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  • IA : 95 études en 2025 valident un tournant clinique en pédiatrie (revue de littérature)

    L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé pédiatrique connaît une progression remarquable en 2025,  soit une augmentation de 46,2% par rapport à 2024. Cette analyse synthétise 95 études scientifiques publiées sur PubMed au cours de cette année, provenant de diverses institutions internationales, dont :

    • l’Université de Graz (Autriche),
    • l’Université de Campanie Luigi Vanvitelli (Italie),
    • l’Université de Stanford (États-Unis),
    • l’Université de Sydney (Australie),
    • et de nombreux autres centres de recherche répartis en Europe, en Asie et aux Amériques.

    Ces travaux, publiés dans des revues de référence documentent l’application de l’apprentissage automatique et de l’apprentissage profond dans des domaines cliniques variés, telles que :

    Notre analyse consiste à évaluer comment l’IA transforme la pratique pédiatrique contemporaine, en identifiant ses applications diagnostiques, thérapeutiques et préventives, tout en examinant les défis méthodologiques et éthiques qui accompagnent son déploiement clinique. L’objectif est de fournir aux professionnels de santé et aux décideurs du secteur de la santé numérique une synthèse rigoureuse des données probantes disponibles sur l’utilisation de l’IA en pédiatrie, en mettant l’accent sur les résultats quantitatifs, les performances des modèles, et les implications pour la pratique clinique.

    18 applications diagnostiques et/ou cliniques de l’IA pour l’enfant

    Pneumonie pédiatrique et imagerie pulmonaire

    L’analyse de Rickard et al. (2025), publiée dans *Computer Methods and Programs in Biomedicine*, constitue une revue systématique de 35 études portant sur la classification de la pneumonie virale et bactérienne chez les enfants par apprentissage automatique. Cette distinction diagnostique demeure cliniquement importante car elle oriente les décisions thérapeutiques, notamment l’utilisation appropriée des antibiotiques. Les résultats révèlent une performance médiane de 92,3% de précision (intervalle : 80,8% à 97,9%) pour la classification binaire entre pneumonie virale et bactérienne. Pour la classification multiclasse (sain, pneumonie virale, pneumonie bactérienne), la précision médiane atteint 91,8% (intervalle : 76,8% à 99,7%).

    L’étude identifie que 31 des 35 études analysées utilisent le même jeu de données publique (Kermany dataset), ce qui soulève des préoccupations concernant le surapprentissage et la généralisabilité des modèles. La majorité des études (n=33) emploient des réseaux de neurones convolutifs (CNN) pour la classification des radiographies thoraciques. Cette concentration méthodologique limite la diversité des approches et la validation externe des résultats, soulignant la nécessité de développer des ensembles de données plus représentatifs de populations cliniques variées.

     Détection des malformations auriculaires néonatales

    Ren et al. (2025), dans *EClinicalMedicine*, présentent un système d’IA pour l’identification des malformations auriculaires chez les nouveau-nés via une application smartphone. Le modèle, développé à partir du jeu de données BabyEar4k (3852 images auriculaires) et d’un ensemble additionnel de 104 images de microtie provenant de l’Hôpital ORL de l’Université Fudan, atteint une précision de 0,83 à 0,85 pour la classification en six catégories et de 0,94 à 0,98 pour la classification binaire normal/anormal.

    L’architecture ResNet50 démontre la performance la plus constante parmi quatre architectures évaluées. La validation multicentrique dans trois centres chinois (Xinjiang N=252, Guizhou N=186, Fujian N=252) confirme une précision de 0,74 à 0,82 pour la classification en six classes et de 0,79 à 0,86 pour la classification normale/anormale, attestant de la robustesse du système. L’analyse comparative avec des volontaires humains révèle que les professionnels atteignent une précision de 0,7-0,8, tandis que les personnes non spécialisées obtiennent 0,45-0,55, démontrant la capacité du système à égaler ou surpasser l’expertise humaine.

     Dépistage néonatal et maladies métaboliques

    Xie et al. (2025), dans *BMC Medical Genomics*, explorent l’intégration du séquençage génomique, de la métabolomique ciblée et de l’apprentissage automatique pour améliorer la précision du dépistage néonatal. L’étude analyse 119 cas positifs au dépistage en Californie, couvrant quatre pathologies : l’acidurie glutarique de type I (GA-I), l’acidémie propionique/méthylmalonique (PA/MMA), le déficit en ornithine transcarbamylase (OTCD) et le déficit en acyl-CoA déshydrogénase des acides gras à très longue chaîne (VLCADD).

    Le séquençage génomique confirme 89% (31/35) des vrais positifs par la présence de deux variants rapportables. Parmi 84 faux positifs, 74% (62) ne présentent aucun variant, tandis que 26% (22) portent un variant pathogène ou probablement pathogène. Pour le VLCADD, 50% des faux positifs (15/29) sont des porteurs de variants ACADVL (P=4,66×10⁻⁷), indiquant que les variants ACADVL élèvent les biomarqueurs et augmentent le taux de faux positifs. La métabolomique couplée à l’IA détecte tous les vrais positifs (sensibilité 100%), tandis que le séquençage génomique réduit les faux positifs de 98,8%.

     Classification des pleurs néonataux

    Özdemir et Yilmaz (2025), dans *Journal of Voice*, développent un système de détection et classification automatique des pleurs de nouveau-nés par apprentissage automatique. L’étude porte sur 32 nouveau-nés en condition médicale stable dans une unité de soins intensifs néonatals, avec des enregistrements collectés sur des périodes de 12 heures. Le système identifie six modèles comportementaux : repos, faim, somnolence, douleur, besoin de rot et détresse.

    La méthode utilise la transformée de Fourier à court terme pour convertir les signaux audio en spectrogrammes, qui sont ensuite analysés par un réseau de neurones convolutifs profond couplé à un classificateur à machine à vecteurs de support. Le système atteint une précision de 91,856% dans l’identification des besoins du nouveau-né par analyse temporelle des unités de pleurs, offrant une solution sans contact et économique pour la pratique clinique.

     Applications mobiles pour la santé mentale infantile

    Yang et al. (2025), dans *JMIR mHealth and uHealth*, réalisent une analyse complète de 27 applications mobiles basées sur l’IA pour la santé mentale infantile, identifiées à partir de 369 applications initialement évaluées. L’évaluation qualitative utilise le Mobile Application Rating Scale (MARS), révélant un score moyen de 3,45/5 (ET 0,5), indiquant une nécessité d’amélioration de la qualité. L’analyse de lisibilité montre des scores sous-optimaux, avec un niveau de lecture moyen de 6,62 (ET 2,2) pour le contenu intra-application et de 9,93 (ET 2,6) pour les descriptions des boutiques d’applications.

    L’analyse de contenu catégorise les applications en trois groupes fonctionnels : applications basées sur des chatbots (15 applications), applications de journalisation (9 applications) et applications de traitement psychothérapeutique (3 applications). Bien que 20 des 27 applications (74%) utilisent des technologies cliniquement validées, les essais cliniques rigoureux demeurent rares, avec seulement 2 applications ayant fait l’objet d’essais cliniques. Parmi les 27 applications, 7 (26%) sont gratuites, tandis que 20 nécessitent un abonnement ou un paiement unique, avec un coût moyen de 20,16 USD par mois, ce qui peut constituer une barrière d’accès pour certaines populations.

     Modèles de prédiction en psychiatrie infantile

    Till et Briganti (2025), dans *Psychiatrica Danubina*, présentent une revue systématique des modèles d’apprentissage automatique en psychiatrie infantile. Sur 65 études identifiées, 33 répondent aux critères d’inclusion. La majorité se concentre sur le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et les troubles du spectre autistique (TSA), avec d’autres études abordant la schizophrénie, le trouble bipolaire, les troubles alimentaires, les comportements suicidaires et la dépression. L’emphase porte principalement sur les applications diagnostiques.

    Les résultats sont hétérogènes en raison de la variabilité des algorithmes, des ensembles de données et des mesures de résultats, avec des performances allant de modestes à élevées. Les principales limitations identifiées incluent de petites tailles d’échantillon, l’absence de validation externe et le surapprentissage. L’étude souligne que l’apprentissage automatique en psychiatrie infantile et adolescente en est à un stade précoce mais montre un potentiel considérable, nécessitant des méthodes standardisées, une interprétabilité accrue et des garanties éthiques pour la traduction clinique.

     Reconnaissance des émotions en soins pédiatriques

    Figueiredo et al. (2025), dans *Journal of Pediatric Nursing*, réalisent une revue systématique de 23 études sur l’application de l’IA à la reconnaissance émotionnelle en pédiatrie. Les études varient en méthodologie et portée, incluant l’utilisation de l’IA pour la reconnaissance émotionnelle faciale, vocale et basée sur le dessin, avec des applications dans divers domaines cliniques. Les outils basés sur l’IA démontrent des niveaux de précision prometteurs, notamment dans l’amélioration de l’identification des émotions, le soutien au diagnostic précoce et l’information des décisions cliniques.

    L’IA présente un potentiel transformateur pour les soins pédiatriques en améliorant l’identification et la gestion des états émotionnels, particulièrement chez les populations vulnérables. En reconnaissant et répondant aux besoins émotionnels, l’IA peut améliorer la personnalisation des soins et créer des environnements thérapeutiques émotionnellement sensibles.

     Méta-analyse de l’apprentissage automatique pour la malnutrition

    Rao et al. (2025), dans *International Journal of Environmental Research and Public Health*, présentent une méta-analyse de 11 études utilisant l’apprentissage automatique sur les données des Demographic and Health Surveys (DHS) pour prédire la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans. Les études, publiées entre 2019 et 2023, proviennent majoritairement du Bangladesh (n=6, 55%). Dix études rapportent le retard de croissance, trois l’émaciation et quatre l’insuffisance pondérale.

    La méta-analyse de dix études révèle une précision agrégée de 68,92% (IC 95% : 66,04-71,80 ; I²=100%) pour la prédiction du retard de croissance. Trois études indiquent une précision agrégée de 84,39% (IC 95% : 80,90-87,87 ; I²=100%) pour la prédiction de l’émaciation. Quatre études montrent une précision agrégée de 73,60% (IC 95% : 70,01-77,20 ; I²=100%) pour la prédiction de l’insuffisance pondérale. Cette méta-analyse démontre que les modèles d’apprentissage automatique présentent des performances métriques modérées à bonnes dans la prédiction de la malnutrition.

     Prédiction de la malnutrition aiguë infantile

    Constenla-Villoslada et al. (2025), dans *Proceedings of the National Academy of Sciences*, démontrent que la surveillance à haute fréquence couplée à l’apprentissage automatique permet la prévision de la malnutrition aiguë infantile pour l’alerte précoce. L’étude utilise des données longitudinales pour développer des modèles prédictifs qui identifient les enfants à risque avant l’apparition de signes cliniques manifestes, offrant une opportunité d’intervention préventive.

    Saleem et al. (2025), dans *American Journal of Human Biology*, explorent les facteurs de risque et la modélisation prédictive de la malnutrition infantile au Pakistan. Les facteurs de risque identifiés incluent les mariages consanguins, un statut socio-économique inférieur, une faible éducation maternelle et des disparités géographiques dans les provinces du Sindh et du Baloutchistan. Parmi les modèles d’apprentissage automatique testés (Random Forest, Support Vector Machine, Naïve Bayes, AdaBoost), Random Forest démontre la précision et la spécificité globales les plus élevées, tandis que SVM présente une sensibilité supérieure pour les enfants émaciés et en insuffisance pondérale.

     Analyse tridimensionnelle des interactions caregiver-enfant

    Weng et al. (2025), dans *Science Advances*, introduisent HARMONI, une méthode de vision par ordinateur 3D et de traitement audio pour analyser le comportement et les interactions caregiver-enfant à partir de vidéos observationnelles. HARMONI opère à une résolution de sous-seconde, estimant des représentations de maillage 3D et des interactions spatiales humaines, et s’adapte aux environnements naturels exigeants grâce à un module de génération de données synthétiques ciblées sur l’environnement.

    Déployé sur 500 heures du jeu de données SEEDLingS, HARMONI génère des mesures quantitatives détaillées du comportement humain 3D auparavant inaccessibles par des efforts manuels ou des méthodes 2D. Le système identifie des tendances longitudinales dans l’interaction enfant-caregiver, incluant le mouvement de l’enfant, la posture corporelle, le contact dyadique, la visibilité et les tours conversationnels. L’analyse visuelle et audio intégrée révèle des tendances multimodales, notamment des associations entre les tours conversationnels de l’enfant et le mouvement. HARMONI atteint une cohérence de 63 à 80% sur les attributs clés avec les annotateurs humains sur SEEDLingS et de 84 à 93% sur des vidéos issues d’un environnement de laboratoire, tout en réalisant une économie de temps supérieure à 100 fois.

     Analyse automatique de la posture infantile

    Gama et al. (2025), dans *Behavior Research Methods*, comparent sept méthodes de réseaux de neurones profonds pour l’estimation automatique de la pose 2D des nourrissons à partir de vidéos. Cette capacité d’analyse automatisée facilite l’évaluation du développement moteur et peut identifier précocement des retards développementaux. L’étude évalue la performance comparative de différentes architectures pour déterminer les approches les plus appropriées pour l’analyse de la posture infantile.

    Kulvicius et al. (2025), dans *Communications Medicine*, démontrent que l’apprentissage profond combiné à la fusion de capteurs améliore la classification des mouvements infantiles. L’intégration de multiples modalités de capteurs avec des algorithmes d’apprentissage profond permet une caractérisation plus précise des patterns de mouvement infantile, avec des applications potentielles dans le dépistage précoce des troubles neurodéveloppementaux.

     Prédiction du vocabulaire infantile

    Tóth et al. (2025), dans *Brain Research*, utilisent l’apprentissage automatique pour prédire le vocabulaire infantile à partir de la connectivité neuronale et du discours maternel. L’étude intègre des données de neuroimagerie et d’analyse linguistique pour identifier les prédicteurs précoces du développement du langage, offrant des opportunités d’intervention précoce chez les enfants présentant des risques de retard langagier.

    Pol et Agrawal (2025), dans *Discovery Mental Health*, réalisent une analyse bibliométrique et méta-analytique systématique des facteurs clés et des perspectives émergentes de l’IA et de l’apprentissage automatique dans le développement cognitif infantile. L’analyse de 122 articles de revues publiés au cours des 10 dernières années révèle que la majorité des travaux de recherche pour le diagnostic du développement cognitif dans la petite enfance a été réalisée par des méthodes statistiques traditionnelles. L’application de l’IA et de l’apprentissage automatique dans le diagnostic cognitif précoce demeure limitée et sous-explorée, soulignant un domaine nécessitant des recherches supplémentaires.

     Détection de la douleur infantile

    Zhang et al. (2025), dans *Computers, Informatics, Nursing*, développent une approche d’apprentissage profond pour l’évaluation de la douleur infantile utilisant les expressions faciales par réseau de neurones convolutifs. Cette technologie objective de mesure de la douleur complète les échelles subjectives d’évaluation et peut faciliter une analgésie plus appropriée chez les nourrissons non verbaux.

    Roué et al. (2025), dans *Paediatric and Neonatal Pain*, présentent la détection objective de la douleur procédurale aiguë chez les nouveau-nés utilisant l’EEG et des algorithmes d’apprentissage automatique. L’étude enregistre l’EEG de 30 nouveau-nés (18 mâles, 34,0-41,7 semaines de gestation à la naissance) subissant des procédures douloureuses aiguës. Un modèle de gradient boosting avec 12 caractéristiques démontre une performance optimale, avec 90% d’aire sous la courbe ROC, suggérant une spécificité élevée (0,90) et une précision (0,90). Les cinq caractéristiques les mieux classées correspondent à des paires d’électrodes EEG : T7-P4, Fz-CP5, FC1-TP10, CP6-Cz et Fz-F3, suggérant l’implication du gyrus temporal controlatéral, du cortex operculaire, du thalamus et de l’insula bilatérale dans le traitement de la douleur infantile.

     Prédiction des cardiopathies congénitales critiques

    Mayourian et al. (2025), dans *JACC Clinical Electrophysiology*, développent un modèle d’apprentissage profond basé sur l’électrocardiogramme infantile pour prédire les cardiopathies congénitales critiques. Cette approche non invasive offre un potentiel de dépistage précoce des malformations cardiaques nécessitant une intervention urgente, avec des implications pour la morbi-mortalité néonatale.

     Dépistage de la méningite infantile par échographie

    Sial et al. (2025), dans *Ultrasound in Medicine & Biology*, présentent un nouveau système de dépistage de la méningite infantile par IA utilisant l’imagerie échographique haute résolution. L’étude démontre la faisabilité d’un outil de dépistage par ultrasons pour identifier la méningite chez les nourrissons, une condition nécessitant un diagnostic et un traitement rapides pour minimiser les complications neurologiques.

     Analyse de la composition corporelle néonatale

    He et al. (2025), dans *Ultrasound in Medicine & Biology*, développent des techniques d’apprentissage profond pour la prédiction de la composition corporelle néonatale basée sur l’échographie. L’évaluation précise de la composition corporelle néonatale peut identifier les nourrissons à risque de complications métaboliques et guider les interventions nutritionnelles appropriées.

     Promotion de l’équité en santé infantile

    Cheung et al. (2025), dans *Pediatrics*, examinent l’utilisation de l’IA et de l’apprentissage automatique pour promouvoir l’équité en santé infantile. L’étude décrit deux cas d’utilisation novateurs appliqués pour promouvoir l’équité en santé des populations dans une population diverse de Londres : (1) un algorithme d’apprentissage automatique développé et entraîné utilisant des données démographiques collectées en routine pour prédire la non-présentation aux rendez-vous ambulatoires dans divers contextes et (2) un outil de prédiction des risques pour les enfants asthmatiques utilisant plusieurs métriques routinières à travers le spectre des déterminants de santé pour cibler les interventions préventives vers les patients asthmatiques à haut risque.

    L’expérience décrite souligne les façons possibles dont l’iniquité peut être inadvertamment intégrée dans les données d’entraînement, le modèle d’apprentissage automatique et sa mise en œuvre, avec des stratégies d’atténuation pour le présent et l’avenir. Cette perspective souligne l’importance d’une approche consciente de l’équité dans le développement et le déploiement de systèmes d’IA en pédiatrie.

     Identification des déterminants sociaux dans la maltraitance infantile

    Kazemi et al. (2025), dans *Neurosurgery*, utilisent l’apprentissage automatique pour identifier les déterminants sociaux de la maltraitance infantile dans les traumatismes crâniens pédiatriques. L’étude révèle que des facteurs socio-économiques complexes contribuent au risque de maltraitance, permettant une identification plus précoce des cas à risque et des interventions ciblées de protection de l’enfance.

    Considérations éthiques et qualité des modèles

    L’intégration de l’IA en pédiatrie soulève des enjeux de sécurité, d’équité et de qualité méthodologique :

    • Des cadres éthiques robustes sont nécessaires pour protéger la vie privée et les droits des enfants, garantir la transparence des algorithmes, et assurer la participation des parties prenantes pédiatriques.​
    • Le consentement éclairé reste complexe : les enfants sont une population vulnérable, avec une capacité de décision limitée.
    • Les biais algorithmiques, liés à la représentativité restreinte des jeux de données, peuvent accroître les inégalités de santé.​
    • L’accès aux applications IA reste inéquitable (74% à abonnement payant pour la santé mentale infantile, barrière pour les familles à faibles revenus).
    • La validation des modèles demeure un défi : surapprentissage fréquent, absence de validation externe, forte hétérogénéité des méthodes.​
    • Les recommandations actuelles incitent à développer :
      • Des jeux de données multicentriques et représentatifs ;
      • L’adoption de standards de reporting (TRIPOD-AI) et de validation externe systématique ;
      • Une évaluation continue de l’impact clinique réel et de la qualité de vie

    Tableau 1 : Performances des principaux modèles IA en pédiatrie

    Application clinique Précision N études Référence
    Pneumonie virale vs bactérienne (binaire) 92,3 % 35 Rickard et al., 2025
    Pneumonie (multiclasse) 91,8 % 35 Rickard et al., 2025
    Malformations auriculaires (6 classes) 83-85 % 1 Ren et al., 2025
    Malformations auriculaires (binaire) 94-98 % 1 Ren et al., 2025
    Classification pleurs néonataux 91,9 % 1 Özdemir et Yilmaz, 2025
    Retard de croissance infantile 68,9 % 10 Rao et al., 2025
    Émaciation infantile 84,4 % 3 Rao et al., 2025
    Insuffisance pondérale infantile 73,6 % 4 Rao et al., 2025
    Dépistage néonatal (sensibilité) 100 % 1 Xie et al., 2025
    Dépistage néonatal (réduction faux positifs) 98,8 % 1 Xie et al., 2025
    Douleur procédurale néonatale (spécificité) 90 % 1 Roué et al., 2025

    Tableau 2 : Implications pour la pratique clinique

    Implications Étude / Auteur Application / Conclusion
    Transformation des flux de travail cliniques Cheung et al. Prédiction de la non-présentation aux rendez-vous, gestion proactive des listes d’attente, réduction du gaspillage de ressources
    Médecine de précision et personnalisation des soins Xie et al. Intégration de données génomiques, métabolomiques et d’apprentissage automatique pour améliorer le dépistage néonatal, interventions personnalisées précoces, prédiction des risques de malnutrition, identification précoce des troubles neurodéveloppementaux, stratification des patients
    Soutien à la décision clinique Miranda et al. L’IA ne surpasse pas les médecins en pédiatrie, importance de l’expertise clinique spécialisée, nécessité d’une collaboration synergique entre IA et cliniciens
    Défis d’implémentation et considérations régulatrices Chng et al. Validation dans des environnements réels, intégration sans charge supplémentaire, conformité aux normes réglementaires, importance de cadres éthiques robustes, transparence algorithmique, protection de la vie privée, évaluation continue de l’impact

    Enseignements, défis et perspectives :

    Intégration de l’IA en pédiatrie

    L’analyse de 95 études publiées en 2025 révèle que l’IA transforme progressivement la pratique pédiatrique à travers des applications diagnostiques, thérapeutiques et préventives. Les performances quantitatives des modèles d’apprentissage automatique varient selon les applications cliniques, avec des précisions allant de 68,9% pour la prédiction du retard de croissance à 100% de sensibilité pour certaines applications de dépistage néonatal.

    Les domaines d’application les plus développés incluent l’imagerie médicale (pneumonie, malformations auriculaires), la santé mentale infantile, la prédiction de la malnutrition, l’analyse comportementale et développementale et le dépistage néonatal. Les systèmes d’IA démontrent une capacité à égaler ou surpasser l’expertise humaine dans des tâches diagnostiques spécifiques, tout en présentant des limitations dans des contextes nécessitant un jugement clinique complexe.

    Les défis méthodologiques majeurs incluent le surapprentissage dû à des ensembles de données limités, l’absence de validation externe rigoureuse, l’hétérogénéité des approches et les préoccupations d’équité dans l’accès et l’application des technologies. Les considérations éthiques, particulièrement la protection de la vie privée des enfants, la transparence algorithmique et l’équité dans le déploiement, nécessitent une attention continue.

    Les implications pour la santé numérique incluent la nécessité de développer des infrastructures de données robustes, des cadres réglementaires adaptés, des programmes de formation pour les professionnels de santé et des mécanismes pour assurer l’accès équitable aux technologies d’IA. L’intégration optimale de l’IA en pédiatrie nécessite une approche collaborative entre cliniciens, informaticiens, décideurs politiques, régulateurs et familles.

    Les directions futures prioritaires incluent la standardisation des méthodes de recherche, le développement de jeux de données représentatifs et diversifiés, l’intégration multimodale de données hétérogènes, l’évaluation de l’impact clinique réel par des essais contrôlés et l’adaptation des solutions aux contextes à ressources limitées pour promouvoir l’équité en santé mondiale infantile.

    L’intelligence artificielle en pédiatrie en 2025 à travers ces études représente un domaine en maturation rapide, avec des applications prometteuses mais nécessitant des validations rigoureuses, des garanties éthiques et une mise en œuvre réfléchie pour réaliser son potentiel transformateur tout en protégeant les populations pédiatriques vulnérables.

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    91. Talha M, Irshad NUN, Rehman UU, Gill OA, Imtiaz A. AI-generated child sexual abuse material: a threat to pediatric psychiatry datasets and diagnostic accuracy. Clin Child Psychol Psychiatry. 2025. doi: 10.1177/13591045251399699. PMID: 41264922.

    92. Ye DH, Kim TW, Kim SM, Seo JW, Chang J, Lee JG, Ko EJ. Can AI-based video analysis help evaluate the performance of the items in the Bayley Scales of Infant Development? Children (Basel). 2025;12(3):276. doi: 10.3390/children12030276. PMID: 40150561; PMCID: PMC11941028.

    93. Hussain Z, Borah MD. A neural network integrated mathematical model to analyze the impact of nutritional status on cognitive development of child. Comput Biol Med. 2025;185:109490. doi: 10.1016/j.compbiomed.2024.109490. PMID: 39657448.

    94. Haginoya S, Sun Y, Santtila P. Retention of training effects in police officers following scalable AI simulations of child sexual abuse interviews. Behav Sci Law. 2025. doi: 10.1002/bsl.70019. PMID: 41078234.

    95. Bertamini G, Perzolli S, Bentenuto A, Furlanello C, Chetouani M, Venuti P, et al. Temporal dynamics of early child-clinician prosodic synchrony predict one year autism intervention outcomes using AI driven affective computing. Sci Rep. 2025;15(1):31144. doi: 10.1038/s41598-025-17057-3. PMID: 40851033; PMCID: PMC12375780.

    Méthode de recherche bibliographique

    Une stratégie structurée de recherche bibliographique a été mise en œuvre sur PubMed afin d’identifier les publications pertinentes concernant l’intelligence artificielle appliquée au secteur pédiatrique. Les requêtes ont combiné des termes spécifiques à l’IA (« AI », « artificial intelligence », « deep learning », « machine learning », « NLP », « Neural Network », « LLM ») avec des mots-clés relatifs à la pédiatrie (« Pediatrics », « Paediatrics », « Pediatrician », « Child », « Newborn », « Infant »), en limitant la recherche au champ du titre des articles. Cette méthode vise à garantir l’exhaustivité et la pertinence de la sélection, en ne retenant que les études dont le sujet principal porte explicitement sur l’IA et la santé des enfants ou des nouveau-nés.

    (“AI”[Title] OR “artificial intelligence”[Title] OR “deep learning”[Title] OR “machine learning”[Title] OR “NLP”[Title] OR “Neural Network”[Title] OR “LLM”[Title]) AND (“Pediatrics”[Title] OR “Paediatrics”[Title] OR “Pediatrician”[Title] OR “Child”[Title] OR “Newborn”[Title] OR “Infant”[Title])

  • De la Loi Taquet à l’AI Act : comment la réglementation redessine la pédiatrie

    Trois années de bascule silencieuse dans les politiques publiques françaises

    La pédiatrie n’est pas une médecine d’adulte en miniature. C’est une discipline de la trajectoire, où l’organisme en croissance et le développement psychologique imposent une complexité singulière. En psychiatrie, la maturation affective et le contexte scolaire redéfinissent le diagnostic ; en oncologie, la préservation de la qualité de vie future prime autant que la survie immédiate ; dans les maladies chroniques comme l’asthme, l’enjeu est l’adhésion d’un patient qui veut avant tout jouer. Face à ces spécificités longtemps sous-estimées, les pouvoirs publics ont opéré depuis trois ans une refonte structurelle majeure, créant sans le dire le terreau fertile de la future médecine algorithmique.

    2025–2024 : l’ère du dépistage universel et des bilans de santé renforcés

    La dynamique la plus structurante est sans doute celle du dépistage néonatal, en pleine expansion. Depuis septembre 2025, trois nouvelles pathologies, à savoir l’amyotrophie spinale, les déficits immunitaires combinés sévères (DICS) et le déficit en VLCAD, sont venues s’ajouter au panel des maladies recherchées systématiquement chez les nouveau-nés. Cette extension, qui prolonge l’élargissement amorcé deux ans plus tôt, confirme un mouvement de fond : la France s’inscrit désormais dans la tendance européenne des dépistages élargis, conçus non plus comme une exception mais comme un droit universel à la prévention génétique.

    La généralisation du dépistage de la drépanocytose, intervenue en novembre 2024, s’inscrit dans la même logique. En mettant fin à un dépistage ciblé selon l’origine – une pratique longtemps contestée pour ses implications éthiques -, la France fait le choix d’une équité totale dans l’accès à la prévention. Cette décision entraîne toutefois des conséquences techniques considérables : l’augmentation massive du volume de données génétiques collectées impose une adaptation des capacités d’analyse et des outils d’aide à la décision, notamment dans la perspective d’intégrer davantage d’algorithmes de tri et d’interprétation.

    Avant cela, au printemps 2024, la publication du Plan d’action pour la santé de l’enfant 2024–2030 avait déjà acté une transformation profonde du parcours de soins pédiatrique. Les bilans de santé systématiques, notamment à 6 ans et au collège, ont été renforcés et inscrits dans une logique de continuité du suivi. Leur intégration progressive dans Mon Espace Santé marque un tournant discret mais déterminant : la plateforme devient la colonne vertébrale du suivi pédiatrique numérique, ouvrant la voie à des usages futurs de l’IA capables d’exploiter, consolider et analyser ces données à grande échelle.

    2023 : entre réorganisation des soins critiques et offensive sur les TND

    L’année 2023 fut celle du virage opérationnel. La réforme des autorisations de soins critiques a introduit une distinction nette entre réanimation pédiatrique spécialisée et soins intensifs, assortie de seuils d’activité ambitieux et de ratios de personnel renforcés. Cette restructuration vise clairement la concentration des cas les plus complexes au sein de centres mieux équipés, capables d’assurer une prise en charge homogène et de haut niveau.

    Au-delà de la seule organisation, cette réforme crée un environnement inédit pour la donnée hospitalière. Pour la première fois, les établissements disposent de volumes de données suffisamment cohérents et standardisés pour envisager des modèles prédictifs fiables, notamment en réanimation.

    Dès le début de cette même année, la France avait engagé un mouvement majeur autour des troubles du neuro-développement (TND). La Stratégie nationale TND 2023–2027 érige le repérage avant 6 ans en priorité nationale et consacre la création d’un véritable service public du dépistage précoce. Dans un contexte de pénurie aiguë de pédopsychiatres, cette stratégie marque un profond changement de paradigme : la prévention précoce devient le nouveau socle de la santé mentale de l’enfant, avec un objectif clair d’intervenir avant la rupture plutôt qu’après l’apparition du handicap.

    L’année est également marquée par une innovation d’impact immédiat : le déploiement massif du Nirsevimab (Beyfortus) dans les maternités à l’automne 2023. Cette immunisation préventive contre la bronchiolite a profondément modifié les projections d’occupation des lits pédiatriques. Pour la première fois, une mesure de santé publique a permis de lisser un pic saisonnier historique, offrant un aperçu de ce que pourraient devenir les stratégies d’intervention populationnelle combinant vaccination et modélisation épidémiologique.

    2022 : les fondations de la nouvelle politique de l’enfance

    L’année 2022 constitue une sorte de préambule, au cours duquel les bases de la politique pédiatrique actuelle ont été posées. La “Loi Taquet”, adoptée en février 2022, a réformé en profondeur la protection maternelle et infantile (PMI) et instauré un bilan de santé obligatoire pour tous les enfants entrant à l’Aide sociale à l’enfance. Au-delà du principe protecteur, cette mesure ouvre pour la première fois la possibilité d’un suivi longitudinal structuré pour un public particulièrement vulnérable, générant des données jusque-là inexistantes.

    Quelques mois plus tard, en novembre 2022, les Assises de la pédiatrie sont lancées en réponse à la crise des urgences pédiatriques. Cette vaste consultation nationale s’est imposée comme le socle du plan d’action de 2024–2030. Ainsi, avant les extensions de dépistage et les restructurations hospitalières, c’est en 2022 qu’a été posée la première pierre de la stratégie pédiatrique contemporaine.

    Avec l’IA, une innovation en pédiatrie sous “liberté surveillée”

    Si les réformes structurelles préparent le terrain, l’intégration de l’IA avance sous une pression réglementaire unique au monde : celle de l’AI Act européen, effectif depuis juillet 2024. Ce texte classe l’enfant comme sujet vulnérable par excellence. Il place de facto la majorité des IA pédiatriques (éducation, diagnostic, surveillance) dans la catégorie à “haut risque”. L’analyse biométrique émotionnelle à l’école est proscrite ; les techniques subliminales sont bannies. Pour les industriels, la marche est haute : documentation renforcée, gouvernance explicite, transparence totale.

    Pourtant, ce cadre ne doit pas être lu comme un simple frein. En néonatalogie, l’IA s’impose déjà comme une sentinelle silencieuse, surveillant les constantes vitales pour prédire le sepsis. En santé mentale, les outils d’analyse comportementale (eye-tracking, biomarqueurs vocaux) émergent pour répondre à la stratégie TND, mais avec une prudence extrême imposée par la loi : pas de “boîte noire”, pas de biais. L’AI Act a ainsi créé un paradoxe vertueux : il ralentit le déploiement de solutions immatures (“gadgets”), mais crée une “zone de confiance” indispensable pour que les familles et les soignants acceptent de confier la santé de leur enfant à un algorithme. L’innovation en pédiatrie sera donc plus lente que chez l’adulte, mais elle sera, par la force de la loi, plus éthique et plus robuste.

  • 66 % des hospitaliers (publics) perçoivent positivement l’arrivée de l’IA, mais seuls 6 % ont été formés (Baromètre)

    • 54 % estiment qu’elle améliore l’efficacité des processus administratifs.
    • 46 % déclarent que l’IA les soulage de certaines tâches, notamment :
      • 43 % pour la rédaction de comptes rendus,
      • 23 % pour l’analyse et l’optimisation des données,
      • 23 % pour l’analyse de documents administratifs.
    • 92 % constatent un gain de temps grâce à l’IA.
    • 88 % notent un gain de confort et de performance.
    • 70 % observent une amélioration de la qualité du travail.
    • 52 % identifient des freins liés aux enjeux éthiques et de sécurité.
    • 42 % expriment des doutes sur la fiabilité des résultats produits par l’IA.
    • 43 % estiment que l’IA dégrade la relation soignant-patient, contre seulement 13 % d’avis positifs sur ce point.

     

    Malgré une perception globalement favorable, l’intelligence artificielle reste peu déployée et insuffisamment maîtrisée dans les hôpitaux publics, selon le baromètre. Les résultats suggèrent un besoin d’accompagnement.

    66% des agents hospitaliers perçoivent positivement l’arrivée de l’IA à l’hôpital

    54% des répondants jugent l’impact de l’IA positif sur l’efficacité administrative en 2025

    Le baromètre « IA à l’hôpital » Ifop pour Acteurs Publics et UniHA repose sur un échantillon de 1051 agents hospitaliers interrogés en ligne entre juin et septembre 2025. Il cible des médecins, soignants, cadres, ingénieurs et responsables hospitaliers, exerçant en CHU, centres hospitaliers, établissements médico-sociaux et autres structures.​ Globalement, 66% des agents déclarent percevoir positivement l’arrivée de l’IA dans leur établissement, avec une proportion qui atteint 69% dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans le même temps, 32% des répondants considèrent que l’impact de l’IA sur l’efficacité des processus administratifs est positif, soit 54% en cumul des opinions plutôt et très positives, contre 18% d’avis négatifs.​ L’IA est également perçue comme un levier de réduction de la charge de travail par 44% des agents, contre 21% d’opinions négatives.

    En revanche, les répondants jugent plus défavorablement son impact sur la relation patient–soignant, avec 43% d’avis négatifs contre 13% d’opinions positives, et sur la qualité des soins, qui recueille 26% d’opinions négatives.

    43% des agents utilisent l’IA pour la rédaction de comptes rendus en 2025

    Les agents hospitaliers citent d’abord des usages liés à l’appui documentaire et administratif. L’IA est utilisée pour la rédaction de comptes rendus par 43% des répondants, pour l’analyse et l’optimisation de données par 23% et pour l’analyse de documents administratifs par 23%.​Les usages de l’IA pour la planification, la gestion des ressources et l’optimisation des processus restent plus limités. L’IA est mobilisée pour l’automatisation de tâches administratives, l’aide à la communication entre équipes, l’optimisation des ressources, la planification des plannings ou la gestion de l’accueil, avec des taux de citation compris entre 7% et 23% selon les cas.​

    Mais 45% des établissements déclarent aucun usage de l’IA en 2025

    À l’échelle des établissements, l’IA est principalement adoptée pour l’analyse d’imagerie médicale, citée par 45% des répondants. Viennent ensuite la rédaction de comptes rendus, l’aide au diagnostic, l’analyse et l’optimisation de données ou encore l’analyse de prescriptions, avec des niveaux d’adoption compris entre 10% et 29%.​ Près de 45% des agents déclarent que leur établissement n’a pour l’instant adopté aucun usage de l’IA. Les usages de l’IA générative restent eux aussi partiels : 12% des agents l’utilisent dans un cadre professionnel avec des outils professionnels, 32% l’utilisent dans un cadre professionnel avec des outils personnels et 25% en font un usage uniquement personnel, tandis que 31% n’y recourent pas.​

    92% des agents citent le gain de temps comme premier bénéfice de l’IA

    Les bénéfices perçus de l’IA se concentrent sur les gains de productivité et de conditions de travail. Les agents citent le gain de temps en premier lieu, avec 92% de citations toutes positions confondues, suivi par le gain de performance et de confort (88%) et par l’amélioration de la qualité du travail (70%).​L’IA est également perçue comme un outil de décharge des tâches périphériques. Au total, 46% des agents estiment que l’IA les décharge de certaines tâches non médicales qui ne relèvent pas de leur cœur de métier. ​

    L’impact sur l’efficacité des processus administratifs apparaît globalement positif, avec 54% d’avis favorables contre 18% d’avis défavorables. En revanche, l’amélioration de la relation patient–soignant et de la qualité des soins suscite davantage de réserves, ce qui traduit une attente forte de preuves cliniques et organisationnelles sur les bénéfices de l’IA en pratique de soins.

    43 % jugent défavorablement son effet sur la relation soignant-patient, contre seulement 13 % d’avis positifs.

    Les freins déclarés portent d’abord sur les enjeux de confiance et de régulation. Les agents citent en premier les enjeux éthiques ou de sécurité, avec 52% de citations, suivis par les doutes sur la fiabilité des résultats fournis par l’IA (42%) et par les lenteurs administratives associées au déploiement (38%).​ Les difficultés d’appropriation des outils, la crainte de perdre des compétences, la crainte pour l’emploi ou l’incertitude sur les modèles économiques sont également mentionnées, avec des niveaux de citations compris entre 7% et 31%. Les transformations rapides de l’offre et les difficultés de recrutement de profils spécialistes de l’IA apparaissent plus secondaires dans le classement, même si elles restent présentes.​ Le baromètre met en évidence un déficit de connaissance et de formation. Une majorité d’agents déclare une connaissance limitée de l’IA, 11% se disant « très limitée » et 51% « limitée », tandis que 29% jugent leur connaissance plutôt bonne et 9% très bonne ou parfaite. Seuls 6% des répondants déclarent avoir bénéficié d’une formation à l’IA dans leur établissement, 8% indiquent qu’une formation est prévue et 86% ne sont pas formés ou ne savent pas si une action est programmée.

    Un besoin d’accompagnement renforcé pour les usages de l’IA

    Les résultats du baromètre soulignent une phase d’adoption sélective de l’IA dans les établissements de santé. La technologie se concentre sur l’imagerie médicale, la rédaction de comptes rendus et l’optimisation de données, avec un déploiement limité dans d’autres champs comme la planification de l’offre de soins, la gestion des parcours ou la surveillance clinique.​

    Le déficit de formation et de connaissance identifié par l’enquête interroge les politiques de montée en compétences sur l’IA en santé. Les résultats suggèrent un besoin d’accompagnement structuré, associant pédagogie sur les enjeux éthiques et de sécurité, clarification des modèles de gouvernance des données et soutien au choix des solutions, notamment pour les directions des systèmes d’information, de la transformation et de l’innovation.

    Ifop. Baromètre IA à l’hôpital : adoption et impact de l’intelligence artificielle dans le secteur hospitalier. Étude Ifop pour Acteurs Publics et UniHA. nov. 2025.

  • Cancer : 85% des professionnels constatent une meilleure coordination ville-hôpital avec AKO@dom-PICTO

    Plus de 2 000 patients suivis : l’expérimentation AKO@dom-PICTO entre en phase de généralisation

    Le Comité technique de l’innovation en santé (CTIS) et le Conseil stratégique de l’innovation en santé (CSIS) ont donné un avis favorable à la généralisation des parcours de soins AKO@dom et PICTO, expérimentés depuis 2022 dans le cadre de l’article 51. Ces dispositifs impliquent les pharmaciens d’officine et les infirmiers libéraux en appui du médecin traitant pour accompagner à domicile les patients sous thérapies orales anticancéreuses ou immunothérapie. Le modèle associe suivi humain personnalisé et coordination en temps réel via une plateforme numérique développée par Continuum+, aujourd’hui intégrée à Cureety. Cette solution permet aux professionnels de santé hospitaliers et de ville d’échanger rapidement autour de l’état du patient, des comptes rendus d’interventions et des ajustements thérapeutiques.

    Portée par un consortium régional, l’expérimentation a été lancée dans 15 établissements du Grand Est. Elle réunit la start-up Continuum+, l’association de patients Patients en réseau, le dispositif régional NEON, les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et l’URPS Pharmaciens Grand Est. C’est la seule des 156 expérimentations de l’article 51 à être co-portée par une association de patients. Plus de 2 000 patients ont été suivis via ces parcours depuis leur mise en œuvre. Deux modalités ont été proposées :

    • Le parcours PICTO, centré sur le pharmacien d’officine pour les patients autonomes,
    • Et AKO@dom, mobilisant un infirmier à domicile pour les patients plus vulnérables.

    70% de patients maintiennent leur traitement à 6 mois contre 60% dans le groupe témoin

    L’évaluation du dispositif, annexée à l’avis du CTIS, met en évidence des résultats positifs tant sur le plan clinique qu’organisationnel :

    • Observance thérapeutique augmentée : 70 % des patients maintiennent leur traitement au bout de 6 mois, contre 60 % dans le groupe témoin.
    • Réduction des hospitalisations : la durée moyenne d’hospitalisation pour effets indésirables est de 5 jours chez les patients accompagnés, contre 13 jours dans le groupe témoin.
    • Satisfaction des patients : les patients disent se sentir rassurés, écoutés, mieux informés et moins isolés.
    • Appui des professionnels : 85 % estiment que ces parcours améliorent la coordination ville-hôpital. Les pharmaciens sont 95 % à juger qu’ils renforcent leur rôle dans la prise en charge des patients atteints de cancer.

     Cureety centralise les données

    Le suivi repose sur une plateforme, aujourd’hui intégrée à Cureety. Elle met à disposition des oncologues et des infirmiers de coordination une visualisation en temps réel des informations remontées du terrain (visites infirmières, échanges avec les pharmaciens). L’outil renforce la réactivité en cas d’effets indésirables ou de questions des patients. Avec la diffusion des traitements anticancéreux oraux, la surveillance s’effectue désormais hors de l’hôpital, sans structuration initiale du suivi en ville pour accompagner cette évolution. AKO@dom et PICTO visent à combler ce manque en adaptant le suivi à la situation de chaque patient et en reliant les professionnels via un outil partagé. Selon le CTIS, l’expérimentation confirme l’intérêt de parcours différenciés, ajustés aux vulnérabilités des patients et aux caractéristiques des traitements.

    Phase de transition de 18 mois pour étendre les parcours sur tout le territoire

    La décision du CTIS ouvre la voie à une généralisation des parcours sur l’ensemble du territoire, avec un financement pérenne par l’Assurance maladie. Une phase transitoire de 18 mois est prévue pour organiser ce déploiement. Le modèle combinera les enseignements des parcours AKO@dom-PICTO et du projet Onco’Link, centré sur le rôle du pharmacien d’officine.

     

  • L’Hôpital Fondation Rothschild adopte l’assistant médical IA de Tandem Health après un pilote de 1 500 consultations

    L’Hôpital Fondation Rothschild choisit Tandem Health pour alléger la charge administrative des soignants

    À la suite d’un projet pilote mené durant l’été 2025 sur 1 500 consultations dans plusieurs spécialités médicales, l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild (HFAR), à Paris, a décidé d’intégrer dans ses services l’assistant médical d’intelligence artificielle développé par Tandem Health. Cette solution est conçue pour générer automatiquement, et en temps réel, les comptes rendus médicaux issus de l’échange entre praticien et patient, sans dictée ni saisie manuelle. Le test, mené dès le mois de juin dans les services de neurochirurgie, neurologie, ORL, cardiologie, CETD et ophtalmologie, a évalué la pertinence de la solution sur des critères quantitatifs comme le volume de comptes rendus produits, le nombre d’utilisateurs, le temps gagné. Et qualitatifs comme la facilité d’adoption, la qualité des documents générés, et l’impact sur le temps médical utile.

    Tandem Health lève 43 M€ pour accélérer son déploiement en France

    Les résultats ont convaincu l’établissement de retenir la solution de Tandem Health. D’après les professionnels impliqués, l’outil permet de consacrer davantage de temps à la relation patient, tout en fournissant à l’issue de la consultation un compte rendu immédiatement disponible. La qualité de la consultation s’en trouve améliorée sans allongement de la durée, les lettres étant prêtes en fin d’entretien. L’hôpital, engagé dans une stratégie d’intégration des technologies numériques, voit dans ce déploiement un levier d’amélioration organisationnelle.

    Présente dans plus de 1 000 établissements européens, la solution de Tandem Health est arrivée en France en 2024. La levée de fonds de 43 millions d’euros réalisée à l’été 2025 vise notamment à soutenir l’expansion de la startup sur le territoire national, avec des recrutements prévus et une stratégie de partenariats hospitaliers renforcée. L’outil, développé en collaboration avec des médecins européens, respecte les exigences réglementaires locales, notamment en matière de RGPD. La startup ambitionne de faire évoluer sa plateforme vers un système d’exploitation clinique fondé sur l’IA, avec pour priorité le marché français dans les mois à venir.

  • Medscape lance une plateforme d’IA médicale fondée sur 400 revues scientifiques

    13 millions de soignants ont accès à la nouvelle IA médicale de Medscape

    Medscape a annoncé le lancement de Medscape AI, un outil d’intelligence artificielle générative à destination des professionnels de santé. Accessible à ses 13 millions d’utilisateurs dans le monde, cette plateforme s’appuie sur des contenus propriétaires, les publications issues de plus de 400 revues scientifiques et des mises à jour médicales quotidiennes. Elle se positionne comme un système de soutien clinique visant à améliorer la précision et la rapidité de la prise de décision médicale. La plateforme a été conçue avec des praticiens pour répondre aux exigences opérationnelles des soignants, avec un accent mis sur trois critères : la fiabilité des sources, l’actualisation en temps réel et la pertinence clinique. Chaque réponse générée est traçable, documentée, et accompagnée de citations provenant uniquement de sources validées. Aucune donnée ouverte ou issue de contenus non vérifiés n’est utilisée. Medscape promet ainsi un outil de « Trusted Medical Intelligence », combinant la rigueur scientifique à l’usage clinique.

    Medscape AI propose des réponses cliniques contextualisées, mises à jour quotidiennement

    Les contenus sont supervisés et actualisés quotidiennement afin d’intégrer les nouveautés issues de l’actualité médicale, les études récemment publiées ou encore les évolutions des recommandations de prise en charge. Ce processus est encadré par des équipes éditoriales internes, renforçant la valeur d’usage au quotidien pour les professionnels. L’outil permet de générer des réponses synthétiques et contextualisées selon la spécialité et le cas clinique rencontré. Il propose une aide au diagnostic différentiel, à l’élaboration d’un schéma thérapeutique ou à la construction d’un plan de prise en charge. L’intégration à l’écosystème Medscape – lecteur d’actualités, outils d’aide à la décision, référentiels – renforce la continuité de l’information. Le CEO d’Internet Brands, maison mère de Medscape, Bob Brisco, insiste sur l’objectif de rationalisation : « Medscape AI débarrasse les professionnels de santé du flot d’informations superflu en synthétisant instantanément les données probantes pour améliorer les résultats patients. »

  • La CNSA publie une feuille de route et lance une enquête pour favoriser l’usage de l’IA

    Pour la CNSA, l’IA peut optimiser le fonctionnement des établissements et services en améliorant le service rendu et les conditions de travail des professionnels. Une feuille de route stratégique 2025-2026 « L’intelligence artificielle au service de la branche autonomie » a été publiée. Elle repose sur 5 piliers:

    • Gagner du temps pour mieux accompagner les personnes en réduisant les tâches chronophages et répétitives ;
    • Accélérer le traitement des demandes par l’automatisation de certaines étapes ;
    • Harmoniser les pratiques territoriales en permettant la standardisation des processus ;
    • Simplifier les démarches avec des interfaces intuitives et des parcours numériques personnalisés;
    • Repérer les non-recours et détecter la fraude.

    Conduite des expérimentations en 2026

    Pour passer à une phase plus opérationnelle du déploiement de l’IA, il est prévu « un plan de 36 actions concrètes d’ici fin 2026 » avec plusieurs étapes :

    • Identifier les cas d’usage les plus prometteurs, afin de repérer les processus pouvant être optimisés ;
    • Former massivement avec l’aide d’un réseau d’ambassadeurs IA, chargés de relayer les bonnes pratiques et de favoriser l’appropriation des outils ;
    • Mobiliser les données de la branche autonomie en respectant les principes du numérique responsable ;
    • Évaluer les expérimentations en vue de nourrir la prochaine convention d’objectifs et de gestion (COG) de la caisse.

    Ce plan d’action qui s’appuiera sur les professionnels de terrain est réparti en trois grandes phases :

    • 2ème semestre 2025 : identifier les cas d’usage intéressants et commencer les formations ;
    • 1er semestre 2026 : lancer des projets pilotes en lien avec les MDPH et les services départementaux ;
    • 2ème semestre 2026 : déployer et pérenniser les cas d’usage les plus prometteurs et préparer la stratégie post-2026.

    La stratégie est portée par une gouvernance structurée, avec une taskforce en interne et un comité de suivi des expérimentations. Chaque semestre, un bilan de déploiement sera publié. Toute la démarche s’appuie sur le référentiel proposé par l’AFNOR, destiné à limiter l’impact environnemental en adoptant les bonnes pratiques recommandées.

    Une enquête nationale sur les solutions IA existantes

    En appui à cette feuille de route, la CNSA a demandé à France Silver Eco, l’association qui pilote la filière de la Silver économie, de réaliser une enquête sur les pratiques existantes. Dans ce but cette association et le groupe de travail constitué de Silver Valley, Future4care et de l’agence Sweet Home lancent un questionnaire auprès des acteurs pour recenser les bonnes pratiques. L’objectif est de disposer d’une cartographie des solutions IA existantes et émergentes dans la branche.

     

  • Industrie pharmaceutique : un futur guide pour stabiliser briefs, budgets et relations

    La FNIM définit 10 engagements pour stabiliser briefs et budgets

    Depuis fin 2024, la Fédération nationale de l’information médicale (FNIM) mène une enquête auprès de ses adhérents pour identifier les principaux points de friction avec leurs clients issus de l’industrie pharmaceutique. Résultats :

    • Briefs incomplets.
    • Délais raccourcis.
    • Instabilité des interlocuteurs.
    • Pression budgétaire.
    • Et manque de reconnaissance du travail réalisé.

    Ces constats ont poussé la FNIM à initier la rédaction d’un guide de bonnes pratiques, discuté le 19 novembre 2025 lors de sa Matinale mensuelle, animée par Thierry Kermorvant (La Phratrie) et Pierre-Louis Prost (KPL, président de la FNIM). L’objectif de ce futur référentiel est de « formaliser les conditions d’une collaboration exemplaire » entre agences, prestataires et laboratoires pharmaceutiques. Le guide se veut complémentaire des outils existants, tels que la charte « La belle compétition » ou celles de l’AACC. La FNIM y défend « une excellence relationnelle au quotidien », autour de 10 engagements. Parmi eux : la reconnaissance mutuelle entre parties, avec une volonté de partenariat d’égal à égal dès la phase de conception du projet. En retour, les agences s’engagent à démontrer la valeur de leurs actions via études ROI, veille active et initiatives comme les « innovation days ».

    Projets santé à plus de 50 K€ : la FNIM veut un kick-off obligatoire et un brief validé en amont

    L’un des volets du guide concerne la structuration du brief, souvent jugé instable : 86,5 % des agences interrogées ont constaté des changements en cours de projet. La FNIM recommande un brief écrit et validé en amont, un interlocuteur décisionnaire désigné, et un kick-off de 2h minimum pour les projets supérieurs à 50 K€. Les agences s’engagent, elles, à reformuler ou enrichir le brief si nécessaire. En parallèle, la question de la transparence budgétaire est mise en avant : le budget n’est communiqué dès le départ que dans 1,5 % des cas. La FNIM milite pour une communication systématique du budget, accompagnée de devis détaillés et expliqués. Une grille tarifaire pourrait également être co-construite avec l’AACC et le LEEM.

    40 % dénoncent des délais irréalistes, la FNIM propose un référentiel de bonnes pratiques

    Autre engagement proposé : le respect de délais réalistes. Selon l’enquête, 40,5 % des répondants estiment que les délais imposés ne sont pas tenus. La FNIM recommande des validations sous 10 jours ouvrés maximum, et un droit d’alerte pour les agences en cas de retard prévisible. Les évolutions de périmètre ou de budget sont également fréquentes (respectivement 43 % et 40 % des cas). Le guide prévoit un suivi documenté de ces modifications, un chiffrage systématique et une flexibilité encadrée. Concernant le travail hors périmètre initial, 30 % ne seraient jamais ou rarement rémunérés. Le futur référentiel préconise une évaluation et validation systématiques des tâches supplémentaires.

    Projets abandonnés : 43 % des agences non indemnisées, la FNIM réclame un cadre contractuel clair

    43 % des agences interrogées ne perçoivent aucun dédommagement en cas d’abandon de projet. La FNIM recommande des modalités contractuelles de dédommagement définies en amont, une facturation proportionnelle au travail fourni et une discussion préalable à toute annulation. Le guide vise aussi à renforcer l’humanisation des relations, avec une exigence de réunions en présentiel, d’ouverture des caméras en visio (objectif : +90 %), de stabilité des équipes et de formation des nouveaux venus. En retour, les agences pourraient accueillir des alternants de l’industrie pharmaceutique en immersion.

    La FNIM veut impliquer les services achats et professionnaliser les retours de brief

    Parmi les points souvent négligés, les relations avec les services achats sont également à améliorer. Seuls 3 % d’entre eux faciliteraient actuellement la collaboration avec les agences. La FNIM appelle à un dialogue pédagogique autour de la création de valeur, une co-construction des cahiers des charges et une participation régulière aux Matinales de la fédération. Dernier point clé : la systématisation des retours suite à un appel d’offre. La FNIM recommande que les laboratoires répondent dans un délai maximum de 10 jours après la remise des recommandations, pour maintenir la motivation des équipes non retenues.

    Diffusion prévue en 2026 et intégration en formation

    La rédaction du guide doit s’achever début 2026. La FNIM prévoit de le présenter aux acteurs institutionnels tels que le LEEM, le SNITEM ou le CRIP, mais aussi de le diffuser dans les programmes de Masters en communication santé. Une campagne conjointe avec le Club Santé AACC est également envisagée. Ce document pourrait devenir un outil standard lors des briefs entre agences et laboratoires.

  • Télémédecine, attractivité, santé mentale : une convention pour organiser les soins au niveau départemental

    Accès aux soins : le CNOM et les Départements s’accordent sur quatre priorités territoriales

    Départements de France et le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) ont signé une convention visant à structurer une réponse locale à la “désorganisation du système de santé”. Dans un contexte marqué par la baisse de l’offre de soins, le vieillissement de la population, la progression des pathologies chroniques et la fragilité de la santé mentale des jeunes, les deux institutions souhaitent établir une collaboration pour réorganiser l’accès aux soins à l’échelle départementale. Cette initiative repose sur une vision partagée : reconstruire la confiance entre citoyens, élus et soignants, en s’appuyant sur les spécificités des territoires et les compétences des acteurs locaux.

    Déserts médicaux, télémédecine, santé mentale : les axes du partenariat CNOM–Départements de France

    L’accord prévoit plusieurs axes d’intervention :

    • La création de dispositifs communs entre conseils départementaux et conseils départementaux de l’Ordre pour renforcer la santé de proximité.
    • Le développement de la télémédecine territoriale, dans un cadre éthique et régulé.
    • Des mesures pour améliorer l’attractivité des zones sous-dotées en santé, via des leviers comme le logement, l’emploi des conjoints ou l’accueil des familles.
    • Des réponses coordonnées en santé mentale et en protection de l’enfance, missions relevant des compétences départementales.

    Pour les signataires, la décentralisation de la santé passe par la reconnaissance du département comme échelle pertinente, à la fois proche du terrain et capable d’articuler équité et efficacité. Selon François Sauvadet, président de Départements de France, « cette signature ouvre un chemin de responsabilité partagée : celui d’une République des territoires qui protège et soigne ». Le professeur Stéphane Oustric, président du CNOM, y voit la traduction d’une volonté de replacer « le médecin et la relation humaine au cœur du pacte social ».

  • Santé numérique : 82% des pays de l’OCDE ont ouvert l’accès en ligne aux DMP en 2024 (rapport OCDE)

    Plus de 8 pays sur 10 donnent accès en ligne au DMP en 2024

    En 2024, la disponibilité moyenne de l’accès en ligne aux services de santé numériques atteint 82% dans les pays de l’OCDE, contre 79% en 2023. Toutefois, seuls la Belgique et l’Estonie fournissent un accès complet à toutes les fonctions du dossier médical partagé via portail ou application mobile patient. Les progrès sont notables en Tchéquie, France, Irlande, Portugal et Slovaquie, où les politiques récentes ont permis une nette avancée de l’accessibilité. La question de l’interopérabilité reste importante entre établissements et professionnels, freinant l’efficience globale. Le renforcement de la confiance et des infrastructures reste signalé comme un enjeu dans la généralisation de la santé numérique.

    1 téléconsultation par patient et par an en 2023, un usage multiplié par deux depuis 2019

    Israël en tête avec 2,8 téléconsultations par habitant en 2023

    Le recours à la téléconsultation, toute technologie confondue, a fortement augmenté lors de la pandémie, passant d’une moyenne de 0,5 consultation par patient en 2019 à 1,3 en 2021. En 2023, ce taux s’établit à 1, illustrant une stabilisation à un niveau supérieur à la période pré-pandémique. Israël enregistre le plus haut taux (2,8). Les principaux freins identifiés dans le maintien d’un haut niveau d’activité tiennent à l’intégration des pratiques à l’offre de soins courante, aux modèles de financement et à la couverture des infrastructures numériques.

    82% d’accès moyen aux DMP mais des disparités persistantes dans l’accès à l’information santé

    Les résultats des enquêtes PaRIS (2024) soulignent une différence significative, jusqu’à 15 points, du niveau de confiance dans l’usage du numérique santé entre groupes d’individus selon le niveau d’éducation, notamment en France, Islande, Australie et États-Unis. Les publics les moins diplômés déclarent rencontrer davantage de difficultés dans la compréhension des données santé en ligne. Cette disparité d’usage pose la question de l’inclusion numérique comme condition de réussite des stratégies d’e-santé.

    L’OCDE note une augmentation des investissements alloués à la digitalisation, tant pour la mise en place des DMP que pour le déploiement de solutions d’analyse et d’intelligence artificielle, avec pour objectifs déclarés de renforcer la résilience, la réactivité et la sécurité des systèmes. Toutefois, les priorités budgétaires post-COVID et la maîtrise des dépenses publiques imposent une planification sélective des évolutions structurelles.

    Investir mieux, notamment dans la prévention

    Le rapport « Health at a Glance 2025 » de l’OCDE suggère donc que, malgré un retour apparent à la normale des systèmes de santé après la pandémie, les données réelles montrent toujours des problèmes persistants. Les dépenses de santé dans les pays de l’OCDE représentent désormais 9,3 % du PIB, mais 3 % de ces dépenses sont consacrés à la prévention. Les données sur les comportements de santé révèlent également des tendances préoccupantes : par exemple 54 % des adultes sont en surpoids ou obèses, et 27 % déclarent une consommation excessive d’alcool au moins une fois par mois. En 2023, plus de 3 millions de décès auraient pu être évités par une meilleure prévention et une prise en charge plus efficace.

    Le rapport note une progression rapide de la numérisation des soins, notamment via les dossiers de santé électroniques, la téléconsultation ou encore l’IA. Mais l’usage réel de ces outils est limité par une faible littératie numérique et en santé, en particulier chez les personnes âgées et peu instruites. Le risque est qu’au lieu de réduire les inégalités, la santé numérique pourrait les aggraver.

    La question n’est plus de dépenser plus, mais de dépenser mieux. La pression sur les effectifs, combinée au sous-investissement dans la prévention, les soins primaires et la littératie, met en évidence l’urgence de rééquilibrer les politiques de santé. Incitations, budgets et compétences doivent être réorientés vers la valeur apportée aux populations, et non uniquement vers le volume d’actes ou de technologies déployées.