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  • « Iconeus rend possible une imagerie du cerveau jusqu’à présent inaccessible » (L. Lecointre, Iconeus)

    Iconeus est l’un des trois vainqueurs de la catégorie Healthcare des Wilco Stars 2018 organisés début avril 2018 par l’accélérateur de start-ups Wilco.

    H&TI a interrogé un de ses co-fondateurs, Ludovic Lecointre, Chief Executive Officer, qui a défendu le projet porté par Iconeus lors de la soirée. Il était soutenu par Véronique Frechin, marraine d’un soir et responsable de l’innovation chez WeHealth By Servier, laboratoire partenaire de l’accélérateur Healthcare de Wilco.

    Dans l’entretien accordé à H&TI, Ludovic Lecointre présente la solution d’imagerie neuro-fonctionnelle en temps réel et interactive qui révolutionne la recherche en neurosciences en ce qu’elle permet de visualiser et de comprendre le fonctionnement du cerveau, ainsi que d’en établir une cartographie fonctionnelle précise sous forme de table de connectivité cérébrale.  À terme, « elle permettra de mieux comprendre les pathologies qui sont aujourd’hui mal détectées et mal prises en charge, comme l’autisme, et de parfaire les traitements afin de réduire l’impact sociétal des maladies affectant le système nerveux », explique-t-il. Son application pourrait déboucher sur la réduction de séquelle et de récidives dans le cadre de certaines interventions, ainsi que des coûts de celles-ci.

    Qui est l’équipe derrière le projet d’imagerie neuro-fonctionnelle d’Iconeus ?

    La genèse du projet s’inscrit dans les travaux du Laboratoire de Physique des Ondes pour la Médecine de l’Institut Langevin (Inserm), dirigé par le Dr Mickael Tanter, qui est à la pointe de l’imagerie médicale échographique mondiale. Il s’est associé avec une équipe de 4 chercheurs qui sont co-fondateurs : Zsolt Lenkei, médecin neurobiologiste du Laboratoire de Plasticité du Cerveau, Mathieu Pernot et Thomas Deffieux, physiciens de l’Inserm et Bruno Osmanski, CTO d’Iconeus, docteur en physique des ondes et expérimenté en neurosciences.

    Depuis, l’équipe s’est élargie au moment de la création d’Iconeus, en avril 2016, bien que nous ne soyons actifs que depuis fin 2016, avec l’arrivée  Mohamed Nouhoum, doctorant en physique des ondes et Thomas Kieffer, ingénieur informatique. Iconeus  est passé d’une personne début 2017 à quatre personnes début 2018 et projette le recrutement de six collaborateurs supplémentaires  début 2019.

    Vous êtes le seul pharmacien de l’équipe. Comment votre parcours vous a mené à la tête de la start-up ? 

    J’ai été cadre supérieur dans la recherche et développement dans l’industrie pharmaceutique au sein de grands laboratoires, tels Pfizer ou Bristol-Myers Squibb, ce qui m’a donné des bases dans la gestion des processus et des hommes dans un environnement international. Et mon expérience de 12 ans de pharmacien titulaire m’a permis de me frotter aux différents aspects de gestion d’une PME de 13 personnes, car il fallait être un peu comptable, un peu juriste et au final je trouve que c’est assez similaire à l’aventure d’une start-up. Et puis, à titre personnel j’ai goût certain pour le risque.

    Dans le cadre de ma mission d’expert indépendant auprès de l’ANSM dans l’évaluation pharmaceutique des dossiers de mise sur le marché, j’ai été impliqué dans l’évaluation pharmaceutique d’un projet fondé sur une technologie développée par le laboratoire de Mickael Tanter. Ce projet n’avait pas abouti, car il y avait trop d’obstacles réglementaires et scientifiques à l’époque, mais j’avais  beaucoup apprécié le travail avec les chercheurs et comme je souhaitais changer d’activité, j’avais laissé entendre à Mickael Tanter qui si un autre projet émergeait je souhaitais travailler avec lui. Un jour, il m’a appelé en m’annonçant qu’il avait une technologie à haut potentiel et me proposer de m’associer au projet en qualité de CEO de la structure qui allait la porter et j’ai accepté.

    Comment a émergé l’idée d’un imageur neuro-fonctionnelle ?

    Ce sont au départ des chercheurs qui sont venus à la rencontre de Mickael Tanter et qui lui ont fait part d’un besoin insatisfait. Le besoin se faisait sentir aussi bien en recherche académique, du côté des chercheurs, qu’en clinique, du côté des praticiens à l’hôpital. Les premiers espéraient une solution qui permet d’étudier le fonctionnement du cerveau dans des conditions réelles sans contraintes, alors que les deuxièmes en ont besoin pour comprendre les maladies et trouver les traitements adéquats. C’est le point de départ – le constat que l’on ne connaît pas les fondamentaux du cerveau.

    Pourtant, le seul outil dont les chercheurs disposent à l’heure actuelle pour faire de l’imagerie fonctionnelle est l’imagerie par résonance magnétique (IRMf) qui ne permet pas de rendre compte du fonctionnement cérébral dans de bonnes conditions.

    Par ailleurs, le coût des maladies du système nerveux en Europe représente 800 milliards d’euros par an.  C’est le premier poste de dépense qui absorbe 35% du budget santé des États européens, sans parler des coûts indirects causés par la perte de performance ou d’autonomie des personnes qui en souffrent.

    Le manque de connaissances en recherche fondamentale et d’outil efficace en recherche appliquée ont abouti à un système de soin peu efficace. Et Mickael Tanter avait déjà mis au point une nouvelle technologie  qui pouvait avoir des applications en imagerie médicale. Avec son équipe ils ont encore amélioré cette technologie pour augmenter ses performances, notamment sa sensibilité, et en faire  une solution d’imagerie neuro-fonctionnelle en temps réel et interactive à destination des laboratoires de recherche en neurosciences et des laboratoires pharmaceutiques du monde entier.

    Quel est le plus de la solution et qu’apporte-t-elle par rapport aux solutions disponibles sur le marché ? 

    Notre imageur chamboule l’imagerie neurofonctionnelle telle qu’elle est disponible aujourd’hui. Tout d’abord, il permet de mieux voir que les outils d’imagerie disponibles sur le marché donnent à voir – c’est comme passer d’un écran de télévision analogique à un écran 4K.

    En outre, étant donné qu’il s’agit d’une méthodologie légère à mettre en œuvre, elle permet de changer le contexte de l’imagerie en libérant le sujet de la contrainte de l’appareil et en examinant les sujets dans les conditions de vie réelles.

    Pour un chercheur, cela implique de pouvoir suivre un animal éveillé et complètement libre de ses mouvements et obtenir des résultats sans le biais d’une anesthésie. Pour un professionnel de santé, l’appareil représente la possibilité de réaliser des examens qui sont impossibles à pratiquer aujourd’hui.

    Pouvez-vous décrire votre solution et expliquer son fonctionnement ?

    Notre neuro-imageur est un appareil de paillasse qui se compose d’une boîte électronique très puissante mobile et d’accessoires pour connecter le sujet : une sonde échographique de la taille d’une pièce de 20 centimes qui va capter l’activité cérébrale du sujet. Il est équipé d’algorithmes de traitement du signal qui sont protégés par des brevets. Iconeus est titulaire d’une licence d’exploitation exclusive mondiale en neurosciences. 

    L’innovation technologique mise à part, le neuro-imageur est mobile, ce qui peut paraître anodin, mais qui est en réalité une petite révolution en imagerie et a des implications importantes en termes de logistique notamment dans les laboratoires de recherche. Les chercheurs sont peu regardants sur l’aspect esthétique. Ce qui les intéresse surtout, c’est la puissance de calcul que le boîtier permet de générer.

    Par ailleurs, nous mettons à disposition des chercheurs des matrices de connectivité (connectivity pattern) entre les différentes zones du cerveau que l’utilisation de notre neuro-imageur a permis d’établir pour un certain nombre d’activités ou de pathologies.

    Pouvez-vous expliquer ce qu’est une matrice de connectivité ?

    L’examen fonctionnel de l’activité cérébrale permet d’établir ce que l’on appelle des matrices de connectivité entre différentes zones du cerveau. Il s’agit de la signature biologique liée à une activité cérébrale. Elle permettra de différencier un fonctionnement « normal »  d’un fonctionnement pathologique. La connectomique est une science nouvelle qui repose sur ces matrices qui se présentent sous forme de tables ou de carrés, avec en abscisses et en ordonnées les noms de différentes zones du cerveau étudiées par les chercheurs. De petits carrés colorés indiquent le degré de connectivité entre les zones.

    Ces matrices sont d’un enjeu fondamental pour l’avenir de la science, car elles permettent la compréhension fonctionnelle de certains phénomènes cérébraux et déboucheront sur la mise en place de traitements adaptés.

    En quoi la technologie de l’imageur va aider les chercheurs et quels usages ils vont en avoir ?

    Nous avons divisé notre cible en deux segments : le segment pré-clinique qui couvre aussi bien la recherche académique que la recherche appliquée, et le segment clinique qui vise l’application médicale au sein d’établissements de santé.

    Notre proposition de valeur est de permettre aux chercheurs d’acquérir de nouvelles connaissances grâce à une nouvelle forme d’expériences pour comprendre et traiter maladies.

    Les chercheurs impliqués dans l’étude du cerveau ont besoin d’étudier l’intégralité du cerveau pour pouvoir observer ce qui se passe quand on le soumet à un stimulus, et de comprendre comment les différentes zones du cerveau sont interconnectées pour produire une réponse.

    Aujourd’hui, aucun outil ne permet de le faire de façon satisfaisante. L’IRMf, dans le cadre des études fonctionnelles du cerveau fournit des résultats limités, biaisés et imprécis. Elle ne permet pas d’examen dans les conditions de vie réelle. Les sujets examinés doivent être anesthésiés ou  immobilisés, alors que notre solution permet d’examiner des animaux conscients, donc libres de leurs mouvements. Grâce à cette interaction possible, les chercheurs aboutissent à des résultats non biaisés et peuvent envisager des études qui étaient impossibles jusqu’alors.

    En termes de qualité, l’IRM envoie une image toutes les 4 à 6 secondes et ne peut donc pas capter les phénomènes biologiques du cerveau qui interviennent à des fréquences temporelles inférieures à la seconde, alors que notre imageur le peut.

    Quels sont à terme applications cliniques visées par le neuro-imageur d’Iconeus ?

    Disposer d’un outil accessible et facile à mettre en œuvre, et qui produit une image de l’activité cérébrale aiderait à prendre les bonnes décisions cliniques pour améliorer le pronostique des patients.

    On n’y est pas encore, mais à l’avenir, lorsque la technologie sera mûre, on elle pourra être utilisée en pédiatrie au service de plusieurs objectifs médicaux. Ainsi, on pourra faire des  échographies visant l’établissement d’un diagnostic précoce de pathologies comme l’autisme. On connaît l’importance d’une détection précoce, car elle permet une prise en charge susceptible de réduire le handicap, mais actuellement en France l’âge moyen des enfants au moment du diagnostic se situe entre 4 et 6 ans. Cependant, selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé , le diagnostic devrait intervenir à l’âge de 30 mois.

    D’autres spécialités médicales pourront tirer bénéfice de notre solution, mais pour le moment, nous préférons ne pas dévoiler notre stratégie de développement.

    Iconeus a été incubé par Wilco. Avez-vous bénéficié d’autres dispositifs d’aide et que vous ont-ils apporté ?

    Avant même la création d’Iconeus, le laboratoire dirigé par Mickael Tanter avait reçu un soutien financier de la Commission européenne à hauteur de 2,5 millions d’euros via le Conseil européen de Recherche (ERC).

    Iconeus s’est établi grâce à l’aide du concours i-LAB, concours national opéré par Bpifrance d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes. C’est à l’occasion de l’édition de 2015 du concours que la start-up ancêtre d’Iconeus, Neuroflows, a été lauréate du concours dans la catégorie Création. Grâce à l’accompagnement au sein de l’accélérateur Wilco, nous avons pu bénéficier de prêts d’honneur qui ont beaucoup contribué au développement de la société. Enfin, tout récemment, Iconeus a été lauréat du Concours Innovation Numérique (CIN), financé par le Programme d’Investissements d’Avenir (PIA), qui va nous permettre de recruter quatre personnes pour développer de nouvelles technologies.

    Ces aides ont essentiellement servi au recrutement d’ingénieurs et à l’achat de matériel, car la fabrication de nos appareils exige la disponibilité de nombreux composants électroniques qui représentent des coûts conséquents pour nous.

    En termes d’accompagnement, nous bénéficions d’une incubation par Agoranov, incubateur parisien qui nous a ouvert de nombreuses portes, du programme de Wilco qui donne de la visibilité aux start-ups et donne aux porteurs de projets des clés pour bien structurer leur projet et les démarches à effectuer.

    Dans quelle phase de votre projet en êtes-vous ?

    Bien qu’il nous reste un long chemin à parcourir avant de pouvoir atteindre des clients du segment clinique, aujourd’hui nous commercialisons déjà notre solution en pré-clinique. Nous avons des clients qui font de la recherche qui sont des industriels, comme le laboratoire pharmaceutique Boehringer Ingelheim en Allemagne et un grand CRO européen qui, pour des raisons de concurrence, souhaite rester anonyme. En parallèle, des acteurs du monde académique sont également clients, puisque nous avons deux universités américaines qui vont faire l’acquisition de notre prototype cet été.

    Quelles sont les prochaines étapes et projets de développement que vous envisagez ?

    Nous entamons actuellement des discussions avec des business angels et des fonds d’investissement dans l’objectif de lever des fonds. Le fait que nous ayons déjà fait les premières ventes en mai 2017 et fin 2017, alors que nous en sommes qu’au stade de prototype, nous donne de la légitimité face aux investisseurs. Nous allons commencer par une levée de fonds d’un montant entre 500 000 et 700 000 euros courant 2018, car nous souhaitons mettre en place une preuve de concept clinique, vers la fin de l’année. Donc, le reste de l’année sera consacré à l’élaboration d’un plan de travail en vue de l’initiation de la preuve de concept (le POC), qui sera une première application clinique de notre prototype. L’objectif du POC est de procéder à l’examen de quelques sujets seulement afin de valider le design du produit et du logiciel associé, et de valider le geste du médecin dans son environnement de travail et la qualité des images fonctionnelles.

    En 2020, nous espérons faire une levée de fonds conséquente en vue de conduire l’étude clinique pour faire la démonstration d’efficacité de notre neuro-imageur et pour laquelle nous aurons besoin de quelques millions d’euros, entre 2 et 5 selon nous. Si tout se déroule comme prévu, nous espérons la finaliser en 2022. Nous allons procéder à des commercialisations aussi bien en Europe qu’aux États-Unis et nous visons également l’Asie.

     

  • Ouverture d’un centre d’ophtalmologie rouennais fondé sur la télémédecine

    Inauguré à Rouen (Seine-Maritime) en mai 2018, « Plus belle ma vue » est un centre d’ophtalmologie dirigé par Jérôme Quenor. Les examens médicaux y sont réalisés par des paramédicaux. Les ophtalmologistes associés au centre sont basés à l’étranger, en Espagne et en Allemagne notamment.

    L’ouverture du centre, qui place la télémédecine au cœur des pratiques ophtalmologistes, n’emporte pas l’adhésion des ophtalmologues français et du Conseil national de l’ordre des médecins.

    Un centre d’ophtalmologie…sans ophtalmologiste

    Des délais d’attente raccourcis

    Le centre « Plus belle ma vue » propose de réserver un créneau dans les deux semaines qui suivent la prise de contact. Le centre présente plusieurs spécificités. Il ne compte aucun ophtalmologiste : les examens de la vue sont réalisés par des orthoptistes et des paramédicaux. Ces derniers travaillent avec des ophtalmologistes étrangers via des dispositifs de télémédecine. Ces professionnels sont basés en Espagne et en Allemagne, précise Jérôme Quenor, fondateur du centre, dans un entretien accordé au site d’information Paris-Normandie.fr. 

    Des examens de la vue délégués à des orthoptistes

    La consultation se déroule ainsi : l’orthoptiste réalise l’examen clinique et le dépistage de maladies oculaires. Il constitue un dossier qu’il transmet ensuite aux ophtalmologistes délocalisés. « Ce n’est pas un diagnostic mais seulement un dépistage. Dès qu’il y a une suspicion, nous renvoyons vers un médecin », précise Jérôme Quenor. Le rapport de l’ophtalmologiste, l’ordonnance et le compte-rendu médical sont communiqués au patient par email dans les 48h qui suivent la consultation.

    Le premier centre « Plus belle ma vue » voit le jour à Versailles (Yvelines). Répliqué à Rouen, d’autres centres ouvriront prochainement leurs portes au Havre et à Caen. Le projet suscite de vives critiques de la part des ophtalmologues français. 

    Les protocoles de délégation de tâches n’ont pas été validés par l’ARS

    L’exercice de la télémédecine repose sur des protocoles de délégation de tâches validés par l’ARS. Ces protocoles permettent notamment d’habiliter les professionnels intervenants auprès du centre (ophtalmologistes et orthoptistes) à y exercer leur profession. Chaque intervenant est signataire auprès de l’ARS et prend un certain nombres d’engagements, dont le respect est contrôlé par l’agence.

    Les consultations ne seront pas remboursées par l’Assurance maladie

    « Plus belle ma vue » n’a pour l’heure reçu aucune validation de l’ARS Normandie. Ainsi, la Sécurité sociale n’y remboursera pas les consultations, dont le montant est fixé à 35 euros, rapporte le site internet Paris-Normandie.fr. 

    • Etude : un dispositif non-invasif mesure la tension des tendons chez les coureurs (Nature)

      Des chercheurs américains de l’Université du Wisconsin sont parvenus à mettre au point un dispositif portatif capable de mesurer la tension du tendon d’Achille durant des activités physiques, telles que la marche ou la course. Cette découverte, présentée dans un article* publié le 23 avril dans la revue Nature Communications, pourrait être utilisée dans des programmes de réhabilitation ou en soins orthopédiques.

      Analyser les tendons en pleine action 

      Etre capable de mesurer la force qui s’exerce sur les muscles et les tendons représente un défi depuis longtemps. Les muscles génèrent des mouvements au niveau des articulations en tirant sur les tendons, qui sont des bandes de tissus reliant les muscles au squelette. Mais évaluer les forces transmises par les tendons à l’intérieur du corps d’une personne vivante est délicat.

      Une technique consiste par exemple à enregistrer les ondes sonores de compression. Ces dernières varient en fonction du mouvement et de l’élasticité des tissus. Mais cette méthode ne permet pas d’effectuer des mesures quand le corps est en mouvement.

      Des dispositifs portables ont donc été développés. Mais, « actuellement, ils peuvent mesurer notre mouvement, mais ne fournissent pas d’informations sur les forces musculaires qui génèrent le mouvement », explique Darryl Thelen, professeur de génie mécanique à Université du Wisconsin. Avec ses collaborateurs, il a donc conçu un dispositif simple et non invasif qui peut être facilement posé sur la peau, au-dessus du tendon. Ils l’ont en fait testé sur les tendons d’Achille, patellaire (au niveau du genou) et les ischio-jambiers.

      Un nouveau dispositif portable et peu invasif

      Concrètement, ce nouveau système mesure lui aussi la vitesse de propagation des ondes sonores, en l’occurrence l’onde de cisaillement qui se produit à l’intérieur d’un tendon quand il est en tension. Le dispositif créé par les chercheurs consiste en un mécanisme qui tapote le tendon plus de 50 fois par seconde. Chaque coup crée une onde à travers le tendon, qui est mesurée avec deux accéléromètres miniatures déterminant la vitesse à laquelle l’onde se déplace. Ainsi, ils peuvent mesurer ce qui se passe dans le tendon lorsque les utilisateurs modifient leur marche, par exemple, en changeant la longueur ou la vitesse du pas.

      Ce phénomène est similaire à une corde de guitare, où la tension dans la corde change la réponse vibratoire. Quand une corde de guitare est pincée, la vitesse de l’onde qui se déplace le long de la corde, et donc la fréquence de vibration, est liée à la tension, ou à la force, appliquée à la corde.

      Des applications fondamentales et cliniques

      Les résultats de cette recherche, soutenue par les National Institutes of Health (NIH), ont été publiés le 23 avril dans une grande revue, Nature Communications. En fait, ce dispositif pourrait permettre aux cliniciens de planifier des traitements plus efficaces pour les patients souffrant de maladies et de lésions musculo-squelettiques.

      « Nous pensons que le potentiel de cette nouvelle technologie est élevé, à la fois d’un point de vue de la science fondamentale et pour des applications cliniques, a expliqué l’un des auteurs de l’étude. Par exemple, les mesures de la force du tendon pourraient être utilisées pour guider les personnes souffrant de troubles de la marche, mais aussi pour évaluer objectivement si un tendon réparé est suffisamment guéri pour fonctionner normalement et permettre à une personne de reprendre son activité. »

      En outre, les chercheurs précisent que ce tensiomètre à tendon, simple et peu coûteux, pourrait être facilement déployé dans des environnements variés tels que des laboratoires, des centres de réhabilitation ou même dans le monde de l’athlétisme.

    • IA en santé : quels enjeux pour le représentant d’usager en 2040, Marseille le 29 mai 2018

      Le 29 mai 2018, l’Agence régionale de santé Paca organise une conférence-débat sur le thème de l’intelligence artificielle (IA) en santé et les enjeux pour le représentant d’usager en 2040 à Marseille.

      L’initiative de l’événement est à attribuer à la Commission spécialisée des droits des usagers du système de santé (CSDU) de la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie (CRSA) qui en faisant écho à l’ouvrage de Philippe Pujol, Marseille, 2040 – Le jour où notre système de santé craquera, souhaite promouvoir la parole des usagers du système de santé et ouvrir une réflexion sur l’évolution de la mission du représentant d’usager.

      Trois intervenants s’interrogeront sur la place pour l’humain demain dans le système de santé français et la façon dont la parole des citoyens et des usagers pourra être prise en compte.

      C’est autour de l’IA et de ses effets sur la gestion de la santé dans un futur proche avec ses décisions automatisées, des soins programmés et écartant de plus en plus l’implication de l’humain que le débat va s’articuler.

      Des questions éthiques et philosophiques liées aux soins impliquant une IA seront abordées. 

      Intervenants :

      • Philippe Pujol, journaliste, prix Albert-Londres 2014, auteur de « Marseille, 2040-Le jour où notre système de santé craquera » ;
      • Michel Caillol, Docteur en Médecine et Philosophie, membre de l’équipe pédagogique de l’Espace Ethique Méditerranéen ;
      • Michèle Tchiboudjian, Présidente de la commission des usagers de la CRSA, secrétaire générale de la Ligue contre le cancer.

    • Le Concours Innovation Nouvelle Aquitaine récompensera 3 innovations pour la lutte contre le cancer

      Dans le contexte des actions menées pour favoriser l’émergence d’innovations et de projets dans le domaine de la lutte contre le cancer, ALLIS-NA et la région Nouvelle-Aquitaine organisent un concours dont l’objectif est de récompenser 3 innovations, mises sur le marché récemment ou sur le point de l’être. 

      Trois prix de 10 000 € financés par le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine seront attribués
      • Prix « Dispositif innovant d’aide au diagnostic » incluant les dispositifs d’imagerie médicale et la détection de biomarqueurs
      • Prix innovation thérapeutique
      • Prix « Prise en charge du patient, e-santé et big data », incluant parcours de soin, patient acteur de sa santé, objets connectés et télésurveillance des patients
       
      Dossiers de candidature à envoyer par mail avant le 7 juin 2018.

      Les critères d’éligibilité

      • Être porté par une structure néo-aquitaine,
      • S’inscrire dans l’une des 3 thématiques prédéfinies pour ce concours (Prix « dispositif innovant d’aide au diagnostic du cancer », Prix « innovation thérapeutique pour lutter contre le cancer », Prix « prise en charge du patient atteint de cancer, e-santé et big data »),
      • Avoir été mise sur le marché depuis moins de 2 ans ou être sur le point de l’être (mise sur le marché prévisionnelle avant 2018).

      Pour obtenir un formulaire de candidature :

      Erika Jouhet, Conseil régional Nouvelle-Aquitaine : erika.jouhet@nouvelle-aquitaine.fr

      Sébastien ARICO, cluster INVIVOLIM, en tant que représentant d’ALLIS NA : contact@allis-na.fr

      Hervé DUFAU, Agence de Développement et d’Innovation : contact@allis-na.fr

      Les résultats seront annoncés en septembre 2018.

    • Patient engagement and interoperability : Doxper (India) raises USD 1.1 M to expand its operations

      Doxper, an app that helps doctors maintain patients’ medical records based in Mumbai, India, has raised INR72 million (€ 1M; US$1.1 M) in April 2018 in a pre-series A round of funding from existing investors led by India company Vidal Healthcare.

      The start-up will use these new funds to expand its geographic footprint and increase its research and development spend for new products in analytics, patient engagement and real-time interoperability.

      All health data is automatically sent to the cloud

      Doxper has developed an encoded pen-and-paper system, which allows doctors to write prescriptions and patient information, and automatically transfer the data to the cloud.

      Patients can use the app to access their health records, book follow-on appointments and share their medical reports with their family. Hospitals also have access to the Doxper’s device to digitize their records by integrating their HIS.

      Creating a seamless ecosystem between providers, payers, patients and policymakers

      « We are solving a universal and fundamental problem. Healthcare for an individual often spans multiple decades. Thus, historical records will always be vital for quality care. The sooner healthcare records are digitised in the patient journey, the greater the potential for a seamless ecosystem between providers, payers, patients and policymakers, » said Shailesh Prithani, one of the three founders of InformDS Technologies, which runs Doxper.

      Doxper works with partners around the world

      Tests are currently underway in Bangladesh and Nigeria

      Doxper is currently piloting its device in Bangladesh and Nigeria. The company is also working with partners in the UK, Middle East, Southeast Asia, Brazil and South Africa to start operations by early 2019.

      More than 800 doctors use the app in India

      The company claims that in India the app is used by more than 800 independent doctors and clinicians in Delhi, Jaipur, Pune, Bangalore and Mumbai.

      Doxper has signed up three of India’s largest corporate hospitals in Mumbai and Delhi and one large pan-India super-specialty chain for complete outpatient department (OPD) digitization.

      Doxper has raised a total of US$1.9 million so far

      This investment comes eight months after Doxper raised US$750,000 (€616,000) in a funding round led by health and wellness solutions provider Vidal Healthcare and venture capital firm GrowX Ventures (India).

      With the latest funding round, the startup has raised a total of US$1.9 million (€1.6m) so far.

    • Engagement patient et interopérabilité : Doxper (Inde) lève 1M d’euros pour étendre ses activités

      Doxper, une application d’aide à la gestion des dossiers médicaux basée à Bombay (Inde), a recueilli 72 millions de roupies (1M € ; 1,1 M. US$) en avril 2018 dans le cadre d’un tour de financement de pré-série A mené par la société indienne Vidal Healthcare.

      La start-up utilisera ces nouveaux fonds pour étendre sa présence géographique et augmenter ses dépenses de recherche et développement afin de développer de nouveaux produits dédiés à l’analyse, l’engagement des patients et l’interopérabilité en temps réel.

      Toutes les données médicales sont automatiquement envoyées sur le cloud

      Doxper a développé un système de stylo-papier codé, grâce auquel les médecins peuvent rédiger des ordonnances et des informations sur leurs patients puis transférer automatiquement ces données sur un cloud dédié.

      Les patients, de leur côté, ont la possibilité d’utiliser l’application pour accéder à leurs dossiers de santé, prendre des rendez-vous pour une consultation et partager des rapports médicaux avec leur famille. Les hôpitaux ont eux aussi accès à l’outil Doxper pour numériser leurs dossiers en y intégrant leur système d’information (HIS).

      Créer un écosystème homogène entre fournisseurs, payeurs, patients et décideurs

      « Nous résolvons un problème universel et fondamental. Les soins pour une même personne s’étendent souvent sur plusieurs décennies. Ainsi, les documents historiques seront toujours vitaux pour obtenir des soins de qualité. Plus tôt les dossiers de santé sont numérisés dans le parcours du patient, plus grand est le potentiel d’établir un écosystème homogène entre les fournisseurs, les payeurs, les patients et les décideurs », a déclaré Shailesh Prithani, l’un des trois fondateurs d’InformDS Technologies, l’entreprise qui détient Doxper.

      Doxper collabore avec des partenaires dans le monde entier

      Des tests actuellement en cours au Bangladesh et au Nigeria

      Doxper teste actuellement son dispositif au Bangladesh et au Nigeria. La société collabore également avec des partenaires au Royaume-Uni, au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est, au Brésil et en Afrique du Sud pour y démarrer ses activités au début de l’année 2019.

      Plus de 800 médecins utilisent l’appli Doxper en Inde

      En Inde, l’application serait utilisée par plus de 800 médecins et cliniciens indépendants situés à Delhi, à Jaipur, à Pune, à Bangalore et à Bombay, assure Doxper.

      L’entreprise a signé un partenariat avec trois des plus grands groupes hospitaliers indiens, à Bombay et à Delhi, et avec une grande chaîne nationale de centres de soins spécialisés afin d’assurer la numérisation complète de ses services ambulatoires (OPD).

      Doxper a levé au total 1,9 M. USD jusqu’à présent

      Ce nouvel investissement intervient huit mois après que Doxper a levé 750 000 dollars US (616 000 €) dans le cadre d’un tour de financement mené par le fournisseur de solutions de santé et de bien-être Vidal Healthcare et la société de capital risque GrowX Ventures (Inde).

      En prenant en compte la dernière levée de fonds, la start-up a recueilli au total 1,9 millions de dollars (1,6 M. €) jusqu’à présent.

    • Edouard Philippe dévoile les mesures de la loi Pacte visant à soutenir les start-ups innovantes

      A l’occasion de son déplacement dans le Cher le jeudi 3 mai 2018, le Premier ministre Edouard Philippe a dévoilé plusieurs dispositions de la future loi Pacte, destinées à soutenir les entreprises et les start-up innovantes, dont la création d’un Conseil de l’innovation, une nouvelle gouvernance du Fonds pour l’innovation et l’industrie, et des dispositions relatives à la propriété intellectuelle.

      Edouard Philippe a notamment annoncé les mesures suivantes : 

      • Afin d’accélérer les créations d’entreprises pour les chercheurs des opérateurs publics, il est prévu que ce soit désormais l’employeur, c’est-à-dire l’opérateur public, qui décide de l’opportunité ou non pour le chercheur, de passer devant la commission de déontologie. Le chercheur pourra consacrer 50% de son temps au travail dans l’entreprise, contre 20% actuellement.
      • Afin de favoriser l’innovation au sein des start-up issues de laboratoires publics et dont les tutelles peuvent être nombreuses, la loi Pacte devrait prévoir un mandataire unique pour accélérer l’obtention des brevets.
      • Edouard Philippe a précisé l’affectation et la gouvernance du Fonds pour l’innovation et l’industrie institué en janvier 2018 (10 milliards d’euros qui doivent générer 200 à 250 millions d’intérêt par an) : 70 millions d’euros seront alloués par l’intermédiaire de la BPI France à des PME et des start-up dans l’innovation de rupture, comme l’intelligence artificielle, la robotique, etc.
      • Enfin, le Premier ministre annonce la création d’un Conseil de l’innovation, co-présidé par Bruno Lemaire, ministre de l’économie et des finances et Frédérique Vidal, ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur et le lancement prochain d’appels à projet.

    • AP-HP : une procédure de concertation multiprofessionnelle réduit de 40 % les erreurs aux urgences

      Les résultats de l’étude de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris nommée CHARMED ont été publiés dans la revue Jama Internal Medicine du 23 avril 2018 : les erreurs médicales dans l’environnement particulier du service des urgences peuvent être réduites de 40% grâce aux vérifications croisées systématiques et régulières entre médecins impliqués dans la prise en charge d’un patient.

      L’approche de vérifications croisées est déjà pratiquée dans certains services des urgences de l’AP-HP de façon plus ou moins formelle, mais l’établissement prévoit d’élargir la méthode à l’ensemble de ses services d’urgences.

      CHARMED : une concertation obligatoire testée dans 6 services d’urgences

      L’étude intitulée « Vérifications croisées dans la réduction des événements indésirables résultant des erreurs médicales dans les services des urgences » (Cross-checking to reduce adverse events resulting from medical errors in the emergency department) visait à évaluer l’impact de ces vérifications croisées régulières et systématiques entre médecins sur le taux d’erreur médicale enregistré aux urgences.

      Elle a été menée dans six services d’accueil des urgences au total, dont cinq sont des établissements de l’AP-HP : Avicenne, Lariboisière, Hôpital européen Georges-Pompidou, Saint-Antoine et Tenon. Le sixième centre impliqué est le CHU de Grenoble-Alpes.

      La coordination s’est faite avec l’aide de la plateforme de recherche clinique des Hôpitaux Universitaires de l’Est parisien AP-HP du Pr Tabassome Simon.

      Le suivi de plusieurs patients à la fois et une prise de décision médicale rapide basée sur des informations ou résultats partiels constituent un contexte dans lequel les erreurs médicales sont susceptibles de se produire de façon plus répétées que dans d’autres services.

      Une étude réalisée en 2013 [Freund Y, Goulet H, Bokobza J, et al. Factors associated with adverse events resulting from medical errors in the emergency department : two work better than one. J Emerg Med. 2013] a déjà révélé un taux de 10% d’événements indésirables occasionnés par une erreur de diagnostic ou de posologie d’un traitement, un retard de prise en charge ou la réalisation d’un examen complémentaire non indiqué, etc.

      Ces événements indésirables peuvent être sans conséquence sur la santé du patient ou être graves en entraînant des dommages temporaires ou définitifs sur le patient (réaction transitoire, prolongation d’hospitalisation, séquelle définitive, etc.).

      Le taux d’erreur médicale recensé passe de 10,7% à 6,4%

      Cette étude randomisée a consisté à tirer au sort 1 680 dossiers de patients pris en charge dans les six services d’accueil d’urgence et procéder à leur analyse à la recherche d’éventuelles erreurs médicales ou événements indésirables.

      Sur la période de l’étude décomposée en deux périodes de dix jours, les vérifications croisées par des médecins trois fois par jour, pendant une dizaine de minutes, deux par deux, afin d’échanger sur l’état de santé et la prise en charge de leurs patients, ont permis de faire baisser le taux d’erreur médicale recensé de 10,7% à 6,4%.

      54 erreurs médicales ont été relevées dans 840 dossiers de patient étudiés, alors que dans le groupe de contrôle ce sont 90 erreurs médicales qui ont été recensées pour le même nombre de dossiers de patients.

      Selon le communiqué, une réduction relative de 40% des erreurs médicales a été grâce aux échanges entres médecins et plus particulièrement une diminution de 47% des erreurs sans gravité et de 29% des événements indésirables graves.