Etablissements

  • HAS : avis favorable pour le remboursement de la prostatectomie totale robot-assistée

    • Evaluer la chirurgie robot-assistée
    • Mettre en oeuvre les adaptations organisationnelles impératives conséquentes,

    tels sont les éléments essentiels de l’avis émis par la HAS le 22 décembre 2016 via un communiqué de presse quant au remboursement de la prostatectomie totale robot-assistée.

    Évaluation de la chirurgie robot-assistée

    Selon la HAS, le nombre annuel estimé de prostatectomies totales s’élève en France à près de 20 000, c’est un traitement de référence dans certains cancers de la prostate pour lesquels l’ablation totale est réalisée soit par chirurgie ouverte, soit par laparoscopie, conventionnelle ou robot-assistée.

    La prostatectomie totale robot-assistée, réalisée par laparoscopie (ou cœlioscopie), a enregistré un essor considérable ces dernières années : en France, le nombre d’établissements de santé équipés en robot chirurgical est passé de 39 en 2011 à 84 en 2015. Et ce seraient près de 40 % des prostatectomies totales qui auraient été réalisées avec cette technique en 2015.

    La HAS considère que la chirurgie robot-assistée peut représenter une des modalités possibles de prostatectomie totale lors du traitement d’un cancer de la prostate localisé, mais sans valeur ajoutée démontrée par rapport aux autres techniques. Elle a formulé en ce sens un avis favorable à son remboursement. Elle a néanmoins jugé que l’amélioration du service attendu de cet acte était mineure comparativement à la prostatectomie totale par chirurgie ouverte et absente comparativement à la prostatectomie totale par laparoscopie conventionnelle.

    Des adaptations organisationnelles impératives

    L’introduction de cette opération robot-assistée au sein des établissements de santé implique diverses contraintes organisationnelles :

    • Gestion des risques,
    • Gestion des instruments chirurgicaux,
    • Agencement du bloc opératoire,
    • Formation de l’ensemble de l’équipe concernée par sa mise en œuvre.

    Conditions et préconisations énoncées par la HAS

    • Réalisation par des équipes formées
    • Dans des établissements de santé ayant mis en place des procédures dédiées à cette modalité chirurgicale avec un système d’assurance qualité.
    • Standardisation impérative des processus organisationnels :
      • Traitement et gestion des instruments chirurgicaux,
      • Circuit de stérilisation,
      • Planification du bloc opératoire,
      • Protocole de prise en charge en cas d’urgence cardiorespiratoire.

    Recommandations

    • Normer le contenu des formations initiale & continue de l’ensemble des professionnels impliqués dans le processus de la prostatectomie totale robot-assistée,
    • Engager une réflexion sur la composition de l’équipe chirurgicale.
  • Un plan de la Commission européenne pour innover en santé et dans les soins en Europe

    Innover dans la santé et dans les soins en Europe, tel est l’objet du plan de la Commission européenne publié le 16 décembre 2016, finalisé lors du sommet européen sur l’innovation pour un vieillissement actif et en bonne santé qui s’est déroulé du 5 au 8 décembre 2016 à Bruxelles.

    « Comment pouvons-nous innover en santé dans une société en plein vieillissement ? » C’est en réponse à cette question posée par le commissaire européen Günther Oettinger en 2015, que les législateurs, des membres de la société civile, des professionnels et des industriels ont élaboré ce plan qui comprend une liste d’actions s’étalant jusqu’en 2018.

    Innover pour la santé et la silver économie

    Le Blueprint a été initié en décembre 2015 lors de la 4e conférence du partenariat européen sur l’innovation pour un vieillissement actif et en bonne santé (EIP on AHA). Le commissaire européen sur l’économie digitale et la société, Günther Oettinger avait souligné comment l’innovation digitale, permise par un marché unique du numérique, pouvait transformer les changements démographiques en opportunité pour l’économie et la société en Europe et contribuer à la Silver économie européenne.

    Les actions attendues

    Année 1 – 2016

    • Adopter un « Plan directeur » – une vision stratégique sur la façon dont l’innovation numérique peut transformer la prestation de soins de santé et de services sociaux avec le vieillissement de la société européenne.
    • Mettre en place un référentiel d’infrastructures de pratiques et de lignes directrices éprouvées en matière d’innovation avec des preuves solides d’impact sur la qualité de vie, la durabilité des systèmes de santé et la croissance économique / compétitivité de l’industrie européenne.
    • Établir une cartographie régionale européenne des zones « à la demande » et des engagements d’investissement des autorités publiques et privées (engagements d’investissement pour la période 2016-2020). Inclure un aperçu des opportunités des Fonds structurels .
    • La PCHA et l’IHE renouvelleront leur accord de liaison pour assurer la coordination de l’élaboration de normes et de profils pour la santé connexe, la compatibilité des outils d’essai et l’évaluation de la conformité, éviter les doubles emplois et mettre en place des séances d’information et d’éducation pour les publics concernés et intéressés.

    Année 2 – 2017

    • Identifier les cas d’utilisation «5-10» basés sur les domaines prioritaires d’intervention «High Socio Economic Return» et sur la carte des zones de demande et des engagements d’investissement. L’identification des 5 à 10 cas d’utilisation et la Feuille de route pour la mise en œuvre devraient être complétées par des efforts visant à comparer les priorités, les perspectives, les circonstances locales et les solutions technologiques par rapport aux composantes les plus pertinentes des modèles de soins novateurs adoptés dans les cas d’utilisation.
    • Créer une feuille de route du programme de remaniement pour les cas d’utilisation identifiés. La feuille de route tirera les enseignements des expériences en cours et passées de la mise en œuvre de solutions numériques et fournira une feuille de route fondée sur des données probantes pour la mise en œuvre. Il vise à développer la volonté politique et les capacités de leadership futures et à gérer les investissements dans la chaîne de valeur de la santé et l’innovation en santé numérique pour soutenir la mise en œuvre intégrée des soins.
    • Établir un rapport d’orientation sur une mise en œuvre harmonisée du nouveau cadre législatif de protection des données de l’UE à travers l’Europe – et comment il s’applique au thème particulier de la santé et des soins numériques.
    • La PCHA présentera le manuel de l’adoption de Continua [titre provisoire] avec un ensemble d’études de cas sur la manière dont les décideurs des États membres et des régions de l’Europe font progresser l’adoption de normes et de produits interopérables.
    • Définir un cadre d’interopérabilité technique et sémantique pour la santé pour un déploiement efficace des solutions et services numériques de santé et de soins en Europe. Le cadre devrait fournir un bon niveau de certitude, inclure un ensemble de profils IHE et Continua, devrait se concentrer sur les niveaux sémantique et technique et promouvoir les normes et profils internationaux.
    • Entreprendre une «analyse des écarts» en comparant et en contrastant les 12 domaines du modèle de maturité SCIROCCO et en les faisant correspondre avec les moteurs et les actions prévus du plan directeur.
    • La PCHA et l’IHE renouvelleront leur accord de liaison pour assurer la coordination de l’élaboration de normes et de profils pour la santé connexe, la compatibilité des outils d’essai et l’évaluation de la conformité, éviter les doubles emplois et mettre en place des séances d’information et d’éducation pour les publics concernés et intéressés.
    • Organiser un sommet d’adoption de l’interopérabilité Blueprint avec le IHE-European Connectathon à Venise pour organiser les actions de soutien nécessaires, en particulier dans le domaine des tests, des outils de test et de l’évaluation de la conformité.
    • La nouvelle Académie PCHAlliance pour un vieillissement en bonne santé mettra en place une plateforme d’apprentissage novatrice en ligne pour mettre en évidence la capacité sociale et technologique de la «connectivité» pour promouvoir la santé.

    Année 3 – 2018

    • Adoption d’un «cadre d’évaluation d’impact» reconnu (MAFEIP) pour l’innovation numérique dans la santé et les soins. (Responsable: EIP sur AHA et Commission Européenne)
    • Élaboration d’un cadre européen commun de compétences numériques reconnues pour toutes les personnes impliquées dans la chaîne d’approvisionnement (y compris les professionnels de la santé et des services sociaux ainsi que les personnes qui s’occupent des enfants).
    • Rapport sur les normes et l’interopérabilité à l’appui de l’intégration des maisons intelligentes avec les infrastructures et services nationaux et régionaux en matière de cybersanté.
    • Mettre à disposition des normes d’interopérabilité ouvertes, globales et axées sur l’industrie pour la santé personnelle connectée, qui combinent les Directives de conception Continua pour l’interopérabilité des dispositifs avec la norme HHL (Fast Healthcare Interoperability Resources) pour l’échange d’informations sanitaires.
    • Mettre à disposition un système européen d’évaluation de la conformité en matière de cybersanté (EURO-CAS), un modèle pour les systèmes de santé européens afin d’évaluer les produits et solutions eHealth quant à leur conformité aux normes internationales.
    • Contribuer au développement et aux essais de solutions innovantes qui ciblent certains scénarios de cas d’utilisation, exploitant potentiellement les plates-formes de services existantes.

    Les organisations participantes

    • European Innovation Partnership on Active and Healthy Ageing (EIP on AHA)
    • Reference Sites Collaborative Network of the EIP on AHA
    • European Coordination Committee of the Radiological, Electromedical and Healthcare IT Industry (COCIR)
    • European Health Telematics Association (EHTEL)
    • Personal Connected Health Alliance (PCHA)
    • Integrating the Healthcare Entreprise (IHE)
    • European Connected Health Alliance (ECHAlliance)
    • EUROCARERS – European Association Working for Carers
    • AGFA HealthCare
    • Alliance for Internet of Things Innovation (AIOTI)
    • Orange HealthCare
    • Philips
    • Tunstall Healthcare
  • Université d’été de la performance en santé les 8 et 9 septembre 2017 à Rennes (Anap)

    La 7e édition de l’Université d’été de la performance en santé organisée par l’Anap, « Comment innover pour adapter nos organisations aux enjeux de santé de demain », aura lieu à Rennes les 8 et 9 septembre 2017.

    Cet événement se veut interactif et contributif autour du thème de la performance en santé et a pour objectif d’instaurer un débat, de mener une réflexion sur le concept de performance et d’en construire une vision prospective dans le domaine de la santé.

    Médecins, soignants, gestionnaires, usagers, associations, ARS, administrations centrales, écoles et universités sont réunis pour participer à ces échanges entre experts.

    Vous pouvez consulter l’appel à communication via le lien ci-dessous :
    Performance en santé – appel à communications

  • Big data : dix recommandations stratégiques pour renforcer les systèmes de santé (étude de l’UE)

    Le recours au big data dans le secteur de la santé pourrait notamment améliorer la pharmacovigilance et renforcer les systèmes de santé grâce à l’analyse d’importants volumes de données, c’est ce que montre une étude de la Commission européenne publiée le 16 décembre 2016.

    La Commission européenne présente des cas d’usages et formule 10 recommandations stratégiques afin de renforcer les systèmes de santé.

    Le rapport estime que l’exploration et l’interprétation de volumes importants de données permet d’ »améliorer la pharmacovigilance et la sécurité des patients, grâce à la capacité de prendre des décisions médicales plus éclairées fondées sur des informations directement transmises aux patients ».

    L’étude intiltulée « big data dans le domaine de la santé publique, de la télémédecine et des soins médicaux » a été commandée par la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne et par l’Agence exécutive pour les consommateurs, la santé et l’alimentation (Consumers, Health and Food Exectucive Agency, CHAFEA).

    Les dix recommandations stratégiques de l’étude

    Les dix priorités essentielles dans la mise en relation entre les big data et les pratiques exercées dans la santé publique

    • Développer et mettre en œuvre une stratégie de communication pour sensibiliser à la valeur ajoutée du big data de la santé et promouvoir une image positive du big data de la santé.
    • Renforcer le capital humain par rapport au besoin croissant d’une main d’œuvre qui peut tirer profit du potentiel du big data de la santé.
    • Développer et diversifier les sources existantes de big data de la santé et en découvrir de nouvelles, garantir leur qualité et assurer leur protection.
    • Promouvoir l’accès libre et le partage des big data sans compromettre le droit des patients à la protection de leur vie privée et à la confidentialité
    • Appliquer de manière ciblée les résultats des analyses de big data en se basant sur les besoins et les intérêts des parties prenantes, y compris les patients.
    • Identifier les potentiels de l’analyse des big data, améliorer les méthodes d’analyse et promouvoir l’utilisation de méthodes novatrices.
    • Mettre en œuvre des mécanismes de gouvernance qui assurent un accès et une utilisation équitable et en toute sécurité des big data pour la recherche médicale
    • Développer de normes techniques pour le big data de la santé afin de simplifier leur application et améliorer leur interopérabilité.
    • Assurer un investissement réfléchi guidé par la Commission européenne afin de garantir rentabilité et durabilité.
    • Clarifier et aligner les réglementations existantes des big data de la santé concernant la protection de la vie privée.

    Les dix exemples d’utilisation du big data en santé

  • GHT : 16 groupements accompagnés dans leurs plans d’actions achat en 2017

    La DGOS accompagnera 16 GHT sur les plans d’actions achat (PAA) en 2017, a indiqué un responsable du programme PHARE (Performance hospitalière pour des achats responsables) lors des journées du Réseau des acheteurs hospitaliers (Resah) le 9 décembre 2016.

    Un appel à candidatures sera lancé en janvier 2017 pour sélectionner 9 premiers GHT. Les 7 autres seront choisis et accompagnés sur le deuxième semestre de 2017.

    En 2016, ce sont 14 GHT qui ont été accompagnés par le Resah sur demande de la DGOS. Les premiers retours d’expérience ont permis d’identifier les facteurs clés de succès pour la mise en place d’un PAAT (plan d’action achat territorial):
    • La nomination d’une équipe et d’un chef projet
    • Un travail inter-établissements
    • Une adhésion de l’ensemble des établissements à la démarche
    • La mobilisation du contrôle de gestion pour l’ensemble du GHT
    • La communication sur la démarche
    • Le respect du calendrier initial.

    Elaboration d’un PAAT: les 9 étapes à suivre

    Une méthodologie pour élaborer des PAAT a été publiée en septembre 2016 par la DGOS. Parmi les objectifs, il a été mis en avant la nécessité d’identifier les actions achat concrètes permettant de générer 2 à 3% de gains sur le périmètre d’achat d’un GHT.

    Les neuf étapes de la méthodologie:

    • Mettre en place des modalités de pilotage du projet
    • Réaliser un état des lieux des fonctions achat
    • Elaborer des cartographies sur les acteurs clés de la fonction achat, les dépenses globales, les panels fournisseurs et les portefeuilles produits et les marchés en cours
    • Réfléchir à une stratégie d’achat
    • Chiffrer les pistes d’amélioration
    • Prioriser les projets
    • Arbitrer et planifier les actions
    • Mettre en oeuvre les actions
    • Etablir le bilan annuel du projet
  • Didier Jaffre directeur de l’offre de soins de l’ARS Ile-de-France

    Directeur de l’organisation des soins de l’ARS de Bourgogne, puis de l’ARS Bourgogne Franche-Comté, depuis 2014, Didier Jaffre rejoindra le 2 janvier 2017 l’ARS Ile-de-France au poste de directeur de l’offre de soins.

    Docteur ès-sciences économiques, Didier Jaffre, 43 ans, a effectué l’essentiel de sa carrière à l’agence régionale d’hospitalisation (ARH) de Bourgogne, d’abord en qualité de chargé de mission aux affaires générales (1998-2001), puis de secrétaire général, entre 2001 et 2010.

    À cette date, Didier Jaffre a rejoint l’ARS de Bourgogne, où il est successivement directeur de l’offre de soins et de l’autonomie, de 2010 à 2014, puis directeur de l’organisation des soins, jusqu’en janvier dernier.

    Il a été confirmé aux mêmes fonctions au sein de la nouvelle agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté en janvier 2016.

  • La révolution organisationnelle : « Organisation des soins, tout décloisonner ? » (PharmaCité 2016)

    « Organisation des soins, tout décloisonner ? », tel était le thème de la table ronde axée sur la révolution organisationnelle organisée lors de la 2è édition de PharmaCité à laquelle HTI a assisté le 13 décembre 2016.

    Ci-dessous le verbatim de Carole Avril, Elisabeth Hubert, Christian Schmidt de la Brélie et Jean-Pierre Robelet, invités à débattre par Guy Vallancien.

    Carole Avril : « La prévention est souvent une fausse bonne idée »

    • « On a besoin des associations de patients pour être partie prenante à tous les niveaux : dès la conception, pendant le développement, l’évaluation, et l’innovation ».
    • « La prévention est souvent une fausse bonne idée : le coût engendré par la prévention est plus important que ce qu’on en retire. »
    • « Il faudrait alléger les contraintes, répondre à de petites choses non résolues comme servir un repas appétissant face à une pathologie en lien avec l’alimentation par exemple, on n’en parle pas or cela pourrait révolutionner la vie des patients. »
    • « Il faudrait un hôpital non obsolète quand on l’ouvrira, on oublie les parties prenantes, donc lors de l’ouverture l’hôpital a déjà été aménagé. »
    • « On crée du stress pour le patient, or il pourrait être autonome et acteur, ne pas juste recevoir les informations, il est capable de comprendre et réagir, capable de prendre le risque. »

    Elisabeth Hubert: « On a confondu hôpital et hôtellerie ! »

    • « Il y a 3 concepts à prendre en compte : la pertinence de l’hébergement à l’hôpital, le décloisonnement du système de santé médico-social et sanitaire & l’aggravation des soins. »
    • « Il faut se poser la question de la pertinence de l’hébergement hospitalier alors qu’il existe des techniques & possibilités de télé-santé. On se heurte des intérêts bien établis : s’il y a trop de HAD : que ferons-nous des bâtiments construits ? Il y a trop de lits par rapport aux besoins dans 10 à 20 ans. D’autres pays font différemment : leur organisation fédérale leur permet de développer le niveau régional, le financement est très décentralisé, par choix. C’est en France qu’on a structuré, généralisé et financé. Les ressorts sont ailleurs. »
    • « Nous sommes dans un pays où l’on adore discourir mais lorsqu’il faut passer aux actes il existe une réticence au changement. Puisqu’on ne réussit pas au niveau national, pourquoi pas une carte de régionalisation ? Il y a un poids des élus dans le pays, je suis persuadée qu’on n’ira pas vers davantage de réduction des inégalités si on multiplie les pouvoirs décisionnels au niveau des régions. »
    • « Il faudrait élargir la formation hors CHU & arrêter de penser que les textes, lois & structures vont tout faire, c’est le meilleur moyen pour perpétuer l’immobilisme. » Quant à l’hôpital de demain : « On a confondu hôpital et hôtellerie ! On ne transformera pas la table de la cuisine en table chirurgicale. L’hospitalisation de demain c’est la chirurgie ambulatoire, la HAD, l’HDJ. »
    • « Devant le patient, quel que soit le stade de la maladie la première interrogation doit être: a-t-on besoin le mettre dans un lit ? Il n’y a que 2 raisons de le faire : son état est instable & nécessite une surveillance continue, ou il nécessite un plateau technique pour une intervention.
      Dans toute autre situation on doit se demander : où peut-on au mieux traiter ce patient ?
      Le PLFSS a prévu que la pertinence du séjour hospitalier doit être posée avant tout, mais dans les comportements rien n’a changé : la plupart des hôpitaux ignorent cet article. »

    Christian Schmidt de la Brélie : « L’innovation vient de la contrainte ! »

    • « Il est question d’anticiper le malade. Il n’y a pas de retour sur investissement lors d’un financement immédiat mais l’action de prévention peut avoir une certaine portée et un intérêt direct (Vacciner contre la grippe les salariés en officine par exemple pourrait palier à la déficience générée par les arrêts de travail). »
    • « Il faudrait repasser à la logistique du financement par les complémentaires, libérer l’hôpital de base pour les meilleurs soins, aller vers de meilleurs hôpitaux de jour, de meilleurs hôtels-patients, avec une universalité dans ce sens. »
    • « L’innovation vient de la contrainte ! Actuellement les contraintes sont le financement et l’aspiration du citoyen de vivre en meilleure santé plus âgé, dans une logique d’occidentalisation. »
    • « Il y a une pression de génération, arrêtons la réglementation ! L’organisation législative permet la transformation, tout existe aujourd’hui, les comportements vont évoluer, par les besoins et les attentes. Je suis optimiste quant à notre capacité d’innovation. »

    Jean-Pierre Robelet: « Il n’y a pas un territoire qui répond à toutes les questions « 

    • « Comment organiser le parcours du patient et du citoyen ? Il faut inclure la prévention du diagnostic jusqu’à l’hébergement. »
    • « Il faut parler d’un parcours de santé et non de soins car le parcours de soins exclut la prévention, or il faut traiter le patient dans son intégralité et intégrer la prévention dans sa dimension d’efficacité et de financement. »
    • « On ferme les hôpitaux insecure et au nom de la sécurité on aggrave la pauvreté ? ».
    • « Il faudrait un système de services adaptés avec télé-surveillance, des hôtels-patients pour ne pas faire peser sur l’hôpital les logistiques de nourriture, hébergement, lavage etc. »
    • « Il n’y a pas un territoire qui répond à tous les questions: région commune etc. En fonction du problème il faut adapter le territoire. Il faut adapter l’action au territoire car le territoire est avec les usagers, les patients et les professionnels de santé. »
    • « On a jamais eu autant de médecins, or on entend qu’il en manque. Le seul problème est qu’ils ne sont pas répartis comme on veut : ni démographiquement ni par spécialité. »
    • « Ce n’est pas avec les maisons de santé pluridisciplinaires qu’on réglera le problème démographique car en concentrant des professionnels de santé sur un lieu précis on éloigne un certain type de population. »

  • GHT : un décret fixera en janvier 2017 le partage des compétences entre établissements

    Un projet de décret fixant le partage des compétences entre les établissements d’un GHT sera soumis à concertation en janvier 2017. L’annonce de ce projet a été faite le 6 décembre 2016 lors de la réunion du comité de suivi des GHT.

    Ce projet de décret confirmera quatre points:
    • La date du transfert de compétences et de responsabilités vers l’établissement support le 1er janvier 2018,
    • La double option pour qu’un agent relève d’un établissement support: mise à disposition ou changement d’établissement,
    • Le partage des compétences entre établissements parties et établissements supports en matière de marché: les établissements parties apprécieront l’opportunité d’un besoin et évalueront l’exécution du marché, les établissements supports passeront les marchés,
    • La création d’une procédure de publicité pour les mutations résultant de la nouvelle répartition des emplois liée à la mise en oeuvre du projet médical partagé.

  • L’AP-HP s’apprête à créer une filiale internationale

    L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé le 15 décembre 2016 qu’elle s’apprêtait à créer une filiale internationale.

    «Le conseil de surveillance de l’AP-HP a approuvé la création d’une filiale sous forme d’une société anonyme à actionnaire unique qui portera le nom d’AP-HP International», écrit dans un communiqué l’institution à l’issue du conseil de surveillance du 15 décembre 2016.

    Cette filiale, chargée d’assurer « des prestations de services et d’expertise au niveau international, activités de formation, d’audit, de conseil et participation à la gestion des services de santé notamment, et dont l’AP-HP sera le seul actionnaire, sera opérationnelle début 2017.

    AP-HP International, «la première filiale de cette nature créée en France par un CHU», selon l’AP-HP, permettra de «mieux répondre aux nombreuses sollicitations» que l’institution affirme avoir reçues «pour s’associer, éventuellement à des entreprises privées françaises pour développer l’exportation du savoir-faire hospitalier français à l’étranger», explique le communiqué.

    Entrée en vigueur le 28 février 2016, la mesure qui figure dans la loi Macron, doit permettre aux établissements de santé de valoriser leur expertise à l’étranger tout en renflouant leurs caisses.

  • Coordination des soins : « Viser la qualité des soins plutôt que les économies » (M. McWilliams, NEJM)

    « Il faut améliorer la coordination des soins non pas pour faire des économies mais parce que des soins coordonnés assurent une meilleure prise en charge ». Telle est la conclusion d’une tribune de Michael McWilliams, professeur expert en systèmes de soins à la Harvard Medical School, publiée le 8 décembre 2016 dans le NewEngland Journal of Medicine (NEJM).

    • Les programmes de coordination des soins mis en place aux Etats-Unis ont généré des économies minimes
    • La coordination pour la prise en charge de patients à risque peut générer son extension à des cas pour lesquels elle est moins nécessaire
    • La coordination des soins qui reposant sur l’innovation et la mobilisation de nouvelles ressources peut génèrer des coûts qui annulent les économes réalisées,

    sont les trois axes de l’argumentaire développé par cet expert, à partir de l’observation du système de santé américain, sur les limites de l’impact de la coordination des soins sur les coûts de la santé.

    Les programmes de coordination des soins génèrent des économies minimes

    • « Les efforts visant la coordination tendent à accroître l’utilisation des soins, ce qui annule au moins partiellement la diminution du recours aux soins évitables ».
    • « Un programme de coordination offrant une meilleure prise en charge élaboré pour un patient à haut risque entraîne une augmentation du nombre de cas à traiter puisqu’il pourra apparaitre pertinent pour la prise en charge de pathologies moins aigües ».
    • « En raison du coût des technologies de l’information utilisées et de la mobilisation de nouvelles ressources, la coordination des soins est coûteuse ».
    • « La diminution des hospitalisations qu’elle permet ne fait que compenser le coût de la coordination des soins et ne génère pas des économies nettes ».

    La coordination des soins ne doit pas primer sur l’abandon de soins inutiles

    • « Si la coordination des soins permet d’éviter les analyses redondantes, les erreurs médicales ou les conséquences de maladies chroniques mal gérées, elle ne doit pas occulter les causes majeures de soins inutiles ».
    • « Limiter le recours à des pratiques de faible valeur comme l’imagerie médicale pour des douleurs lombaires ne justifie pas de mettre en place une coordination des soins ou de modifier le comportement du patient ».
    • « L’accentuation excessive de la coordination peut détourner l’attention de l’élaboration d’approches qui éliminent plus efficacement les prestations de faible valeur ».
    • « Une grande partie des économies réalisées dans le cadre de programmes de soins responsables aux Etat-Unis vient d’une limitation de l’utilisation des soins post-opératoires dans des centres de soins infirmiers, des soins de santé à domicile et des services hospitaliers ambulatoires coûteux ».