d’obtenir une intervention humaine (fait écho à la garantie humaine de la loi bioéthique) de la part du responsable de traitement, d’exprimer son point de vue ou de contester la décision », et ce, a posteriori du traitement et à la demande de la personne concernée, explique-t-elle, précisant que cette mention est prévue pour le développement d’offres individualisées de la part des assureurs, à l’instar d’autres pays, qui seront basées sur des données de santé et bien-être, fournies par les assurés. 

    La loi bioéthique prévoit la garantie humaine dans le cadre de l’utilisation de l’IA

    L’article 11 de la loi bioéthique prévoit la garantie humaine dans le cadre de l’utilisation de l’IA. Actuellement en cours d’examen au Sénat, le texte ne devrait pas être stabilisé après la première lecture, alors qu’il se concentre davantage sur les données de santé.

    David Gruson estime que certains alinéas sont imparfaits et qu’il existe 2 lectures de l’article relatif à la garantie humaine : 

    • le principe de garantie humaine s’appliquera à tous les concepteurs de façon immédiate ;
    • « Le législateur ne prescrit pas les modalités d’exécution du principe », c’est-à-dire que les modalités d’application seront souples. Il estime qu’elles seraient bénéfiques à tous si elles étaient établies en co-construction.  

    Ce principe de garantie humaine s’étend autant au national (application médicale) qu’à l’international : la task force « régulation de l’IA » à l’OMS devrait prochainement émettre une recommandation à ce sujet. Le concept est également actuellement repris par la FDA. David Gruson suggère que les modalités d’application de la loi soient rapidement définies pour ne pas « que le standard soit ré-interprété par les acteurs qui n’auraient pas le même degré d’exigence analytique que ce qui nous anime ». 

    La garantie humaine peut être vérifiée par le concepteur de l’algorithme et par un collège d’experts

    Judith Mehl explique que la garantie humaine peut être vérifiée notamment à 2 niveaux et à différents moments des processus de développement et d’utilisation de l’IA :

    • par le concepteur de l’algorithme ;
    • par un collège d’experts. 

    Elle mentionne une expérimentation de l’Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD) dans certains Ehpad : un algorithme permet de détecter les risques bucco-dentaires des résidents via un logiciel qui photographie leur bouche. Ces résultats sont ensuite vérifiés par un dentiste et un Collège qui étudie des cas.

    Ethik IA encourage la mise en place de ses collèges par les utilisateurs des solutions algorithmiques. 

    La responsabilité du médecin pourrait être engagée s’il n’utilise pas l’IA

    Jacques Lucas revient de son côté sur la question de la responsabilité du médecin, qui pourrait potentiellement être engagée s’il n’utilise pas l’IA. Il appelle les différences instances compétentes, y compris savantes, à se prononcer sur ce sujet.

    L’IA pourrait paradoxalement être une parade aux biais cognitifs

    Les biais font partis des risques dans l’utilisation de l’IA. En effet, les logiciels auto-apprenants (machine learning) peuvent intégrer des codes discriminatoires. Il a été rappelé au cours du séminaire que les biais, imputés à l’IA, peuvent également émaner de la subjectivité de la personne. 

    Paradoxalement, l’IA pourrait être une parade aux biais cognitifs, de différentes natures et présents dans les décisions médicales que le Pr Marc Bardou (CHU de Dijon, Santé Publique France) étudie et qui correspondent à des déviations du cadre de la pensée involontaire. 

    Selon Mehdi Benchoufi, professeur d’épidémiologie, la reproductibilité est actuellement une problématique dans la qualité des études de recherche et qui pose la question de la généralisabilité. Cet enjeu est lié en particulier à la conception des algorithmes :

    • les algorithmes sont basés sur des données de la littérature scientifique qui sont actuellement de qualité faible voire controversée ;
    • les données manquantes ou corrompues sont remplacées par des données fictives ;
    • l’algorithme n’est pas pas préparé à toutes les situations envisageables ;
    • biais de contrôle : l’humain se considère comme infaillible alors que des biais de subjectivité sont à prendre en compte ;
    • la nécessité d’avoir une traçabilité forte : la blockchain assure la chronologie.

    Les solutions proposées sont l’accompagnement de la conception par l’humain comme le transfer flow de Google, une co-construction avec des professionnels de santé, un recours à l’open source ou à la blockchain ainsi que trouver des échantillons plus représentatifs.

    L’interdisciplinarité promue

    Les personnes présentes se sont accordées pour promouvoir l’interdisciplinarité dans le champ de l’éthique de l’IA, déjà explicités par différents engagements :

    • Chaire d’enseignement autour de l’IA en santé prévue pour différents professionnels de santé par Paris-Descartes et DU universitaire ouvert ;
    • engagement des professionnels de santé et interdisciplinarité : Pr Marie-France Mazmer et Pr Stéphanie Allassonnière (Paris-Descartes) ;
    • consultation publique ouverte par l’HAS sur la grille d’analyse pour l’évaluation des solutions d’algorithmes considérés comme dispositifs médicaux : 30 retours à ce jour ;
    • ouverture d’un séminaire interdisciplinaire par la Chaire Santé de Science Po sur les questions de l’éthique et l’IA.
  • Team-up for start-up : contribuer au développement de projets health tech, le 28/01/2020 à Paris

    Bpifrance organise le 28 janvier 2020 à l’Institut Pasteur la soirée Team-up for start-up, l’occasion pour les acteurs du secteur (industriels, incubateurs, fonds, etc.) de rencontrer des start-ups health tech et de proposer leurs compétences pour accélérer le développement de ces jeunes sociétés.

    « Cet événement vise à offrir aux porteurs de projets et aux jeunes start-ups en incubation ou en accélération l’opportunité de rencontrer des personnes intéressées pour contribuer à leur développement comme ressource extérieure, associé ou co-fondateur potentiel« , précise Bpifrance sur son site web.

    Les inscriptions, gratuites mais obligatoires (nombre de place limité), sont à réaliser avant le 17 janvier 2020 par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien.

    Programme

    • 17h-18h : accueil des contributeurs

    • 18h-20h : pitchs des porteurs de projets (3 minutes chacun) suivis de discussion en table ouverte