Articles

  • Les outils numériques du bon usage du médicament pour lutter contre l’iatrogénie médicamenteuse

    L’iatrogénie médicamenteuse est responsable chaque année de plus de 10 000 décès, plus de 130 000 hospitalisations et près de 1,3 million de journées d’hospitalisation, qui dans 45 à 70 % des cas seraient évitables – tels sont les constats du « Colloque Bon Usage » organisé par le Collectif bon usage du médicament, ce 22 mars 2018.

    C’était l’occasion d’exposer les résultats des 3 ans de travail écoulés, comme la création de l’application « HelloDoc Prévention », et à la fois de proposer de nouvelles pistes de réduction des conséquences liées à l’iatrogénie à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qui a introduit le colloque.

    Le Collectif préconise, entre autres, le recours généralisé aux logiciels d’aide à la prescription, l’accélération du partage des données patients entre professionnels de santé grâce au DMP, et l’interopérabilité des messageries sécurisées entre professionnels de santé pour échanger en temps réel.

    Il propose également à horizon 2019, l’organisation d’un premier Congrès interdisciplinaire consacré au bon usage du médicament.

    Un Collectif pour le Bon Usage du Médicament

    Né en 2015, le Collectif Bon Usage du Médicament rassemble l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament : médecins, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, acteurs de la protection sociale et du service à la personne, industriels, éditeurs de bases de données et de logiciels d’aide à la prescription.

    Durant 3 ans, le Collectif a mis en œuvre un vaste programme d’actions auprès du grand public et des professionnels de santé, qui a contribué à un meilleur usage du médicament.

    Des indicateurs ont été suivis et montrent qu’une coopération décloisonnée peut apporter des améliorations et générer des économies pour l’Assurance maladie :

    • la consommation médicamenteuse des personnes âgées de plus de 65 ans a diminué ;
    • de nombreuses associations médicamenteuses à risque ont diminué (anti-inflammatoires, diurétiques, anti-arythmiques, digitaliques, anticoagulants oraux, neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs, etc.) ;
    • des économies significatives pour l’Assurance maladie ont été générées. Selon le Collectif,  l’essentiel des économies potentielles (chiffrables en centaines de millions d’euros) provient de la diminution du nombre d’hospitalisations. Par ailleurs, sur la base de la réduction du nombre de boîtes de médicaments consommées chez les personnes âgées de plus de 65 ans dans la population française, le Collectif avance les chiffres suivants :
      • entre le 2ème semestre 2014 et le 2ème semestre 2015 : 74 millions d’euros ont été économisés ;
      • entre le 1er semestre 2015 et le 1er semestre 2016, 185 millions d’euros ont été économisés.

    Actions menées par le Collectifs s’appuyant sur le numérique

    Reflexeiatrogenie.com

    Le collectif a procédé à la création d’un site à destination des professionnels de santé pour le sensibiliser au sujet. « Reflexeiatrogenie.com » a été lancé en 2015 et met à disposition de l’ensemble des professionnels de santé les nombreux outils spécifiques existants ou élaborés par le Collecti. f• Fin 2018, le site va s’élargir au grand public et ambitionne de devenir le site référentiel du bon usage du médicament.

    HelloDoc Prévention et Memo Vidal, 2 apps à destination des médecins

    Le Collectif a conclu un partenariat avec les éditeurs de bases de données et de logiciels d’aide à la prescription pour développer des applications capables de détecter les interactions entre les médicaments quelle que soit leur source de prescription. Ceci permet permet aujourd’hui à la plupart des médecins généralistes de pouvoir réellement piloter l’ensemble des traitements pris par leurs patients.

    HelloDoc Prévention tient compte des traitements du patient prescrits par un médecin et les intègre au processus de vérification du LAP (Logiciel d’Aide à la Prescription) lors de la prescription d’un nouveau produit. Memo Vidal, quant à elle,  propose 22 mémos gériatriques contextuels, sélectionnés par le Comité scientifique VIDAL Recos pour leur pertinence, activables et désactivables en un clic.

    Enfin, pour sensibiliser et former les pharmaciens, un module de e-learning a été réalisé et déployé dans les officines en partenariat avec l’UTIP Association (association de formation professionnelle continue pour les pharmaciens).

    Les préconisations du Collectif en vue de réduire les décès et les hospitalisations dus au mauvais usage du médicament reposant sur les outils numériques

    À l’issue des travaux menés pendant 3 ans, le Collectif a abouti à la rédaction de 10 préconisations, dont trois portant sur l’usage du numérique :

    •  Généraliser dans les logiciels d’aide à la prescription, la détection des interactions médicamenteuses quelle que soit la source de prescription :
      • la plupart des logiciels d’aide à la prescription n’alertent le médecin que sur les interactions détectées parmi les médicaments prescrits par lui seul, alors que de nombreux patients, notamment âgés, ont recours à plusieurs médecins (généralistes, spécialistes) susceptibles de prescrire des médicaments ;
      • tous les logiciels d’aide à la prescription doivent intégrer les données fournies par l’assurance maladie afin d’alerter sur les interactions médicamenteuses contre-indiquées détectées parmi tous les médicaments prescrits, quel que soit le prescripteur.
    • Accélérer, via le DMP, la mise à disposition des outils de partage des données patients entre professionnels de santé et œuvrer à leur bonne utilisation. Le DMP permettrait de limiter le risque iatrogénique grâce à la connaissance partagée entre professionnels de santé de la liste exhaustive des médicaments prescrits et des paramètres biologiques des patients nécessaires à l’adaptation de la prescription ;
    • Rendre interopérables les messageries sécurisées entre professionnels de santé afin de permettre une confidentielle en temps réel :
      • rendre interopérables les différentes messageries sécurisées existantes sur le territoire, entre elles et avec la MSsanté (messagerie historique des professionnels de santé proposée par l’ASIP et les Ordres professionnels) ;
      • permettre que l’annuaire national des professionnels de santé puisse être accessible sur toutes les messageries.

  • Conférence sur la santé à l’ère de l’IA : quel nouveau parcours de soin ?, le 29 mars 2018 à Paris

    Le magazine Le Point, avec le soutien du Club Digital Santé, organise le 29 mars 2018, sa 4ème édition de la conférence intitulée « La Santé à l’ère de l’Intelligence Artificielle », avec une question clé : Quel nouveau parcours de soin face à la triple révolution data – IoT – machine learning ?

    Cette réunion sera l’occasion pour Cédric Villani de dévoiler les conclusions de la Mission sur l’Intelligence Artificielle qu’il s’est vu confier par le gouvernement en septembre 2017, et d’apporter des réponses aux questions ci-dessous :
    • comment utiliser l’IA pour optimiser le parcours de soin et améliorer le confort du patient ;
    • quelle nouvelle relation patient-médecin et selon quels business models se profilent quand l’IA transforme le paradigme de la santé ;
    • comment réconcilier le couple médecin/machine et former les professionnels de santé à l’utilisation de l’IA ?

    Le programme complet, la liste des intervenants et les modalités d’inscription sont disponible dans le document ci-contre.

    Les axes des débats

    • Quel plan d’action pour concilier innovation technologique et équité ou comment proposer des solutions basées sur l’IA à un coût acceptable pour le patient ?
    • Comment développer des outils sécurisés et fiables, pour gagner la confiance des acteurs et surtout des patients ?
    • À l’aube de l’entrée en vigueur du Règlement Européen sur la Protection des Données Personnelles (RGPD) en mai 2018 : comment être en conformité avec la réglementation dans le grand mouvement de collecte et utilisation des données ?

    Moments forts

    14h00 – 14h30 : Panel d’ouverture –  Conclusions de la Mission confiée par le gouvernement en septembre 2017 : quelle nouvelle feuille de route pour la stratégie nationale d’intelligence artificielle en santé ?

    14h30 – 15h15 : Panel 1 – Aide au diagnostic, monitoring permanent, modélisation du corps humain… Comment utiliser l’IA pour optimiser le parcours de soin et améliorer le confort du patient ?

    15h15 – 15h55 : Panel 2 –  Le patient augmenté : des objets connectés aux assistants virtuels coach de santé, quand l’IA transforme le paradigme de la santé, qui devient préoccupation du quotidien, quelle nouvelle relation patient-médecin et selon quels business models ?

    16h45-17h15 : Pitch des pépites de la Health Tech françaises : Novadiscovery, VirtualiSurg, Diabnext, Qalyo, Therapixel

    17h15 – 18h00 : Panel 3 – L’IA en quête de confiance : à l’aube de l’entrée en vigueur du RGPD le 25 mai 2018, comment être en conformité avec la réglementation sur la protection des données de santé et en faire un levier de confiance ?

  • HIMSS 2018 – Aide à l’exercice médical : Retour d’expérience de l’Henderson Hospital (Las Vegas)

    Fondé en 1978 par Alan B. Miller, Universal Health Services, Inc. (UHS) compte plusieurs établissements hospitaliers aux Etats-Unis et totalise près de 85 000 employés. Six hôpitaux dans la ville de Las Vegas (Nevada) et ses environs lui sont rattachés, dont l’hôpital Henderson.

    Inauguré en 2016, ce dernier a ouvert ses portes à Health&Tech Intelligence le lundi 5 mars 2018, lors de son déplacement à Las Vegas à l’occasion de l’édition 2018 du sommet international HIMSS. Pour fluidifier les échanges entre équipes soignantes, l’hôpital utilise l’outil Go-live développé par l’entreprise Cerner.

    Un hôpital « haut de gamme » conçu à la manière d’un hôtel

    Les établissements de UHS sont fondés sur une logique de shared services (« services partagés »). Inauguré en octobre 2016, l’hôpital Henderson présente une spécificité : ses services sont entièrement numérisés (full digital) et n’utilisent donc aucun support papier. L’hôpital est conçu sur le modèle d’un hôtel (les espaces de vie commune sont inspirés des Lobbies hôteliers dans le but d’améliorer le confort des patients et de leurs proches). 

    L’équipe dirigeante a fait de la qualité des soins et services hospitaliers une priorité

    Henderson Hospital fait partie d’une Accountable Care Organization (ACO), et est rattaché à l’HIE (Health Information Exchange) fédéral. L’hôpital a été conçu dans un souci de performance. L’équipe dirigeante poursuit un objectif de réduction des coûts et d’optimisation des revenus, tout en érigeant en priorité la qualité des services et des soins dispensés par les médecins. L’administration veut atteindre un niveau de qualité important afin de négocier des « plans » de rémunérations élevés, grâce à de bonnes mesures de qualité (quality measures) et des mesures de réductions des coûts des patients dans la structure, en assurant par exemple des durées moyennes de séjour (DMS) relativement faibles.

    A titre d’exemple, dangereuses pour les patients, les infections nosocomiales allongent la durée moyenne de séjour sans être remboursées par les assurances des patients. Pour permettre au patient de sortir rapidement de l’hôpital, et optimiser son expérience, un electronic medical record est utilisé par l’entreprise Universal Health Services depuis 2009. Le Go-Live de l’établissement, produit par l’entreprise Cerner, a été mis en service en 2016.

    Optimiser la communication entre les professionnels de santé pour assurer un continuum de soins, à l’aide de l’outil Go-Live

    Le système est disponible dans l’hôpital sur plusieurs supports : dans la chambre des patients, sur les chariots infirmiers selon les services (choix réalisé en fonction du besoin clinique) et sur des smartphones qui ont été distribués à l’ensemble du personnel. Le smartphone a contribué à renforcer la communication interne de l’hôpital, à l’aide de fonctionnalités simples comme le chat. Les infirmières utilisent le téléphone portable comme outil de travail. Il contribue également à améliorer le lien avec les autres professionnels et la famille, dans le but notamment de signaler rapidement les problèmes à la sortie de l’hôpital et de réduire les réadmissions.

    En 2009, il opère une sélection pour passer à un système unique. Les administrateurs ont cherché une ergonomie répondant aux fonctionnalités suivantes : 

    • Minimiser le nombre de clics ;
    • inciter les médecins à ne plus recourir à l’écriture manuscrite ;
    • leurs notes, et dossiers sont intégralement numérisés dans l’EMR, à travers notamment des dispositifs de reconnaissance vocale.

    Plébiscité par les professionnels de santé, le dispositif a permis d’atteindre l’objectif « Zéro Papier »

    L’ensemble des professionnels de santé de l’hôpital a participé à la phase de conception et de personnalisation de l’outil, avec la volonté de mettre en place des processus standardisés. Dans la phase de mise en oeuvre, les équipes de l’hôpital ont été complétées par trente consultants indépendants. 

    Ce système est coûteux mais, d’après les administrateurs de l’hôpital, le retour sur investissement est considérable (« The pay back is huge »). Un service de portail patient a également été mis en place pour faciliter le paiement en ligne. Les patients sont accompagnés lors de la première connexion quand ils sont dans l’établissement par une équipe de volontaires. Aujourd’hui 10% à 15% des patients utilisent cet outil.

  • IA médicale : « La Chine est beaucoup plus proactive que la France » (Charles Bark, HiNounou)

    Charles Bark, fondateur et P.-D.G de HiNounou, la toute première offre insurTech pour personnes âgées en Chine, livre en détails à H&TI les spécificités de son dispositif home care et ses ambitions pour les années à venir.

    L’innovateur nous partage également sa vision du marché de l’IA et de la silver tech, estimant que la Chine pourrait devenir le numéro 1 dans ces domaines en raison de son approche proactive, contrairement à la France, qui, selon l’expert, prend du retard en s’attardant sur des réflexions d’ordre philosophique au lieu d’agir.

    Le pack HiNounou est entièrement centré sur la prévention

    Comment vous est venue l’idée de créer un pack insurTech à destination des personnes âgées ?

    Il y a une expression en Chine qui dit que la fleur de lotus est issue de la boue. Je pense que les plus belles inventions, les plus belles innovations naissent de la résolution d’un problème. Et c’est exactement ce qui s’est passé avec la création de notre entreprise.

    Cela remonte à cinq ans. J’ai appelé ma mère, elle m’a dit que tout allait bien. Puis mon frère m’a contacté pour m’apprendre qu’elle était tombée. J’ai eu un choc et je me suis dit que je n’avais aucun moyen d’avoir une réelle visibilité sur son état de santé. J’ai alors pensé aux applications météo qui permettent de connaître de manière assez précise le temps qu’il fait dans telle ou telle ville. Je me suis dit qu’il serait intéressant de mettre en place le même système pour mieux suivre la santé de ses proches et, dans l’idéal, prévoir les problèmes de santé qu’ils risquent de rencontrer. C’est comme ça que l’aventure HiNounou a commencé. La société a été créée en 2016 à Hong Kong et nous avons lancé l’année dernière une antenne à Shanghai.

    Vous misez donc avant tout sur la prévention.

    Je suis persuadé que si nous nous concentrons sur la prévention, les résultats seront meilleurs. Aujourd’hui, les services de soins dédiés aux personnes âgées sont généralement orientés « post accident ». L’intelligence artificielle (IA) et les objets connectés permettent de modifier la manière dont nous soignons afin d’être davantage centrés sur le préventif que sur le curatif. Comme le dit l’expression française : « mieux vaut prévenir que guérir ». C’est la stratégie de HiNounou !

    En quoi consiste votre offre exactement ?

    Notre solution permet de mettre en place un suivi à domicile réalisé par le patient lui-même. Dans le pack HiNounou, il y a un smartphone, un auto-tensiomètre, un oxymètre, un test ADN et un contrat d’assurance Axa.

    L’utilisateur n’a besoin que de cinq minutes par jour pour recueillir ses données de santé. Les icônes de l’application sont de grande taille et il y a des photos pour expliquer clairement aux consommateurs comment utiliser les différents outils du pack. Lorsque la personne utilise l’oxymètre par exemple, elle a juste à ouvrir l’application et à mettre l’appareil sur son doigt. Les données sont transmises automatiquement à l’appli et elle peut ensuite savoir, grâce à une jauge, si ses résultats sont bons (partie colorée en vert), à suivre de près (orange) ou mauvais (rouge). Elle peut aussi voir la moyenne de ses résultats sur trente jours.

    S’il y a un problème, notre système peut alerter le ou les proches connectés à l’application et l’utilisateur peut également téléphoner à Axa afin de bénéficier d’une assistance 24/7. Nous travaillons aussi avec le groupe Ping An, qui propose une assurance accidentelle et décès.

    Une offre insurTech unique en Chine

    Votre pack inclut une assurance santé pour les personnes de plus de 65 ans. Une première en Chine. Pourquoi aucun assureur ne propose de contrats aux seniors ?

    Aucune assurance ou mutuelle ne veut assurer les personnes âgées parce qu’elles les considèrent trop fragiles. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’espérance de vie en bonne santé à la naissance atteint 68,5 ans en Chine alors que l’espérance de vie générale est de 76 ans (chiffres 2015). La période située après 68 ans est donc critique en matière de santé.

    Comment avez-vous réussi à convaincre Axa et Ping An de collaborer avec vous ?

    Ce qui était perçu avant comme une situation risquée l’est beaucoup moins grâce à notre innovation qui permet de réduire les risques de problèmes cardiaques, faisant passer de trente jours à dix jours la durée moyenne des hospitalisations et donc de limiter les coût. Avec notre proposition, les cartes du jeu ont changé. Cela a attiré les assureurs !

    Êtes-vous vraiment les seuls à proposer une offre sur ce marché ?

    À l’heure actuelle et à ma connaissance, oui. Si nous sommes parvenus à lancer cette solution insurTech, c’est grâce à l’innovation que nous avons apportée. Afin de proposer le dispositif le plus pertinent et performant possible, nous avons mené quatre ans de R&D en France au niveau cardiologique car les plus gros problèmes de santé des personnes âgées sont les maladies chroniques, notamment cardiaques. Selon l’OMS, sur 56 millions de décès dans le monde enregistrés en 2015, 17,5 millions étaient imputables aux maladies cardiovasculaires, la première cause de mortalité à travers le monde entier.

    Les travaux de recherche que nous avons effectués en partenariat avec l’UTBM (université de technologie de Belfort-Montbéliard) et le CHU de Strasbourg à travers le programme « e-care » ( « e-santé »), testé sur 8 000 personnes, ont permis de mettre au point un système capable de détecter six jours à l’avance un arrêt cardiaque.

    Une offre intégrée

    HiNounou a également signé un accord avec le fabricant de téléphones chinois ZTE. En quoi consiste votre partenariat ?

    ZTE nous a perçu comme très innovants dans le secteur de l’assurance santé. Par le biais d’un accord d’une durée de deux ans, nous avons convenu que notre application HiNounou serait pré-installée sur une partie de leurs smartphones. Pour l’instant, ce contrat concerne 20 000 téléphones, sur un total d’environ 1,2 million de terminaux vendus par le fabricant. Nous avons ainsi un très bon potentiel au niveau de notre visibilité.

    Quel est votre business modèle ?

    Nous achetons les dispositifs médicaux à un prix convenu avec nos partenaires, Axa et Ping An. Nous mettons notre marque en avant sur tous ces produits puis nous vendons le pack aux consommateurs. L’avantage c’est que nous proposons un dispositif intégré.

    En règle générale, les fabricant d’i-outils ou de tests ADN vendent indépendamment leurs produits. Ils se moquent de savoir quels seront les résultats et si les consommateurs sont en bonne santé. J’ai pensé l’outil pour ma mère et, comme elle est médecin, je me devais de proposer une solution de qualité qui tienne la route. L’idée est de proposer un ensemble de dispositifs qui ne soit ni orienté produit, ni orienté service mais qui combine le tout pour permettre aux personnes âgées de mener le reste de leur vie en bonne santé. Notre but est d’identifier les risques génétiques, hérités par les parents. Une fois que ces risques ont été repérés, nous agissons sur la prévention, d’où l’utilité d’avoir des équipements de suivi, puis nous proposons une assistance à domicile si besoin.

    Ciblez-vous uniquement le marché chinois ?

    Nous sommes en pourparlers avec plusieurs acteurs étrangers. Nous avons rencontré des délégations sud-coréennes d’Axa, nous avons aussi échangé avec la division « elderly care » de Sodexo pour envisager un déploiement aux États-Unis mais aussi avec Swissray (un groupe suisse qui développe du matériel d’imagerie médicale, ndlr), avec le groupe mutualiste français VYV et d’autres assureurs.

    Tests ADN : « Les Européens se posent beaucoup trop de questions existentielles »

    Vous aimeriez développer votre pack en France, cependant, le pays n’autorise pas la commercialisation de tests ADN, comme de nombreux autres États européens. Comment pensez-vous surmonter cet obstacle ?

    Notre offre est modulaire donc elle peut s’adapter à tous les marchés. Si le pays n’accepte pas le test ADN, nous allons tout simplement le retirer du pack. Nous pouvons aussi nouer d’autres partenariats avec des assureurs locaux pour nous adapter aux particularités de chaque marché.

    Le test ADN est déjà considéré dans d’autres pays comme un équipement médical, comme le test urinaire ou sanguin. C’est le cas aux États-Unis et en Chine par exemple. Le problème, en Europe, c’est qu’on se pose beaucoup trop de questions existentielles qu sont selon moi infertiles. Selon moi un test ADN n’est ni plus ni moins éthique que le prélèvement d’échantillons sanguins… Quand tous ces pays vont se réveiller et réaliser que le test ADN est devenu une référence d’un point de vue médical, ils auront accumulé beaucoup de retard dans le domaine de la génomique.

    J’ai expliqué au Président Macron (rencontré lors de sa visite officielle en Chine) que HiNounou était exactement le type de start-up qui montrait quelle était l’attitude à adopter en la matière. Nous importons l’innovation française en Chine, nous l’adaptons au marché chinois avec des grandes entreprises locales comme Ping an et ZTE mais aussi avec des sociétés françaises comme Axa, puis nous ajoutons à tout cela une innovation chinoise, ici le test ADN. Quand nous disposerons d’une base de données clients d’un million de personnes, imaginez les travaux de recherche que nous pourrons mettre en place pour progresser et innover encore plus !

    Tout cela nous permettra de faire un retour positif à la France. Quand le pays sera prêt à réellement s’intéresser au marché de la silver tech et à exploiter l’analyse d’échantillons ADN, nous pourrons mettre en avant le retour sur expérience que nous aurons eu avec les consommateurs chinois et américains. Nous commençons d’ailleurs déjà à nous faire remarquer en France. Notre équipe a été mandatée en décembre 2017 par la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN) pour mener une étude en Chine sur l’IA axée sur l’insurTech afin de savoir ce qui peut être mis en place en France dans le domaine. C’est toute une boucle ! L’idée part de France, nous adaptons et dynamisons la solution à la grandeur du marché chinois et à ses spécificités, nous ajoutons à cela une innovation locale puis le produit repart en France avec une plus-value.

    Vous êtes né à Neuilly et avez vécu en France pendant de longues années. Vous auriez pu lancer HiNounou en France. Avez-vous choisi de vous baser en Chine essentiellement pour ces raisons réglementaires dont vous parliez plus tôt ?

    Exactement. Dans le domaine de la e-santé, nous avons remarqué qu’en France il était quasi impossible d’évoluer à cause de ces restrictions d’ordre légal. La protection de la vie privée est bien sûr importante, et c’est bien qu’il y ait des règles, mais selon moi il ne faut pas que la loi paralyse le développement de la recherche.

    L’avantage en Chine, c’est que le gouvernement a compris que l’analyse d’ADN était l’avenir de la médecine parce qu’elle permettra d’avancer au niveau de la médecine de précision. Si les laboratoires pharmaceutiques et les compagnies d’assurance ne s’intéressent pas à ce secteur dans les années à venir, ils vont devenir les prochains Kodak de la santé. Ils vont être dépassés !

    « La privatisation des données de santé n’existe pas en Chine » 

    En France, et en Europe plus généralement, les consommateurs sont assez méfiants à l’idée de partager leurs données de santé. Les consommateurs asiatiques sont-ils réellement beaucoup plus ouverts sur cette question que les Européens ou est-ce un cliché ?

    Tout est une question de culture. En Chine, la perception de la vie privée est complètement différente. Par exemple, ici, tous les soins se font à l’hôpital. Quand le médecin échange avec un patient, le patient d’après est en train d’attendre juste derrière et il écoute tout, la porte est grande ouverte. La privatisation des données de santé n’existe pas en Chine, il n’y a pas d’intimité en matière de soins ! Ce qui s’applique en France ne peut pas l’être ici.

    Et, soyons honnêtes, en France, quand un patient réalise des tests médicaux, qui sait qui a exactement accès aux résultats ? Il est important de mettre tout en œuvre du point de vue technologique pour protéger les données de santé mais il faut arrêter de croire que l’accès à ces informations est complètement restreint. 

    Selon M. Bark, la Chine sera leader sur les marchés de l’IA et de la silver tech

    Pensez-vous que la Chine peut devenir leader sur le marché mondial de la health tech, en particulier dans les domaines de l’intelligence artificielle et des soins à domicile ?

    Bien sûr. L’IA repose sur l’analyse des big data. Plus il y a de données, plus l’intelligence artificielle et les algorithmes créés derrière seront bons. Or, la Chine est beaucoup plus proactive que la France, par exemple, estimant qu’il est plus intéressant de d’abord lancer l’innovation pour percevoir son potentiel plutôt que de commencer par légiférer. Sa logique est donc de recueillir un maximum de données et ensuite de peser le pour et le contre.

    Par ailleurs, l’un des grands atouts de la Chine, c’est l’importance de sa population. Cela nous permet de lancer notre produit à grande échelle sur un seul marché et de tirer des conclusions assez rapidement. La Chine et les États-Unis sont tous deux à la pointe en matière d’IA mais la Chine est devant les États-Unis au niveau du nombre de consommateurs potentiels. De plus, le gouvernement est plus souple au niveau législatif et les consommateurs asiatiques, en particulier les personnes âgées, sont plus réceptifs aux technologies high tech que les consommateurs américains.

    Selon vous, la Chine pourrait-elle également dominer le marché mondial de la silver tech ?

    Nous avons fait des tests pilotes avec des personnes âgées. Quand nous leur avons demandé s’ils pensaient avoir des difficultés à utiliser un smartphone, ils n’ont pas compris la question. Et c’était aussi le cas pour les personnes de 80 ans et plus. Ici, les sexagénaires s’amusent avec leurs téléphones dans le métro, ils vont sur WeChat (application mobile de messagerie de Tencent, ndlr), etc. Tous les dispositifs insurTech ont beaucoup plus de potentiel dans les pays où la digitalisation a déjà intégrée les modes de vie.

    Par ailleurs, en Chine, sur 230,8 millions de personnes âgées de plus de 60 ans (chiffres fin 2016), des dizaines de millions vivent seules. Auparavant, les enfants, et en particulier les filles, s’occupaient de leurs parents mais, aujourd’hui, ce modèle est en train de mourir car les femmes sont de plus en plus actives et elles ne veulent plus être cantonnées uniquement à un rôle domestique. Les enfants de ces personnes âgées isolées vont donc être plus enclins à acheter des dispositifs home care pour leurs parents dans les années à venir.

    De plus, en 2050, presque une personne sur deux sera âgée de plus de 60 ans en Chine (44 %), indique l’ONU. En France, il aura fallu 150 ans pour que la part des personnes âgées double de proportion par rapport à la population totale. En Chine, cette évolution aura lieu en vingt ans. Idem pour l’Inde et le Brésil. La population âgée chinoise est déjà importante en termes de nombre aujourd’hui donc si elle double, les possibilités vont être énormes dans le secteur de la silver tech.

    « Il ne faut pas diaboliser l’intelligence artificielle »

    Vous êtes d’ailleurs en train de développer un robot compagnon pour pallier ce problème de l’isolement social. Pensez-vous que les robots pourraient devenir les futurs « amis » des personnes âgées ?

    Je suis un geek mais je ne crois pas au concept d’une personne seule avec un robot. L’opposition IA versus l’humain n’a pas de sens. Tous nos dispositifs sont des outils qui augmentent le pouvoir humain et qui pallie le manque de présence humaine. L’idée n’est pas de remplacer le contact humain mais, au contraire, de renforcer le lien entre les personnes âgées et leurs proches. Par exemple, l’utilisateur pourra demander au robot HiNounou d’appeler son fils et il pourra discuter en direct avec lui comme s’ils étaient tous les deux dans la même pièce grâce à notre dispositif de reconnaissance faciale (trois caméras suivent l’interlocuteur lorsqu’il se déplace) permettant d’obtenir une vision à 360 degrés.

    Projetons-nous encore un peu plus. Je travaille actuellement avec des chercheurs en sciences cognitives afin de mettre au point un système permettant au robot de détecter les émotions de l’utilisateur. Si l’usager est anxieux ou dépressif, par exemple, l’un des problèmes principaux chez les personnes âgées isolées, le robot pourra lui proposer d’appeler sa fille ou de lui passer une chanson qu’il aime bien. Idem pour les questions d’ordre physique. Si le robot remarque que la personne n’a pas beaucoup bougé dans la journée et que le temps est ensoleillé, il pourra l’inciter à aller se promener en lui proposant un parcours dans un parc situé près de son domicile. Le robot pourra ainsi devenir un gentil compagnon permettant de s’assurer du bien-être de son utilisateur.

    Certains scientifiques craignent cependant que l’IA ne devienne à terme un danger pour l’Homme.

    Il ne faut pas la diaboliser comme il ne faut pas la déifier non plus. L’IA n’a pas pour but de tuer l’être humain. Le plus grand ennemi de l’Homme c’est l’Homme. Les robots ne font qu’appliquer ce que leurs fabricants ont programmé dans leurs systèmes. Si nous pensons grand et beau, nous atteindrons quelque chose de superbe.

    Quand envisagez-vous de lancer le robot HiNounou ?

    Nous sommes en train d’améliorer notre prototype et envisageons de lancer le produit final sur le marché fin 2018 ou début 2019. Nous proposons déjà le robot en offre premium. Notre idée est de nous faire un nom avec notre pack actuel centré sur une application mobile pour ensuite évoluer.

    Notre objectif est de devenir la référence dans le domaine du suivi à domicile des personnes âgées. Lorsque l’on parle de véhicules connectés, on pense à Tesla ; lorsqu’il est question d’innovation dans le secteur de la téléphonie mobile, on pense tout de suite à Apple ; j’aimerais que lorsqu’on aborde le sujet de la silver tech, on pense instantanément à HiNounou.

    Une collaboration avec le CNRS envisagée

    Vous avez échangé avec le président français, Emmanuel Macron, lors de sa visite en Chine en janvier. L’avez-vous senti réceptif face à votre produit ?

    Je voulais lui faire comprendre que ce que nous avons mis en place avec HiNounou avec nos petits moyens, nous aimerions le déployer en grand avec les acteurs français de l’high tech. Avec HiNounou, nous aimerions créer un hub d’innovation dans la silver économie car résoudre les problèmes dans ce domaine demande beaucoup de synergie. Le but serait d’interconnecter différents acteurs multi-sectoriels pour que chacun puisse apporter ses solutions spécifiques. Nous avons déjà lancé ce modèle à notre niveau mais nous souhaiterions le développer à plus grande échelle. Cela permettra d’équilibrer la balance commerciale en Chine par l’innovation car le pays pourra ainsi davantage miser sur l’exportation, ici de dispositifs axés sur les services de soins aux personnes âgées.

    Le président Macron m’a mis en relation avec la  Frédérique Vidal, ministre française de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, qui était elle aussi présente en Chine. Elle m’a ensuite présenté à Antoine Petit, le président du CNRS, et nous avons commencé à envisager une collaboration. Il m’a notamment assuré qu’il était prêt à nous aider si nous avions besoin de soutien au niveau innovation. C’est un vrai plus car la France est très bonne en matière d’innovation, elle dispose d’excellents ingénieurs et chercheurs. Le fait de réfléchir très amont aux questions éthiques n’a pas que des effets négatifs puisqu’en analytique, par exemple, les chercheurs se coupent les cheveux en quatre afin de proposer les meilleures solutions possibles. Il est donc important de faire voyager ces belles innovations en dehors de la France et de les convertir en business, de les adapter à différents marchés. Il faut dépoussiérer toutes ces idées qui sommeillent dans les tiroirs des centres de recherche et des laboratoires français.

  • Medical big data: South Korea to create a national health database

    South Korea is consolidating medical data from hospitals across the country into a single 10 million-patient repository. The goal is to use the country’s established medical IT system to create a resource that supports digital health initiatives and the development of new drugs and medical devices, said the Ministry of Trade, Industry and Energy of South Korea on February 9, 2018 in a conference held at Wonju Medical Industry Techno Valley Foundation (Gangwon Province) with local biotech and healthcare stakeholders.

    The government will implement the scheme underway in the first half of 2018 by collecting data from six hospitals. This first step yield a genetic and biometric database on millions of patients, said officials.

    Biology and healthcare: India’s global market share will reach 4% by 2022

    Officials from Daewoong Pharmaceutical bioengineering company (Seoul), Seoul Samsung Medical Center (Mediana), Korea Biotechnology Industry Organization and other local medical organizations attended the conference.

    The national database will expand further once the pilot phase is complete. The government believes that this approach will leverage an established resource to support the expansion plans of local businesses.

    Government’s long-term vision is to create about 35,000 new jobs in the growing bio and healthcare sector and to pull up the nation’s global market share from the current 1.8% to 4% by 2022.

    Analyzing big data to improve the prevention of the main diseases of the country

    The analysis of big data will be used for the research and development of new pharmaceuticals in order to predict major diseases in the country and to detect unusual symptoms in the medically vulnerable clusters.

    To better protect the personal information of patients, hospitals will have tocarry out an initial data analysis and hand over the statistic results only, said Un-gyu Paik, Trade, Industry and Energy Minister (source: The Korea Herald ).

    Towards an international development of local businesses

    « Through further deregulations and a phased public fund program, we will help local pharmaceutical and medical device companies expand into the global market, » he said.

    Collaboration with various sectors

    Once the initial database settles in, the government will seek to expand its capabilities by collaborating with various sectors, such as ICT, telecommunications, cosmetics and automobile. For example, it would like to install biosensor function in cars that may detect unusual health symptoms of the driver and contact emergency call centers when needed.

    Digital health: the government is developing a series of projects

    In addition, a healthcare smart city pilot project is to be launched from 2020 to provide citizens with a comprehensive healthcare management service based on personal health information, weather and environmental factors.

    The conference held on February 9, 2018 came as a follow-up action to the government’s recent gesture to expand its subsidies and system support for medical big data. In January, the ministry also committed to invest more into new pharmaceutical R&D and to establish an innovative industrial ecosystem.

  • Big data médicales : la Corée du Sud souhaite créer une base de données nationale

    La Corée du Sud est en train de consolider les données médicales hospitalières à travers une base unique réunissant 10 millions de patients. L’objectif est d’utiliser le système informatique médical établi du pays pour créer une ressource soutenant les initiatives de santé numériques et le développement de nouveaux médicaments et de dispositifs médicaux, a indiqué le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie sud-coréen le 9 février 2018 à l’occasion d’une conférence qui s’est tenue dans les locaux de la fondation Wonju Medical Industry Techno Valley (province de Gangwon) avec les acteurs locaux de la biotechnologie et de la santé.

    Le gouvernement mettra en place ce nouveau système au cours du premier semestre 2018 en collectant des données auprès de six hôpitaux pour commencer. Cette première étape permettra de créer une base de données génétiques et biométriques sur des millions de patients, ont déclaré les autorités.

    Bio et santé : la part de l’Inde sur la marché mondial atteindra les 4 % d’ici 2022

    Des représentants de l’entreprise de bio-ingénierie Daewoong Pharmaceutical (Séoul), du Samsung Medical Center de Séoul (Mediana), de l’Organisation coréenne de l’industrie de la biotechnologie et d’autres organisations médicales locales ont assisté à la conférence.

    La base de données sud-coréenne sera élargie une fois que la phase pilote annoncée sera terminée. Le gouvernement pense que cette approche tirera parti de la ressource établie pour soutenir les projets d’expansion des entreprises locales.

    L’objectif sur le long terme est de créer environ 35 000 nouveaux emplois dans le secteur en croissance de la biologie et de la santé et de faire passer la part du pays sur le marché mondial à 4 % d’ici 2022, contre 1,8 % actuellement.

    Analyser les big data pour améliorer la prévention des principales maladies du pays

    L’analyse des big data recueillies seront utilisées pour la recherche et le développement de nouveaux produits pharmaceutiques dans l’optique de prédire les principales maladies du pays et de détecter les symptômes inhabituels dans les groupes de personnes les plus à risque.

    Afin de protéger au mieux les informations personnelles des patients, les hôpitaux devront effectuer une première analyse des données et ne partager que les bilans statistiques, a précisé Un-gyu Paik, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie sud-coréen (source : The Korea Herald).

    Vers un déploiement des entreprises locales à échelle mondiale

    « Grâce à d’autres déréglementations et à un programme de financement public [qui sera déployé] par étape, nous aiderons les entreprises pharmaceutiques et d’équipements médicaux locales à gagner du terrain sur le marché mondial », a-t-il déclaré.

    Une collaboration avec de multiples secteurs

    Une fois la base de données initiale installée, le gouvernement cherchera à étendre ses capacités en collaborant avec divers secteurs, comme celui des TIC, des télécommunications, des cosmétiques et de l’automobile. Il pense notamment à l’installation d’un bio-capteur dans les voitures capable de détecter des symptômes inhabituels chez le conducteur et de contacter les centres d’appels d’urgence en cas de besoin.

    E-santé : le gouvernement multiplie les projets

    De plus, un projet pilote « smart city » dans le secteur de la santé doit être lancé à partir de 2020 au sein du pays pour offrir aux citoyens un service complet de gestion des soins fondé sur des informations de santé personnelles, la météo et des facteurs environnementaux.

    La conférence du 9 février est survenue peu temps après que le gouvernement a décidé d’étendre ses subventions et son soutien dans le domaine des big data médicales. En janvier, le ministère s’est également engagé à investir davantage dans la R&D dans le secteur pharmaceutique et à créer un écosystème industriel innovant.

  • Médecine de précision-USA : Medicare finance désormais les tests génétiques pour les cancers avancés

    Le Centers for Medicare & Medicaid Services américain a annoncé le vendredi 16 mars 2018 que le programme fédéral Medicare financerait désormais les tests génétiques de dépistage du cancer approuvés par la Food and Drug Administration. L’utilisation du séquençage génétique permet d’élaborer un protocole de soins ciblés et adaptés aux besoins du patient. Ces tests financés par Medicare sont utilisés exclusivement dans le cas de cancers avancés.

    Cette autorisation s’inscrit dans le cadre de l’avènement de la médecine de précision (precision medicine), que le programme fédéral Centers for Medicare & Medicaid Services a érigée en priorité. L’Institut Curie rappelle sur son site internet que « la médecine de précision s’appuie sur l’analyse des caractéristiques moléculaires et génétiques pour permettre un traitement et un suivi individualisé ou personnalisé des patients atteints de cancer ».

  • Complémentaire : Otherwise, assureur collaboratif, s’associe à la fédération des auto-entrepreneurs

    L’assureur collaboratif, Otherwise, a annoncé le 19 mars 2018 avoir conclu un partenariat avec la Fédération des auto-entrepreneurs, Fedae, pour proposer son modèle d’assurance collaborative à environ 75 000 adhérents de la Fedae.

    Les adhérents de la Fedae ont ainsi la possibilité d’intégrer, chez Otherwise, un groupe d’assurés exclusivement composé d’un public au même statut – des auto-entrepreneurs.

    Le partenariat permet aux adhérents de la Fedae d’accéder aux avantages du collectif tout en bénéficiant des prestations de qualité. Otherwise les aura également fait bénéficier d’un bonus, réservé aux assurés indépendants, qui se traduit par une réduction de 26% de leur cotisation hors taxe.

  • 7e Colloque Francophone de Simulation en Santé, Université de Caen du 4 au 6 avril 2018

    Sofrasims, la Société francophone de simulation en santé, et Norsims, le centre de simulation hospitalo-universitaire caennais, organisent du 4 au 6 avril 2018 la 7e édition du Colloque Francophone de Simulation en Santé à l’Université de Caen Normandie.

    Sofrasims, association créée sous le haut patronage de la Haute Autorité de Santé (HAS) afin de promouvoir l’utilisation de la simulation dans tous les domaines de la santé par la formation, la recherche et la diffusion de recommandations, propose un événement de trois jours autour de la simulation articulés autour de conférences, ateliers, démonstrations et débats.

    Y seront abordés notamment les thèmes de la place de la simulation en télémédecine, télé-expertise neurologique et télésurveillance multi-pathologies lors du pré-congrès. La place de la simulation dans les cursus de formation initiale ou continue, dans la chirurgie sont à l’ordre du jour. Des intervenants internationaux rendront compte de la simulation médicale aux Pays-Bas et aux États-Unis. Enfin, un symposium sur les serious game et la formation de demain aura lieu le jeudi 5 avril 2018.

    Le programme complet est disponible via le lien ci-contre.

    Programme

    •  PRECONGRES Télémédecine et simulation :
      • Introduction : Emmanuel Touzé, Caen ; Dominique Goutte, Agglomération Caen-La-mer; Rémi Sabatier, Caen
      • 9h10- 9h40 : Pourquoi une formation en télémédecine ?, Nathalie Salles, Bordeaux;  Lydie Canipel, Paris
      •  9h40 – 10h10 : Formation à la téléconsultation par la mise en situation Grégory Szwarc, Caen
      • 10h30 – 10h50 : Place de la simulation en télémédecine : en diabétologie, Mickaël Joubert, Caen
      • 10h50 – 11h10 : Place de la simulation en télémédecine : télé-expertise en urgence – la prise en charge des urgences neurologiques, Elisabeth De Mederos, Besancon
      • 11h10 – 11h30 : Formation à la Télésurveillance multi-pathologies : le bon usage de l’outil enseigné par la simulation de cas clinique, Karine Hauchard, Caen ; Frédérique Gudanis, Caen
      • 11h30 : Débat sous forme de table ronde des intervenants
    • Ouverture du Congrès :
      • 14h – 15 h : Table ronde : place de la Simulation dans les cursus en santé, Modérateur : Dan Benhamou, Paris
      • 17h15 – 18h 15 : La simulation en Francophonie : exemple de la Tunisie, Hamdi Boubaker, Monastir, Tunisie ; Modérateurs du débat : Dominique Van Pée, UCL, Louvain ; Dan Benhamou, Paris
    • Jeudi 5 avril :
      • Matin : Des débats autour du patient simulé et des simulations in situ
      • 13h15 – 14 h: Patient simulé, Jan-Joost Rethans, Mastricht, Pays-Bas
      • 14h- 14h45 : The good judgement, Demian Szyld et Kate Morse, Center for Medical Simulation, Boston, USA
      • Ateliers autour des thèmes de la simulation et interprofessionalité et la recherche et simulation
    • Vendredi 6 avril :
      • Thèmes traités : simulation et démarche qualité ; simulation en chirurgie ; pharmacie ; psychiatrie
      • Compte-rendu des travaux des groupes de travail SoFraSimS
    • ATELIERS & SYMPOSIUMS
      • Des ateliers à destination des industriels seront proposés jeudi 5 avril pour déterminer comment bien construire un atelier de simulation procédurale.
      • Par ailleurs, des ateliers à destinations des techniciens en simulations seront disponibles :
        • 10h45-11h15 : État des lieux Canada / France de la formation initiale et continue pour les techniciens en simulation, Mélanie Pelletier, Laval et Bertrand Bech, Paris
        • 11h15-11h45 : En quoi les techniciens sont-ils concernés par un DU/attestation de formation de formateur en simulation ou une formation spécifique, Marc Lilot, Lyon ; Lucas Denoyel, Lyon ; Victor Gasia, Strasbourg ; Bertrand Bech, Pari
        • 11h45-12h15 : Définition d’une fiche de poste et des compétences «technicien en simulation» homogène en franco-phonie (SofraSimS) Victor Gasia, Strasbourg ; Stéphane Aymer, Chambéry
        • 12h15 – 13h15 : SYMPOSIUM 1 : SERIOUS GAMES & FORMATION DE DEMAIN

    Inscription et tarifs

    L’inscription se fait par le biais du formulaire électronique disponible via ce lien.

    Les tarifs d’inscription sont compris entre 100 et 630 euros.

  • Télémédecine : Soins aux Professionnels en Santé s’associe à CATEL pour aider les médecins ruraux

    L’association SPS – Soins aux professionnels en santé, qui défend la santé des professionnels de santé rendus vulnérables, veut également accompagner et soutenir ceux exerçant dans les territoires « oubliés ».

    Lors d’une conférence de presse, à Paris, le 14 mars 2018, l’association a annoncé le lancement du « Care des territoires ruraux oubliés », une mission visant, grâce à l’intelligence artificielle et la télémédecine, à améliorer la qualité de vie des professionnels de santé gênés dans leur exercice, et à optimiser leur activité et la prise en charge des patients, en apportant de l’acte, de l’avis médical, de l’expertise et de la surveillance et en premier lieu dans les zones rurales dites « déserts médicaux ». 

    Ce nouveau modèle de coopération et de coordination est mis en place avec l’accompagnement du Club des Acteurs de la TELésanté.

    Améliorer l’attractivité du territoire pour de nouveaux soignants

    « Le Care permettra d’apporter, dans les territoires ruraux oubliés, les actes et avis médicaux physiques et virtuels ainsi que les experts attendus depuis 10 ans », explique le Dr Eric Henry, président de SPS. Le principe consiste à doter les professionnels de santé d’outils d’analyse et de décision en intelligence artificielle, leur permettant de recueillir la problématique de chaque patient, et d’en transmettre les éléments à un médecin coordinateur distant dans le cadre de la télémédecine.

    L’objectif commun de ce projet, qui regroupe plus de 60 acteurs de tous horizons, est :

    • d’améliorer l’attractivité du territoire pour de nouveaux soignants en faisant évoluer les mentalités;
    • de réorganiser, en partenariat avec les professionnels de santé locaux, les élus et les patients, l’offre territoriale de soins ;
    • de rendre le nouveau système plus simple et plus lisible ;
    • d’apporter de nouvelles techniques de la e-santé et d’intelligence artificielle ;
    • de faire réapparaître des médecins consultant physiquement aux côtés de consœurs et confrères locaux ou aux côtés des infirmières de pratiques avancées locales, via le partage des compétences ;
    • de s’occuper au mieux des pathologies lourdes, chroniques et du handicap tout en augmentant le temps médical et la prise en charge des troubles aigus ;
    • de diminuer les déplacements, avis d’experts et hospitalisations inutiles, en favorisant la pertinence des soins et le bon acteur face au bon usager.

    Parmi les partenaires, on trouve Medaviz, Medical Intelligence Service, Mediveille, la Fédération nationale des infirmiers, les Universités des Déserts Médicaux et Numériques, etc.

    Les cibles du projet : une communauté des 50 territoires ruraux « oubliés »

    « La mise en œuvre de la nouvelle mission SPS passe par la constitution d’une communauté de 50 territoires ruraux oubliés. C’est à ce prix que la légitimité de la démarche initiées par SPS sera respectée« , explique le Dr Henry. Ces 50 territoires recrutés (5 par région) devront accepter de financer une partie du projet et d’inscrire – par territoire – un nombre déterminé de patients lourds et chroniques et/ou handicapés sur le réseau de surveillance.

    Cette action des 50 territoires permettra de créer un fonds financier suffisant pour motiver la créativité des 60 acteurs à l’origine de la plateforme, en cours de conception. « Grâce à ce fond financier, les médecins coordinateurs de la plateforme, qui fonctionnera 24h/24 et 7j/7 pourront assurer le règlement des dossiers décompensés alimentés dans des conditions optimales« , explique le président de l’association.

    Par la masse qu’ils représenteront, ces 50 territoires ruraux oubliés regroupés en communauté seront considérés comme un groupe repérable. Selon la SPS, cette « nouvelle région de France », devra pouvoir bénéficier comme toute région de moyens et d’une administration propre. Même dispersée, cette nouvelle région sera entendue comme une vraie entité territoriale.

    Sont pressentis dans ce recensement les espaces les plus gravement touchés : les îles, le grand bassin parisien, le cœur du Massif central (Aubrac, Margeride), le Jura, les Vosges, le bocage vendéen, le nord et certaines zones de la Nouvelle Aquitaine.

    Les moyens : plateforme nationale avec e-santé, intelligence artificielle et unités mobiles

    « Le Care des territoires oubliés » s’appuie sur quatre niveaux :

    • une plateforme nationale de recueil de données e-santé, d’analyse de ces données par l’intelligence artificielle, de coordination des dossiers décompensés avec ses coordinateurs ;
    • les praticiens en santé locaux, des élus et des citoyens ; 
    • la mobilité médicale (unités mobiles de professionnels de santé assurant des consultations et visites physiques) ;
    • l’évaluation pertinente.

    Fonctionnement de la plateforme de recueil des données

    La plateforme filtre les données objectives (tension artérielle, poids, hémoglucotest, chute, mouvements…) et subjectives (plaintes provenant des patients eux-mêmes ou des acteurs de terrain, aidants, auxiliaires de vie, ambulanciers, HAD, téléassistance, résidences services seniors…), les demandes connectées des professionnels. Elle les répartit en « aiguës » ou « chroniques ».

    Les données, rentrées par le patient dans un questionnaire standardisé, sont analysées par un logiciel permettant d’envisager des hypothèses diagnostiques avec une pertinence de 87%. Celles issues d’appels téléphoniques sont traitées via l’application MEDVIR, celles issues des mails, sms, Twitter ou Facebook via une interface Semdee.

    Le compte-rendu de synthèse de ces données est fabriqué automatiquement par l’application et envoyé au médecin coordinateur SPS qui prend alors la décision qui s’impose.

    Les patients aigus de ces territoires ruraux oubliés peuvent bénéficier de consultations virtuelles de différentes sociétés de télémédecine interconnectées.

    Les patients porteurs de pathologies lourdes, chroniques et de handicaps nécessitent d’être hyperconnectés. C’est grâce à ces connexions que les informations patients (données objectives par le biais des outils de e-santé, données subjectives recueillies dans les tablettes au domicile des patients âgés et les demandes des professionnels empêchés, ordonnances, biologie, certificats…) peuvent être recueillies. Ces données brutes initiales remontent vers la plateforme nationale d’analyse SPS. De leur analyse et de leur tri (conservation des données pertinentes) partira ensuite une alerte (classée selon l’urgence à agir).

    À la recherche de partenaires

    L’objectif est d’activer tous les leviers qui permettront de mettre en place le projet et le faire monter en puissance pour le rendre opérationnel courant 2018. Le projet le « Care des territoires » sera guidé par une charte d’engagement et de méthodologie.

    L’association SPS appelle toutes les structures impliquées et motivées par la mise en œuvre à devenir partenaires de ce projet : mairies, départements, présidences de région, caisses primaires d’assurance maladie, mutuelles, fondations, pouvoirs publics régionaux, ministères, caisse nationale d’assurance maladie, etc.