Financeurs

  • L’accélérateur MD Start lève 10,5M € auprès de Bpifrance, Medtronic, LivaNova et Sofinnova

    L’accélérateur de start-up de la e-santé MD Start lève 10,5M € auprès du fonds French Tech Accélération de Bpifrance, du capital-risqueur Sofinnova partners et de deux entreprises Medtronic et LivaNova, apprend-on dans le Figaro du 13 octobre 2016.

    MD Start II est le 6e investissement de French Tech Accélération, fonds géré par Bpifrance dans le cadre du PIA lancé en 2014 et doté de 200M €.

    MD Start I, initié en 2010 avait donné naissance à quatre sociétés dont Corewave qui développe des pompes d’assistance cardiaque. Dans le cadre de MD Start II, les brevets devront être développés dans une société française, même s’ils viennent de l’étranger.

    Le concept MD Start II

    • «Chaque année, nous rencontrons près de deux cents médecins ou scientifiques porteurs d’idées. Nous en testons une douzaine, d’où sortent trois ou quatre sociétés qui reçoivent chacune 1 à 2M € et que l’un des trois dirigeants de MD Start, Gérard Hascoët, Tim Lenihan ou moi-même, gère pendant deux à trois ans, jusqu’à l’obtention des premiers résultats tels que le marquage CE ou la première preuve de concept chez le patient.»
    • À l’issue de cette phase d’incubation, MD Start prend du champ en trouvant un dirigeant et de nouveaux investisseurs pour la jeune société. «Le modèle MD Start, qui s’inspire de The Foundry, à San Francisco, est unique en son genre pour les dispositifs médicaux »,

    explique Anne Osdoit, directrice générale de MD Start dans le Figaro du 13 octobre 2016.

  • Directeur d’innovation, une nouvelle mission dans la santé

    Manager l’innovation en e-santé, anticiper les changements, en maîtriser les processus, c’est le profil de dirigeants d’entreprises innovantes ou des directeurs d’innovation.

    Dans un contexte de forte compétitivité, la pérennité des entreprises et l’adaptation des établissements de santé passe par la montée en puissance de ces missions.

    Des professionnels issus d’horizons divers présentent pour H&TI leur parcours, leur vision et leur méthode pour faire naître l’innovation.

    L’e-santé stimule le recrutement de ces professionnels

    Si les objets connectés, le Big Data, l’ingénierie logicielle sont au cœur du nouvel écosystème qui se développe dans tous les secteurs de la santé, les experts de l’innovation liée au digital ont souvent été formés pour d’autres industries. Leur intégration au sein des entreprise et des structures de la santé repose sur leur capacité à transférer leur savoir-faire vers les cultures et les référentiels de la santé.

    A défaut de recruter, les groupes pharmaceutiques optent pour des partenariats avec les géants du numérique (alliances Sanofi et Verily, filiale santé de Google – ex. Google Life Science, au bénéfice de la prévention contre le diabète, ou encore Roche et Qualcomm pour le traitement connecté de la BPCO) ou les start-up innovantes en e-santé (adhésion de Sanofi à France e-Health Tech, association de start-up de l’e-santé).

    D’autres entreprises ont commencé à introduire ces profils convoités encore rares, à l’instar de Mercer France, qui s’est dotée il y a quelques mois d’un directeur de l’innovation chargé de développer la digitalisation dans son offre santé et prévoyance.

    La dynamique globale de l’e-santé va stimuler le recrutement de ces professionnels.

    Au carrefour d’enjeux stratégiques, marketing, techniques et commerciaux

    Interface entre les décideurs et les équipes opérationnelles, le directeur innovation oriente et pilote la politique recherche et développement dont il contrôle les paramètres : coût, investissement, stratégie, priorités.

    Sa vision est prospective : il doit savoir analyser les tendances issues du digital, repérer les usages émergents dans son environnement, identifier les signaux faibles, connaître l’état de l’art pour définir une stratégie interne porteuse d’innovation, en lien avec les services marketing et commercial. Il doit également savoir instiller une culture de l’innovation, pour accompagner les changements qu’elle induit.

     Un profil polycompétent

    Expert technique de son domaine d’activité et de son marché, le directeur innovation maîtrise aussi les méthodologies projet et les processus de gestion du changement, dans un climat contributif étendu. Il endosse le rôle de médiateur entre contraintes opérationnelles et enjeux politiques, et fait preuve d’une grande capacité de dialogue avec des interlocuteurs issus de disciplines professionnelles diverses.

    Titulaires de masters techniques doublé éventuellement d’un 3ème cycle marketing/ commercial, ou de diplômes d’ingénieurs, les cadres de l’innovation en santé sont présents dans les grandes entreprises et PME, mais également dans les organismes publics et les jeunes entreprises innovantes. Le plus souvent rattachés hiérarchiquement à la direction générale, ils ont une expérience significative de l’encadrement d’équipes de recherche notamment, et un positionnement fonctionnel dans l’organigramme. Leur salaire annuel moyen se situe autour de 75000 Euros bruts.

     

     

     

     

  • Partenariat AG2R/Medappcare pour un kiosque d’applis santé labellisées

    Un kiosque qui permet d’accéder à des applications santé labellisées, c’est ce qu’ont présenté le 13 octobre 2016 le groupe d’assurance AG2R et son partenaire Medappcare.

    Cette plateforme qui présente en octobre 2016 seize applications santé ayant reçu le label octroyé par Medappcare a pour objectif d’aider à la sensibilisation du grand public sur la santé et à développer la prévention, selon AG2R.

    Les applications proposées sur cette plateforme sont sélectionnées par AG2R à qui doivent s’adresser les éditeurs, Medappcare étant sur ce point force de proposition, comme l’a rappelé son dirigeant, David Sainati. Ce denier a rappelé l’importance de l’évaluation et de la labellisation des applications santé alors que l’on recense en 2016 environ 165 000 applications de ce type.

    Comment Medappcare évalue les applications

    Pour être labellisées, les applications mobiles sont soumises à une évaluation par Medappcare qui comprend 4 phases principales : évaluation générale et juridique, évaluation technique et sécurité, évaluation médicale, évaluation ergonomie et usage. Cette évaluation repose sur une méthodologie rigoureuse de plus de 70 critères, placée sous le contrôle d’un Conseil Scientifique reconnu, pluridisciplinaire et indépendant. La méthodologie d’évaluation a été mise au point après une consultation de toutes les parties prenantes (autorités, associations de patients et d’usagers, professionnels de santé, académiques, experts reconnus…) et avec le soutien de nombreux institutionnels.

    • L’évaluation générale et juridique

     Medappcare procède à l’évaluation réglementaire et juridique au regard de sa méthodologie et avec le concours d’un conseil spécialisé dans la protection des données personnelles et les questions relatives à leur exploitation et hébergement.

    • L’évaluation technique et sécurité

    Le bon fonctionnement des applications mobiles est évalué ainsi que leur sécurité (flux de données entrants et sortant, accès aux ressources locales du téléphone, présence de virus et logiciels malveillants…). Pour la sécurité des applications mobiles, Medappcare s’appuie sur Pradeo Security Systems qui analyse le comportement des applications mobiles à partir de leur code exécutable. 

    • L’évaluation médicale

    Elle est réalisée par des professionnels de santé et notamment les médecins de la société MedecinDirect qui collabore avec une vingtaine de médecins généralistes et spécialistes inscrits à l’Ordre National des Médecins et exerçant quotidiennement en ville ou à l’hôpital. 

    • L’évaluation ergonomie et usage

    Sont également évalués les aspects d’ergonomie, de design, et de service qui permettent un usage adapté aux utilisateurs conformément au positionnement de l’application pour optimiser l’expérience utilisateurs. 

    A l’issue de l’évaluation des applications, un rapport d’évaluation est remis à l’éditeur, mettant notamment en avant les axes d’amélioration potentiels. En moyenne, 1 application mobile évaluée par Medappcare sur 2 est labellisée (suite à une première sélection).

  • 43 % des français utilisent une application santé/bien-être (IPSOS)

    – 81% des Français s’intéressent à la santé et au bien-être,
    – Pour ceux qui s’y intéressent, 78% s’informent sur la santé et le bien-être au moins une fois par mois
    – Internet est leur première source d’information à 82%, devant les professionnels de santé
    – 43% des français utilisent une application santé bien-être,

    tels sont les principaux résultats d’une étude présentée par IPSOS sur l’usage des applications santé. Cette étude a été rendue publique le 13 octobre 2016 à l’occasion de la présentation du partenariat AG2R/Medappcare sur la labellisation des applications santé.

    L’étude montre aussi que les notes de confiance à l’égard des applications mobiles de santé, des objets connectés de santé ou les sites internet de santé se situent entre 4,6 et 5,2 sur 10. Des craintes qui se portent majoritairement sur la protection des données personnelles, sur la sécurité (virus), voire sur les informations, les contenus et les émetteurs (éditeurs, fabricants).

    D’où un intérêt pour 3 Français sur 4, selon IPSOS, pour une labellisation dans le domaine de la santé connectée et notamment sur les critères de protection des données personnelles, de sécurité et de qualité de contenu.

  • La Cour des comptes recommande de concentrer les moyens sur certains pôles de compétitivité

    Concentrer les moyens sur certains pôles de compétitivité en différenciant leur traitement en matière de soutien financier, telle est la principale recommandation du référé rendu public par la Cour des comptes le 10 octobre 2016 à la suite de son enquête sur la politique des pôles de compétitivité depuis 2005.

    Ce référé contient 5 autres recommandations:
    • Redéfinir le positionnement des pôles vis-à-vis de l’État et des collectivités territoriales
    • Impliquer tous les ministères concernés dans le financement des pôles de compétitivité
    • Reconfigurer le fonds unique interministériel
    • Enlever la qualification de « pôle de compétitivité » aux pôles qui ne répondent pas aux exigences du cahier des charges
    • Sanctionner les mauvaises pratiques en matière de labellisation des projets

    Une réforme de la politique des pôles de compétitivité, initialement attendue en juin 2016, devrait être annoncée fin 2016.

    Les 5 autres recommandations de la Cour des comptes sont :

    Redéfinir le positionnement des pôles vis-à-vis de l’État et des collectivités territoriales

    La Cour des comptes propose de séparer les pôles en deux catégories de clusters, les uns à vocation nationale et internationale, les autres à vocation territoriale, afin de prendre en compte les nouvelles compétences des régions en matière d’innovation et de développement économique dans le contexte de la loi NOTRe. Cette redéfinition s’accompagnerait d’un pilotage unique au niveau national par le ministère de l’Industrie (les pôles étant aujourd’hui sous la double tutelle des ministères de l’Industrie et de l’Aménagement).

    Impliquer tous les ministères concernés dans le financement des pôles de compétitivité

    La Cour des comptes souhaite renforcer par cette mesure la dimension interministérielle de la politique des pôles et sa cohérence avec les autres politiques publiques en matière d’innovation et de recherche.

    Reconfigurer le fonds unique interministériel

    La Cour des comptes propose de supprimer les appels à projets du fonds unique interministériel afin de simplifier les soutiens à la recherche partenariale.

    Enlever la qualification de « pôle de compétitivité » aux pôles qui ne répondent pas aux exigences du cahier des charges

    La Cour des comptes regrette l’absence de délabellisation des pôles dont les résultats avaient été considérés insuffisants lors de l’évaluation de la phase 2, en 2013 et propose de tirer pleinement les conséquences des campagnes d’évaluation afin de maintenir la crédibilité des pôles de compétitivité.

    Sanctionner les mauvaises pratiques en matière de labellisation des projets

    La Cour des comptes souhaite renforcer la qualité des pratiques des pôles de compétitivité en matière de labellisation des projets.

  • « Galen Growth va devenir le catalyseur du marché de la health-tech en Asie » (J. de Salaberry)

    Familier de la région Asie-Pacifique depuis une quinzaine d’année, Julien de Salaberry est un investisseur et expert international reconnu dans le domaine de l’e-santé. Aujourd’hui basé à Singapour, il est le fondateur et P.-D.G. de The Propell Group, une société à capital risque et de conseils centrée sur les innovations health tech.

    Dans un entretien accordé à H&TI, l’homme d’affaires revient en détail sur son expérience du marché et notamment sur :

    1. le développement de Galen Growth Asia, une entreprise qu’il a fondée avec cinq confrères dans le but de faire mûrir les réflexions sur le secteur de la health-tech en Asie ;

    2. les spécificités de l’investissement en Asie ;

    3. la complexité d’établir un business modèle durable.

    Galen Growth Asia : un concept novateur pour booster les innovations en e-santé

    Fin 2015, vous avez cofondé Galen Growth Asia, une société visant à faire avancer le débat dans le secteur de l’e-santé. Comment vous est venue cette idée ?

    Galen Growth Asia est le résultat d’un constat établi par plusieurs investisseurs et entrepreneurs – dont je fais partie – qui se retrouvaient régulièrement lors de conférences dédiées à la health-tech :

    • 1. On s’est aperçu que l’on avait tous la même vision du secteur et que l’on évoquait les mêmes sujets dans notre petit coin ;
    • 2. On a rapidement réalisé que le niveau de qualité des conférences auxquelles on participait était limité.

    Nous avons donc décidé à six – trois entrepreneurs, deux investisseurs et un consultant – de fonder Galen Growth Asia. Notre but : devenir le catalyseur de l’écosystème de la health-tech en Asie. Nous souhaitons pour cela créer davantage de dialogue entre les six groupes de stakeholders du marché, qui sont les entrepreneurs et leurs start-up, les investisseurs, les grosses boîtes de santé comme Medtech & Pharma (qui vont attirer les clients), le gouvernement, les médias mais aussi les experts médicaux, généralement oubliés, qui sont souvent les utilisateurs de ces nouvelles technologies.

    Nous favorisons la discussion entre ces six groupes clés en organisant des événements. On en a mis en place déjà deux-trois depuis notre création, il nous en reste deux avant la fin de l’année, dont le Asia’s HealthTech CEO Summit (le 9 décembre). On compte y réunir tous les P.-D.G des sociétés health-tech les plus importantes de la zone Asie-Pacifique. Ce genre de sommets existe déjà aux États-Unis mais c’est une première en Asie.

    Avez-vous d’autres projets en tête pour faire progresser le secteur ?

    En parallèle de cette partie événementielle, nous avons pour objectif de monter une base de données unique pour tout le secteur de la health-tech en Asie. C’est assez difficile parce que les bases disponibles en Chine ou en Corée par exemple sont uniquement accessibles dans les dialectes locaux. On avance donc doucement afin de parvenir à un service de qualité. Le dispositif devrait être lancée en septembre 2017.

    Nous passons aussi du temps à élaborer des rapports de qualité, centrés sur des sujets très spécifiques de l’e-santé. En ce moment, nous nous concentrons sur le pré-diabète, un phénomène qui va toucher Singapour de plein fouet d’ici cinq-dix ans, le taux de pré-diabétiques (12 % de la population adulte selon les chiffres officiels) étant actuellement quasiment aussi grand que celui de diabétiques (12,8 % selon l’International Diabetes Federation).

    Nous essayons de démontrer que la health-tech peut jouer un rôle important. Elle peut par exemple encourager les pré-diabétiques à modifier leur mode de vie pour éviter qu’ils ne deviennent diabétiques. La technologie existe déjà (applications mobiles, capteurs…) mais tout l’enjeu est de savoir comment il serait possible de s’en servir de manière optimale et comment créer une meilleure adoption de ces outils parmi les consommateurs.

    Le rapport consiste au final en la réalisation d’une propale. Ce sera ensuite aux acteurs de l’écosystème de décider si, oui ou non, ils souhaitent l’adopter. Par le biais de cette étude, nous essayons de mettre en relation les six stakeholders ciblés par Galen Growth pour les faire travailler ensemble et ainsi établir une sorte de consensus.

    « Le patient sera le driver du marché de l’e-santé en Asie »

    Comment percevez-vous le marché de l’e-santé d’ici dix, vingt ans ?

    Je reste optimiste, même s’il y a des obstacles à surmonter.

    Le coût important de la santé fait notamment ralentir la croissance dans certains pays asiatiques. Si on s’intéresse à la pyramide des salaires, dès qu’on passe en dessous des 5 % les mieux payés, le niveau de rémunération baisse rapidement. La moyenne se situe alors entre 3 000 et 15 000 dollars par an, soit un salaire minime. Aux États-Unis, si tu proposes à cette tranche de la population un code de remboursement au moment du lancement d’un produit, tu es quasi certain d’avoir de la demande derrière. Ici, c’est plus complexe car le patient doit payer par ses propres moyens, excepté dans certains États comme l’Australie, le Japon ou Singapour.

    Malgré ce système très privatisé, il y a quand même une demande de santé équivalente à celle de l’Europe et des États-Unis. Elle croît même tous les ans en raison de l’augmentation des maladies cardio-vasculaires et respiratoires, du diabète, etc.

    Je suis donc globalement confiant parce que la croissance démographique est élevée et parce que les patients recherchent du choix comme ils paient eux-mêmes pour leurs frais de santé. Un autre atout est l’importance du taux de pénétration de la téléphonie mobile et de l’achat sur mobile. L’Asie est le leader mondiale dans ce domaine. La m-santé fait ainsi partie des secteurs les plus encourageants.

    Je pense que ce sera le patient, l’individu, qui sera le driver de ce marché de l’e-santé en Asie.

    Le patient peut être un driver ou un frein… En Europe et aux États-Unis, les risques liés à l’utilisation par un tiers de données personnelles reviennent régulièrement au centre du débat sur l’e-santé. Les patients asiatiques vous semblent-ils plus enclins à accepter toutes ces nouvelles technologie ?

    L’Europe se cache toujours derrière la question de la privatisation des données. Ici, notamment parce que l’âge moyen est plus faible, les gens sont moins frileux sur ce sujet. Cela signifie que les acteurs de l’industrie ont davantage accès aux données des patients.

    On se rend compte qu’il y aussi une vraie demande à exploiter dans le domaine des data. En Inde par exemple, environ 8,6 % de la population adulte était touchée par le diabète en 2015 et plus de 52 % de ces malades étaient non-diagnostiqués, estime l’International Diabetes Federation. Cela signifie que plus de la moitié des bientôt 120 millions de diabétiques en Inde (d’ici 2020 selon les chiffres officiels) n’ont pas accès aux informations nécessaires à la compréhension de leur maladie et ne bénéficient donc d’aucun traitement. Cela représente un marché énorme pour ceux qui s’intéressent au marché du diabète.

    Avec des outils health-tech adaptés, on a les moyens d’éduquer de manière plus efficace les malades.

    Comment s’y prendre concrètement ?

    Le plus grand frein, c’est le business modèle. On a besoin de trouver un modèle permettant d’offrir de manière durable ces solutions technologiques aux patients sans avoir recours aux fonds philanthropiques, une option qui fonctionne très bien mais uniquement sur le court terme.

    Les gros groupes doivent notamment revoir leur façon de fonctionner. Leur base de coûts est tellement élevée qu’ils ont l’habitude de vendre leurs produits très chers. L’ennui est que lorsqu’on leur présente une solution low cost pour, par exemple, permettre un meilleur diagnostic d’une maladie donnée dans une petite ville, ils ne peuvent pas se permettre de la vendre parce qu’ils ne feraient aucun profit. Il faut donc trouver une solution, un business modèle viable via lequel chaque acteur impliqué puisse gagner un minimum d’argent dans le processus de vente.

    3 conseils aux start-up européennes qui envisagent de s’étendre en Asie :

    Pourriez-vous nous donner un exemple de start-up prometteuse sur le marché asiatique ?

    Avec The Propell Group, on a entre autres investi dans ConnexionsAsia, une boîte aujourd’hui bien connue à Singapour. Ils ont levé leur Série A au mois de janvier 2015, environ 8 millions d’US dollars, soit une Série A assez importante pour la cité-État et cet écosystème.

    ConnexionsAsia, c’est tout d’abord un dispositif permettant aux employeurs de fournir une assurance santé à leurs employés via une plateforme électronique. Les trois acteurs sont ainsi reliés via un seul et même outil.

    Ce dispositif est nécessaire au fonctionnement du deuxième service lancé par Connexions Asia : un market place proposant aux employés différents produits dans le domaine de la health-tech.

    La plateforme en question inclut notamment MyDoc, un service de télé-médecine, et GlobeTrekker, un programme encourageant le bien-être en entreprise. Dans ce cadre, les employés peuvent par exemple choisir d’être équipés d’un bracelet Fitbit (podomètre) et essayer de réaliser chaque jour en équipe un certain nombre de pas tout en suivant un régime alimentaire équilibré. Le but est d’améliorer la santé des employés de façon fun mais aussi maîtrisée.

    Il y a toute une série de services de ce type disponibles en ligne. L’employé peut ainsi acheter sur ce market place des produits de santé en passant directement par l’assurance. Ce fonctionnement réduit la paperasse : chacun gagne en temps et en simplicité.

    Les start-up sont-elles nombreuses à échouer dans le domaine de l’e-santé en Asie ?

    Il n’y a pas un taux d’échec plus important qu’ailleurs dans le monde mais oui, il y a eu des échecs. Des boîtes qui ont mal fait leur devoir, qui sont arrivées en Asie mal préparées aux réalités du pays ; d’autres qui sont arrivées trop tôt. Certaines sociétés spécialisées dans l’e-santé présentent des idées trop précoces, le marché n’est pas encore prêt pour leur solutions. Mais c’est la même logique dans toutes les régions du monde.

    Le théoricien suisse Alex Osterwalder, inventeur du Business Model Canvas, synthétise bien le concept. Il explique que ce n’est pas simplement un bon produit qui vous permettra d’avoir une bonne place sur le marché mais la combinaison d’un bon produit et d’un bon business modèle. C’est exactement ça. Il ne suffit pas d’avoir le meilleur produit health-tech pour que son entreprise perce dans le secteur, il faut savoir la vendre de la bonne manière et au bon moment. C’est le b.a.-ba, une base qu’il est bon de se remémorer régulièrement.

  • Le GCS Tesis (La Réunion) met en place des méthodologies d’innovation pour ses projets e-santé

    « La Ruche », tel est le nom de l’espace dédié à la e-santé mis en place par Le GCS Tesis Réunion Mayotte à La Réunion.

    Mettre en place des systèmes d’information et outils numériques qui génèrent de l’usage et soient adoptés par les professionnels de santé et les patients nécessite une adaptation des outils aux besoins et pratiques des utilisateurs.

    Pour y parvenir, grâce à l’impulsion donnée par l’attribution de 30 M€ dans le cadre des projets Territoire de soins numériques, Antoine Lerat, directeur de Tesis, a conçu un espace de cocréation intégrant architecture, technologies et methodologie pour inciter à l’intelligence collective.

    Cette démarche de coconstruction est soutenue par l’Agence Régionale de Santé Océan Indien.

    Concrètement la démarche repose sur l’embarquement par des formats ludiques et participatifs et des techniques de management collaboratif de publics qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble.

    L’espace propose :

    • Un show room des innovations proposées par des start-up du territoire,
    • Un espace de coconstruction dédié aux séances collaboratives doté d’ecrans digitaux et interactifs,
    • Des bureaux partagés en plug and work

    La communication et le management transversal sont des clés du fonctionnement de l’espace.

    Dans le cadre des rencontres Esanté qui se sont tenues du 4 au 7 octobre 2016, plusieurs GCS d’autres régions ont pu expérimenter l’utilité de « la Ruche ».

  • « Nous sommes déjà dans la médecine de demain » (Béatrice Falise-Mirat)

    Béatrice Falise-Mirat, déléguée générale de Medicen, a accordé une interview à H&T à l’occasion des dix ans du pôle de compétitivité.

    Elle revient sur les grandes réussites de Medicen et sur les défis posés aujourd’hui par le changement de tempo de l’innovation en santé.

    Medicen fête ses 10 ans : que retenez-vous de cette première décennie d’existence ?

    Nous avons rempli notre mission. Medicen compte aujourd’hui 276 adhérents, dont 217 PME. En 10 ans, 284 projets ont été labellisés, pour un montant total de financement d’1 milliard €. Au-delà des chiffres, nous avons su passer de projets simples à des projets structurants, inscrits dans la durée et impliquant de nombreux partenaires.

    Je prendrai pour exemple le projet CReMEC/IMODI. Dans un premier temps, de 2006 à 2010, CReMEC a visé à créer une collection de 54 modèles in vivo de cancers colorectaux. Porté par la PME Oncodesign, il a rassemblé 3 groupes pharmaceutiques et 10 équipes académiques.

    Le succès de ce projet a permis le développement d’IMODI, qui, autour du même porteur de projet, rassemble désormais 3 partenaires industriels supplémentaires et 12 nouveaux partenaires publics, avec pour objectif de faciliter la sélection de nouveaux traitements contre 9 pathologies cancéreuses. IMODI a reçu un financement de 13,4 millions d’€ dans le cadre de l’appel à projets « Projets de R&D structurants pour la compétitivité ».

    Je pourrais également citer les projets HECAM, autour du cancer du foie, FlexMIm, pour l’anatomo-cythopathologie, ou encore DexEos pour l’imagerie ostéo-articulaire.

    Comment se caractérise aujourd’hui la filière francilienne de la santé ? Quel avenir pour elle ?

    8% des emplois franciliens sont dans la santé. La concentration académique et hospitalière est exceptionnelle, et 50 % de la R&D en sciences du vivant a lieu en Ile-de-France.

    Pour autant, la compétition internationale est telle qu’il faut aller vite si nous souhaitons conserver cette excellence.

    Nous regrettons que la santé ne soit pas considérée comme un secteur stratégique au même titre que l’aéronautique, le transport ou la défense. Les entreprises de santé vont façonner l’indépendance stratégique et économique du pays.

    Quels sont les grands défis du pôle ces prochaines années ?

    Nous avons trois défis aujourd’hui :

    • continuer à accélérer la dynamique de projets ;
    • construire sur les passerelles technologiques et disciplinaires (physique, maths…) ;
    • développer de nouveaux champs technologiques dans les industries de santé.

    Le numérique est également un enjeu important pour nous. Il faut développer un numérique « hard », c’est-à-dire qu’il ne faut pas oublier la robotique, les capteurs, les marqueurs, etc.

    Dans cette perspective, Medicen a déjà connu quelques inflexions récentes :

    • un focus sur l’attractivité du territoire, qu’il s’agisse d’accompagnement des PME à l’export (out) ou d’attraction d’entreprises étrangères (in) ;
    • une attention particulière sur la formation, car il faut de plus en plus des moutons à 5 pattes ;
    • une rationalisation des lieux de développement des entreprises (incubateurs, pépinières…) en Ile-de-France.

    Le secteur de la santé est aujourd’hui bouleversé par de grandes innovations de rupture : va-t-on vers un système sans médecins ?

    Nous sommes déjà dans la médecine de demain. Comme l’a dit un des intervenants de cette journée, le numérique est l’électricité du siècle dernier : c’est un moyen et non une fin. Il ne remplacera pas les hommes du métier.

  • Start-up e-santé : concours d’entrepreneurs avec M Capital Partners le 12/10/2016 à Toulouse

    Le 12 Octobre 2016 aura lieu à Toulouse le Reverse Challenge. A cette occasion M Capital Partners lance un appel à candidatures national pour permettre à des fondateurs de start-ups e-santé de postuler, dans le cadre de ce concours d’entrepreneurs.

    La manifestation repose sur le principe de rassembler huit fondateurs de jeunes pousses innovantes sélectionnés sur dossier qui devront défendre dans un temps réduit leur activité, devant huit membres du jury d’experts et du public.

    CONTACT

    42 rue du Languedoc 31068 Toulouse

    05 34 32 09 65

    reverse-challenge@mcapitalpartners.fr

  • A Montpellier, un incubateur dédié aux start-up associant numérique et génétique

    La création d’un incubateur spécialisé dans la génétique et le numérique, à proximité du CHU de Montpellier, c’est ce qu’a annoncé Philippe Saurel, président de Montpellier Méditerranée Métropole, le 5 octobre 2016. Ce projet s’inscrit dans un nouveau programme baptisé « Montpellier Capital Santé », qui sera lancé à la mi-octobre 2016.

    « L’objectif est traiter la médecine du futur, orientée sur la thérapie cellulaire, la médecine régénérative… Cette médecine du futur, c’est l’un des quatre axes prioritaires du CHU », a précisé le président de la métropole est aussi président du conseil d’administration du CHU de Montpellier.

    Ce projet fait partie du programme « Montpellier Capital Santé », qui doit fédérer et stimuler l’écosystème local. Il sera concrètement lancé le 14 octobre 2016 par la métropole avec l’Etat, l’ARS et le CHU. Un « Conseil Santé » composé d’acteurs de la filière sera mis en place.

    Montpellier Méditerranée Métropole affirme avoir obtenu 7,1 millions d’euros de l’Etat pour « Montpellier Capital Santé » et annonce la signature d’un « pacte métropolitain d’innovation » avec l’Etat début 2017.