L’Institut Paoli-Calmettes (IPC) a publié, le 27 novembre 2025, un communiqué annonçant le lancement d’un dépistage individuel du cancer du poumon pour les personnes âgées de 50 à 74 ans, fumeuses ou ex‑fumeuses sevrées depuis moins de 15 ans. Ce dispositif s’inscrit dans la Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 et prépare l’intégration au programme pilote national IMPULSION dès fin 2025. L’enjeu principal réside dans l’évaluation de la faisabilité d’un dépistage organisé, visant à réduire la mortalité liée à une maladie causant 53 000 nouveaux cas par an en France.
- 53 000 nouveaux cas de cancer du poumon sont diagnostiqués chaque année en France, dont plus de 80% liés au tabagisme ;
- près de 4 millions de personnes âgées de 50 à 74 ans remplissant des critères de tabagisme sont potentiellement éligibles au dépistage ;
- l’étude nationale IMPULSION prévoit l’inclusion de 20 000 participants en 2026 pour évaluer la faisabilité d’un dépistage organisé ;
- détecté à un stade localisé, le cancer du poumon présente un taux de guérison supérieur à 80% grâce à des traitements localisés ;
- en 2024, l’IPC a accueilli plus de 11 000 nouveaux patients et réalisé plus de 100 000 consultations dans un cadre certifié Haute Qualité de soins par la Haute Autorité de santé (HAS).
Près de 4M de personnes concernées en France par le programme
La Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 intègre la prévention et le dépistage du cancer du poumon comme priorités. Les principales sociétés savantes de pathologies thoraciques, dont la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF), ont rédigé des recommandations pratiques en faveur d’un dépistage individuel par scanner thoracique faiblement irradiant. Ce scanner, non injecté, cible les personnes de 50 à 74 ans, fumeuses ou ex-fumeuses sevrées depuis moins de 15 ans, qui n’ont pas subi d’examen similaire dans les 12 derniers mois.
L’Institut Paoli-Calmettes, centre de référence en région Sud, organise ces consultations de dépistage individuel dès novembre 2025. D’ici la fin de l’année, le même dispositif sera proposé dans le cadre de l’étude IMPULSION (IMPlémentation du dépistage du cancer du pULmonaire par Scanner en populatION). Ce programme pilote national, retenu par l’Institut National du Cancer (INCa) en 2025, vise à évaluer la faisabilité d’un dépistage organisé sur le territoire français. L’IPC, en partenariat avec l’Hôpital Nord et d’autres centres régionaux, participe à la première vague de mise en œuvre, prévue pour fin 2025.
Le programme s’appuie sur le référentiel scientifique de l’INCa et a été élaboré avec des sociétés savantes comme la SPLF. Les critères d’éligibilité précisent un historique de tabagisme : plus de 15 cigarettes par jour pendant au moins 25 ans, ou plus de 10 cigarettes par jour pendant au moins 30 ans, pour les fumeurs actifs ou sevrés depuis moins de 15 ans. En France, cette population représente près de 4 millions de personnes potentiellement concernées.
80% de guérison si le cancer est detecte à un stade localisé
Le cancer du poumon constitue un enjeu de santé publique en France, avec 53 000 nouveaux cas diagnostiqués annuellement. L’incidence reste stable chez les hommes, mais augmente nettement chez les femmes en raison de l’essor du tabagisme féminin ces dernières années. Plus de 80% de ces cancers sont attribuables au tabagisme, soulignant l’importance des mesures de prévention centrées sur l’arrêt du tabac.
Les dernières études internationales indiquent que le dépistage par scanner thoracique faiblement irradiant, ciblé sur les populations à risque, réduit les taux de mortalité par cancer du poumon. Ce dépistage systématique permet de diagnostiquer des formes précoces, adaptées à des traitements localisés dans une optique curative. Lorsque détecté à un stade localisé, le taux de guérison dépasse 80%, favorisant une meilleure qualité de vie pour les patients. Sensibiliser à l’importance de ce dépistage encourage des comportements préventifs et limite l’impact global de la maladie.
Le communiqué de presse souligne également les risques liés à la consommation de cannabis, qui majore les risques de survenue de cancer du poumon de manière précoce et avec des formes plus agressives. L’approche proactive du dépistage, comme mise en place par l’IPC, vise à identifier ces cas précoces pour optimiser les parcours de soins.
Enjeux pour les acteurs de la santé et organisation des soins
Le déploiement d’un dépistage structuré du cancer du poumon impacte fortement les organisations de soins, en particulier les centres spécialisés comme l’IPC. Fondé en 1925, l’institut emploie plus de 2 000 professionnels médicaux et non médicaux et assure une prise en charge intégrée des cancers, de la recherche aux soins de support, en passant par l’enseignement et la formation. En 2024, l’IPC a réalisé plus de 100 000 consultations et accueilli plus de 11 000 nouveaux patients, sans dépassement d’honoraires, sur la base des tarifs de la Sécurité sociale.
L’étude IMPULSION répond à une demande de la Haute Autorité de santé (HAS) d’évaluer, dans des conditions réelles, la faisabilité d’un dépistage organisé du cancer du poumon, avec l’objectif d’inclure 20 000 participants en 2026. Pour les directions d’hôpitaux et les autorités publiques, cela soulève plusieurs enjeux : allocation de temps de scanner, adaptation des plannings, formation des équipes au protocole de dépistage, et intégration des résultats dans les parcours de soins existants. Pour les assureurs et mutuelles, l’augmentation des examens de dépistage pourrait entraîner des dépenses initiales supplémentaires, avec l’hypothèse d’une réduction des coûts à long terme grâce à une meilleure survie et à une prise en charge plus précoce.
Les industriels de l’intelligence artificielle en santé pourraient trouver des perspectives de développement dans l’analyse automatisée des images thoraciques, même si le communiqué de presse ne mentionne pas d’outils numériques spécifiques dans le cadre d’IMPULSION. L’IPC, accrédité Comprehensive Cancer Center par l’Organisation of European Cancer Institutes (OECI) en 2019 et 2024, et certifié Haute Qualité de soins par la HAS en 2021, s’appuie sur des coopérations avec une vingtaine d’établissements régionaux, ce qui facilite le maillage territorial mais n’élimine pas les contraintes d’équipement et de ressources humaines.
De nombreuses actions de prévention et de sensibilisation
Les actions de prévention et de sensibilisation de l’IPC s’articulent avec le déploiement du dépistage. Pendant le Mois sans Tabac, un dispositif hebdomadaire réunit par exemple le Dr Louis Stoffæs, pneumo-cancérologue, et Salomé Brégeon, infirmière tabacologue, pour accompagner les volontaires au sevrage tabagique. Leur stand propose un mesureur de monoxyde de carbone, des spiromètres, des traitements de substitution nicotinique, des supports d’information et des contenus vidéos pédagogiques.
Le 20 novembre 2025, le laboratoire Roche a tenu un stand à l’IPC consacré à la sensibilisation à l’arrêt du tabac et à la prévention des maladies pulmonaires, ouvert aux patients, aux visiteurs et aux professionnels. Du 17 au 22 novembre 2025, l’événement #InspireForCancer à l’Espace Jouenne de Marseille a combiné art et science pour sensibiliser au cancer du poumon : chaque mention du hashtag #InspireForCancer génère 0,10 € de don au profit du projet IMMUNOLUNG du Dr Rochigneux, oncologue à l’IPC, avec un objectif de 100 000 €. Ces initiatives illustrent l’intégration de la prévention dans les activités courantes, même si leur impact direct sur les taux de participation au dépistage n’est pas encore quantifié.
Une inclusion de 20 000 patients est prévue en 2026
L’étude IMPULSION marque une étape dans la Stratégie décennale 2021-2030, avec un démarrage de la première vague fin 2025. L’inclusion de 20 000 participants en 2026 permettra d’évaluer l’organisation logistique et clinique du dépistage. Pour les hôpitaux, cela implique une montée en compétences sur les protocoles de l’INCa, en lien avec la SPLF.
Les prochaines étapes incluent l’extension régionale via les partenariats de l’IPC, couvrant une vingtaine d’établissements en région Sud. Les événements de sensibilisation, comme ceux du Mois sans Tabac, pourraient être pérennisés pour booster la participation. Pour le moment, ne sont pas préciser les indicateurs de succès attendus, ni les ajustements post-pilote.
À terme, un dépistage organisé pourrait transformer les parcours de soins, en priorisant la détection précoce pour 4 millions d’éligibles.
Source : Institut Paoli-Calmettes. Communiqué de presse : Dépistage et diagnostic précoce du cancer du poumon. Marseille ; 27 novembre 2025.