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  • 10 robots au cœur du bloc : 7 boostés par l’IA, 4 pilotés par l’humain

    Chirurgie mini-invasive, orthopédique et microchirurgie : 4 robots au service de 3 spécialités

    Da Vinci et Versius : les références de la chirurgie mini-invasive

    Parmi les systèmes les plus utilisés dans le monde, la gamme Da Vinci et le robot Versius se sont imposés comme des références en chirurgie mini-invasive. Leur précision millimétrique reproduit fidèlement les gestes du chirurgien, avec une visualisation 3D haute définition, assurant un confort et un accès facilité à des zones anatomiques complexes. Versius se distingue par sa modularité, chaque bras robotisé reposant sur un chariot indépendant, ce qui facilite son déploiement selon la configuration du bloc opératoire. Da Vinci limite les tremblements naturels du chirurgien.

    ROSA Knee, la personnalisation en orthopédie : ROSA Knee est un robot dédié à la chirurgie prothétique du genou. Grâce à une modélisation 3D personnalisée du genou du patient et à une assistance en temps réel via des capteurs de mouvements, ce robot garantit un positionnement précis des implants.

    Robots spécialisés en microchirurgie : Développé par Medical Microinstruments (MMI),le Symani Surgical System est une référence en microchirurgie et super-microchirurgie. Il utilise les instruments NanoWrist articulés, permettant une précision sur des structures fines comme les nerfs et les vaisseaux lymphatiques. Sa technologie réduit les tremblements et assure une stabilité pendant les opérations délicates telles que les reconstructions microvasculaires, lymphatiques ou neurologiques.

    IA au bloc opératoire : 6 robots, entre vision par ordinateur et machine learning

    2 robots basés sur la vision par ordinateur : assistances intuitives et guidage visuel

    Deux solutions reposent sur la vision par ordinateur pour interpréter en temps réel l’environnement chirurgical et guider les gestes. C’est le cas du Maestro System développé par Moon Surgical, pensé pour la chirurgie laparoscopique. Ce système propose un bras robotisé « en apesanteur » facilitant le contrôle fluide du laparoscope, éliminant les contraintes des pédales traditionnelles. Grâce à son module intelligent ScoPilot, le chirurgien bénéficie d’une navigation visuelle qui rend ses gestes plus précis et ergonomiques.

    Dans le même registre, mais orienté vers l’oncologie interventionnelle, Epione de Quantum Surgical utilise la vision par ordinateur pour cibler avec précision les tumeurs abdominales ou pulmonaires. Déjà en service dans des centres comme Gustave Roussy ou l’Hôpital Lyon Sud, cette technologie réduit les risques opératoires tout en garantissant la reproductibilité des gestes.

    4 robots basés sur la machine learning :  adaptation et guidage dynamique

    Ces systèmes se distinguent par leur recours aux algorithmes d’apprentissage automatique pour optimiser la planification préopératoire, adapter les mouvements en temps réel et standardiser les gestes chirurgicaux.

    • Le Robot Mako de Stryker, leader en orthopédie, combine un bras robotisé semi-actif à une modélisation 3D personnalisée de l’anatomie du patient. Par le biais d’algorithmes d’apprentissage, il surveille en temps réel la position des implants et ajuste les gestes pour limiter les traumatismes et réduire la convalescence. Il est utilisé dans plusieurs hôpitaux français, notamment l’Hôpital Saint-Joseph à Marseille et les Hospices Civils de Lyon (HCL).
    • En neurochirurgie, la plateforme SpinEM Robotics exploite des algorithmes d’apprentissage automatique pour optimiser le guidage des instruments lors de chirurgies vertébrales mini-invasives. eCential Robotics, quant à elle, combine bras robotisés, imagerie 2D/3D et navigation en temps réel pour reproduire fidèlement les gestes planifiés. Le résultat : une réduction de l’invasivité, des hospitalisations plus courtes et une sécurité renforcée pour le patient.

    Le futur hybride : simulation, jumeaux numériques et IA

    Certaines plateformes combinent robotique, simulation et IA pour offrir une approche intégrée. TaviPilot, développé par CARANX Medical, crée un jumeau numérique de l’anatomie du patient à partir d’images préopératoires. Cette simulation permet de planifier la procédure (choix du trajet, taille de valve, positionnement) avant le début de l’intervention. Pendant l’opération, le robot guide les instruments avec une précision millimétrique, sous la supervision du chirurgien.

     

    La recherche explore désormais la possibilité d’automatiser certaines interventions. Aux États-Unis, les laboratoires de Johns Hopkins et Stanford ont développé le Surgical Robot Transformer-Hierarchy (SRT-H), un robot capable d’effectuer une ablation de la vésicule biliaire de bout en bout, uniquement commandé par la voix. Grâce à un apprentissage par imitation conditionné par le langage, il planifie et ajuste ses mouvements en temps réel, réussissant tous les tests sur modèles porcins.

    Le Smart Tissue Autonomous Robot (STAR) suit cette même logique. Spécialisé dans la chirurgie des tissus mous, il utilise des caméras infrarouges pour modéliser en 3D la surface des organes et adapter automatiquement les sutures. En 2023, STAR a réalisé la première anastomose intestinale laparoscopique autonome, dépassant la précision d’une équipe humaine.

    1 mm d’incision, 1,8 mm de précision : le robot Dot ouvre la voie à la neurochirurgie ultra-minimale

    La robotique ne se limite pas aux blocs opératoires classiques. Dot, conçu par la start-up française Robeauté, illustre la miniaturisation avec un robot de seulement 1,8 mm, capable de naviguer dans le cerveau via une incision de 1 mm. Son guidage s’appuie sur l’IRM, les ultrasons et l’IA, ouvrant la voie à des biopsies cérébrales ou à l’implantation d’électrodes pour traiter la maladie de Parkinson ou l’épilepsie. Les premiers essais sur l’homme sont prévus en 2026.

  • Mini‑invasivité, télémanipulation et guidage par l’image, les cas d’usage de la robotique chirurgicale

    De la mini‑invasivité à la télémanipulation : les trois piliers de la robotique chirurgicale

    Les cas d’usage en robotique chirurgicale couvrent des spécialités telles que l’urologie, l’orthopédie, la chirurgie générale ou encore oncologique. Les bénéfices cliniques sont importants : réduction des complications, durées d’hospitalisation raccourcies, précision et ergonomie pour les chirurgiens. Les données retours d’expérience montrent que ces technologies ne sont plus des prototypes, mais bien des pratiques cliniques éprouvées.

    Les modalités d’usage de la chirurgie robotique reposent sur trois approches complémentaires :

    • La chirurgie mini‑invasive coelioscopique ou vidéoscopique : qui permet d’accéder à des zones anatomiques complexes avec de très petites incisions, ce qui réduit la douleur post‑opératoire, les pertes sanguines et accélère la récupération des patients.
    • La télémanipulation, grâce à des consoles robotisées, offre au chirurgien une vision 3D haute définition et une amplification des gestes, tout en filtrant les tremblements et en réduisant la fatigue musculaire, améliorant ainsi la précision et la sécurité du geste opératoire.
    • Enfin, la robotique guidée par l’image : elle permet un positionnement millimétrique des instruments et le suivi de trajectoires prédéfinies, garantissant un alignement optimal et limitant les risques d’erreur. Ensemble, ces modalités élargissent le champ des interventions possibles et optimisent les bénéfices cliniques.

    Robots chirurgicaux : Moins de conversions vers la chirurgie ouverte, moindre saignement et réduction des infections post-opératoires

    Urologie : plus de 18 000 procédures RARP réussies par le Dr Vipul Pate

    • Prostatectomie radicale robot‑assistée (RARP) : La prostatectomie robot-assistée est devenue le standard de soin aux États‑Unis, remplaçant progressivement la chirurgie ouverte et la laparoscopie classique. Le Dr Vipul Patel, du Global Robotics Institute (AdventHealth, Floride), a réalisé plus de 18 000 procédures RARP à ce jour. Une revue extensive de 12 000 cas opérés par Patel montre des taux de continence de 77 % à 6 semaines post-opératoires et de 92 % à un an, avec des marges chirurgicales positives faibles (~6 % pour les cancers T2).
    • Néphrectomie partielle robot‑assistée (RAPN) : Une méta-analyse incluant 17 677 patients compare la RAPN à la néphrectomie partielle ouverte (CPN). Résultat : perte sanguine significativement réduite, hospitalisations plus courtes et taux de complications inférieurs, tout en préservant la fonction rénale sans différence de survie à 5 ans. Pour les tumeurs endophytiques complexes, une revue portant sur 8 572 patients montre que la RAPN présente une durée opératoire plus longue et une perte sanguine légèrement accrue, mais sans différence substantielle sur les marges positives ou les récidives locales

    Chirurgie générale et gynécologie

    Les interventions comme colectomies, cœlioscopies, hernies ou chirurgie bariatrique sont fréquente en mode robotique. Malgré un coût amorti plus élevé, les bénéfices en termes de récupération en font une voie prometteuse. Des revues récentes confirment moins de conversions à la chirurgie ouverte, moins de saignement et moins d’infections Dans la prise en charge des pathologies gynécologiques bénignes et malignes, l’hystérectomie robotisée a montré un impact sur la réduction des complications post-opératoires et sur la rapidité du retour à domicile.

    Orthopédie et cancérologie viscérale : la robotique  réduit les risques opératoires

    Le système Mako permet une planification 3D très précise des arthroplasties de hanche ou genou, réduisant les erreurs de positionnement et améliorant les résultats patient. Les robots orthopédiques réduisent la douleur post-opératoire, les complications et facilitent une récupération plus rapide Les systèmes tels que CyberKnife ou Epione (développé en France) permettent des abordages mini-invasifs et ultra‑ciblés pour traiter des tumeurs du foie, du pancréas ou du rein. Grâce à l’imagerie en temps réel et à la compensation des mouvements respiratoires, ces robots préservent au maximum les tissus sains environnants. Les patients bénéficient ainsi d’une réduction du risque opératoire et de séjours hospitaliers plus courts.

    Neurochirurgie, ORL et transplantation  –  une extrême précision

    La robotique ouvre de nouvelles perspectives en neurochirurgie et en ORL. Des systèmes comme PRECEYES permettent d’atteindre une précision extrême pour les chirurgies de la rétine ou l’implantation cochléaire. Cette précision garantit une plus grande régularité opératoire et une meilleure sécurité pour des interventions jusque-là considérées comme extrêmement délicates, notamment chez les enfants et patients fragiles. Les premières transplantations rénales et pulmonaires réalisées entièrement par robot démontrent la faisabilité de ces procédures même dans des cas très complexes, comme chez les patients obèses ou présentant des antécédents chirurgicaux lourds. La mini‑invasivité de ces approches réduit le traumatisme chirurgical.

    Confort des chirurgiens, hospitalisation réduite et précision, les bénéfices cliniques de la chirurgie robot-assistée sont documentés

    La robotique fait ses preuves malgré un coût initial élevé

    Une méta‑analyse publiée dans PLOS ONE, comparant 27 essais randomisés, montre que ces interventions entraînent significativement moins de saignements que la laparoscopie conventionnelle. Une autre revue rapporte une réduction des complications sévères (7,0 % contre 10,1 % en laparoscopie), notamment des fuites anastomotiques, soit une baisse absolue de 3,1 %. Par ailleurs, plusieurs méta‑analyses confirment que la robotique permet une réduction systématique des séjours hospitaliers de 2 à 3 jours en chirurgie gastro‑entérologique, urologique et gynécologique. La précision est également augmentée: en orthopédie, le système Mako SmartRobotics améliore l’alignement des implants et réduit les risques mécaniques ou de luxation, tandis qu’en urologie, l’usage de la fluorescence infrarouge lors des néphrectomies partielles robotisées optimise la préservation des tissus sains.

    Du côté des praticiens, des études utilisant les scores NASA‑TLX et les mesures EMG montrent une réduction significative de la fatigue physique et cognitive grâce aux consoles ergonomiques. Enfin, l’analyse de 14 ans de données de la FDA révèle que l’autonomie conditionnelle robotisée favorise des gestes plus homogènes et reproductibles, posant les bases d’une standardisation opératoire plus solide.

    Items Bénéfices observés
    Saignement et transfusions Réduction significative
    Complications postopératoires Moins fréquentes, taux de réadmission réduit
    Durée d’hospitalisation Séjours raccourcis
    Précision technique Alignement optimal
    Fatigue opérateur Moins de thérapeutiques, meilleure ergonomie
    Consistance des gestes Moins de variabilité chirurgicale, meilleure reproductibilité

     

    Catégorie Actes chirurgicaux  Bénéfices observés
    Chirurgie mini‑invasive Prostatectomie, hystérectomie, chirurgie digestive, chirurgie cardiaque Incisions réduites, moins de douleurs et d’infections, cicatrices minimes, récupération rapide
    Chirurgie orthopédique Pose de prothèses de genou, hanche, épaule Alignement optimal des implants, meilleure mobilité, réduction des reprises chirurgicales
    Neurochirurgie Implantation d’électrodes (Parkinson), ablation de tumeurs, biopsies stéréotaxiques Précision millimétrique, protection des zones saines, accès à des zones complexes
    Chirurgie cardiaque et thoracique Pontages coronariens, réparation de valves, ablation de tumeurs pulmonaires Moins d’ouverture du thorax, précision des sutures, réduction des complications
    Chirurgie ophtalmologique Chirurgie de la rétine (ex. injections sous-rétiniennes) Mouvements ultra‑précis, sécurité accrue pour des gestes délicats
    Téléchirurgie Interventions à distance (ex. zones isolées, urgences) Accès aux soins spécialisés sans déplacer le patient, gain de temps vital
    Chirurgie pédiatrique / néonatale Interventions sur des organes miniatures ou en espaces très réduits Adaptation aux petits volumes, réduction du traumatisme chirurgical

     

    @ Health & Tech Intelligence

     

     

  • Hypertension : De nombreux cas d’usage existants mais peu de solutions utilisées en France

    L’hypertension artérielle (HTA) représente un enjeu de santé publique majeur en France avec près de 17 millions d’adultes concernés, dont plus de 6 millions ignorent encore leur maladie. Cette pathologie silencieuse, première maladie chronique du pays, demeure souvent diagnostiquée tardivement, entraînant chaque année 55 000 décès et générant des coûts substantiels pour le système de santé. L’émergence de solutions innovantes comme l’intelligence artificielle (IA), le diagnostic sans contact via caméra ou analyse vocale, ainsi que l’utilisation de jeux sérieux pour l’éducation thérapeutique, laisse entrevoir une nouvelle ère pour le dépistage et le suivi des hypertendus. Pourtant, malgré le potentiel de ces technologies à transformer la prévention et la prise en charge, leur intégration clinique se heurte encore à des limites de maturité, de validation et d’adoption à large échelle.

    📌Hypertension artérielle : 17 millions de Français concernés, plus de 6 millions ignorent leur maladie – l’enjeu du dépistage précoce

    En France, l’hypertension artérielle (HTA) touche près de 17 millions d’adultes, dont plus de 6 millions s’ignorent, alors qu’elle provoque chaque année 55 000 décès et génère plus de 2 milliards d’euros de coûts directs. Seuls 54,9 % des hypertendus connus sont traités et moins de 25 % ont une pression artérielle contrôlée, révélant une prise en charge insuffisante. Face à ce fardeau majeur de santé publique, les autorités misent sur l’exploitation du SNDS, l’utilisation de l’IA et la promotion de l’automesure pour améliorer le repérage et le suivi des patients à risque. Renforcer la prévention tout au long de la vie et généraliser l’éducation thérapeutique apparaissent essentiels pour enrayer l’essor silencieux de la maladie.

    👉 H&TI pose le contexte de l’hypertension en France via les principaux chiffres clés ici.

    📌Hypertension et intelligence artificielle : potentiel de révolution clinique freiné par des validations insuffisantes selon une synthèse de 19 études récentes

    Une analyse de 19 études publiées en 2025 montre que l’IA révolutionne la détection précoce, le diagnostic et la personnalisation du traitement de l’hypertension, grâce à des outils de prédiction par ECG ou objets connectés, et des régimes adaptés au profil patient. Des modèles prédictifs détectent désormais la maladie avant les symptômes et améliorent le suivi, en particulier dans des formes complexes comme l’hypertension pulmonaire ou intracrânienne. Cependant, moins de 20% des études respectent les critères de validation internationale, limitant le passage à la clinique. Le manque de validation externe, de transparence et de reproductibilité reste un frein majeur à une intégration responsable de l’IA dans la prise en charge de l’hypertension.

    👉 H&TI dresse une revue de la littérature sur la question de l’utilisation de l’IA pour l’hypertension ici.

     

    📌Hypertension artérielle :  La révolution des diagnostics sans contact

    L’hypertension artérielle touche environ 17 millions d’adultes en France, soit un sur trois, et reste la première maladie chronique du pays, souvent découverte trop tardivement. De nouvelles technologies émergent : voix analysée par IA, vidéo du visage, objets connectés ou radars Doppler, permettant désormais un dépistage discret, continu et sans contact, déjà validé cliniquement pour certains dispositifs. Grâce à ces innovations, il devient possible d’élargir la prévention à domicile ou à distance, notamment auprès des patients mal suivis ou dans des déserts médicaux. Ces outils, capables de délivrer des centaines de mesures hebdomadaires et d’intégrer d’autres paramètres de santé, préfigurent une surveillance personnalisée et prédictive qui pourrait changer la donne pour les 8 millions de décès mondiaux attribuables chaque année à l’HTA

    👉 H&TI analyse l’émergence de méthodes diagnostiques innovantes ici.

     

    📌AGIR : Un serious game pour lutter contre l’hypertension

    En France, l’hypertension touche près de 17 millions d’adultes, face à ce constat, la plateforme gratuite et innovante « AGIR pour sa tension » propose aux patients de relever chaque jour vingt défis validés scientifiquement pour réduire leur tension, en récompensant chaque geste par des Points Artériels (PA), jusqu’à 4,000 PA pour la prise du traitement sans oubli. Ce parcours ludique vise à encourager la motivation, facilite le dépistage via l’automesure, et permet un accompagnement personnalisé grâce à l’application SuiviHTA. Ancrée dans l’approche scientifique, AGIR rend la prévention concrète et accessible, et s’intègre durablement dans la routine pour améliorer l’autonomie et les résultats des patients hypertendus

    👉 H&TI vous en dis plus sur cette plateforme ici.

     

    📌IA et Hypertension Artérielle : seuls 1 cas déployé sur 16 en France, la maturité technologique reste faible

    En France, bien que 16 cas d’usage de l’intelligence artificielle appliqués à l’hypertension artérielle aient été recensés, la quasi-totalité demeure au stade de développement, la majorité n’atteignant pas le niveau TRL 5 (preuve de concept ou démonstration clinique). Un seul cas d’usage, la mesure de la tension par caméra (rPPG), est déployé à l’hôpital et en ambulatoire, avec certification CE et premiers usages en télémédecine. Les performances de l’IA restent pourtant prometteuses, notamment dans la détection précoce de l’hypertension (AUC jusqu’à 0,99), l’analyse vocale (jusqu’à 84% d’exactitude chez les femmes) ou la personnalisation des traitements, mais leur impact clinique concret est encore limité par le manque d’outils intégrés et validés dans les parcours de soins. À ce jour, la France accuse un retard de maturité et d’intégration par rapport à certains pays où plusieurs modèles sont largement testés ou utilisés en routine clinique

    👉 H&TI vous livre son analyse sur les différents niveaux de maturité des cas de l’usage de l’IA pour l’hypertension ici.

     

    📌Hypertension : l’IA révolutionne le dépistage en combinant caméra, rétine et signal vocal, avec des bénéfices mesurables pour la santé publique

    Grâce à l’intelligence artificielle, le dépistage de l’hypertension artérielle bascule dans une nouvelle ère : des selfies vidéo fournissent en moins de 40 secondes des mesures précises, tandis que l’analyse d’images rétiniennes permet d’augmenter la capacité de dépistage de 50 % et de réduire les coûts de 30 %. Les solutions connectées, validées cliniquement, facilitent le suivi à domicile et l’observance thérapeutique, avec des économies allant jusqu’à 2 000$ par an. L’IA vocale détecte l’HTA avec une précision de 84 % chez les femmes et 77 % chez les hommes, ouvrant la voie à des diagnostics non invasifs à large accès. Enfin, la combinaison du deep learning et du NLP accélère l’analyse médicale et optimise les stratégies de prise en charge, face à une maladie touchant près d’un adulte sur trois

    👉 H&TI fait l’inventaire des solutions d’IA existantes ici.

    Visuel de synthèse de l’étude H&TI sur l’hypertension
  • Recherche clinique : comment le projet CAIR met en place une nouvelle génération d’essais cliniques augmentés par les données de vie réelle ?

    Utiliser les données de vie réelle et créer des patients virtuels pour les essais cliniques

    Alors que l’essai clinique randomisé (RCT) reste l’étalon-or pour démontrer l’effet causal d’un traitement, il reste long, coûteux, contraignant, et parfois inadapté aux réalités cliniques, notamment dans le cas des maladies rares, des traitements personnalisés ou des populations difficiles à recruter. C’est dans ce contexte que les données de vie réelle viennent bousculer les approches classiques, en offrant des opportunités pour réduire les contraintes logistiques sans sacrifier la rigueur scientifique. Mais pour cela, encore faut-il que ces données puissent être intégrées de façon méthodologiquement robuste.

    Le projet CAIR (pour “causalité, algorithmes, innovation, réduction’), porté par le professeur Yohann Foucher au CHU de Poitiers, récemment choisit comme lauréat de l’AAP “Inserm Messidor 2024” s’attaque à cette rigidité en explorant une voie hybride : enrichir les bras contrôles des essais cliniques par des données réelles, sélectionnées et modélisées pour en faire des “patients virtuels”. Ces patients, extraits ou simulés à partir de bases existantes comme les entrepôts de données de santé (EDS), permettraient de réduire la taille des groupes témoins tout en conservant la comparabilité requise pour une analyse causale solide.

    Utiliser des données externes, mais sous conditions :

    La promesse est séduisante, mais techniquement ardue. Les données issues des soins courants ne bénéficient pas du tirage au sort comme dans un essai clinique, qui garantit que les groupes de patients sont comparables dès le départ, en répartissant au hasard les profils selon des critères comme l’âge, la gravité de la maladie ou les antécédents médicaux. Ces données sont souvent marquées par des biais. Par exemple, certains traitements sont prescrits à des patients plus graves, ou dans certains hôpitaux seulement. Ces biais de sélection, d’indication ou de pratique peuvent rendre les comparaisons trompeuses. Le projet CAIR vise justement à corriger ces écarts, pour intégrer ces données de manière rigoureuse dans les essais cliniques.

    Concrètement, l’équipe développe des algorithmes de prédiction de l’évolution des patients sous traitement standard, afin de générer des bras témoins “virtuels” robustes. Ces modèles sont d’abord testés sur des jeux de données simulées : une stratégie classique mais efficace pour valider des outils lorsque l’effet réel du traitement est connu. Ensuite, ces méthodes seront appliquées à un cas concret : la réanalyse de l’essai Prophyloxitin, portant sur la prévention des infections post-opératoires en chirurgie colorectale, en mobilisant les données issues de l’EDS du CHU de Poitiers.

    Une approche pluridisciplinaire et distribuée

    L’originalité de CAIR réside aussi dans sa gouvernance scientifique. Trois pôles académiques sont mobilisés autour de méthodologies distinctes mais complémentaires :

    • Poitiers, avec l’expertise du professeur Foucher en statistique causale et modélisation prédictive ;

    • Toulouse, qui explore les apports de l’apprentissage par renforcement ;

    • Bordeaux, qui mobilise les modèles mécanistiques pour prédire la réponse thérapeutique à partir de biomarqueurs.

    Cette convergence entre statistique, intelligence artificielle et modélisation biomédicale marque une évolution stratégique dans la manière dont la France articule ses compétences en santé numérique. Elle témoigne aussi d’un mouvement de fond : les données de santé, une fois rendues interopérables, tracées et exploitables, ne sont plus seulement un outil de pilotage hospitalier ou de veille épidémiologique. Elles deviennent un levier scientifique.

    Vers une recherche plus rapide, plus éthique, plus pertinente :

    Ce que propose CAIR n’est pas une simple optimisation logistique des essais cliniques. C’est un véritable changement de paradigme, qui pourrait transformer en profondeur la relation entre la recherche et le soin courant. En intégrant les données de vie réelle au cœur même de l’évaluation thérapeutique, le projet répond à plusieurs impératifs croissants : il vise à accélérer l’accès aux traitements innovants, à réduire les coûts et la durée des essais, tout en limitant l’exposition des patients à des traitements potentiellement moins efficaces imposés par tirage au sort. À terme, ce type d’approche pourrait devenir structurant pour les essais dits adaptatifs, les études menées en situation de crise sanitaire — comme lors de la pandémie de Covid-19 — ou encore pour les évaluations post-AMM, dans une logique de réévaluation continue du rapport bénéfice-risque.

    Le projet CAIR confirme une tendance de fond : les entrepôts de données hospitaliers (EDS) ne sont plus de simples réservoirs de dossiers patients. Ils deviennent des acteurs actifs de la production de preuves cliniques, à condition d’être correctement gouvernés, enrichis, et articulés à la recherche académique. Le soutien explicite de la direction et de la CME du CHU de Poitiers à ce projet illustre une prise de conscience stratégique : la donnée de santé est désormais un actif scientifique.

  • Santé numérique : comment le Rwanda, le Sénégal et l’Afrique du Sud posent les bases d’un modèle continental ?

    On observe une forte dynamique de numérisation de la santé au au Rwanda, au Sénégal et en Afrique du Sud. Ces derniers investissent notamment dans la généralisation des dossiers médicaux électroniques, le développement de la télémédecine et l’adaptation des infrastructures. L’Afrique Du Sud possède même un ecosystème healthtech développé avec près de 200 strat-ups. L’étude d’HTI sur la santé numérique en Afrique subsaharienne à travers trois pays abordent trois sujets principaux : la gouvernance et les stratégies nationales, qui assurent coordination et cadre réglementaire adaptés ; l’accès et les inégalités, soulignant les disparités urbain-rural et la nécessité d’inclusion numérique ; et l’innovation technologique, avec le déploiement d’applications multilingues, l’intelligence artificielle et les défis d’interopérabilité et de cybersécurité. Le succès dépend avant tout de la volonté politique, appelant à mutualiser les infrastructures et renforcer la réglementation pour garantir un système de santé numérique efficace, équitable et durable.

    📌Santé numérique en Afrique subsaharienne : le Rwanda, le Sénégal et l’Afrique du Sud accélèrent la transformation grâce à la connectivité et à l’innovation

    Le Rwanda, le Sénégal et l’Afrique du Sud se distinguent par des avancées majeures en santé numérique, portées par des stratégies nationales ambitieuses et des investissements dans la connectivité. Au Rwanda, 99 % du territoire est couvert en 4G et plus de 45 000 agents de santé sont connectés, tandis que l’Afrique du Sud affiche plus de 75 % de taux d’accès à Internet et observe une hausse du taux de vaccination des nourrissons à 89 % grâce à des outils comme MomConnect. Le Sénégal, avec 58 % d’internautes et plus de 114 % de taux de pénétration mobile, déploie un dossier patient numérique national et multiplie les solutions de télémédecine. Malgré des défis persistants (inégalités d’accès, formation, financement), ces pays montrent que la santé digitale peut améliorer l’efficacité, la qualité des soins et l’équité d’accès, tout en posant les bases d’une transformation durable du secteur

    👉 H&TI dresse l’états des lieux de la santé au Rwanda, au Sénégal et Afrique Du Sud ici.

    📌Afrique du Sud : 200 start-ups et 1 milliard de rands investis pour une santé numérique inclusive

    L’Afrique du Sud s’impose comme le leader africain de la santé numérique avec plus de 200 start-ups medtech, 1 milliard de rands investis depuis 2020 et plus de 3 millions de patients déjà enregistrés sur des dossiers médicaux électroniques. Grâce à des applications traduites en 11 langues et à une couverture mobile de 65 % en zone urbaine, près de 30 millions de consultations mHealth ont été réalisées en 2024, couvrant VIH, tuberculose et vaccination. L’écosystème, soutenu par des incubateurs comme mLab et BioPark, favorise l’innovation et l’inclusion, même si l’accès rural reste limité à moins de 30 % et que la cybersécurité, la formation et l’infrastructure demeurent des défis majeurs. L’objectif national est d’atteindre une interopérabilité totale du système de santé d’ici 2025, posant un modèle pour tout le continent.

    👉H&TI dresse le panorama des acteurs de la santé numérique en Afrique Du Sud ici.

    📌Sénégal : 36 milliards FCFA pour unifier et sécuriser la santé numérique d’ici 2025

    Le Sénégal mobilise 36 milliards FCFA pour structurer un système de santé numérique encore fragmenté, avec plus de 50 projets dont 22 ciblent principalement la santé maternelle et infantile mais manquent d’interopérabilité. Le Plan Stratégique Santé Digitale (PSSD) prévoit l’interconnexion des structures sanitaires, la généralisation du dossier patient unique, la digitalisation de la couverture maladie universelle et la formation des professionnels. Un cadre juridique renforcé et une meilleure coordination entre ministères, agences et ONG sont cruciaux pour atteindre ces objectifs. Actuellement, l’offre reste éclatée, les coûts numériques élevés et les infrastructures inégalement réparties sur le territoire.

    👉H&TI analyse la stratégie de santé numérique du Sénégal ici.

    📌Rwanda : huit leviers numériques clés pour transformer et moderniser le système de santé national d’ici 2029

    Le Rwanda vise à digitaliser intégralement son système de santé public d’ici fin 2025, avec 8 priorités ministérielles incluant un portail d’assurance maladie, une application citoyenne et la plateforme e-Ubuzima, déjà adoptée dans 15 districts, plus de 60 hôpitaux et 500 centres de santé. Ce dispositif promet une synchronisation en temps réel des données médicales et des rendez-vous via mobile, facilitant l’accès pour une population de 14 millions d’habitants. L’objectif est d’équiper plus de 520 centres de santé de 25 ordinateurs chacun, tout en renforçant les compétences numériques du personnel. Malgré des défis d’infrastructure et un taux de pénétration internet de 34 %, la stratégie s’accompagne d’un hôpital virtuel et d’initiatives ciblées pour la lutte contre les maladies majeures et l’amélioration de la qualité des soins

    👉Découvrez tous les aspects numérique de la stratégie quinquennal du Rwanda pour son système de santé ici.

    📌Santé numérique en Afrique : Sénégal, Rwanda et Afrique du Sud accélèrent la structuration de leurs cadres réglementaires pour l’IA et les DTx

    Le Sénégal, le Rwanda et l’Afrique du Sud renforcent leurs exigences réglementaires pour l’accès au marché de la santé numérique, imposant des procédures strictes pour les dispositifs médicaux et les technologies d’IA ou DTx. Au Sénégal, l’autorisation de mise sur le marché nécessite au minimum 45 jours et une homologation, tandis que le Rwanda et le Sénégal ont atteint en 2024 le niveau de maturité 3 de l’OMS, gage de qualité de leurs processus réglementaires. En Afrique du Sud, la conformité à la loi POPIA sur les données personnelles et la certification SAHPRA sont obligatoires, dans un contexte où 98,8% de la population urbaine bénéficie de la 4G, mais où l’accès rural reste limité. Aucun des trois pays ne dispose encore de loi spécifique sur l’IA en santé, mais tous préparent des cadres législatifs nationaux, ouvrant des opportunités pour les acteurs étrangers tout en exigeant une adaptation constante aux évolutions locales

    👉 H&TI décrit les modalités de la réglementation et de l’accès au marché de la santé numérique au Rwanda, Sénégal et Afrique Du Sud ici.

    📌Santé numérique en Afrique : 17,75% de digitalisation, mais des champions et de fortes disparités selon IQVIA

    La digitalisation des systèmes de santé africains progresse, atteignant un taux de 17,75%, mais reste très inégale selon les pays, avec le Rwanda, le Maroc et l’Afrique du Sud en tête du classement IQVIA. Le mobile, dont la pénétration atteint 80% à 90%, constitue un levier majeur pour l’accès aux soins, notamment dans les zones rurales. Le rapport souligne que la réussite dépend avant tout de la volonté politique et de la gouvernance, plus que du niveau de richesse, et alerte sur le risque de fragmentation faute d’harmonisation des politiques publiques. L’Afrique, qui comptera 26% de la population mondiale d’ici 2050, doit mutualiser ses infrastructures et renforcer l’intégration des dossiers patients électroniques pour répondre à la montée des maladies chroniques et garantir la pérennité des innovations numériques

    👉 H&TI analyse les enseignements pour l’Afrique subsaharienne du rapport IQVIA sur la santé numérique en Afrique ici.

  • Sénégal : 36 milliards FCFA pour structurer une santé numérique encore fragmentée

    • 22 solutions numériques concentrées sur la santé maternelle et infantile.
    • 36 milliards FCFA mobilisés pour le déploiement du numérique en santé d’ici 2025.
    • Plus de 50 projets non interopérables recensés dans le pays.
    • Interconnexion des structures sanitaires et généralisation du dossier patient prévues.
    • La Banque africaine évoque fragmentation, absence de coordination et cadre juridique incomplet.
    • Formation et montée en compétences du personnel de santé comme priorité nationale.

    36 milliards FCFA pour déployer télémédecine et CMU numérique d’ici 2025

    Le Sénégal s’est doté en 2018 d’un Plan Stratégique Santé Digitale (PSSD) qui vise à intégrer les technologies de l’information et de la communication dans l’organisation et la délivrance des soins. Cette stratégie, pilotée par le ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS), s’inscrit dans le cadre du Plan Sénégal Numérique 2025 et du Plan Sénégal Émergent. Doté d’un budget estimé à 36 milliards FCFA, le PSSD vise quatre objectifs prioritaires :

    • Déployer télémédecine et de la m-santé (mobile).
    • Numériser la couverture maladie universelle (CMU).
    • Renforcer les compétences des professionnels.
    • Améliorer la gouvernance sanitaire grâce aux données.

    50 initiatives non interopérables : Le Sénégal vise l’interconnexion des structures et la généralisation du dossier patient

    Le PSSD prévoit l’interconnexion de toutes les structures sanitaires au réseau fibre national, la généralisation des dossiers patients informatisés et le recours au cloud pour la sécurisation des données médicales. Ce déploiement doit s’appuyer sur les opérateurs télécoms et l’Agence de l’Informatique de l’État (ADIE). La question du coût des services numériques, toujours élevé, reste un obstacle à l’universalisation de l’accès aux soins par le numérique.

    Le Sénégal a identifié le manque de coordination et l’absence de normes communes comme freins : plus de 50 initiatives e-santé non interopérables sont recensées dans le pays. Le PSSD propose la création d’un Comité de pilotage interministériel présidé alternativement par les ministères de la Santé et de l’Économie numérique, et la mise en place d’un Comité technique mixte experts santé/numérique. La Cellule de la Carte sanitaire et sociale, de la santé digitale et de l’observatoire de la santé (CSSDOS) assure la coordination opérationnelle.

    Encadrement des données de santé et montée en compétences : deux chantiers du PSSD

    Le cadre juridique sénégalais sur la protection des données personnelles, déjà existant, doit être renforcé pour couvrir spécifiquement les actes médicaux à distance, la gestion des dossiers patients et l’usage des dispositifs médicaux connectés. Un groupe thématique, adossé à la CSSDOS, est chargé de cette évaluation et de l’élaboration des textes nécessaires.

    La pénurie de professionnels de santé particulièrement en milieu rural représente un frein. Le PSSD prévoit un plan de développement des compétences TIC pour les professionnels, l’intégration d’experts en gestion des données et en infrastructures numériques dans les établissements de santé, ainsi que la formation continue via l’e-learning. L’objectif est aussi de favoriser l’adhésion des personnels à l’évolution numérique des pratiques.

    Les députés formés en vue d’une loi-cadre sur la santé numérique et la télémédecine

    Du 22 au 24 avril, un atelier parlementaire soutenu par ENDA Santé et l’Agence Sen-CSU a réuni les députés pour préparer l’adoption d’une loi-cadre encadrant la santé numérique. Inspiré de la proposition internationale Transform Health, le texte vise à réglementer gouvernance des données, télémédecine et protection des données médicales. Portée par la coalition Transform Health Sénégal, cette initiative s’inscrivait dans le Plan stratégique santé digitale du pays, prévoyant d’intégrer les technologies numériques aux pratiques médicales, de normaliser les outils et de réduire les inégalités d’accès aux soins. Le Dr Papa Djibril Ndoye (ENDA Santé) avait rappelé la nécessité d’un cadre juridique, conforme aux standards internationaux. L’atelier visait à outiller les parlementaires pour structurer un développement numérique sécurisé et accessible à tous.

    Le Sénégal priorise télésanté, m-santé et digitalisation de la CMU

    Le Sénégal vise la cartographie et l’évaluation des initiatives existantes pour assurer leur intégration dans une stratégie unifiée. La priorité est donnée à la télésanté, au mobile santé (m-santé), à la digitalisation de la CMU et au développement de plateformes partagées pour le suivi des patients, la gestion administrative et la collecte des données sanitaires. L’éclatement des projets, les carences en infrastructures, le coût élevé des services numériques et le manque de ressources humaines spécialisées compromettent une mise en œuvre rapide et homogène. La réussite du PSSD dépendra de la capacité des acteurs institutionnels et privés à coordonner leurs efforts.

    Des expérimentations encourageantes

    Si le Sénégal parie sur le numérique pour élargir l’accès aux soins, une étude de la Banque africaine de développement souligne que seules des réformes systémiques permettront une réelle avancée vers la couverture santé universelle (CSU).

    Face à des systèmes de santé sous-financés et inégalement accessibles, le numérique suscite des attentes en Afrique. Au Sénégal, les initiatives de santé mobile, télémédecine ou dématérialisation des paiements se multiplient, à l’image de la plateforme SUNUCMU ou du programme Cellal e Kisal dans le sud du pays. La santé mobile permet de contourner certaines limites d’infrastructures, de pallier la pénurie de personnels et d’améliorer la remontée des données. Toutefois, ces projets restent souvent à l’échelle pilote et peinent à être étendus à l’échelle nationale. L’indice CSU moyen en Afrique reste faible (48/100), bien en deçà de la moyenne mondiale (66/100). Le Sénégal, malgré une dynamique portée par son Plan Sénégal Émergent (PSE), reste confronté aux mêmes enjeux : dépenses de santé limitées (10 % du budget public), inégalités d’accès aux infrastructures et disparités territoriales. La croissance rapide du taux de couverture 3G (79 % en 2019 en Afrique subsaharienne) et l’explosion de la téléphonie mobile ouvrent des perspectives favorables.

    22 solutions de santé numérique identifiées mais peu intégrées au système national, selon Dimagi

    Dans son rapport intitulé ; Analyse du paysage numérique des technologies de la santé au Sénégal, Dimagi (entreprise sociale américaine spécialisée dans le développement de solutions technologiques pour la santé publique et le développement international) recense 22 solutions dans le domaine de la santé numérique au Sénégal, principalement concentrées ; 

    • Sur la santé maternelle.
    • Infantile.
    • Reproductive.
    • Et les maladies chroniques.

    Ces solutions, soutenues majoritairement par des ONG et des partenaires de développement, ont démontré une efficacité ponctuelle en améliorant le suivi médical et l’accès aux soins, notamment dans les zones rurales. Cependant leur mise en œuvre en silos, sans harmonisation ni cadre réglementaire, limite leur interopérabilité et leur intégration au système national de santé. 

    L’analyse met en évidence une offre insuffisante d’outils numériques dédiés à la gestion des maladies chroniques, tropicales négligées et à la nutrition. L’absence de registre national pour ces pathologies, notamment pour les maladies tropicales négligées, entrave la collecte et l’analyse des données nécessaires à l’élaboration de stratégies sanitaires. Le déploiement de solutions de télémédecine reste limité. Les applications recensées concernent principalement la formation des professionnels via des plateformes e-learning, alors que l’offre clinique reste embryonnaire. 

    Recommandations : mutualisation et extension des solutions 

    Le rapport recommande l’adaptation et la montée en charge de deux solutions locales : 

    • E-Kessal Cellal (ONG AMREF), qui couvre le dossier patient, diagnostic, télémédecine et formation.
    • Saving Live at Birth (Aar Leen) (ONG Africare), qui facilite le suivi des grossesses grâce à une plateforme mobile multilingue.

    À l’international, plusieurs solutions sont identifiées : 

    • Approche intégrée du E-Diagnostic (IEDA), développée avec le ministère de la Santé pour appuyer la prise en charge des maladies infantiles.
    • Data Santé Mali, facilitant le partage de dossiers patients au sein des centres de santé.
    • TT Tracker, application mobile pour le suivi des patients opérés du trachome.
    • Anemiapp, outil de gestion de la drépanocytose en République démocratique du Congo, adaptable aux maladies chroniques sénégalaises.

    DPUP : simplifier les parcours, sécuriser les données, personnaliser les soins

    Porté par Eyone Medical et le Ministère de la Santé, le Dossier Patient Unique Partagé (DPUP) vise à centraliser les données médicales des patients sénégalais pour améliorer la coordination des soins. Accessible aux professionnels de santé, ce dossier numérique regroupe prescriptions, antécédents et analyses afin de simplifier les parcours, renforcer la sécurité des informations et personnaliser les prises en charge. Mais la centralisation des données doit permettre une meilleure planification des politiques de santé publique.

    Le projet mise sur la protection des données, avec un contrôle strict des accès, et entend rationaliser la gestion des ressources en remplaçant les dossiers papier. Intégré au Plan Stratégique Santé Digitale, il s’inscrit dans la stratégie nationale de modernisation du secteur, avec l’objectif affiché d’accélérer la couverture santé universelle

    La Banque africaine pointe l’absence de coordination, un manque d’interopérabilité et de cadre juridique

    Plusieurs freins persistent : absence de coordination entre initiatives, plateformes non interopérables, coûts élevés des services numériques, manque de connectivité en zone rurale, faible alphabétisation numérique et lacunes dans la formation des professionnels de santé. Le cadre réglementaire, notamment pour la protection des données médicales, reste en chantier malgré un projet de loi de 2019.

    Selon la Banque africaine de développement, le Sénégal doit avant tout structurer une stratégie numérique transversale, intégrant les différents ministères concernés et les opérateurs technologiques. L’amélioration de la coordination, du suivi-évaluation des projets et la mobilisation de financements pérennes sont jugées prioritaires. La formation initiale et continue des personnels de santé, l’inclusion des langues locales dans les outils numériques et le renforcement du cadre juridique figurent aussi parmi les recommandations essentielles.

    @ Health & Tech Intelligence
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  • Levées de fonds du second semestre : 191,1 millions de financement, +76% par rapport au T1 2025

    Au T2 2025, le montant des levée de fonds a significativement augmenté, à 191,1 millions d’euros soit une augmentation de 76 % par rapport au semestre précédent. Ce trimestre est portée par l’essor de l’IA qui concentre 96% des investissements notamment via Nabla et Wandercraft qui ont respectivement levés 60 et 65,5 millions d’euros. Du côtés des opérations financières hors levée de fonds on relève le rachat de Life & Soft par SeqOne et les difficultés rencontré par Carmat (cessation de paiement), Livmed’s (redressement judiciaire) et Quantum Genomics (liquidation) illustrent les difficultés de financement persistantes. Du côté de l’actualité des levée de fonds de la healthtech on relevera également la création d’un fond fonds dédié à la santé des femmes par la région Ile-De-France et la publication du rapport de Karista sur les fonds d’investissements dédiés à la santé numérique.

    📌Les investissements en healthtech française atteignent un record au T2 2025 grâce à l’essor de l’IA et de la robotique

    Au deuxième trimestre 2025, les levées de fonds dans la healthtech française ont connu une progression spectaculaire de 76%, atteignant un niveau record, principalement sous l’impulsion des innovations en intelligence artificielle et en robotique. Ce dynamisme s’explique par l’intérêt croissant des investisseurs pour les solutions technologiques de santé, qui représentent désormais une part majeure des financements du secteur. Les start-up spécialisées dans l’IA médicale et la robotique chirurgicale concentrent la majorité des capitaux, traduisant une confiance renouvelée dans le potentiel de transformation du système de santé. Cette tendance confirme la place de la France parmi les leaders européens de la healthtech, avec des montants investis en forte hausse par rapport à l’an passé.

    👉L’analyse détaillée des montants des levée de fonds du trimestre par secteurs et technologies est à retrouvé ici.

    📌Medtech françaises : entre expansion internationale et crise de trésorerie au T2 2025

    Au deuxième trimestre 2025, le secteur français des medtechs se distingue par une forte dynamique de consolidation, illustrée par l’acquisition de Life & Soft par SeqOne, qui double son portefeuille à 140 laboratoires clients et s’étend dans plus de 20 pays. Aqemia renforce sa R&D sur l’ARN grâce à une subvention de 7,4 M€, tandis que Gleamer, après 37 M€ levés, envisage une cession industrielle. À l’inverse, Carmat, qui a brûlé près de 450 M€ en douze ans, et Livmed’s, en redressement judiciaire, peinent à sécuriser leur financement, tout comme Quantum Genomics, désormais en liquidation. Ce panorama reflète un secteur en recomposition, tiraillé entre innovations, levées de fonds sélectives et pressions financières croissantes.

    👉H&TI analyse le détails des fusion-acquisition et des faillites de la e-santé de ces trois derniers moi ici.

    📌Nabla et Wandercraft dynamisent les levées de fonds du numérique en santé au T2 2025, mais la concentration des investissements freine la croissance globale

    Au deuxième trimestre 2025, les entreprises françaises du numérique en santé ont levé 191,1 millions d’euros, dépassant les 164,75 millions d’euros du T2 2024, principalement grâce à Nabla (60 M€) et Wandercraft (65,5 M€) qui totalisent à eux seuls 125,5 millions d’euros. Malgré ces performances, seules cinq entreprises ont franchi le cap des 10 millions d’euros au S1 2025, contre onze l’an passé, illustrant une forte concentration des financements. Le montant global levé au S1 2025 (299,6 M€) reste inférieur à celui du S1 2024 (335,45 M€), et bien loin du record de 2022 porté par Doctolib et DNA Script. À noter, une seule levée de fonds inférieure à 1 million d’euros a été enregistrée ce semestre, contre quatre l’an dernier, marquant une polarisation accrue des investissements sur quelques acteurs majeurs.

    👉H&TI dresse la panorama de l’intégralité des levées de fon du second semestre ici.

    📌FemTech : l’Île-de-France lance le premier fonds d’investissement pour la santé des femmes, un secteur en plein essor

    En 2025, la France compte 170 startups Femtech, affichant une croissance de 21 % en un an, mais le secteur reste sous-financé avec des besoins estimés à 93 millions d’euros. La Région Île-de-France vient de créer le premier fonds français dédié à la santé féminine, doté de 5 millions d’euros et visant 40 millions à terme, pour soutenir l’innovation sur des priorités majeures comme l’endométriose, la fertilité, la ménopause et la cardiologie féminine. Malgré le dynamisme du secteur – 39 % des startups ont doublé leur chiffre d’affaires entre 2023 et 2024, 18 % dépassent le million d’euros de revenus – moins de 10 % des fonds publics de recherche en santé leur sont alloués. Ce fonds régional, co-construit avec Femtech France, ambitionne de structurer l’écosystème, d’accélérer l’accès au marché et de positionner la France parmi les leaders européens de l’innovation en santé des femme

    👉H&TI analyse les implication de l’annonce de la création du fond Femtech ici.

    📌L’Europe triple ses fonds en santé digitale et capte 32% des investissements mondiaux en 2025

    En quatre ans, le nombre de fonds actifs en santé digitale en Europe a bondi de 84 à 254, soit une hausse de 202%, accompagnant l’essor de plus de 3 800 startups sur le continent. Au premier trimestre 2025, 2,1 milliards de dollars ont été investis en Europe, représentant déjà près de la moitié du total annuel 2024 et propulsant la part européenne à 32% des investissements mondiaux, contre 19% l’an passé. Les fonds early-stage dominent (60% des acteurs, 80% chez les nouveaux entrants), tandis que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne concentrent les pôles d’investissement les plus dynamiques. Les “super-investisseurs” (plus de 10 deals) sont désormais 76, en hausse de 38%, et la santé mentale, l’oncologie et la santé féminine restent les secteurs les plus attractifs pour les capitaux.

    👉H&TI synthétise les informations essentiels du rapport de Karista ici.

     

    Visuel de synthèse – Levées de fonds T2 2025 – @HTI
  • Santé mentale, oncologie, Femtech : les priorités des investisseurs en santé numérique

    Plus de 3 800 startups et un triplement des fonds en 4 ans

    D’après le rapport Karista (« Mapping européen des fonds de santé digitale » publié le 12 mai), en seulement 4 ans, le nombre de fonds d’investissement dédiés ou actifs dans le domaine de la e-santé est passé de 84 en 2021 à 254 en 2025, soit une augmentation de 202 %. Ene croissance qui témoigne de l’intérêt des investisseurs. Le continent européen compte désormais plus de 3 800 entreprises actives dans la santé digitale, avec des pôles dynamiques au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. Ce triptyque concentre à la fois le plus grand nombre de fonds et les volumes d’investissements les plus élevés.

    2,1 milliards de dollars levés au premier trimestre 2025 en Europe

    Les chiffres du premier trimestre 2025 sont notables : 5,8 milliards de dollars investis dans la santé digitale dans le monde, dont 2,1 milliards en Europe, soit près de la moitié du total investi en Europe en 2024 (4,8 milliards sur toute l’année). Cette progression positionne l’Europe comme un acteur important, représentant désormais 32 % des investissements mondiaux contre seulement 19 % en 2024. Ce renforcement du continent s’explique notamment par plusieurs opérations en late-stage, dont la levée record de la startup Neko, mais aussi par un regain de confiance envers les startups innovantes européennes, notamment dans des domaines porteurs comme la santé mentale, l’oncologie et la santé féminine.

    60 % des fonds actifs investis en early stage

    Un enseignement clé du rapport Karista est la transformation du profil des investisseurs. Alors que 47 % des nouveaux fonds créés en 2023 étaient exclusivement dédiés à la santé numérique, cette part est tombée à 26 % en 2024. Par ailleurs, 60 % des fonds actifs sont orientés vers l’early-stage, phase importante pour l’innovation, mais cette proportion grimpe à 80 % parmi les nouveaux entrants. La tendance souligne un appétit grandissant pour les investissements en amorçage, où le risque est élevé mais les potentiels de croissance aussi. Le Corporate Venture Capital (CVC) gagne aussi en importance, constituant 24 % des nouveaux fonds, illustrant l’intérêt des grandes entreprises pour les innovations santé digitale.

    France, Royaume-Uni et Allemagne : les pôles de levée les plus actifs

    La France voit aujourd’hui son avance relative se réduire face au Royaume-Uni, désormais à égalité en nombre de fonds actifs, avec l’Allemagne juste derrière. Cette évolution traduit un équilibre nouveau dans la dynamique des investissements européens, avec une diversification géographique marquée. L’émergence de fonds en Europe de l’Est vient aussi renforcer cette tendance.

    En 2024, la France a levé 654 millions d’euros via 54 opérations, un chiffre solide mais en retrait par rapport au quasi-milliard enregistré en 2023. La France reste cependant un pilier, notamment grâce à ses “super-investisseurs” – ces fonds ayant mené plus de 10 transactions – qui sont au nombre de 76 en Europe, soit une hausse de 38 %.

    Santé mentale, oncologie et santé féminine : les grands domaines d’intérêt des investisseurs

    La santé mentale reste le premier secteur d’intérêt thérapeutique pour les fonds, suivi de près par l’oncologie et la santé féminine. Ce classement témoigne des besoins prioritaires en santé publique et des opportunités technologiques qui se développent dans ces segments. Les solutions digitales de prise en charge psychologique, préventive ou thérapeutique suscitent un fort engouement.

    Des “super-investisseurs” en progression (+38%)

    Le nombre de super-investisseurs, fonds ayant réalisé plus de 10 transactions, a augmenté de 38 % pour atteindre 76 en 2025. Ces investisseurs les plus actifs jouent un rôle de catalyseur, soutenant à la fois les phases précoces et les étapes de croissance accélérée des startups. Ces acteurs sont majoritairement localisés au Royaume-Uni, en France et en Allemagne, formant un socle solide d’expertise et de capitaux indispensables à la montée en puissance du secteur européen.

    Cartographie Levée de fonds 2025
    @ Health & Tech Intelligence
  • FemTech Île-de-France : un fonds inédit pour propulser la santé des femmes

    170 startups et 21 % de croissance pour la Femtech en France

    La Région Île-de-France crée un fonds d’investissement pour soutenir les startups Femtech : un tournant dans l’innovation en santé féminine. Ce fonds, première initiative en France, répond à un besoin de financement et d’accompagnement pour un secteur en pleine structuration.

    Le terme « Femtech » désigne l’ensemble des innovations technologiques dédiées à l’amélioration de la santé des femmes : objets connectés, applications mobiles, dispositifs médicaux, plateformes éducatives, etc. En 2025, la France compte 170 startups actives dans ce domaine, soit une croissance de 21 % en un an, selon le dernier baromètre Femtech France x Wavestone. Cette dynamique s’explique par une prise de conscience des enjeux de santé féminine, tant du côté des usagers que des pouvoirs publics.

    Les startups françaises se distinguent par leur diversité : 47 % œuvrent dans le bien-être, 53 % dans la santé, et de nouveaux segments émergent, comme la ménopause (+6 points en un an) ou la santé mentale. Les entreprises pionnières, à l’image de Fizimed ou Mindology, montrent la voie, tandis qu’une nouvelle génération, plus tournée vers la deeptech et l’e-santé, s’installe durablement.

    Des freins persistants : moins de 10 % des fonds publics alloués

    Malgré cette vitalité, l’accès au financement reste le principal frein à la croissance de la Femtech en France. Les pathologies féminines captent moins de 10 % du financement public de recherche en santé, et les besoins sont immenses : rien que pour les 37 startups répondantes au baromètre 2025, il faudrait 93 millions d’euros pour couvrir les besoins annuels.

    Les investisseurs, encore frileux, perçoivent souvent la Femtech comme un marché de niche. Pourtant, 39 % des startups ont doublé leur chiffre d’affaires entre 2023 et 2024, et 18 % dépassent le million d’euros de revenus annuels. Les succès internationaux, comme Flo Health (UK) ou Maven (US), contribuent à crédibiliser l’écosystème, mais la France manquait jusqu’ici d’un fonds spécifiquement dédié.

    Un fonds régional de 5 M€, avec un objectif de 40 M€

    C’est dans ce contexte que la Région Île-de-France a annoncé, lors du salon VivaTech 2025, la création du premier fonds d’investissement français dédié à la santé des femmes : FemTech Île-de-France. Doté d’une enveloppe initiale de 5 millions d’euros, il vise à terme les 40 millions par effet de levier, sur le modèle du fonds régional pour la réindustrialisation.

    Ce fonds, co-construit avec l’association Femtech France (qui fédère plus de 80 startups), cherche à structurer et soutenir l’écosystème Femtech, en finançant une dizaine de startups innovantes, sélectionnées pour leur potentiel à transformer la prise en charge des pathologies féminines. L’accent est mis sur les projets combinant intelligence artificielle, biotechnologies et dispositifs médicaux.

    Quatre priorités : endométriose, fertilité, ménopause et cardiologie féminine

    Le fonds FemTech Île-de-France se concentre sur quatre axes : 

    • L’endométriose : 1 femme sur 10 touchée, avec un retard de diagnostic de 7 à 9 ans.
    • La fertilité : développement d’outils prédictifs et de parcours personnalisés pour les couples confrontés à l’infertilité.
    • La ménopause : soutien aux capteurs et applications de suivi hormonal, alors que 80 % des femmes jugent leurs symptômes mal pris en charge.
    • La cardiologie féminine : première cause de mortalité chez les femmes, mais encore trop peu prise en compte dans la recherche et l’innovation.

    Un effet d’entraînement attendu pour l’écosystème : jusqu’à 500 000 € de subventions pour les startups en IDF

    L’annonce de ce fonds s’inscrit dans une dynamique régionale ambitieuse : la stratégie Smart Santé de l’Île-de-France fait de la santé des femmes l’un de ses cinq axes prioritaires, et le dispositif Innov’up permet désormais aux startups Femtech d’obtenir jusqu’à 500 000 € de subventions. Par ailleurs, le partenariat entre Femtech France et l’AP-HP, via le tiers-lieu d’expérimentation Hôtel-Dieu, favorise la collaboration entre startups et cliniciens pour accélérer le test et la mise sur le marché des innovations.

    Avec 55 % des startups ayant passé le cap des 3 ans et 30 % celui des 5 ans, l’écosystème Femtech français gagne en maturité et en résilience. L’internationalisation progresse également, avec 26 % des startups bénéficiant déjà de financements étrangers.

    Un signal fort pour l’innovation et l’égalité

    En lançant FemTech Île-de-France, la Région envoie un signal fort : la santé des femmes est un enjeu d’innovation, de compétitivité et d’égalité. Ce fonds devrait permettre à la France de rejoindre le peloton de tête européen, aux côtés du Royaume-Uni et de l’Allemagne, et d’accélérer la transformation de ce secteur à fort potentiel.

  • Acquisitions, redressements et financements au T2 2025 : SeqOne et Aqemia avancent, Carmat et Quantum Genomics en difficulté

    Dans un environnement économique contracté, le secteur navigue entre des opérations de consolidation, du soutien public ciblé et des quêtes de financements. Les opérations de rachat se multiplient, tandis que les acteurs peinent à sécuriser leur trésorerie dans un contexte de hausse des coûts et de ralentissement des levées de fonds. Cette dynamique amorce une recomposition progressive du paysage pour le second semestre 2025.

    • Consolidation avec l’intégration de Life & Soft par SeqOne, qui élargit ses services multi-omics en Europe.
    • Soutien public via France 2030, qui permet à Aqemia de renforcer ses capacités de R&D sur les ARN (7,4M€).
    • Tensions financières pour Carmat, qui s’expose à un risque de rachat étranger, et Quantum Genomics, engagée dans une procédure de liquidation.
    • Pressions réglementaires et concurrentielles dans la livraison de médicaments à domicile : Le cas Livmed’s.
    • Possibles mouvements capitalistiques sur des acteurs comme Gleamer, qui envisage une reprise industrielle.

    SeqOne s’étend, Aqemia se finance, Gleamer se prépare à une cession

    SeqOne rachète Life & Soft et s’étend dans 20 pays

    Le 7 avril 2025, SeqOne a officialisé l’acquisition de Life & Soft, entreprise spécialisée dans l’analyse multi-omics et les services bioinformatiques. Cette opération marque une étape dans la stratégie d’expansion internationale de SeqOne, qui a étendu sa présence de 3 à plus de 20 pays en un an et doublé son portefeuille à 140 laboratoires moléculaires clients, capables de réaliser plus de 100 000 tests génomiques par an. Avec ce rachat, SeqOne intègre dans son offre le logiciel propriétaire d’analyse de données génomiques développé par Life & Soft, une plateforme de séquençage certifiée ISO 9001 installée au CEA, ainsi qu’un portefeuille de clients comprenant plusieurs entreprises du CAC 40. Devenue filiale à 100 %, Life & Soft conserve son expertise tout en s’appuyant sur l’infrastructure de SeqOne pour proposer aux laboratoires des services de bioinformatique (drylab) ou des prestations modulables selon leurs besoins.

    7,4 M€ pour Aqemia et sa technologie IA sur l’ARN thérapeutique

    Le 1er avril 2025, Aqemia a annoncé l’extension de ses recherches dans la découverte de médicaments ciblant l’ARN, grâce à une subvention de 7,4 millions d’euros obtenue dans le cadre de l’appel à projets i-Démo de France 2030, opéré par Bpifrance. Ce financement permettra à Aqemia de renforcer sa plateforme qui associe IA générative et physique atomistique pour explorer de nouvelles cibles thérapeutiques, notamment les ARN. L’entreprise prévoit de tester plusieurs cibles ARN afin d’affiner ses technologies, en poursuivant ses programmes de recherche sur les protéines. Parmi ses projets en cours, un programme mené avec Novalix a déjà montré des résultats sur des cellules cancéreuses et fait actuellement l’objet d’évaluations sur des modèles in vivo.

    Après 37 M€ levés, Gleamer ouvre la porte à une reprise par un industriel

    Gleamer, entreprise française spécialisée dans l’IA appliquée à l’imagerie médicale, envisage une possible cession à un industriel du secteur. Depuis sa création en 2017, la société a levé près de 37 millions d’euros auprès d’investisseurs tels que Supernova Invest, XAnge, Elaia, Heal Capital, MACSF, UI Investissement, Crista Galli Ventures et Bpifrance. Gleamer propose une plateforme d’IA qui assiste les radiologues dans l’analyse semi-automatisée des images médicales. Sur un marché medtech où les rachats se multiplient, l’entreprise réfléchit à l’évolution de son actionnariat et pourrait être reprise dans les mois à venir.

    Faillites et redressements : les secousses T2 2025 des medtechs françaises

    Livmed’s placé en redressement judiciaire

    Le 24 avril 2025, le tribunal de commerce de Nice a placé Livmed’s en redressement judiciaire. Fondée en 2020, la société niçoise, spécialisée dans la livraison de médicaments à domicile, avait levé 2 millions d’euros en 2021 puis 5 millions en 2022, avec le soutien de Sanofi, CMA CGM, Bpifrance et plusieurs business angels, dont Fred Destin et Jacques Richier. En quête d’investisseurs ou d’un acquéreur depuis septembre 2024, Livmed’s n’a pas pu finaliser sa levée de fonds avant la cessation des paiements. La période d’observation court jusqu’au 24 octobre 2025, avec une audience fixée au 18 juin pour examiner la situation et les options de sortie de crise, tandis que l’activité se poursuit sous la supervision de l’administrateur judiciaire. Livmed’s reste par ailleurs engagée dans un litige avec l’Ordre des pharmaciens, qui conteste la légalité de son modèle de livraison. Ce contentieux s’inscrit dans un climat concurrentiel, marqué par le lancement du projet MaPharmacieEnFrance, soutenu par la Caisse des dépôts et La Poste Santé & Autonomie, et porté par les syndicats de pharmaciens.

    Carmat, pionnier du cœur artificiel, en cessation de paiement

    Carmat, fabricant du cœur artificiel Aeson, a été placé en redressement judiciaire le 1 juillet par le tribunal de Versailles, après une déclaration de cessation de paiement. L’entreprise devait trouver 3,5 M€ pour finir juillet, 4,5 M€ pour août et 35 M€ pour couvrir ses besoins sur un an. Depuis sa création en 2008, Carmat a implanté son cœur artificiel sur 122 patients, avec des essais prévus pour une utilisation permanente. Malgré sa position unique en Europe après la perte de marquage CE par son concurrent américain, Carmat n’a pas obtenu les soutiens nécessaires pour sa trésorerie, malgré un appel public lancé auprès des investisseurs, de l’État et de la Banque européenne d’investissement.

    Le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, a reconnu n’avoir « jamais cru » en Carmat, malgré l’octroi en 2013 d’une subvention record de 33 millions d’euros à la medtech. Placée en cessation de paiement, Carmat a brûlé près de 450 millions d’euros en douze ans, financés par des augmentations de capital (380 millions), des dettes (50 millions) et le soutien public. La société n’a pas généré un chiffre d’affaires suffisant pour couvrir ses coûts fixes, malgré la prouesse technologique et scientifique d’Aeson.

    Quantum Genomics vers la liquidation judiciaire

    Le 3 juillet 2025, Quantum Genomics s’est déclaré en cessation de paiements, sollicitant le même jour l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire auprès du tribunal des activités économiques de Paris. L’audience est fixée au 2 septembre 2025. Malgré des discussions avancées avec ses créanciers bancaires, la société n’a pas levé les fonds nécessaires à la poursuite de ses activités de recherche dans le traitement des maladies cardiovasculaires. Quantum Genomics a suspendu sa cotation sur Euronext Growth Paris depuis le 25 octobre 2024, à 0,072 €, et a indiqué qu’en cas de liquidation, ses actions seront radiées de la cote.

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