Christine Gardel, directrice générale de l’Agence régionale de santé de Normandie, a présenté le 13 juillet 2018 les grandes lignes du projet régional de santé (PRS) 2018-2022 aux élus du département.
Les trois principes fondateurs du PRS sont :
– l’accompagnement de la transformation du système de santé : dans ce cadre, un crédit de 10 M € sera versé aux Ehpad ;
– la lutte contre les inégalités sociales et territoriales ;
– le renforcement de la prévention afin d’améliorer la qualité du parcours de santé et de vie des patients.
Le développement de la télémédecine fait par ailleurs partie des préoccupations centrales de l’ARS, qui envisage notamment la signature d’une charte partenariale sur cette pratique.
À l’unanimité, les élus ont pris acte de cette présentation du PRS, émettant cependant quelques réserves dans l’attente des prévisions budgétaires et de l’agenda à convenir pour la mise en place des diverses solutions proposées.
Un focus sur la télémédecine
« Le PRS fait de la télémédecine et de l’innovation technologique des leviers majeurs pour améliorer notre système de santé », insiste le communiqué.
Objectif : « renforcer l’accès territorial aux soins et abolir les distances ».
En 2017, 4,8 millions d’euros ont été versés par l’ARS de Normandie pour soutenir les actions de télémédecine et pour l’équipement de 39 Ehpad, soit 5 200 résidents concernés.
Solutions envisagées :
- La généralisation des usages de la télémédecine (téléconsultation, télé-expertise, télésurveillance), en particulier pour les résidents des Ehpad.
- La signature d’une charte partenariale sur la télémédecine afin de mettre en synergie les différents acteurs du secteur.
Les 3 principes fondateurs du PRS
La lutte contre les inégalités sociales et territoriales
Les diagnostics réalisés dans le cadre de ce PRS ont confirmé « une situation régionale marquée par de fortes inégalités sociales et territoriales, entre les départements, mais aussi et surtout à l’échelle infra-départementale », indique l’ARS dans un communiqué.
Ces réalités étant différentes d’un territoire à l’autre, le projet ne prendra pas la forme d’un plan d’actions régional mais servira avant tout de cadre afin de mettre en place des actions « sur-mesure » pour chaque territoire.
Ces initiatives seront entreprises au sein des conseils territoriaux de santé et les CLS seront les outils utilisés pour agir et rendre compte.
L’objectif premier du projet est de pallier « le creux démographique des professions de santé » : médecins proches de la retraite, modes d’organisation à revoir, revendication d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée de la part des professionnels de santé. « Il faut rendre l’exercice attractif », estime Christine Gardel (source : Ouest-france.fr).
Première solution envisagée : la multiplication des pôles de santé. La Normandie en compte 16 actuellement, 11 sont en construction et 7 en projet.
L’Agence régionale de santé espère également réduire les inégalités d’accès aux soins en développant la télémédecine (cf. 1er paragraphe).
Accompagner la transformation du système de santé
L’ARS vise une évolution progressive de l’hospitalisation à temps complet vers des prises en charge ambulatoires, hors les murs de l’hôpital, afin de « répondre à des enjeux d’efficience du système de santé tout en répondant aux attentes des usagers ».
Exemple : proposer un accompagnement adapté aux spécificités et besoins des publics (personnes âgées en perte d’autonomie ou en situation de handicap) pour permettre un maintien à domicile dans l’optique de « poursuivre un développement ambitieux des services par transformation de l’offre existante d’hébergement ».
Parmi les solutions envisagées : « Un crédit de 10 millions d’euros sera attribué aux Ehpad », a annoncé la directrice de l’ARS de Normandie (source : Ouest-france.fr).
Faire de la prévention le premier levier de la qualité du parcours de santé et de vie
L’idée est d’agir sur « les déterminants de santé », soit, par exemple, la promotion de comportements individuels favorables à la santé par la prévention des pratiques addictives, les campagnes sur la santé environnementale et la santé au travail.
Plusieurs solutions sont en cours d’étude à ce sujet, dont :
- le développement de l’intervention précoce auprès des personnes ayant un comportement addictif ;
- l’ouverture en 2019 d’un centre régional de coordination des dépistages des cancers ;
- l’optimisation des centres de vaccination.
« Il va falloir faire du sur-mesure en tenant compte de la réalité de chaque territoire, a déclaré la directrice à propos de l’ensemble du projet quinquennal. [Nous n’avons] pas les mêmes problématiques à Vire qu’à Deauville ou à Caen », ajoutant que le contexte avait « énormément évolué, tant au niveau du vieillissement de la population que de l’évolution des technologies » (source : Ouest-france.fr).
Les élus « dans l’attente d’un (…) positionnement plus détaillé »
Seules les lignes directrices du projet ont été présentées pour le moment.
Les élus départementaux ont exprimé quelques réserves à la suite de la présentation réalisée par la directrice de l’ARS de Normandie. « Non pas sur vos analyses, que nous partageons, mais sur les moyens de les mettre en œuvre. Quand ? Comment ? Combien ? », a résumé Jean-Léonce Dupont, président du conseil départemental du Calvados.
Christine Gardel n’a pas été en mesure d’apporter des précisions à ce stade.
À l’unanimité des élus, le département a pris acte de cette présentation du plan régional de santé, « avec des réserves et dans l’attente d’un prochain document précisant un positionnement plus détaillé ».