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  • Numérique et santé : la place des données dans la médecine du futur ?, le 24 avril 2018 à Lorient

    Le 24 avril 2018, Atlanpole biothérapies, Images & Réseaux et ID2Santé, avec le soutien d’Atlanpole et de Lorient Technopole, organisent une journée thématique autour des enjeux et des défis numériques pour la santé.

    L’événement est conçu pour permettre aux acteurs du numérique du Grand Ouest de rencontrer ceux de la santé autour de la transformation numérique du système de santé français.

    Au programme – des témoignages d’experts, des rendez-vous d’affaires et des pitchs, un showroom et des visites du laboratoire électronique de Kerpape, basé à Ploëmeur, qui est un centre de rééducation et réadaptation fonctionnelles possédant un laboratoire biomédical pour la conception et l’adaptation d’aides techniques.

    Les données de santé comme moyen d’améliorer la recherche médicale et les soins, leurs utilité dans le cadre de la formation ou aux fins de prédiction seront à l’honneur et des acteurs industriels de la donnée en santé apporteront leurs témoignages.

    Programme

    • 8h30 : Accueil
    • 9h00 : Ouverture par Bernard Pouliquen, vice-président de la Région Bretagne, chargé de l’enseignement supérieur, la recherche et la transition numérique
    • 9h10 : Keynote introductive par un représentant de l’Institut national des données de santé (sous réserve)
    • 9h45 : Les données massives au service de la recherche médicale :
      • Mieux valoriser les données de cohortes, l’exemple de Plug-Stat – par Cyrille Loncle et Yohann Foucher du LabCom RISCA
      • Données de vie réelle : enjeux et usages en santé publique – par Catherine Commaille-Chapuis, Directrice de la stratégie de OpenHealth Company, big data santé
    • 10h15 : Séquence de pitchs :
      • Enancio – Une plate-forme logicielle simplifiée pour extraire et interpréter l’information contenue dans des données biologiques massives (Jennifer Del Giudice)
      • Simango – La formation des professionnels de santé grâce à la réalité virtuelle (Vincent-Dozhwal Bagot)
      • NFSave – Le secourisme à l’ère numérique (Antoine Ouvrans)
    • 10h30 : Collecter les données du patient pour diagnostiquer et prédire des pathologies :
      • Comment un dispositif connecté facilite la prescription médicale, le retour au domicile et la prédiction d’épisodes cliniques graves avant leur apparition ? par Marie Pirotais, Biosency
      • L’intelligence artificielle pour la détection précoce du cancer de la vessie par Allan Rodriguez, VitaDX
    • 11h30 : Comment les données assistent la chirurgie ?
      • La prothèse connectée capable de détecter une infection ou un défaut mécanique, focus sur le projet « FollowKnee » – Par Guillaume Dardenne, Laboratoire LaTIM, CHU de Brest
      • Le projet CONDOR (Connected Optimized Network & Data in Operating Rooms), nouveau standard mondial de la vidéo chirurgicale – Par Emmanuel Cordonnier, IRT B<>com
    • 12h00 : Éclairage règlementaire : Le RGPD et sa mise en application en mai 2018, quel impact pour les entreprises et établissements qui traitent des données de santé ? – Par Nicolas Buchi, Cabinet Mazars
    • 12h15 : Focus sur l’accès au marché des dispositifs e-santé, par Armelle Graciet – Directrice des Affaires Industrielles au SNITEM
    • 12h45 – 13h00 : Séquence de pitchs : Méthodomics – Coaching R&D, analyse des données biologiques grâce aux outils mathématiques (Olivier Breillacq) et 2 autres startups

    Inscription

    L’inscription se fait moyennant 50 euros et via ce lien.

  • Big Data : le marché pourrait atteindre 56 milliards d’euros d’ici 2025 (Etude BIS Research)

    L’institut américain BIS Research a publié mi-mars 2018 un rapport sur le marché du Big Data. Global Big Data in Healthcare Market: Analysis and Forecast, 2017-2025 détaille les équipements, les services et les logiciels qui feront le marché de demain, et décrit le paysage de la gestion des données pays par pays.

    D’après cette étude, le marché pourrait passer de 11,45 milliards de dollars (9,3 milliards d’euros) en 2016 à 68,75 milliards de dollars (56 milliards d’euros) en 2025.

    Hausse du volume des données – 2 312 exabytes d’ici 2020

    Selon l’étude, la croissance attendue serait liée à l’explosion du volume de données de santé, qui devrait dépasser 2 312 exabytes d’ici 2020 (contre 700 en 2017). Le taux d’adoption en hausse des appareils connectés et des applications de santé contribue notamment à cette augmentation du volume de données.

    Les entreprises utilisent des outils analytiques, des techniques d’intelligence artificielle et de Machine Learning afin de dégager des informations à partir de ces données, les objectifs étant de :

    • réduire les coûts des soins de santé ;
    • augmenter les revenus ;
    • développer une médecine personnalisée ;
    • proposer un traitement proactif des patients.

    En 2017, parmi les différents composants et services Big Data et santé, les services analytiques représentaient la plus grosse part du marché à hauteur de 5,80 milliards de dollars. Ces services devraient connaître une croissance annuelle de 22,3% jusqu’en 2025.

    L’analyse clinique va connaître un taux de croissance de près de 24 %

    L’analyse financière était l’application la plus populaire des services analytiques dans le domaine de la santé en 2017, avec 2,90 milliards de dollars de revenus générés. Mais c’est l’analyse clinique devrait croître à plus vive allure avec un taux de croissance annuelle de 23,77% d’ici 2025.

    En termes de répartition géographique, l’Amérique du Nord est le principal marché Big Data et santé, notamment parce que la population fait partie des pionniers en terme d’utilisation (« early adopters »). Cette région devrait représenter à elle seule 31,12 milliards de dollars d’ici 2025.

    Mais c’est la région de l’Asie-Pacifique sur laquelle les entrepreneurs vont miser, sachant qu’ils doivent surmonter les difficultés que représentent les problèmes de connexion Internet et d’interconnexions entre les différentes bases de données dans les pays de cette région.

    Améliorer les outils d’analyse des données

    Selon l’étude, pour améliorer l’exploitation de données et les outils d’analyse des données, il faut notamment promouvoir l’adoption des dossiers électronique des patients (EHR), mais aussi celle de mesures de sécurisation des informations sensibles, d’une terminologie clinique standardisée et encourager la recherche collaborative. 

  • Urologie : une IA capable de détecter le cancer de la prostate aussi rapidement qu’un médecin (Chine)

    Des scientifiques chinois ont récemment mis au point un système d’intelligence artificielle centré sur l’apprentissage automatique qui, selon eux, permet d’identifier les cellules de prostate cancéreuses avec autant de précision qu’un pathologiste expérimenté.

    Derrière cette innovation : une équipe du Nanjing Drum Tower Hospital, l’hôpital affilié de l’école de médecine de l’Université de Nanjing (est de la Chine). Elle a partagé ses conclusions lors du congrès de l’Association européenne d’urologie qui s’est tenu à Copenhague le 16 mars 2018. Les experts affirment que leur logiciel peut non seulement détecter un cancer mais aussi classer avec précision son niveau de malignité.

    Un diagnostic précis dans 99,38 % des cas

    283 échantillons de patients ont été observés dans le cadre du programme test. Toutes les données ont été introduites dans le système d’analyse élaboré par l’équipe du Nanjing Drum Tower Hospital, le logiciel ayant été conçu pour apprendre progressivement (machine learning) et ainsi améliorer son diagnostic au fil de ses expériences.

    Les résultats ont montré un diagnostic précis dans 99,38 % des cas, soit un niveau d’efficacité comparable à celui qu’un spécialiste humain peut obtenir.

    Le but n’est pas de « remplacer un pathologiste humain »

    Le Pr. Hongqian Guo, responsable du groupe de recherche, a précisé que le système avait été « programmé pour apprendre et améliorer progressivement la manière dont il interprétait les échantillons » (source : digitalhealth.net) mais qu’il ne tendait pas pour autant à « [remplacer] un pathologiste humain ».

    « Nous avons toujours besoin d’un pathologiste expérimenté pour prendre la responsabilité du diagnostic final. [Notre outil a pour but d’]aider les pathologistes à établir un meilleur diagnostic plus rapidement [et d’]éliminer la variation quotidienne du jugement qui peut s’infiltrer dans les évaluations humaines. »

    Une IA capable d’évaluer le degré de malignité de la tumeur

    Le Pr. Guo a ajouté que cette nouvelle technologie basée sur l’IA serait capable de classer avec précision le degré de malignité de la tumeur. « Jusqu’à présent, les systèmes automatisés ont présenté une valeur clinique limitée. (…) Nous croyons qu’il s’agit du premier travail automatisé à offrir un rapport et un diagnostic précis du cancer de la prostate. À court terme, cela [permettra de gagner en rapidité et d’obtenir] une plus grande cohérence dans le diagnostic du cancer, d’un pathologiste à un autre pathologiste, d’un hôpital à un autre hôpital [et] d’un pays à un autre. »

  • Urology: AI to detect prostate cancer as accurately as human doctor in China

    Scientists in China have recently developed a learning artificial intelligence (AI) system that they say can identify cancer prostate cells as accurately as an experienced pathologist.

    A team from Nanjing Drum Tower Hospital, the Affiliated Hospital of Nanjing University Medical School (East China), is behind this innovation. They shared their findings at the European Association of Urology congress which was held in Copenhagen on March 16, 2018. They say that their software can not only diagnose cancer but also accurately classify its level of malignancy.

    An accurate diagnosis in 99.38% of cases

    The research involved samples from 283 patients. It ran these through the analysis system, with the software gradually learning and improving diagnosis.

    Results showed an accurate diagnosis in 99.38% of cases, which is as accurate as a human doctor, the researchers say.

    The purpose is not to « replace a human pathologist »

    Research leader Prof. Hongqian Guo said the system « was programmed to learn and gradually improve how it interpreted the samples » (source: digitalhealth.net). However, it « is not going to replace a human pathologist, » he noted.

    “We still need an experienced pathologist to take responsibility for the final diagnosis. What it will do is help pathologists make better, faster diagnosis, as well as eliminating the day-to-day variation in judgment which can creep into human evaluations.”

    An AI system able to evaluate the degree of malignancy of the tumor

    Prof. Guo added that this new AI-based technology would be able to accurately classify the degree of malignancy of prostate cancer. « Until now, automated systems have had limited clinical value, but we believe this is the first automated work to offer an accurate reporting and diagnosis of prostate cancer. (…) In the short-term, this can offer a faster throughput, plus a greater consistency in cancer diagnosis from pathologist to pathologist, hospital to hospital, country to country. »

  • 10 propositions pour réformer le système de protection sociale grâce au numérique (Inst. Montaigne)

    Moderniser le fonctionnement du système de protection sociale français afin de mieux servir, protéger, communiquer et gérer la relation du citoyen avec son système de protection sociale et ce grâce au numérique est la recommandation du rapport de l’Institut Montaigne intitulé « Protection sociale : une mise à jour vitale » mis en ligne le 28 mars 2018.

    Dix propositions ont été formulée afin de comprendre comment le numérique peut être utilisé comme un levier d’amélioration de l’efficacité du système de protection en termes de principes de la protection sociale, de l’amélioration du service délivré au citoyen et de la gestion et l’organisation du système de protection sociale, et ce dans l’ensemble des secteurs de protection sociale : maternité et famille, emploi, santé, vieillesse et survie, exclusion et pauvreté.

    Le citoyen et son expérience d’utilisateur sont au cœur des propositions. Le manque d’information et de clarté dans le démarches à effectuer ou l’absence de coordination entre les différentes administrations due à la coexistence de systèmes d’information trop complexes peut être résolu grâce aux outils numériques.

    Le rapport complet est disponible ci-contre.

    Dix propositions pour réussir la transformation numérique du système de protection sociale

    Selon le rapport, les nouvelles technologies constituent un moyen de renforcer les principes directeurs du système de protection sociale français et peuvent contribuer à en améliorer le fonctionnement.

    Pour exploiter de façon optimale cet outil, le groupe de travail formé a formulé des préconisations selon trois axes.

    Les principes de la protection sociale

    • Proposition n°1 : faire du numérique un levier pour renforcer la lisibilité et les valeurs du système de protection sociale français ;
    • Proposition n°2 : démarche politique incitative, et non plus restrictive, concernant le traitement de données doit être mise en place afin d’étendre le principe de solidarité au partage de données pseudonymisées (à la différence des données nominatives) de protection sociale qui sont une ressource vitale pour la transformation de l’État-providence et son bon fonctionnement. Les opérateurs privés et citoyens doivent pouvoir accéder aux données non-nominatives utiles et les exploiter plus facilement dans le cadre de recherches ou développement de solutions contribuant à l’efficacité et à l’équité du système de protection sociale ;
    • Proposition n°3 : opérer un changement de paradigme en accélérant la transition d’un modèle de protection sociale fondé sur le principe de réparation à un modèle tourné vers la prévention, en s’aidant des technologies numériques ;

    L’amélioration du service délivré au citoyen

    • Proposition n°4 : faire de l’amélioration de l’expérience utilisateur un prérequis pour toute transformation du système de protection sociale, ce qui implique de faciliter l’accès à l’information et à la responsabilisation, en offrant à l’assuré une vision transversale de ses interactions avec le système de protection sociale.  
    • Proposition n°5 : s’appuyer sur les technologies numériques pour faciliter le calcul et le versement de l’ensemble des prestations sociales, ce qui constitue également une façon de mettre fin aux inégalités et asymétries d’informations qui peuvent subsister entre citoyens.  Ici, on peut envisager une fusion de l’ensemble des prestations au sein d’une allocation unique de sécurité sociale, rendu possible grâce aux technologies numériques qui permettent de gérer des systèmes d’information plus complexes ;

    La gestion et l’organisation du système de protection sociale

    • Proposition n°6 : élaborer un grand plan national numérique pour la responsabilisation des acteurs, visant à lutter contre la fraude et les abus aux prestations sociales ;
    • Proposition n°7 : dans une optique de fluidité de l’économie et d’équité de traitement, prendre en compte les modifications du marché du travail induites par la révolution numérique en encourageant une harmonisation progressive des statuts des travailleurs vers un statut unique de l’actif ;
    • Proposition n°8 : impulser un nouveau type de gestion publique en nommant un « directeur de la transformation numérique » (« Chief Digital Officer ») dédié à la protection sociale, disposant des moyens nécessaires pour construire un système doté d’une architecture numérique simple, souple et adaptée aux nombreuses évolutions technologiques à l’œuvre ;
    • Proposition n°9 : décloisonner le public et le privé, notamment en matière de santé, en encourageant les collaborations entre les deux secteurs par la mise en place de conventions, de soutiens financiers, techniques ou d’apport de données ; 
    • Proposition n°10 : en matière d’accès aux données de protection sociale et des usages, il est proposé de retenir les principes directeurs suivants sont préconisés :
      • écarter l’accès aux données si cela doit aboutir à une individualisation de la tarification en fonction de l’appréciation des risques contraire au principe de solidarité ;
      • l’encourager s’il permet l’individualisation de la gestion du risque dans le cadre d’un financement solidaire efficace et redistributif et s’il améliore l’expérience utilisateur ;
      • le contrôler a posteriori, de façon très punitive et réactive, afin d’assurer la confiance des citoyens dans le dispositif d’accès aux données, et de réduire le risque d’abus à un niveau minimum.

    Un groupe de travail éclectique

    Le groupe de travail à l’origine du rapport est co-présidé par Jean-Charles Samuelian, président-directeur général et cofondateur d’Alan, et par Guillaume Sarkozy, président de la Fondation Malakoff-Médéric Handicap, et composé des membres suivants :

    • Paul Duan, fondateur et président, Bayes Impact ;
    • François Ewald, professeur honoraire, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), délégué général, Comité Médicis ;
    • Nadia Frontigny, vice-présidente Silver Economy, Orange Healthcare ;
    • Emmanuelle Garault, directeur des affaires publiques, Roche France ;
    • Anne-Sophie Grouchka, director government relations, Allianz ;
    • Vincent Harel, directeur général, Mercer ;
    • Fabrice Heyriès, directeur général adjoint, Groupama ;
    • Franck Le Ouay, co-fondateur et président-directeur général, Honestica ;
    • Claude Le Pen, professeur, Université Paris-Dauphine ;
    • Thomas London, partner, McKinsey & Company ;
    • Jean Mounet, administrateur, Sopra Steria ;
    • Alix Pradère, associée fondatrice, Opusline ;
    • Lucie Taleyson, directrice technique et marketing collectives, AXA France ;
    • Julien Vignoli, directeur général délégué, Gras Savoye.

  • « AI for Humanity » : Rendre le secteur de recherche dynamique grâce à l’intelligence artificielle

    Le sommet « AI for Humanity : l’intelligence artificielle au service de l’humain » organisé au Collège de France le 29 mars 2018 a proposé plusieurs conférences sur le thème de l’IA, animées par un panel d’experts internationaux. Health & Tech Intelligence y a assisté et en restitue ici les temps forts en deux compte-rendus.

    En septembre 2017, le Premier ministre Edouard Philippe confiait au député Cédric Villani une mission de réflexion visant à proposer une stratégie française pour l’intelligence artificielle. La journée du 29 mars 2018 marque l’achèvement de cette phase initiale de diagnostic et de propositions.

    Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat chargé du Numérique, et Cédric Villani, député et auteur du rapport sur l’Intelligence artificielle, ont participé à la conférence « AI for Humanity »

    Celle-ci visait à « éclairer le débat public naissant sur l’intelligence artificielle par le point de vue des meilleurs spécialistes mondiaux ». La conférence a présenté le paysage et les principaux enjeux de l’IA, ses frontières technologiques, ses impacts économiques, les enjeux liés à la protection des données et à la contrôlabilité des algorithmes. La matinée s’est organisée en quatre temps:

    • une première séquence « Recherche et formation » composée de trois présentations intitulées « Comprendre l’intelligence humaine » (Justine Cassel et Laurence Devillers), « Limites et possibilités des réseaux de neurones » (Stéphane Mallat et Stuart Russel), « Attractivité de la recherche publique » (Yann Le Cun et Frédérique Vidal).
    • une deuxième séquence « Impacts sociétaux », structurée en quatre interventions intitulées « Une IA peut-elle entrer à l’Université? » (Noriko Araï), « Biais de données, défauts algorithmiques et impacts démocratiques » (Cathy O’Neil), « Santé intelligente » (Ran Balicer), « La donnée, le citoyen et l’IA » (Latanya Sweeney et Mounir Mahjoubi).
    • une dernière séquence sur le thème de la « Politique économique« , composée de trois sessions intitulée « Voir, entendre et comprendre » (Fei Fei Li, Grégory Renard et Marie-Paule Cani), « La compétition mondiale en IA » (Sam Altman et Antoine Petit), « Faire émerger des champions de l’IA » (Demi Hassabis et Bruno Le Maire).

    Assurer la maîtrise de l’IA par les français : l’Etat veut former les citoyens aux enjeux de l’IA 

    Mounir Mahjoubi, Secrétaire d’Etat au numérique et Cédric Villani ont ouvert le sommet en insistant sur les efforts de pédagogie que doit déployer le gouvernement pour former les citoyens à l’usage de l’IA. D’après M. Mahjoubi,

    • la France doit devenir une référence mondiale en matière d’intelligence artificielle ;
    • il importe d’évaluer les effets et potentialités de l’IA sur l’ « humain », les modes de travail, etc. 
    • l’Etat doit susciter une discussion publique pour démystifier l’IA et former les citoyens à ses enjeux. Il s’agit d’assurer « la compréhension de tous les Français » ; ce travail d’explication est indispensable pour désamorcer les éventuelles réticences liées à l’IA.
    • les réflexions engagées par le gouvernement sur l’IA doivent mobiliser la société dans son ensemble, à commencer par les citoyens mais aussi les opérateurs de l’Etat, la recherche publique et privée et le monde de l’industrie.
    • Les entreprises sont appelées à jouer un rôle essentiel en matière de recherche et diffusion de l’IA.

    Comme le rappellent C. Villani et M. Mahjoubi, la réflexion engagée par le gouvernement sur l’IA concerne l’Union européenne au même titre que la France. Il s’agit d’impulser une stratégie communautaire à l’échelle de l’Union de nature à en faire un acteur de premier plan en IA. 

    Séquence 1 : Recherche et formation

    La première séquence du sommet international comportait trois interventions, sur « l’intelligence humaine », les « limites et possibilités des réseaux de neurones » et l’attractivité de la recherche publique ». Health & Tech Intelligence vous propose la synthèse de la dernière table ronde sur l’attractivité de la recherche en France.

    Comment renforcer l’ »Attractivité de la recherche publique » en France ?

    • Pourquoi l’entreprise Facebook a-t-elle choisi d’établir son centre d’IA en France ?

    Directeur scientifique du pôle Intelligence artificielle de Facebook, Yann le Cun se montre optimiste quant aux potentialités de la France en matière d’IA. Facebook a choisi d’établir son centre d’intelligence artificielle en France, car le pays dispose de nombreux talents en ce domaine et bénéficie d’un écosystème économique « diversifié et dynamique ». Il salue également le recours croissant au dispositif CIFRE, qui permet aux doctorants de travailler en entreprise en parallèle de leur doctorat. Ce dispositif fait des émules aux Etats-Unis, qui envisagent de l’utiliser pour les doctorants scientifiques.

    • Pourquoi est-il important d’attirer les entreprises étrangères en France ?

    Frédérique Vidal, Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, rappelle que moins de 1% des entreprises présentes en France sont étrangères, mais qu’elles représentent 22% des investissements. Accueillir les entreprises étrangères nécessite de reconsidérer la manière dont on perçoit les acteurs, dont « la France a beaucoup à apprendre ». Par ailleurs, Mme Vidal rappelle le rôle « essentiel » que les docteurs sont amenés à jouer dans le secteur privé et que l’attractivité de l’IA tient au fait qu’en ce domaine, les délais de transfert entre la recherche fondamentale et les applications industrielles sont relativement courts donc intéressants pour de nombreux chercheurs.

    • Pourquoi faut-il une recherche publique alors que la recherche privée est très active dans le domaine de l’intelligence artificielle ?

    Pour la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, la recherche académique est incontournable à plusieurs titres : la recherche publique doit être dynamique pour penser les « bons programmes », adaptés aux enjeux et besoins de notre époque ; elle est nécessaire car l’enseignement supérieur repose sur la formation de la recherche par la recherche : en l’absence d’enseignants spécialistes de l’IA à l’université, les prochaines générations de chercheurs ne pourront être formées à cette discipline.

    Yann Le  Cun rappelle quant à lui qu’il existe peu de grandes entreprises spécialisées en IA (une fois Google, IBM, Facebook écartées) et que les idées innovantes doivent être impulsées par la recherche publique. Il en appelle à la mise en place d’une recherche ouverte entre secteur privé et monde académique qui, outre-atlantique, s’avère particulièrement « efficace » (citant l’exemple de l’université de Montréal). Certaines questions fondamentales demeurent irrésolues, justifiant ainsi pleinement la poursuite de la recherche publique et le soutien qui peut lui être apporter.

    A la ministre de conclure qu’il importe de créer un cercle vertueux entre recherche fondamentale et monde industriel : des questions de recherche peuvent être suscitée par des technologies mises au point par l’industrie et inversement, les solutions élaborées par la recherche peuvent être transférées à l’industrie pour investir un terrain d’application concret.

    • Comment renforcer l’attractivité de notre écosystème ?

    Pour renforcer l’attractivité de la recherche publique en France, la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche propose de cesser d’opposer les carrières scientifiques entre mondes public et privé et de favoriser le passage d’un univers à l’autre. Plusieurs dispositifs sont à l’étude entre les ministères de la recherche et de l’économie pour atteindre cet objectif. Le gouvernement travaille activement sur la question de la valorisation des missions d’expertise scientifique.

    Pour Yann le Cun, issu de l’université publique puis passé dans le privé, les rémunérations des chercheurs français ne sont pas suffisamment incitatives et qu’il est indispensable de les augmenter. Les chercheurs doivent poursuivre leur activité au sein du monde public pour « ne pas tuer la génération suivante de chercheurs et préserver les capacités de formation de l’université française », l’envie de connaître et le désir de transmettre ces connaissances. Aux Etats-Unis, les frontières entre les deux univers sont bien plus poreuses : certains professeurs enseignent un semestre au sein de l’université puis travaillent activement auprès d’un laboratoire privé la moitié de l’année restante. Par ailleurs, si en France, il est fréquent pour les chercheurs d’endosser progressivement des habits de managers au cours de leurs carrières, Yann le Cun explique que la poursuite d’une activité de recherche est nettement plus valorisée aux USA. Il conviendrait d’offrir cette opportunité aux chercheurs français et de ne pas dévaloriser la recherche pure sur le long terme. 

    • Comment rendre possible le partage des données entre chercheurs et acteurs publics / privés de la recherche ?

    Yann le Cun rappelle que Facebook fournit des données dans le cadre de common objective contests (données publiques, non issues des comptes de ses utilisateurs). Dans le domaine de la santé plus spécifiquement, les chercheurs « ont insuffisamment accès aux données », une situation qu’il faudrait faire évoluer, selon le directeur scientifique de Facebook.  

  • Prix ASPIRE 2018 : la meilleure technologie de santé d’Asie-Pacifique bientôt récompensée

    La Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (Asia-Pacific Economic Cooperation, APEC) a lancé début mars 2018 l’ouverture des candidatures pour le Prix scientifique de l’APEC 2018 dédié à l’innovation, la recherche et l’éducation (APEC Science Prize for Innovation, Research and Education), ou Prix ASPIRE, sous le thème « Technologies intelligentes pour des sociétés en bonne santé ».

    Choisi comme programme phare par la Papouasie-Nouvelle-Guinée en tant que président actuel de l’APEC, il met en lumière les percées réalisées en collaboration par de jeunes innovateurs issus de l’Asie-Pacifique améliorant radicalement l’accès aux soins, la qualité des prestations et les résultats de santé.

    Les technologies portables, la robotique et la nano-médecine à l’honneur

    Les disciplines mises en avant dans le cadre de ce concours régional comprennent, entre autres :

    • la technologie biomédicale ;
    • les chaînes d’approvisionnement des soins ;
    • la technologie portable ;
    • la robotique ;
    • la nano-médecine ;
    • l’impression 3D ;
    • la technologie blockchain.

    Objectifs recherchés : améliorer la gestion du personnel et le suivi des patients

    Parmi les innovations récentes repérées au sein de l’APEC figurent des outils avancés de formation du personnel soignant, des systèmes de gestion des entrées et des sorties dans les centres de soins, des services de soins numériques, des systèmes de diagnostics rapides et des outils de surveillance des patients.

    Une mise en lumière des collaborations transfrontalières entre jeunes innovateurs

    Chaque pays de l’APEC peut désigner une personne de moins de 40 ans pour participer au concours. Les candidats seront jugés sur l’impact de leurs recherches transfrontalières avec des pairs d’autres économies de l’APEC.

    « En évaluant les innovations technologiques percutantes issues des partenariats de recherche au sein de l’APEC, nous cherchons à mieux (…) promouvoir (…) l’arrivée de technologies nouvelles et plus intelligentes capables de soutenir notre population et nos économies », a déclaré Christin Kjelland, président du Partenariat politique de l’APEC pour la science, la technologie et l’innovation, qui administre le Prix ASPIRE 2018 (source : Scoop.co.nz).

    Le lauréat sera désigné en août 2018

    Date limite des candidatures : le 13 avril 2018

    Les candidats sont encouragés à remplir le « formulaire de candidature locale » et à l’envoyer au directeur de programme de PPSTI, Mme Zhongzhen LIU (lzz@apec.org), d’ici le 13 avril 2018.

    Une fois les nominations reçues, les membres du PPSTI classent les candidats par tirage au sort pour déterminer le gagnant. Ils sont invités à juger les candidats en fonction :

    • de l’excellence de leurs travaux dans la recherche scientifique ;
    • de leur engagement à coopérer avec des scientifiques d’autres économies membres de l’APEC ;
    • de leur contribution au thème ASPIRE 2018 : « Technologies intelligentes pour des sociétés en bonne santé ».

    Le prix ASPIRE sera décerné par les fonctionnaires de l’APEC en Papouasie-Nouvelle-Guinée lors de la 12ème réunion de l’APEC PPSTI prévue en août 2018. Le gagnant recevra 25 000 USD (20 130 €).

    Wiley et Elsevier, éditeurs de connaissances scientifiques, sont les sponsors de l’initiative.

  • ASPIRE Prize 2018: The best Asia-Pacific health technology to be awarded 25.000USD

    The Asia-Pacific Economic Cooperation (APEC) launched in early March 2018 the opening of nominations for the 2018 APEC Science Prize for Innovation, Research and Education, or ASPIRE Prize, under the theme « Smart Technologies for Healthy Societies ».

    Selected as the program focus by by Papua New Guinea as current APEC Chair, it highlights  breakthroughs that have been made by young innovators across APEC economies that are radically improving healthcare access, quality and outcomes.

    A focus on wearable technology, robotics and nano-medicine

    Relevant academic disciplines highlighted in this competition include, among others:

    • biomedical technology;
    • healthcare supply chains;
    • wearable technology;
    • robotics ;
    • nano-medicine;
    • 3D printing ;
    • blockchain technology.

    Main goals: Improving staff management and patient monitoring

    Innovations identified within APEC economies include advanced training tools, patient referral systems and traffic management at hospitals and care centers, rapid diagnoses and remote monitoring of patients.

    A highlight of cross-border collaborations between APEC young innovators

    Each APEC economy may nominate one individual under 40 years of age for the ASPIRE Prize. Applicants will be judged on the impact of their cross-border research with peers from other APEC economies.

    « By evaluating impactful health tech innovations coming out of research partnerships in APEC, we aim to better understand and promote how to facilitate the arrival of new and smarter technologies that can keep our people and economies thriving, » said Christin Kjelland, chair of the APEC Policy Partnership for Science, Technology, and Innovation, which administers the annual ASPIRE Prize(source: Scoop.co.nz).

    The winner will be recognized in August 2018

    Deadline for applications: April 13, 2018

    Applicants are encouraged to complete the « Local Nomination Form » and send it to PPSTI Program Director Ms. Zhongzhen LIU (lzz@apec.org) by 13 April 2018.

    Once nominations are received, PPSTI members rank the candidates through a selection ballot to determine the winner. Members of the PPSTI are asked to judge the nominees based on how well they have demonstrated:

    • Excellence in scientific research;
    • Commitment to cooperation with scientists from other APEC member economies;
    • Contribution to the 2018 ASPIRE theme of « Smart Technologies for Healthy Societies. »

    The winner will be recognized at an award ceremony during the 12th APEC PPSTI Meeting in Papua New Guinea in August 2018. He/she will receive USD25,000 (€20,130) in prize money.

    Wiley and Elsevier, publishers of scholarly scientific knowledge, are sponsors of the initiative.

  • IA & cardio : « Nous voulons devenir le chef de file du secteur aux Philippines » (E. Quan, Citta.ai)

    « Nous souhaitons éviter à chaque patient cardiaque de recourir à une intervention chirurgicale d’urgence, une opération qui coûte cher, entraîne beaucoup de stress pour la famille et présente des risques élevés pour le patient. Un suivi adéquat et un soutien efficace peuvent nous permettre d’atteindre cet objectif. » (Elle Quan)

    Elle Quan, récemment nommée directrice pays aux Philippines par Citta.ai, une entreprise spécialisée en intelligence artificielle médicale, détaille à H&TI ses ambitions et sa vision du marché de la health tech philippin, encore balbutiant mais très prometteur selon l’experte si le pays parvient à intégrer de manière durable les nouvelles technologies au sein de son système de santé.

    Objectif N°1 : pallier la pénurie de cardiologues aux Philippines

    Citta.ai vous a confié début février 2018 le poste de directrice de la société aux Philippines. Quel est exactement votre rôle dans l’entreprise ?

    Ma mission est d’ouvrir le marché philippin pour y déployer une nouvelle technologie comme celle proposée par Citta.ai. Il n’y a actuellement qu’un seul autre acteur dans ce domaine : une entreprise Apple. Nous aimerions nous concentrer sur le développement de marchés comme les Philippines car une technologie comme celle que nous avons élaborée aura une incidence directe sur la prestation de soins et son prix sera abordable pour les familles philippines classiques.

    « Avec seulement 14 cardiologues par million de personnes aux Philippines, la recherche sur l’IA de Citta et son application aideront à surmonter la grave pénurie de cardiologues au sein du pays. Disposer d’un cardiologue à portée de la main disponible à tout moment aura un impact sur chaque famille philippine dont l’un des membres souffre d’une maladie cardiaque », avez-vous récemment déclaré dans un communiqué. Citta envisage-t-il aux Philippines de se concentrer uniquement sur les patients cardiaques ou d’autres maladies vont-elles être ciblées ?

    Nous avons également mis au point des moniteurs et une technologie basée sur l’IA pour les patients atteints de diabète. Pour notre approche initiale, nous pensons qu’il est plus urgent de répondre aux besoins en technologies de cardiologie aux Philippines. Plusieurs acteurs sont déjà présents sur le marché du diabète.

    Quel est l’objectif de l’entreprise aux Philippines sur le long terme ?

    Nous visons à devenir le chef de file dans la fourniture de technologies de cardiologie basées sur l’IA fiables, accessibles et réellement novatrices aux Philippines. Nous souhaitons éviter à chaque patient cardiaque de recourir à une intervention chirurgicale d’urgence, une opération qui coûte cher, entraîne beaucoup de stress pour la famille et présente des risques élevés pour le patient. Un suivi adéquat et un soutien efficace peuvent nous permettre d’atteindre cet objectif.

    « Si j’avais mon mot à dire, j’aimerais que le dispositif [Citta] soit gratuit »

    Les fournisseurs de soins peuvent utiliser les plateformes SaaS de Citta pour déployer leurs solutions de surveillance à distance des patients en quelques minutes. La solution Citta a-t-elle déjà été lancée sur le marché philippin ?

    Pas encore. Nous commençons tout juste à entamer des conversations avec des dirigeants d’hôpitaux.

    Quels ont été les premiers retours de la profession ?

    Tous ceux à qui nous avons parlé du projet sont enthousiastes et veulent en savoir plus. Nous allons mettre en place notre première série de réunions avec notre Pdg à l’occasion de sa visite à Manille en avril 2018.

    Devrez-vous adapter la solution de Citta à l’infrastructure philippine ?

    Nous sommes conscients que la connectivité internet pourrait ne pas être aussi forte que dans des pays comme Singapour mais nous sommes confiants car nous pensons que la situation devrait s’améliorer bientôt.

    Quels aspects de votre dispositif souhaiteriez-vous modifier en tant que directrice de la société aux Philippines ?

    Ce serait le coût ! Nous avons pour mission de sauver des vies, d’engendrer des économies et d’améliorer la qualité de vie. Nous aimerions donc que chaque patient dispose d’un appareil. Si j’avais mon mot à dire, j’aimerais que le dispositif soit gratuit… Si nous trouvons le bon partenaire, nous pourrions peut-être y parvenir.

    Vie privée : « L’analyse des données est le nouveau paradigme de la santé »

    Pensez-vous que les Philippins sont réceptifs à ce genre de nouvelle technologie ?

    Les hôpitaux et les cliniciens philippins sont très réceptifs aux nouvelles technologies. Ils sont prêts. Il suffit juste de leur fournir la technologie appropriée pour qu’ils puissent obtenir de meilleurs résultats en matière de soins avec un faible niveau d’investissement. Nous avons les capacités de déployer un programme avec un investissement quasiment nul au sein de l’hôpital. Nous sommes ravis de pouvoir mettre en place un tel projet.

    Vous allez collaborer avec des hôpitaux et des compagnies d’assurance santé. Comment pouvez-vous rassurer les patients qui peuvent hésiter à partager leurs données avec des sociétés privés par exemple ?

    Les systèmes d’analyse des données de santé et des informations patients sont en train de devenir le nouveau paradigme du bien-être et de la santé. De nombreuses personnes utilisent leurs appareils Fitbit et partagent ainsi leur fréquence cardiaque, leurs habitudes de sommeil, etc. Le dispositif de Citta recueille le même type d’informations. Notre force est notre IA qui interprète les données et fournit des informations précieuses aux professionnels de la santé. L’établissement du traitement sera toujours réservé aux cardiologues pratiquants.

    N’est-il pas compliqué de partager ses données privées avec une compagnie d’assurance d’un point de vue éthique ?

    Je crois que détenir des informations permettant de savoir quelles sont les risques de développer telle ou telle maladie font partie des exigences des compagnies d’assurance.

    Ce que nous offrons profite à la fois aux patients et aux payeurs. Par exemple, certains organismes couvrent les patients déjà atteints de diabète, à condition qu’ils puissent prouver qu’ils savent gérer leur maladie. Les appareils de surveillance comme le nôtre incitent les patients à bouger, à surveiller leur alimentation ou à consulter un spécialiste si quelque chose ne va pas. Il offre aux patients une protection supplémentaire tout en permettant aux assureurs de mieux gérer leurs coûts en incitant les patients à contrôler leur état de santé.

    « Nous voulons devenir un précurseur dans l’industrie des soins aux Philippines »

    Au cours de votre carrière, vous avez travaillé en étroite collaboration avec des cadres supérieurs de la santé dans des hôpitaux, les domaines pharmaceutique et de la medtech, des institutions de recherche et le secteur public dans toute l’Asie. Selon vous, quels sont les principaux défis auxquels le système de santé philippin est aujourd’hui confronté ?

    Je pense que l’un des principaux problèmes est le faible niveau d’intégration des nouvelles technologies. Les Philippines peuvent sauter le pas et utiliser les innovations disponibles sur le marché pour fournir des soins de qualité, rentables et efficaces. Les soignants philippins sont parmi les meilleurs au monde, les médecins sont bien formés, de nouveaux établissements de soins sont en train d’être construits dans le pays et les installations vieillissantes sont actuellement en rénovation. Le déploiement de nouvelles technologies semble être la pièce manquante pour une mise à niveau parfaitement réussie.

    Citta vise à démocratiser le système de diagnostic basé sur l’intelligence artificielle. Selon vous, comment l’IA peut-elle aider à améliorer le système de santé philippin ?

    L’utilisation de l’IA dans le domaine des soins s’étend à un large spectre. Elle aide à établir un diagnostic, améliore l’engagement du patient mais aussi la mise en place des plans de traitement. Il y a un manque très important de cardiologues aux Philippines. Or, Citta permet d’alerter les patients si le dispositif estime qu’ils ont besoin de consulter au plus vite un professionnel de la santé. Imaginez comment le système de santé pourrait positivement évoluer si les patients sont informés qu’ils risquent de faire une crise cardiaque dans les trois jours à venir !

    Pensez-vous que les Philippines pourraient occuper une place importante sur le marché de la santé numérique dans les années à venir ?

    La e-santé a transformé la prestation des soins dans des économies plus avancées, telles que Singapour, le Japon ou la Corée du Sud. C’est juste une question de temps pour que les économies émergentes comme les Philippines suivent le mouvement. L’impact des technologies sur l’offre de soins va être de plus en plus important, permettant d’établir des diagnostics, de mettre en place des traitements et d’assurer une rééducation de manière plus rapide, moins coûteuse et plus qualitative.

    Nous voulons devenir un précurseur dans l’industrie des soins aux Philippines. L’un des nos objectifs est d’éduquer les hôpitaux, les cliniques, les HMOs et les groupes pharmaceutiques ainsi que les assurances sur la manière dont la technologie, en particulier l’intelligence artificielle, peut pallier le manque de spécialistes, augmenter l’engagement des patients et la fidélité des clients tout en mettant en avant leur propre marque en tant qu’innovateurs.

  • Big data médicales : la Corée du Sud souhaite créer une base de données nationale

    La Corée du Sud est en train de consolider les données médicales hospitalières à travers une base unique réunissant 10 millions de patients. L’objectif est d’utiliser le système informatique médical établi du pays pour créer une ressource soutenant les initiatives de santé numériques et le développement de nouveaux médicaments et de dispositifs médicaux, a indiqué le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie sud-coréen le 9 février 2018 à l’occasion d’une conférence qui s’est tenue dans les locaux de la fondation Wonju Medical Industry Techno Valley (province de Gangwon) avec les acteurs locaux de la biotechnologie et de la santé.

    Le gouvernement mettra en place ce nouveau système au cours du premier semestre 2018 en collectant des données auprès de six hôpitaux pour commencer. Cette première étape permettra de créer une base de données génétiques et biométriques sur des millions de patients, ont déclaré les autorités.

    Bio et santé : la part de l’Inde sur la marché mondial atteindra les 4 % d’ici 2022

    Des représentants de l’entreprise de bio-ingénierie Daewoong Pharmaceutical (Séoul), du Samsung Medical Center de Séoul (Mediana), de l’Organisation coréenne de l’industrie de la biotechnologie et d’autres organisations médicales locales ont assisté à la conférence.

    La base de données sud-coréenne sera élargie une fois que la phase pilote annoncée sera terminée. Le gouvernement pense que cette approche tirera parti de la ressource établie pour soutenir les projets d’expansion des entreprises locales.

    L’objectif sur le long terme est de créer environ 35 000 nouveaux emplois dans le secteur en croissance de la biologie et de la santé et de faire passer la part du pays sur le marché mondial à 4 % d’ici 2022, contre 1,8 % actuellement.

    Analyser les big data pour améliorer la prévention des principales maladies du pays

    L’analyse des big data recueillies seront utilisées pour la recherche et le développement de nouveaux produits pharmaceutiques dans l’optique de prédire les principales maladies du pays et de détecter les symptômes inhabituels dans les groupes de personnes les plus à risque.

    Afin de protéger au mieux les informations personnelles des patients, les hôpitaux devront effectuer une première analyse des données et ne partager que les bilans statistiques, a précisé Un-gyu Paik, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie sud-coréen (source : The Korea Herald).

    Vers un déploiement des entreprises locales à échelle mondiale

    « Grâce à d’autres déréglementations et à un programme de financement public [qui sera déployé] par étape, nous aiderons les entreprises pharmaceutiques et d’équipements médicaux locales à gagner du terrain sur le marché mondial », a-t-il déclaré.

    Une collaboration avec de multiples secteurs

    Une fois la base de données initiale installée, le gouvernement cherchera à étendre ses capacités en collaborant avec divers secteurs, comme celui des TIC, des télécommunications, des cosmétiques et de l’automobile. Il pense notamment à l’installation d’un bio-capteur dans les voitures capable de détecter des symptômes inhabituels chez le conducteur et de contacter les centres d’appels d’urgence en cas de besoin.

    E-santé : le gouvernement multiplie les projets

    De plus, un projet pilote « smart city » dans le secteur de la santé doit être lancé à partir de 2020 au sein du pays pour offrir aux citoyens un service complet de gestion des soins fondé sur des informations de santé personnelles, la météo et des facteurs environnementaux.

    La conférence du 9 février est survenue peu temps après que le gouvernement a décidé d’étendre ses subventions et son soutien dans le domaine des big data médicales. En janvier, le ministère s’est également engagé à investir davantage dans la R&D dans le secteur pharmaceutique et à créer un écosystème industriel innovant.