Europe

  • Alliamce, une plateforme d’accompagnement des patients hématologiques sous thérapie orale

    3 associations agissant dans le domaine des cancers hématologiques ont lancé le projet Alliamce (Accompagnement des patients atteints de lymphomes et leucémies traités par médication orale), une plateforme qui propose un accompagnement sur mesure aux patients atteints d’hémopathies et recevant un traitement par voie orale.

    Le projet consiste en un suivi téléphonique par un infirmier qui fait l’interface avec l’équipe de soins. Il s’étend sur les 6 premiers mois du traitement de chaque patient sous thérapie orale.

    Il a été initié par 2 associations de patients, France Lymphome Espoir et l’Association de soutien et d’information à la leucémie lymphoïde chronique et la maladie de Waldenström (Sillc), et un Fonds de dotation dédié à la recherche clinique en hématologie, Force Hémato.

    Alliamce est actuellement en phase d’expérimentation. L’inclusion des patients, sous Idelalisib, Ibrutinib ou Venetoclax, se réalisera jusqu’au 30 septembre 2019. Le dispositif est disponible dans les services d’hématologie d’une douzaine de centres hospitaliers du territoire : Amiens, Bayonne, Caen, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lille, Poitiers, Pontoise, Roubaix, Rouen, Toulon et Tours.

    La plateforme a été montée par Patientys, société spécialisée dans l’accompagnement de patients dans d’autres pathologies chroniques.

    Un difficile suivi des effets indésirables à domicile

    Le nombre croissant de médicaments oraux à disposition en onco-hématologie renforce la nécessité d’optimiser le suivi des patients traités en ambulatoire. Ils sont moins en contacts directs avec les équipes hospitalières ; un phénomène qui complique la gestion des effets indésirables et de l’observance.

    Les 3 associations ont identifié différents dispositifs de suivi de ces patients, lancés ces dernières années en France pour assurer ce virage ambulatoire. Ils reposent généralement sur un infirmier de coordination mais de nombreux services d’hématologie ne disposent pas des ressources nécessaires.

    Un suivi téléphonique

    La plateforme Alliamce propose un suivi téléphonique régulier par des infirmiers sur un rythme  individualisé en fonction du traitement et de sa toxicité pendant les 6 premiers mois du traitement de chaque patient sous thérapie orale. L’infirmier recueille des informations sur les effets indésirables, l’observance et la qualité de vie. Il assure ensuite le lien avec l’hématologue référent du patient et lui transmet régulièrement les données recueillies ainsi que les informations sur les risques nécessitant potentiellement une intervention.

    Leur mission est également d’apporter les information nécessaires au médecin traitant et au pharmacien du patient.

  • Journées e-santé 360 : accélérer l’usage du numérique en santé sur les territoires, 5-6/11/19, Paris

    Maincare Solutions organise les Journées e-santé 360 les 5 et 6 novembre 2019 à Paris. Centrée sur la thématique « objectif parcours 360 », ces 2 journées porteront sur l’accélération de l’usage du numérique en santé sur les territoires. 400 décideurs, pionniers et acteurs de la transformation numérique dans le secteur sont attendus.

    « Les grands plans nationaux de modernisation de notre système de santé, le volet numérique du plan Ma Santé 2022 en tête, font la part belle à l’ouverture et au décloisonnement des pratiques, commente l’entreprise organisatrice, précisant que l’édition 2019 de l’événement sera « l’occasion de donner la parole à tous les acteurs (Régions, groupements et établissements hospitaliers, professionnels de santé…) qui chaque jour œuvrent pour mettre le numérique au service d’une vision décloisonnée et globale des parcours patients« .

    La journée du 5 novembre sera consacrée à l’échange « avec celles et ceux qui sont mobilisés pour faire avancer l’usage du numérique en santé sur les territoires », indique Maincare, avec une matinée « GHT, région, prévention » au cours de laquelle seront présentés des retours d’expérience et un après-midi qui donnera « carte blanche au patient numérique ».

    La journée « solutions » du 6 novembre s’adresse plus particulièrement aux clients de Maincare.

    Les inscriptions sont à réaliser en remplissant un formulaire en ligne, accessible via ce lien pour la journée du 5 novembre, et via ce lien pour la journée du 6 novembre.

    Pré-programme du 5 novembre 2019

    Objectif : échanger avec celles et ceux qui sont mobilisés pour faire avancer l’usage du numérique en santé sur les territoires.

    • 09h00 : café d’accueil

    Les Jardins de Majorelle

    Matinée GHT, région, prévention : retours d’expérience

    Programme détaillé à venir.

    • 12h30 : cocktail déjeunatoire

    Les Jardins de Majorelle

    Après-midi « Carte blanche au patient numérique »

    Programme détaillé à venir.

    • 17h00 : cocktail de clôture

    Les Jardins de Majorelle

  • Asie : Singapour crée un consortium national sur les technologies de santé (HealthTEC)

    La National Research Foundation (NRF) de Singapour, un département relevant du cabinet du Premier ministre, crée un consortium national sur les technologie de santé (HealthTEC) afin d’aider les entreprises à transformer leurs résultats de recherche en produits et services à même d’améliorer la santé et le bien-être des citoyens.
    HealthTEC se concentrera sur les 2 domaines suivants pour développer des solutions :
    • le suivi et la collecte des données de santé (Health sensing technologies) ;
    • l’analyse des données de santé et l’intelligence artificielle (IA).

    Ce consortium sera dirigé par l’Institute for Health Innovation & Technology (iHealthtech) de l’université nationale de Singapour (NUS), indique la NRF dans un communiqué publié le 1er juillet 2019, ajoutant qu’elle réservera un financement de 1,5 million de dollar singapourien (environ 980 000 €) sur 3 ans pour soutenir les activités du consortium.

    HealthTEC associera à cet effort des entreprises de toutes tailles implantées à Singapour (start-ups, PME, grandes entreprises locales et multinationales). Les entreprises qui ont rejoint le consortium en tant que membres fondateurs de l’industrie comprennent Roceso Technologies, Tip Biosystems, ST Engineering et Ferrero Asia Pacific.
    HealthEC apportera du laboratoire au marché les résultats de R&D en mettant en commun l’expertise scientifique des chercheurs et les connaissances de l’industrie des entreprises.

    La NRF définit l’orientation nationale de la recherche, de l’innovation et des entreprises à Singapour.

    « Réunir les chercheurs et les entreprises afin de traduire la R&D en innovations susceptibles d’améliorer la santé des personnes »

    « Partout dans le monde, les technologies de santé de pointe changent notre façon de prévenir, de diagnostiquer et de surveiller les maladies, commente Lim Tuang Liang, directeur exécutif du bureau de la recherche, de l’innovation et des entreprises de NRF (communiqué). Le nouveau consortium pour les technologies de la santé s’appuie sur cette évolution pour réunir les chercheurs et les entreprises afin de traduire la R&D en innovations susceptibles d’améliorer la santé et le bien-être des personnes. Nous encourageons davantage d’entreprises à rejoindre le consortium pour tirer parti des dernières technologies et innovations afin de les aider à soutenir la concurrence dans ce secteur passionnant. »

    HealthTEC se concentrera sur la collecte et l’analyse des données

    Le développement de solutions de santé et de bien-être au sein du consortium sera centré sur 2 domaines :

    1. les « health sensing technologies », soit les innovations qui permettent de suivre et de collecter des données de santé

    Parmi ces technologies peuvent figurer :

    • des capteurs tactiles pour détecter la pression lorsque le patient est debout, en train de marcher ou en position assise ;
    • des technologies d’imagerie pour détecter la fatigue ;
    • des diagnostics moléculaires pour recueillir les signes vitaux des patients tels que la glycémie.

    2. l’analyse des données de santé et l’intelligence artificielle (IA)

    Le consortium envisage d’utiliser des technologies de modélisation prédictive et d’apprentissage automatique afin de donner du sens aux données collectées dans l’optique de suggérer des actions aux personnes pour qu’ils puissent améliorer leur état de santé et de bien-être.

    Il pourrait s’agir ,par exemple, de développer une application mobile fournissant aux utilisateurs des informations personnalisées sur la manière dont leur organisme (signes vitaux) change quand ils sont assis au travail ou quand ils pratiquent une activité physique et leur proposant des suggestions pour améliorer leur santé.

    Les chercheurs pourraient également utiliser un système d’analyse de données pour identifier les tendances en matière de santé et de bien-être au sein d’une population précise.

  • DMP : une carte d’accès nominative pour les collaborateurs des officines

    Une carte de personnel d’établissement (CPE) nominative et gratuite sera attribuée, en 2020, à chaque membre de l’équipe officinale habilité à délivrer des médicaments au comptoir pour permettre aux adjoints et aux préparateurs de consulter et d’approvisionner le dossier médical partagé (DMP). Cette décision a été actée mercredi 25 juin 2019 lors d’une réunion entre l’Assurance maladie, les syndicats de pharmaciens et les éditeurs de logiciels de gestion officinale. Il s’agit de permettre à ces personnels de consulter et d’enrichir directement les DMP mais aussi d’identifier les personnes qui les ouvrent et les consultent.

    « Nous avons demandé que cette évolution soit accélérée et que le délai entre l’ouverture du DMP et son abondement par l’un des collaborateurs soit raccourci », déclare Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officines (source : Quotidien du pharmacien). Philippe Besset, président de la  Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) souligne pour sa part que la solution trouvée « n’est que transitoire » car la loi santé prévoit d’accorder au titulaire le droit de « confier la responsabilité de l’accès au DMP à ses collaborateurs, sans carte, ni code ».

  • Innovation clinique : les HCL et Lyonbiopôle lancent un 3e AAP (deadline : 11/10/2019)

    Les Hospices civils de Lyon (HCL) et Lyonbiopôle donnent le coup d’envoi de leur troisième appel à projets (AAP) pour encourager la collaboration entre le monde hospitalier et les industriels. Lancé lors de la Journée « innovation clinique » organisé par le pôle de compétitivité le 27 juin 2019, cet AAP a pour objectif de rendre compétitifs et de soutenir financièrement (à hauteur de 100 000 euros) un ou deux projets hospitalo-industriels de développement d’une technologie de santé.
    Le dossier de candidature, téléchargeable via ce lien, est à remettre au plus tard le 11 octobre 2019.

    Le soutien apporté dans le cadre de cet appel vise à optimiser l’accès du produit à la commande publique ainsi que sa mise à disposition aux patients.

    Contact :
    • Hugo Veysseyre, chargé d’affaires PME et innovation clinique : hugo.veysseyre@lyonbiopole.com

    Objectifs

    • Rendre compétitifs et soutenir financièrement un ou deux projets hospitalo-industriels de développement d’une technologie de santé. « Ce soutien permettra d’optimiser l’accès du produit à la commande publique ainsi que sa mise à disposition aux patients », précise Lyonbiopôle sur son site web.

    En fonction des besoins du projet, évalués conjointement avec les porteurs, les HCL pourront mettre à disposition un soutien matériel et organisationnel :

    • conseil et accompagnement par le DRCI pour le montage d’études de recherche clinique ou médico économique ;
    • conseil et accompagnement de la direction des achats pour la commercialisation et l’étude de marché,
    • soutien financier des Hospices civils de Lyon (HCL) à hauteur de 100 000 euros au total pour l’ensemble de cet appel qui, en fonction de la contractualisation, pourrait notamment porter sur l’aide au financement des développements, à la réalisation des prototypes, à la réalisation d’une étude de recherche clinique ou médico-économique,
    • référencement national via le catalogue d’UniHA si la technologie est éprouvée, sous réserve d’une procédure de mise en concurrence ou de la possibilité, sur le fondement de dispositions spécifiques, pour UniHA de l’inscrire à son catalogue sans procédure de publicité et de mise en concurrence.

    Périmètre et éligibilité

    Typologie de projets ciblés et éligibles :

    • dispositif médical, incluant : biomatériaux, textile, dispositif médical implantable, diagnostic in vitro et objets connectés ;
    • à terme, le produit développé dans le cadre de ce projet doit viser le marquage CE médical ainsi qu’une commercialisation auprès des hôpitaux ;
    • les projets portant sur un médicament, un système d’information, un logiciel (incluant imagerie) ne seront pas éligibles à cet appel à projets.

    Consortium éligible

    • Une PME adhérente de Lyonbiopôle et un professionnel de santé des HCL (praticien ou paramédical) doivent a minima être les porteurs principaux du projet.

    Calendrier

    À l’issue de la date limite de dépôt des candidatures, une pré-sélection de dossiers sera effectuée. Seuls les candidats ayant été présélectionnés seront invités à présenter leur dossier lors d’une audition.

    • Date limite de dépôt des candidatures : 11/10/2019 ;
    • pré-sélection des candidatures par le comité : 12/11/2019 ;
    • audition des pré-sélectionnés par le comité de sélection : 03/12/2019.
  • Un patient « digne et détendu » via la chirurgie « J0 » et « debout » (Claire Daviron, Hospi Grand Ouest)

    « Nous parlons de « patient 3D », [c’est-à-dire d’un] « patient digne, debout et détendu » », explique à propos de la « chirurgie J0 » et de la « chirurgie patient debout » Claire Daviron, directrice des opérations et de l’innovation d’Hospi Grand Ouest, groupe hospitalier mutualiste implanté dans les Pays de la Loire et en Bretagne. Ces organisations sont plébiscitées par les patients et rendues possibles grâce à l’utilisation de solutions numériques, note la responsable.

    Interrogée par Health & Tech Intelligence, Claire Daviron décrit en détail ce projet d’Hospi Grand Ouest, qui réorganise le parcours des patients bénéficiant d’une prise en charge chirurgicale. Elle explique que cette initiative a été lancée après des visites organisées dans des hôpitaux du Danemark, où l’interopérabilité de tous les systèmes numériques de santé installés tant en ville que dans les établissements ont permis la mise en place d’organisations innovantes. En particulier, l’accueil du patient dans l’établissement le jour même de son intervention (« chirurgie J0 ») ainsi que son arrivée debout au bloc (« chirurgie patient debout ») se sont avérées des pratiques courantes dans ces établissements.

    Au retour de ces visites, la décision a été prise de mettre en place certaines des pratiques observées, notamment la chirurgie J0, dans un premier temps sur un site pilote (la clinique de la Sagesse à Rennes) puis au sein du groupe, indique Claire Daviron.
    Le projet a été financé par l’agence régionale de santé (ARS) de Bretagne, sélectionnée dans le cadre d’un appel à projet lancé en 2017 pour recenser des initiatives innovantes du point de vue de l’organisation des soins.

    L’arrivée debout au bloc : les patients enthousiastes mais une organisation à revoir

    Plus répandue et plus simple à organiser que la « chirurgie J0 » (accueil du patient le jour de son opération), l’arrivée debout du patient au bloc opératoire oblige toutefois à penser autrement. Si les patients sont unanimes pour valider cette pratique, les impacts sont multiples au niveau des professionnels des blocs, commente Claire Daviron.

    Introduire un regard extérieur dans un univers auparavant protégé implique de revoir les circulations des patients arrivant en marchant auprès du brancardier : éviter les vues sur les blocs ou de croiser les patients sortant de bloc. Le brancardier, debout auprès du patient, discute avec lui pendant son parcours depuis sa chambre ou son lieu d’arrivée. Le chirurgien et l’anesthésiste accueillent ainsi un patient autonome et éveillé.

    Cette organisation préserve la dignité du patient, note la directrice des opérations et de l’innovation d’Hospi Grand Ouest : une attention est portée à son habillage, il garde avec lui dentier, prothèses auditives, perruque… qu’il enlèvera au dernier moment.

    Le système d’information et les solutions de traçabilité sont les clés de la réussite de ce projet

    La réussite d’un tel projet repose donc sur la réorganisation et un suivi rigoureux des parcours et des flux : le système d’information et les solutions de traçabilité sont les clés, indique Claire Daviron. La réussite de cette organisation repose également sur l’aménagement des lieux, comme par exemple un petit espace dédié à l’entrée du bloc, sas ou salon, ou un lieu de stockage pour les solutions de transport des patients après la chirurgie.

    Chirurgie J0 : un SI interfacé avec la ville et les outils du patient pour une gestion en temps réel

    Le pas suivant est l’arrivée du patient dans l’établissement le jour même de son intervention (« chirurgie J0 »). Cette organisation nécessite la mise en place d’une Udac et d’un système d’information interfacé avec la ville et les outils du patient pour une traçabilité et une gestion optimale de ces flux temps réel, explique Claire Daviron.

    L’organisation de chirurgie J0 se fait au moment de la décision de l’intervention. Le patient reste décisionnaire du mode de sa prise en charge. Les critères d’exclusion ne sont pas fréquents : « Moins de 10 % des patients ne sont pas éligibles », précise la responsable.

    Parcours des patients : un jour de moins à l’hôpital

    Les patients réalisent leur consultation d’anesthésie ainsi qu’une consultation infirmière au sein de l’Udac une quinzaine de jours avant l’intervention. Cette consultation permet d’assurer l’amont de l’intervention (préparation, recommandations, suivi si nécessaire, questionnaires en ligne) ainsi que l’aval (en particulier l’organisation du suivi kinésithérapie et infirmier) et de familiariser le patient avec les lieux.

    Le matin de l’intervention, les patients arrivent à l’unité d’accueil chirurgical dans une salle d’attente dédiée à leur accueil. Ils y voient l’IDE et trouvent le vestiaire avec une tenue dédiée ainsi qu’une petite valise pour leurs effets personnels qui les suivra le long de leur parcours.

    L’attente se fait ensuite dans un petit salon puis ils partent à pieds au bloc. Une zone d’attente à l’entrée du bloc permet la gestion optimale de ce flux tendu. Après l’intervention, les patients récupèrent leurs effets personnels et peuvent soit rentrer chez eux, soit être hospitalisés dans un service qu’ils découvriront alors.

    Les patients restent un jour de moins à l’hôpital et sont moins stressés avant l’intervention, commente Claire Daviron.

    Pour mettre en place cette organisation, 2 axes majeurs sont à adresser :

    • la gestion des flux avec une optimisation nécessaire de l’utilisation des espaces ;
    • la gestion du parcours patient, avec la nécessité d’outils numériques de suivi du patient, en ville comme à l’hôpital.

    La gestion des flux doit être rigoureuse, pour que la prise en charge soit fluide d’un bout à l’autre, et que les interventions se déroulent sans accroc, note Claire Daviron. De plus, l’information donnée au patient et éventuellement aux accompagnants se doit d’être fiable (heure d’arrivée, déroulement).

    Un des challenges majeurs reste l’interopérabilité des systèmes d’information qui sont clés dans ces organisations, indique la responsable.

    Le service de coordination doit prendre en compte :

    • la régulation du bloc ;
    • la programmation centralisée des places au bloc et des lits dans l’établissement ;
    • les liens avec les parcours amont et aval, ce qui pose la question des interfaces entre DPI, DMP ou autres solutions utilisées par les patients ;
    • la traçabilité des patients pour un flux optimisé et temps réel.

    Premiers retours, un pilote en place

    La clinique de la Sagesse à Rennes est le site pilote en charge du POC (preuve du concept) : l’Udac existe, le projet est en phase de modélisation, avec un dimensionnement organisationnel en cours sur la gestion des flux et des parcours. L’évaluation est prévue pour la fin de l’été, annonce Claire Daviron.

    Si, pour les professionnels, ces organisations impliquent des changements culturels importants, les premiers retours des patients traduisent leur satisfaction.

    « Ainsi, nous attendons le retour de l’évaluation avec impatience, l’objectif étant un déploiement de cette organisation au niveau du groupe pour que tout patient puisse bénéficier de ces prises en charges », conclut la directrice des opérations et de l’innovation d’Hospi Grand Ouest.

  • L’Atih lance un AO pour une étude sur l’évolution du modèle de financement des établissements d’HAD

    L’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (Atih) lance un appel d’offres (AO) pour la réalisation d’une étude sur l’évolution du modèles de financement des établissements d’hospitalisation à domicile (HAD).

    Cet AO s’inscrit dans le cadre de la réforme du financement de l’HAD et a pour objet l’étude de l’architecture future du modèle de financement (intégrant des volets méthodes et outils) avec l’élaboration d’une gestion de projet.

    La prestation attendue se compose de 2 volets:
    • établir la cohérence d’ensemble du modèle ainsi que ses caractéristiques (compartiments de financement) en réponse aux limites et aux besoins ;
    • apporter une méthodologie de conduite de projet pour la mise en œuvre d’un nouveau modèle de financement de l’HAD en 2021/2022.

    Le prestataire devra pouvoir s’appuyer sur une expérience en recherche bibliographie sur le secteur médico-économique, sur l’analyse médico-économique des organisations sanitaires et sur l’analyse de données. L’étude nécessitera également une expertise en modèles économiques. Enfin, les liens avec les acteurs et la connaissance médicale de l’activité HAD est indispensable.

    La mission est estimée à titre prévisionnel entre 6 et 9 mois et la date limite de la remise des offres est le 20 août 2019.

    Contexte de l’appel d’offres 

    La réforme du financement de l’HAD s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation du système de santé et prend en compte les travaux sur l’évolution de la tarification hospitalière menés par la taskforce « réforme du financement du système de santé » dirigée par Jean-Marc Aubert.

    Le modèle de financement actuel fondé sur une tarification à l’activité est remis en question par un certain nombre d’acteurs qui s’accordent sur le constat, partagé par les différents rapports (Igas, Cour des comptes, Mecss, mission d’Olivier Véran) qu’il est mal adapté pour rendre compte des évolutions des prises en charge et pour le pilotage de politiques publiques :

    Sont mis en avant :

    • le caractère peu descriptif du modèle, qui ne reflète pas la diversité des situations cliniques et ne met pas en avant la capacité de l’HAD à prendre en charge des pathologies lourdes ;
    • les difficultés dans l’appréhension de la dépendance, avec l’utilisation d’indice de mesure de la dépendance (indice de Karnofsky) mal adapté ;
    • une dégressivité des tarifs dans le temps non cohérente ;
    • la rémunération des médecins traitants et des professionnels libéraux, considérée comme non attractive compte tenu de la spécificité de la prise en charge (temps passé, visite à domicile, etc.) ;
    • un modèle tarifaire de l’HAD éloigné du MCO ou du SSR, qui n’aide pas à développer l’activité de l’HAD et fluidifier les parcours de soins ;
    • la non prise en compte de la fonction d’évaluation et d’orientation réalisée avant toute admission d’un patient, afin de vérifier que celle-ci répond au périmètre de l’HAD et qu’elle est réalisable.

    La réforme du modèle est en cours et est pilotée par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).

    La réforme du modèle comporte 2 aspects :

    • D’une part, la description de l’activité effectuée en HAD, grâce à une classification médico-économique, travail mené par l’Atih depuis 2016 ;
    • D’autre part, la réflexion sur son modèle de financement : débutée en septembre 2017, en lien avec les acteurs et en articulation avec la taskforce sur la réforme du financement du système de santé, cette réflexion a permis de mettre en évidence les grands objectifs suivants :
      • faire évoluer le modèle HAD en cohérence avec la STSS ;
      • favoriser le développement pertinent de l’HAD ;
      • permettre le financement adapté de prises en charge diverses dans leur nature par un modèle simple et lisible ;
      • permettre la diversification des prises en charge et l’adaptation aux évolutions techniques et médicales ;
      • prendre en compte les caractéristiques des territoires ;
      • définir un modèle commun au secteur privé et public ;
      • mettre le modèle en cohérence avec les modèles sur les autres champs pour favoriser la fluidité des parcours.

    Des premières réflexions ont été engagées sur l’architecture du futur modèle, sous forme de questionnements et de pistes possibles à ce stade :

    Le modèle cible de financement devra être stabilisé dans ses grands principes mi-2020 pour être inscrit dans le PLFSS 2021, puis mis en œuvre à compter de 2022.

    Description de la mission

    La mission va consister à :

    • Établir la cohérence d’ensemble du modèle ainsi que ses caractéristiques (compartiments de financement) en réponse aux limites et aux besoins

    Le nouveau modèle de financement de l’HAD devra prévoir une diversification des modalités de financement (financement à l’activité combiné à des modalités de financement plus forfaitaires).

    •  Mettre en place une méthodologie de conduite de projet pour la mise en œuvre d’un nouveau modèle de financement de l’HAD en 2021/2022

    La réforme du modèle de financement comporte différents volets, notamment l’élaboration d’une classification médico-économique, la construction de l’architecture du modèle, la modélisation et la construction de la tarification, l’évolution des systèmes d’information et de facturation.

    Le prestataire devra prendre en compte les contraintes réglementaires et la procédure parlementaire. La prestation a pour objet d’identifier les différentes phases, de prévoir leur articulation et la dépendance entre les différents volets, d’élaborer le calendrier de réalisation et d’identifier les jalons intermédiaires.

    Contacts et informations complémentaires

    Pour obtenir tous les renseignements complémentaires qui leur seraient nécessaires pour élaborer leur proposition, les candidats devront faire parvenir leur demande écrite :

    • soit directement sur la plateforme des achats de l’Etat (Place) : www.marches-publics.gouv.fr ;
    • soit par télécopie : 04 37 91 33 67 ;
    • soit par messagerie électronique adressée à : marchespublics@atih.sante.fr ;
    • le site internet de la consultation et du dépôt des offres est le suivant : www.marchespublics.gouv.fr.
  • L’Anap pointe les freins au déploiement du DMP dans les établissements sanitaires (rapport)

    « Expliquer les freins qui ont été à l’origine du très faible déploiement du DMP dans les établissements sanitaires. » C’est l’objectif du rapport mis en ligne par l’Anap le 7 juin 2019 sous le titre « Le DMP en établissement de santé : retours d’expérience ». Il présente aux directeurs d’établissement et aux présidents de commissions médicales d’établissements (CME) les enseignements tirés de 5 expériences d’usage du DMP en établissement.

    « Le projet DMP doit être institutionnel et porté par la direction de l’établissement et la présidence de la CME », estime l’Anap. L’agence souligne l’importance des coûts d’un projet DMP, comprenant les équivalent temps plein (ETP) affectés au projet d’introduction, l’achat de compléments logiciels, la mise en œuvre de la « DMP compatibilité » dans le logiciel patient de l’établissement ainsi que les « coûts récurrents »  liés aux opérations de création des DMP, de surveillance du bon fonctionnement du logiciel et de supervision des flux. « Aucun retour sur investissement n’a été identifié pour les établissements », relèvent les auteurs du document, citant un directeur pour qui « sans aucune incitation financière », l’introduction du DMP ne peut être pour les directions qu’«une démarche militante ». 

    « L’accompagnement auprès des professionnels et des établissements a décoincé le système »,  témoigne Nathalie Grabherr, chef de projet de l’Assurance maladie du département Indre-et-Loire. Elle pointe le poids de la procrastination dans le retard d’introduction du DMP : « Au départ, tout le monde s’attendait. On n’alimente pas car il n’y a pas de création, on ne consulte pas car il n’y a pas assez d’alimentation… » Elle affirme avoir convaincu les décideurs hospitaliers grâce à « des présentations aux commissions paritaires et aux conseils de l’ordre » réalisées dès fin 2016 et lors de la Commission de coordination des politiques publiques de santé organisée par l’ARS.

  • Analyse du sommeil : Dreem lance un appel à projets à destination des chercheurs en médecine

    La société française Dreem donne le coup d’envoi d’un appel à projet (AAP) à destination des chercheurs en médecine du sommeil. Cet AAP, annoncé le 25 juin 2019, a été lancé à l’occasion du SLEEP 2019, le 33e congrès annuel de l’APSS (Associated Professional Sleep Societies) organisé du 7 au 11 juin à San Antonio au Texas. Il fait suite à la présentation des résultats de l’étude clinique Octave Irba sur l’efficacité du bandeau Dreem 2 pour le suivi du sommeil.  

    L’appel est ouvert aux professeurs à temps plein (ou titulaires d’un statut équivalent) d’institutions publiques ou privées, universités, hôpitaux ou laboratoires. Les projets candidats doivent inclure une évaluation du sommeil avec le bandeau Dreem. Les 3 programmes sélectionnés par le board scientifique de Dreem bénéficieront de « 20 à 100 bandeaux » pour mener à bien leurs investigations.

    Les lauréats seront annoncés lors du Congrès mondial du sommeil à Vancouver au Canada, le 21 septembre 2019. 

    « Notre solution permet aux scientifiques et aux médecins de mieux comprendre l’impact du sommeil sur un large éventail de conditions, couvrant la santé mentale et le bien-être physique, grâce à des études à faible coût menées sur une large population», souligne Hugo Mercier, P.-D.G. et co-fondateur de Dreem.

  • FASN Parcours : « Il faut une co-construction et une co-évaluation des solutions » (G. Raymond, FAS)

    « Je pense que les mesures énoncées [dans le cadre de la feuille de route du numérique en santé] sont très positives, à condition qu’elles se traduisent par une co-construction et une co-évaluation des solutions« , estime Gérard Raymond, nouveau président de France Assos Santé.

    L’ancien vice-président en charge des relations publiques et institutionnelles au sein de la Fédération française des diabétiques (FFD) est intervenu le 27 juin 2019 à la table ronde « usages numériques : comment accélérer l’adoption ? », qui s’est tenu dans le cadre de l’événement FASN Parcours innovants, organisée par la société Care Insight à Paris.

    Interrogé par Health & Tech Intelligence à l’issue de cette journée et du premier Conseil du numérique en santé, Gérard Raymond observe une réelle appétence de la part des patients, notamment ceux atteints de diabète, pour les outils numériques à même d’améliorer leur qualité de vie mais note que les nombreuses solutions existantes ne répondent souvent pas aux attentes et aux besoins des usagers puisqu’elles sont pensées sans les consulter en amont. « L’idéal serait que les industriels viennent voir les patients non pas avec un produit déjà finalisé mais avec une feuille blanche pour que l’on travaille ensemble », indique-t-il. Gérard Raymond insiste par ailleurs sur l’importance d’un cadrage en matière de sécurité des données. « Il est important, comme le défendent Dominique Pon et Laura Létourneau, que ce soit l’État, le législateur, qui arbitre le tout, qui édite la règle du jeu et qui vérifie que tous les acteurs la respectent », explique-t-il.

    De manière plus générale, il est par ailleurs nécessaire selon lui de penser le système de santé en prenant à la fois en considération l’intérêt des patients mais aussi celui des professionnels de santé, estimant que si les soignants ne travaillent pas dans de bonnes conditions, ils n’offriront pas des soins de bonne qualité. « Tout le monde sera gagnant ou tout le monde sera perdant », commente-t-il.

    « Une grande partie des solutions proposées ne répond pas aux attentes des patients en termes d’usage »

    Vous avez été élu à la mi-juin président de France Assos Santé. Quel est votre état d’esprit quelques jours après cette nomination ?

    J’ai candidaté parce que je pense que l’on vit un moment extrêmement important dans l’évolution démocratique du système de santé. J’ai la prétention, comme d’autres, d’avoir des positions et des propositions d’actions pour faire en sorte que l’on évolue sur une valeur d’esprit collectif. Il faut inclure le patient non pas dans le cadre d’une émancipation individuelle mais collective. Nous ne parviendrons pas à réaliser cette transformation du système sans la participation des associations agréées du système de santé, qui portent la communauté. L’idée n’est pas de parvenir à une démocratie directe mais représentative.

    Allez-vous conserver votre titre de vice-président en charge des relations publiques et institutionnelles au sein de la Fédération française des diabétiques, au sein de laquelle vous œuvrer depuis 2006 ?

    Non, je ne peux pas me concentrer sur les deux organisations. Je ne représente plus officiellement la fédération mais je vais rester un membre actif.

    Constatez-vous un réel engouement de la part des patients en termes d’utilisation des solutions numériques, notamment de la part de ceux souffrant de maladies chroniques ?

    Dans le cadre des patients souffrant de diabète de type 1, on touche une population très ciblée, jeune notamment, qui est friande d’outils numériques, de DM, de solutions d’aide à la décision pour améliorer leur qualité de vie.

    Quels sont les principaux freins que vous observez à cette adoption ?

    Il y a une demande mais ce que nous constatons c’est qu’une grande partie des solutions proposées ne répond pas aux attentes des patients en termes d’usage. Il y a des ingénieurs et des industriels qui travaillent sur des outils mais qui expliquent qu’ils n’ont pas testé leur produit auprès des patient, si bien que l’on se retrouve souvent avec une application qui semble très intéressante mais que les patients ne parviennent pas à s’accaparer.

    C’est là toute la différence entre une invention et une innovation, une innovation étant une invention qui trouve son public.

    « Le Freestyle Libre est l’archétype même d’une innovation réussie »

    Il y a tout de même quelques solutions qui fonctionnent, comme le Freestyle Libre (Abbott), qui rencontre un vrai succès.

    Le Freestyle Libre est l’archétype même d’une innovation réussie, d’une réponse à une attente des patients. Si le dispositif a été remboursé c’est parce que ce sont les patients qui ont porté le dossier, c’est parce que nous voulions cet outil et que nous le voulions maintenant. J’ai passé des heures et des heures sur le sujet avec les différents instances officielles pour parvenir à ce remboursement.

    L’idéal serait que les industriels viennent voir les patients non pas avec un produit finalisé mais avec une feuille blanche pour que l’on travaille ensemble. C’est dans ce sens-là qu’il faut aller. Le risque c’est que les acteurs aillent chercher des patients de manière individuelle et non par le biais d’associations agréées. Il faut inclure dans le processus les organismes qui ont une vision collective pour progresser.

    Comment rassurer les patients vis-à-vis de l’utilisation de leurs données de santé ?

    La soi-disant crainte du partage des données est un vrai faux problème. Aujourd’hui, les jeunes échangent tout un tas de données sur les réseaux sociaux de manière parfois irresponsables. L’idée, dans le projet porté par le gouvernement, c’est d’être dans une réflexion collective pour bien cadrer la sécurité des données de santé. Toutes les données peuvent être hackées, il faut être clair sur ce point. C’est pour ça qu’il est important, comme le défendent Dominique Pon et Laura Létourneau, que ce soit l’État, le législateur, qui arbitre le tout, qui édite la règle du jeu et qui vérifie que tous les acteurs la respectent.

    « Je veux contraindre les industriels résistants à partager leurs données »

    Vous venez de participer au premier Conseil du numérique en santé, animé par Dominique Pon et Laura Létourneau, en charge de la transformation numérique en santé. Que pensez-vous des mesures présentées dans le cadre de la feuille de la route dévoilée en avril ?

    Je pense qu’elles sont très positives, à condition qu’elles se traduisent par une co-construction et une co-évaluation des solutions. Nous devons être coercitifs. Nous avons par exemple porté le dossier du DMP pour qu’il soit généralisé. Nous devons également être coercitifs en ce qui concerne l’interopérabilité de l’ensemble des données de santé. Je veux contraindre les industriels qui sont encore résistants à partager leurs données. Tant que cela ne sera pas fait, je continuerai à me battre.

    Votre souhait est donc d’aboutir à un système de santé fondé sur la collaboration entre les acteurs.

    J’entends souvent qu’il faut un système de santé au sein duquel le patient doit être au cœur. C’est faux ! Si les professionnels ne sont pas bien, ne travaillent pas dans de bonnes conditions, ils ne soigneront pas bien. Il faut que le système soit bénéfique pour les soignants, pour les soignés et pour l’ensemble du système. Tout le monde sera gagnant ou tout le monde sera perdant. Il faut un modèle coopératif pour que chaque acteur trouve son intérêt.

    Les CPTS, par exemple, sont un vrai sujet médical fondé sur des attentes et des besoins des acteurs. Il faut que les patients soient associés au projet, non pas sur le plan de la gouvernance mais sur le plan du contenu du projet médical.

    Dans le cadre du chantier du numérique en santé, j’ai la crainte que l’on fasse de l’administratif pour faire de l’administratif, qu’on se retrouve à distribuer un euro à droite et un euro à gauche sans construire un vrai système.