Chirurgie mini-invasive, orthopédique et microchirurgie : 4 robots au service de 3 spécialités
Da Vinci et Versius : les références de la chirurgie mini-invasive
Parmi les systèmes les plus utilisés dans le monde, la gamme Da Vinci et le robot Versius se sont imposés comme des références en chirurgie mini-invasive. Leur précision millimétrique reproduit fidèlement les gestes du chirurgien, avec une visualisation 3D haute définition, assurant un confort et un accès facilité à des zones anatomiques complexes. Versius se distingue par sa modularité, chaque bras robotisé reposant sur un chariot indépendant, ce qui facilite son déploiement selon la configuration du bloc opératoire. Da Vinci limite les tremblements naturels du chirurgien.
ROSA Knee, la personnalisation en orthopédie : ROSA Knee est un robot dédié à la chirurgie prothétique du genou. Grâce à une modélisation 3D personnalisée du genou du patient et à une assistance en temps réel via des capteurs de mouvements, ce robot garantit un positionnement précis des implants.
Robots spécialisés en microchirurgie : Développé par Medical Microinstruments (MMI),le Symani Surgical System est une référence en microchirurgie et super-microchirurgie. Il utilise les instruments NanoWrist articulés, permettant une précision sur des structures fines comme les nerfs et les vaisseaux lymphatiques. Sa technologie réduit les tremblements et assure une stabilité pendant les opérations délicates telles que les reconstructions microvasculaires, lymphatiques ou neurologiques.
IA au bloc opératoire : 6 robots, entre vision par ordinateur et machine learning
2 robots basés sur la vision par ordinateur : assistances intuitives et guidage visuel
Deux solutions reposent sur la vision par ordinateur pour interpréter en temps réel l’environnement chirurgical et guider les gestes. C’est le cas du Maestro System développé par Moon Surgical, pensé pour la chirurgie laparoscopique. Ce système propose un bras robotisé « en apesanteur » facilitant le contrôle fluide du laparoscope, éliminant les contraintes des pédales traditionnelles. Grâce à son module intelligent ScoPilot, le chirurgien bénéficie d’une navigation visuelle qui rend ses gestes plus précis et ergonomiques.
Dans le même registre, mais orienté vers l’oncologie interventionnelle, Epione de Quantum Surgical utilise la vision par ordinateur pour cibler avec précision les tumeurs abdominales ou pulmonaires. Déjà en service dans des centres comme Gustave Roussy ou l’Hôpital Lyon Sud, cette technologie réduit les risques opératoires tout en garantissant la reproductibilité des gestes.
4 robots basés sur la machine learning : adaptation et guidage dynamique
Ces systèmes se distinguent par leur recours aux algorithmes d’apprentissage automatique pour optimiser la planification préopératoire, adapter les mouvements en temps réel et standardiser les gestes chirurgicaux.
- Le Robot Mako de Stryker, leader en orthopédie, combine un bras robotisé semi-actif à une modélisation 3D personnalisée de l’anatomie du patient. Par le biais d’algorithmes d’apprentissage, il surveille en temps réel la position des implants et ajuste les gestes pour limiter les traumatismes et réduire la convalescence. Il est utilisé dans plusieurs hôpitaux français, notamment l’Hôpital Saint-Joseph à Marseille et les Hospices Civils de Lyon (HCL).
- En neurochirurgie, la plateforme SpinEM Robotics exploite des algorithmes d’apprentissage automatique pour optimiser le guidage des instruments lors de chirurgies vertébrales mini-invasives. eCential Robotics, quant à elle, combine bras robotisés, imagerie 2D/3D et navigation en temps réel pour reproduire fidèlement les gestes planifiés. Le résultat : une réduction de l’invasivité, des hospitalisations plus courtes et une sécurité renforcée pour le patient.
Le futur hybride : simulation, jumeaux numériques et IA
Certaines plateformes combinent robotique, simulation et IA pour offrir une approche intégrée. TaviPilot, développé par CARANX Medical, crée un jumeau numérique de l’anatomie du patient à partir d’images préopératoires. Cette simulation permet de planifier la procédure (choix du trajet, taille de valve, positionnement) avant le début de l’intervention. Pendant l’opération, le robot guide les instruments avec une précision millimétrique, sous la supervision du chirurgien.
La recherche explore désormais la possibilité d’automatiser certaines interventions. Aux États-Unis, les laboratoires de Johns Hopkins et Stanford ont développé le Surgical Robot Transformer-Hierarchy (SRT-H), un robot capable d’effectuer une ablation de la vésicule biliaire de bout en bout, uniquement commandé par la voix. Grâce à un apprentissage par imitation conditionné par le langage, il planifie et ajuste ses mouvements en temps réel, réussissant tous les tests sur modèles porcins.
Le Smart Tissue Autonomous Robot (STAR) suit cette même logique. Spécialisé dans la chirurgie des tissus mous, il utilise des caméras infrarouges pour modéliser en 3D la surface des organes et adapter automatiquement les sutures. En 2023, STAR a réalisé la première anastomose intestinale laparoscopique autonome, dépassant la précision d’une équipe humaine.
1 mm d’incision, 1,8 mm de précision : le robot Dot ouvre la voie à la neurochirurgie ultra-minimale
La robotique ne se limite pas aux blocs opératoires classiques. Dot, conçu par la start-up française Robeauté, illustre la miniaturisation avec un robot de seulement 1,8 mm, capable de naviguer dans le cerveau via une incision de 1 mm. Son guidage s’appuie sur l’IRM, les ultrasons et l’IA, ouvrant la voie à des biopsies cérébrales ou à l’implantation d’électrodes pour traiter la maladie de Parkinson ou l’épilepsie. Les premiers essais sur l’homme sont prévus en 2026.








