Efficience

  • Télémédecine : le groupe britannique Medopad lève 24M€ et s’exporte aux États-Unis

    Le groupe health tech Medopad (Londres) – qui a récemment levé 28 millions USD (24M€) dans un tour de financement de série A – ouvrira un bureau à New York au sein du laboratoire en innovation JLABS de Johnson & Johnson (J&J) au cours du mois de juillet 2018, a récemment annoncé le co-fondateur et P.-D.G. de la société, Dan Vahdat.

    Dans le cadre de ce lancement aux États-Unis, Medopad embauchera des talents spécialistes du secteur de la santé d’ici la fin de l’année et bénéficiera pour le développement de ses activités d’un écosystème dynamique dans le domaine de l’industrie des sciences de la vie. 

    Développer la télésurveillance pour améliorer les résultats en santé

    « C’est une opportunité fantastique pour Medopad car nos valeurs et notre vision sont en adéquation avec le leadership de J&J [avec l’objectif central commun d’aider à] créer un monde où les gens peuvent vivre plus longtemps. Nous travaillons en partenariat avec des sociétés pharmaceutiques, des fournisseurs de soins et des établissements universitaires américains tels que l’université Johns Hopkins, où Medopad est utilisée pour connecter à distance les cliniciens aux patients et recueillir des preuves concrètes. Nous sommes impatients de renforcer ces liens et de conduire des changements plus innovants pour obtenir de meilleurs résultats en santé. »

    Medopad exploite l’intelligence artificielle sur sa plateforme de recueil de données et cherche à connecter les patients avec les professionnels de la santé en temps réel.

    Medopad multiplie les connexions avec les États-Unis

    Plus tôt cette année, Medopad a rejoint Plug and Play, une plateforme d’innovation mondiale basée dans la Silicon Valley (Californie).

    Grâce au programme, axé sur le développement des affaires, Medopad sera en mesure de sécuriser les pilotes, les POC et les investissements issus du vaste réseau de Plug and Play (plus de 220 partenaires commerciaux).

    « Le secteur de la santé est hautement réglementé et profondément complexe, le changement est plus lent que nécessaire, analyse Dan Vahdat. Notre solution de surveillance des patients (…) aidera à faire évoluer de bonnes idées [de leur conception en laboratoire à leur développement sur le marché]. »

    New York : un marché considérable en télésurveillance

    la ville abrite la plus grande concentration d’institutions académiques au monde, ce qui en fait un tremplin idéal pour intégrer le marché américain ; elle compte également le plus grand nombre de sociétés spécialisées dans le secteur des biosciences à travers le pays (plus de 120 entreprises). »Le marché de la télésurveillance des patients est au moins huit fois plus important aux États-Unis qu’au Royaume-Uni », note par ailleurs Dan Vahdat (communiqué).

  • L’Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud récompense 6 projets asiatiques et africains

    Créé en 2015 par la Fondation Pierre Fabre pour « repérer, documenter et mettre en valeur » les innovations technologiques africaines ou asiatiques dans le domaine de la santé, l’Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud (ODESS) s’est tenu le 2 juillet 2018 à Lavaur (Tarn).

    À l’occasion de cette troisième édition, la fondation a récompensé six projets de e-santé développés par des ONG, des start-ups, des entreprises sociales et des organisations publiques :
    • Guinea Epilepsy project (Guinée, Bhoutan, Pérou) ;
    • Operation Asha (Inde, Cambodge, Tanzanie, Afghanistan, Pérou, Ouganda, République dominicaine, Kenya, en partenariat avec les États-Unis) ;
    • Bipodey Amra – TraumaLink (Bangladesh) ;
    • Africa Cardiac Care (Cameroun) ;
    • MoSQuIT (Inde) ;
    • Blood Safety Strengthening Programme (Éthiopie, Ghana, Lesotho).

    Les 6 projets récompensés :

    • Guinea Epilepsy project (Guinée, Bhoutan, Pérou) : l’idée est de faciliter le diagnostic d’épilepsie en pédiatrie au moyen d’un casque d’électro-encéphalogramme (EEG) relié à une application smartphone à même de communiquer les résultats d’EEG en temps réel au médecin ;
    • Operation Asha (Inde, Cambodge, Tanzanie, Afghanistan, Pérou, Ouganda, République dominicaine, Kenya) : l’objectif de cette opération est d’étendre l’accès aux services et produits de santé de grande qualité pour les communautés défavorisées à travers le monde ;
    • Bipodey Amra – TraumaLink (Bangladesh) : il s’agit d’un système communautaire dédié aux intervenants apportant les premiers soins d’urgences aux victimes de la route. Le service utilise un numéro d’appels d’urgences, un centre d’appels opérationnel 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et des premiers intervenants volontaires recrutés par la communauté locale, formés aux premiers soins et à qui l’on fournit les équipements médicaux nécessaires (source: ODESS) ;
    • Africa Cardiac Care (Cameroun) : les patients inscrits à ce programme peuvent bénéficier d’examens cardiaques à bas coût et de manière illimitée pendant toute l’année ;
    • MoSQuIT (Inde) : la plateforme MoSQuIT automatise la surveillance de la malaria dans les zones rurales de l’Inde, généralement effectuée manuellement par des agents Asha ;
    • Blood Safety Strengthening Programme (Éthiopie, Ghana, Lesotho) : le programme vise à développer une source ouverte de systèmes d’information sur la sécurité du sang (BSIS) dans les centres de don du sang disposant de peu de ressources.

    Un an de soutien financier et stratégique

    Pendant un an, les lauréats 2018 pourront :

    • bénéficier du soutien financier et opérationnel de la fondation via une enveloppe globale de 100 000 euros, accessible au fur et à mesure de l’année ;
    • participer au siège de la fondation (Lavaur) à des ateliers animés par des experts internationaux afin de renforcer leurs compétences.

    L’Observatoire vise à rapprocher les acteurs de la santé

    L’objectif de l’Observatoire est de rapprocher les acteurs de la santé et de les intégrer dans un écosystème global afin de soutenir puis d’adapter aux différents marchés les dispositifs qui fonctionnent.

    « Repérer et documenter toutes les initiatives, trier les informations, mettre en valeur les programmes, c’est une tâche que nous accomplissons toute l’année, en réseau avec des experts du Nord et du Sud et des scientifiques de la fondation Pierre Fabre, insiste sa directrice générale. Pour le concours, nous avons reçu 450 candidatures et avons mené, après un premier processus de sélection, une quinzaine d’études de terrain, tant aux côtés des porteurs de projets que des patients. »

    Prévention, formation et accès aux soins : les nouvelles technologies sont porteuses d’espoir

    Le concours organisé dans le cadre de cet Observatoire a pour but d’encourager le déploiement de la e-santé dans les pays en développement d’Afrique et d’Asie.

    « On remarque une appropriation rapide et massive de la technologie [dans ces régions], analyse Béatrice Garrette. En quelques années, le téléphone portable est devenu un bien essentiel. En matière de santé, ce ne sont encore que des promesses mais ces nouvelles technologies pourraient résoudre en partie les problèmes de prévention, de formation et de faible accès à la santé que l’on constate notamment pour les zones rurales, les spécialistes médicaux s’installant en grande majorité dans les grandes villes. »

    Elle note, par ailleurs, que les innovations de ces derniers mois portaient sur tous les secteurs de la médecine et non plus uniquement sur les thématiques de base, telles que la santé maternelle et infantile, au centre des premiers projets en e-santé dans ces régions. Actuellement, le nombre d’objets connectés focalisés sur la health tech se multiplie, permettant de recueillir divers types d’informations sur la santé de la population.

  • Chine : le gouvernement encourage le développement des technologies médicales (R&D)

    La Chine rationalisera les mécanismes d’évaluation des programmes de recherche et des performances académiques réalisés par les chercheurs et les instituts de recherche du pays, indique une nouvelle directive publiée le 3 juillet 2018 par le Comité central du Parti communiste chinois et le Conseil d’État (« State Council »).

    Objectif : réduire le nombre d’évaluations, améliorer les méthodes et l’efficacité de la recherche d’ici 2020 pour que les ressources soient mieux allouées et que les chercheurs soient plus motivés en matière d’innovation.

    En matière de e-santé, le document indique que le gouvernement :
    • assouplira la réglementation concernant les services de santé en ligne ;
    • encouragera le développement des technologies médicales, dont les systèmes de diagnostic assistés par intelligence artificielle ;
    • renforcera ses efforts pour créer une base de données de dossiers de santé numériques.

    Selon la directive du Conseil d’État chinois :

    • la Chine a assoupli la réglementation sur les services de santé sur internet, permettant aux hôpitaux de mener des consultations médicales à distance et de laisser les médecins rédiger des ordonnances en ligne pour les maladies chroniques et les plus courantes ;
    • Le pays envisage diverses innovations dans le secteur de la e-santé, soit le développement de systèmes de diagnostic assistés par intelligence artificielle, de plateformes de formation basées sur le cloud et de dispositifs de santé mobiles.
      Les exigences en matière de soins pourraient être parfaitement adaptées aux technologies basées sur l’IA, analyse Fang Cong, vice-président de la start-up spécialisée dans la reconnaissance faciale Yitu Technology, ajoutant que les applications dans le domaine ont bien évolué, passant du « diagnostic d’une maladie unique [au diagnostic de] plusieurs maladies, et du traitement automatique du langage naturel (natural language processing) ou de la vision par ordinateur (computer vision) à une analyse complète » (source : South China Morning Post).
    • Le gouvernement est également en train de renforcer ses efforts pour créer une base de données de dossiers de santé numériques et espère parvenir à l’interconnexion de l’information entre les hôpitaux tertiaires d’ici 2020 (avis d’avril).

    Objectif ultime : augmenter l’espérance de vie à 79 ans d’ici 2030

    Cet effort en R&D s’inscrit dans le cadre de l’objectif ambitieux du gouvernement chinois de faire passer l’espérance de vie moyenne de 76,3 ans (2015) à 79 ans d’ici 2030, et de réduire d’un tiers le taux de mortalité chez les jeunes patients atteints de maladies chroniques, actuellement de 19,1 %, indique la directive.

  • China: The government is encouraging medical technology development (R&D)

    China will streamline the mechanisms of evaluating research programs and academic performance of researchers and research institutes in the country, announced a new guideline issued on July 3, 2018 by the Communist Party of China Central Committee and the State Council.

    Goal: reducing the number of assessments, improve Chinese research methods and effectiveness by 2020 so that resources will be better allocated and researchers will be more motivated with enhanced innovation ability.

    Concerning eHealth, the document states that the government:
    • further loosened regulations on internet health care services ;
    • is encouraging the development of medical technologies, including artificial intelligence-based diagnostic systems;
    • is strengthening efforts to create a database of digital health records.

    According to the State Council:

    • China further loosened regulations on internet health care services, allowing hospitals to conduct remote medical consultations online and letting doctors write online prescriptions for chronic and common diseases;
    • The country is considering various innovations in the e-health sector, including artificial intelligence-based diagnostic systems, cloud-based training platforms and wearable health devices.
      Health care requirements may well be the perfect fit for AI, said Fang Cong, vice president of Yitu Technology, a startup specializing in facial recognition, adding that applications have grown from “diagnosis of a single disease to multiple ones, and from natural language processing or computer vision to comprehensive analysis” (source: South China Morning Post).
    • The government is also strengthening its efforts to create a database of digital health records and hopes to achieve inter-connectivity of information among tertiary hospitals by 2020 (April notice).

    Ultimate goal: increasing the life expectancy to 79 year old by 2030

    This R&D effort is part of the Chinese government’s ambitious goal of increasing the average life expectancy from 76.3 years (2015) to 79 year old by 2030, and reducing mortality rates among young patients with chronic diseases by a third, from 19.1%, said the guideline.

  • Appel à manifestation d’intérêt dans le champ du handicap de l’ARS Ile-de-France

    L’Agence Régionale de Santé Île-de-France lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour des projets d’extension visant la mise en œuvre accélérée de solutions nouvelles permettant de développer l’autonomie des personnes en situation de handicap dans la région.

    « Cette méthode, qui remplacera à chaque fois que possible les appels à projets, trouve son ancrage dans la démarche Réponse accompagnée par tous », précise Christophe Devys, directeur général de l’ARS Île-de-France dans dans l’AMI diffusé le 2 juillet 2018. L’idée sous-jacente de cette démarche est d’amplifier le mouvement de transformation de l’offre « en partant des besoins et des attentes des personnes handicapées et de leurs aidants ».

    Les modalités de réponse à l’AMI sont explicitées ci-dessous.

    L’ARS Île-de-France mobilise 200 millions d’euros au service de la transformation de l’offre pour les personnes en situation de handicap, indique Christophe Devys.

    L’ARS et les gestionnaires concernés sont engagés dans une « co-construction de solutions innovantes qui doit permettre la mise en œuvre de solutions nouvelles » en matière de prise en charge du handicap.

    Composition du dossier

    Les gestionnaires adresseront un dossier de candidature qui exposera le projet proposé et son adéquation avec les objectifs de l’AMI. Il sera composé :

    • du cadre dans lequel s’inscrit la réponse proposée (identification des besoins, en lien avec les acteurs du territoire) ;
    • d’une présentation des réponses proposées et des interventions déployées dans le cadre des recommandations de bonnes pratiques professionnelles ;
    • des éléments de file active prévisionnelle et d’activité ;
    • de l’organisation humaine et financière prévue pour l’instauration des solutions proposées (tableau des effectifs prévisionnels par catégorie de personnels, plan de formation, budgets présentés en année pleine selon le cadre normalisé…) ;
    • d’une note architecturale et des besoins d’investissement ;
    • de la mobilisation partenariale, du lien avec les institutions (ARS, CD, MDPH) concernant les pratiques d’admission et la réponse aux besoins les plus complexes ;
    • du rétroplanning proposé pour le développement des solutions visées.

    Le financement de solutions nouvelles en termes de places pourra être proposé. Hors exception dûment documentée concernant l’accompagnement des situations complexes, leur financement sera plafonné au coût médian régional constaté pour une solution du même ordre, pour une déficience équivalente.

    Par ailleurs, et sauf disposition innovante impliquant un suivi de l’activité spécifique qu’il reviendra au gestionnaire de préciser, la solution proposée devra, dans sa mise en œuvre, respecter les objectifs d’activité fixés aux gestionnaires franciliens.

    Les opérateurs sont invités à joindre également tout document leur paraissant utile à la compréhension de leur projet.

    Modalités de candidature

    Une première fenêtre de dépôt de dossiers de candidature est ouverte entre le 3 juillet 2018 et le 15 octobre 2018.

    Une nouvelle fenêtre sera ouverte dans le courant du premier trimestre 2019.

    Pour toute information concernant l’appel à manifestation d’intérêt :

    ARS-IDF-AMI-PH@ars.sante.fr

  • Singapour : 3 start-ups en e-santé lèvent une somme globale de plus de 11,2 millions d’euros

    Trois start-up health tech basées à Singapour ont levé début juillet 2018 une somme globale de plus de 13 millions US$ (11,2 M€) :

    • Doctor Anywhere, une start-up de télémédecine proposant des consultations par vidéo, a recueilli 4,1 millions de dollars américains (3,5M€) dans un tour de série A dirigé par la société singapourienne Kamet Capital Partners. Cette somme l’aidera à développer ses produits et services de santé ainsi qu’à élaborer de nouvelles solutions de e-santé dans l’optique d’améliorer l’accessibilité des soins au sein de la cité-État, à étoffer son équipe et à explorer de nouveaux secteurs d’activité.

    • Homage, à l’origine d’une application connectant les personnes âgées ayant besoin de soins à des praticiens, a levé 4,15 millions de dollars US (3,6M€) dans une ronde de financement (série A) co-dirigée par la société de capital risque sud-asiatique Golden Gate Ventures et HealthXCapital, un fonds de capital risque axé sur la health tech. Cette levée de fonds servira à mener à bien les projets d’expansion de la start-up dans la région Asie-Pacifique, en forgeant des partenariats technologiques plus forts et en formant les professionnels de soins utilisant la plateforme.

    • La start-up de technologie médicale et de diagnostic du cancer Clearbridge BioMedics a récolté 4,8 millions US$ (4,1M€) dans le cadre d’une levée de fonds pré OPI soutenue par des professionnels médicaux en oncologie et des investisseurs centrés sur les secteurs des soins et de la biotechnologie. La somme recueillie permettra de soutenir le développement des activités de Clearbridge et de ses innovations technologiques, le recrutement de nouveaux talents et les dépenses liées à son entrée en bourse, prévue pour le dernier trimestre de 2018.

  • Singapore: 3 eHealth startups raise a total of more than US$13m

    Three Singapore-based health tech start-ups raised in early July 2018 a total amount of more than 13 million US$ (€1m):

    • Doctor Anywhere , a telemedicine start-up offering video-based consultations, raised US$ 4.1 million (€3.5m) in a Series A round led by Singapore-based Kamet Capital Partners. This amount will help it to continue developing its products and services in order to help boost healthcare accessibility in the city-state, grow its team and explore new business verticals.

    • Homage, a mobile app that connects elderly people in need of on-demand caregiving services with practitioners, raised US$4.15 million (€3.6m) in a Series A co-led by South Asian venture capital firm Golden Gate Ventures and HealthXCapital, a health tech-centric venture capital fund. These founds will go towards the firm’s expansion plans in the Asia Pacific region, forging stronger technology partnerships, and training the care professionals using the platform.

    • Medical technology and cancer diagnostics firm Clearbridge BioMedics raised US$4.8 million (€4.1m) in pre OPI round backed by oncology medical professionals and investors focused in healthcare and biotechnology. The funds raised will be used to support Clearbridge’s business expansion, technology development, talent recruitment, and expenses related to its potential listing, scheduled for the last quarter of 2018.

  • Lancement du 3ème plan national maladies rares pour la période 2018-2022

    A l’occasion des 2èmes rencontres des maladies rares, le 4 juillet 2018, Agnès BUZYN, ministre des Solidarités et de la Santé, et Frédérique VIDAL, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, ont officiellement lancé le 3ème plan national maladies rares pour la période 2018-2022.

    Il assurera la continuité des deux précédents plans nationaux afin d’aller plus loin dans le partage de l’innovation, de lutter contre l’errance diagnostique et de favoriser la prise en charge des 7000 maladies rares qui concernent en France à l’heure actuelle plus de 3 millions de patients.

    Pour atteindre ces objectifs, le plan est articulé autour de 11 axes dont 4 sont centrés sur l’innovation.

    Aperçu des 11 axes du plan 

    Il est prévu que chaque axe soit piloté par un porteur national chargé de développer des « fiches action » détaillées définissant notamment un calendrier de déploiement de ces actions. Chaque porteur national travaillera en collaboration avec des associations de malades et des professionnels afin de garantir une rigueur éthique et de favoriser la réduction des inégalités sociales.

    Les 11 axes sont articulés autour de 4 objectifs principaux :

    • permettre l’établissement d’un diagnostic précis de maladie rare moins d’un an après la première consultation spécialisée ;
    • favoriser la recherche et l’innovation pour inventer de nouvelles prise en charge afin d’améliorer la qualité de vie et l’autonomie des personnes malades ;
    • partager les connaissances et savoir-faires sur les maladies rares pour sensibiliser le public et former les professionnels ;
    • moderniser les organisations et optimiser les financements nationaux afin de soutenir au mieux la prise en charge des malades.

    Les axes encadrant et favorisant l’innovation

    Axes 1 et 2 : Réduire l’errance et l’impasse diagnostiques, faire évoluer le dépistage prénatal et les diagnostics prénatal et préimplantatoire

    Chacun de ces deux axes comporte sept actions majeures, qui visent à encadrer des innovations plus organisationnelles que techniques.

    En effet, pour favoriser le diagnostic et le dépistage, l’accès aux dernières avancées de la recherche doit être soutenu par :

    • une offre de diagnostic génétique ou non génétique mieux structurée : l’accès aux plateforme de séquençage à très haut débit du Plan France Médecine Génomique 2025 devrait être mieux défini, des réunions de concertation pluridisciplinaires devraient être réalisées plus systématiquement, le nombre de patients pris en charge dans les Centres de référence maladies rares (CRMR) devrait augmenter ;
    • une meilleure et plus grande utilisation des technologies numériques : le traitement des données de la Banque nationale de données maladies rares (BNDMR) devrait permettre la mise en place d’un observatoire du diagnostic et la constitution d’un registre national dynamique des personnes en impasse diagnostique, le consentement électronique interactif à la démarche diagnostique génétique devrait être mis en œuvre ;
    • la révision de la loi de bioéthique : des réflexions bioéthiques devraient permettre d’adapter l’accès au diagnostic prénatal à l’évolution des technologies, d’accélérer la mise en place de nouveaux dépistages néonataux, etc.

    Axe 3 : Partager les données

    L’enjeu du partage des données entre tous les acteurs intervenant auprès des personnes atteintes de maladies rares est de fournir les indicateurs nécessaires au suivi du plan, de générer de nouvelles connaissances sur les maladies rares, de mieux évaluer certaines pratiques professionnelles ou la faisabilité d’essais cliniques, etc.

    Aussi, cet axe est articulé autour de trois actions principales. Chacune se rapporte à une source particulière de données.

    • La première action concerne le déploiement de la BNDMR dans les CMR. La question de la connexion de cette banque aux systèmes d’information hospitaliers est par ailleurs abordée afin de recueillir des données de soins nominatives ensuite anonymisées au sein d’un « entrepôt national maladies rares ».
    • La seconde se rapporte à la collection des données clinico-biologiques, de cohortes et de registres. Dans ce cadre, l’INSERM participera à l’ »implementation network » maladies rares dont l’objectif est de définir des standards d’interopérabilité des entrepôts de données sur les maladies rares.
    • La dernière définit des conditions de réutilisation de données recueillies par des outils de e-santé dans une visée de recherche, de mise en place du consentement électronique dynamique, etc.

    Axe 6 : Favoriser l’émergence et l’accès à l’innovation

    Cet axe, également articulé en 3 actions majeures, concerne :

    • la création d’un groupe de coordination de l’innovation sur les maladies rares réunissant tous les acteurs de l’innovation sur les maladies rares et chargé d’organiser le partage des informations et de nouvelles stratégies d’innovation ;
    • d’accompagner l’accès au marché de l’innovation pour les maladies rares ;
    • de favoriser la mise en place de dispositifs de recherche et de développement spécifiques au domaine des maladies rares.

    Pour plus de détails, une présentation complète du plan est disponible via ce lien.

  • « L’intelligence humaine doit rester décisionnaire » face à l’IA en santé(Colloque Ethik IA-Sénat) 1/2

    L’initiative Ethik-IA organisait au Sénat, le lundi 2 juillet 2018, un séminaire intitulé « Pour une régulation positive de l’IA et de la robotisation en santé : le temps est compté ! ».

    Health & Tech Intelligence vous propose une synthèse en deux parties des interventions de la table-ronde intitulée « IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ? ».

    Cette première table-ronde réunissant les personnalités suivantes : Dr Isabelle ADENOT, Membre du Collège de la Haute autorité de santé ; Thomas LONDON, Directeur Santé chez Mc Kinsey ; Pr Lydia MORLET, Institut Droit Santé Paris-Descartes ; Fabrice WAECHTER, Président de l’ADIJ ; David FAJOLLES, Professeur Affaires publiques Sciences Po Paris ; Michel BALLEREAU, Président COS AFNOR, Délégué général FHP ; Magali LEO, Renaloo ; Yvanie CAILLE, Directrice générale de l’INDS ; Jérôme CHEVILLOTE, Directeur General Electrics France.

    Face à l’IA, « l’intelligence humaine doit rester décisionnaire », M. Lenoir-Salfati, Directrice de l’Agence nationale du DPC

    Une étude récente a montré qu’un système d’IA commettait moins d’erreurs que des dermatologues lors du diagnostique du mélanome

    En guise d’introduction, Michèle Lenoir-Salfati, Directrice générale de l’Agence nationale du développement professionnel continu, a évoqué les conséquences de l’irruption de l’intelligence artificielle sur les ressources humaines hospitalières, médicales et médico-sociales. 

    L’IA fait désormais partie intégrante de la recherche et de la pratique médicales. L’intervenante évoque une étude, parue le 28 mai 2018 dans la revue Annals of Oncology, intitulée « Man against machine: diagnostic performance of a deep learning convolutional neural network for dermoscopic melanoma recognition in comparison to 58 dermatologists », dont les conclusions montrent deux choses :

    • l’IA est capable d’assurer le dépistage du mélanome ;
    • elle le fait également « mieux » que la quasi totalité des 58 dermatologues sollicités dans le cadre de cette enquête.

    Les chercheurs en concluent donc à l’utilité du recours à l’IA par les professionnels de santé lors de la phase de diagnostique clinique.

    Les modalités de raisonnement des IA sont « opaques »

    « L’irruption de l’intelligence artificielle interroge l’expérience professionnelle. Elle étonne, fascine et inquiète » les professionnels amenés à y recourir. Michèle Lenoir-Salfati.

    La Directrice générale de l’Agence nationale du Développement professionnel continu met en évidence trois difficultés induites par l’IA pour les professionnels agissant de les champs médical et médico-social :

    • Quelle confiance faut-il accorder aux outils de l’intelligence artificielle ?
      • L’IA utilise des algorithmes de deep learning dont le fonctionnement n’est que partiellement compris. Leurs concepteurs admettent qu’il existe une « opacité » constitutive de cet apprentissage profond (deep learning) et qu’ils ignorent les modalités de raisonnement d’une IA ;
      • A ce titre, « l’intelligence humaine doit rester décisionnaire » rappelle l’intervenante, ce qui nécessite d’entretenir et de pérenniser le dialogue interdisciplinaire entre les logiciens, éditeurs, concepteurs, informaticiens et éthiciens.
    • Il convient par ailleurs « de former les professionnels de santé aux enjeux, usages et outils de l’IA », ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, rappelle Mme Lenoir-Salfati.
      • L’Agence nationale du DPC a, à ce titre, pris un arrêté relatif au développement professionnel pour y intégrer l’IA et ses usages. Sa parution au Journal Officiel est imminente ;
      • L’Agence nationale du DPC entend également élaborer des référentiels d’usages, de compétences et de formation à destination des professionnels, et mobiliser de nouvelles ressources pour développer ses compétences en matière d’IA sur les volets théoriques et pratiques.
    • Enfin, les professionnels de santé doivent être en mesure de faire face à ces évolutions. L’oratrice considère que l’IA aura des conséquences sur la répartition des compétences entre professionnels de santé.
      • Des protocoles de coopérations doivent ainsi voir le jour, inspirés notamment de l’article 59 de la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (dite loi « HPST ») ;
      • L’IA sera un « levier de nouvelles prises en charge interdisciplinaires », conclut-elle.

    Table-ronde 1 : IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ?

    Session coordonnée par Maître Delphhine JAAFAR (Cabinet Vatier) et Julia PETRELLUZZI (Ethik IA)

    Selon quelle périodicité évaluer des technologies en évolution constante ? – Dr Isabelle ADENOT, Membre du Collège de la Haute Autorité de Santé

    De la conception à l’utilisation des algorithmes

    Cette position exprimée par le Dr Adenot lors du colloque, est complétée par la « Contribution de la HAS aux débats des Etats-généraux des lois de Bioéthique » (audition du 27 avril 2018), dont le contenu est accessible ici.

    Mme Adenot rappelle que de nombreuses normes existent pour la conception et la gestion de logiciels et dispositifs médicaux. Il en va autrement pour la conception et la gestion des algorithmes d’intelligence artificielle. « Il n’existe en effet pas de disposition spécifique à l’IA », rappelle la HAS lors de son audition du 27 avril 2018.

    Cependant, les dispositions de la loi informatique et libertés (article 34) et du RGPD s’appliquent à l’IA, car il s’agit de traitement de données, notamment concernant les obligations du responsable de traitement sur la qualité des données.

    La HAS recommandait à ce titre que :

    • les acteurs soient formés, y compris à l’éthique ;
    • des bonnes pratiques de développement de l’IA soient édictées, et qu’un cadre normatif soit éventuellement créé ;
    • que la recherche IA soit encouragée, y compris dans le domaine éthique.

    L’évaluation de l’algorithme

    Plusieurs questions se posent pour la HAS quant à l’évaluation des algorithmes :

    • La question du périmètre de l’évaluation

    La finalité de l’évaluation réalisée par la HAS est d’identifier et de quantifier les bénéfices cliniques pour le patient et la collectivité de toute intervention en santé. Le processus de production de cette intervention est toutefois exclu du champ d’évaluation de la HAS.

    • La question du rythme et de la fréquence de l’évaluation

    Comment évaluer des technologies évolutives ? S’agissant de logiciels et d’algorithmes en constante évolution par adjonction de nouvelles données, Isabelle Adenot considère que l’évaluation devrait théoriquement intervenir en continu afin de rendre compte « réellement » du service rendu par l’outil. Cela s’avère délicat, sauf à opérer par « versioning » ou « intégrer les apports de l’intelligence artificielle au cœur même de l’évaluation », rappelle la HAS dans sa contribution aux Etats généraux de la Bioéthique.

    Ainsi, « le fabricant ou le fournisseur doit se voir imposer de réaliser des contrôles et des évaluations périodiques et traçables, pour garantir l’absence de dégradation de son « produit » », à travers notamment une « garantie de non régressivité », préconisée par Isabelle Adenot.

    • La question de la finalité des outils d’intelligence artificielle

    La finalité des outils d’intelligence artificielle doit être prédéterminée et l’absence de modification (comme le prévoient la loi Informatique et Libertés et le RGPD) doit être garantie, afin d’éviter que l’intelligence artificielle apprenante invente des recoupements de données indésirables.

  • EIT Health Validator : un nouvel incubateur de 10 start-ups health tech européennes

    Le EIT Health Validator, un tout nouveau programme européen d’incubation, a été lancé la semaine du 18 juin 2018. Hébergé par le pôle « Innovation & Entrepreneurship » au Trinity College Dublin en collaboration avec l’European Institute of Innovation & Technology (EIT Health), il est ouvert aux start-ups health tech fondées en Europe.

    Cet incubateur, le premier du genre en Irlande, vise à identifier de nouvelles technologies qui favorisent un mode de vie sain, soutiennent le vieillissement actif et améliorent les systèmes de santé. Il permettra aux sociétés en phase de démarrage participantes de valider leurs idées commerciales et d’identifier les marchés appropriés à leurs produits.

    Parmi les 10 start-ups sélectionnées – provenant d’Irlande, d’Allemagne, des Pays-Bas, d’Espagne, de Finlande, de Pologne et de Lettonie – figure Praxagoras (Pays-Bas), à l’origine d’un système de surveillance conçu pour aider les généralistes à détecter de manière précoce la fibrillation auriculaire, signe d’un risque élevé d’AVC ou d’insuffisance cardiaque.

    Toutes les équipes participeront à six semaines d’activités intensives de validation et de mentorat au sein du Trinity College. Dans le but d’obtenir rapidement une validation de leurs solutions sur plusieurs marchés, elles effectueront ensuite une tournée de deux semaines en Europe dans quatre centres universitaires spécialisés en technologie de la santé :
    • la Grenoble École de management – Grenoble EM (France) ;
    • l’université de technologie de Delft – TU Delft (Pays-Bas) ;
    • l’Imperial College London (Angleterre) ;
    • l’université de Newcastle – Newcastle upon Tyne (Angleterre).

    Les start-up participant à l’édition Validator 2018 sont :

    Des innovations attendues prochainement sur le marché

    Les équipes du Validator 2018 sont composées de chercheurs en santé et en sciences, de professionnels de la santé, d’ingénieurs en logiciel, d’innovateurs spécialisés en numérique, d’experts en pharmacie et en dispositifs médicaux ainsi que de développeurs d’affaires.

    Pour intégrer le programme, les dix start-ups retenues ont dû prouver la pertinence de leur technologie, qui doit permettre un bénéfice sanitaire mesurable pour la société pouvant être fourni dans un délai réaliste.