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  • AVC : l’hôpital Foch développe une appli de suivi et de coordination des soins par géolocalisation

    « Suivre en temps réel l’arrivée d’une victime » d’un accident vasculaire cérébral (AVC) pour « faciliter la coordination des équipes de santé » et des moyens de transport, et « permettre une réduction des délais de diagnostic et de prise en charge des patients. » C’est l’objectif de l’application de géolocalisation Alert’AVC, lancée par l’Hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine) à l’occasion de la journée mondiale des AVC le 29 octobre 2019, après 12 mois de développement.

    Téléchargeable via IOS ou Androïd, l’application Alert’AVC  est utilisable par les professionnels de santé après authentification.

    L’AP-HP précise dans un communiqué daté du 30 octobre que les deux lignes de traitement des AVC qui existent actuellement en France, la thrombolyse et la thrombectomie, nécessitent toutes deux « une prise en charge extrêmement rapide de la victime » et la coordination de 10 à 15 professionnels : Samu, pompiers, infirmières, neurologues, radio-neurologues, anesthésistes et chirurgiens. « Chaque demi-heure perdue représente 15 % de chance de récupération en moins » pour une victime d’AVC, souligne le neurologue Bertrand Lapergue, coordinateur scientifique du projet. « Cette connaissance précise de l’arrivée des victimes dans un centre de soins spécialisé est fondamentale : elle détermine l’efficacité des nombreuses avancées thérapeutiques actuelles. »

    L’hôpital Foch souligne qu’une personne est touchée par un AVC en France toutes les 4 minutes (chiffre Inserm) mais aussi que ces accidents représentent « la première cause de handicap acquis chez l’adulte » et « la première cause de mortalité des femmes en France ». Un quart des personnes victimes d’un AVC en décèdent, la moitié survivent avec un handicap.

    Description du fonctionnement de l’application Alert’AVC :

  • Étude – diabète et HTA : l’inertie clinique limite les économies permises par les apps mobiles (JMIR)

    Les applications mobiles visant à modifier les habitudes hygiéno-diététiques de patients atteints d’affections cardio-métaboliques, telles que le diabète de type 2 ou l’hypertension artérielle (HTA), permettraient de diminuer les coûts des prises en charge des individus touchés par ces maladies.
    Cependant, l’inertie clinique des prescripteurs s’avère être une limite à l’efficience économique de ces nouvelles prises en charge digitales adjointes aux traitements conventionnels : les médecins semblent tarder à diminuer les posologies des médicaments prescrits face à la rapide diminution du taux d’HbA1C et de la pression artérielle des patients, générant des dépenses de santé inutiles et réduisant les économies permises par ces applications. 

    C’est à ces conclusions que sont parvenus les auteurs d’une étude sur le sujet menée aux États-Unis, publiée le 9 octobre 2019 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Ce travail, qui survient dans le contexte d’un intérêt grandissant des spécialistes de la santé pour les thérapies digitales et les applications mobiles, doit cependant être complété par d’autres études. En effet, les résultats de cette recherche soulèvent de nombreuses questions qui demeurent sans réponse, comme le fait de savoir comment il serait possible de lutter efficacement contre l’inertie clinique sans culpabiliser les prescripteurs.

    Contexte de l’étude

    Efficacité des interventions visant à modifier les comportements

    Plusieurs études ont démontré que les interventions visant à modifier les comportements, les modes de vie et à pousser les individus à adopter des habitudes hygiéno-diététiques plus saines :

    • améliorent les résultats biologiques et cliniques des patients atteints de troubles métaboliques ;
    • peuvent conduire à la réduction des posologies des traitements médicamenteux des patients, voire à l’abandon de ces pharmacothérapies.

    Ces programmes semblent particulièrement efficaces dans la prise en charge des patients atteints :

    • de diabète de type 2 (réduction du taux d’hémoglobine glyquée HbA1C) ;
    • d’hypertension artérielle (contrôle de la pression artérielle systolique) ;
    • d’hyperlipidémie (réduction de la cholestérolémie et du taux de lipoprotéines de faible densité ou LDL).

    Efficacité des applications mobiles comme support de ces interventions

    « Plus récemment, il a été démontré que les applications logicielles mobiles constituent des plateformes efficaces permettant de proposer des interventions comportementales aux patients atteints de maladies cardiométaboliques et addictives », indiquent les auteurs de ce travail de recherche. Par exemple, une étude menée auprès de patients diabétiques a montré qu’une application mobile dont l’utilisation était assistée par une équipe de soins permettait de réduire les taux d’HbA1C (marqueur du diabète de type 2) de 0,8 à 1,3 % sur une période de 3 mois. Un dispositif similaire dédié aux patients hypertendus a par ailleurs montré une capacité à réduire la pression artérielle des patients de 11 à 17,6 mmHg sur une période d’étude de 3 mois également.

    L’efficacité apparente de ces supports mobiles résiderait, selon une hypothèse, dans le caractère à la fois ludique et accessible de ces applications alors souvent utilisées non occasionnellement mais plusieurs fois par jour par les patients : les programmes proposés sur ces supports peuvent donc être suivis intensivement.

    L’engouement pour ces plateformes mobiles peut par ailleurs s’expliquer par la facilité de mise en œuvre des programmes qu’elles permettent à l’échelle d’un établissement de santé, d’une région, voire d’un pays : recourir à des applications mobiles permet de proposer des interventions comportementales à une population plus vaste que lors de sessions à suivre physiquement mais individuellement auprès de professionnels de santé, pour une coût réduit.

    Cependant, si ces dispositifs mobiles sont efficaces, leur efficience économique a encore été peu étudiée : l’objectif des auteurs de l’étude était précisément d’évaluer les potentielles économies que ces applications permettaient de réaliser par rapport à une prise en charge conventionnelle seulement médicamenteuse.

    Méthodes : une étude menée sur 3 ans

    Des patients suivis pendant 3 ans pour ne pas surévaluer les économies potentiellement réalisées

    Une période d’étude de 3 ans a été choisie par les auteurs pour évaluer l’efficience des interventions comportementales proposées via des applications mobiles. Cette durée a été choisie car aux États-Unis, où cette recherche a été menée, les programmes visant à corriger des habitudes diététiques peinent à être suivis au long cours par les patients, qu’ils soient dispensés en présentiel ou à distance via des applications. En effet, de nombreux patients abandonnent ces programmes après 1 an. Aussi, étudier l’efficience d’applications mobiles pendant 3 ans permet de ne pas surévaluer les économies potentiellement réalisées, plus importantes dans les premières semaines suivant l’instauration du programme qu’au cours des mois suivants.

    Le modèle : 2 grandes cohortes de patients observées

    Le modèle d’étude était fondé sur l’observation de deux grandes cohortes de patients. La première a reçu uniquement un traitement pharmaceutique, l’autre a bénéficié en plus des ces traitements conventionnels d’un accès à une application mobile permettant de suivre un programme d’hygiène alimentaire et d’incitation à la pratique régulière d’une activité physique.

    Ces deux grands types de cohortes ont rassemblé soit des individus souffrant plus ou moins sévèrement de diabète de type 2, soit des patients plus ou moins sévèrement hypertendus.

    L’étude visait à observer l’évolution des marqueurs biologiques ou cliniques (taux d’hémoglobine glyquée dans le diabète de type 2, pression artérielle systolique dans l’hypertension artérielle) des patients de chaque cohorte, et à suivre la progression des coûts associés à la prise en charge de tous ces patients.

    Évaluation des coûts : les programmes d’hygiène évalués concernent des patients non insulino-dépendants

    Le coûts des médicaments et des complications liées au diabète et à l’hypertension artérielle ont été évalués sur la base de récentes revues de la littérature américaine.

    Les coûts liés à l’insulinothérapie n’ont pas été pris en compte : les programmes d’hygiène évalués par l’étude concernent des patients non insulino-dépendants (de tels programmes ne sont généralement pas adaptés pour les patients insulino-dépendants).

    Résultats : des économies liée à la réduction des posologies de médicaments

    Les auteurs de l’étude ont estimé que la combinaison traitement conventionnel – programme visant à modifier les habitudes hygiéno-diététiques dispensé via une application mobile permettait de réaliser, par rapport à une pharmacothérapie seule :

    • 83 dollars (75 euros) d’économies par patient diabétique et par mois la première année du programme, puis 174 (157 euros) et 178 dollars (160 euros) d’économies par patient diabétique et par mois la deuxième et la troisième année ;
    • 70 dollars (63 euros) d’économies par patient hypertendu et par mois la première année du programme, puis 113 (102 euros) et 107 dollars (96 euros) d’économies par patient hypertendu et par mois la deuxième et la troisième année.

    La majeure partie de ces économies est liée à la réduction des posologies de médicaments permise par les applications mobiles, et dans une moindre mesure à la diminution du nombre d’hospitalisations pour complications également autorisée par l’adjonction de ce genre de dispositifs aux traitements conventionnels.

    Des économies plus importantes dans le cadre du traitement du diabète de type 2 que dans celui de l’HTA :

    Bien que les applications mobiles semblent être légèrement plus efficaces cliniquement dans la prise en charge de l’hypertension artérielle que dans la prise en charge du diabète de type 2, les économies réalisées semblent par ailleurs plus importantes dans le cadre du traitement du diabète du type 2 que dans celui de l’hypertension artérielle car :

    • le coût moyen des médicaments antidiabétiques est supérieur à celui des antihypertenseurs ;
    • le diabète de type 2 est associé à un plus grand risque d’hospitalisation que l’hypertension artérielle.

    Les applications mobiles semblent avoir été particulièrement efficientes dans la prise en charge des patients les plus sévèrement atteints recrutés pour l’étude (présentant, à l’initiation de la recherche, un taux d’HbA1C supérieur à 7,5 % ou une pression artérielle supérieure à 130 mmHg).

    Des économies moins importantes la 1ère année d’étude que les 2 suivantes

    Les économies estimées par les auteurs sont moins importantes la première année d’étude que les deux suivantes, et ce malgré la prise en compte de l’abandon de l’application par de nombreux patients après la première année du programme, car :

    • la réduction des posologies de médicaments tarde à être mise en place malgré un contrôle du taux d’HbA1C ou de la pression artérielle assez précoce. Ceci est lié à une certaine inertie clinique des prescripteurs (résistance à la modification des prescriptions par les médecins) ;
    • la réduction du nombre d’hospitalisations tarde également à survenir, en lien avec la même inertie clinique.

    Le recours à des applications mobiles visant à modifier les habitudes de vie des patients permet donc d’augmenter l’efficience économique des prises en charge médicamenteuses qui, mises en place seules, sont associées à des surcoûts. L’inertie clinique manifestée par les prescripteurs peut néanmoins diminuer les économies autorisées par le recours à ces nouvelles thérapies digitales.

    Des logiciels d’aide à la décision clinique pour lutter contre l’inertie clinique

    Lutter contre l’inertie clinique

    De plus amples recherches doivent être menées à propos de l’impact notamment économique de l’inertie clinique.

    Cependant, les auteurs de l’étude s’interrogent quant à de potentielles mesures permettant de lutter contre cette inertie clinique. Une des solutions qu’ils envisagent pour résoudre ce problème concerne l’utilisation de logiciels d’aide à la décision clinique.

    Limites de l’étude

    Le diabète et l’hypertension artérielle sont des affections chroniques : des études complémentaires doivent être menées sur de plus longues durées, idéalement en conditions de vie réelle.

    Les coûts associés aux éventuels effets indésirables de ces nouvelles prises en charge combinant pharmacothérapies et interventions comportementales sur support mobile doivent par ailleurs être mieux pris en compte dans des recherches futures, au même titre que les dépenses associées à une mauvaise observance de ces nouvelles prescriptions.

    Au fur et à mesure que des applications sont développées, de plus en plus de patients suivent dans le même temps différents programmes similaires à ceux utilisés au cours de cette étude : les économies observées n’ont-elles été dues qu’aux dispositifs mobiles étudiés ? L’effet éventuellement synergique de diverses applications devrait être analysé dans le futur.

    Enfin, les coûts des prises en charge étant assez différents aux États-Unis et dans d’autres pays tels que la France, ce travail de recherche devrait être complété par des études menées au sein d’autres systèmes de santé tels que le NHS (Royaume-Unis) ou la Sécurité Sociale française.

  • Doctopsy (ex Doctoconsult) lance Mon Sherpa, appli mobile d’accompagnement psychologique

    Apporter un suivi complet à toutes les personnes qui ont besoin d’un soutien et d’un accompagnement psychologique à un moment difficile de leur vie. C’est l’objectif de Mon Sherpa, une application mobile lancée courant octobre 2019 par Doctoconsult, rebaptisé « Doctopsy » il y a quelques semaines. Les premières pathologies ciblées sont l’anxiété, le stress, les troubles du sommeil et la dépression légère. Suivront l’addiction, la phobie et l’autisme asperger, indique la société dans un communiqué.

    La solution fonctionne autour d’un chatbot (ou agent conversationnel), qui dialogue avec l’utilisateur pour comprendre ses besoins afin de lui proposer un programme personnalisé basé sur des thérapies cognitives et comportementales (TCC) : techniques de pleine conscience, de visualisation, de respiration, de yoga, de méditation, ACT, etc. Les activités et le contenu éditorial de l’appli ont été rédigés par des médecins, des psychologies et des assistantes sociales.

    Le développement de l’outil a été supervisé par un conseil scientifique composé de médecins psychiatres, de psychologues, de chercheurs du CNRS et de l’ICM. « [La solution] a été utilisée pendant plusieurs semaines auprès de bêta-testeurs qui souffraient de ces pathologies avant d’être mise sur le marché », précise Doctopsy, ajoutant que des médico-économiques sont en cours d’élaboration « pour valider son impact sur ces personnes en souffrance psychologique qui n’ont aujourd’hui que très peu de solutions au quotidien ».

    Dans le cadre d’un sondage OpinionWay pour Doctopsy réalisé au lancement du projet auprès de patients ayant souffert de pathologie mentale, 59 % des personnes interrogées (sur 305) ont indiqué percevoir un intérêt à utiliser une application comme Mon Sherpa (30 % citent cependant des éléments négatifs, dont un manque d’intérêt).

    Un outil qui vise à « enrichir » le suivi médical et non à le remplacer

    « Aujourd’hui, de nombreuses personnes en souffrance psychologique n’ont aucune aide à leur disposition. D’autres sont suivies par un médecin mais la durée entre deux consultations peut être importante. Or on sait que dans ces pathologies, un accompagnement au quotidien est un vrai facteur clé de guérison, commente le Dr Fanny Jacq, psychiatre et fondatrice de Doctoconsult, rebaptisée en octobre « Doctopsy » (communiqué). Mon Sherpa est une solution globale et complète d’accompagnement psychologique, qui ne remplace pas bien sûr le suivi médical mais vient l’enrichir. »

    Une sécurisation et une anonymisation « absolues des données »

    L’appli est disponible sur l’Apple Store (offre Freemium : 5,99€/mois).

    Doctopsy garantit une sécurisation et une anonymisation « absolues des données » recueillies par la solution. Les patients peuvent, s’ils le souhaitent, partager leurs données d’activité et d’humeur avec leur médecin.

    Enseignements clés du sondage OpinionWay pour Doctopsy

    La téléconsultation, un acte encore peu courant dans la pratique des médecins et le suivi des patients

    Application type Mon Sherpa : un engouement global pour les patients sondés, quoique certains critiquent son manque d’intérêt

    Histoire de Doctopsy et solutions proposées

  • Withings lance la division Med Pro pour aider les professionnels à suivre à distance les patients

    Med Pro Care et Med Pro Data sont 2 solutions conçues pour aider les acteurs du monde de la santé à suivre des patients à distance et à analyser leurs données par l’intermédiaire des objets connectés développés par Withings, une société française qui – pour rappel – a été vendue à Nokia en 2016 et finalement rachetée en 2018 par son co-fondateur Eric Carreel. Les 2 outils sont lancés par Withings Med Pro, la nouvelle division « santé » de l’entreprise dédiée aux partenaires BtoB, dévoilée le 28 octobre 2019.

    L’ensemble des dispositifs connectés de Withings peuvent mesurer et suivre plus de 20 paramètres vitaux différents comme la pression artérielle, le rythme cardiaque via électrocardiogramme, le poids, la fréquence cardiaque, le niveau d’activité et les habitudes de sommeil, indique la société dans un communiqué. Les 2 nouvelles solutions pourront être reliées à ces différents objets.

    • Med Pro Care : plateforme de suivi à distance – confirme à la norme HDS – via laquelle les médecins, les établissements médicaux et les instituts de recherche peuvent accéder en temps réels aux données physiologiques de plusieurs patients pour mieux les gérer et ainsi fluidifier la communication entre administrateurs, coordinateurs et patients ;

    • Med Pro Data : solution qui permet aux sociétés tierces, telles que les développeurs de programmes de coaching ou les instituts de recherche, d’utiliser les produits Withings pour collecter, analyser et retransmettre les données de leurs utilisateurs au sein de leur propre environnement, site web ou application mobile.

    Des solutions personnalisables

    Med Pro Care :

    Les professionnels peuvent choisir eux-mêmes les paramètres vitaux sur lesquels ils souhaitent programmer des alertes mais aussi gérer le niveau de rappels et d’alertes à recevoir pour chaque patient.

    Par le biais de l’outil, les équipes de soins ont aussi la possibilité de partager les notes qu’ils ont prises sur leurs patients et de se répartir les actions à entreprendre.

    De leur côté, les patients peuvent recevoir des messages provenant directement de leurs soignants, être alertés par des rappels de prise et de partage des mesures mais aussi recevoir des conseils sur leur traitement.

    Med Pro Data :

    Withings propose aux professionnels de santé partenaires d’intégrer directement la solution dans leur infrastructure informatique pour qu’ils puissent eux-mêmes configurer l’objet connecté et permettre une retranscription continue des données du patient.

    « Cette technologie permet d’effectuer la configuration de l’objet connecté jusqu’à la retranscription continue des données, exclusivement dans l’environnement applicatif du partenaire », précise le fabricant (communiqué).

  • Facebook lance Preventive Health, outil de prévention basé sur les données d’acteurs institutionnels

    Facebook dévoile une nouvelle fonctionnalité orientée santé, baptisée « Preventive Health », centrée sur les deux principales causes de décès aux États-Unis, que sont les maladies cardiaques et le cancer, ainsi que sur la grippe saisonnière. Les ressources accessibles dans l’outil sont fournies par des acteurs de santé institutionnels, l’American Cancer Society, l’American College of Cardiology, l’American Heart Association et les Centers for Disease Control and Prevention, précise le groupe dans un communiqué publié le 28 octobre 2019 dans la « Newsroom » du réseau social par le Dr Freddy Abnousi, chef de la recherche en santé de Facebook.

    Les utilisateurs basés aux États-Unis pourront trouver la nouvelle fonctionnalité dans l’application mobile Facebook pour savoir quels examens (tests de cholestérol, mammographies, etc.) leur sont recommandés par les acteurs de santé partenaires en fonction de leur âge et de leur sexe. Des rappels de vaccins contre la grippe apparaîtront également à la période de l’année où cette maladie devient endémique. Preventive Health permettra aux utilisateurs de marquer le moment où les examens sont terminés, de définir des rappels pour des examens à venir et de trouver des informations sur ces examens ainsi que des établissements capables de leur prodiguer des soins pour un prix raisonnable.

    L’entreprise précise qu’une attention particulière sera portée à la protection des données privées.

    « Votre activité ne sera pas affichée publiquement ni partagée avec d’autres »

    « Votre activité dans « Preventive Health » ne sera pas affichée publiquement ni partagée avec d’autres, (…) elles ne peuvent donc pas être utilisées pour estimer votre éligibilité à une assurance, promet Erin Egan, chief privacy officer de Facebook (communiqué). Nous ne diffusons pas d’annonces basées sur les informations que vous fournissez dans « Preventive Health », notamment pour définir un rappel d’examen, le marquer comme terminé ou chercher un centre de soins ».

    Objectif : contribuer à une « prise de conscience » de la part des patients

    « Nous avons fourni notre contenu et nos ressources [à Facebook] pour inciter les Américains à prendre les mesures nécessaires [pour] abaisser leur tension artérielle, leur glycémie et leur cholestérol », indique le Dr Eduardo Sanchez, médecin en chef chargé de la prévention à l’American Heart Association. « L’une des principales raisons pour lesquelles les gens ne se font pas dépister est qu’ils ne sont pas conscients de leur propre risque, souligne de son côté le Dr Richard Wender, de l’American Cancer Society. Nous espérons que ce programme contribuera à une prise de conscience grâce à la diffusion de recommandations émanant d’autorités scientifiques ».

  • Cybersécurité : 80 % des professionnels de santé n’ont pas sécurisé tous leurs appareils (Kaspersky)

    Seuls 20 % des professionnels de santé ont une solution de sécurité sur tous les appareils qu’ils utilisent dans le cadre de leur activité, et 8 % sur une partie de ces appareils, alors même que 70% d’entre eux déclarent se sentir concernés par les questions de cybersécurité et de protection de la vie privée. C’est ce qu’affirme la société de cybersécurité Kaspersky sur la base d’une étude réalisée par Yougov pour sa filiale française auprès de 1 002 professionnels de santé de l’Hexagone. 

    • Les répondants déclarent préférer les appareils personnels pour créer, modifier ou partager des données de santé et se servent en priorité de leur smartphone (42 %), de leur ordinateur portable (29 %) et de leur tablette (17 %). Les équipements professionnels n’apparaissent que loin derrière, avec en tête l’ordinateur de bureau (8 %) : dans un communiqué daté du 25 octobre 2019, Kaspersky pointe une trop large variété d’appareils.

    • Pour le partage d’informations avec les patients, les professionnels interrogés privilégient l’e-mail (33 %), le SMS (27 %) et WhatsApp (11 %) : seuls 7 % des sondés déclarent utiliser une solution de chiffrage des emails ou d’une messagerie chiffrée et seuls 5 % d’entre eux chiffrent les données stockées sur leurs équipements.

    • Selon l’étude, le niveau de conscience évolue cependant, souvent après la survenue d’un incident :
    – 10 % des sondés admettent avoir été victime d’une fuite de données ou d’une attaque au cours des derniers mois, et 35 % de ces derniers ont installé une solution de sécurité sur tous les appareils qu’ils utilisent dans le cadre de leur activité, contre 18 % des sondés n’ayant pas été touchés par un incident de sécurité ;
    – 28 % des répondants victimes d’une attaque en ont installé sur une partie de ces appareils, contre 6 % des sondés épargnés ;
    – 17 % des répondants ayant subi un incident de sécurité ont eu recours au chiffrement, contre seulement 4 % chez les autres. 

    • Plus de la moitié des professionnels de santé (55 %) estiment « ne pas disposer des ressources et moyens nécessaires pour garantir efficacement la sécurité et la confidentialité des données numériques des patients ».
    Ils invoquent majoritairement un manque de connaissance et de formation sur le sujet (32 %) – seuls 11% ont été formés aux enjeux de cybersécurité au cours des 24 derniers mois – mais aussi un manque de ressources financières (17 %), la difficulté à concilier la protection des données avec les contraintes professionnelles liées à l’usage de ces données (14 %) et un manque de temps (13 %).

  • Étude : les applis de sport entraînent une augmentation modeste de l’activité physique (Lancet)

    Une étude* financée par la Stanford Data Science Initiative montre que des interventions de coaching sur smartphone, via des applications mobiles d’activité physique, permettent d’inciter les participants à bouger. Dans le cadre de ces travaux, le niveau d’activité physique a augmenté de 10 % grâce à ces incitations virtuelles. Les résultats de l’étude, publiée le 9 octobre 2019 dans le journal The Lancet Digital Health, sont certes modestes mais toute augmentation du niveau d’activité s’avère bénéfique selon les spécialistes.

    Booster l’activité physique avec un coach virtuel

    Les bienfaits sur la santé de la pratique régulière d’une activité physique ont été démontré depuis plusieurs années. Or, les trois quarts des Français n’atteindraient pas les recommandations de santé publique en la matière et ces 5 dernières années, une stagnation du niveau d’activité physique a même été enregistrée (baromètre Attitude Prévention).

    Dans ce contexte, le nombre d’applications mobiles dédiées à l’activité physique a explosé. D’autant que les interventions dont il a été démontré qu’elles augmentaient efficacement le nombre de pas ont été associées à de meilleurs résultats pour la santé, notamment une réduction de l’incidence de l’hypertension, une meilleure santé cardiovasculaire et un indice de masse corporelle réduit.

    Cependant, peu d’essais randomisés ont été réalisés pour évaluer l’efficacité de ces dispositifs. Pour pallier ce manque, des chercheurs de Stanford ont mené une étude longitudinale basée sur un smartphone. « À ce jour, la plupart des études sur la surveillance de la santé mobile ont utilisé des wearables et des smartphones pour suivre l’activité physique et fournir des commentaires à l’utilisateur ou au clinicien. Aucune étude randomisée entièrement numérique (c’est-à-dire sans un certain niveau de contact interpersonnel) n’a évalué l’effet de l’intervention portable et du smartphone sur l’activité physique », précisent les auteurs des travaux.

    L’appli MyHeartCounts testée par plus de 2 000 personnes

    Concrètement, les chercheurs ont inclus dans leur essai croisé contrôlé et randomisé 2 783 adultes qui devaient tous posséder un iPhone pour pouvoir télécharger l’application pour smartphone de recherche clinique MyHeart Counts.

    Après consentement, ces sujets ont été soumis à une surveillance de base pendant une semaine, puis ont été affectés à l’un des cinq « groupes» en fonction de leurs tendances d’activité.

    Ils ont ensuite été invités à pratiquer l’une des quatre activités : message d’encouragement à franchir 10 000 pas par jour, rappels horaires à se lever ou un coaching en ligne basé sur les activités pratiquées par la personne au cours de la semaine de référence. Le dosage de l’activité était personnalisé : ceux qui étaient plus sédentaires pouvaient être invités à se promener le matin, tandis que ceux qui étaient naturellement plus actifs pouvaient être encouragés à poursuivre une activité physique régulière. La quatrième intervention consistait à lire les directives de santé de l’American Heart Association (AHA), soit des consignes générales d’hygiène de vie. Chaque semaine, les participants réalisaient une nouvelle intervention jusqu’à ce qu’ils aient expérimenté les quatre expériences.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 9 octobre 2019 dans The Lancet Digital Health.

    Résultats : 10 % de pas en plus

    • Une augmentation de 10 % du nombre de pas – 266 pas en moyenne par jour – a été constatée chez tous les participants à la fin de l’étude.
    • Toutes les interventions engendrent approximativement le même résultat.
    • Seulement 493 personnes sur 2 783 ont participé à l’ensemble des interventions.
    • L’efficacité des notifications téléphoniques baissent au fil du temps.
    • Aucun effet significatif n’a été enregistré sur la durée du sommeil, la qualité du sommeil ou sur bonheur déclaré par les participants.

    « Les résultats de cette étude montrent que des interventions minimales effectuées au format numérique peuvent avoir un effet significatif sur l’activité physique, déclarent les chercheurs dans The Lancet Digital Health. Et la sophistication de l’intervention dans cette étude semblait avoir peu d’impact sur l’effet : une simple invitation journalière était aussi efficace qu’une invitation rappelant aux utilisateurs de se lever après une heure de sédentarité. »

    « Si les gens sont dépendants de leur téléphone, nous pouvons peut-être aussi les rendre dépendants de leur santé », commente Euan Angus Ashley, le principal auteur des travaux, professeur de médecine et de génétique à l’Université de Stanford (Californie).

    Lors de son prochain essai, l’équipe projette d’enquêter sur la durée pendant laquelle les participants conservent leur nouvelle routine, en essayant de voir si elle peut mieux personnaliser les incitations quotidiennes.

    Un effet modeste et peu durable

    Cependant, comme l’ont montré des études antérieures, l’effet est modeste et peu durable. En outre, les auteurs de cet essai ont reconnu que les participants recrutés n’étaient pas représentatifs de la population générale. Ils étaient majoritairement de sexe masculin (73,5 %), blancs (86,6 %) et plutôt jeunes et éduqués. Malgré ces limitations, et l’effet modeste enregistré, les experts de santé publique considèrent que toute augmentation du niveau d’activité est bonne à prendre.

  • Des démarches en cours pour le remboursement d’Odysight, appli de surveillance de l’acuité visuelle

    La start-up parisienne Tilak Healthcare est en négociation pour que son application mobile Odysight, un serious game qui permet de surveiller à distance l’acuité visuelle (Odysight), puisse bénéficier d’un remboursement optique par l’Assurance maladie. La solution, qui a obtenu un marquage CE en 2018, est actuellement prescrite comme un dispositif médical (DM) par une quarantaine de centres ophtalmologiques français : les médecins donnent un code d’accès au patient pour qu’ils puissent activer le jeu.

    Contacté par Health & Tech Intelligence le 25 octobre 2019, Tilak indique avoir commencé à travailler avec la Haute autorité de santé (HAS) pour monter un dossier « article 51 » et espérer le remboursement de l’application à terme.

    Conçue par une équipe d’ophtalmologues et de spécialistes du jeu vidéo, Odysight est un jeu médical mobile gratuit (serious game) utilisé pour surveiller de manière continue des patients atteints de maculopathies, comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) et l’œdème maculaire. Concrètement, la solution propose des tests visuels numériques adaptés de ceux pratiqués en cabinet et un jeu de puzzle qui vise à stimuler les capacités cognitives et visuelles. L’objectif est d’établir un meilleur diagnostic, et ce de manière plus rapide, de la maladie et de son évolution afin de proposer le traitement le plus adapté possible.

    En attendant un éventuel remboursement, « et pour permettre de proposer la solution au plus grand nombre de patients », Tilak Healthcare a signé en mai 2019 un partenariat exclusif de co-promotion avec Novartis France, qui assure dans ce cadre « la promotion de l’application au sein de son réseau de délégués, afin d’éviter les frais côté patients », précise à H&TI la société.

    Un déploiement sur l’ensemble du territoire national est en cours mais aussi à échelle mondiale. Tilak entend notamment développer son serious game à Pittsburgh, aux États-Unis. En juin, la start-up a par ailleurs annoncé le prototypage de son second jeu médical, TLK-002, dédié à la lutte contre la dépendance aux opioïdes. Pour son développement, la société va collaborer avec le Centre de neurosciences du Brigham and Women’s Hospital, aux États-Unis.

    Odysight : un puzzle numérique

    L’objectif du jeu est d’aider le personnage Iris (photo) « à rassembler les pièces manquantes des mondes brisés et [de combattre] à ses côtés pour vaincre les ombres », est-il expliqué sur le site officiel de Tilak Healthcare. Au fur et à mesure de son avancée, le patient découvre un monde fantastique composé de puzzles dynamiques à recomposer.

    Une alerte envoyée au médecin si les résultats des tests sont préoccupants

    La fréquence des tests réalisés via l’application est prédéfinie par l’ophtalmologiste, qui peut suivre en temps réel l’évolution des paramètres visuels de son patient par l’intermédiaire d’un tableau de bord en ligne.

    Le spécialiste reçoit une alerte si le dispositif détecte un changement de ces paramètres et organise, si cela s’avère nécessaire, un rendez-vous physique avec le patient au plus vite. Ce dernier peut ainsi être soigné rapidement, généralement par injections intraoculaires, une intervention qui permet d’éviter des lésions irréversibles.

    Caractéristiques principales du dispositif :

    • l’application a été pensée par des médecins et élaborée par des professionnels du jeu vidéo ;
    • les pathologies ciblées sont les maladies de la rétine ;
    • la solution suit l’évolution de paramètres établis par l’ophtalmologiste à partir de la qualité de la vision de l’utilisateur (acuité visuelle de près, sensibilité aux contrastes, présence et évolution de scotomes ou de métamorphopsies, trouble de la vision se manifestant par une déformation des images) ;
    • il est doté des avantages des serious games innovants : utilisation simple, rythme adapté en fonction du profil de chaque patient, direction artistique novatrice et mise à jour régulière.
  • Suivi des plaies chroniques : un patch connecté testé début 2020 en essais cliniques (CNRS Grenoble)

    Grapheal, une start-up fondée au printemps 2019 et hébergée par le CNRS de Grenoble, développe un patch intelligent (baptisé du nom de la société) équipé d’un biocapteur qui permet de suivre à distance la cicatrisation tout en la stimulant et qui informe les professionnels de santé concernés de l’état d’une plaie à risque, sans avoir à retirer le pansement ou à se déplacer. Portée par 4 chercheurs grenoblois, la solution vise à apporter une solution aux problèmes des plaies chroniques, qui touche en particulier les patients diabétiques. Encore au stade expérimental, l’approche a été validée par 8 essais précliniques. La start-up lance une levée de fonds pour financer les premiers essais cliniques, programmés pour début 2020.

    La particularité de ce pansement est qu’il s’agit de la première innovation à utiliser dans le domaine de la santé le graphène, un nanomatériau découvert en 2004 qui présente l’avantage d’être à la fois léger, flexible et très solide. Le graphène est par ailleurs biostimulant, « c’est-à-dire que les cellules se régénèrent plus vite à son contact », explique la start-up dans un communiqué publié le 24 octobre 2019.

    En France, environ 120 000 patients atteints de diabète sont admis aux urgences pour des ulcères aux pieds, dont environ 10 000 ressortent amputés, rappelle la société, qui a pour objectif d’éviter l’aggravation des plaies à risque par le biais de sa technologie.

    Le graphène, un matériau pertinent pour une application en santé

    Une équipe pluridisciplinaire de 4 chercheurs est à l’origine du projet Grapheal –Advanced Wound Care :

    • Vincent Bouchiat est le P.-D.G. de Grapheal et est spécialisé dans le domaine des nanomatériaux, de l’électronique et de la gestion de projet ;
    • Antoine Bourrier est spécialiste en biophysique et en biotech ;
    • Behnaz Djoharian est ingénieure logiciel et expérimentée en IoT ;
    • Riadh Othmen est docteur en physique et expert en nanomatériaux.

    Ce sont ces chercheurs qui ont découvert que le graphène était biostimulant. « Cette qualité est exceptionnelle car lorsqu’un corps étranger pénètre notre organisme, le système immunitaire peut le détecter et déclencher une série de processus qui permettra de le détruire », note la start-up (communiqué).

    Les travaux des 4 experts ont également révélé que le nanomatériau détectait avec précision un phénomène biologique.

    C’est cette double caractéristique qui leur a donné l’idée d’une application dans le secteur de la médecine. « Ils ont choisi d’apporter une réponse de suivi diagnostique aux patients diabétiques couplé à une solution de télémédecine », est-il indiqué dans le communiqué. En effet, les plaies chez le patient diabétique peuvent entraîner une inflammation chronique qui empêche la cicatrisation. Un mauvais suivi peut aller jusqu’à l’amputation d’un membre.

    Un pansement cicatrisant couplé à un outil de télésuivi

    Des propriétés curatives

    • les caractéristiques physico-chimiques du graphène et son interaction cellulaire provoquent une biostimulation qui accélère le processus de cicatrisation de la plaie :
      • tests in vitro et in vivo réalisés entre 2016 et 2018 chez le porc et la souris (essais précliniques portés par des laboratoires CNRS et Inserm rattachés aux CHU de Grenoble, de Lyon et de Montpellier, ainsi que deux sociétés indépendantes ayant testé la non-toxicité du matériau) ;
    • très fin et souple, le graphène ne gêne pas le mouvement ;
    • respirant, le patch laisse passer les exsudats.

    Un outil de télésuivi

    • Un biocapteur de détection d’infection permet d’alerter les soignants en cas de début d’infection.
    • Le patch dispose d’un circuit pour traiter les signaux électriques, d’un microcontrôleur pour la numérisation des données et d’un module NFC pour leur transmission sans fil. La détection en amont de l’infection est permise grâce à la mesure du pH du lit de la plaie. Les données recueillies sont envoyées par NFC vers un smartphone Android ou iOS via une application qui traite et affiche les informations reçues.
      • Le système permet d’avoir accès à l’historique de l’évolution de la plaie. Y sont également intégrées les observations de l’infirmier et des données sur l’état actuel de la plaie par le biais de probabilités d’infections ou de quantité d’exsudats.
    • La solution évalue par ailleurs l’état du pansement, l’objectif étant de le changer le moins souvent possible afin d’optimiser le processus de cicatrisation et de réduire les coûts.
  • Étude : beaucoup de marketing et de faux espoirs dans les applis mobiles dédiées au cancer (BMJ Open)

    Des chercheurs écossais de l’université d’Aberdeen ont mené une revue exploratoire de la littérature sur les applications mobile dédiées au cancer. Ils en ont étudié 151 et ont constaté que la plupart d’entre elles sont développées par des organisations commerciales. Quant aux promesses d’autonomisation dans la lutte contre le cancer, elles sont tempérées par le fait que beaucoup d’allégations de santé sont exagérées. Les résultats de cette étude ont été publiés en septembre 2019 dans le BMJ Open.

    Cancer : des applis pour rendre les patients plus autonomes

    Pas moins de 200 applications de santé viennent chaque jour grossir les rangs des magasins type Apple Store et Google Play. Une bonne partie d’entre elles sont consacrées au cancer. Elles s’inscrivent dans la tendance à l’empowerment et à l’autogestion de la maladie. Les auteurs d’une étude parue en 2012, dans laquelle 295 applications avaient été analysées, avaient conclu qu’elles avaient une portée limitée et visaient principalement à fournir des informations et à sensibiliser sur le cancer.

    Des chercheurs écossais de l’université d’Aberdeen viennent, quant à eux, de mener une étude sur les applis mobiles à destination des personnes vivant avec le cancer mais aussi de celles qui sont en rémission ou guéries. Leur objectif est de classer et d’organiser les applications – gratuites et payantes – de manière à ce que les cliniciens, les développeurs d’applications et les décideurs puissent donner un sens au marché international actuel des applications mobiles pour les personnes souffrant ou ayant souffert d’un cancer.

    Ayant constaté que « les applications deviennent beaucoup moins pertinentes après les quelques centaines de résultats », ils ont donc décidé de limiter leur recherche dans l’App Store d’Apple aux 500 premiers résultats du terme « cancer ».

    Sur les 1 265 applis sélectionnées dans un premier temps, les auteurs de ces travaux n’en ont finalement sélectionné que 151 ; ils ont exclu celles qui ciblaient uniquement les médecins mais aussi qui étaient devenues indisponibles au cours de l’étude.

    Les résultats de ces travaux ont été publiés dans la revue BMJ Open.

    Résultats : un paysage hétérogène

    • 60 % des applis portaient sur tous les types de cancer (14 % étaient dédiées au cancer du sein).
    • 90 % étaient téléchargeables gratuitement.
    • 64 % d’entre elles ont été développées par des sociétés privées, 20 % par des associations caritatives, 10 % par des organisations de santé, 5 % par des universitaires.
    • 43 % avaient été téléchargées moins de 100 fois (source Google play uniquement).
    • Elles portaient sur 3 thèmes principaux : la lutte pour la vie, reprendre de l’autonomie et du contrôle ainsi que s’orienter dans les différentes étapes.
    • Les applis étaient nombreuses à contenir des métaphores, comparant le cancer à un envahisseur, un ennemi contre lequel il faut livrer une bataille.
    • Le réseautage social et l’accès à des groupes de pairs étaient souvent conseillés dans un but de soutien émotionnel.
    • La majorité des applis se présentaient comme une méthode permettant de s’impliquer activement dans l’autogestion.
    • 16,6 % des applis permettaient aux utilisateurs de saisir et de stocker des informations concernant leurs soins, tels que les résultats d’analyse.
    • 16 % offraient l’accès à une communauté en ligne (réseau social), et quelques-unes offraient aussi une interaction avec des professionnels de la santé.
    • Les thérapies complémentaires et alternatives constituaient un élément important chez 7,9% des applis.
    • Quelques applis vantait les mérites de produits miracles, type « le brocoli ou la tomate guérit le cancer ».

    Des promesses exagérées

    Dans leur conclusion, les auteurs de cette étude ont tenu à souligner que « des applications semblaient faire des affirmations exagérées, par exemple, sur les aliments qui guérissent le cancer et les régimes qui réduisent les tumeurs ». Des applications « commercialisent même des produits avec une efficacité douteuse (par exemple, l’eau Kangen ou l’Aloe Vera) », ajoutent-ils. Par ailleurs, ils estiment que l’utilité potentielle des applications sérieuses peut être compromise par le fait qu’elles apparaissent dans les magasins aux côtés de celles qui le sont moins.

    Des magasins d’applications plus regardants…

    Des questions demeurent donc sur le rôle clinique des applications anticancéreuses, leur incidence sur les soins médicaux et sur les résultats cliniques. « Cependant, certaines des applications que nous avons examinées ont aidé les utilisateurs à générer des listes de questions pouvant être abordées lors de rendez-vous ou pour faciliter l’enregistrement vidéo ou audio de consultations », précisent les chercheurs.

    Actuellement encore, médecins et patients ont potentiellement du mal à se repérer dans ce marché foisonnant des applis mobiles. Les auteurs de l’étude proposent donc que « les magasins d’applications assument davantage leurs responsabilités quant au contenu des applications qu’ils proposent ».