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  • Formation : l’Université de Bordeaux recrute pour son Master SI & technologies informatiques en santé

    Le Master 2 SITIS, Systèmes d’informations et technologies informatiques pour la santé, de l’Université de Bordeaux forme des spécialistes en informatique de santé, ayant de solides bases théoriques dans les systèmes d’information et capables de les appliquer.

    La formation permet d’acquérir (en 400h de cours et un stage) une maîtrise des aspects théoriques de ce domaine spécifique et une autonomie dans la mise en œuvre et l’utilisation des méthodes informatiques liées à l’extraction, au traitement et à l’exploitation de l’information médicale.

    Les candidatures pour le Master 2 SITIS 2018-2019 sont ouvertes jusqu’au 15 juin 2018 via la plateforme Apoflux (lien ci-contre). 20 places sont disponibles.

    Qu’est-ce-que l’informatique de santé ?

    Il s’agit d’un ensemble de savoirs et de savoir-faire nécessaires à la compréhension des mécanismes d’interprétation et de raisonnement médical, d’abstraction et d’élaboration des connaissances, de mémorisation et d’apprentissage.

    L’informatique de santé est l’application des techniques issues de l’informatique au domaine médical.

    Objectifs de la formation

    Le domaine de l’informatique de santé est un domaine en plein essor qui concerne un vaste secteur d’activités en Gironde.

    À l’issue de cette année de formation spécialisée en Master 2, l’étudiant est en capacité de :

    • proposer et mettre en œuvre des solutions logicielles pour une application en santé donnée, prenant en compte les contraintes d’usage liées à ce domaine ;
    • intégrer les contraintes liées à l’interopérabilité dans le développement de solutions logicielles en santé ;
    • mettre en œuvre des architectures d’intégration de données et des solutions pour l’utilisation secondaire de données biomédicales ;
    • représenter les connaissances d’un domaine dans le champ de la santé ;
    • savoir appliquer les conditions spécifiques permettant de garantir la sécurité, la confidentialité et l’intégrité des données dématérialisées de santé.

    Les débouchés sont divers. Les anciens étudiants du Master 2 sont aussi bien ingénieur support applicatif, praticien hospitalier qu’analyste programmeur.

  • Etude : moniteurs d’activité et coaching à distance n’améliorent pas les capacités de marche (Jama)

    Des exercices à domicile avec un moniteur portable et un coaching téléphonique n’ont pas eu l’effet escompté chez des patients souffrant d’artérite des membres inférieurs. Leurs résultats au test de marche de 6 minutes ne s’étaient pas améliorés après 9 mois d’entrainement. Les résultats de ces travaux*, publiés le 24 avril 2018 dans le Jama, mettent en évidence les limites d’une intervention à distance pour modifier des comportements.

    Le coaching à distance pour développer l’exercice physique chez des malades

    Le cholestérol se dépose sur toutes les artères, pas seulement celles qui mènent au coeur. Quand des plaques commencent à diminuer l’apport de sang et d’oxygène dans les pieds, les jambes et les cuisses, cela signifie que la personne souffre d’une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI). Cette pathologie, qui touche 3% de la population française, se manifeste surtout par des douleurs musculaires et une diminution du périmètre de marche. L’obstruction des artères peut provoquer une gangrène ou une thrombose aiguë qui nécessite un traitement en urgence.

    Pour éviter ces complications, le traitement médicamenteux est souvent complété par une rééducation de reconditionnement à l’effort. Les exercices sur tapis roulé supervisés et réalisés dans ces centres spécialisés ont démontré leur efficacité. Ils sont donc recommandés en traitement de première intention. Cependant, beaucoup de malades ne se rendent pas 3 fois par semaine dans un centre pour réaliser ces exercices. Les exercices à domicile, avec des visites au centre toutes les 1 à 4 semaines, sont donc conseillés.

    Un essai avec fitbit et conseil téléphonique

    Des chercheurs américains ont donc mis au point un programme de réentrainement qui se voulait attractif avec un moniteur d’activité portable et du coaching téléphonique. Ils ont ensuite mené un essai clinique randomisé auprès de 200 patients pour évaluer l’impact d’un programme sur leurs capacités d’endurance au bout de 9 mois. Le programme de réentrainement dans le groupe d’intervention se déroulait de cette façon :

    • 4 séances hebdomadaires pendant 4 semaines dans un centre avec un coach pour fixer les objectifs de marche
    • A partir du 2ème mois : contacts téléphoniques avec le coach qui s’espacent progressivement jusqu’au 5ème mois
    • les conseils étaient individualisés mais les participants devaient en général faire 5 exercices par semaine
    • les participants étaient équipés d’un moniteur type FitBit pour surveiller leur activité physique. Les résultats étaient envoyés par bluetooth sur le site de l’étude
    • les participants étaient encouragés à partager leurs réussites entre eux

    Les membres du groupe contrôle ne se rendaient pas au centre pour effectuer des exercices physiques.

    Pour évaluer l’impact du programme, les auteurs de l’étude disposaient de plusieurs outils : le test de marche de 6 minutes, les données objectives d’activité physique, et des questionnaires de ressenti sur la mobilité, la douleur, la satisfaction globale… Les résultats de ces travaux ont été publiés le 24 avril 2018 dans le Jama.

    Résultats : les efforts s’essouflent

    • Au bout de 3 mois, les participants bénéficiant d’un coaching à distance et d’un moniteur d’activité connecté avaient augmenté la fréquence d’exercices (de 1,7 au début de l’étude à 3,7 séances par semaine)
    • Au bout de 6 mois, l’intensification des exercices était encore significative mais en diminution (de 1,7 au début de l’étude à 2,8 séances par semaine)
    • Au bout de 9 mois, la fréquence des séances était revenue au niveau initial. Plus aucune amélioration n’était enregistrée
    • Les résultats aux différents questionnaires ne montraient aucune différence avant et après le programme de réentrainement. Le score de douleur était même meilleur dans le groupe contrôle que dans le groupe d’intervention.

    Le contact humain nécessaire pour changer les comportements

    Les auteurs de l’étude avancent plusieurs raisons pour expliquer ce résultat négatif. « Tout d’abord, pour les interventions comportementales, le coaching à distance est moins efficace que les visites en personne. En outre, les consultations mensuelles par téléphone au cours des quatre derniers mois et demi de l’intervention étaient peut-être trop rares. » Enfin, les patients atteints d’AOMI qui sont intéressés par un exercice à domicile sans visite au centre médical sont peut-être moins déterminés que les patients qui acceptent de participer à un exercice supervisé.

    Quoi qu’il en soit, ces résultats ne plaident pas en faveur des exercices à domicile avec appareils portables et consultations téléphoniques sans visites périodiques sur place pour améliorer les performances de marche chez les patients atteints d’artériopathie des membres inférieurs.

  • Santé mentale des élèves : la Californie veut autoriser l’usage de la télémédecine dans les écoles

    L’Etat de Californie (USA) a soumis à l’examen du California Committee on Health un projet de loi intitulé the California bill AB 2315 on pupil health, le 17 avril 2018. 

    Le projet de loi encourage le California State Department of Education et le State Department of Health Care Services à développer, avant le 31 décembre 2019, de nouvelles lois visant à autoriser et généraliser l’usage de services de télémédecine dans les écoles des quartiers défavorisées de l’Etat.  

    Le projet de loi cible spécifiquement les pathologies mentales et troubles du comportements, qui affectent de nombreux élèves de communautés faiblement dotés en services médicaux. La Californie est un Etat pionnier en matière de télémédecine, dont il a fait un outil de lutte contre la désertification médicale et les inégalités sociales de santé (California Telehealth Advancement Act, 2011).

    Le projet de loi est consultable ici.

    Le California Telehealth Advancement Act de 2011 est consultable ici.

  • Roadshow « Cancer » : télésuivi, patient acteur de santé et big data, le 16 mai 2018 à Talence

    Ancré dans les territoires de la Nouvelle-Aquitaine, le roadshow proposé par l’Alliance Innovation Santé Nouvelle-Aquitaine (Allisna) se veut l’occasion de mettre en relation les acteurs régionaux du domaine du cancer. La troisième et dernière étape du roadshow Cancer se déroulera le mercredi 16 mai 2018 à Bordeaux. Elle sera particulièrement dédiée aux innovations : parcours de santé, télé-suivi, patient acteur de sa santé, médecine personnalisée, big data, etc.

    Les objectifs de ce roadshow sont multiples : 
    • mettre en relation des industriels, universitaires, chercheurs et cliniciens et étendre leurs opportunités de contacts suite au regroupement des territoires d’Aquitaine, du Limousin et de Poitou-Charentes ;
    • présenter une vitrine des compétences et du dynamisme des acteurs dans ce domaine stratégique pour la région :
    • développer les opportunités de collaboration et de business entre les acteurs de la Nouvelle-Aquitaine via des rencontres Networking.

    Inscriptions via le lien ci-contre.

    Programme

    8:30 – 09:30  : Accueil des participants

    9:30 – 10:00 : Allocution d’ouverture

    Françoise Jeanson – Conseillère régionale de la Nouvelle-Aquitaine déléguée à la santé et à la silver économie

    Christian Fillatreau – Président du cluster TIC Santé Nouvelle-Aquitaine

    10:00 – 10:30 : Conférence inaugurale

    Isabelle Durand-Zaleski : Directrice de l’URC ECO Ile-de-France (Unité de recherche clinique en économie de la santé)

    10:30 – 11:15 : 1ère session de pitchs : Parcours de santé/Télésuivi

    •  Laboratoire IMS (Intégration du Matériaux au Système), Bruno Vallespir, Bordeaux – Modélisation et coordination des parcours de soins – Modèle du cancer du sein.
    • Association « Croc and Move », Guy Marin, Bordeaux – Pilote santé, le parcours de santé de demain.
    • ARS et Réseau régional de cancérologie, Dr Martine Vivier-Darrigol, Bordeaux – Développement du dossier communiquant en cancérologie : objectifs et enjeux en Nouvelle-Aquitaine.
    • SANOFI, Sadek Krouri, OPTI’Soins : Accompagnement des patients sous chimiothérapie intraveineuse via une plateforme d’appel téléphonique.
    • NP Médical, Nicolas Pages, Bordeaux – Projet Satelia : projet d’innovation médical et organisationnel permettant la coordination et la personnalisation des soins.
    • CHU de Limoges, Caroline Gayot, Limoges – Onco-ICARE : télésurveillance à domicile des personnes âgées atteintes d’une néoplasie stabilisée (oncogériatrie à domicile).

    11:15 – 11:45 : Pause café

    11:45 – 12:00 : Retour d’expérience : eDom Santé – Dr Nathalie Quenel-Tueux, Oncologue de l’Institut Bergonié

    eDom Santé est une expérimentation qui cible le maintien à domicile des patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique avancé. Le but de cette étude est de s’adresser avant tout à des personnes isolées, fragiles et parfois âgées. Cette expérimentation permet une surveillance à distance de patientes grâce à une montre connectée, un outil de vidéoconférence et une tablette.

    12:00 – 12:45 : 2ème session de pitchs : Patient acteur de sa santé

    • LUCINE, Maryne Cotty-Eslous, Bordeaux – Dispositif qui mesure, analyse et soulage la douleur.
    • Institut Bergonié, Bertrand Liziard, Bordeaux – Projet TELE@PIT : télésurveillance, téléconsultation et télé expertise des patients porteurs de pompes intrathécales.
    • BMS, Projet VIK-e : vise à rompre l’isolement des enfants et adolescents hospitalisés en chambre stérile via un robot de télé-présence mobile leur permettant de maintenir un lien social.
    • ELIMAJE, Jean Godart, Poitiers – Colo Test : kit de diagnostic du cancer colorectal connecté avec le médecin.
    • Institut Bergonié, Dr Thomas Grellety, Bordeaux – Etude PRIORITY : attentes et priorités des patients âgés atteints de cancer pour un premier traitement médical. 
    • Groupe Vivalto Santé et Domicalis, Sandra Eclancher et Marie-Pascale Chague – Projet ChimiOrale : déploiement d’un parcours numérique de soins destiné à accompagner les patients avant et pendant les traitements de chimiothérapie orale.

    12:45 – 14:30 : Pause déjeuner

    14:30 – 15:15 : 3ème session de pitchs : Médecine personnalisée / Big Data

    • Roche, Frédéric Chassagnol – Projet PRM (Modèles de Remboursement Personnalisé) :  réflexion sur de nouveaux modèles de valorisation de traitements innovants.
    • Capionis, Sébastien Marque, Bordeaux – Caractérisation des parcours patients atteints d’une Leucémie Myéloide Chronique à partir des bases de données de l’assurance maladie.
    • Equipe MONC (modélisation mathématique pour l’oncologie) INRIA, Oliver Saut, Bordeaux – Projet aRCaDE (Radiomics for Cancer Diagnostic and Evaluation) : nouveaux outils d’intelligence artificielle couplés à l’imagerie médicale.
    • CHU Bordeaux/INSERM (U1219 – ERIAS), Dr Vianney Jouhet, Bordeaux – Entrepôt de données cliniques support à l’utilisation secondaire de données massives en cancérologie.
    • CIC 1401 / INSERM (U 1218 – Unité Action), Pr Simone Mathoulin-Pelissier – Multipli : projet pilote en cancérologie basé sur une analyse génomique de la tumeur dans le cadre du plan France Médecine Génomique 2025.
    • Onkologikoa Foundation, Ander Urrutikoetxea, San Sébastien (Espagne) – IMPETUS : An innovation ecosystem for value-based personalized medecine in cancer.

    15:15 – 15:30 : Actualités en Nouvelle-Aquitaine

    • Concours Innovation du Conseil régional Nouvelle-Aquitaine : rappel des modalités –  Carole Doucet – Cheffe du service Santé et Silver Économie du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine
    • Projet OncoSphère : structurer les forces en cancérologie de Nouvelle-Aquitaine  Pr Pierre Soubeyran – Directeur du SIRIC BRIO, Président de la Société Francophone d’Onco-Gériatrie

    15:30 – 16:00 : Pause café

    16:00 – 17:00 : Table ronde « Patient, éthique et protection des données de santé »

    Animateur : Pr Pierre Soubeyran – Directeur du SIRIC BRIO, Président de la Société Francophone d’Onco-Gériatrie

    Intervenants : 

    • Martine Rogério – Communauté de patients Asperon & Co
    • Dr Jacques Faucher : Médecin chercheur en bioéthique – Espace Bioéthique Aquitain
    • Pr Nicole Tubiana-Mathieu : Oncologue au CHU de Limoges
    • Silviane Darquy : Chargée de recherche INSERM

    17:00 – 17:45 : Conclusions

    • Gaël Champier – Président d’Invivolim
    • Luc Grislain – Président du GIPSO
    • Alain Rousset – Président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine

    Le programme complet est disponible via ce lien.

  • « Les acteurs de la santé peuvent bénéficier de la recherche médicale spatiale » (CNES et Lyonbiopôle)

    « Permettre aux acteurs de la santé « terrestre » de bénéficier des résultats de la recherche médicale spatiale, mais aussi d’imaginer des passerelles réciproques », tel est l’enjeu de la collaboration entre Lyonbiopôle, pôle de compétitivité santé basé à Lyon, et le Centre national d’études spatiales (CNES), entérinée le 29 mars 2018 à l’occasion d’une première journée de réflexion commune.

    H&TI s’est entretenu avec Christophe Cizeron, président de Lyonbiopôle et Gilles Rabin, économiste en Chef du CNES.

    L’objectif du partenariat est triple, rappellent-ils :
    • faire émerger de nouveaux services en accompagnant les acteurs de la santé dans l’appropriation des solutions spatiales ;
    • favoriser le développement de co-innovations répondant à la fois aux besoins de l’exploration spatiale habitée et aux besoins médicaux terrestres ;
    • identifier, au sein de notre écosystème, des innovations indispensables pour permettre à l’homme d’être un habitant de long terme dans l’espace et capitaliser sur ces solutions développées pour le spatial pour répondre à des besoins médicaux terrestres.

    Votre partenariat part du principe que les études spatiales peuvent accompagner le développement de solutions en santé mais aussi que les start-ups en e-santé de Lyonbiopôle sont susceptibles d’apporter des solutions au CNES. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    Gilles Rabin, économiste en chef au CNES : Les questions de santé ont toujours fait partie des préoccupations du spatial et inversement : d’abord parce que quand on envoie un homme dans l’espace, on veut qu’il soit en bonne santé, qu’il le reste pendant son séjour et après son retour.

    Ensuite, on a toujours monitorisé les variables du corps humain des astronautes. On sait en direct si leur cœur bat trop fort, s’ils suent, etc. Récemment Thomas Pesquet a aussi montré au grand public qu’il réalisait lui-même depuis la station spatiale des échographies quotidiennes qu’il envoyait aux médecins des équipes santé du MEDES (Institut de médecine et de physiologie spatiale), l’une des filiales du CNES. Il existe donc depuis longtemps une télémédecine de l’espace, du télédiagnostic, des transmissions de données médicales. Il est intéressant de voir comment notre expérience peut aider au développement de la télémédecine terrestre. 

    Enfin, quand on envoie des astronautes dans l’espace pendant plusieurs mois, il peut survenir une rage de dent, des problèmes de cœur et bien entendu des problèmes psychologiques, c’est ce à quoi se consacrent les professionnels du MEDES, qui étaient présents lors de cette journée d’échange. Ils peuvent bénéficier de l’expérience et de l’expertise des starts-ups de la e-santé de Lyonbiopôle.

    Christophe Cizeron, Président de Lyonbiopôle : Déployer un partenariat avec le CNES sur le développement d’applications médicales s’inscrit dans la mission fondamentale du pôle de mise en relation d’acteurs complémentaires et de promotion de l’innovation en santé. L’écosystème de Lyonbiopôle a beaucoup à partager avec celui de CNES. Il s’agit non seulement de permettre aux acteurs de la santé « terrestre » de bénéficier des résultats de la recherche médicale spatiale, mais aussi d’imaginer des passerelles réciproques.

    La puissance de la révolution numérique bouleverse le domaine de la santé : médecine personnalisée, nanotechnologies, Big Data, connexion numérique des territoires … Autant de changements qui façonnent la médecine du futur. Le spatial pourrait accompagner par exemple la transformation numérique en santé, en contribuant à faciliter l’accès à une santé pour tous, accélérant la R&D et participant à l’amélioration de l’offre de soins. Les vols habités nécessitent également de relever d’autres défis en santé pour limiter les effets de la microgravité, du confinement et des radiations sur le corps humain. Les recherches et solutions dans ce domaine peuvent avoir des retombées pour des applications sur terre dans la lutte contre le vieillissement et de nombreuses pathologies !

    L’écosystème de Lyonbiopôle peut apporter son expertise au CNES. En effet, Lyon dispose par exemple d’un P4 (laboratoire de haute sécurité, ndlr), qui pourrait être utilisé dans le futur par le CNES pour l’analyse de micro-organismes très pathogènes suite au prélèvement d’échantillons lors d’expéditions lointaines, pourquoi pas de Mars ?

    Quelles solutions innovantes envisagez-vous ? A quelle échéance ? Avec quels moyens ?

    Rabin et C. Cizeron : Notre volonté est de développer une stratégie commune de développement d’applications médicales. L’objectif est triple : faire émerger de nouveaux services en accompagnant les acteurs de la santé dans l’appropriation des solutions spatiales, favoriser le développement de co-innovations répondant à la fois aux besoins de l’exploration spatiale habitée et aux besoins médicaux terrestres et enfin identifier, au sein de notre écosystème, des innovations indispensables pour permettre à l’homme d’être un habitant de long terme dans l’espace et capitaliser sur ces solutions développées pour le spatial pour répondre à des besoins médicaux terrestres.  

    Ce partenariat pourrait, dites-vous, aider à développer des stratégies médicales de lutte contre le vieillissement ?

    G. Rabin : Pourquoi pas. Les astronautes qui reviennent de mission ont subi un vieillissement accéléré et ils ont les muscles atrophiés. Les professionnels du MEDES les aident à se réhabituer à la terre, à la gravité, à se remuscler. Ils sont au final dans un état proche d’une personne qui sort de plusieurs mois passés dans un lit d’hôpital. Quels sont les technologies, les médicaments que l’on pourrait utiliser pour aider l’un et l’autre ? Nous pourrions partager nos réflexions et nos recherches. Au CNES nous avons avancé sur ces questions mais les traitements que nous utilisons ne sont que des tests. Il faut voir si on peut les étendre à grande échelle.

    Quid de la télémédecine ? En effet si c’est faisable dans le domaine spatial, pourquoi n’est-ce pas déjà développé sur terre ?

    Bien sûr que les outils que nous développons pour les IRM, les échographies dans l’espace peuvent servir sur terre pour une personne âgée au fin fond de la Bretagne mais plusieurs problèmes se posent et ce ne sont pas des problèmes technologiques. Il y a d’abord le coût mais aussi des questions pratiques et législatives : Qui peut exercer la télémédecine ? Quelle liaison entre le domicile et l’hôpital ? Quelles précautions faut-il prendre pour assurer la sécurisation et l’anonymisation des données transmises par satellite ou 5G ? etc.

    Le 29 mars 2018 vous avez participé à une première journée de réflexion. Quelles ont été les premières conclusions ?

    C. Cizeron : Cette journée marquait effectivement le lancement de notre partenariat stratégique avec le CNES. Les échanges très intéressants, organisés autour de trois tables rondes, ont permis de partager les visions sur l’usage des technologies spatiales en santé, sur la notion d’habitat sain dans un environnement hostile à propos des vols habités et sur le suivi de la santé des astronautes dans l’espace, plus particulièrement la synergie avec le vieillissement et la sédentarité.

    Les éclairages des intervenants du CNES et des entreprises du domaine de la santé ont permis de mettre en lumière de nombreuses possibilités de collaboration.

    Quelles ont été les réactions des participants : start-ups, PME et grands groupes issus des biotechnologies, du diagnostic et de la e-santé ?

    G. Rabin et C. Cizeron : L’ensemble des participants était assez enthousiaste. Cette rencontre est la première d’une série, dont la finalité est de favoriser les approches interdisciplinaires et l’émergence de solutions innovantes. Ce partenariat d’envergure traduit la capacité de Lyonbiopôle et des acteurs de l’écosystème santé Auvergne-Rhône-Alpes à jouer un rôle moteur face aux enjeux de structuration de l’innovation santé en France. Aucun contrat n’a été signé pour le moment, les différents acteurs apprennent à se connaître et vont voir ce qu’ils peuvent faire ensemble. 

    Vous préparez pour octobre 2018 à Lyon des tables-rondes dédiées à aux applications spatiales au service de la santé. Pouvez-vous en dire plus aux lecteurs de H&TI ?

    C. Cizeron : Nous organisons chaque année en octobre notre « Journée Collaborative ». Cet événement scientifique aborde des thématiques prospectives au travers de tables rondes, conférences plénières, pitchs d’entreprises et de projets innovants. En octobre 2018, nous comptons donc dédier au moins deux tables rondes aux thématiques Espace & Santé, le plus difficile restant de sélectionner deux thèmes compte tenu du nombre potentiel de sujets intéressants et de passerelles entre nos écosystèmes.

  • DPO

    Data Protection Officer (Directeur de la protection des données, DPD)null

  • Les 7 pôles de compétitivité en santé français se constituent en réseau pour valoriser leurs actions

    Les sept pôles de compétitivité en santé français – Alsace Biovalley, Atlanpole biothérapies, Cancer-Bio-Santé, Eurobiomed, Lyonbiopôle, Medicen Paris Region et Nutrition-Santé-Longévité – ont annoncé par communiqué le 11 avril 2018 le renforcement de leur collaboration afin de valoriser les résultats de leurs actions depuis 2005 au bénéfice du secteur de la santé en France.

    Les sept pôles regroupent au total 1 300 adhérents, dont 1 000 PME.

    Les projets labellisés par les sept pôles représentent près de 5 milliards d’euros. Près de 1 000 adhérents, dont 748 PME, ont participé ou participent à ces projets. Les projets achevés ont permis la mise sur le marché de 400 produits ou services ainsi que la création de 54 entreprises.

    Intensifier les actions communes

    Forts de ce bilan, les sept pôles ont décidé d’intensifier leurs actions communes de façon à faire reconnaître la capacité d’innovation de leurs adhérents ainsi que le poids économique des filières santé qu’ils représentent.

    « Nous sommes ravis de développer ce travail en réseau des sept pôles de compétitivité en santé. Il permettra de donner un nouvel élan aux actions interpôles déjà existantes depuis 2014. Dans la perspective de la phase 4 des pôles de compétitivité, nous nous organisons afin de multiplier et structurer ces actions », déclarent conjointement les sept présidents des pôles.

    « Ensemble, nous sommes plus forts et donnons plus d’opportunités à nos adhérents. Les chiffres consolidés montrent l’impact qu’ont les pôles sur le tissu économique français. Nous allons continuer notre mission pour dynamiser l’emploi, améliorer l’attractivité des territoires et réindustrialiser la France. »

  • Il faut doter les professionnels de santé d’une « culture de la data » (J. Lucas et C. Politi)

    Le numéro de la Revue hospitalière de France mis en ligne le 20 avril 2018 publie un entretien croisé entre le vice-président du Cnom (Conseil national de l’ordre des médecins), Jacques Lucas, et Cyrille Politi, conseiller en transition numérique de la FHF (Fédération Hospitalière de France), dans lequel ils soulèvent les enjeux liés au données médicales et au RGPD.

    Répondre aux interrogations d’ordre éthique et prendre les mesures nécessaires visant à appréhender les risques associés en amont de leur survenue, grâce au rôle du DPO, est nécessaire selon ces deux personnalités. Néanmoins, selon eux une régulation bien mesurée s’impose afin de garantir l’exploitation du levier que représentent les données au service d’une meilleure médecine de demain.

    Débattre en vue d’instaurer une transparence

    Concernant les enjeux autour du RGPD, les deux acteurs mettent en lumière l’importance d’un débat public pour traiter des questions qui ne sont même pas formulées à l’heure actuelle. Selon eux, il est primordial de doter les professionnels de santé d’une « culture de la data ».

    Cyrille Politi remarque que le RGPD a le mérite de soulever des « interrogations en termes sociétaux » pour ouvrir un débat sur la collecte insidieuse des données effectuée par les GAFA via des applications de smartphone, à laquelle on n’a actuellement pas les moyens de s’opposer si on souhaite recourir au service proposé, mais qui serait un droit légitime.

    Pr Jacques Lucas, dans son rôle de médecin, rappelle la nécessité déjà formulée dans le Livre blanc du Cnom, intitulé Médecins et patients dans le monde des data, des algorithmes et de l’intelligence artificielle, de traiter les interrogations éthiques émanant de l’utilisation des données et de les porter devant les instances à l’échelle nationale, comme supranationale et internationale, et il espère l’implication de l’Association médicale mondiale

    La transparence est de mise dans la gestion des données et les professionnels de santé doivent être bien avertis avant de pouvoir éclairer à leur tour les citoyens-patients dont il s’occupent dans leur pratique quotidienne de la médecine.

    Former les professionnels de santé aux risques et les limiter grâce au travail du DPO

    Pr Jacques Lucas fait ressortir le risque accru de perte, de fuite et d’altération des données contenues dans les dossiers des patients dû à l’organisation territoriale des soins caractérisée par l’implication des acteurs de la médecine de ville et d’hôpital d’une part, et l’organisation en GHT de plusieurs établissements de soin à l’échelle d’un territoire.

    À ce titre, il appelle à une réflexion autour des données échangées à l’échelle d’un territoire menée par une communauté qui pourrait prendre la forme d’un DIM de territoire.   

    Pour réduire les risques émergeant, selon lui, ce sont les médecins du DIM qui ont un véritable rôle à jouer en réservant l’accès aux base de données exclusivement aux personnes habilitées, tout en ouvrant davantage de possibilités de les consulter si la fin le justifie.

    Selon Cyrille Politi, c’est le rôle du DPO, responsable de la protection des données, grâce aux études d’impact sur la vie privées (EIVP), de consigner les usages, d’évaluer le risque associé et de mettre en place un plan d’actions en fonction du niveau de risque. Il qualifie le DPO de « chef d’orchestre » « responsable de la symphonie des données », en garantissant des flux sécurisés entre les acteurs de la donnée, producteurs, gestionnaires ou exploitants.

    Les enjeux en termes de réputation et d’image des établissements, ainsi que les sanctions émanant du RGPD (4% du chiffre d’affaires, gel du systèmes d’information non conforme, responsabilité pénale, etc.) garantiront une mobilisation maximale des acteurs de la santé.

    Exploiter les données au service de la médecine de demain

    Interrogés par la Revue hospitalière de Franceà propos de la valeur des données et les façons dont à l’avenir elles seront susceptibles d’être exploitées, les acteurs convergent – les données sont une ressource stratégique. Elles constituent l’eau qui va alimenter le moulin de la recherche scientifique, des parcours de soin pertinents et d’un équilibre médico-économique, en répondant aux enjeux économiques et sociétaux.

    Cyrille Politi rappelle l’annonce du Président de la République à l’occasion du sommet AI for Humanity du 29 mars 2108 de vouloir créer un « hub des données de santé » et voit les données comme « matière première de l’intelligence artificielle ».

    Il souligne l’importance de l’engagement des établissements dans cette démarche au service d’une médecine du futur efficace et capable de prévenir les maladies.

  • RespirH@cktion : appel à projets pour l’édition 2018 du hackathon des maladies respiratoires

    RespirH@cktion est un hackathon santé entièrement dédié aux pathologies respiratoires : BPCO, apnées du sommeil, asthme, cancer du poumon et maladies pulmonaires interstitielles.

    Sa 3e édition se déroulera à la Faculté de médecine de Lille du 12 au 14 octobre 2018.

    Les porteurs de projets ayant un projet digital pouvant venir en aide aux malades respiratoires dans leur quotidien ou dans leur prise en charge peuvent tenter de participer à ce hackathon et remporter un des deux prix de 5 000 euros ou l’un des nombreux prix d’accompagnement pour booster leur projet.

    Date limite de dépôt des projets : 30 juin 2018, via le lien ci-contre.

    « Le hackathon RespirH@cktion, c’est l’événement qui propose des projets autour des maladies respiratoires. Durant 48h, médecins, patients, étudiants, geeks, développeurs, designers se réunissent autour d’une quinzaine de projets communs. L’objectif, explique Caroline Mascret, organisatrice de l’événement, est de faire aboutir ces projets. »

    L’an dernier, parmi les porteurs de projets récompensés on trouvait Vitality Recovery, un programme numérique d’accompagnement avec un support de réalité virtuelle/augmentée pour les patients BPCO ayant eu une réhabilitation respiratoire ou non, ou encore BEES – BreathE Easy at School, un carnet de santé numérique, visuel et pédagogique, pour accompagner les enfants de 1 à 3 ans pendant le temps scolaire et périscolaire et faciliter la mémorisation de la prise en charge médicale par leur enseignant. 

    Dix associations de pneumologies unies dans la lutte contre les maladies respiratoires sont à l’origine de cette initiative :

    Alliance Apnée du sommeil, Fédération française de pneumologie, la Fondation du souffle, Association Asthmes et Allergies, l’Association Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive, la Fédération française des associations et amicales de malades insuffisants ou handicapés respiratoires, le Syndicat de l’appareil respiratoire, la Société de Pneumologie de langue française et l’Association des pneumologues de la Région Nord, Association de Perfectionnement post universitaire des Pneumologues.

    Comment déposer un projet ?

    1. Un premier dépôt sur le site via un formulaire simplifié

    2. Pré-sélection du projet et contact du candidat pour un second dépôt via un dossier plus complet avec pièce jointe (JPEG, vidéo ou PDF)

    3. Les projets complets seront soumis à un vote en ligne à partir du 3 septembre 2018 et le porteur de projet activera son réseau personnel et professionnel pour soutenir son initiative

    4. Sélection finale de 15 projets par le comité de sélection

    Les projets définitivement retenus pour la participation finale à l’évènement Respirh@cktion seront communiqués sur le site internet www.respirhacktion.com.

    Déroulement du Hackathon

    Rendez-vous à Lille, du 12 au 14 octobre 2018 :

    • Étape 1 : le pitch

    Devant une assemblée de 200 à 300 personnes composée de geeks, de designers, de scientifiques, de patients, d’utilisateurs, d’entrepreneurs, d’étudiants, etc., les 15 porteurs de projets sélectionnés ont 3 minutes pour faire leur « pitch ». Le pitch a pour objectif de présenter les bases du projet et d’exprimer son objectif ainsi que les compétences nécessaires à l’atteinte de cet objectif.

    • Étape 2 : création des équipes

    La première soirée de RespirH@cktion est une étape clé pour le recrutement des équipes. Les porteurs de projets ont pour mission de recruter 9 personnes au maximum qui sont prêtes à s’investir à fond pour booster et rendre viable le projet !

    • Étape 3 : création et développement

    Les 15 groupes créés vont travailler pendant 40 heures non stop pour développer le projet (plateforme/site web/device, etc.) et préparer la présentation pour le pitch de la finale où ils vont devoir être réalistes et convaincants.Tout au long du week-end des « coachs » experts seront mis à disposition pour conseiller et guider les participants.

    • Étape 4 : la finale

    Restitution des 15 groupes lors d’une présentation de 5 minutes, sous forme de power point, maquette, prototype ou encore d’une vidéo. Les prix seront décernés par un jury pluridisciplinaire.

  • EOS Imaging à la conquête du secteur hospitalier orthopédique privé aux États-Unis

    EOS Imaging, start-up spécialisée en imagerie médicale orthopédique 2D/3D, a annoncé le 25 avril 2018 l’installation de son système d’imagerie dans deux centres orthopédiques privés aux États-Unis. Il s’agit des centres de University Orthopaedics de Providence, à Rhode Island, et Hey Clinic à Raleigh, en Caroline du Nord. 

    Les principales caractéristiques de la solution présentées comme un avantage par les professionnels de santé ayant contribué au choix de cette solution sont :
    • la qualité d’image ;
    • la faible radiation qui diminue les risques de cancer ;
    • les capacités de modélisation 3D pour la planification du traitement ;
    • la capacité à améliorer l’échange avec les patients et leurs familles sur leurs pathologies et les options de traitement ;
    • la disponibilité d’un programme de financement sur mesure.

    Selon la société, le secteur privé américain regroupe actuellement 73% des centres de consultation orthopédique.

    Un partenaire de la recherche médicale

    University Orthopaedics est une clinique privée, disposant de plusieurs sites, et dédiée aux pathologies orthopédiques.

    Le centre mène de nombreux programmes de recherche clinique visant à innover dans le domaine des techniques de chirurgie orthopédique, des implants chirurgicaux et dans la prévention des pathologies ostéo-articulaires, ce qui explique son intérêt pour une solution d’imagerie médicale innovante dédiée aux pathologies ostéo-articulaires et à l’orthopédie, qui associe équipement et services.

    Marie Meynadier, la CEO d’EOS Imaging a déclaré à propos de ces deux opérations : « Notre technologie a obtenu une reconnaissance solide des hôpitaux universitaires privés, tant sur le plan clinique qu’en termes d’efficacité opérationnelle. Les centres de consultation privés jouent un rôle important dans les soins orthopédiques aux États-Unis et nous ferons de notre mieux pour les aider à faciliter l’accès à notre solution 2D / 3D à faible dose pour un nombre croissant de patients. »

    La société espère continuer à équiper les centres de soins orthopédiques américains.