Lors d’un discours adressé le 24 mai 2018 au National Press Club (organisation professionnelle mondiale pour journalistes), le directeur général de l’Agence de la santé numérique australienne (ADHA) Tim Kelsey a abordé les problèmes de sécurité et de confidentialité soulevés par l’utilisation de My Health Record (MyHR), le dossier médical en ligne national actuellement en cours de déploiement.
Tim Kelsey a mis en avant les mesures mises en place depuis quelques mois afin de mieux assurer la protection des données personnelles des patients, parmi lesquelles la création, en 2017, d’un centre de cybersécurité visant à surveiller le système et les informations qui y sont recueillies.
Il a par ailleurs indiqué qu’une nouvelle feuille de route pour le déploiement de My Health Record est en cours de développement et sera dévoilée au cours du mois de juillet 2018.
Un centre de cybersécurité pour assurer une surveillance constante
« My Health Record respecte les normes de cybersécurité les plus strictes d’Australie et fait l’objet d’un audit indépendant par un certain nombre d’organisations, a déclaré M. Kelsey (source : Zdnet.com). L’agence a mis en place un centre national de cybersécurité pour assurer une surveillance constante (…) de My Health Record » tout en rappelant que depuis le lancement de MyHR en 2012, « il n’y avait eu aucune violation » de données.
Un code d’accès pour renforcer la sécurité des comptes MHR
Autre mesure de sécurité abordée par le directeur de l’Agence de la santé numérique australienne : la mise en place d’un code d’accès ou code PIN pour garantir que les détenteurs d’un compte MHR soient assurés d’être les seuls à pouvoir consulter leurs informations personnelles de santé.
Le patient reçoit une alerte SMS lorsque son dossier est consulté par un tiers
Par ailleurs, les utilisateurs pourront consulter un journal d’audit en temps réel leur indiquant qui a accédé à leur dossier. Ils pourront également mettre en place un système d’alerte SMS pour être averti de l’ouverture de leur compte.
Chaque particulier peut également paramétrer les accès à son compte et décider d’empêcher un clinicien de consulter l’un des documents enregistrés dans son dossier.
« Chaque accès par un clinicien lui est automatiquement associé et enregistré en temps réel », a déclaré Tim Kelsey, précisant qu’une utilisation non autorisée des données sera passible d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement.
Des lignes directrices sur l’utilisation des données MHR
L’usage des informations de My Health Record par une tierce personne fait partie des principales préoccupations liées à l’utilisation du dispositif.
Le gouvernement a publié en mai des lignes directrices sur l’utilisation par des tiers des données générées par le dossier médical national.
Elles précisent que l’accès direct et la diffusion des données de My Health Record sont uniquement réservés à une entité australienne et que les données vouées à être réutilisées doivent être stockées dans un établissement situé en Australie.
Selon les conditions d’utilisation du service, l’accès aux données anonymisées est limité. Ces informations ne peuvent être utilisées qu’à des fins commerciales et non liées à des projets relatifs au secteur de la santé. Cela signifie que les compagnies d’assurance ne pourront pas les utiliser pour fixer le montant de leurs primes, par exemple, a expliqué M. Kelsey.
MHR : un retrait du service possible entre juillet et octobre 2018
À l’heure actuelle, environ 5,7 millions d’Australiens (sur plus de 24 millions d’habitants) possèdent un dossier My Health. Un compte sera automatiquement créé pour tous les citoyens d’ici la fin de l’année : les personnes ne souhaitant pas rejoindre le service pourront demander leur retrait du dispositif entre le 16 juillet et le 15 octobre 2018.
Time Kelsey affirme que lorsqu’un dossier My Health sera annulé, le contenu de l’enregistrement sera sauvegardé selon la procédure de suppression des données définie par le gouvernement et deviendra indisponible pour une utilisation secondaire.
Une nouvelle feuille de route pour le déploiement du My Health Record attendue pour juillet 2018
L’objectif de l’Agence de la e-santé australienne pour l’année 2019 est de fournir à tous les cliniciens inscrits un moyen sûr de communiquer via une messagerie numérique avec leurs collègues en évitant de « recourir au papier ou au télécopieur (…) ».
D’ici 2022, les premières régions sélectionnées en Australie auront raccordé tous leurs services de soins pour que les cliniciens aient un accès inter-organisationnel à l’information, a ajouté le directeur de la ADHA.
La nouvelle feuille de route du déploiement à venir du dossier électronique afin d’assurer le respect des principes de l’Agence de la santé numérique sera prête pour juillet 2018. Ces principes seront centrés sur la participation – donnant aux citoyens les moyens de prendre davantage de contrôle sur leur santé -, sur la collaboration – ce qui nécessitera la co-création de services -, et sur l’innovation.