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  • Comment réinventer le modèle des Ehpad ? (Conférence de l’espace éthique Ile-de-France)

    L’Espace éthique Ile-de-France organisait le vendredi 27 avril 2018 à la mairie du IVe arrondissement de Paris, la projection du documentaire « Portes closes » de Christophe Ramage, suivie d’un débat sur l’avenir des Ehpad en France, en présence des députées Caroline Fiat (France Insoumise) et Monique Iborra (LREM).

    Auteurs d’un rapport parlementaire sur les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes publié le 14 mars 2018, Mmes Fiat et Iborra ont présenté les conclusions de leur mission parlementaire. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des conférences organisées par l’Espace Ethique Ile-de-France à l’occasion des Etats généraux de la bioéthique.

    Reportage « Portes closes » : quelle prise en charge des personnes âgées souffrant de maladie neurocognitives ?

    Réalisé par Christophe Ramage, le documentaire « Portes Closes » suit le quotidien de personnes atteintes de maladies neurocognitives et des équipes soignantes au sein du pôle de gériatrie du CHU de Reims. Le reportage donne à voir les dilemmes du personnel médical, soucieux du bien-être des patients, mais contraint de restreindre leur liberté de mouvement au nom d’impératifs de sécurité. Une question sous-tend l’ensemble du reportage : « comment agir et décider dans le respect des droits, des valeurs et de l’intérêt supérieur des personnes » lorsque ces dernières sont vulnérables et entravées dans leur autonomie ?

    Le CHU de Reims tend à limiter les libertés de circulation des personnes. Des modèles alternatifs et/ou étrangers, davantage permissifs, sont également présentés dans le reportage, à l’image de la maison canadienne Carpe Diem, dont les résidents sont libres de circuler en dehors de la maison. Les conditions de vie y sont moins médicalisées et de fait, moins assimilables à un environnement hospitalier. Ce mode d’accompagnement de patients atteints de maladies cognitives se déploie désormais en France, et notamment dans la région grenobloise sous le nom d’Amadiem.

    Rapport parlementaire : « Vers un nouveau modèle d’Ehpad – Quels choix politiques pour quels enjeux? »

    Le 14 mars 2018, les députées Caroline Fiat (Députée de la Meurthe-et-Moselle) et Monique Iborra (Députée de la Haute-Garonne) ont rendu publiques les conclusions de leurs travaux sur les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Leur rapport s’appuie sur de nombreuses visites de terrain en France, au Danemark et au Pays-Bas. La mission a visité dix-neuf établissements en France et à l’étranger. Si les députées reconnaissent « les nombreuses améliorations apportées ces dernières années », les députées en appellent à la refonte du modèle des Ehpad en France.

    Interrogées sur les finalités de la mission parlementaire à l’origine du rapport, les députées ont rappelé la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement (2016) ne traitait pas de la question des Ehpad. La Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a donc créé une mission « flash » de quinze jours dont les premières conclusions ont été remises en septembre 2017. Ce nouveau rapport constitue le second volet de la mission, qui a structuré son diagnostic et ses propositions autour des trois axes suivants : 

    • le constat largement partagé sur le terrain est celui « d’une prise en charge insatisfaisante malgré d’excellentes initiatives » ; 
    • les députées préconisent de repenser le modèle des Ehpad « à partir des meilleures innovations et expérimentations, en vue d’offrir un service plus qualitatif, centré sur les besoins du résident et des personnels, à la fois sur le plan des soins, sur celui de l’innovation technologique et du développement des alternatives à la surmédicalisation et à la surmédication » ; 
    • les auteurs proposent de réinventer la gouvernance et le financement des Ehpad « pour s’adapter à ce nouveau modèle ».

    Un nouveau cadre médicalisé mais pas clos

    Les députés rappellent notamment que les Ehpad accueillent aujourd’hui des patients très âgés, dont l’âge moyen s’élève à 85 ans. Ces résidents présentent « souvent » des troubles neurocognitifs et présentent des pathologies qui nécessitent de les accueillir dans un cadre médicalisé. Par ailleurs, 30% des établissements visités par les rapporteures ne disposaient pas de médecin coordonnateur ni d’infirmières de vie. Toutefois, poursuivent les députés, le modèle de l’Ehpad de demain n’est pas celui de « l’enfermement ».

    Les résidents en Ehpad pourront, dans ce nouveau modèle, loger en Ehpad quand ils le souhaitent, et résider à domicile quand cela leur semble préférable. Des villages peuvent également voir le jour, conçus pour recréer des conditions de vie « normales » mais présentant les conditions de sécurité et de suivi nécessaires à la prise en charge d’individus âgés et/ou dépendants. Enfin, soulignent les rapporteures, les Ehpad se situent principalement en dehors ou en périphérie des grandes villes. Elle en appellent à l’intégration croissante de ces établissements, qui peuvent être adossés aux crèches ou écoles maternelles, par exemple, pour favoriser la mixité inter-générationnelle.

    Le rapport est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet de l’Assemblée nationale.

  • Fitbit et Google s’allient pour accélerer l’innovation en santé numérique et objets connectés

    Fitbit a annoncé dans un communiqué du 30 avril 2018 un rapprochement avec Google au service de l’innovation en santé numérique. Fitbit va s’appuyer sur Google Cloud afin d’améliorer son efficacité opérationnelle et son agilité, et accélérer la mise sur le marché de ses produits.

    Le partenariat entre les deux acteurs de la santé numérique va permettre à Fitbit d’élargir sa cible et de profiter d’outils de pointe tels les algorithmes d’apprentissage automatique de Google.

    Les deux sociétés envisagent d’explorer le développement de solutions de santé destinées aux patients et aux entreprises, notamment dans le domaine des maladies chroniques.

    Gagner en efficacité,  interconnecter les sources de données et améliorer la prise en charge médicale

    Selon James Park, le CEO et co-fondateur de Fitbit, le partenariat va donner les moyens à Fitbit de passer à l’échelle en lui permettant d’atteindre un public plus large partout dans le monde, tout en améliorant l’expérience utilisateur des individus et des systèmes de santé.

    Les deux entreprises vont travailler à l’amélioration de la gestion et la prise en charge des maladies chroniques, dont notamment le diabète et l’hypertension, en s’appuyant sur les services proposés par Twine Health, société que Fitbit a tout récemment acquise.

    Gregory Moor, vice-président de la division Healthcare de Google Cloud affirme que ce partenariat permettra de fournir aux prestataires de services de soins des informations de santé à jour, en améliorant leur capacité à suivre et à gérer la santé de leurs patients, et à déterminer les traitements.

    Services cloud, IA et soins personnalisés

    La plateforme cloud de services destinés à la gestion de la santé proposés par Twine Health sera intégrée dans le processus de soin des organisations grâce à l’API Cloud Healthcare de Google. Selon Fitbit et Google, cela devrait avoir des débouchés positifs pour les organisations aussi bien à l’échelle de l’entreprise, que des assurances de santé et des hôpitaux.

    Fitbit va profiter d’outils d’apprentissage automatique de Google et d’algorithmes d’analyse prédictive afin de fournir des données intelligentes et exploitables aux utilisateurs de ses services.

    En rapprochant leurs systèmes d’exploitation, il devient possible de combiner les données recueillies par les objets connectés de Fitbit aux données du EMR (electronic medical record) au service des cliniciens pour un profil médical plus précis du patient et, au final, des soins personnalisés.

    La structure cloud de Google va permettre de sécuriser tous les services de Fitbit, ses outils répondant aux hautes exigences règlementaires en matière de gestion de données.

  • La DREES recense 10 000 médecins de plus depuis 2012 et prédit l’augmentation du nombre d’infirmiers

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du Ministère des Solidarités et de la Santé publie deux nouvelles études et un modèle de projection sur les professionnels de santé. Ces documents ont été rendus publics sur le site internet de la DREES le 3 mai 2018.

    La première étude décrit la démographie médicale en 2018 et l’accessibilité géographique aux médecins généralistes. La seconde présente les résultats issus du modèle permettant de projeter le nombre d’infirmiers en activité à l’horizon 2040. La DREES met également en ligne un nouvel outil permettant aux internautes d’accéder aux projections d’effectifs de médecins en choisissant un jeu d’hypothèses de projection parmi 30 combinaisons possibles.

    La DREES décrit notamment une augmentation et un vieillissement de la population de médecins généralistes depuis 2012. Elle anticipe une persistance sans aggravation des inégalités territoriales de santé et une forte augmentation des effectifs infirmiers en 2014 et 2040. Son modèle de projection permet enfin aux internautes de réaliser plusieurs scénarios d’évolutions de la démographie médicale français entre 2018 et 2040.

    Démographie médicale : la DREES recense « 10 000 médecins de plus depuis 2012 »

    Réalisée par Marie Anguis, Hélène Chaput, Claire Marbot, Christelle Millien et Noémie Vergier, la première étude s’intitule « 10 000 médecins de plus depuis 2012 ».

    Effectifs médicaux au 1er janvier 2018 : une population médicale vieillissante mais en augmentation

    • 226 000 médecins sont en activité au 1er janvier 2018 ;
    • 45% d’entre eux sont des médecins généralistes ; 
    • 44% d’entre eux exercent à l’hôpital au moins une partie de leur temps.
    • 50% des médecins en activité ont plus de 55 ans.
    • Depuis 2012, l’effectif de médecins a progressé de 4,5%, grâce à l’augmentation du nombre de médecins hospitaliers.

    Les inégalités d’accès aux soins persistent mais ne s’aggravent pas 

    Les auteurs de l’étude soulignent que « les inégalités de densités départementales n’ont pas augmenté depuis les années 1980 ». En 2016, 98% des Français résident à moins de 10 minutes du médecin généraliste le plus proche. 

    En revanche, des disparités d’accès aux soins existent bien à l’échelle du territoire nationale. Elles s’expliquent, non par « des disparités régionales », mais par « des différences marquées selon le type d’espace ». Les populations confrontées à la désertification médicale résident principalement :

    • dans les communes rurales des périphéries des grandes métropoles ; 
    • dans les communes situées à l’écart des ville affluentes.

    La DREES publie dans le cadre de cette étude une carte indiquant les « communes sous-denses en médecins généralistes en 2016 ».

    La DREES anticipe une « forte augmentation » des effectifs infirmiers entre 2014 et 2040

    Fondées sur des hypothèses de comportements constants et de maintien des politiques en vigueur, réalisées par Christelle Millien, les projections de la DREES en matière d’évolution des effectifs infirmiers au cours des deux prochaines décennies sont les suivantes :

    • le nombre d’infirmiers devrait augmenter de 53 % entre 2014 et 2040 pour atteindre 881 000 infirmiers actifs en 2040. Cette hausse serait plus importante que l’augmentation de la population. Elle se traduirait par une progression significative de la densité de professionnels infirmiers. Toutefois, le vieillissement démographique devrait induire une hausse des besoins de soins comparable à celle du nombre d’infirmiers.
    • avec l’arrivée à l’âge de la retraite des générations « issues des quotas élevés des années 2000 », les infirmiers seront de plus en plus nombreux à cesser leur activité. 
    • si les quotas se maintiennent, l’arrivée de nouveaux praticiens permettra de compenser ces départs.

    S’agissant des modes d’exercice de la profession d’infirmier, la DREES anticipe les évolutions suivantes :

    • l’allongement des carrières devrait provoquer un vieillissement de la profession.
    • l’exercice libéral devrait se développer au détriment du salariat non hospitalier hors établissements pour personnes âgées.
    • la répartition régionale des infirmiers resterait aussi hétérogène qu’en 2014.

    Modèle de projection de la DREES

    À partir des médecins actifs recensés dans le Répertoire Partagé des Professionnels de Santé (RPPS) au 1 er janvier 2015, le modèle de la DREES génère des effectifs projetés de médecins en activité de 2016 à 2040. Ces effectifs sont ventilés par spécialité, âge, sexe, région et mode d’exercice. Le modèle repose sur une série d’hypothèses. Trois d’entre elles peuvent ici être modifiées par l’utilisateur :

    • le numerus clausus ;
    • le nombre de médecins diplômés à l’étranger qui arrivent chaque année ;
    • l’âge de la cessation d’activité.

    Le modèle est consultable ici.

  • « Le remboursement des DM innovants » aux 4e Rencontres des dispositifs médicaux de Nîmes, 23-24/05/18

    Eurobiomed, Nîmes Métropole et le Centre Hospitalier Universitaire de Nîmes organisent les 4e Rencontres nationales des dispositifs médicaux de Nîmes sur le remboursement des dispositifs médicaux innovants, les 23 et 24 mai 2018 à Nîmes.

    Seront notamment abordées les questions de l’évaluation clinique des dispositifs innovants et les modes de remboursement des DM dans les pays européens.

    Programme

    Mercredi 23 mai 2018

    • 18h : Quelles stratégies d’évaluation clinique pour le Dispositif Médical  – Communications de l’Institut d’évaluation du Dispositif Médical (IDIL) du CHU de Nîmes
    • Allocution d’accueil – Éric Dupeyron, Directeur général adjoint du CHU de Nîmes (CHUN)
    • Le CHUN et IDIL : positionnement  et perspectives – Dr Thierry Chevallier, coordonnateur médical d’IDIL
    • Les enjeux pour l’évaluation du DM à horizon 2020 – Dr Pascale Fabro-Perray, chef du service de Biostatistique, épidémiologie, santé publique et information médicale du CHUN
    • Schématisation du processus d’analyse médico-économique décisionnel – Christel Castelli, ingénieur biostatisticien, responsable de la cellule Médico-économie du CHUN
    • Cocktail et networking

    Jeudi 24 mai 2018

    Journée animée par Thierry Watelet, journaliste France Télévision

    • 8h45 – 9h15  Accueil des participants
    • 9h15 – 9h30  Introduction par Nîmes Métropole, le CHU de Nîmes et Eurobiomed
    • 9h30 – 10h10  Conférence inaugurale
      • Quelle valeur pour la santé ? – Pr Laurent Degos, membre de l’Académie des sciences et de l’Académie nationale de médecine
    • 10h10 – 10h50 Témoignage d’entreprises
      • Société Dedienne Santé – Ludovic Toledo, Directeur Général
      • Entreprise à confirmer
    • 10h50 – 11h:20 Le cadre général du remboursement en France
      • Anne-Aurélie Epis de Fleurian, Directrice des accès marché du SNITEM
    • 11h20 – 11h50 L’évaluation des dispositifs innovants
      • Corinne Collignon, Directrice adjointe, Service évaluation des dispositifs médicaux – Haute Autorité de Santé
    • 11h50 – 12h40 – Table-ronde : l’évaluation et le remboursement des dispositifs médicaux
    • 14h00 – 15h Deux ateliers en parallèle
      • Comment  créer un acte spécifique dans la T2A – Dr Benoit Dervaux, CHU de Lille
      • Le remboursement des dispositifs médicaux en Europe – Animé par l’ACIDIM (Association des Cadres de l’Industrie Biomédicale)
    • 15h15 – 18h Convention d’affaires
  • Appel à projets de l’ARS Pays de la Loire : formation professionnelle en santé grâce à la simulation

    L’Agence Régionale de Santé Pays de la Loire a lancé un appel à projets visant le déploiement de programmes de développement professionnel continu (DPC) ayant notamment recours à la simulation en santé ouvert jusqu’au 15 juin 2018.

    Ce projet est le fruit du constat de l’essor national de la simulation en santé et de la nécessité de nouvelles approches pédagogiques en santé et l’ARS Pays de la Loire souhaite engager une dynamique de développement régional de la simulation, au service de la qualité et de la gestion des risques liés aux soins et aux accompagnements.

    Portée des projets

    Les programmes de développement professionnel continu proposés devront s’articuler autour des thématiques suivants :

    • simulation numérique ;
    • partenariat patient ;
    • programmes inter-secteur : sanitaire / médico-social.

    Le cahier des charges de l’appel à candidatures complet est disponible via ce lien.

    Le dossier type à renseigner dans le cadre de l’appel à candidatures est à télécharger via ce lien.

    Critères d’éligibilité

    • Les approches collaboratives entre différentes structures seront encouragées.
    • Les établissements sanitaires (public, ESPIC, privé), les structures médicosociales, les représentants du secteur ambulatoire sont invitées à candidater.
    • Un dossier complet décrivant le programme de DPC et comportant l’engagement du responsable de la structure à réaliser le programme dans les conditions et délais prévus au cahier des charges doit être soumis.
    • Un budget prévisionnel doit faire partie des éléments à soumettre.
    • Un tableau de bord répertoriant des indicateurs de pilotage doit être établi.
    • Seront examinés en particulier les aspects suivants :
      • la capacité scientifique de la structure à construire le programme;
      • la capacité de la structure à offrir et dimensionner l’offre de formation ;
      • le caractère coopératif entre structures de la construction de l’offre de formation ;
      • la détention d’un agrément de DPC (provisoire ou définitif) ;
      • la conformité de la construction du programme au regard des exigences des programmes de DPC en simulation ;
      • la soutenabilité financière du projet.

    Modalités de dépôt des dossiers de candidature

    Les dossiers de candidature complets devront être adressés, en un seul exemplaire et au plus tard le 15 juin 2018 à l’adresse postale suivante :

    Agence Régionale de Santé

    Direction de l’accompagnement des soins

    Simulation en santé

    17 boulevard Gaston Doumergue

    CS 56233

    44262 NANTES Cedex 2

    Un exemplaire électronique devra être soumis aux adresses suivantes : Jean-Yves.GAGNER@ars.sante.fr et soverborg@chu-angers.fr.

    Un accusé de réception pour chaque dossier de candidature reçu sera envoyé au candidat.

  • Une erreur d’algorithme entraîne des retards de diagnostic du cancer du sein en Angleterre

    « L’erreur qui pourrait coûter la vie à 270 femmes » : c’est ainsi que la presse britannique du 3 mai 2018 relaie l’affaire du bug informatique qui n’a pas permis d’envoyer à 450 000 femmes âgées de 68 à 71 ans l’invitation à effectuer une mammographie.

    Face au Parlement britannique, Jeremy Hunt, le ministre de la Santé, a reconnu que le système de dépistage du cancer du sein mis en place dans le pays était défectueux depuis 2009. L’organisme de santé Public Health England (PHE) vient seulement de repérer ce dysfonctionnement.

    En Angleterre, toutes les femmes entre 50 et 70 ans sont invitées à effectuer un dépistage du cancer du sein, tous les trois ans.

    Des ablations évitables

    La déficience, qui a débouché sur l’absence de convocation à un rendez-vous de surveillance, est due à une erreur d’algorithme informatique. Sur ces 450 000 femmes concernées, 309 000 sont encore en vie aujourd’hui, d’après BBC News. Même si les 141 000 autres ne sont pas toutes décédées du cancer du sein, entre 135 et 270 pourraient cependant avoir vu leur vie écourtée à cause de cette erreur informatique.

    Le ministre de la Santé précise qu’il est « peu probable » que ce bilan soit « supérieur », et qu’il pourrait être « considérablement inférieur ». Selon des experts, 800 femmes auraient pu éviter une opération chirurgicale si leur cancer avait été détecté.

    Une enquête pour faire la lumière sur l’affaire

    « À ce stade, il n’est pas clair si les retards de diagnostic ont entraîné des dommages évitables ou des morts », a ajouté Jeremy Hunt. Mais évidemment, « pour elles, comme pour les autres, il est incroyablement bouleversant de savoir que vous n’avez pas reçu d’invitation au dernier dépistage en temps voulu et totalement accablant d’entendre que vous avez perdu ou êtes sur le point de perdre un être aimé à cause d’une incompétence administrative », a-t-il reconnu.

    Le ministre a assuré avoir diligenté une enquête indépendante pour faire la lumière sur cette affaire. 

    Une convocation pour une mammographie « de rattrapage » sera envoyée à chacune des femmes « oubliées » de moins de 72 ans. Un numéro gratuit a été mis en place pour les femmes plus âgées. « Toute femme qui souhaite faire une mammographie sera reçue dans les six mois », a promis Jeremy Hunt.

  • IA, robotique et santé : séminaire en 8 sessions pour une vision pluridisciplinaire et éthique

    La Chaire de philosophie à l’hôpital GHT Paris Psychiatrie et neurosciences, Limsi – CNRS / Sorbonne université, l’Institut des Hautes Etudes, de L’Innovation et de l’Entrepreneuriat (Mines-ParisTech) et ILumens (Université Paris-Descartes) a annoncé début mai 2018 l’organisation de huit séances consacrées à l’IA, la puissance algorithmique et la robotique dans le domaine de la santé.

    Ce séminaire, organisé sous la direction de Cynthia Fleury, Laurence Devillers, David Gruson, 
    Sophie Sakka et Antoine Tesnière, se déroulera les jeudi 24 mai, 7 juin, 14 juin, 5 juillet, 13 septembre, 4 octobre et 18 octobre 2018, à la faculté de médecine Paris-Descartes.

    Jeudi 24 mai, 18h30-20h : Séance introductive du séminaire IA, robotique et santé

    Définition des concepts, des enjeux éthiques de l’IA et de la robotique dans la santé. Focus sur l’arrivée des robots sociaux et affectifs pour le soin : quelles avancées réelles ? Quelles réflexions éthiques sont nécessaires pour ces machines apprenantes ?

    Il s’agit d’expliquer les mythes, les fantasmes et la réalité autour de l’arrivée des robots dans la société. Les questions éthiques se posent déjà et sont nombreuses. Le robot n’est pas juste une mécanique, l’humain projette sur ces objets des capacités humaines, il les anthropomorphise.

    Avec Cynthia Fleury et Laurence Devillers.

    Jeudi 7 juin, 18h-20h : Les robots sociaux et conversationnels dans l’accompagnement thérapeutique non médicamenteux

    Les robots bavards, aussi appelés robots conversationnels ont été conçus pour converser avec l’homme. D’Eliza à Tay de Microsoft ou Google home et Alexa d’Amazon, quelles sont les réelles avancées et les enjeux actuels ? À partir d’exemples d’application, les risques, bienfaits et limites actuelles dans les applications dans la société seront montrés.

    Les robots dits sociétaux sont conçus dans l’objectif de s’intégrer dans l’environnement sociétal humain. Ils ont une forme humanoïde et sont destinés à terme à pouvoir réaliser les mêmes actions que l’humain et de s’y substituer dans l’accomplissement de tâches en interaction. Aujourd’hui, ils en sont encore à leurs balbutiements et sont principalement utilisés pour l’image des entreprises et pour la démonstration technologique. Du côté médical cependant, dans certains troubles mentaux ou psychiques, des pistes ont été proposées. Ils seront explorés notamment à travers leurs effets sur les patients dans les cas de l’autisme et d’Alzheimer.

    Avec Laurence Devillers et Sophie Sakka.

    Jeudi 14 juin, 18h-20h : Algorithmique génétique et génétique algorithmique : quelle régulation ?

    Avec David Gruson.

    Jeudi 5 juillet, 18h-20h : Les robots d’assistance aux soins

    Certaines tâches, incontournables et quotidiennes, peuvent générer des TMS, rendant l’accomplissement du travail difficile voire impossible. Les robots ici peuvent apporter une aide non négligeable, dans la manipulation des corps, la distribution et l’enlèvement des repas, la régulation des tâches quotidiennes au sens large. Cette mise en place allègera la prise en charge des patients. L’existant, les perspectives, les apports et les limites, et l’éthique associée seront discutés.

    Avec Sophie Sakka.

    Jeudi 13 septembre, 18h-20h : Prothèses et exosquelettes robotiques

    Dans le cadre du handicap physique, l’utilisation de robots pour l’assistance ou le remplacement d’un organe humain trouve toute son utilité. Il couvre un large éventail allant du soutien au sens à celui de la mobilité : prothèses robotiques, exosquelettes instrumentés ou stimulateurs.

    Les limites de tels robots sont encore grandes, comparées aux espoirs qu’ils portent et à la complexité que les organes humains impliquent. La sécurité et l’éthique sont des freins majeurs à l’expérimentation quand le coût est un frein majeur au développement. Les sujets des prothèses de membres, leur mode de connexion au corps humain et des possibilités et limites qu’elles offrent seront abordés.

    Avec Sophie Sakka.

    Jeudi 4 octobre, 18h-20h : Vers une délégation du consentement à l’intelligence artificielle ?

    Avec David Gruson.

    Jeudi 18 octobre, 18h-20h : Relire « La réalité de la réalité » de Watzlawick à l’heure de l’IA apprenante

    Avec David Gruson et Cynthia Fleury.

  • Marchés : Acsantis, nouveau prestataire du Resah pour accompagner la mise en œuvre de la télémédecine

    Afin de proposer aux acteurs de la santé un service d’accompagnement dans la mise en œuvre des prises en charge par télémédecine, le Resah a annoncé sur son site le 2 mai 2018 s’associer avec le cabinet Acsantis spécialisé dans la santé et le médico-social.

    Ce marché s’inscrit dans la démarche plus globale du Resah visant à proposer un accompagnement dans la mise en œuvre des projets de coopérations territoriaux, en application de la stratégie de transformation des organisations et notamment des GHT.

    La nouvelle prestation incluse dans l’offre du Resah comprend notamment :
    • l’audit de l’organisation de télémédecine ;
    • l’appui à la conception de l’organisation et de définition de la conduite du changement.

  • Siemens veut optimiser l’usage de ses appareils d’imagerie en clinique grâce à l’analyse de données

    La société SAS spécialisée dans l’analyse des données a annoncé dans un communiqué de presse du 2 mai 2018 avoir conclu un partenariat avec l’entité médicale de Siemens, Siemens Healthineers, afin de prévenir l’interruption de service des appareils d’imagerie médicale de Siemens.

    SAS va recueillir et analyser les données urgentes générées par divers systèmes de Siemens afin de prévenir les pannes. Par ailleurs, la société s’engage en ce moment dans un partenariat avec l’Université technologique de Sydney (Sydney University of Technology) afin de soutenir la création d’un laboratoire d’innovation en objets connectés, dédié à l’étude de l’impact de l’analyse des données dans les processus de prise de décision dans divers secteurs parmi lesquels la santé.

    Garantir la disponibilité d’appareils d’imagerie sur les sites clients

    Les données générées aussi bien par les systèmes d’imagerie à résonance magnétique (IRM) que des appareils de tomodensiométrie (TDM) de Siemens vont être analysées par les outils connectés et les algorithmes d’apprentissage automatique afin de :

    • pouvoir prédire les potentielles interruptions de service par les appareils dans les établissements de santé ;
    • garantir la disponibilité du matériel médical au sein des établissements cliniques ;
    • d’améliorer la rentabilité des appareils.

    Cette analyse doit transformer les données en valeur, ce qui débouchera à terme à une optimisation des processus internes de l’équipementier. Selon le Dr Mirko Appel, responsable du service clients et des services d’analyse de Siemens Healthineers, la prédiction des pannes permettra de prévenir les pannes, d’économiser des pièces de rechange et de réduire les délais de dépannage le cas échéant.

    La méthode d’analyse de SAS va permettre d’exploiter de manière automatisée des centaines de données générées au quotidien par les capteurs posés sur les équipements.

    SAS qui a commencé par œuvrer dans le secteur des villes intelligentes, des usines connectées et des réseaux intelligents, a fini par élargir l’application de sa méthode analytique à la santé. Le vice-président de IoT chez SAS a déclaré que la société souhaite développer ses activités d’analyse dans le secteur de la santé entre autres.

    Un projet de recherche académique en Australie pour tester l’impact des données sur le processus de prise de décision

    SAS qui propose des logiciels et des services d’analyses de données permet aux sociétés de divers secteur de transformer les données émanant de leur activité en intelligence.

    Elle est l’un des partenaires de l’Université technologique de Sydney dans la création d’un laboratoire de recherche en objets connectés. Son travail s’appuiera sur un outil que SAS a développé en partenariat avec Cisco. Il s’agit d’une plateforme analytique qui permet à ses utilisateurs d’exploiter les données dont ils disposent sans devoir bâtir une plateforme dédiée. L’analyse de des données est censée améliorer la prise de décision d’acteurs de différents secteurs parmi lesquels en priorité la santé, l’énergie, la production et l’industrie agro-alimentaire.

  • Digitaliser le « parcours patient » dans l’hôpital de demain (Nicolas Briançon, SPIE ICS)

    Nicolas Briançon, responsable du marché Santé de la société SPIE ICS, filiale de services numériques du groupe Spie, publie une tribune sur le enjeux de la digitalisation du parcours patient au sein de l’hôpital de demain.

    SPIE ICS compte parmi les 15 lauréat de l’AMI autour de l’hôpital numérique du futur engagé par l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris et le Centre Hospitalier Universitaire de Nantes.

    Selon Nicolas Briançon, la digitalisation du parcours patient « offre sécurité, confort et un gain de temps considérable, aussi bien pour les patients que pour les professionnels de santé » puisqu’elle peut permettre de diminuer le temps d’attente à l’accueil, d’orienter simplement les patients dans un établissement, d’assurer l’efficience de leur prise en charge, et d’optimiser la gestion des flux de personnes. Encore faut-il trouver la bonne interface numérique…

    Les enjeux de la transformation du parcours patient

    L’hôpital est désormais au centre du système de soin pour bon nombre de patients, souvent suivis par plusieurs professionnels de santé (médecins traitants, médecins spécialistes) et dans des lieux multiples (Ehpad, maisons de santé, centres sociaux gérés par la ville, etc.). Pour garantir un accès continu à un ensemble de services de santé pertinents et coordonnés, l’hôpital public doit devenir partie prenante de l’urbanisation du système de soins. Il est appelé à se structurer pour mieux s’articuler avec la médecine de ville.

    Cette ouverture de l’hôpital sur la ville incite donc à repenser l’organisation du parcours de soins, en positionnant le patient comme un véritable acteur de son propre parcours. Bien que nous soyons à l’ère du « tout numérique », une analyse centrée sur les besoins des usagers, en particulier lorsqu’il est question de santé, reste primordiale.

    Assurer un meilleur suivi médical et la permanence des soins requiert à la fois de faciliter l’accès à l’hôpital et d’optimiser les flux d’informations entre les pôles de santé, avant, pendant et après la prise en charge hospitalière. Dans cette perspective, la digitalisation du « parcours patient » offre sécurité, confort et un gain de temps considérable, aussi bien pour les patients que pour les professionnels de santé. La sécurité des données personnelles (RGPD) revêt par ailleurs un caractère légal, et présente des spécificités en matière de santé, auxquelles l’hôpital doit se conformer.

    Des dispositifs et des services pour améliorer l’expérience des patients

    En tant qu’intégrateur de technologies, SPIE ICS développe le concept d’une plateforme numérique de services, en interface avec le système d’information de l’hôpital. Concernant l’accueil des patients et des accompagnants, les services proposés contribueront à la mise en place d’un suivi renforcé et sécurisé dès la prise de rendez-vous, jusqu’à l’admission du patient ou son arrivée dans le service correspondant à sa consultation médicale.

    Grâce à une seule interface numérique, un patient pourra par exemple prendre un rendez-vous en ligne et consulter des informations pertinentes pour sa visite à l’hôpital. Par la suite, il pourra recevoir un SMS de rappel, réserver un taxi, un VTC ou une ambulance, être guidé jusqu’à une place réservée sur le parking, être identifié par QR code sur une borne d’accueil, puis pris en charge par un « hôte d’accueil » – humain, borne ou robot. Enfin, il sera guidé jusqu’au service adéquat, notamment en suivant un trajet fléché à l’aide de son smartphone. Tout comme dans l’aviation civile, le pré-enregistrement deviendrait ainsi une habitude qui facilite l’accès aux soins. Les technologies associées à ces services sont relativement faciles à mettre en place : réseauxG/ LTE, Wi-Fi, Li-Fi, vidéo, reconnaissance faciale, lecture de plaque, balise Beacon, robotique, etc.

    Ce type de dispositif permet de diminuer le temps d’attente à l’accueil, d’orienter simplement les patients dans un établissement, d’assurer l’efficience de leur prise en charge, et d’optimiser la gestion des flux de personnes. Pour les patients, cet accompagnement influe de manière positive sur la qualité perçue de leur parcours, aide à réduire considérablement leur stress et leur fait gagner du temps avant même l’arrivée dans l’enceinte de l’hôpital.

    Les conditions requises pour développer la digitalisation du parcours de soins

    Le public et les personnels médicaux vivront la transformation numérique en fonction des bénéfices offerts par les services utiles et ergonomiques déployés. Notre société privilégie ainsi une approche agile qui intègre les différentes parties prenantes. Pour que les patients, les accompagnants et le personnel hospitalier s’approprient les nouveaux usages, il faut avant tout démontrer les effets positifs de la transformation numérique au quotidien et valoriser les services auprès des usagers. L’usager reste au cœur du système, et doit donc garder la maîtrise de ses choix et options, tout en étant accompagné.

    Par ailleurs, l’accès et les échanges de données multiples via des plateformes doivent aller de pair avec la sécurisation de ces mêmes données. En revanche, nous devons encore dessiner les contours du modèle économique qui pourra soutenir la transformation digitale des espaces de santé.