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  • Etudes : il existe une synergie entre algorithmes intelligents et interopérabilité des SI cliniques

    Le recours à des solutions d’intelligence artificielle (IA) et de machine learning (apprentissage profond) permettrait d’améliorer l’interopérabilité des données et systèmes d’information (SI) utilisés dans le secteur de la santé. Réciproquement, atteindre un meilleur niveau d’interopérabilité permettrait de réaliser de grands progrès dans le domaine de l’IA et des solutions de machine learning dédiées à la santé.

    C’est ce qu’indiquent plusieurs publications parues entre août et novembre 2019 telles que :
    • un article publié le 5 novembre dans le magazine canadien Hospital news : Leveraging AI and Machine Learning to advance Interoperability in Canadian Healthcare (Exploiter l’IA et l’apprentissage automatique pour améliorer l’interopérabilité dans les soins de santé au Canada) ;
    • une communication de l’entreprise Cabot parue le 22 août 2019 : Interoperability and AI – a symbiotic Relationship for Healthcare (Interopérabilité et IA – une symbiose bénéficiant à la santé) ;
    • une revue de la littérature publiée le 20 août 2019 dans la revue Nature : Why digital medicine depends on interoperability (Pourquoi la médecine digitale dépend de l’interopérabilité).

    Selon ces documents, l’intelligence artificielle permettrait en effet d’augmenter le niveau d’interopérabilité – en particulier sémantique – des SI. Ce type de technologie permettrait de recueillir, de trier et de comprendre plus efficacement les données de santé non structurées, partagées entre divers espaces de stockage ou de visualisation.

    Réciproquement, des systèmes et des données plus interopérables nourriraient plus efficacement les technologies d’IA et de machine learning déjà en cours de développement : plus et mieux alimentées par des données interopérables, ces algorithmes intelligents disposeraient d’un matériau structuré garantissant des analyses plus rapides et des résultats plus exacts.

    Plus concrètement, la synergie entre algorithmes intelligents et systèmes interopérables permettrait par exemple :
    • d’améliorer la sécurité et l’efficience des prises en charge ;
    • de mettre en œuvre la médecine prédictive ;
    • de poursuivre la digitalisation des dossiers médicaux ;
    • de planifier plus efficacement les tâches à l’échelle d’un cabinet médical, d’un service médical ou d’un hôpital ;
    • d’intégrer les données de vie réelle aux essais cliniques ou à la pratique médicale courante.

    L’interopérabilité pour gagner du temps et améliorer la qualité des prises en charge

    L’interopérabilité des systèmes d’information cliniques et des données de santé demeure un objectif difficilement atteignable. Bien que des normes et des terminologies aient été définies à l’échelle internationale, à l’instar des ressources d’interopérabilité des soins de santé rapides (FHIR), de nombreux progrès restent à faire dans la manière de partager, de lire et de comprendre les données de santé entre systèmes.

    C’est que les nombreuses technologies de santé disponibles à l’heure actuelle produisent de plus en plus de données aux sémantiques ambiguës dans des formats très différents, au moyen de processus spécifiques. Ces données non structurées sont souvent stockées dans des bases de données non relationnelles (où les informations ne sont ni triées ni hiérarchisées) et difficilement exploitables alors appelées lacs de données (data lakes). De nouveaux algorithmes intelligents peuvent cependant aider à restructurer ces données, à extraire des informations de ces lacs données avant toute analyse : ils peuvent constituer un levier de l’interopérabilité.

    Cependant, plus ces données sont déstructurées et nombreuses, plus les algorithmes doivent les analyser longuement, et plus ils risquent de sélectionner de mauvaises informations ou d’interpréter ces dernières de façon erronée : plus les données et les SI deviendront interopérables, plus les algorithmes intelligents fourniront des analyse rapides et exactes.

    L’enjeu de l’interopérabilité est donc au moins double : il s’agit tant de gagner du temps que d’améliorer la qualité des analyses, au bénéfice des patients. 

    Les algorithmes intelligents au service de l’interopérabilité

    IA, interopérabilité syntaxique et interopérabilité sémantique

    L’interopérabilité présente deux composantes : syntaxique et sémantique.

    • L’interopérabilité syntaxique concerne une structure commune permettant d’échanger puis d’interpréter les données entre systèmes informatiques.
    • L’interopérabilité sémantique concerne elle l’existence d’un langage commun, d’une terminologie partagée afin que la signification des données soit transférée avec les données elles-mêmes.

    Les technologies telles que l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique permettent à la fois de créer une structure partagée entre les SI et de conférer aux données une signification compréhensible par plusieurs SI. Par exemple, les auteurs de l’article d’Hospital news indiquent qu’au Vancouver General Hospital ainsi qu’à l’université de Colombie-Britannique, des chercheurs ont mis en place un algorithme intelligent capable de trier automatiquement les données de radiographie au sein d’espaces de stockage structurés aux données accessibles et compréhensibles à la fois par les radiologues de l’hôpital et les étudiants ou chercheurs de l’université : il s’agit de collecter, de stocker puis de partager des données structurées et signifiantes entre plusieurs SI par le recours à des algorithmes intelligents.

    Structurer automatiquement les données

    Ces données peuvent d’abord être automatiquement hiérarchisées et « traduites » en fonction des personnes censées accéder à ces données, indique Cabot. Par exemple, les dossiers médicaux électroniques, alimentés par des données produites et traitées par divers SI, doivent pouvoir être comprises par les professionnels de santé comme par les patients : selon Cabot, des algorithmes intelligents permettent de rendre ces solutions plus « flexibles » et « user friendly », c’est-à-dire plus compréhensibles par les individus qui doivent pouvoir lire les données de santé.

    Ces données peuvent évidemment être automatiquement hiérarchisées lors de la collecte intelligente en fonction de ce que ces dernière sont censées montrer. Cabot donne l’exemple du stockage des éléments des comptes rendus cliniques et des courriers partagés par les professionnels de santé : les données réunies sur ces documents peuvent être structurées en fonction de ce que cherchent ces différents professionnels, de leurs hypothèses diagnostiques.

    Quand l’interopérabilité alimente des algorithmes intelligents

    L’interopérabilité pour augmenter l’efficience des algorithmes intelligents

    « Extraire des données à partir de différents SI et dépasser les frontières entre institutions de santé est crucial pour alimenter les algorithmes intelligents avec un maximum des données et utiliser ces derniers à leurs pleines capacités », expliquent les auteurs de l’article paru dans Nature.

    Les analyses proposées par ces algorithmes dans le domaine de la santé sont en effet souvent fondées sur des informations émises par les médecins généralistes, les laboratoires d’analyses médicales, les examens complémentaires prescrits par divers spécialistes, voire également sur des données de santé produites par des applications mobiles. De nouvelles disciplines telles que la médecine prédictive ou la pharmacogénomique demandent également d’échanger des données entre de nombreux SI et systèmes de santé, et ce parfois à l’échelle internationale.

    Atteindre un certain niveau d’interopérabilité permettrait donc aux professionnels de la santé d’utiliser des algorithmes fiables capables de les aider à établir des diagnostics, à élaborer des prescriptions adaptées ou réaliser certains gestes (chirurgie, radiologie interventionnelle, etc.) et ainsi de mettre en œuvre une nouvelle médecine de précision et data-driven.

    É viter d’enseigner des erreurs aux algorithmes d’apprentissage automatique

    Plus qu’à alimenter efficacement les solutions d’intelligence artificielle, l’interopérabilité servirait également à s’assurer de la pertinence des informations fournies aux algorithmes d’apprentissage automatique précisément dans le cadre de cet apprentissage automatique : l’interopérabilité permettrait de réduire les erreurs d’enseignement dans le cadre du machine learning.

    « Un algorithme d’intelligence artificielle par exemple programmé pour identifier des patients diabétiques à partir de données non structurées pourrait sélectionner des patients non diabétiques mais simplement présentant des antécédents familiaux de diabète », explique l’article de Nature.

    Ce genre d’erreurs étant difficile à repérer et à corriger, il est donc primordial que les algorithmes intelligents utilisés en santé puissent disposer pour leurs calculs et leur apprentissage automatique de données solides, clairement structurées et non ambigües, c’est-à-dire interopérables.

    Exemples de synergies entre algorithmes intelligents et interopérabilité

    Parce que la question de la symbiose entre IA et interopérabilité peut sembler abstraite, la plupart des documents traitant de ce thème proposent de nombreux exemples illustrant les apports de cette synergie technologique au domaine de la santé.

    Health and Tech Intelligence a retenu quelques exemples.

    Intégrer les données  en conditions de vie réelle

    De plus en plus de patients utilisent de plus en plus de dispositifs mobiles connectés à même de produire des données de santé non à l’hôpital mais dans l’environnement de vie réel du patient. Si ces données pourront dans le futur être recueillies et structurées au sein de divers SI au bénéfice du patient dans le cadre de ses prises en charge de santé, ces dernières pourront également être exploitées par les chercheurs. Ces derniers devront alors traiter une quantité phénoménale de données produites par des dispositifs fabriqués dans divers pays : ils devront atteindre un niveau d’intéropérabilité très avancé afin d’exploiter les données de vie réelle d’un maximum d’individus anonymisés.

    Améliorer la digitalisation des dossiers médicaux

    On l’a dit, des algorithmes intelligents permettent de poursuivre la digitalisation des dossiers médicaux et de rendre ces derniers de plus en plus interopérables et adaptés aux utilisateurs amenés à accéder aux données. A terme, ces derniers devraient pouvoir intégrer automatiquement des données produites par tout SI clinique ou par toute application mobile de santé. Ainsi pleinement interopérables, ces dossiers médicaux pourront être adjoints d’autres algorithmes qui proposeront alors non plus simplement de hiérarchiser les données mais bien de les analyser, de les traiter, de formuler des alertes, des recommandations, etc.

    Mettre en oeuvre la médecine prédictive

    Alimenter des algorithmes intelligents avec des données provenant de sources variées pourrait permettre d’identifier les patients à risque de pathologies notamment chroniques avant que celles-ci se déclarent ou passent à un stade avancé.

    Améliorer la qualité des prises en charges

    « En pratique, l’une des plates-formes numériques disponibles, stocke et analyse 15 pétaoctets de données de patients provenant de 390 millions d’études d’imagerie, de dossiers médicaux et de données de patients, ce qui permet d’ajouter jusqu’à un pétaoctet de nouvelles données chaque mois », indique Hospital news. Ces données ne peuvent pas toutes être manuellement hiérarchisées et analysées par l’Homme. Aussi, un niveau d’interopérabilité suffisant atteint notamment grâce à l’IA et qui alimenterait en retour d’autres algorithmes intelligents permettrait d’utiliser ces données de façon optimale, d’établir des diagnostics plus sûrs et des plans de traitement plus adaptés dans le cadre d’une médecine véritablement fondée sur les preuves.

  • Étude : le traitement des vertiges par internet prouve son efficacité (BMJ)

    Des chercheurs néerlandais viennent de montrer que le traitement des vertiges par la kinésithérapie vestibulaire peut se pratiquer à distance, via internet. Dans le cadre de leurs travaux, ils ont constaté que les séances de rééducation vestibulaire (oreille interne) en ligne permettaient de diminuer les symptômes de vertiges mais aussi d’anxiété et de dépression. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 5 novembre 2019 dans le British Medical Journal (BMJ).

    Une prise en charge des vertiges déficiente

    Les vertiges sont une plainte fréquente en médecine générale. Chaque année, 5 % de la population présente de tels symptômes dits « vestibulaires ». Plus de 80 % de ces patients sont principalement traités par leur médecin généraliste et ne sont jamais orientés vers un spécialiste. Or, ces symptômes ne sont pas anodins : ils entraînent très souvent des arrêts de travail, des chutes et un recours fréquent au système de santé.

    La réhabilitation vestibulaire a pourtant fait la preuve de son efficacité dans le traitement des vertiges. Cette technique repose sur une rééducation sensorielle de l’équilibre qui utilise l’interaction entre la vision, l’oreille interne, la colonne rachidienne et les pieds. Aux États-Unis et aux Pays-Bas, cette technique est le traitement du syndrome vestibulaire chronique. Malgré les preuves scientifiques de son efficacité, moins de 10 % des médecins généralistes y ont recours.

    Une rééducation vestibulaire via internet

    Pour faciliter l’accès à cette technique, des chercheurs ont souhaité évalué son efficacité lorsqu’elle est pratiquée à distance, via internet. Ils ont mené un essai contrôlé et randomisé. Quelque 322 patients souffrant de vertiges ont été répartis en 3 groupes :

    • un groupe de patients bénéficiant de rééducation vestibulaire uniquement via internet avec des séances d’exercice quotidiennes pendant 6 semaines ;
    • un groupe avec les mêmes exercices en ligne complétés par deux consultations en face à face avec un médecin ;
    • un groupe de patients pris en charge par le médecin généraliste de façon traditionnelle

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 5 novembre 2019 dans le British Medical Journal (BMJ).

    Résultats : moins de vertiges et moins d’anxiété

    Afin d’évaluer l’efficacité du traitement, les chercheurs ont utilisé une échelle qui mesure les symptômes vestibulaires sur une échelle de 0 à 60. Au-dessus de 12, les symptômes sont considérés comme sévères. Avant la prise en charge, les patients affichaient un score de l’ordre de 14. Au bout de 6 mois, les résultats des 3 groupes étaient les suivants :

    • les patients ayant bénéficié d’une prise en charge uniquement en ligne avait réduit leurs symptômes de 4,1 points sur l’échelle.
    • Le groupe de patients ayant bénéficié d’une prise en charge en ligne et en face à face ont vu leur score diminuer de 3,5 points.
    • Le groupe contrôle n’a vu ses symptômes de vertiges diminuer que de 2,3 points.
    • Les participants des 2 groupes traités en ligne ont également présenté moins d’inconvénients liés aux étourdissements et moins d’anxiété.
    • Aucun événement indésirable grave lié à la rééducation vestibulaire en ligne ne s’est produit pendant l’essai.

    Toucher plus de patients en ligne

    Cette étude montre donc que le traitement des vertiges via des exercices en lignes est efficace et sûr. Il est d’ailleurs intéressant de noter que l’ajout de consultations en face à face n’améliorait pas les résultats. Les chercheurs estiment donc qu’ »en proposant aux médecins généralistes un traitement facilement accessible et peu coûteux, la rééducation vestibulaire en ligne peut améliorer considérablement les soins dans la mesure où bon nombre de patients sont sous-traités. »

  • Israël : le Centre Sheba intègre la réalité virtuelle dans tous ses départements avec XRHealth

    XRHealth (ex VRHealth), société basée aux États-Unis et en Israël spécialisée dans les applications thérapeutiques de la réalité virtuelle (RV), et le Centre médical Sheba (Sheba Medical Center, Israël) signent un partenariat dans l’optique de faire de l’établissement israélien le premier hôpital entièrement basé sur la RV en intégrant la technologie de XRHealth dans chaque département du centre. L’objectif de Sheba est de devenir, à terme, le plus grand centre médical connecté au monde.

    L’établissement est guidé par le nouveau centre d’innovation de Sheba, appelée « ARC » (pour « accélérer le processus », « repenser les soins » et « collaborer avec des partenaires clés de la santé à travers le monde »). Dans le cadre de cette stratégie, le centre va utiliser la plateforme de réalité virtuelle de XRHealth, notamment dans le champ de la thérapie cognitive et physique et le soulagement des douleurs.

    « Avec XRHealth, le Centre médical Sheba pourra fournir des soins de meilleure qualité, ciblés et personnalisés pour nos patients », commente le Pr Amitai Ziv, directeur du Centre de rééducation de Sheba.

    Une plateforme de réalité virtuelle utilisant l’IA pour analyser les données patients

    Le produit principal de XRHealth est la plateforme VRHealth. Proposée aux établissements de soins, elle fournit des applications médicales de la réalité virtuelle : diverses solutions à distance sont proposées, comme des services de rééducation, d’évaluation cognitive et de gestion de la douleur.

    La solution collecte et examine les données de santé des utilisateurs par le biais d’algorithmes d’intelligence artificielle (IA) pour fournir des analyses avancées en temps réel à l’équipe médicale.

    Un suivi à distance possible

    Les plateformes VRHealth, basée sur la réalité virtuelle (RV/VR), et ARHealth, basée sur la réalité augmentée (RA/AR), permettent ainsi aux professionnels de santé d’accéder aux données de leurs patients en temps réel pour suivre leur rééducation, sur place et à distance.

    Fondé en 2016, XRHealth travaille avec plusieurs prestataires de soins, hôpitaux et centres de rééducation de renommée mondiale aux États-Unis. Le siège de la société est à Boston (États-Unis) et en Israël.

    Sheba : une stratégie de transformation centrée sur les nouvelles technologies

    Le Centre médical Sheba est soutenu en France par la Fondation alliance Sheba Telhashomer (FAST), sous l’égide de la Fondation du judaïsme français. En mars 2019, il a été classé par le magazine Newsweek au rang de 10ème meilleur hôpital du monde.

    L’établissement est en train de transformer stratégiquement l’hôpital pour en faire un centre d’innovation et de technologie avancée, son objectif étant de devenir à terme le plus grand centre médical connecté du monde.

    Les objectifs du centre sont les suivants :

    • être un centre médical sans frontière dédié à fournir des soins de qualité, axé sur la compassion des patients, sans discrimination et sans distinction de couleur, de croyance ou de nationalité ;
    • être un acteur majeur de la recherche médico-scientifique collaborant à l’échelle internationale avec des industries et des établissements universitaires pour développer de nouveaux médicaments, traitements et technologies ;
    • être un centre mondial d’éducation médicale qui accompagne et encourage la prochaine génération de dirigeants médicaux à relever les défis de demain ;
    • attirer et soutenir des médecins et autres professionnels de santé hautement qualifiés possédant les meilleures compétences ;
    • développer des partenariats avec les donateurs et les investisseurs intéressés par des projets innovants.
  • AVC & aphasie : un outil numérique de l’AP-HP disponible dans les secteurs hospitaliers anglophones

    Tradaphasia, une solution numérique dédiée à la prise en charge des patients devenus aphasiques (perte partielle ou complète du langage) à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC), est désormais disponible en version anglophone sous le nom « Aphasia Translate ». L’outil est ainsi mis à disposition des unités neuro-vasculaires dans les secteurs hospitaliers anglophones, annonce l’AP-HP dans un communiqué publié le 26 novembre 2019.

    Le projet Tradaphasia/Aphasia Translate est soutenu par le Pr Sonia Alamowitch, chef du service de neurologie de l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP) : il a été conçu par Nicole Guinel, orthophoniste au sein de ce service, et par Marion Dupuis, chargée de médiation scientifique au CNRS (CRAL-CNRS/EHESS).

    Lancé en novembre 2017, Tradaphasia (version francophone) a été mis au point pour contribuer à la démutisation (sortie du mutisme) et à l’évaluation du langage oral de patients bilingues ou non francophones, qui ont perdu la parole après un AVC. « Ce projet numérique innovant, qui s’appuie sur la neurolinguistique et l’orthophonie, est fondé sur l’usage de fichiers audio disponibles en accès libre et gratuit« , explique l’AP-HP.

    Les 2 sites web (le francophone et l’anglophone) sont hébergés sur la plateforme Hypothèses du portail OpenEdition (CNRS/AMU/EHESS/Avignon Université). Une vingtaine de langues sont disponibles dans la version francophone lancée en 2017 : les versions actuelles proposent plus de 40 langues.

    AVC : le cas particulier des patients aphasiques bilingues ou non francophones

    « Les conséquences d’un AVC sont complexes à appréhender et, dans certains cas, il y a altération profonde du langage », contextualise l’AP-HP (communique), mettant en avant 2 cas particuliers :

    • 1. la prise en charge orthophonique de l’aphasie chez les patients devenus mutiques qui ne parlent pas la langue du pays d’hospitalisation : ce cas concerne les patients qui effectuent un court séjour dans le pays ou qui viennent de s’y installer ;
    • 2. la prise en charge chez les patients bilingues (ou multilingues) qui maîtrisent au moins 2 langues, la langue de l’hôpital et une autre langue, acquise dans l’enfance ou au cours de la vie.

    « Travailler phonétiquement dans une langue étrangère avec un patient est extrêmement complexe »

    « À cela il convient d’ajouter le contexte très particulier de la phase aiguë de l’AVC, les premières heures et les premiers jours qui suivent l’admission dans les services d’urgences où l’état du patient est fluctuant, et où les familles et les proches sont particulièrement affectés, explique l’AP-HP. Il est donc difficile de demander à l’entourage de servir d’interprète pour les stimulations orthophoniques, dans ce moment chargé émotionnellement. Par ailleurs, travailler phonétiquement dans une langue étrangère avec un patient est extrêmement complexe, en particulier avec les langues à intonation. »

    Les exercices existants nécessitent la présence d’interprètes ou médiateurs

    Des bilans et des exercices dédiés aux personnes aphasiques bilingues existent. L’AP-HP cite en exemple le Bilingual Aphasia Test (Paradis, Libben, 1987), qui évalue et compare la récupération dans 2 langues, notant cependant que ces bilans écrits ont été élaborés pour la réhabilitation sur le long terme et nécessitent la présence d’interprètes ou de médiateurs, « une condition peu adaptée à la phase aiguë de l’hospitalisation », observe l’établissement.

    « La difficulté à prédire le mode de récupération chez un patient donné oblige à évaluer ses capacités linguistiques dans chacune des langues »

    Les recherches* du neurolinguiste Michel Paradis (1977, 2004) ont permis d’identifier 6 modes de récupération possibles dans les cas d’aphasie d’une personne bilingue, indique l’AP-HP. « La difficulté à prédire le mode de récupération chez un patient donné oblige à évaluer ses capacités linguistiques dans chacune des langues pour lui permettre d’exploiter au mieux ses capacités de communication », observent dans une étude de cas** Barbara Köpke, maître de conférence en sciences du langage, et Katia Prod’homme, orthophoniste et doctorante.

    Tradaphasia/Aphasia Translate, un outil pour faciliter le travail des orthophonistes 

    De leur côté, Tradaphasia et Aphasia Translate proposent un bilan de langage conçu à partir de fichiers audio, accessibles en ligne sur ordinateurs fixes, tablettes et smartphones. Avec ces fichiers numériques, il est possible d’évaluer la patient à partir de consignes portant sur des objets de la vie quotidienne (dénomination, désignation et manipulations des objets) et de le stimuler par le chant et des séries automatiques.

    Par le biais de cet outil, les orthophonistes peuvent réaliser une première évaluation du patient et des séances de démutisation dans sa langue maternelle, un acte thérapeutique qu’il est important d’effectuer au plus tôt pour augmenter les chances de récupération langagière, explique l’AP-HP.

    Les familles incluses dans la rééducation de leurs proches

    « Il est fréquent que les familles ou les aidants participent à l’enregistrement du bilan de langage dans leur langue maternelle, indique l’établissement. Ces bilans servent dans l’urgence à stimuler leurs proches et sont ensuite mis en ligne, avec la perspective de pouvoir aider, le cas échéant, d’autres personnes devenues aphasiques et hospitalisées dans des services de neurologie en France ou à l’international. Les familles et les aidants deviennent ainsi acteurs de la rééducation de leurs proches et contribuent à une approche inclusive et participative des soins. »

    Tradaphasia et Aphasia Translate a également pour objectif de contribuer à prendre en compte la dimension interculturelle d’accueil à l’hôpital afin de faciliter le dialogue entre l’équipe de soins et les familles.

  • Échange numérique de document médicaux : Ramsay déploie Lifen dans ses 143 établissements français

    Le groupe d’hospitalisation privée Ramsay Générale de Santé prévoit de déployer dans ses établissements situés en France l’outil Lifen, une solution numérique d’échange de documents médicaux. Ce partenariat « s’inscrit dans la volonté du groupe de faire évoluer le parcours de soins des patients en améliorant la coordination entre les équipes hospitalières et les professionnels de la médecine de ville », précise Ramsay dans un communiqué daté du 26 novembre 2019, diffusé le 25 novembre.

    L’intégration de l’outil est pour l’instant centrée sur les établissements français de médecine-chirurgie-obstétrique (MCO) du groupe européen (avant la fin du premier trimestre 2020), l’objectif étant de s’étendre en 2020 à ses autres structures de soins (soins de suite et de réadaptation ; santé mentale).

    Le groupe prend en charge le coût de l’abonnement Lifen pour l’ensemble des praticiens éligibles du groupe, est-il indiqué.

    1 300 praticiens utilisent déjà la solution Lifen dans le cadre de cet accord avec Ramsay : ils devraient être plus de 3 000 à la fin du déploiement.

    Lifen : un outil de messagerie sécurisée compatible avec les logiciels métiers

    Lifen est une solution conçue pour faciliter l’échange de documents médicaux, notamment en permettant aux établissements de santé et aux praticiens libéraux d’échanger ds données médicales de manière numérique.

    L’outil de messagerie sécurisé est compatible avec tous les logiciels métiers utilisés par les médecins, indique la société.

    Fonctionnalités principales de la solution :

    • envoie des comptes rendus par le praticien sur la plateforme ;
    • reconnaissance automatique par le logiciel des informations relatives aux médecins destinataires : croisement avec un annuaire mis à jour quotidiennement puis envoi du document sur le canal préférentiel de chaque médecin concerné ;
    • accès à un tableau de bord permettant aux praticiens de garder une trace de tous leurs envois : possibilité de retrouver sur l’interface facilement tout document relatif à leurs patients.

    L’objectif de l’outil est de simplifier le fonctionnement des cabinets de praticiens et de libérer du temps médical aux praticiens.

    Une communauté actuelle de plus de 1 300 praticiens

    La messagerie Lifen est actuellement déployée dans 31 établissements de Ramsay Générale de Santé, « ce qui représente déjà une communauté de plus de 1 300 praticiens », note Lifen (communiqué).

    D’ici la fin 2019, l’outil devrait être déployé dans 8 établissements supplémentaires et, d’ici le mois de juin 2020, les 68 établissements de MCO situés en France du groupe doivent en être équipés.

    Le groupe souhait déployer la solution dans ses 143 établissements français (intégrant les cliniques de soins de suite et de réadaptation ainsi que de santé mentale) d’ici fin 2020.

    Les établissements déjà dotés de la solution Lifen :

    • pôle Paris : Clinique Blomet, Clinique du Sport, Clinique Geoffroy Saint-Hilaire, CliniqueJouvenet, Clinique Maussins-Nollet, Clinique Marcel Sembat ;
    • pôle Ile-de-France Nord : Hôpital privé de la Seine-Saint-Denis, Hôpital privé de l’Est Parisien,Hôpital privé du Vert Galant ;
    • pôle Île-de-France Est : Hôpital privé Armand Brillard, Hôpital privé de Marne Chantereine, Hôpital privé de Marne-La-Vallée, Hôpital privé Paul d’Egine ;
    • pôle Ile-de-France Ouest : Hôpital privé de l’Ouest Parisien, Hôpital privé Parly II-Le Chesnay,Hôpital privé Versailles Les Franciscaines ;
    • pôle Ile-de-France Sud-Est : Hôpital privé Claude Galien.Pôle Lille Métropole : Hôpital privé La Louvière, Hôpital privé de Villeneuve d’Ascq ;
    • pôle Artois : Hôpital privé de Bois-Bernard, Clinique Saint-Amé, Hôpital privé Arras Les Bonnettes ;
    • pôle Lyon : Hôpital privé de l’Est Lyonnais, Hôpital privé Jean Mermoz ;
    • pôle Caen : Hôpital privé Saint-Martin ;
    • pôle Le Havre : Hôpital privé de l’Estuaire ;
    • pôle Bourgogne : Hôpital privé Dijon-Bourgogne.Pôle Bresse Savoie : Clinique Convert, Hôpital privé Pays de Savoie ;
    • pôle Drôme-Ardèche : Hôpital privé Drôme Ardèche ;
    • pôle Toulouse : Clinique des Cèdres.
  • Espagne : 97 % des infirmiers estiment que les applis santé devraient être certifiées (sondage-JMIR)

    48,35 % des infirmiers basés en Espagne utilisent des applications de santé : parmi eux, la quasi totalité (97 %) estime que les applications de santé devraient être certifiées avant une utilisation en environnement clinique. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé par l’association des infirmiers de Barcelone auprès de 1 293 infirmiers, et publié début novembre 2019 dans le Journal of Medical Internet Research.

    L’objectif de cette enquête est double : savoir si les infirmiers utilisent des applications de santé ; savoir s’ils ont besoin de formation à ce sujet. En toile de fond, l’enjeu est de mesurer la pertinence d’une certification des applications de santé.

    Autres enseignements clés du sondage :
    • 60 % des utilisateurs ne prescrivent jamais d’applications à leurs patients : cependant, la moitié d’entre eux (134 infirmiers/1 293) seraient enclins à prescrire des applis à leurs patients si elles étaient certifiées ;
    • pour 80 % des utilisateurs d’applications, les applis les plus populaires sont celles concernant des informations relatives aux médicaments, aux référentiels sanitaires et aux indices de santé ;
    • les deux tiers des utilisateurs utilisent en moyenne une application une fois par semaine ; un tiers d’entre eux utilisent en moyenne entre 2 et 5 applis par semaine ;
    • une large proportion (91 %) préfère utiliser leur smartphone plutôt qu’une tablette pour utiliser ces outils.

    À noter également la répartition des infirmiers utilisant les applications selon leur spécialité :
    • 58 % proviennent des soins généralistes ;
    • 48 % de milieu hospitalier ;
    • 24% des soins primaires ;

    Côté non-utilisateurs, ce qui ressort c’est le manque de connaissance de ces applications ou le sentiment qu’elles ne vont pas les aider dans leur pratique au quotidien.

    Contexte : une forte augmentation du nombre des applications de santé disponibles

    Cette enquête intervient dans un contexte de forte augmentation d’applications de santé disponibles.

    De nombreux forums de professionnels de santé évoquent le potentiel d’utiliser ces applications pour les assister dans leur travail au quotidien. Concrètement, ces outils assistent les professionnels dans différentes tâches que ce soit pour la communication soignant-patient ou entre soignants, pour requérir des informations sur les médicaments, pour se former en santé ou encore comme outil d’aide à la décision dans la pratique clinique.

    Concomitamment, l’utilisation de smartphones par les professionnels de santé est également en forte progression.

    Un besoin de conformité en termes de législation et d’éthique

    Cependant, plusieurs études et publications relèvent que ces applications sont de moindre qualité, ce qui révèle la nécessité d’une conformité de ces outils au mois sur les plans légal et éthique.

    Actuellement, la plupart des applications de santé ne sont pas évaluées. Il est donc difficile de détecter si les professionnels de santé ont besoin de formation ou d’évaluer leur perception de ces outils, et notamment en ce qui concerne les infirmiers, qui constituent la plus grande ressource parmi les professionnels de santé, particulièrement en Espagne. Mesurer l’impact de ces applications peut s’avérer essentiel pour la santé du futur.

    Cadre de réalisation de l’enquête

    L’enquête a été mise à disposition en ligne.

    Elle comprenait 34 questions divisées en trois parties :

    • des questions liées à des informations socio-démographiques et professionnelles, telles que l’âge, le sexe, le lieu de travail, l’activité professionnelle ou la spécialité ;
    • des informations sur l’utilisation des applications de santé à des fins professionnelles, telles que la fréquence d’utilisation, le type et le nombre d’applications installées et leur utilisation ;
    • des questions et des considérations sur la qualité et la certification des applications de santé et les besoins en formation pour utiliser ces outils à des fins professionnelles.
  • La carte e-CPS disponible sur Google Play et App Store : la carte CPS n’est plus indispensable (Asip)

    La carte #eCPS est désormais disponible sur Google Play et Apple Store. C’est ce qu’annonce l’Asip Santé (rebaptisée l’Agence du numérique en santé) sur Twitter le 20 novembre 2019, à la veille des Journées nationales des industriels (JNI).

    L’Asip souligne sur son site que cette carte de professionnel de santé dématérialisée permet de « s’authentifier directement auprès d’un service en ligne avec son mobile ou sa tablette sans passer par un poste configuré et équipé d’un lecteur de carte » et qu’elle est « d’un niveau de sécurité équivalent à la carte CPS ». Avec ce moyen supplémentaire de s’authentifier, la détention d’une carte CPS n’est « plus indispensable », note l’agence.  

    La e-CPS est un des dispositifs d’authentification que les services en ligne pourront proposer en s’adossant à Pro Santé Connect, solution qui :
    • permet l’authentification à la place des services numériques de santé ;
    • décharge les acteurs de cette gestion ;
    • rend indépendants les services numériques des moyens d’authentification mis en œuvre (carte CPS, e-CPS, OTP SMS..).

  • Étude : une appli pour faciliter la découverte de nouveaux antibiotiques (Nature Microbiology)

    Une équipe de l’université d’Illinois a mis au point une application web qui serait capable d’évaluer rapidement les composés médicamenteux s’accumulant dans les bactéries dites à « Gram négatif ». Ainsi, cet outil faciliterait le développement de nouveaux médicaments destinés à éliminer ces pathogènes dangereux. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 18 novembre 2019 dans Nature Microbiology.

    L’antibiorésistance, une menace de santé publique majeure

    La consommation globale d’antibiotiques « se stabilise ». C’est le constat établi par Santé Publique France dans son rapport présentant les données 2018 de la consommation et de la résistance aux antibiotiques, publié le 17 novembre 2019. « En termes de résistance et concernant Escherichia coli, la bactérie la plus fréquemment isolée en laboratoire de ville, on observe une baisse de la résistance aux céphalosporines de troisième génération, en ville comme en Ehpad », précise l’institution. Cependant, l’antibiorésistance constitue encore une menace majeure de santé publique. En France, elle serait responsable d’environ 12 500 décès par an et en 2050, elle pourrait tuer plus que le cancer.

    Dans ce combat, ce sont les bactéries dites à « Gram négatif » qui sont les plus dangereuses. Elles sont responsables de la très grande majorité des infections et des décès car « ces bactéries ont une membrane supplémentaire, une membrane externe, ce qui est très efficace pour empêcher les antibiotiques d’entrer », explique Paul Hergenrother, professeur de chimie à l’Université de l’Illinois.

    Résultat : aucune nouvelle classe d’antibiotiques contre les bactéries à Gram négatif n’a été mise sur le marché ces cinquante dernières années. 

    Une appli pour repérer les médicaments les mieux armés 

    Des chercheurs de l’université de l’Illinois ont découvert, il y a quelques années, les caractéristiques moléculaires qui permettent à un composé antibiotique de dépasser cette barrière. Aujourd’hui, ils ont développé une application web, nommée « eNTRyway », qui a pour mission de prédire l’accumulation de ces composés dans des bactéries, telles que Escherichia coli.

    Concrètement, cette nouvelle application peut rapidement évaluer les composés médicamenteux potentiels afin de déterminer s’ils possèdent les caractéristiques moléculaires qui leur permettront de traverser la membrane et de s’accumuler dans les bactéries à Gram négatif. 

    En outre, l’appli peut indiquer des moyens de modifier les médicaments existants – par exemple, ceux connus pour agir contre les bactéries à Gram positif – afin de les convertir en puissants tueurs d’agents pathogènes à Gram négatif.

    L’outil a été testé sur un médicament déjà utilisé contre les bactéries à Gram positif. En ajoutant à ce médicament une amine, les chercheurs ont créé un composé qui, selon d’autres tests, s’est accumulé dans des bactéries à Gram négatif et s’est révélé efficace contre plusieurs types d’infections à Gram négatif chez la souris. Et le processus d’identification et de modification du composé n’a pris que quelques semaines. Les instituts nationaux de la santé (NIH) ont soutenu cette recherche.

    Plus de 60 antibiotiques dans le viseur

    « Gardez à l’esprit qu’avant cela, plus de 100 dérivés de ce même composé avaient été fabriqués, commente Paul Hergenrother. Nous les avons trouvés dans des brevets et des papiers. Et aucun de ces autres dérivés ne présentait une activité Gram-négative notable. »

    Àce stade, les auteurs de cette étude, publiée le 18 novembre 2019 dans Nature Microbiology, ont identifié plus de 60 antibiotiques qui ne sont efficaces que contre les bactéries à Gram positif mais qui peuvent être convertis en médicaments pour lutter contre les infections à Gram négatif.

  • Maintien domicile/seniors : les Français en faveur d’un financement spécifique des nouvelles technos

    Pour les deux tiers des Français et les trois-quarts des médecins, la santé connectée est une opportunité pour l’aide au maintien à domicile des personnes âgés : les Français (79 %), aidants (85%) et professionnels de santé (83 %), sont favorables à un financement spécifique des nouvelles technologies visant à aider au maintien à domicile des personnes âgées ou dépendantes. Il s’agit de l’une des informations clés du Baromètre Santé 360 « La prise en charge du vieillissement en France »*, réalisé par Odoxa avec le concours scientifique de la Chaire santé de Sciences Po pour le compte de Nehs et de la Fehap. Les résultats de cette enquête ont été présentés le 18 novembre 2019.

    2 technologies en particulier sont jugées utiles par les aidants interrogés pour accompagner les personnes âgées dépendantes : les alertes automatiques en cas de problème de santé et la télésurveillance médicale.

    De manière générale, il ressort de ce sondage que la prise en charge du grand âge et de la dépendance constitue un malaise partout en Europe : 75 % des Européens se sentent concernés à titre personnel par la prise en charge du grand âge et de la dépendance mais les deux-tiers des Européens comme des Français se disent mécontents de la prise en charge de cette question dans leur pays. Près de 9 Français sur 10 jugent ainsi les politiques publiques inadaptées aux défis du secteur.

    Autres enseignements principaux de baromètre :

    • les Ehpad sont globalement mal perçus par les sondés (68 % de mauvaise image) en France mais les personnels de santé/soignants s’occupant de personnes âgées « jouissent d’une très bonne image », observent les auteurs de l’enquête, que ce soit en établissements (60 %) ou lorsqu’ils interviennent à domicile (79 %) : ce constat est inversé dans la plupart des autres pays européens, l’image des établissements y étant un peu moins mauvaise et celle des personnels y travaillant nettement moins bonne ;
    • le coût des Ehpad est largement sous-estimé par les personnes interrogées et les sondés ont peu de connaissance sur les dispositifs d’aides existants pour prise en charge de la perte d’autonomie ;
    • en cas de perte d’autonomie, les Français souhaitent majoritairement rester à leur domicile ;
    • le financement des actions en faveur du grand âge et de la perte d’autonomie doit relever de la solidarité nationale pour une majorité de Français ;
    • les aidants représentent plus de 7,5 millions de Français mais les professionnels de santé sous-estiment largement leur nombre : par ailleurs, 83 % des aidants ne bénéficient d’aucun dédommagement ni rémunération au titre de leur activité d’aidants ;
    • 79 % des Français sont favorables aux pratiques avancées.

    Les nouvelles technologies comme moyen d’améliorer la santé des personnes âgées et leur accès au soin

    • Pour 6 Français sur 10 les nouvelles technologies sont un moyen d’améliorer la santé des personnes âgées et leur accès au soin.

    Aidants et professionnels de santé favorable à un financement spécifique des nouvelles technologies

    Pour les deux tiers des Français et les trois-quarts des médecins, la santé connectée en particulier est une opportunité pour l’aide au maintien à domicile des personnes âgés. Les Français (79 %), aidants (85%) et professionnels de santé (83 %), sont favorables à ce que soit prévu un financement spécifique des nouvelles technologies visant à aider au maintien à domicile des personnes âgées ou dépendantes.

    2 technologies en particulier sont jugées utiles par les aidants pour accompagner les personnes âgées dépendantes : les alertes automatiques en cas de problème de santé et la télésurveillance médicale.

    La prise en charge du grand âge et de la dépendance, une problématique dans tous les pays européens  

    •  75 % des Européens sondés se sentent concernés à titre personnel par la prise en charge du grand âge et de la dépendance ;
    • cependant, cette préoccupation, jugée majeure par 9 Français sur 10 et autant de soignants (médecins et infirmières), est largement insatisfaite : les deux-tiers des Européens comme des Français se disent mécontents de la prise en charge de cette question dans leur pays.

    Grand âge et perte d’autonomie : les politiques publiques jugées inadaptées

    • Près de 9 Français sur 10 jugent les politiques publiques inadaptées aux défis du grand âge et de la perte d’autonomie.
    • Plus de 8 Français sur 10 se disent inquiets des difficultés budgétaires de nombreux départements liées au financement de l’APA et pensent qu’elles vont accentuer la fracture territoriale.
    • 7 aidants sur 10 s’estiment mal aidés par les pouvoirs publics.

    Le financement des actions doit relever de la solidarité nationale, estiment les Français

    Le financement des actions en faveur du grand âge et de la perte d’autonomie doit relever de la solidarité nationale pour une majorité de Français.

    Les trois quarts des Français approuvent la création d’un « 5ème risque » dédié au financement public de la prise en charge de la perte d’autonomie et du grand âge. Cependant, plus de 8 Français sur 10 se disent inquiets des difficultés budgétaires de nombreux départements liées au financement de l’APA et pensent qu’elles vont accentuer la fracture territoriale.

    Ehpad : une mauvaise image générale mais un personnel bien perçu (France)

    • Les Ehpad sont plutôt mal perçus : 68 % de mauvaise image.
    • Cependant, les personnels de santé/soignants s’occupant de personnes âgées « jouissent d’une très bonne image », notent les auteurs de l’enquête, que ce soit en établissements (60 %) ou lorsqu’ils interviennent à domicile (79 %).

    Un constat inversé à échelle européenne

    Cette forte dichotomie entre perception du personnel et perception de l’établissement est très française, observent les auteurs du baromètre : dans la plupart des autres pays européens, l’image des établissements est un peu moins mauvaise qu’en France (+6 points) et, inversement, celle des personnels y travaillant est nettement moins bonne (- 11 points).

    En cas de perte d’autonomie, les Français veulent rester à leur domicile

    La notion de « chez soi » est à préserver, notent les auteurs de l’enquête, en évitant le nombre trop important d’intervenants extérieurs. Il ressort que la solution privilégiée par les Français en cas de perte de capacités physiques consisterait à adapter son domicile pour y rester.

    En revanche, cette demande de rester à domicile ne serait plus majoritaire en cas de troubles cognitifs : dans ce cas, plutôt que de rester à domicile (29 %), les Français préféreraient intégrer un établissement spécialisé. Les aidants, eux, sont plus partagés à ce sujet (39 % vs 39 %). Le seul élément de rupture est la survenue de troubles cognitifs.

    Le coût des Ehpad largement sous-estimé par les patients

    À noter que les personnes interrogées sous-estiment largement le coût des Ehpad (écart de 1 à 3 entre ce qu’ils seraient prêts à payer et le coût réel moyen de ceux-ci).

    Le prix constitue aussi un important facteur explicatif incitant les Français et les Européens à préférer rester chez eux. Ainsi, la somme moyenne mensuelle que les Français seraient prêts à consentir pour aller en Ehpad est 3 fois inférieure (648 €) au tarif médian actuel (plus de 1 900 €). D’ailleurs les Français ont rarement prévu les moyens pour faire face à ces difficultés : seulement 29 % ont prévu une épargne spécifique et 10 % ont souscrit à une assurance dépendance. Même les aidants, plus concernés, ne sont guère plus prévoyants (36 % et 22 %).

    À noter par ailleurs que 7 Français sur 10 – et plus d’1 aidant sur 2 – n’a pas connaissance des dispositifs existants concernant la prise en charge de la perte d’autonomie.

    Les acteurs de la dépendance : le nombre d’aidants sous-estimé, les médecins généralistes plébiscités

    Les aidants représentent plus de 7,5 millions de Français mais les professionnels de santé sous-estiment toujours largement le nombre d’aidants familiaux. Les médecins notamment sont 3 à 4 fois en dessous de la réalité (moins de 2 millions contre 7,8 en réalité).

    7 aidants sur 10 s’estiment mal aidés par les pouvoirs publics

    Par ailleurs, 83 % des aidants ne bénéficient d’aucun dédommagement ni rémunération au titre de leur activité d’aidants.

    À l’inverse, les soignants en général et les médecins généralistes en particulier jouissent d’une certaine reconnaissance. Le fait que le « médecin traitant » soit au cœur du système de santé français est en effet perçu comme une force par les trois quarts des citoyens français sondés, que ce soit pour les patients (âgés ou non) et l’ensemble du système de soins.

    Les Français approuvent les pratiques avancées

    Leur confiance dans le médecin généraliste n’empêche pas les Français d’approuver largement les pratiques avancées : 79 % y sont favorables. D’ailleurs, ils sont « pour » l’accentuation de la pratique avancée des infirmier(e)s, des pharmaciens et des autres professions paramédicales.

    83 % pensent que développer les pratiques avancées sera utile pour aider au soin et au maintien à domicile des personnes âgées et dépendantes.

    Méthodologie

  • Vivalto Santé s’allie à HypnoVR pour proposer à ses patients un logiciel d’hypnose médicale en RV

    Vivalto Santé, l’un des principaux groupes français d’hospitalisation privée, noue un partenariat avec HypnoVR, une start-up française qui développe des solutions d’hypnose médicale basées sur la réalité virtuelle (RV). Leur accord-cadre, dont la signature a été annoncée le 7 novembre 2019, est centré sur 3 domaines :
    • la distribution au sein des 32 établissements de santé de Vivalto du logiciel HypnoVR, conçu pour réduire la douleur, le stress et l’anxiété des patients par le biais d’un casque de RV : l’objectif est de remplacer des anesthésies générales par des anesthésie locales accompagnées du casque ou de faciliter les anesthésies loco-régionales ;
    • la recherche clinique : mise en place d’études cliniques dans différentes indications ;
    • le co-développement d’évolutions du logiciel.

    La solution d’HypnoVR est un dispositif médical (DM), dont l’efficacité a été cliniquement démontrée, mis au point par 2 médecins anesthésistes réanimateurs et hypnopraticiens. Elle est capable de faire entrer et de maintenir un patient dans un état de conscience modifié pendant toute la durée d’une procédure médicale. L’intérêt est de proposer une alternative à l’anesthésie chimique classique sans les effets secondaires pouvant être liés à cette dernière. Le logiciel est aussi utilisé comme anxiolytique en remplacement des prémédications afin de « profondément détendre le patient avant une procédure médicale stressante » mais aussi « comme antalgique en complément morphinique » dans le traitement des douleurs post opératoire, précisent les deux partenaires dans un communiqué.

    Ces diverses applications permettent d’élargir le champ de la recherche à d’autres spécialités médicales, ajoutent-ils. Plusieurs programmes de recherche sont actuellement en cours au sein du groupe Vivalto Santé afin de confirmer dans le cadre d’études prospectives, randomisées, « les résultats prometteurs déjà obtenus lors des essais cliniques ».