Articles

  • Revalorisation de la consultation à 25 € : une hausse tarifaire qui stimule l’activité des généralistes de secteur 1 (note IPP)

    Une activité en hausse de près de 9 %

    Quels effets concrets produit une revalorisation du tarif des consultations sur l’activité des médecins généralistes ? C’est à cette question qu’a répondu une note de l’Institut des politiques publiques (IPP), publiée le 24 novembre 2025. L’analyse porte sur la hausse intervenue le 1er mai 2017, date à laquelle le tarif de la consultation des médecins généralistes de secteur 1 est passé de 23 à 25 euros.

    Cette revalorisation de 8,7 % du tarif a entraîné une hausse équivalente, en moyenne, de l’activité mensuelle des praticiens concernés. Plus précisément, l’IPP estime l’augmentation du nombre de consultations entre 7 et 10 %, selon les modèles utilisés. Cette progression s’explique quasi exclusivement par l’augmentation du nombre de patients pris en charge (+11 %), et non par une hausse de la fréquence des consultations par patient.

    Un effet de levier sur l’offre de soins en ville

    Pour les auteurs de la note, ces résultats suggèrent qu’une hausse modérée du tarif peut jouer un rôle dans l’élargissement de l’offre de soins, en incitant les médecins à accueillir davantage de patients. Cela pourrait s’expliquer par une meilleure rémunération de leur temps, ou une plus grande attractivité de leur exercice. L’étude souligne également que le surcoût engendré par cette mesure a pu être “partiellement compensé” par les effets comportementaux observés chez les médecins. En d’autres termes, l’augmentation de leur activité aurait permis d’atténuer le coût net de la revalorisation pour l’assurance maladie.

  • Déploiement de l’IA en imagerie : des obstacles économiques, organisationnels et technologiques (Livre blanc)

    L’IA peine à passer du pilote à la pratique clinique en radiologie

    Présentée comme un levier d’optimisation du diagnostic et des parcours en imagerie, l’intelligence artificielle (IA) peine encore à se déployer à grande échelle dans les établissements français. Un livre blanc publié par Catel, en partenariat avec Dell Technologies et NVIDIA, dresse un état des lieux des freins rencontrés sur le terrain et propose une grille d’analyse à partir de retours d’expérience de cliniciens, industriels et directeurs des systèmes d’information.

    L’IA peut être mobilisée à plusieurs niveaux du dépistage, en particulier dans la lutte contre le cancer du sein : aide à l’acquisition, détection automatisée en première lecture, sélection des mammographies à relire, ou tri en seconde lecture. Si des expérimentations sont en cours, leur généralisation reste limitée par des incertitudes sur les performances, les responsabilités médico-légales et la capacité d’intégration dans les flux cliniques. L’outil ne remplace pas l’expertise du radiologue mais doit l’assister de façon ciblée, notamment en réduisant le temps d’analyse des examens normaux.

    Trois verrous à lever pour un passage à l’échelle

    L’analyse croisée des retours d’acteurs du terrain aboutit à une cartographie en trois volets des principaux freins à l’adoption de l’IA :

    • Verrou économique : les solutions d’IA ne disposent pas de modèle de financement pérenne. Leur coût est difficile à absorber sans retour sur investissement clair ni valorisation financière adaptée. Le manque d’incitations freine leur diffusion en dehors des projets pilotes.
    • Verrou organisationnel et clinique : la mise en place de l’IA suppose une réingénierie des organisations, un travail d’appropriation par les équipes et une adaptation des pratiques. La confiance dans les outils reste à construire, notamment via des preuves robustes d’impact clinique, au-delà des simples performances algorithmiques.
    • Verrou technologique : l’infrastructure nécessaire (serveurs, logiciels, interopérabilité avec les systèmes d’information) reste souvent absente ou mal adaptée. Les solutions « clé en main » séduisent par leur simplicité de déploiement, mais soulèvent des questions de souveraineté et de compatibilité avec les environnements locaux.

    Des recommandations pour sortir de l’impasse

    Les contributeurs du livre blanc, issus du monde médical (CHU de Montpellier, Hôpital Tenon), industriel (NVIDIA, Incepto) ou hospitalier (GHT Unyon), appellent à :

    • Renforcer l’évaluation indépendante des solutions.
    • Définir des modèles économiques pérennes, incluant la valorisation dans les parcours.
    • Anticiper les besoins d’infrastructures dès les phases de conception.
    • Intégrer les utilisateurs finaux (radiologues, manipulateurs, DSIO) dès les premières étapes de déploiement.

    Sans levée coordonnée de ces verrous, les promesses de l’IA resteront confinées à des initiatives locales, sans transformation systémique de la filière imagerie.

  • Etude : l’analyse automatique de la parole pour diagnostiquer le déclin cognitif léger validée dans une revue

    Une revue systématique publiée en octobre confirme la capacité des biomarqueurs vocaux à distinguer le déclin cognitif léger (MCI) d’un fonctionnement cognitif normal, avec une précision globale de 80 %. L’étude a également démontré une robustesse méthodologique avec une absence de biais de publication et une très faible hétérogénéité entre les travaux examinés. Alors que le diagnostic de la maladie d’Alzheimer repose sur des examens coûteux et invasifs comme l’IRM, le PET scan ou les ponctions lombaires, l’analyse de la parole s’impose comme une alternative peu intrusive. Elle permettrait une détection plus précoce du MCI – stade prodromique de la maladie – en s’appuyant sur des marqueurs liés à la production langagière : diversité lexicale, complexité syntaxique, propriétés acoustiques ou encore contenu sémantique.

    Méthodologie : 54 études analysées, 35 incluses dans la méta-analyse

    Les chercheurs Zahra Jafari, Melissa K. Andrew et Kenneth J. Rockwood ont conduit leur méta-analyse selon les recommandations PRISMA, en consultant quatre bases de données jusqu’en avril 2025, sans restriction de langue ni d’année. Parmi les 4 432 publications initialement identifiées, 54 ont été retenues. Trente-cinq ont permis de calculer des estimations regroupées pour quatre indicateurs de performance :

    • Précision : 80 % (IC 95 % : 70–89 %, p < 0,001)
    • Aire sous la courbe (AUC) : 78 % (IC 95 % : 70–86 %, p < 0,001)
    • Sensibilité : 80 % (IC 95 % : 71–90 %, p < 0,001)
    • Spécificité : 77 % (IC 95 % : 65–89 %, p < 0,001)

    Aucun biais de publication n’a été détecté (test d’Egger p ≥ 0,299) et l’hétérogénéité entre les études était nulle (I² = 0 %, p = 1,00).

    Une large adoption de l’intelligence artificielle dans les protocoles

    Parmi les 35 études incluses dans la méta-analyse, 31 utilisaient des algorithmes d’apprentissage automatique (machine learning) tels que les SVM, forêts aléatoires ou régressions logistiques, en lien avec des techniques d’analyse automatique de la parole (ASR) ou combinées à des transcriptions manuelles. Sur les 27 études ayant mobilisé l’ASR, près de la moitié y ont eu recours exclusivement. Celles combinant ASR et transcription manuelle ont rapporté des performances comparables, validant la fiabilité des outils automatisés.

    Une application possible au SCD, encore peu explorée

    Quatre études incluaient également des participants présentant un déclin cognitif subjectif (SCD), sans déficit objectivé. Certaines différences de caractéristiques vocales ont été observées dans ce groupe par rapport aux sujets cognitivement indemnes, mais les données restent limitées.

    Recommandations : standardiser et diversifier les protocoles

    Les auteurs soulignent la nécessité d’harmoniser les méthodologies et d’élargir les études à des populations plus diversifiées. La variabilité des tâches vocales et des approches d’analyse freine encore l’adoption clinique à grande échelle.

    Référence : Zahra Jafari, Melissa K. Andrew, Kenneth J. Rockwood. Diagnostic utility of speech-based biomarkers in mild cognitive impairment: a systematic review and meta-analysis. Age and Ageing, Volume 54, Issue 10, octobre 2025.

  • « C’est la capacité à détecter les cassures dans les routines qui fait la différence » : des capteurs IA pour prévenir les fragilités à domicile (Tunstall Vitaris)

    « L’IA va être en capacité de détecter des anomalies de comportement avant qu’il se passe quelque chose de grave »

    Aujourd’hui, la plupart des sollicitations en téléassistance sont déclenchées par l’usager via un bouton d’alerte (le fameux “bouton rouge”), un médaillon ou une montre. Si ces dispositifs permettent de prévenir les secours, Alain Monteux (président de Tunstall Vitaris – premier téléassisteur en France qui accompagne plus de 250 000 personnes) considère qu’ils ne suffisent plus à répondre aux enjeux du vieillissement.

    L’entreprise développe une nouvelle approche fondée sur la détection en amont des situations à risque, à partir de capteurs installés au domicile. Ces capteurs, passifs ou actifs, permettent d’analyser des données liées aux habitudes de vie : sommeil (ex : réveils nocturnes), nutrition (ex : absence de petit déjeuner), température, fréquence des visites, usage des toilettes ou encore temps passé dans certaines pièces. L’objectif est de repérer des signaux faibles de fragilité (isolement, troubles du sommeil ou du comportement alimentaire) pour déclencher des alertes avant qu’une urgence n’apparaisse.

    Deux niveaux d’alertes :« construire des profils de comportements individuels »

    Tunstall Vitaris distingue deux niveaux d’alerte : les signaux faibles (niveau 1), comme des levers nocturnes plus fréquents, et les alertes critiques (niveau 2), comme une chute détectée. Chaque semaine, les données sont consolidées dans une fiche transmise aux professionnels de santé. L’entreprise a mis en place une coordination entre infirmiers et ergothérapeutes pour proposer, en fonction des observations, des actions concrètes. L’approche est personnalisable : les capteurs et les seuils d’alerte sont ajustés en fonction des habitudes et du profil de chaque personne accompagnée.

    Ces dispositifs visent aussi à rassurer les bénéficiaires et leurs proches aidants. L’adhésion est forte dès lors que les outils sont présentés de façon transparente. Les retours sont positifs, les utilisateurs comprenant l’utilité de ces outils, à condition qu’ils soient bien expliqués et que leur mise en œuvre reste discrète.

    Une IA de santé mentale pour les salariés Tunstall de Vitaris

    Tunstall Vitaris mise sur l’intelligence artificielle pour recentrer les équipes d’écoute sur des interactions à forte valeur ajoutée. Une IA conversationnelle est également utilisée en soutien psychologique pour les opérateurs en centre d’appel. Le projet prévoit son extension aux bénéficiaires et à leurs aidants. L’entreprise insiste sur le rôle central du lien humain, notamment pour les personnes isolées, pour lesquelles elle propose un dispositif d’appels réguliers accompagnés par des psychologues.

    Tunstall Vitaris appelle à un soutien public pour accélérer le déploiement

    Dans les prochaines années, le support de la téléassistance pourrait évoluer : les hubs classiques pourraient laisser place à des objets du quotidien déjà connectés (smartphones, télévisions, enceintes vocales). Le modèle de service s’adaptera à une pluralité de profils et de besoins, en s’appuyant sur des partenariats et des portefeuilles d’offres diversifiés. Reste à garantir que ces évolutions technologiques restent lisibles. Selon Alain Monteux, l’un des principaux freins au déploiement à grande échelle reste l’absence de financement public en France. Le coût mensuel des dispositifs, entre 50 et 75 euros, reste à la charge des usagers. Dans d’autres pays comme la Belgique ou l’Espagne, ces services sont subventionnés, ce qui facilite leur adoption. L’entreprise plaide pour une reconnaissance institutionnelle de la téléassistance préventive, considérée comme un levier d’économies à long terme pour le système de santé : maintien à domicile prolongé, baisse des hospitalisations évitables, réduction des appels aux secours.

    La téléassistance entre dans une nouvelle ère, portée par des outils d’intelligence artificielle capables d’anticiper les risques et de personnaliser l’accompagnement. Mais son déploiement à grande échelle en France reste conditionné à une reconnaissance institutionnelle et à un financement adapté. Sans cela, le modèle restera cantonné à quelques expérimentations, malgré des bénéfices démontrés en matière de santé publique et de qualité de vie. Tunstall Vitaris en est convaincue : la transformation de la téléassistance en outil prédictif repose autant sur les technologies que sur la volonté collective de faire évoluer le cadre de financement.

  • Dépistage du cancer du poumon : l’Institut Paoli-Calmettes intègre le programme pilote national IMPULSION avec 20 000 participants prévus en 2026

    L’Institut Paoli-Calmettes (IPC) a publié, le 27 novembre 2025, un communiqué annonçant le lancement d’un dépistage individuel du cancer du poumon pour les personnes âgées de 50 à 74 ans, fumeuses ou ex‑fumeuses sevrées depuis moins de 15 ans. Ce dispositif s’inscrit dans la Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 et prépare l’intégration au programme pilote national IMPULSION dès fin 2025. L’enjeu principal réside dans l’évaluation de la faisabilité d’un dépistage organisé, visant à réduire la mortalité liée à une maladie causant 53 000 nouveaux cas par an en France.

    • 53 000 nouveaux cas de cancer du poumon sont diagnostiqués chaque année en France, dont plus de 80% liés au tabagisme ;
    • près de 4 millions de personnes âgées de 50 à 74 ans remplissant des critères de tabagisme sont potentiellement éligibles au dépistage ;
    • l’étude nationale IMPULSION prévoit l’inclusion de 20 000 participants en 2026 pour évaluer la faisabilité d’un dépistage organisé ;
    • détecté à un stade localisé, le cancer du poumon présente un taux de guérison supérieur à 80% grâce à des traitements localisés ;
    • en 2024, l’IPC a accueilli plus de 11 000 nouveaux patients et réalisé plus de 100 000 consultations dans un cadre certifié Haute Qualité de soins par la Haute Autorité de santé (HAS).

    Près de 4M de personnes concernées en France par le programme

    La Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 intègre la prévention et le dépistage du cancer du poumon comme priorités. Les principales sociétés savantes de pathologies thoraciques, dont la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF), ont rédigé des recommandations pratiques en faveur d’un dépistage individuel par scanner thoracique faiblement irradiant. Ce scanner, non injecté, cible les personnes de 50 à 74 ans, fumeuses ou ex-fumeuses sevrées depuis moins de 15 ans, qui n’ont pas subi d’examen similaire dans les 12 derniers mois.

    L’Institut Paoli-Calmettes, centre de référence en région Sud, organise ces consultations de dépistage individuel dès novembre 2025. D’ici la fin de l’année, le même dispositif sera proposé dans le cadre de l’étude IMPULSION (IMPlémentation du dépistage du cancer du pULmonaire par Scanner en populatION). Ce programme pilote national, retenu par l’Institut National du Cancer (INCa) en 2025, vise à évaluer la faisabilité d’un dépistage organisé sur le territoire français. L’IPC, en partenariat avec l’Hôpital Nord et d’autres centres régionaux, participe à la première vague de mise en œuvre, prévue pour fin 2025.

    Le programme s’appuie sur le référentiel scientifique de l’INCa et a été élaboré avec des sociétés savantes comme la SPLF. Les critères d’éligibilité précisent un historique de tabagisme : plus de 15 cigarettes par jour pendant au moins 25 ans, ou plus de 10 cigarettes par jour pendant au moins 30 ans, pour les fumeurs actifs ou sevrés depuis moins de 15 ans. En France, cette population représente près de 4 millions de personnes potentiellement concernées.

    80% de guérison si le cancer est detecte à un stade localisé

    Le cancer du poumon constitue un enjeu de santé publique en France, avec 53 000 nouveaux cas diagnostiqués annuellement. L’incidence reste stable chez les hommes, mais augmente nettement chez les femmes en raison de l’essor du tabagisme féminin ces dernières années. Plus de 80% de ces cancers sont attribuables au tabagisme, soulignant l’importance des mesures de prévention centrées sur l’arrêt du tabac.

    Les dernières études internationales indiquent que le dépistage par scanner thoracique faiblement irradiant, ciblé sur les populations à risque, réduit les taux de mortalité par cancer du poumon. Ce dépistage systématique permet de diagnostiquer des formes précoces, adaptées à des traitements localisés dans une optique curative. Lorsque détecté à un stade localisé, le taux de guérison dépasse 80%, favorisant une meilleure qualité de vie pour les patients. Sensibiliser à l’importance de ce dépistage encourage des comportements préventifs et limite l’impact global de la maladie.

    Le communiqué de presse souligne également les risques liés à la consommation de cannabis, qui majore les risques de survenue de cancer du poumon de manière précoce et avec des formes plus agressives. L’approche proactive du dépistage, comme mise en place par l’IPC, vise à identifier ces cas précoces pour optimiser les parcours de soins.

    Enjeux pour les acteurs de la santé et organisation des soins

    Le déploiement d’un dépistage structuré du cancer du poumon impacte fortement les organisations de soins, en particulier les centres spécialisés comme l’IPC. Fondé en 1925, l’institut emploie plus de 2 000 professionnels médicaux et non médicaux et assure une prise en charge intégrée des cancers, de la recherche aux soins de support, en passant par l’enseignement et la formation. En 2024, l’IPC a réalisé plus de 100 000 consultations et accueilli plus de 11 000 nouveaux patients, sans dépassement d’honoraires, sur la base des tarifs de la Sécurité sociale.

    L’étude IMPULSION répond à une demande de la Haute Autorité de santé (HAS) d’évaluer, dans des conditions réelles, la faisabilité d’un dépistage organisé du cancer du poumon, avec l’objectif d’inclure 20 000 participants en 2026. Pour les directions d’hôpitaux et les autorités publiques, cela soulève plusieurs enjeux : allocation de temps de scanner, adaptation des plannings, formation des équipes au protocole de dépistage, et intégration des résultats dans les parcours de soins existants. Pour les assureurs et mutuelles, l’augmentation des examens de dépistage pourrait entraîner des dépenses initiales supplémentaires, avec l’hypothèse d’une réduction des coûts à long terme grâce à une meilleure survie et à une prise en charge plus précoce.

    Les industriels de l’intelligence artificielle en santé pourraient trouver des perspectives de développement dans l’analyse automatisée des images thoraciques, même si le communiqué de presse ne mentionne pas d’outils numériques spécifiques dans le cadre d’IMPULSION. L’IPC, accrédité Comprehensive Cancer Center par l’Organisation of European Cancer Institutes (OECI) en 2019 et 2024, et certifié Haute Qualité de soins par la HAS en 2021, s’appuie sur des coopérations avec une vingtaine d’établissements régionaux, ce qui facilite le maillage territorial mais n’élimine pas les contraintes d’équipement et de ressources humaines.

    De nombreuses actions de prévention et de sensibilisation

    Les actions de prévention et de sensibilisation de l’IPC s’articulent avec le déploiement du dépistage. Pendant le Mois sans Tabac, un dispositif hebdomadaire réunit par exemple le Dr Louis Stoffæs, pneumo-cancérologue, et Salomé Brégeon, infirmière tabacologue, pour accompagner les volontaires au sevrage tabagique. Leur stand propose un mesureur de monoxyde de carbone, des spiromètres, des traitements de substitution nicotinique, des supports d’information et des contenus vidéos pédagogiques.

    Le 20 novembre 2025, le laboratoire Roche a tenu un stand à l’IPC consacré à la sensibilisation à l’arrêt du tabac et à la prévention des maladies pulmonaires, ouvert aux patients, aux visiteurs et aux professionnels. Du 17 au 22 novembre 2025, l’événement #InspireForCancer à l’Espace Jouenne de Marseille a combiné art et science pour sensibiliser au cancer du poumon : chaque mention du hashtag #InspireForCancer génère 0,10 € de don au profit du projet IMMUNOLUNG du Dr Rochigneux, oncologue à l’IPC, avec un objectif de 100 000 €. Ces initiatives illustrent l’intégration de la prévention dans les activités courantes, même si leur impact direct sur les taux de participation au dépistage n’est pas encore quantifié.

    Une inclusion de 20 000 patients est prévue en 2026

    L’étude IMPULSION marque une étape dans la Stratégie décennale 2021-2030, avec un démarrage de la première vague fin 2025. L’inclusion de 20 000 participants en 2026 permettra d’évaluer l’organisation logistique et clinique du dépistage. Pour les hôpitaux, cela implique une montée en compétences sur les protocoles de l’INCa, en lien avec la SPLF.

    Les prochaines étapes incluent l’extension régionale via les partenariats de l’IPC, couvrant une vingtaine d’établissements en région Sud. Les événements de sensibilisation, comme ceux du Mois sans Tabac, pourraient être pérennisés pour booster la participation. Pour le moment, ne sont pas préciser les indicateurs de succès attendus, ni les ajustements post-pilote.

    À terme, un dépistage organisé pourrait transformer les parcours de soins, en priorisant la détection précoce pour 4 millions d’éligibles.

    Source : Institut Paoli-Calmettes. Communiqué de presse : Dépistage et diagnostic précoce du cancer du poumon. Marseille ; 27 novembre 2025. 
  • Prédire la durée d’hospitalisation : un modèle sud-coréen de machine learning ouvre la voie

    16 jours en Corée du Sud : quand la durée moyenne d’hospitalisation questionne les modèles standards

    La durée moyenne d’hospitalisation constitue un indicateur central de performance pour les établissements de soins. Elle traduit à la fois la gravité clinique des cas pris en charge, l’efficacité des processus de soins et la tension sur les ressources hospitalières.

    En Corée du Sud, cet indicateur atteint 16 jours selon les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), soit plus du double de la moyenne des pays membres, fixée à 7,7 jours. Les approches analytiques classiques, fondées sur des moyennes ou des modèles linéaires, s’avèrent insuffisantes pour décrire la diversité des trajectoires cliniques. Elles ne prennent pas pleinement en compte l’interaction entre sévérité des cas, charge infirmière et organisation interne des hôpitaux.

    2 000 séjours analysés par l’équipe d’Inha University Hospital

    L’équipe d’infirmiers universitaires de de l’École des sciences infirmières d’Incheon de l’Hôpital universitaire Inha a exploité trois catégories de données issues du dossier médical électronique :

    • Variables cliniques.
    • Paramètres infirmiers.
    • Facteurs organisationnels et de système de santé.

    Cinq déterminants de la durée des séjours

    L’équipe a mis en évidence cinq facteurs influençant la durée des séjours :

    • Le nombre de consultations effectuées durant l’hospitalisation,
    • Le nombre de jours post-opératoires,
    • La durée de séjour en unité de soins intensifs,
    • L’utilisation d’antibiotiques de troisième génération
    • Et la présence d’un isolement infectieux.

    Ces variables traduisent la complexité clinique et les interactions entre actes médicaux, charge de soins et mesures de prévention des infections.

    76% : des performances prédictives robustes pour Random Forest 

    L’étude rétrospective (janv.–nov. 2023), menée sur 1 000 séjours courts et 1 000 longs, montre que Random Forest atteint :

    • Un coefficient de détermination R² de 76,8 % sur l’apprentissage.
    • Un R² de 76,4 % sur les données test, témoignant d’une bonne généralisation.
    • Une absence marquée de surapprentissage.

    Le modèle pourrait optimiser la planification des lits, l’allocation des effectifs et l’anticipation des séjours prolongés pour déployer des interventions précoces. Les chercheurs prévoient une validation multicentrique et une intégration dans les systèmes d’information hospitaliers, afin de réduire les coûts, améliorer la rotation des lits et renforcer les indicateurs de qualité.

     

  • Concours i-Lab 2026 : Subvention jusqu’à 600 k€

    La 28e édition du concours d’innovation i-Lab s’inscrit dans le cadre du plan France 2030 et est opérée par Bpifrance au niveau national. Le dispositif vise à détecter et accompagner les futurs leaders deeptech en finançant des projets de création ou de développement d’entreprises de technologies innovantes, avec une forte sélectivité et un label reconnu.

    La date limite de dépôt des candidatures est fixée au mardi 3 février 2026 à 12h (heure de Paris), pour des projets d’une durée maximale de 3 ans.​

    Tableau récapitulatif des principaux critères

    Elément Informations clés
    Dates importantes Clôture des candidatures : 3 février 2026 à 12h (midi, heure de Paris).​
    Financement proposé Enveloppe de dépenses éligibles : jusqu’à 1 M€ de coûts de projet. Subvention pouvant atteindre 600 k€ par projet, versée de manière échelonnée, pour des projets d’une durée maximale de 3 ans.​
    Nature des projets attendus Projets de « création-développement » à forte intensité technologique (deeptech), présentant une faisabilité technique, économique et juridique déjà établie.​ Projets pouvant conduire à court terme à la création d’une entreprise innovante en France ou projets d’innovation portés par des sociétés de moins de deux ans (ou moins de trois ans pour certains projets deeptech).​
    Critères d’éligibilité – porteurs Toute personne physique ayant créé son entreprise depuis moins de deux ans ou ayant un projet de création d’entreprise de technologies innovantes en France, quelle que soit sa nationalité, son statut ou sa situation professionnelle, sous réserve de remplir les conditions légales et réglementaires de création d’entreprise.

    Projets issus de la recherche ou d’essaimage/externalisation d’entreprises existantes possibles, sous conditions notamment de participation au capital de l’entreprise d’origine (inférieure à un certain seuil).​

    Critères d’éligibilité – projets Projets de technologies innovantes avec preuve de concept et faisabilité démontrées. Projets deeptech de moins de 3 ans, inscrits dans les priorités de France 2030, avec un fort potentiel de développement et de création de valeur.​
    Modalités de dépôt Dossier de candidature à déposer exclusivement en ligne sur la plateforme de dépôt Bpifrance (Picxel), à partir des modèles et documents fournis dans la rubrique dédiée de la page du concours. Les pièces et formulaires du règlement i-Lab doivent être complétés conformément aux instructions officielles Bpifrance.​
    Modalités de sélection Processus national avec présélection et évaluation par Bpifrance et experts mandatés, puis examen en jury pour déterminer les lauréats. Concours reconnu pour son prestige et sa forte sélectivité, distinguant uniquement les projets technologiques les plus innovants et à fort potentiel.​
    Critères de sélection Caractère innovant de la technologie et niveau de maturité (preuve de concept). Viabilité économique, potentiel de développement (y compris international) et capacité de l’équipe/du porteur à créer, diriger et développer l’entreprise et à nouer des partenariats.​

    Procédure de candidature et de mise en œuvre

    La candidature se fait via le téléchargement du règlement et du dossier type sur la page officielle du concours, puis le dépôt des documents complétés sur la plateforme en ligne Bpifrance (Picxel) avant la date de clôture. Le projet est ensuite instruit en plusieurs étapes (analyse, expertise approfondie, jury), conduisant à une proposition de subvention pouvant aller jusqu’à 600 k€, versée par tranches en fonction de l’avancement du projet sur une durée maximale de 3 ans.​

    L’annonce officielle et l’accès à la plateforme de dépôt sont accessibles depuis la page Bpifrance du concours d’innovation i-Lab 28e édition : https://www.bpifrance.fr/nos-appels-a-projets-concours/concours-dinnovation-i-lab. ​

    Points d’attention

    • Forte sélectivité : le concours cible un nombre limité de projets deeptech avec un haut niveau d’innovation et de maturité, il est nécessaire de bien documenter la preuve de concept et le potentiel marché.​
    • Eligibilité temporelle : vérifier la date de création de l’entreprise (moins de 2 ans, voire contraintes spécifiques pour les projets issus d’essaimage ou lauréats d’autres dispositifs) et la durée maximale de projet (3 ans).​
    • Structuration financière : la subvention couvre seulement une partie des dépenses (plafond de 600 k€ pour 1 M€ de dépenses), des financements complémentaires devront être sécurisés.​
    • Qualité du dossier : respecter les modèles et consignes du règlement i-Lab, en soignant les sections sur l’équipe, la stratégie de valorisation, le plan de développement et les impacts.​

  • OSO-AI devient Orikio et lance son expansion internationale au service du bien vieillir

    OSO-AI devient Orikio pour porter son IA à l’international 

    Suisse, Danemark et Japon

    Après plusieurs années de croissance, OSO-AI devient Orikio, une identité plus internationale, lisible et universelle. Ce changement de nom marque un tournant dans l’évolution de l’entreprise, qui a désormais pour objectif de porter son expertise au-delà du territoire français. Le nom conserve la dimension sonore, le cœur historique de la technologie, et s’adapte aux marchés européens et asiatiques visés par l’entreprise. Cet atout nourrit une stratégie internationale déjà en marche :

    • Suisse : premier équipement d’un établissement (Humilimont) dès 2024
    • Danemark : collaboration avec la municipalité de Vesthimmerland via le programme Interreg North Sea ACE (innovation pour le soin à domicile), depuis mai 2025
    • Japon : cible stratégique en raison du vieillissement extrême de la population, déjà engagée dans des tests et projets de référence.

    Des EHPAD aux établissements japonais : l’IA française convainc

    « Le passage d’OSO-AI à Orikio marque un tournant… Ce nouveau nom incarne notre ambition internationale et notre volonté d’apporter des solutions technologiques de pointe au service du bienvieillir, partout dans le monde. » déclare Olivier Menut, CEO et cofondateur d’Orikio. L’entreprise démontre qu’une IA française peut s’exporter avec pertinence dans les environnements médico-sociaux les plus variés, des EHPAD européens aux établissements japonais.

    Une oreille augmentée avec 150 sons détectés

    Derrière ce nouveau nom, la même technologie continue de convaincre. Un petit boîtier installé en quelques minutes, capable d’analyser les sons d’une chambre ou d’un domicile (40–45 m²), de détecter 150 types de sons différents liés à des situations anormales (vomissements, chutes, troubles respiratoires, cris…), puis de transmettre une alerte descriptive sur smartphone, accompagnée d’un extrait audio. Un dispositif devenu clé grâce à :

    • Une fiabilité très élevée.
    • L’acceptabilité supérieure à 8/10.
    • Une satisfaction proche de 9/10.
    • La réduction de la charge mentale.
    • Une meilleure priorisation des actions.
    • L’attractivité des établissements pour les soignants.

    Orikio se distingue surtout par sa capacité à fournir des alertes qualifiées, et non de simples signaux :« détresse respiratoire », « vomissements », « choc inquiétant », autant d’informations qui permettent une prise de décision rapide et ciblée.

    100 établissements déjà équipés en France

    Orikio mise sur la simplicité pour convaincre le terrain

    Le fonctionnement repose sur une logique SaaS, avec un abonnement autour de 60 € par boîtier par mois. Les établissements, souvent engagés sur des contrats de cinq ans, peuvent déployer les boîtiers dans toutes les chambres ou cibler des zones spécifiques (unités Alzheimer, espaces de circulation). Aujourd’hui, plus de 100 établissements en France utilisent la solution Orikio, dans les EHPADs, des foyers de vie et des structures pour personnes en situation de handicap, avec 3 500 chambres déjà équipées et une équipe d’une cinquantaine de collaborateurs, Orikio atteint l’équilibre financier et accélère son déploiement, notamment sur le domicile.

    La stratégie repose sur une conviction simple, si la technologie n’est pas simple à utiliser, elle ne sera pas utilisée. C’est pourquoi les paramétrages complexes, multimodes et solutions cumulatives ont été progressivement abandonnés pour ne conserver qu’un seul capteur, fiable, universel et parfaitement identifiable par les équipes de terrain.

    Une identité nouvelle pour accompagner l’ouverture au domicile

    Le changement de nom correspond également à une évolution : Orikio ne s’adresse plus seulement aux EHPADs et structures spécialisées, mais entre dans les domiciles. À Rennes, 30 personnes sont déjà accompagnées via une plateforme territoriale, avec une équipe disponible 24/7. Les résultats rejoignent ceux observés en établissement :

    • Acceptabilité élevée,
    • Quasi-absence de faux positifs,
    • Fort sentiment de sécurité pour les aidants,
    • Meilleure personnalisation du projet de vie.

    Dans certains cas, Orikio permet même aux équipes d’anticiper ou d’accompagner les derniers instants de vie, évitant les situations de découverte tardive un bénéfice inattendu mais profondément humain.

  • Santé mentale : reconduction en 2026 et promesse d’actions plus visibles selon Matignon

    La santé mentale restera la grande cause nationale en 2026, a annoncé Matignon le 27 novembre, à l’issue d’une réunion entre le ministre de la santé Sébastien Lecornu, la députée Stéphanie Rist, et l’ancien premier ministre Michel Barnier. Cette reconduction prolonge l’élan initié en janvier 2025, à l’issue d’une première annonce faite par Michel Barnier en septembre 2024.

    Matignon justifie cette décision par la nécessité d’aller plus loin. L’exécutif prévoit :

    • Un renforcement de la coordination interministérielle.
    • Un appui aux familles, aux associations et aux territoires.
    • Ainsi qu’une intégration plus systématique de la santé mentale dans toutes les politiques publiques.

    La seconde phase de cette grande cause devra, selon le gouvernement, se traduire par des actions « plus concrètes et plus visibles » :

    • Valorisation des initiatives locales.
    • Meilleure diffusion des ressources d’aide.
    • Et implication des écoles, entreprises et associations.

    Une volonté politique fragilisée par les changements de ministres

    Cette prolongation intervient une semaine après l’intervention de Michel Barnier devant la commission d’enquête parlementaire sur les défaillances des politiques publiques dans le champ de la santé mentale et du handicap. L’ancien premier ministre avait plaidé pour un prolongement d’un an, en pointant notamment la fréquence élevée des changements ministériels dans le champ de la santé.

    Des critiques persistantes sur l’ambition et les moyens

    Depuis le lancement de la grande cause nationale en 2025, des voix se sont élevées pour dénoncer un rythme d’action insuffisant. Selon le 3e baromètre santé-social de l’AMF et de la Mutualité Française, publié le 20 novembre, les indicateurs stagnent ou régressent deux ans après la précédente édition. Les améliorations sont donc toutes relatives.

    En juin dernier, le gouvernement avait pourtant présenté un plan pour mieux repérer et soigner les troubles psychiques et rendre la psychiatrie publique plus attractive. Toutefois, de nombreux professionnels de santé ont exprimé leur déception face à des mesures jugées incomplètes, tant sur le fond que sur les moyens financiers mobilisés.

  • Assises HU : les CHU gagnent en impact scientifique, mais alertent sur la concurrence internationale et la trajectoire budgétaire jugée intenable

    • Les CHU concentrent 60% des publications médicales françaises et 20% de l’ensemble des publications scientifiques du pays.​
    • Entre 2014 et 2023, ces productions ont augmenté de 20%, avec un indice de citations normalisées (ICN) passé de 1,25 à 1,63.
    • Déficit cumulé des CHU passé de 200 M€ en 2021 à 950 M€ en 2024, jugé intenable.​
    • Absentéisme dans les 32 CHU français à 8,47% fin août 2025, contre 8,55% en 2019.
    • Postes vacants de chefs de clinique-assistants approchent 5% au niveau national.
    • Effectifs hospitalo-universitaires reculent de 3% entre 2019 et 2024, malgré triplement du nombre d’étudiants formés.​

    À l’occasion de la conférence de presse d’ouverture des 19e Assises Nationales Hospitalo-Universitaires, Philippe El Saïr (Conférence des directeurs généraux de CHU), Isabelle Laffont (Conférence des doyens de médecine) et Rémi Salomon (Conférence des présidents de CME-CHU) ont présenté les six grands thèmes structurant cette édition :

    • Stabilité institutionnelle.
    • Recherche et innovation.
    • Attractivité des carrières.
    • Convergence territoriale.
    • Redressement financier et souveraineté sanitaire.

    + 20% publications médicales : une dynamique à préserver malgré la concurrence internationale

    Les CHU concentrent 60 % des publications médicales françaises et 20 % de l’ensemble des publications scientifiques du pays. En neuf ans, entre 2014 et 2023, ces productions ont augmenté de 20 %, avec une progression de leur impact mondial, mesuré par l’indice de citations normalisées (ICN) passé de 1,25 à 1,63. Au-delà des chiffres, les CHU revendiquent une ambition renouvelée en matière de collaboration avec les soins primaires et de valorisation des entrepôts de données de santé. Ils portent le projet SéData, une fédération des entrepôts de données hospitaliers, appuyée par des partenariats industriels, visant à structurer un socle commun d’accès à la donnée. L’objectif : renforcer la recherche, notamment en intelligence artificielle, à partir de données maîtrisées, de qualité, conservées sur le territoire.

    Innovation : le coût des progrès thérapeutiques questionne la soutenabilité

    L’innovation thérapeutique, portée pour partie par les CHU, soulève des inquiétudes quant à son coût. De nombreuses molécules onéreuses, par exemple en oncologie, augmentent fortement les dépenses hospitalières. Cette inflation interroge la soutenabilité du système et la capacité à garantir l’accès à l’innovation sans fragiliser les équilibres budgétaires. Les CHU, engagés dans des partenariats avec des entreprises du médicament et du numérique, demandent une réflexion sur la régulation des coûts, la pertinence des prescriptions et la souveraineté de la production, y compris sur les algorithmes d’IA utilisés en santé. L’appel à une production européenne de certains traitements, comme les CAR-T cells, est réitéré. Des algorithmes aident au diagnostic, à la lecture d’imagerie et à la robotique chirurgicale. L’intelligence artificielle soutient l’enseignement en évaluant les étudiants via des interfaces numériques. Elle analyse des données multiomiques pour une médecine personnalisée. Les CHU développent des partenariats avec des industriels pour l’innovation en médicaments et intelligence artificielle.​ 25% des CHU prennent des participations dans des startups. ​

    3 % de baisse des effectifs hospitalo-universitaires malgré un triplement du nombre d’étudiants

    L’absentéisme dans les 32 CHU français tombe à 8,47% fin août 2025, contre 8,55% en 2019. Le solde entrée-sortie s’améliore pour les infirmières avec un gain net fin août 2025.  La perte d’attractivité du modèle hospitalo-universitaire inquiète les responsables. Le nombre de postes vacants de chefs de clinique-assistants approche les 5 % au niveau national. En parallèle, les effectifs hospitalo-universitaires ont reculé de 3 % entre 2019 et 2024, alors que le nombre d’étudiants formés a triplé sur la période. Ce déséquilibre s’accompagne d’une perte de pouvoir d’achat de 19,6 % sur 30 ans pour les PU-PH et d’un manque de lisibilité des carrières. Les CHU demandent une refonte urgente du statut des jeunes universitaires pour garantir un vivier de futurs enseignants-chercheurs.

    Universitarisation des territoires : une stratégie concertée plutôt qu’une multiplication des structures

    Les responsables insistent ; il ne s’agit pas de multiplier les UFR ou les CHU, mais de territorialiser l’enseignement via des stages de cycle 2 et 3, et d’implanter des enseignants hospitalo-universitaires dans les territoires. Cette dynamique est jugée plus soutenable et cohérente avec l’exigence de qualité académique. Les CHU s’impliquent aussi dans la structuration des parcours de soins territoriaux via les postes partagés et la coordination avec les centres hospitaliers. En revanche, ils attendent un approfondissement de la politique des GHT, jugée inaboutie, ainsi qu’une réforme de la carte hospitalière pour une gradation des soins plus rationnelle.

    Déficit CHU à 950 millions d’euros

    Le déficit cumulé des CHU s’est creusé, passant de 200 M€ en 2021 à 950 M€ en 2024. Les revalorisations salariales du Ségur ont été en partie financées par des mécanismes inadaptés aux CHU, dont seulement 38 % des recettes proviennent de la tarification à l’activité. Un rapport commandé à l’IGAS aurait confirmé cette perte de recettes. La trajectoire budgétaire actuelle est jugée intenable. Les CHU plaident pour une politique active de prévention des pathologies chroniques, responsables de 70 % des dépenses de l’Assurance maladie, et pour une régulation renforcée de l’offre de soins sur les territoires.

    Souveraineté : des pénuries croissantes de médicaments courants

    La multiplication des pénuries de médicaments courants et le poids croissant des traitements très coûteux remettent à l’agenda la question de la souveraineté pharmaceutique. Les CHU plaident pour des capacités de production européennes communes, comme le font déjà certains pays (ex. l’Espagne pour les CAR-T cells). Sur le numérique, la dépendance aux fournisseurs industriels d’IA pose une question de contrôle, de coût et de confidentialité des données. Les CHU veulent promouvoir la création d’algorithmes en interne, à partir de données françaises, dans une logique de souveraineté technique et scientifique. Enfin, en matière de recherche et d’enseignement, la dépendance à des bases de données scientifiques non-européennes (PubMed, Web of Science) et le besoin de coalition entre acteurs européens et francophones sont présentés comme deux chantiers majeurs.