Philippe Marchand, directeur de projet à l’UGAP, a accordé à Health&Tech Intelligence une interview dans laquelle il explique en quoi consiste la mission confiée à la centrale d’achat par Pascale Boistard pour structurer la filière de la silver économie.
Il revient également sur la restructuration en cours des achats hospitaliers dans le contexte des GHT et des économies demandées aux établissements par le ministère de la Santé sur ce poste.
En quoi consiste exactement la mission que Pascale Boistard a confiée à l’UGAP sur la silver économie ?
La feuille de route pour la silver économie signée en décembre 2016 prévoit notamment une structuration de cette filière, qui présente des enjeux industriels au niveau local et un gisement potentiel important d’emplois. L’UGAP a été missionnée pour accompagner France Silver Eco sur ce plan, en contribuant à rapprocher l’offre de la demande.
Les prescripteurs (associations, Ehpad, collectivités, etc….) ont besoin d’une visibilité sur l’offre. Nous allons donc leur permettre d’accéder à une offre de services qualifiée, avec des solutions techniques qualifiées, tout en sécurisant l’accès aux marchés publics.
Quel est votre calendrier d’action ?
Concrètement, notre action se déroulera en trois temps.
Premièrement, nous avons commencé à faire l’inventaire des solutions déjà sélectionnées par l’UGAP. Ce travail devrait être achevé d’ici à la fin janvier 2017.
Nous allons ensuite rassembler cette offre sur un portail dédié au cours du premier trimestre 2017. La qualification de l’offre selon des catégories utiles aux usagers représente une part stratégique de ce travail.
Enfin, nous allons enrichir l’offre. L’objectif est de détecter, qualifier et promouvoir les solutions techniques innovantes. Cela implique d’organiser des manifestations régionales, qui se dérouleront tout au long de l’année.
Comment allez-vous collaborer avec les autres acteurs de la filière, comme France Silver éco ? Avec les collectivités territoriales ?
France Silver Eco est le maître d’œuvre de la filière, il en fédère l’ensemble des acteurs. Nous travaillons donc en étroite collaboration.
L’UGAP peut s’appuyer sur ses 26 implantations réparties sur tout le territoire pour coordonner son action sur l’achat public avec les initiatives des collectivités territoriales.
Nous avons ainsi récemment été saisis par Michèle Delaunay pour contribuer à l’aide que la région Nouvelle Aquitaine souhaite apporter aux 12 départements qui la composent pour déployer une filière régionale de la silver économie.
Comment se caractérise la filière de la silver économie aujourd’hui ?
La filière de la silver économie est principalement structurée autour de l’innovation, le plus souvent portée par des PME et TPE. L’existence d’un seul point d’entrée via un portail de référencement des offres est un puissant levier de facilitation d’accès de ces entreprises à la commande publique. Par ailleurs, alors que la plupart des centrales d’achat public européennes, ou encore des organes centralisateurs en France, opèrent dans le cadre du « référencement », l’UGAP opère selon un modèle dit « d’achat pour revente » et non de mise à disposition de marchés, ce qui fonde sa spécificité dans la sphère de l’achat public. Un tel modèle permet d’optimiser les achats en abaissant les coûts pour les industriels titulaires (prise en charge par la centrale d’achat de l’interfaçage commercial avec le client public). L’UGAP est également un outil de sécurisation à la fois juridique et financière des entreprises en leur garantissant, notamment, des délais de paiement de 30 jours maximum, qui peuvent être ramenés à 3, voire 1 jour.
Quelles sont les actualités en matière d’achats publics hospitaliers ?
Le Plan triennal ONDAM annoncé en février 2015 par la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des Femmes, vise une évolution structurelle du système de santé sur 3 ans (2015-2017) pour dégager une économie de 10 milliards d’euros dont 1,2 milliard sur le poste des achats hospitaliers, dont le volume annuel est estimé à 18 milliards d’euros hors investissements.
Pour concourir à l’atteinte de cet objectif, la loi de modernisation du système de santé prévoit un transfert de la fonction achat vers l’établissement support des futurs GHT.
Pour accompagner cette importante restructuration des achats hospitaliers, la DGOS a souhaité faciliter le recours aux opérateurs mutualisés d’achats, qui ne représentent aujourd’hui qu’un tiers du volume total des achats hospitaliers d’exploitation.
Pour cela, la DGOS a distingué deux types d’opérateurs selon la possibilité d’harmoniser les besoins hospitaliers au niveau national ou régional et la capacité du marché fournisseurs à proposer une offre viable à tous les établissements sur un périmètre régional ou national :
- des opérateurs régionaux, issus de la restructuration des 166 groupements de commandes régionaux existants ;
- trois opérateurs mutualisés nationaux. : l’UGAP, le Resah et UniHa.
Les trois opérateurs nationaux sont invités à proposer des offres concurrentes sur l’ensemble des segments nationaux d’achats hospitaliers.
Des précisions sont encore attendues sur le plan juridique afin de sécuriser cette mise en concurrence.