Le nouveau comité Cancer du Leem, présenté jeudi 7 décembre 2017, a pour mission de favoriser l’arrivée des innovations en oncologie et leur accès rapide aux patients.
Ce comité, constitué de 19 entreprises engagées dans la lutte contre le cancer, parmi lesquelles Roche, Astrazeneca ou Novartis, est constitué alors que le champ de l’oncologie connaît une vague d’innovations : nouvelles générations d’immunothérapies, thérapies ciblées, séquençage du génome, influence croissante du Big Data dans la recherche, évolution du parcours et de l’organisation des soins sous l’effet de la transformation numérique, etc.
Les trois grands axes de cette plateforme – accompagnés de 15 objectifs ciblés – sont :
• stimuler la R & D ;
• favoriser l’accès précoce des patients aux médicaments innovants ;
• améliorer le parcours de soins.
15 objectifs pour permettre aux innovations de devenir des réalités thérapeutiques pour le patient
Plusieurs objectifs de la nouvelle plateforme concernent purement la recherche (optimiser le recrutement de patients pour réaliser des essais cliniques, pérenniser le crédit impôts recherche, etc.), mais d’autres concernent l’innovation et le parcours de soin, comme les objectifs suivants :
Anticiper l’arrivée des innovations
- état des lieux : Quelques outils ont été mis en place sur la base d’un partage d’informations entre les laboratoires pharmaceutiques et les pouvoirs publics concernant les innovations à venir. Dans le plan cancer 3, il est prévu de créer un comité de veille technologique piloté par l’INCa. Un comité de prospective des innovations médicamenteuses a été mis en place au CEPS. Par ailleurs, le plan France Médecine génomique 2025 devrait permettre de réaliser un premier niveau d’analyse prospective sur l’impact des nouveaux outils de test diagnostic dans le système et sur la manière dont il va falloir s’organiser pour optimiser leurs bénéfices.
- propositions :
- mettre en place un outil de prévision de type « Horizon Scanning » en France, en lien avec les autres pays européens, sous le pilotage d’un comité stratégique incluant notamment l’ANSM et la HAS. Ce comité aurait pour missions de revoir périodiquement l’ensemble des technologies impactant la prise en charge par type de cancer dans ses dimensions cliniques, organisationnelles et budgétaires et de prioriser les travaux d’évaluation de la HAS sur les technologies les plus prometteuses en termes de santé publique ;
- anticiper les adaptations/transformations générées par les innovations identifiées, au niveau des méthodologies d’évaluation – notamment pour les objets connectés, la télémédecine, les médicaments de thérapies innovantes combinées -, des besoins de formations pour les professionnels de santé et les évaluateurs, de l’organisation du parcours de soins, etc.
Améliorer le parcours de soin notamment grâce à l’ambulatoire
Les évolutions thérapeutiques et organisationnelles nécessitent de restructurer le parcours de soins pour assurer un égal accès aux soins et aux innovations à tous les patients.
- Propositions :
- faciliter le virage ambulatoire notamment pour les chimiothérapies orales, les traitements à domicile par chimiothérapies intraveineuses et les chirurgies ambulatoires ;
- proposer un accompagnement et une prise en charge du patient sous thérapie orale articulés entre l’hôpital et la ville ;
- matérialiser le potentiel de transformation induit par les traitements portables en ville, le développement des chimiothérapies IV à domicile et la chirurgie ambulatoire et organiser une préférence pour la prise en charge en ville ;
- favoriser le développement d’organisations adaptées au virage ambulatoire ;
- évaluer en continu les économies budgétaires réalisées grâce au virage ambulatoire et mobiliser tout ou partie de ces économies pour le financement de l’innovation.
À noter que le nombre de nouveaux cas de cancer diagnostiqués chaque jour en France est de 1 053.