Dans une communication du 25 mai 2018, le Syndicat des Médecins Libéraux (SML) a annoncé avoir signé l’avenant conventionnel n° 6, à la suite de la validation du document par 91% de ses instances.
Un accord a ainsi été conclu couronnant plusieurs semaines de négociations avec la Caisse nationale d’assurance maladie pour instaurer la rémunération conventionnelle des médecins libéraux pour des actes de téléconsultation et de télé-expertise.
La SML affirme que si accord il y a eu, c’est avant tout dans l’objectif « d’amorcer le dispositif » en inscrivant les actes de télémédecine et de télé-expertise dans le droit commun, conformément aux dispositions de la LFSS 2018, et parce que les exigences principales de la SML ont été satisfaites. La SML se dit prête à revenir sur les termes de l’accord à tout moment, notamment si la renégociation des tarifs d’ici un an n’est pas maintenue.
Les principaux points de l’avenant
Téléconsultation
- La téléconsultation sera ouverte à l’ensemble des patients au 15 septembre 2018 ;
- Bien que les partenaires conventionnels aient souhaité inscrire la téléconsultation dans un parcours de soins coordonné, des exceptions comme l’absence de médecin traitant sont prévues ;
- Réalisation obligatoirement de la téléconsultation par vidéotransmission dans des conditions d’équipement adaptées aux situations cliniques visant à garantir la confidentialité, la sécurisation et la traçabilité des échanges ;
- Pour faciliter l’équipement de moyens techniques, la mise en place de deux nouveaux indicateurs, dans le cadre du forfait structure, permettant une rémunération de 525 euros;
- Les actes de téléconsultations valorisés dans les mêmes conditions que les consultations en présentiel permettant aux médecins en secteur 2 de facturer leurs compléments d’honoraires sur les téléconsultations.
Télé-expertise
- Ouverture du dispositif aux patients pour lesquels l’accès aux soins doit être facilité en priorité, au regard de leur état de santé ou de leur situation géographique ;
- Le calendrier du déploiement du dispositif est à définir d’ici 2020 ;
- À l’heure actuelle, deux niveaux de télé-expertise – pour une question circonscrite ou pour une situation complexe – sont définis et la possibilité d’un troisième est envisagée ;
- Rémunération :
- le médecin requis facturera 12 euros par télé-expertise de niveau 1 (dans la limite de 4 actes par an et par patient) et 20 euros par télé-expertise de niveau 2 (dans la limite de 2 actes par an);
- le médecin requérant bénéficiera d’un forfait de 5 euros par télé-expertise de niveau 1, et 10 euros par télé-expertise de niveau 2, dans la limite d’un maximum de 500 euros par an pour l’ensemble des actes de télé-expertise.
Ouverture sur l’avenir
- L’élargissement des consultations complexes et très complexes pour certaines spécialités est envisagé. Ainsi, des majorations pourront être appliquées dans les cas suivants :
- 16 euros pour la prise en charge d’un patient atteint de sclérose en plaques, de la maladie de Parkinson ou d’épilepsie instable et d’autres maladies neuro-dégénératives ;
- 46 euros pour la consultation annuelle de suivi d’un enfant autiste;
- Possibilité d’étendre les indications de la visite très complexe ;
- Dans l’objectif d’amélioration de la répartition de l’offre de soins sur le territoire, les partenaires conventionnels sont prêts à revoir les différents dispositifs existants :
- Contrat de solidarité territoriale médecin (CSTM) ;
- Contrat d’aide à l’installation des médecins (CAIM) ;
- Contrat de transition pour les médecins (COTRAM) ;
- Contrat de stabilisation et de coordination pour les médecins (COSCOM).
Les valeurs chères au SML défendues
La SML ne manque pas de souligner le caractère insuffisant des niveaux de rémunération malgré la validation de l’avenant, mais estime que :
- la liberté de choix des médecins est préservée ;
- la clause de revoyure constitue un point clé de l’avenant pour sa renégociation et permettra d’évaluer le dispositif de rémunération dans un an.