Etablissements

  • « Les réformes de la formation des PS en lien avec l’évolution du système de santé » : 23/05/2019-Paris

    L’université du change management en médecine (UC2m) organise un séminaire sur le thème « les réformes de la formation des professionnels de santé en lien avec l’évolution du système de santé » le 23 mai 2019 à la Digital Foundry à Paris.

    L’inscription est gratuite et se fait via un formulaire accessible via ce lien.

    Avec la montée des réformes dans le domaine des études médicales et soignantes, la qualité de vie dans les universités doivent être améliorées afin de permettre aux jeunes professionnels de mieux s’adapter aux nouveaux exercice qui les attendent, estiment les organisateurs du séminaire.

    Programme 

    • 8h30 : accueil des participants 
    • 9h : présentation, avec Dominique Maigne
    • 9h15 : objectifs et mise en œuvre des réformes des études médicales, avec notamment Jean Sibilia.
    • 10h30 : les professionnels face aux nouvelles pratiques de soins, avec notamment Jean-François Thébaut. 
    • 11h : nouvelles pratiques, nouveaux besoins, avec la présence de l’ANEPF. 
    • 12h30 : cocktail déjeunatoire 
  • APinnov : 16ème rencontre de transfert de technologie de l’AP-HP, le 14/05/2019 à Paris

    L’AP-HP organise sa 16ème rencontre de Transfert de Technologie le 14 mai 2019 à Paris. 

    Parrainée par le ministère de l’Économie et des Finances ainsi que le ministère des Solidarités et de la Santé, cette journée d’échanges et de rendez-vous rassemblera plus de 600 participants, porteurs de projets, industriels, incubateurs d’entreprises, pépinières, conseils en propriété intellectuelle.

    Les inscriptions sont à réaliser via le site web de APinnov 2019 avant le 12 mai 2019.

    Organisation 

    • Une plénière : pour échanger sur l’innovation, le transfert de technologie et l’accélération des projets innovants.
    • Les trophées APinnov : brevet prometteur, interne innovant et soignant innovant.
    • Des rendez-vous d’affaires : rencontre entre partenaires publics ou privés afin de présenter des innovations 
    • Un workshop : dédié aux partenariats dans le domaine des TIC en santé co-organisé avec les pôles de compétitivité Medicen Paris Région, Cap Digital et Systematic.
    • Le village APinnov de l’innovation : rencontre des partenaires sur leurs stands. 

    Programme 

    • 9h-9h30 : ouverture de APinnov 2019, avec Martin Hirsch
    • 9h30-10h30 : session 1 : transfert de technologies, innovations et entreprenariat
    • 11h15-12h45 : session 2 : l’innovation par et pour les patients 
    • 14h-17h15 : session 3 : l’IA au service du patient 
  • SI-VIC : 100 médecins appellent à la « désobéissance éthique » et demandent une enquête parlementaire

    « Nous, médecins, rappelons notre attachement viscéral au secret professionnel », déclare un collectif de plus de 100 médecins. Dans une tribune publiée par L’Express le 7 mai 2019, ils demandent « l’ouverture d’une enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur l’utilisation dévoyée du logiciel SI-VIC ».

    Dénonçant « le fichage de patients « Gilets jaunes » à des fins possibles d’exploitations politiques ou judiciaires », les médecins signataires invoquent « un devoir de « désobéissance éthique » (…) face à une injonction irréalisable au regard de [leur] éthique et de [leur] déontologie, [à] la violation du secret professionnel au détriment des malades [et] en dehors de toute dérogation légale ».

    Selon le texte, « les tentatives de communication, de justification et, finalement, de diversion de l’AP-HP et de l’ARS Île-de-France sont autant d’aveux de culpabilité (…). Pour fuir leurs responsabilités, les autorités sanitaires se défaussent sur nous, soignants », indiquent les signataires. 

    « Comme l’histoire l’a montré maintes fois, ajoutent-ils, face à l’indigne les médecins n’ont pas vocation à obéir, et ont su résister, parfois au péril de leur vie pour respecter le serment d’Hippocrate dans l’intérêt des patients et des citoyens ».

    Des précisions juridiques

    « Nous refusons le fichage des « Gilets jaunes » blessés arrivant aux urgences, (…) de même que nous nous opposons à tout autre fichage des patients sans leur consentement, visant à une transmission des données en dehors de l’hôpital à des fins autres que médicales », notent les signataires.

    Ils rappellent qu’au terme de l’article R.4127-4 du code de la santé publique, le non-respect du secret professionnel est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

    Des signataires éminents

    On remarque dans la liste des signataires les noms des professeurs Bernard Debré, Pierre-Louis Druais, André Grimaldi, Laurent Lantieri, Michel Reynaud, Laurent Thines, Guy Vallancien ainsi que ceux des médecins engagés Gerard Kierzek, Jerôme Marty, Patrick Pelloux, Xavier Emmanuelli et Jacques Bérès.

    On y trouve aussi le député LREM Joachim Son-Forget et Philippe Denormandie, père du ministre chargé de la Ville et du Logement, Julien Denormandie. « Je fais la distinction entre le sujet des Gilets jaunes et celui de l’anonymat des personnes à l’hôpital. Ce dysfonctionnement autour du fichage des patients pourrait donner de mauvaises habitudes et c’est cela qu’on a souhaité dénoncer », explique ce dernier à L’Express.

  • Mildeca : « E-santé et Addictions – état des lieux, perspectives… révolution ? » – 14/05/2019, Paris

    Nicolas Prisse, président de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites additives (Mildeca) organise le 14 mai 2019 une rencontre sur le thème « e-santé et addiction : état des lieux, perspectives… révolution ? ». 

    Pour s’inscrire à l’événement, envoyer un mail à ingrid.lamy-ezrati@pm.gouv.fr

    Contexte 

    Beaucoup de français consomment à usage quotidien des produits psychoactifs :

    • 13 millions du tabac ;
    • 5 millions de l’alcool ;
    • 700 000 du cannabis ;

    À 17 ans, nombreux sont ceux à avoir expérimenté ces 3 produits, et certains s’installent dans un usage régulier, indique la Mildeca. La conduite addictive, c’est aussi l’usage excessif des écrans ou des jeux vidéos qui enferment et que l’on peut difficilement maîtriser, ajoute-t-elle. 

    Face à ce contexte, la e-santé est une ressource certaine qui nécessite d’être développée pour prendre en charge davantage de personnes, car d’après certaines études, moins de 20 % des besoins sont couverts. 

    Intervenants 

    • « E-santé et Addictions » : révolution de l’e-santé pour la prévention, le diagnostic et la prise en charge des addictions.
      • Le Dr Jean-Pierre Thierry et le Pr Michel Reynaud, auteurs du rapport. 
    • Présentation des dispositifs existants d’e-santé 
      • Addictions Drogues alcool info services (Adalis), Véronique Bony ;
      • Pulsio Santé, Marc-Antoine Brochard et Jean-Luc Venisse ;
      • #JNFP (Je ne fume plus) et Forum Addictaide, Françoise Gaudel  ;
      • Doctoconsult, Fanny Jacq ;
      • My Défi, Pascal Perney.
  • Appel à candidatures : Thèses Inria-Inserm « Médecine Numérique » (deadline : 07/06/2019)

    L’Inria et l’Inserm lancent leur appel à propositions pour leur programme de financement de thèses co-encadrées, initié depuis 2016. Cette année, 2 à 4 financements seront octroyés en fonction de la qualité des dossiers. 

    Les sujets de thèses devront aborder une question scientifique relevant de la médecine numérique et devront renforcer une collaboration existante ou alors en initier une nouvelle. La thèse devra être pluridisciplinaire, en mêlant dimension informatique ou mathématique appliquée (Inria) et une question biomédicale identifiée (Inserm). 

    Les dossiers de candidatures sont à envoyer sous la forme d’un fichier pdf, le 7 juin 2019 au plus tard à contact-theses-inserm-inria@inria.fr.

    Les lauréats et lauréates du programme bénéficieront :
    • d’un programme doctoral de 3 ans auprès de l’Inserm ou de l’Inria ;
    • d’une rémunération en vigueur.

    Les informations complémentaires sont à retrouver via ce lien.

  • Un collectif d’élus demande une réforme du remboursement de la télémédecine

    « Pourquoi l’assurance maladie souhaite-t-elle limiter la téléconsultation aux médecins proches du patient, alors même que son remboursement a été voté pour venir en aide aux patients qui n’ont précisément pas accès aux soins près de chez eux ? » C’est la question que pose un collectif de 118 élus, dont 35 députés et 60 sénateurs, dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche (JDD) du 5 mai 2019 en faveur de « l’accès aux soins des Français».

    Rapportant qu’« en six mois, seuls 7 939 actes de téléconsultation ont été remboursés », ils en concluent que l’objectif des 500 000 initialement prévus pour 2019 semble « inatteignable » et accusent les « blocages administratifs » qui « limitent la portée » du remboursement. Ils proposent un compte-rendu biannuel sur l’application du remboursement de la télémédecine « devant parlementaires et élus locaux ».

    « Il faut le temps que les médecins s’équipent, construisent leur réseau et que les patients le demandent, ce qui n’est pas encore dans les habitudes », estime la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, dans un entretien publié dans le même JDD. « Plus de 11 500 téléconsultations ont déjà été réalisées, soit 1 000 par semaine, fait-elle valoir, ce n’est pas un gadget mais une activité de soins ».

    Elle pointe « des opérateurs privés d’e-santé [qui] sollicitent fortement les élus pour permettre des remboursements de consultations ‘à la demande’ ». « Je ne pense pas que ce soit une solution sans une bonne organisation sur le territoire », ajoute-t-elle, soulignant qu’« un lien avec les professionnels de proximité est nécessaire pour bien orienter le patient, sinon le risque serait d’aggraver les déserts médicaux ».

    Une restriction précisée par l’avenant n°6

    Agnès Buzyn fait ici référence à l’avenant n° 6 à la convention nationale organisant les rapports entre les médecins libéraux et l’Assurance maladie, approuvé par un arrêté du 1er août 2018, paru au Journal officiel le 10 août 2018.

    Selon ce texte, « les partenaires conventionnels souhaitent que les téléconsultations s’organisent dans le respect du parcours de soins coordonné ». Aussi, pour pouvoir ouvrir droit à la facturation à l’Assurance maladie, les patients bénéficiant d’une téléconsultation doivent être :

    • « orientés initialement par leur médecin traitant, dans les conditions définies à l’article 18.1 de la convention, quand la téléconsultation n’est pas réalisée avec ce dernier » ;
    • « connus du médecin téléconsultant, c’est-à-dire ayant bénéficié au moins d’une consultation avec lui en présentiel dans les douze mois précédents, avant toute facturation de téléconsultation (…) afin que celui-ci puisse disposer des informations nécessaires à la réalisation d’un suivi médical de qualité. »

    Les médecins vent debout contre l’ »ubérisation »

    Le président du Conseil national de l’ordre des médecins, le Dr Patrick Bouet, estime pour sa part que la télémédecine « est une avancée » mais que « c’est un leurre de dire qu’elle réglera tout [car] les Français réclament du lien humain» . Il estime par ailleurs que « les nouvelles technologies peuvent être le cheval de Troie des assureurs ».

    « Les déserts médicaux ne doivent pas être un prétexte à l’ubérisation de la médecine, proteste le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, dans un communiqué publié lundi 6 mai 2019. Une téléconsultation ne remplacera jamais une consultation en cabinet : ce n’est qu’un complément ou une alternance dans le cadre d’un suivi médical, déclare-t-il. Nous n’accepterons pas la création d’une médecine à deux vitesses, dont l’une se ferait uniquement par écrans interposés ! Cela ne serait pas juste ni équitable pour les Français ». Il souligne parallèlement que « cela supposerait une connexion internet correcte partout, ce qui est loin d’être le cas, en particulier dans les zones où on manque de médecins ».

    « Si vous autorisez le remboursement de la téléconsultation hors parcours de soin [vous allez] organiser la captation d’une part des actes de la médecine présentielle », prévoit le Dr Jérôme Marty (UFML-S) sur Twitter. Selon lui, « le résultat sera : plus de disparitions de cabinets médicaux, ce qui favorisera encore la médecine low cost réalisée par les plateformes commerciales de téléconsultation. Vous allez, en une illusion de résolution des déserts , aggraver les déserts ! », estime-t-il.

    Des signataires éminents

    On remarque dans la liste des signataires de la tribune du JDD les noms de :

    • Jean-Louis Touraine, député LREM du Rhône, vice-président de la Fédération hospitalière de France (FHF) et président de la FHF Auvergne-Rhône-Alpes ;
    • Jean-Pierre Door, député LR du Loiret et vice-président de la commission des Affaires sociales ;
    • Gilles Lurton, député LR d’Ille-et-Vilaine et secrétaire de la commission des Affaires sociales ;
    • Philippe Vigier, député UDI d’Eure-et-Loir,  rapporteur de la commission d’enquête sur les déserts médicaux ;
    • Olivier Henno, sénateur centriste du Nord secrétaire de la commission des Affaires sociales ;
    • Daniel Chasseing, sénateur indépendant de Corrèze, vice-président de la commission des Affaires sociales ;
    • Stéphane Beaudet, maire LR d’Evry-Courcouronnes et président de l’Association des maires d’Île-de-France.
  • L’ARS IDF lance un appel à innovateurs numériques pour donner naissance à des « start-ups d’État »

    L’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France lance un appel à innovateurs dans l’optique de « faire émerger des solutions simples pour améliorer le service rendu aux usagers (…) en s’appuyant sur les outils numériques ».

    L’agence précise dans un communiqué daté du 6 mai 2019 que cet appel s’adresse à tous les acteurs franciliens du système de santé : collaborateurs de l’ARS, collaborateurs des établissements de santé et médico-sociaux, acteurs du champ ambulatoire, professionnels de la prévention et de la promotion de la santé. « Certaines [de ces personnes], affirme-t-elle, ont en tête des idées et des solutions nées de leurs pratiques quotidiennes [et qui] ne demandent qu’à être accompagnées [pour] voir le jour et être déployées ».

    Les innovateurs ont jusqu’au 17 juin 2019 pour présenter leur projet via ce lien en exposant de manière synthétique « l’obstacle/le problème à résoudre et la solution proposée ». Les critères de sélection des projets seront notamment l’ampleur du problème de politique publique visé, la faisabilité, l’efficience, les motivations du porteur de projet ».  Les candidats présélectionnés devront présenter leurs projets le 28 juin à un jury présidé par Aurélien Rousseau, directeur général de l’ARS Île-de-France.

    Un accompagnement par les équipes de Beta.gouv.fr

    Les lauréats sélectionnés seront accompagnés par les équipes de Beta.gouv.fr dans le cadre du programme start-ups d’État et « pourront être dégagés de leurs tâches habituelles » pour une période « pouvant s’étendre à 6 mois », « tout en conservant les mêmes modalités de rémunération ».« Tous les projets n’aboutiront pas, certains ne seront pas réalisables, mais c’est le principe même de notre démarche, tester, expérimenter et permettre aux solutions efficaces de voir le jour », explique Aurélien Rousseau. 

    Beta.gouv.fr est structure rattachée aux services du Premier ministre, chargée de « faire émerger des solutions innovantes au sein des administrations » en appliquant le programme d’ »intrapreneuriat » « Start-ups d’État ». 

    « Start-ups d’État » : un programme d’ »intrapreneuriat »

    Le programme « Start-ups d’État » permet de constituer « parmi les agents des administrations des équipes autonomes, libérées de leurs taches habituelles [et] dédiées au développement d’une solution à un problème de politique publique (…) dans une perspective d’amélioration de la réponse aux besoins des usagers ». Il s’agit de privilégier l’expérimentation et l’agilité, par opposition aux méthodes traditionnelles, dont les cycles de développement trop longs aboutissent parfois « après plusieurs années de travail et d’investissement » à des résultats qui « ne correspondent plus aux besoins des utilisateurs ».

    86 start-ups d’État créées depuis 2013

    Depuis 2013, 86 start-ups d’État ont été créées parmi lesquelles Mes Aides, éditeur d’un outil qui permet de « déterminer en moins de sept minutes l’éligibilité à plus de 28 aides sociales ».

    Cette start-up a été initiée par un agent du Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique, en lien avec ministère des Solidarités et de la Santé.

    La plateforme Mes remboursements simplifiés (aujourd’hui en accélération à beta.gouv.fr), permet aux assurés sociaux de se faire rembourser sur prescription médicale et en moins d’une semaine leurs frais de transport (utilisation de leurs véhicules personnels ou des transports en commun).

  • RespirH@cktion 2019 : appel à projets pour le hackathon des maladies respiratoires (deadline : 05/10)

    Plusieurs associations, dont Asthme & Allergies et la Fondation du souffle, organisent un appel à candidatures pour participer au hackathon RespirH@cktion 2019, 4ème édition de leur programme d’innovation digitale dédié aux maladies respiratoires.

    Les dépôts d’idées, à réaliser via ce lien, sont ouverts jusqu’au 5 octobre 2019. Ces projets (digitaux ou technologiques) doivent venir en aide aux malades respiratoires dans leur quotidien ou dans leur prise en charge.

    Ce hackathon est une rencontre entre plusieurs acteurs issus de secteurs complémentaires, réunis dans le but de développer des projets de santé uniques le temps d’un week-end, ici du 29 novembre au 1er décembre 2019. Dans un espace de temps limité, des experts en nouvelles technologies et des professionnels de santé travaillent ensemble afin de prototyper des solutions au service des patients.

    Déroulement du hackathon :

  • Grand défi « diagnostics par l’IA » : « mieux travailler sur les données du futur » (Olivier Clatz)

    Olivier Clatz a été nommé directeur de programme le 1er mars 2019 par le Conseil de l’innovation, instance de pilotage stratégique chargée d’orienter l’action du gouvernement en la matière. Cofondateur et ancien patron de la société Therapixel, spécialiste de l’interprétation des mammographies par réseaux de neurones, il est chargé du « Grand défi » « Comment améliorer les diagnostics médicaux par l’intelligence artificielle ? ». Après avoir présenté ses premiers éléments lors du 3e Conseil de l’innovation, organisé le 17 avril, Olivier Clatz a détaillé pour Health & Tech Intelligence l’état d’avancement de ses travaux. 

    « Le défi », déclare Olivier Clatz, est de « mieux travailler sur les données du futur ». L’objectif à atteindre « est bien déterminé » selon lui : c’est « un environnement dans lequel on a des données bien structurées et accessibles dès la production », « dans lequel les porteurs de projets peuvent expérimenter, se déployer facilement ».
    L’enjeu pour Olivier Clatz est de  trouver une mise en œuvre pertinente « opérationnelle et technique ».

    Un écosystème prometteur et plein de projets

    Olivier Clatz estime qu’actuellement la France possède un certain nombre d’atouts en matière d’intelligence artificielle (IA), notamment les très bonnes formations proposées en mathématiques appliquées, de bons ingénieurs et de bons chercheurs, mais aussi la quantité de projets en cours dans le domaine de l’IA et de la santé.

    La mise à jour de la cartographie du secteur de l’IA publiée par Bpifrance le 4 février 2019 a identifié 104 start-ups créées depuis 2010 dans le domaine de la santé utilisant des technologies d’intelligence artificielle. « C’est vraiment un domaine qui aujourd’hui regorge de projets en France », affirme Olivier Clatz, soulignant que ces sociétés s’appuient sur des technologies « relativement matures ». Selon lui, « on ne trouve presque pas de sociétés effectuant de la recherche fondamentale», les start-ups du secteur font « plutôt des assemblages ».

    Le Health Data Hub, un travail sur le stock

    La première série de difficultés rencontrées par les professionnels du secteur concerne l’accès et la structuration des données : «une partie de cet enjeu est adressé » par le Health Data Hub (HDH).

    Le HDH a vocation à accompagner les projets qui visent à exploiter les gisements de données  existants dans les établissements de santé et les différents systèmes d’information. Les données disponibles sont  actuellement très difficilement appareillables à cause de la décision de la Cnil, s’opposant de 2007 à 2017 à l’utilisation d’un identifiant personnel : il était interdit d’attribuer un même numéro à une même personne dans différents établissements et pour différents examens , posant ainsi le problème d’« identifier les différents examens correspondant à une même personne » .

    Le Health Data Hub « propose des solutions et des moyens humains » pour aller chercher des données dans les établissements, faire des appariements, fournir des « bulles», des espaces sécurisés permettant aux gens de travailler sur des données à risque. Mais le travail du HDH ne porte que sur le stock, les examens existants, et ne traite pas la structuration des données en production.

    Or une quantité de projets en cours ont « besoin de données massives » et  nécessitent de repenser l’organisation des données dès la production», ont « l’ambition de se déployer très rapidement »au sein de notre système de santé , « que ce soit dans les phases de test ou dans les phases commerciales ». Selon Olivier Clatz, « le système n’est pas vraiment prêt aujourd’hui à accueillir ce type de modèle ».

    Une expérience pratique de l’accès aux données

    Olivier Clatz évoque à ce propos son parcours de start-upper au sein de la société Therapixel, qu’il a quittée après l’avoir cofondée. « Je garde de cette expérience l’accès à la donnée et le chemin qui permet ensuite d’aller expérimenter », déclare-t-il. « Je devais être un des premiers en France à aller sonner à la porte des établissements pour essayer de rassembler des données. Peu de personnes au sein de l’administration possèdent cette expérience concrète en collecte de données, d’où l’expérimentation d’un système à base d’IA au sein d’un système numérique hospitalier comme privé ».

    Cette expérience l’a familiarisé avec les problèmes « pratico-pratiques » que rencontrent les jeunes sociétés à l’heure actuelle. Par exemple, « il n’existe pas d’établissement en France possédant dans un même système d’information une quantité importante de mammographies de dépistage et les compte-rendus ‘anapath’ [anatomopathologiques] structurés dans un même système d’information : soit les établissements ont beaucoup d’’anapath’ mais sans le dépistage ou alors des examens de dépistage mais pas d’’anapath’ ou alors sous la forme d’un fax », et l’appariement à partir d’un fax n’est « pas trivial ».

    Olivier Clatz affirme ne plus avoir d’intérêt dans Therapixel, qu’il a quitté en mars 2019, et n’a « pas de contrat de conseil ». Si la société devait être concernée dans le cadre du « Grand défi » ce serait « un cas particulier » à traiter « comme il se doit », avec en ce qui le concerne « un devoir de réserve ».

    Le dossier pharmaceutique, un exemple de réussite

     « Une des clés », selon Olivier Clatz, est de « se reposer sur les professionnels de santé, de commencer par eux ». Il cite « un exemple qui a plutôt bien marché en France », le dossier pharmaceutique. À date, plus de 99 % des officines sont raccordées, de sorte que « c’est le dossier qui regroupe le plus de personnes dans l’Hexagone ».

    Selon lui, « le point essentiel est que ce dispositif a été créé par et pour les pharmaciens » : il y voit « la preuve qu’il faut faire confiance aux professionnels, qui sont motivés [et] les accompagner dans la structuration de leur profession autour d’outils numériques comparables ».

    « Pour dégripper le système, les outils numériques doivent pouvoir structurer les données dès l’activité de soins, dès le soin courant, estime Olivier Clatz. Les outils portés par les communautés médicales professionnelles doivent aussi servir à déployer les outils développés par les petites ou les grosses sociétés ».

    Une doctrine et des moyens

    « Voila la doctrine et les moyens que je prévois d’utiliser, explique-t-il. Il s’agit de se reposer sur la multitude de projets qu’on a déjà[, qui sont] au stade mature mais également au stade amont [et] trouver un chemin critique pour répondre à la demande qui vient aujourd’hui de ces projets. »

    La mise en œuvre reste encore à travailler. « Il y aura vraisemblablement des appels à projet pour mettre en compétition les acteurs ». Aucun n’est encore rédigé. Il faudra également prévoir « des contreparties, des droits et devoirs associés au financement de l’État », une démarche qui n’a pas encore été calibrée à l’heure actuelle. Olivier Clatz insiste enfin sur son souci de « travailler en bonne intelligence avec ce qui existe » et de « ne faire doublon avec aucun service ».

  • Royaume-Uni : le ministère veut introduire le haut débit par fibre optique pour tous les sites du NHS

    Tous les sites du NHS, le système de santé britannique, disposeront du haut débit le plus rapide disponible grâce à la fibre optique. « Un tiers des sites ont un accès internet qui ne vaut pas mieux qu’une connexion par modem, c’est incroyable, commente Matthew Hancock, le ministre de la Santé britannique, qui a présenté l’initiative lors d’un discours prononcé le 30 avril 2019 à Londres devant le Royal College of General Practitioners (RCGP), une organisation qui représente les médecins libéraux. Nous avons besoin que les professionnels de la santé puissent accéder à une connexion rapide et fiable afin de pouvoir fournir aux patients les meilleurs soins possibles. »

    Le RCGP a publié le même jour un manifeste demandant notamment une interopérabilité généralisée et un accès pour tous les cabinets libéraux à un système unique de dossier patient électronique partagé, qui renseigne les soins prodigués dans l’ensemble du NHS.  

    Helen Stokes-Lampard, présidente du RCGP, se félicite de l’introduction de la fibre, qui permettra aux médecins de consulter plus rapidement les résultats des tests et les dossiers patients mais aussi de « rationaliser la communication par courrier électronique » ainsi que la vidéoconférence, grâce à laquelle il sera possible d’effectuer une prise de rendez-vous « rapide et facile », estime-t-elle. Cependant, si « les généralistes sont enthousiastes à l’idée de disposer des dernières technologies de pointe (…), il faut commencer par les bases », à savoir « des ordinateurs qui ne tombent pas en panne lors de la délivrance d’une ordonnance [et des systèmes qui] communiquent avec ceux de tous les hôpitaux », ajoute Helen Stokes-Lampard. 

    La presse britannique relève que le ministre n’a pas donné de date pour le déploiement de la fibre et souligne que les médecins des zones rurales risquent de ne pas disposer immédiatement de l’infrastructure nécessaire pour prendre en charge la fibre optique. Le ministère de la Santé avait précédemment prévu que 70 % des sites disposeraient du haut débit d’ici août 2020.

    Un projet qui s’inscrit dans le cadre du Plan à long terme du NHD

    Cette annonce du ministère britannique de la Santé correspond aux ambitions du volet « digital » du Plan à long terme (Long term Plan) du NHS. Celui-ci prévoit notamment que :

    • chaque patient disposera de l’option « numérique d’abord » pour les soins primaires, ce qui signifie que quelque 307 millions de consultations avec un généraliste pourront être proposées en ligne aussi bien qu’en face à face ;
    • les soins ambulatoires seront refondus pour proposer davantage de téléconsultations avec des médecins et des infirmières, complétées le cas échéant par des rendez-vous en face à face ;
    • les dossiers patients enregistrés dans le cloud aideront les médecins à accéder aux informations importantes, notamment à des images haute résolution, partout dans le pays.