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  • 7 cas d’usage de l’IA pour lutter contre l’inobservance thérapeutique

    Agir sur les racines du décrochage thérapeutique

    L’IA marque une rupture dans la lutte contre l’inobservance. Jusqu’à présent, les solutions traitaient les symptômes du problème (l’oubli). Aujourd’hui, grâce à l’analyse de données massives et aux sciences comportementales, l’IA permet d’agir sur les facteurs primaires (structurels et physiques) et secondaires (psychologiques et sociaux) qui poussent un patient à abandonner son traitement.

    Neutraliser les facteurs primaires :

    Les facteurs primaires sont les obstacles “physiques” ou structurels, comme la perte d’autonomie, la complexité des ordonnances (polymédication) ou la dégradation de l’état de santé.

    • L’IA comme filtre de complexité : La surcharge médicamenteuse est la première cause de confusion chez les seniors. Des solutions comme Posos (utilisées aux CHU d’Amiens et de Bordeaux) permettent une dé-prescription assistée. En analysant les redondances, l’IA aide le médecin à “nettoyer” l’ordonnance, réduisant la charge mentale du patient et rendant l’adhérence logistiquement possible.

    • La prédiction par les données nationales : Grâce aux données du SNDS, des algorithmes comme ceux de Sêmeia ou ExactCure (Projet AdhERence au CHU de Nice) identifient les profils à haut risque avant même que l’arrêt ne survienne. En détectant des signaux faibles dans l’historique de remboursement ou les données cliniques, l’IA permet aux équipes de soins d’anticiper la rupture de parcours.

    Réguler les facteurs secondaires :

    Les facteurs secondaires sont souvent invisibles : le stress, la peur des effets secondaires, ou les fausses croyances. Ce sont des causes “silencieuses” mais massives de non-adhérence.

    • Le décodage comportemental : Le moteur SPUR (Observia), utilisé par le groupe Vivalto Santé, transforme la psychologie du patient en données exploitables. En identifiant si le frein est rationnel, social ou psychologique, l’IA permet aux soignants d’ajuster leur accompagnement de manière personnalisée.

    • La réassurance contre l’angoisse : Les effets secondaires génèrent une angoisse qui pousse à l’arrêt volontaire. Les outils de télésurveillance comme Resilience (déployé à Gustave Roussy et au Centre Léon Bérard) utilisent des agents conversationnels pour expliquer un symptôme en temps réel, réduisant le stress et évitant l’abandon thérapeutique.

    • Le coaching nutritionnel et quotidien : Pour le diabète, l’adhérence est liée au mode de vie. Des solutions comme Oviva ou DiabHealth utilisent l’IA pour analyser les journaux alimentaires par photo. Ce feedback instantané et la gamification renforcent l’engagement du patient et simplifient le suivi glycémique.

    Le pharmacien “augmenté” comme filet de sécurité :

    L’impact de l’IA se déploie jusqu’au dernier maillon : l’officine. Avec Vidal Sentinel, le pharmacien dispose d’un scoring d’adhérence prédictif lors du scan de l’ordonnance. Si l’algorithme détecte une menace de rupture (basée sur la complexité ou l’historique), il alerte le professionnel. Ce score transforme la délivrance en un entretien préventif ciblé, permettant d’intervenir avant le décrochage définitif.

  • Urgences : le CHU de Martinique mise sur FollowMe pour rendre le parcours patient plus lisible

    Le CHU de Martinique a déployé, au sein du service d’accueil des urgences de l’hôpital Pierre Zobda Quitman, la solution FollowMe. Accessible via un simple SMS, l’outil permet aux patients de visualiser en temps réel les différentes étapes de leur prise en charge. Parmi les fonctionnalités proposées :

    • Suivi des étapes du parcours (infirmier d’accueil et d’orientation, médecin, imagerie, biologie).
    • Accès à des contenus pédagogiques et contextualisés.
    • Partage du suivi avec les proches.
    • Questionnaire de satisfaction à chaud, dans une logique de PREMs telle que définie par la Haute Autorité de Santé.

    Répondre aux tensions des urgences

    FollowMe vise plusieurs irritants identifiés dans le fonctionnement des urgences comme l’incertitude ressentie par les patients et leurs proches, les incompréhensions liées aux délais d’attente, les tensions qui en découlent dans les services, et le temps mobilisé par les équipes pour expliquer l’organisation.

    L’outil s’attaque à un facteur organisationnel central : le manque de visibilité sur le parcours de soins. En apportant une information en continu, il cherche à réduire les sollicitations non médicales et à améliorer l’expérience patient.

    Le projet a été élaboré avec les représentants des usagers, afin d’adapter les contenus et d’orienter les choix fonctionnels. Cette approche vise à aligner l’outil avec les attentes des patients et de leurs proches.

    Une brique dans une stratégie plus large de transformation

    Le déploiement de FollowMe s’inscrit dans une stratégie globale portée par la direction générale, dirigée par Jérôme Le Brière, et la commission médicale d’établissement présidée par Maturin Tabue Teguo. Cette stratégie repose sur plusieurs leviers :

    • renforcement des moyens humains et matériels,
    • ouverture de lits d’hospitalisation,
    • création d’une consultation non programmée de médecine générale à proximité des urgences,
    • structuration du Service d’Accès aux Soins avec les professionnels libéraux pour améliorer la régulation des appels,
    • déploiement d’outils numériques de pilotage en temps réel (activité, lits, brancardage, transport),
    • recours à des solutions d’aide à la décision médicale basées sur l’intelligence artificielle, notamment Gleamer.

    Le projet a mobilisé les équipes médico-soignantes, les fonctions support (DSI, RSSI, DPO), les représentants des usagers ainsi que les partenaires industriels, dont Enovacom.

  • Amgen France a mobilisé plus de 5 M€ depuis 2016 pour soutenir les start-up et l’innovation en santé

    Un dispositif structuré pour l’écosystème start-up

    Présente en France depuis 1990, Amgen a progressivement construit un portefeuille d’outils de soutien à l’innovation, allant des appels à projets académiques aux collaborations directes avec des nouveaux entrants. Depuis 2016, plus de 5 millions d’euros ont été investis dans des projets innovants, en partenariat avec des start-up françaises, des incubateurs et des institutions de soins.

    En 2018, la filiale a créé le Fonds Amgen France pour la Science et l’Humain, devenu un levier financier récurrent pour les équipes académiques. Depuis 2020, ce fonds lance chaque année un appel à projets doté de 600 000 euros, pouvant financer jusqu’à huit projets de recherche fondamentale à hauteur de 75 000 euros chacun.

    Parallèlement, Amgen France s’est positionnée au cœur de l’écosystème entrepreneurial de la healthtech, en rejoignant l’incubateur BioLabs, installé à l’Hôtel-Dieu à Paris depuis 2023, et en devenant partenaire de ce réseau d’incubation. Cette présence s’inscrit dans la continuité de l’engagement historique d’Amgen avec BioLabs aux États-Unis, notamment à Los Angeles et Boston.

    Le programme « Golden Ticket » avec BioLabs

    Le partenariat Amgen France – BioLabs Paris Hôtel-Dieu se matérialise par le programme « Golden Ticket », un appel à projets annuel destiné aux start-up en sciences de la vie, biotechnologie et santé numérique. Les lauréats bénéficient pendant un an d’un accès privilégié aux installations et équipements de BioLabs, d’une intégration au hub parisien de l’innovation en santé et d’un accompagnement par des experts d’Amgen.

    Le « Golden Ticket » offre notamment : une résidence au cœur de l’Hôtel-Dieu, l’accès à un réseau de professionnels de l’industrie, de scientifiques et d’investisseurs, et un mentorat scientifique adapté aux besoins de la start-up. À chaque appel, une attention particulière est portée aux projets alignés sur les aires thérapeutiques d’Amgen : maladies cardiovasculaires et métaboliques, oncologie et hématologie, maladies rares et inflammation.

    Après deux premières éditions en 2024 et 2025, Amgen France a lancé un troisième appel à candidatures, et le jury a désigné début 2026 la start-up Calida Therapeutics comme lauréate. Ce dispositif français fait écho au Start-Up Network Program d’Amgen au niveau international, qui associe financement, interaction scientifique et opportunités de collaboration avec des incubateurs de référence.

    Cinq start-up lauréates en trois ans

    En trois ans, cinq start-up ont été distinguées par Amgen France dans le cadre du programme Golden Ticket. Genexpath développe des tests de diagnostic de nouvelle génération pour mieux caractériser les cancers. Raidium travaille sur des biomarqueurs d’imagerie pour l’oncologie, les maladies cardiovasculaires et métaboliques.

    BioHive conçoit des modèles d’organoïdes cutanés à partir de cellules souches pluripotentes induites (iPSCs), afin de mieux évaluer des approches thérapeutiques. Hephaistos Pharma développe un immunostimulant de l’immunité innée de troisième génération, capable de remodeler les cellules myéloïdes autour des tumeurs et de recruter des cellules T, seul ou en combinaison avec des inhibiteurs de checkpoints immunitaires.

    Son candidat médicament HEPHA-440 doit entrer en clinique en 2027 pour le traitement des cancers du sein triple négatif en combinaison avec des anti-PD1, et a obtenu une désignation de médicament orphelin pour l’ostéosarcome. La société, implantée à Paris, Lyon et Liège, a déjà levé 10,3 millions d’euros en financement initial, et souligne l’apport d’Amgen dans la définition des stratégies de combinaisons thérapeutiques.

    Calida Therapeutics, lauréate de l’édition 2025, développe un immunomodulateur de première classe, hautement sélectif, ciblant Mac-1 (CD11b/CD18) pour traiter des maladies inflammatoires et cardiovasculaires. Le programme principal cible des formes spécifiques de vasculite, avec une entrée en développement préclinique réglementaire prévue pour début 2027, et la start-up met en avant l’importance du Golden Ticket pour préparer le passage en clinique.

    Collaborations directes : données de santé et IA

    Au-delà de l’incubation, Amgen France soutient aussi des projets collaboratifs qui mobilisent données de santé et intelligence artificielle pour fluidifier les parcours patients. Le projet AIIPIK (Artificial Intelligence to Improve Patient Inclusion and Knowledge), porté par Ospi en partenariat avec le CHU de Toulouse et soutenu par Amgen, vise à améliorer l’identification des patients éligibles aux essais cliniques, notamment lorsque les protocoles reposent sur des mutations génétiques ou des biomarqueurs spécifiques.

    L’objectif est de réduire les obstacles à l’accès aux innovations thérapeutiques, en optimisant la sélection des patients dans des contextes de maladies graves où l’essai clinique représente souvent le premier accès à un traitement innovant. Ce type de partenariat illustre la stratégie d’Amgen d’intégrer l’IA à toutes les étapes de la R&D, y compris l’inclusion des patients, avec l’ambition de réduire de deux ans le délai de développement d’un médicament d’ici 2030.

    Amgen soutient également le déploiement de bras de contrôle externes fondés sur des données de vie réelle, pour compléter ou remplacer les groupes témoins classiques. Cette approche doit limiter le recours à de nouveaux patients, accélérer l’évaluation des traitements et renforcer la robustesse scientifique des résultats.

    Un ancrage financier et scientifique renforcé

    Pour prolonger ce soutien aux jeunes entreprises de biotechnologie, Amgen figure parmi les principaux investisseurs du fonds Biovelocita II, créé par Sofinnova Partners pour soutenir la recherche en biotechnologies en France et en Europe. Ce fonds cible des innovations de rupture en oncologie, maladies neurodégénératives, inflammatoires, immunologie et maladies rares, en s’appuyant notamment sur des centres comme Gustave Roussy.

    Ce partenariat, porté conjointement par Amgen France et Amgen Ventures, confirme l’attractivité du territoire français pour les biotechnologies et les sciences translationnelles. Il s’ajoute aux initiatives menées avec des acteurs comme Unicancer, le think tank Innovation Days, la Filière Intelligence Artificielle et Cancer (FIAC) et l’association RADAR pour faire émerger de nouveaux usages de l’IA en oncologie et dans les maladies rares.

    En France, Amgen investit plus de 22 millions d’euros par an dans la recherche clinique, avec 19 molécules en développement, 59 études actives et 632 patients inclus en 2025, dont 235 en oncologie. La filiale se positionne ainsi comme la deuxième entité d’Amgen en Europe pour la recherche clinique, en combinant essais, partenariats avec start-up et soutien à la recherche académique.

     

  • Chatbots santé : près de 20 % des requêtes concernent des situations personnelles, avec un usage surtout nocturne et mobile

    Une cartographie des usages santé des chatbots

    Une étude publiée dans Nature Health analyse plus de 500 000 conversations liées à la santé avec Microsoft Copilot en janvier 2026.

    Objectif : comprendre ce que les utilisateurs demandent réellement aux IA conversationnelles en matière de santé, en caractérisant les intentions (12 catégories) et les thèmes associés.

    Sur les 617 827 conversations analysées, la catégorie dominante reste celle de l’information et de l’éducation en santé (40,8 %). Elle regroupe des requêtes non personnalisées : fonctionnement d’un médicament, causes d’une pathologie, nutrition.

    Mais cette catégorie recouvre en partie des préoccupations personnelles implicites : les requêtes portent majoritairement sur des traitements ou des maladies spécifiques, suggérant un usage orienté vers la prise de décision individuelle.

    Une part importante de requêtes personnelles

    Près de 20 % des conversations concernent directement des symptômes, des conditions médicales ou leur gestion. Ces interactions couvrent un spectre large, allant de la simple interprétation d’un résultat à des descriptions détaillées de situations individuelles.

    L’étude souligne que cette proportion est probablement sous-estimée, du fait de la difficulté à distinguer formellement les requêtes générales des intentions personnelles.

    Autre enseignement : un cas sur sept concerne un tiers (enfant, parent âgé, partenaire). L’IA conversationnelle apparaît comme un outil de soutien pour les aidants, avec des implications en matière de design (contextualisation, recommandations adaptées, gestion de l’incertitude).

    Des usages très différenciés selon les supports

    L’analyse met en évidence une divergence nette entre mobile et desktop :

    • Mobile : prédominance des usages personnels
      • Symptômes et préoccupations : 15,9 %.
      • Bien-être émotionnel : 5,1 %.
    • Desktop : usages professionnels ou académiques
      • Recherche et support académique : 16,9 %.
      • Documents médicaux : 15,7 %.

    Ce découpage suggère que le terminal reflète le contexte d’usage : personnel et intime sur mobile, structuré et professionnel sur ordinateur.

    Un pic d’usage en soirée et la nuit

    Les requêtes personnelles augmentent en dehors des heures ouvrées :

    • Les questions liées aux symptômes passent de 10,6 % le matin à 13,4 % la nuit.
    • Les requêtes sur le bien-être émotionnel progressent de 3,3 % à 5,2 %.

    Ces résultats traduisent un recours élevé à l’IA lorsque l’accès aux professionnels de santé est limité. L’outil agit alors comme un point de contact disponible en continu, notamment dans des situations d’incertitude ou de vulnérabilité.

    Une part des conversations porte sur des tâches administratives ou organisationnelles :

    • Trouver un professionnel de santé.
    • Comprendre une couverture d’assurance.
    • Remplir des documents médicaux.

    Les auteurs identifient plusieurs enjeux pour le développement des IA en santé :

    • Adapter les réponses au contexte (mobile vs desktop, moment de la journée).
    • Différencier information et conseil personnalisé, avec orientation vers les soins lorsque nécessaire.
    • Intégrer les usages des aidants, distincts de ceux des patients.
    • Renforcer les garde-fous sur les requêtes à risque, notamment en triage et en santé mentale.

    Ces résultats rejoignent d’autres travaux sur l’IA en santé, notamment sur les attentes des patients en matière de gouvernance et de responsabilité, ou sur les risques perçus liés aux outils automatisés.

    Une base pour suivre l’évolution des usages

    L’étude pose un cadre méthodologique pour analyser les usages réels des IA conversationnelles en santé. Elle reste toutefois limitée à une plateforme (Copilot) et à une période courte (janvier 2026). L’étude ouvre plusieurs perspectives :

    • Suivi longitudinal des usages.
    • Comparaison entre systèmes de santé.
    • Analyse du lien entre type de requête et qualité des réponses.

    Public use of a generalist LLM chatbot for health queries – Nature Health

  • Cybersécurité : l’UE encadre le report des alertes sur les vulnérabilités dans le cadre du Cyber Resilience Act

    Un mécanisme de report encadré

    Le règlement délégué (UE) 2026/881, adopté au titre de l’article 14(9) du Cyber Resilience Act, vient préciser un principe posé à l’article 16(2) : “toute notification de vulnérabilité activement exploitée ou d’incident grave doit être partagée sans délai entre les CSIRT des États membres concernés.”

    Une exception est toutefois prévue en cas de circonstances exceptionnelles justifiant un report. Le texte en définit désormais précisément les contours opérationnels.

    Le règlement structure les cas de report autour de trois dimensions :

    • La nature des informations notifiées.
    • La situation d’un CSIRT destinataire.
    • La sécurité de la plateforme européenne de notification.

    La diffusion peut être retardée lorsque les risques liés à la divulgation dépassent les bénéfices attendus. Cela concerne notamment :

    • Des vulnérabilités facilement exploitables.
    • Des informations permettant de reproduire une attaque.
    • L’absence ou l’insuffisance de mesures de mitigation.

    La diffusion intervient dès qu’un correctif ou des recommandations sont disponibles.

    Une fenêtre de 72 heures en cas de correctif imminent

    Si un correctif est attendu sous 72 heures, la diffusion peut être temporairement suspendue. Au-delà, la notification doit être partagée. Dans le cadre d’une divulgation coordonnée, la diffusion peut être différée jusqu’à accord des parties impliquées.

    Le texte prévoit également des reports en cas de doute sur la capacité d’un CSIRT à protéger les informations, et de compromission de la plateforme européenne de notification. Le CSIRT doit informer immédiatement l’ENISA des décisions de report et de leur justification.

    Une fenêtre de tir très courte pour corriger

    Pour les fabricants de dispositifs médicaux connectés et de solutions numériques en santé, le texte formalise une contrainte opérationnelle : la capacité à produire un correctif en moins de 72 heures.

    À défaut, les informations sur la vulnérabilité seront diffusées à l’échelle européenne, exposant potentiellement les produits déployés.

    Un enjeu de responsabilité et de traçabilité

    Le règlement renforce implicitement plusieurs exigences :

    • Maturité des processus de gestion des vulnérabilités (détection, qualification, correction)
    • Capacité à produire rapidement des mesures compensatoires (patch, configuration, recommandations)
    • Coordination avec les autorités et les CSIRT

    Dans le secteur de la santé, où les cycles de validation logicielle peuvent être longs, cette contrainte peut entrer en tension avec les exigences réglementaires existantes (marquage CE, validation clinique).

    Le règlement entrera en vigueur 20 jours après sa publication et sera directement applicable dans tous les États membres.

  • Jumeau numérique : 25 M€ pour le programme national JUNN, premiers services attendus fin 2026

    L’État engage 25 millions d’euros (dans le cadre de France 2030) pour développer un jumeau numérique national baptisé JUNN.

    L’annonce a été faite le 15 avril par Mathieu Lefèvre, Anne Le Hénanff et Bruno Bonnell. Porté par l’IGN, le Cerema et l’Inria, le programme entend doter la France d’un socle technologique de simulation territoriale capable de

    • croiser des données hétérogènes ;
    • de modéliser les interactions entre systèmes ;
    • et de tester différents scénarios d’action publique.

    L’ambition est de fournir aux décideurs publics un outil d’aide à la décision.

    Le projet repose sur la création d’une infrastructure commune destinée à accueillir des jumeaux numériques interopérables dans plusieurs domaines, dont la mobilité, l’eau ou les risques naturels. Ce socle doit intégrer des briques logicielles partagées, des standards d’interopérabilité, des capacités de traitement massif de données ainsi que des outils de visualisation immersive et de simulation.

    Cette architecture doit être mise à disposition des services de l’État, des collectivités et des entreprises, avec une logique de mutualisation des ressources technologiques.

    Applications prévues pour l’urbanisme à la santé

    Les cas d’usage identifiés couvrent un large champ. Ils concernent l’aménagement urbain, la prévention des risques, la gestion des ressources, l’adaptation des forêts, mais aussi la lutte contre les épidémies.

    Dans le champ de la santé publique, cette capacité de simulation doit permettre d’anticiper certaines évolutions territoriales et de tester des hypothèses de gestion dans des environnements complexes.

    Une montée en charge par étapes jusqu’à fin 2026

    La phase opérationnelle débute avec le développement des premières briques logicielles et la constitution des jeux de données. Sur les douze premiers mois, les acteurs publics et territoriaux doivent être associés pour préciser les besoins, co-construire les solutions et tester les premiers services.

    Le déploiement est annoncé comme progressif. Un premier ensemble d’applications opérationnelles est attendu d’ici à la fin de l’année 2026.

    Le programme s’appuie sur un consortium de 14 partenaires publics et privés, coordonné par 1Spatial France. L’IGN intervient sur la production et la gouvernance des données territoriales. Inria, Géodata Paris et GeometryFactory apportent leurs compétences sur les modèles 3D, l’intelligence artificielle et les graphes de connaissances. Le Cerema est chargé de la structuration des cas d’usage et des interfaces métiers.

    Dassault Systèmes doit intervenir en amont sur un cas d’usage consacré à l’adaptation climatique des villes, à travers des simulations multi-physiques.

    Au-delà du consortium, le programme fédère plus de 200 acteurs issus des collectivités, des bureaux d’études, d’entreprises innovantes et d’industriels. Cette mobilisation s’est structurée à la suite d’un appel à communs lancé en 2024.

    Avec JUNN, l’État cherche à installer un cadre partagé de simulation et de données pour piloter les transitions environnementales, économiques et sanitaires.

    L’enjeu est celui du passage à l’échelle, avec une industrialisation des usages des jumeaux numériques sur l’ensemble du territoire.

     

  • Évaluations des ESSMS : 37 % des structures passées au crible, un niveau de qualité jugé satisfaisant mais des failles persistantes (HAS)

    • 47 700 ESSMS concernés par le dispositif d’évaluation en France.
    • 17 790 structures évaluées au 31 décembre 2025 (37 % du parc déjà évalué depuis le lancement en 2023).
    • 10,5 % des ESSMS seulement valident l’ensemble des 18 critères impératifs.
    • 35 % de conformité sur la gestion de crise (critère impératif le plus faible).
    • 41 % à 43 % de conformité pour la maltraitance et le traitement des réclamations.

    Le dispositif d’évaluation de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS), instauré par la loi du 24 juillet 2019, poursuit sa montée en charge. Fin 2025, 17 790 structures ont été évaluées, soit 37 % des 47 700 ESSMS concernés en France.

    Ces évaluations, conduites par des organismes accrédités par le Cofrac sur la base du référentiel de la Haute Autorité de santé, reposent sur des observations de terrain et des échanges avec les personnes accompagnées, leurs représentants, les professionnels et les directions.

    L’année 2025 a confirmé la progression du dispositif avec 7 263 évaluations réalisées. La dynamique reste toutefois en deçà des projections initiales, posant la question d’un risque d’engorgement à l’approche de l’échéance de 2027.

    La répartition sectorielle évolue également : le secteur social a connu une accélération, notamment après la levée du moratoire sur les services à domicile, tandis que la part des services progresse face aux établissements.

    Depuis 2023, la HAS a engagé plusieurs actions pour homogénéiser les pratiques d’évaluation : publication de fiches méthodologiques, contrôle des rapports, traitement des signalements et renforcement de la coopération avec le Cofrac.

    Une qualité globale jugée satisfaisante

    Les résultats 2025 indiquent un niveau de qualité globalement satisfaisant. Les critères relatifs aux personnes accompagnées (droits, participation) obtiennent les meilleurs scores, traduisant une appropriation des enjeux liés aux droits fondamentaux.

    À l’inverse, les dimensions organisationnelles apparaissent plus fragiles. Les scores les plus faibles concernent :

    • La démarche qualité et la gestion des risques (3,12).
    • L’accompagnement à la santé (3,20).
    • La co-construction des projets d’accompagnement (3,26).

    Ces résultats traduisent des difficultés dans la formalisation des processus, la coordination entre acteurs et le pilotage des démarches d’amélioration continue.

    Des critères impératifs encore peu maîtrisés

    L’un des enseignements concerne les 18 critères impératifs, censés être totalement maîtrisés par les structures. En 2025, seuls 10,5 % des ESSMS atteignent cet objectif. Le secteur médico-social présente de meilleurs résultats (14,2 %) que le secteur social (7 %). Si les droits fondamentaux (dignité, vie privée, liberté d’aller et venir) sont globalement respectés, plusieurs domaines apparaissent en difficulté :

    • Gestion de crise : 35 % de conformité.
    • Prévention et gestion de la maltraitance : 41 %.
    • Traitement des plaintes et réclamations : 43 %.

    Ces résultats mettent en évidence des lacunes dans l’analyse collective des risques, la formalisation des plans d’action et l’ancrage des démarches qualité dans une logique opérationnelle.

    Qualiscope : un outil de transparence à manier avec précaution

    Depuis septembre 2025, les résultats des évaluations sont accessibles via la plateforme Qualiscope, avec une ouverture des données sur data.gouv.fr début 2026.

    Cette transparence améliore l’information des usagers et des partenaires. La HAS insiste toutefois sur les limites d’interprétation : les données ne permettent pas d’établir des classements entre structures, en raison de l’hétérogénéité des contextes et du caractère ponctuel des évaluations.

    L’outil doit être utilisé comme support de dialogue et d’amélioration, et non comme un instrument de comparaison directe.

    Au regard des résultats 2025, la HAS appelle à faire évoluer le dispositif pour en renforcer l’impact. Les enjeux portent notamment sur :

    • Une meilleure intégration de la démarche qualité dans les pratiques.
    • Un renforcement du pilotage et de la gestion des risques.
    • Une adaptation des modalités d’évaluation aux spécificités des structures.

     

  • BrainTech : Newfund boucle HEKA (60 M€), 9 start-up déjà financées

    À l’intersection de l’IA et des neurosciences, la BrainTech entre dans une phase de structuration rapide. Longtemps limitée par la complexité du cerveau et le manque d’outils adaptés, cette discipline bénéficie désormais d’une convergence technologique associant IA, imagerie avancée, biomarqueurs et simulation. Les indicateurs financiers confirment cette dynamique :

    • 4,2 milliards d’euros levés en 2025 en Europe et aux États-Unis, dont 3,6 milliards aux États-Unis ;
    • 19 % des investissements mondiaux en santé numérique concernent désormais les technologies liées au cerveau ;
    • 2,8 milliards d’euros levés au premier trimestre 2026, soit une hausse de 256 % sur un an.

    Dans ce contexte, les États-Unis concentrent plus de 85 % des financements, tandis que l’IA est intégrée dans environ 70 % des innovations, notamment pour l’analyse de données complexes et l’aide à la décision clinique.

    Structurer l’écosystème européen

    Pour répondre à ce déséquilibre, Newfund lance HEKA, un fonds de 60 millions d’euros dédié à la santé numérique du cerveau. L’objectif est double : structurer un marché émergent et permettre aux acteurs européens de capter davantage de valeur. Le fonds prévoit d’investir dans 25 start-up couvrant plusieurs segments, dont la neurologie, la psychiatrie, et les technologies d’augmentation des capacités cognitives. HEKA repose sur :

    • une spécialisation scientifique forte,
    • une capacité d’analyse approfondie,
    • une présence directe aux États-Unis (bureau à Palo Alto, réseau d’entrepreneurs).

    Des solutions déjà déployées en conditions réelles

    Depuis son lancement en juin 2023, le fonds a analysé plus de 900 start-up et rencontré 550 entrepreneurs. Neuf sociétés composent déjà le portefeuille, avec des solutions opérationnelles :

    • Raidium : imagerie médicale basée sur un modèle de fondation en radiologie, utilisée notamment en oncologie et pour la sclérose en plaques ;
    • AI-Stroke : triage préhospitalier des AVC à partir de vidéos patients ;
    • Nuréa : jumeau numérique vasculaire pour diagnostic et suivi ;
    • Inside Therapeutics : production de nanoparticules pour thérapies ARN ;
    • Reev : orthèse robotisée pour la rééducation post-AVC ;
    • Diagnoly : assistant d’échographie en temps réel ;
    • Oria Bioscience : production d’organites pour la découverte de médicaments ;
    • Soihtu DTx : thérapie numérique pour la dépression sévère ;
    • Moovd : plateforme pour thérapies EMDR.

    Ces solutions couvrent l’ensemble du parcours de soin, de la détection à la prise en charge et au suivi. Les premiers résultats opérationnels illustrent la stratégie du fonds :

    • 8 start-up sur 9 sont commercialisées aux États-Unis ;
    • 2 autorisations FDA obtenues en 2025 ;
    • 3 intégrations au programme StartX de Stanford.

    Malgré un avantage scientifique reconnu en neurosciences, l’Europe peine à transformer ses innovations en leadership économique. Le manque de financements adaptés a historiquement favorisé une captation de valeur par les États-Unis. Avec HEKA, Newfund cherche à combler ce déficit en combinant capital, expertise et accès au marché international. Le fonds s’appuie sur une base d’investisseurs composée d’entrepreneurs et de family offices, pour un total de 400 millions d’euros d’actifs sous gestion.

  • 14e COSUI : l’hôpital en tête des envois au DMP, 40 % en imagerie et biologie

    Le 14e Comité de suivi du Ségur numérique (COSUI) a fait le point sur l’avancement du programme lancé en 2021 pour généraliser le partage fluide et sécurisé des données de santé entre professionnels et usagers. Organisé deux à trois fois par an, ce rendez-vous associe pouvoirs publics, représentants des professionnels et des établissements de santé, industriels et associations de patients.

    Le bilan présenté confirme la progression de l’usage primaire des données de santé en France, porté par Mon espace santé, le dossier médical partagé (DMP) et la messagerie sécurisée MSSanté. Il met aussi en lumière les secteurs où les usages restent incomplets, en particulier en imagerie et en biologie médicale.

    • Mon espace santé compte désormais plus de 25 millions d’utilisateurs. La plateforme continue d’intégrer de nouveaux services personnalisés, avec un accent mis sur la prévention.
    • L’alimentation du DMP progresse également. Plus de 450 millions de documents de santé ont été envoyés aux patients via Mon espace santé au cours des douze derniers mois. L’enjeu est désormais celui de l’exhaustivité du carnet de santé numérique.
    • Les pouvoirs publics publient à cet effet les taux d’envoi des principaux documents sur la page de transparence du Ségur numérique, avec une actualisation mensuelle annoncée. Certains indicateurs apparaissent déjà avancés : huit lettres de liaison hospitalières sur dix sont transmises vers le DMP, ainsi que deux tiers des comptes rendus de vaccination réalisés en officine. En revanche, l’imagerie et la biologie médicale restent en retrait, avec seulement quatre comptes rendus sur dix envoyés vers le DMP.

    La consultation du DMP entre dans les usages professionnels

    L’usage ne se limite plus à l’alimentation du dossier. La consultation du DMP par les professionnels est présentée comme une pratique désormais installée, avec plus d’un million de documents de santé consultés le mois dernier par plus de 65 000 professionnels de santé.

    Une vague 2 étalée selon les secteurs

    La deuxième vague du Ségur numérique avance à des rythmes différenciés selon les secteurs.

    À l’hôpital, le guichet de référencement est désormais clos et les premiers dossiers patients informatisés (DPI) commencent à être déployés dans les établissements de santé pilotes. Les établissements sont engagés dans la programmation de leurs mises à jour, en articulation avec leurs trajectoires de sécurisation et de fluidification des accès aux systèmes d’information hospitaliers, accompagnées par le programme HospiConnect.

    En imagerie, les premiers usages de partage d’images médicales sont attendus cet été dans les sites préfigurateurs DRIMbox. Les premières solutions doivent être référencées prochainement. La date limite de dépôt des dossiers auprès de l’Agence du numérique en santé est repoussée au 10 juillet afin de laisser aux éditeurs le temps de finaliser leurs développements. En parallèle, l’ANS prévoit d’ouvrir au plus tard fin mai son service d’enrôlement des DRIMbox.

    En médecine de ville, un plan de sécurisation de la vague 2 a été activé. Il prévoit un décalage de six mois du calendrier afin de garantir aux médecins une offre logicielle jugée plus large et mieux adaptée à leurs attentes.

    Les prochains dispositifs SONS attendus concernent les sages-femmes et les paramédicaux, avec une publication au Journal officiel annoncée en mai. Pour les officines de ville, une prépublication sur le site de l’ANS est annoncée d’ici la fin mai.

    En biologie médicale, la priorité reste la correction des dysfonctionnements d’envoi des comptes rendus dans le DMP, avec un enjeu de visibilité pour les patients comme pour les professionnels. Les éditeurs concernés sont appelés à accélérer les correctifs. À défaut, les autorités évoquent la mobilisation de leviers d’obligation et de sanction.

    Dans le médico-social, deux tiers des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESMS) disposent désormais d’un dossier usager informatisé (DUI) conforme, et plus de 80 % de ceux relevant du champ de l’autonomie. Les usages numériques commencent à se développer. La suite de la trajectoire du secteur a été engagée en mars avec la publication de la vague 2 et le lancement d’un appel à projets du programme CaRE pour renforcer la cybersécurité de premiers ESMS.

    MSSanté dépasse le million de messages par jour

    Selon les éléments présentés lors du COSUI, l’équipement MSSanté est désormais massif. Plusieurs évolutions attendues ont été mises en avant, notamment la standardisation des API et le déploiement en cours, par les opérateurs, de la délégation de boîte aux lettres au secrétariat. Le volume d’usage dépasse à présent le million de messages envoyés chaque jour.

    Les autorités estiment toutefois que les efforts doivent encore s’intensifier pour lever les freins, parmi les priorités citées figurent :

    • l’identification simple et fiable de l’adresse du correspondant ;
    • la diffusion des comptes rendus de biologie médicale au médecin prescripteur ;
    • et le renforcement des usages MSSanté dans les établissements de santé.

    Pour rappel, le Ségur numérique a été lancé en 2021 avec l’objectif de généraliser le partage fluide et sécurisé des données de santé entre professionnels et usagers. Le programme s’appuie sur un investissement public de 2 milliards d’euros.

    À l’issue du comité, Stéphanie Rist a appelé à “accélérer le déploiement”, à “lever les freins opérationnels” et à faire du numérique “un outil de transformation du système de santé au service de l’accès aux soins”.

    Les éléments détaillés du comité sont disponibles sur la page dédiée au COSUI du Ségur numérique.

  • Santé collective : les remboursements progressent de 4,9 % en 2025, WTW anticipe une hausse de 5,1 % en 2026

    Les dépenses de santé remboursées au titre des régimes complémentaires collectifs ont augmenté de 4,9 % en 2025 par rapport à 2024, selon l’analyse annuelle de WTW, publiée le 13 avril . Le cabinet attribue cette progression à la combinaison des réformes réglementaires, de l’inflation médicale et du vieillissement de la population assurée.

    Cette dynamique n’est pas ponctuelle. WTW estime qu’elle s’inscrit dans un cycle engagé depuis 2023 et projette une dérive des prestations de 5,1 % en 2026, dans un contexte marqué par de nouveaux transferts de charges vers les complémentaires, le désengagement de l’Assurance Maladie et la revalorisation des tarifs des professionnels de santé.

    Une hausse installée sur plusieurs années

    La dérive passe de +3,8 % à +5,1 % en moins de 10 ans

    Entre 2018 et 2025, la dérive annuelle moyenne des prestations de santé atteint 3,8 %, selon WTW. Sur la période 2023-2026, cette moyenne monterait à 5,1 % par an. Le cabinet relie cette accélération à l’ampleur des réformes réglementaires et conventionnelles, ainsi qu’aux hausses tarifaires qui affectent directement les régimes de frais de santé, comme la refonte de la convention dentaire ou l’augmentation des bases de remboursement en médecine de ville.

    En parallèle, le Plafond annuel de la Sécurité sociale, qui sert de référence au calcul des cotisations, a progressé de 2,4 % par an en moyenne entre 2018 et 2026. Pour WTW, cet écart traduit un décrochage entre l’évolution des cotisations indexées sur le PASS et celle des dépenses réellement remboursées. Autrement dit, l’indexation sur ce seul indicateur ne suffit plus à garantir l’équilibre financier des contrats.

    Hospitalisation et pharmacie en tête de la dérive

    +4,9 % en 2025 avec des pics à +9 % en fin d’année

    • En 2025, les prestations moyennes par bénéficiaire ont donc augmenté de 4,9 %. L’année a aussi été marquée par des pics de consommation en septembre et en décembre, au-delà de 9 %.
    • Les hausses les plus marquées concernent l’hospitalisation, en progression de 8 %, sous l’effet conjugué de la hausse des tarifs, d’une fréquence élevée des actes de chirurgie et du recours à la chambre particulière.
    • Les consultations, la médecine courante et la pharmacie enregistrent une hausse de 6 %, portée par les nouvelles conventions médicales et par l’évolution du calendrier vaccinal.
    • L’optique et le dentaire progressent de 3 %. WTW y voit des hausses plus contenues, mais alimentées par la fréquence de consommation, notamment pour les lentilles et l’orthodontie précoce.

    Des facteurs structurels et réglementaires

    WTW met en avant plusieurs moteurs de cette évolution. Certains relèvent de tendances de fond, comme le vieillissement de la population assurée ou l’évolution des pratiques médicales. D’autres sont liés à des mesures tarifaires ou réglementaires entrées en vigueur récemment.

    Parmi les exemples cités figurent la revalorisation de la consultation des médecins généralistes, passée de 26,50 euros à 30 euros, ainsi que celle de certains spécialistes. Le cabinet mentionne aussi le déploiement de nouvelles campagnes vaccinales, contre le méningocoque et le papillomavirus humain, ainsi que le recours à des médicaments innovants coûteux.

    WTW signale également une forte hausse de la consommation sur les postes liés aux auxiliaires médicaux, notamment les kinésithérapeutes et les sages-femmes.

    Une pression appelée à se renforcer en 2026

    Pour 2026, les équipes d’actuariat en assurance de personnes de WTW anticipent la poursuite de cette dynamique. Elles pointent à la fois les revalorisations tarifaires déjà prévues pour plusieurs professionnels de santé et les transferts de charges supplémentaires vers les complémentaires envisagés par le législateur.

    Les actes de spécialistes, les séances de kinésithérapie et les forfaits hospitaliers figurent parmi les postes concernés. WTW souligne en particulier une hausse de 15 % du coût journalier des forfaits hospitaliers en mars 2026.

    Sur cette base, et à partir d’un portefeuille de 2 millions de bénéficiaires, le cabinet estime que la dérive des prestations pourrait atteindre 5,1 % cette année.

    * Le PASS, ou Plafond Annuel de la Sécurité sociale, est un montant de référence fixé chaque année par l’État. Il sert de base de calcul pour de nombreux éléments en protection sociale : notamment calculer certaines cotisations sociales (retraite, prévoyance, mutuelle), déterminer des plafonds de prestations (indemnités, pensions), encadrer des exonérations fiscales ou sociales.