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  • Entretien : « Comprendre et soulager la douleur chronique doit être au cœur de l’action » (F. Alliot-Launois, Aflar)

    Les multiples défis des patients douloureux

    Quels sont les principaux obstacles rencontrés par les patients souffrant de rhumatismes ?

    La douleur chronique est un défi quotidien majeur qui dépasse le cadre médical. Elle touche l’autonomie, mais aussi l’intégration sociale et professionnelle des patients. Nombre d’entre eux se sentent seuls dans un parcours de soins souvent complexe et mal coordonné. Ils doivent jongler entre médecins, pharmaciens, spécialistes de la douleur, kinésithérapeutes et infirmiers, assumant eux-mêmes le rôle de coordinateurs.

    Certaines populations, comme les personnes âgées, les adolescents ou les femmes, sont particulièrement négligées. La douleur des femmes, par exemple, est moins bien diagnostiquée et moins bien prise en compte. Par ailleurs, les travaux actuels sur les liens entre douleur, inflammation, alimentation, microbiote, etc., restent à approfondir, car il s’agit de pistes qui pourraient offrir des pistes de traitement.

    La douleur peut aussi détruire les liens sociaux et familiaux : divorce, chômage, isolement, voire parfois suicide, malheureusement. C’est pourquoi une des missions de l’Aflar est de soutenir les patients via des groupes de parole, des conseils et une écoute active. Nous tenons compte aussi des proches, car la sphère familiale est souvent très impactée.

    L’innovation entre limites et promesses

    Quelles sont les innovations récentes pour la gestion de la douleur que vous avez pu remarquer ?

    Les avancées thérapeutiques récentes concernent moins les médicaments que les approches alternatives. En pharmacologie, les antalgiques classiques comme le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) restent incontournables, avec des indications larges dans les douleurs rhumatismales. Les opioïdes, régulés par des prescriptions strictes, doivent être utilisés avec précaution du fait de leurs effets secondaires et du risque de dépendance.

    Le cannabis thérapeutique offre une opportunité intéressante, mais il reste très encadré en France, rendant son accès difficile. Beaucoup de patients, frustrés, se tournent vers des solutions non remboursées comme l’homéopathie, les phytothérapies ou encore des cures alimentaires. Pourtant, certaines de ces pratiques, mal expliquées ou mal encadrées, comportent des risques.

    En revanche, des études sérieuses montrent que des régimes anti-inflammatoires peuvent être bénéfiques pour les patients souffrant de maladies rhumatismales. De même, les approches non médicamenteuses – méditation, sophrologie, activité physique adaptée, voire de simples activités du quotidien comme le tricot ou le jardinage – jouent un rôle important dans le soulagement des douleurs. Très peu de patients bénéficient d’une éducation thérapeutique du patient (ETP), et les centres de la douleur, avec leurs longues listes d’attente, ne peuvent répondre à la demande massive : on parle en effet de 20 millions de personnes concernées en France.

    Comment les nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle, peuvent-elles transformer la prise en charge de la douleur ?

    Les solutions numériques offrent des perspectives fascinantes. L’IA, par exemple, peut décrypter le langage des patients, leurs comportements et leurs émotions pour mieux évaluer leur douleur. Elle permet de personnaliser les traitements et de suivre l’évolution de la douleur dans le temps. Cela pourrait révolutionner la prise en charge, notamment pour des populations souvent négligées, comme les femmes, les adolescents ou les personnes âgées.

    Cependant, il est crucial que l’IA reste un outil complémentaire à l’humain. La parole et l’écoute d’un professionnel de santé sont indispensables pour créer un lien de confiance et apporter un soutien empathique. À l’Aflar, nous sommes déjà engagés avec des start-ups qui développent des solutions innovantes pour améliorer la qualité de vie des patients. Nous travaillons aussi à renforcer les solutions non numériques, proposées gratuitement dans nos pôles régionaux. Mais il reste beaucoup à faire pour intégrer ces technologies dans les parcours de soins. Nous devons donner aux soignants les moyens de détecter et de traiter efficacement la douleur, en particulier dans les Ehpad et les lieux de vie où les besoins sont immenses.

    La douleur ne doit donc pas être vécue comme une fatalité…

    La douleur chronique n’est jamais normale. L’objectif de l’Aflar est d’agir sur tous les fronts : sensibilisation, écoute, recherche clinique et mise en œuvre de solutions thérapeutiques adaptées. Avec les nouvelles technologies et une meilleure coordination des soins, nous espérons redonner de l’espoir et de la qualité de vie à des millions de patients en France.

     

  • Qualité des soins : l’ARS soutient huit projets innovants dans les établissements sanitaires (Trophées 2024)

    Encourager l’excellence et l’innovation en santé

    Les « Trophées de la qualité des soins » ont été instaurés en 2024 par l’Agence Régionale de Santé (ARS) Île-de-France pour valoriser les initiatives innovantes en matière de prise en charge et de qualité des soins dans les établissements de santé (Projet Régional de Santé 2023-2028). Les trophées s’inscrivent dans une dynamique d’amélioration et de collaboration entre les établissements afin de partager les expériences réussies. Les initiatives récompensées devaient faire preuve d’innovation, d’efficacité et avoir un impact positif sur la prise en charge des patients. Au programme : six trophées dotés de 5 000 € chacun, ainsi que deux mentions « coups de cœur » assorties d’une dotation de 10 000 € chacune.

    “Coup de cœur” : les deux projets distingués par l’ARS Île-de-France

    Engagement des équipes via des rituels managériaux Qualité – GHU AP-HP Paris Saclay 

    Depuis deux ans, le Groupe Hospitalier Universitaire (GHU) Paris-Saclay a déployé des routines managériales centrées sur la qualité des soins au sein de ses 250 services et unités. Chaque service s’appuie sur un « Espace Qualité », un dispositif visuel regroupant des indicateurs clés tels que la satisfaction des patients, les signalements d’événements indésirables et les objectifs d’amélioration identifiés. Ce support, piloté par les équipes encadrantes, favorise le partage des résultats et assure un suivi structuré des actions prioritaires. Une feuille de route, précisant les objectifs et les responsabilités, cadre la mise en œuvre des actions correctives. Depuis 2023, une revue annuelle est organisée pour analyser la qualité, l’expérience patient et la sécurité des soins. Basée sur des données internes et externes, elle réunit les équipes médicales et paramédicales afin d’ajuster les pratiques et mettre à jour la feuille de route.

    Des outils pour améliorer le travail en équipe et la culture sécurité des soins – Hôpital Sainte Marie

    Le programme PACTE, créé par la Haute Autorité de Santé (HAS), vise à renforcer le travail en équipe pour sécuriser la prise en charge des patients et cherche à réduire les événements indésirables grâce à une meilleure coordination. L’Hôpital Sainte-Marie a intégré cette démarche dans le cadre de son engagement en faveur de l’amélioration continue des pratiques collaboratives. L’initiative a concerné les unités 1 et 2 d’oncologie, avec un focus particulier sur la prise en charge des patients en soins palliatifs. Les objectifs incluaient le renforcement du travail en binôme entre infirmiers diplômés d’État (IDE) et aides-soignants (AS), afin de promouvoir la cohésion des équipes et d’optimiser la qualité des soins. Les priorités identifiées par l’équipe sont les suivantes :

    • Améliorer l’écoute, la disponibilité et la communication avec les patients et leurs proches.
    • Développer des activités thérapeutiques adaptées.
    • Renforcer la traçabilité des informations dans les dossiers patients.
    • Encourager une collaboration structurée entre IDE et AS.

    Le projet a été soutenu par la direction, qui a organisé un comité de pilotage réunissant un large panel d’acteurs : direction de l’établissement, facilitateurs, cadres de santé, médecin chef de service, pharmacien, responsable administratif, responsable hygiène-sécurité-environnement et un attaché de direction. La structure régionale d’appui STARAQS a apporté son expertise en matière de diagnostic, de gestion des risques (CRM) et d’outils méthodologiques. Une communication régulière autour du projet a été mise en place lors des comités de pilotage qualité, des réunions de service et des commissions des usagers (CDU). Cette stratégie visait à garantir l’adhésion des équipes et la transparence auprès des parties prenantes.

    Résumé des six autres projets innovants dans les établissements sanitaires

    • Handi ConsultationHôpital Foch :
      Une plateforme centrée sur les besoins spécifiques des patients en situation de handicap, pour adapter leur parcours dans l’établissement (consultations, hospitalisation).
    • Collaboration durable pour les EIGSCH Victor Dupouy :
      Implication des représentants des usagers (RU) dans l’analyse des événements indésirables graves (EIGS).
    • Voix du patient dans les EIAS Institut Mutualiste Montsouris :
      Recueil du ressenti des patients pour enrichir l’analyse des événements indésirables associés aux soins (EIAS).
    • Simulation pour sécuriser le circuit médicamenteuxHôpital Saint-Antoine :
      Ateliers de simulation pour prévenir les erreurs liées au médicament, avec des cas pratiques et un focus sur des substances à risque (potassium, insuline).
    • Plateforme collaborative “Olympe”CH Intercommunal de Meulan-Les Mureaux :
      Développement d’une plateforme digitale innovante centralisant les protocoles de soins, données sur la résistance bactérienne, et informations pratiques pour les soignants.
    • Mini-série “Un Jour à l’Hôpital”Hôpital de Forcilles :
      Création d’une série vidéo pour sensibiliser les équipes à la culture Qualité et à l’intégration des patients et de leurs proches dans cette démarche.

     

  • Nouvelle étape dans la lutte contre le cancer avec l’accord entre Institut Curie et Varian (filiale de Siemens Healthineers)

    Une collaboration de 3 ans pour améliorer la radiothérapie

    Il établit un cadre de coopération durable pour promouvoir des innovations en radiothérapie, en s’appuyant sur les expertises complémentaires des deux partenaires. Chaque année, l’Institut Curie, doté d’équipements techniques performants, traite plus de 6 000 nouveaux patients atteints de divers types de cancers. De son côté, Varian, leader des technologies de radiothérapie depuis 75 ans, propose des solutions avancées utilisées par des professionnels de santé dans le monde entier. Entre 50 % et 70 % des patients atteints de cancer bénéficient d’un traitement par radiothérapie au cours de leur parcours de soins. Les priorités actuelles dans ce domaine consistent à améliorer la précision des traitements tout en réduisant les effets secondaires pour les patients.

    Une collaboration en deux phases

    Première phase : développement technologique et essais cliniques

    La première phase du partenariat se concentre sur le développement de solutions thérapeutiques innovantes alliant précision, personnalisation et préservation des tissus sains. Dans ce cadre, l’Institut Curie bénéficie en avant-première des technologies de Varian, notamment des équipements et logiciels avant leur commercialisation. Les retours d’expérience des équipes cliniques permettront d’affiner ces technologies.
    Parmi les premières avancées concrètes, le système HyperSight a été installé sur un accélérateur Halcyon sur le site parisien de l’Institut Curie. Ce système améliore la qualité des images et des outils adaptatifs, optimisant ainsi les traitements. Par ailleurs, des projets de recherche sont en cours pour perfectionner la planification des séances de radiothérapie afin de mieux cibler les tumeurs tout en épargnant les tissus environnants.

    Deuxième phase : formation et élargissement des collaborations

    La deuxième phase prévoit une extension des collaborations, incluant des initiatives communes, des visites de sites et des programmes de formation destinés aux équipes médicales et techniques pour renforcer leurs compétences. Ce partenariat s’inscrit dans une stratégie globale visant à approfondir les connaissances en radiothérapie, à encourager leur diffusion et à développer des innovations au service des patients. Ces travaux pourraient également influencer les protocoles cliniques, rendant les traitements en oncologie encore plus performants.

    Une ambition internationale pour la France

    « Nous sommes heureux de lancer cette collaboration stratégique majeure avec Varian, notre partenaire de longue date. Cette initiative reflète l’engagement continu de l’Institut Curie à développer de nouveaux traitements de pointe pour améliorer la prise en charge des patients. Grâce à notre label d’excellence Carnot*, qui favorise les partenariats entre le monde académique et l’industrie, ce partenariat réaffirme notre ambition de positionner la France comme leader européen de la radiothérapie et de renforcer son influence dans la recherche médicale », déclare le Dr Cécile Campagne, directrice du bureau de transfert de technologie de l’Institut Curie.

     

  • Maladies chroniques : la e-cohorte Compare vise les 100 000 patients à moyen terme

    Une communauté de patients au cœur de la recherche

    Lancée en 2018 par les professeurs Viet-Thi Tran et Philippe Ravaud, la plateforme Compare (communauté de patients pour la recherche) repose sur une collaboration entre chercheurs et patients. Ces derniers participent activement à la recherche en répondant régulièrement à des questionnaires en ligne via une plateforme sécurisée. Compare constitue ainsi une communauté dédiée à mieux comprendre les maladies chroniques, en offrant un espace où les patients partagent leur vécu et leurs idées pour améliorer leur prise en charge. Lors d’une journée organisée au sein de l’université Paris Cité – co-pilote du projet, aux côtés de l’AP-HP – pour les cinq ans de la e-cohorte, les deux professeurs, ainsi que les responsables scientifiques des différents pans de la plateforme, ont présenté les projets qui sont au cœur de Compare.

    58 000 patients et 20 cohortes maladies :

    En 2024, la plateforme regroupe 58 000 volontaires souffrant de maladies comme le diabète, l’endométriose, la dépression ou le covid 19 long. Ces patients sont impliqués dans 95 projets de recherche et répartis en 20 cohortes maladies. Le volume de données collectées est impressionnant : 792 043 questionnaires remplis, représentant 24 millions de points de données exploitables par les chercheurs.

    Ces données alimentent des recherches variées, allant de l’évaluation des trajectoires de soins à l’analyse du ressenti des patients face à leur traitement. Une étude, par exemple, a estimé que les patients consacrent en moyenne 143 minutes par jour à la gestion de leur maladie, soulevant la question du seuil d’un « fardeau acceptable ».

    Une recherche collaborative et modulable :

    La force de Compare réside dans sa flexibilité. Les données existantes peuvent être utilisées pour répondre à des questions de recherche, ou de nouveaux questionnaires peuvent être développés pour des études spécifiques. Cette adaptabilité favorise une recherche dite « frugale », permettant d’optimiser les ressources dans un contexte de financements publics limités.

    Malgré cette efficacité, le financement de Compare reste fragile. Actuellement soutenu par des appels à projets, des legs et des associations, son modèle économique doit être renforcé pour garantir la pérennité de l’initiative et intégrer des outils complémentaires, comme les données du Système national des données de santé (SNDS) ou les objets connectés (IoT).

    Les patients, acteurs à part entière

    Plus qu’une simple source de données, Compare permet aux patients de s’impliquer activement. Certains participent à la création de questionnaires, à l’analyse des résultats, et même à la diffusion des études sous forme d’abstracts visuels accessibles. Cette implication renforce l’utilité et la pertinence des recherches menées, tout en valorisant l’expérience des patients.

    Objectif : 100 000 patients pour étendre la recherche aux maladies rares :

    Avec un objectif de 100 000 volontaires dans les années à venir, Compare vise à répondre à des questions de plus en plus complexes, y compris pour des maladies rares. Ce projet unique en son genre continue de transformer la recherche sur les maladies chroniques, en plaçant les patients au centre des avancées scientifiques et en ouvrant la voie à une médecine plus collaborative et adaptée.

    3 projets au coeur de la plateforme :

    Cet événement a été l’occasion de présenter les 3 projets qui sont au coeur de la plateforme Cohorte, qui sont destinés à mieux comprendre et améliorer la prise en charge de certaines maladies chroniques :

    • Compare Dépression (dirigé par le Dr Astrid Chevance) explore l’impact de la dépression sur la vie quotidienne, professionnelle et sociale des patients. Ce projet s’intéresse aux différents types de dépression, qu’elle soit récurrente, liée à un trouble bipolaire, ou post-partum. L’objectif est d’identifier les facteurs de rechute et de mieux comprendre les perceptions des patients sur leur maladie afin de guider les pratiques cliniques et les politiques de santé publique​ ;
    • Compare Endométriose (coordonné par le Pr Marina Kvaskoff) se concentre sur l’épidémiologie de l’endométriose, une maladie complexe encore sous-diagnostiquée. Le projet vise à estimer la prévalence de la maladie, identifier ses facteurs de risque, étudier son histoire naturelle et ses répercussions sur la qualité de vie des patientes. Avec plus de 7 000 participantes, cette cohorte soutient également des initiatives dans le cadre de la stratégie nationale contre l’endométriose en France ;
    • Compare Vitiligo (dirigé par le Pr Khaled Ezzedine) étudie les impacts psychosociaux du vitiligo, une maladie cutanée affectant l’image de soi et la qualité de vie des patients. Ce projet cherche à évaluer l’efficacité des traitements et à redéfinir les critères d’évaluation basés sur l’expérience des patients, tels que la satisfaction et la tolérabilité des traitements plutôt que des mesures cliniques traditionnelles comme la taille des lésions​.

     

  • Données de santé : la barre des 100 EDS français franchie (cartographie Cnil)

    2024 en phase de devenir une année record

    Dans sa cartographie des entrepôts de données de santé publiée le 20 novembre 2024, la Cnil montre que déjà 20 EDS – sur les 100 constitués ces 8 dernières années – ont été mis en œuvre (ou sont en cours de mise en œuvre) en 2024. Cela fait de cette année la deuxième en terme de création, juste derrière 2022 et ses 21 entrepôts de données de santé. Avec une moyenne d’1,9 EDS créé chaque mois, 2024 n’est qu’à une seule création d’entrepôt de devenir l’année où le plus d’EDS ont été mis en œuvre en France.

    Courbe de l'évolution du nombre d'EDS depuis 2017 - @ Cnil
    Courbe de l’évolution du nombre d’EDS depuis 2017 – @ Cnil

    Grâce à une option permettant de trier le nombre d’EDS mis en œuvre chaque année, la cartographie de la Cnil montre qu’il y a eu une accélération de leur création dès 2020, année où la pandémie de Covid-19 a conduit à une augmentation de l’utilisation d’outils digitaux pour le suivi des patients et donc à une multiplication des données de santé créées. Le pic de 2022 et ses 21 créations d’EDS peut être expliqué par l’arrivée des outils d’intelligence artificielle générative (Gen AI) qui nécessitent de nombreuses données de santé pour être performants. Ce développement, qui n’a fait que croitre en 2023 et en 2024, explique que de nombreux EDS ont été constitués en cette période, malgré une légère baisse en 2023 (14 EDS).

    Nombre d'EDS par année depuis 2017 - @ Cnil
    Nombre d’EDS par année depuis 2017 – @ Cnil

    OpenHealth en tête en termes d’EDS mis en œuvre

    La cartographie de la Cnil permet notamment de voir quels sont les acteurs qui gèrent les entrepôts, quels types de données y sont stockés, dans quel but, mais aussi de comprendre les éventuels réseaux d’acteurs, “dans les cas où ces derniers mutualisent leurs données ou répartissent leurs compétences techniques”, indique la Commission. Quatre grands réseaux d’acteurs sont identifiables sur cette cartographie :

    Si l’AP-HP dispose du plus grand entrepôt de données de santé d’Europe, ce n’est pas elle qui arrive en tête en termes de nombre d’EDS mis en œuvre, mais plutôt la société OpenHealth. Cette dernière, originaire de Vannes, gère 5 entrepôts. Elle se décrit comme un acteur privé qui traite, collecte et valorise des données de santé en flux pour les mettre à disposition. Son dernier projet en date, “EDS AGIR à dom”, par exemple, a pour but l’étude et le suivi des pathologies des patients soignés à domicile.

    OpenHealth est talonné de près par les HCL et le bureau d’études spécialiste des EDS et du Système national des données de santé (SNDS), Clynitix, qui gèrent aujourd’hui chacun quatre EDS.

    Cartographie des entrepôts de données de santé en France métropolitaine - @ Cnil
    Cartographie des entrepôts de données de santé en France métropolitaine – @ Cnil

     

  • Etude : les radiologues auraient tendance à faire trop confiance à l’IA (Radiology)

    L’impact de l’IA sur la prise de décision diagnostique

    En 2022, 190 programmes de logiciels d’IA en radiologie ont été approuvés par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis. Ils ont clairement fait leur entrée dans la pratique. Cependant, les explications fournies par l’intelligence artificielle aident-elles ou nuisent-elles aux radiologues dans la prise de décisions diagnostiques ? La réponse à cette question n’est pas encore très claire.

    Pour y voir plus clair, des chercheurs américains issus de différentes universités (John Hopkins, Maryland, Memphis) ont mené une étude multicentrique prospective et randomisée entre avril et septembre 2022. Concrètement, quelque 220 radiologues et médecins en médecine interne/médecine d’urgence ont lu des radiographies thoraciques accompagnées des conseils de l’IA. Chaque médecin devait évaluer huit cas de radiographies thoraciques avec des suggestions d’un assistant IA. Ce dernier fournissait un diagnostic correct ou incorrect avec des explications locales ou globales. Et pour compléter la situation, les médecins étaient également en possession de l’historique clinique du patient.

    L’objectif était d’évaluer si le type d’explication de l’IA, ainsi que la justesse et le niveau de confiance des conseils de l’IA influençaient la performance diagnostique des médecins, leur perception de l’utilité des conseils de l’IA et leur confiance dans ces conseils pour le diagnostic des radiographies thoraciques.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 19 novembre dans Radiology, la revue de la Radiological Society of North America (RSNA).

    Résultats : les explications locales de l’IA plus efficaces

    • Lorsque les conseils de l’IA étaient corrects, la précision diagnostique moyenne parmi les réviseurs était de 92,8 % avec des explications locales et de 85,3 % avec des explications globales.
    • Lorsque les conseils de l’IA étaient incorrects, la précision des médecins était de 23,6 % avec des explications locales et de 26,1 % avec des explications globales.
    • Les explications locales ont permis de réduire le temps passé à considérer les conseils de l’IA.

    Ces résultats mettent donc en évidence l’amélioration diagnostique grâce à l’aide de l’IA. « Les explications locales guident directement le médecin vers la zone de préoccupation en temps réel », a déclaré le Dr Yi, co-auteur de l’essai. « Dans notre étude, l’IA a littéralement encadré les zones de pneumonie ou d’autres anomalies. »

    Ce gain en précision et en temps pourrait cependant présenter des inconvénients. En effet, “lorsque des explications locales étaient fournies, les radiologues et non radiologues de l’étude avaient tendance à faire confiance plus rapidement au diagnostic de l’IA, quel que soit l’exactitude des conseils de l’IA”, a déclaré le Dr Yi.

    “Une arme à double tranchant” :

    Serait-ce une confiance aveugle ? La question se pose. Pour l’auteur principal de l’étude, professeur adjoint au Département d’informatique de l’Université Johns Hopkins, cette confiance dans l’IA pourrait être « une arme à double tranchant, car elle risque de conduire à une trop grande dépendance ou à un biais d’automatisation ». “Lorsque nous nous fions trop à ce que l’ordinateur nous dit, c’est un problème, car l’IA n’a pas toujours raison,” a rajouté le Dr Yi. “Je pense qu’en tant que radiologues utilisant l’IA, nous devons être conscients de ces pièges et rester vigilants par rapport à nos schémas diagnostiques et à notre formation.” Les chercheurs estiment donc nécessaire de renforcer leur collaboration avec l’industrie.

     

     

    * Care to Explain? AI Explanation Types Differentially Impact Chest Radiograph Diagnostic Performance and Physician Trust in AI.

    Collaborating with Dr. Yi, Dr. Huang, Prinster and Mahmood were Suchi Saria, Ph.D., Jean Jeudy, M.D., and Cheng Ting Lin, M.D

    Published Online:

  • Antibiotiques en France : la Drees met à jour son outil de suivi des pratiques de prescriptions

    L’open data pour mieux comprendre les pratiques médicales

    Du 18 au 24 novembre a lieu la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens. En France, quatrième plus gros consommateur d’antibiotiques de l’Union européenne, 120 000 personnes sont touchées chaque année par une infection bactérienne résistante, entraînant plus de 5 500 décès. Dans ce contexte, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), en collaboration avec la Mission ministérielle de prévention des infections et de l’antibiorésistance en santé humaine (MMPIA), a mis à jour son outil de datavisualisation accessible à tous. Cet outil permet de suivre les pratiques de prescription d’antibiotiques par les médecins généralistes.

    Les données au service de l’amélioration continue :

    Cette cartographie vise à mieux comprendre la pertinence de l’usage des antibiotiques. Bien que le Système national des données de santé (SNDS) permette aujourd’hui d’estimer le volume des prescriptions, les intentions précises des médecins ne sont pas toujours disponibles. Pour combler cette lacune, 11 proxy-indicateurs indirects ont été développés, chacun associé à des cibles spécifiques. Ces indicateurs ont permis d’analyser l’évolution des prescriptions de certains antibiotiques entre 2022 et 2023, selon trois axes principaux :

    • favoriser les antibiotiques de première intention ;
    • prescrire à bon escient ;
    • et éviter les prescriptions d’anti-inflammatoires en cas d’infections.

    Ces indicateurs sont classés en trois niveaux d’évaluation : cibles optimales, acceptables ou non atteintes. Des tableaux et graphiques détaillent l’évolution des pratiques entre 2013 et 2023, en fonction de critères comme le sexe, l’âge ou la présence d’une affection de longue durée (ALD). Des cartes départementales montrent également les variations géographiques.

    Liste des proxy-indicateurs étudiés :

    • Prescriptions d’amoxicilline par rapport aux antibiotiques de seconde intention.
    • Prescriptions d’amoxicilline par rapport à l’amoxicilline-acide clavulanique.
    • Prescriptions d’antibiotiques non indiqués.
    • Prescriptions de pristinamycine et macrolides.
    • Prescriptions répétées de quinolones.
    • Prescriptions d’antibiotiques pour infections urinaires chez l’homme.
    • Prescriptions d’antibiotiques pour infections urinaires chez la femme.
    • Variations saisonnières des prescriptions totales d’antibiotiques.
    • Variations saisonnières des prescriptions de quinolones.
    • Durée estimée des prescriptions d’antibiotiques supérieures à 7 jours.
    • Co-prescriptions d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

    Des améliorations, mais des cibles encore éloignées

    L’analyse des indicateurs a permis de dégager des tendances dans les prescriptions des médecins généralistes. Cependant, elle précise que les données du SNDS ne permettent pas une évaluation exacte de la pertinence des prescriptions, mais seulement une approximation. Ainsi, ces résultats doivent être interprétés avec prudence.

    Les progrès varient selon les indicateurs :

    • Les cibles optimales ont été davantage atteintes pour les indicateurs n°2, n°3, n°5 et n°7, avec une progression notable de 10 points pour l’indicateur n°2.
    • Pour cinq indicateurs (n°1, n°4, n°10, n°11 et n°12), moins de 10 % des médecins atteignent la cible optimale.
    • Pour trois indicateurs (n°3, n°5 et n°7), entre 20 et 30 % des médecins atteignent la cible optimale.
    • Pour les indicateurs n°2, n°8 et n°9, plus de 30 % des médecins atteignent la cible optimale.

    Accompagnement des professionnels de santé :

    Le site dédié fournit des ressources pour aider les médecins généralistes à renforcer la pertinence de leurs prescriptions. Ces outils incluent des recommandations basées sur les données scientifiques, des guides pour affiner le diagnostic et des supports de communication adaptés pour dialoguer avec les patients. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) rappelle l’objectif de l’Union européenne pour 2030 : réduire de 20 % la résistance aux antimicrobiens.

    Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’antibiorésistance pourrait provoquer jusqu’à 10 millions de décès par an dans le monde d’ici 2050 si aucune mesure efficace n’est mise en place.

     

  • Un consortium US pour comparer et classer les modèles d’IA en santé

    Evaluer les dispositifs d’IA en santé

    Depuis quelques années, les entreprises technologiques développent des innovations pour intégrer l’intelligence artificielle (IA). Les établissements de santé se trouvent perplexes face à une offre riche et à l’absence de critères standardisés pour évaluer les performances. La reproductibilité et la vérification indépendante des dispositifs d’IA en santé soulèvent des questions, notamment sur la pertinence et la représentativité des jeux de données utilisés, les formats, ou encore l’interprétation des résultats. Des experts soulignent la nécessité de standardiser ces évaluations pour garantir fiabilité et sécurité. Un article publié dans Nature alerte sur les risques liés à une adoption trop rapide et insuffisamment contrôlée de l’IA générative en santé. Par ailleurs, le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) a publié un avis sur les enjeux éthiques liés à l’utilisation de l’IA dans le diagnostic médical. Cet avis met en avant la nécessité d’évaluations indépendantes et reproductibles, ainsi que l’importance de la transparence et de la collaboration.

    Les systèmes de santé s’unissent pour tester et classer les meilleurs modèles d’IA

    Le Massachusetts General Hospital (MGB) a annoncé la création du Healthcare AI Challenge Collaborative, une initiative visant à tester les modèles d’IA dans un environnement clinique. Les professionnels de santé impliqués évalueront les outils selon des critères tels que la précision, la lisibilité des rapports générés et la pertinence des diagnostics différentiels. Les résultats seront publiés sous forme de classements avant la fin de l’année. Parmi les participants figurent les départements de radiologie de l’Université du Wisconsin et l’Université de Washington. Le MGB a confirmé qu’au moins neuf modèles seront testés prochainement, incluant des solutions développées par Google, Microsoft, AWS et OpenAI.

    Un classement accessible à tous

    Le consortium prévoit de publier un classement des outils testés. Ces classements fourniront des informations utiles aux systèmes de santé, qu’ils soient participants ou non, afin de faciliter l’intégration de technologies adaptées à leurs besoins. Les recommandations du consortium pourront également aider les entreprises technologiques à améliorer leurs produits grâce aux retours des utilisateurs, créant une dynamique gagnant-gagnant. Cependant, certains critères d’évaluation, comme la lisibilité des rapports, restent difficiles à quantifier. Cette subjectivité souligne la nécessité de définir un cadre commun d’évaluation.

    En quête de standards

    En France, des institutions comme l’Agence du numérique en santé (ANS) s’efforcent de garantir une adoption équitable des outils d’IA. Parmi leurs initiatives, une grille d’analyse permet d’évaluer les dispositifs médicaux intégrant l’IA, tandis que des recommandations de bonnes pratiques visent une conception éthique des solutions dès leur développement. L’ANS soutient également des appels à projets visant à mesurer les bénéfices médicaux et économiques de ces technologies, tout en participant à des efforts européens pour harmoniser les critères d’évaluation. Les initiatives comme celle menée par le MGB pourraient inspirer des démarches similaires dans d’autres pays.

    Selon MarketsandMarkets, le marché mondial de l’IA dans le secteur de la santé, estimé à 20,9 milliards de dollars en 2024, devrait atteindre 148,4 milliards de dollars d’ici 2029, avec un taux de croissance annuel de 48,1 %.

     

  • Maladies chroniques : la e-cohorte Compare vise les 100 000 patients à moyen terme

    Une communauté de patients au cœur de la recherche

    Lancée en 2018 par les professeurs Viet-Thi Tran et Philippe Ravaud, la plateforme Compare (pour Communauté de Patients pour la Recherche) repose sur une collaboration entre chercheurs et patients. Ces derniers participent activement à la recherche en répondant régulièrement à des questionnaires en ligne via une plateforme sécurisée. Compare constitue ainsi une communauté dédiée à mieux comprendre les maladies chroniques, en offrant un espace où les patients partagent leur vécu et leurs idées pour améliorer leur prise en charge. Lors d’une journée organisée au sein de l’université Paris Citéco-pilote de la e-cohorte, aux côtés de l’AP-HP – pour les 5 ans de Compare, les deux professeurs, ainsi que les responsables scientifiques des différents pans de la plateforme, ont présenté Compare, mais aussi les projets qui sont au coeur de celle-ci.

    Une plateforme qui regroupe 58 000 patients et 20 cohortes maladies :

    En 2024, la plateforme regroupe 58 000 volontaires souffrant de maladies comme le diabète, l’endométriose, la dépression ou le covid 19 long. Ces patients sont impliqués dans 95 projets de recherche et répartis en 20 cohortes maladies. Le volume de données collectées est impressionnant : 792 043 questionnaires remplis, représentant 24 millions de points de données exploitables par les chercheurs.

    Ces données alimentent des recherches variées, allant de l’évaluation des trajectoires de soins à l’analyse du ressenti des patients face à leur traitement. Une étude, par exemple, a estimé que les patients consacrent en moyenne 143 minutes par jour à la gestion de leur maladie, soulevant la question du seuil d’un « fardeau acceptable ».

    Une recherche collaborative et modulable :

    La force de Compare réside dans sa flexibilité. Les données existantes peuvent être utilisées pour répondre à des questions de recherche, ou de nouveaux questionnaires peuvent être développés pour des études spécifiques. Cette adaptabilité favorise une recherche dite « frugale », permettant d’optimiser les ressources dans un contexte de financements publics limités.

    Malgré cette efficacité, le financement de Compare reste fragile. Actuellement soutenu par des appels à projets, des legs et des associations, son modèle économique doit être renforcé pour garantir la pérennité de l’initiative et intégrer des outils complémentaires, comme les données du Système national des données de santé (SNDS) ou les objets connectés.

    Les patients, acteurs à part entière de Compare

    Plus qu’une simple source de données, Compare permet aux patients de s’impliquer activement. Certains participent à la création de questionnaires, à l’analyse des résultats, et même à la diffusion des études sous forme d’abstracts visuels accessibles. Cette implication renforce l’utilité et la pertinence des recherches menées, tout en valorisant l’expérience des patients.

    Atteindre les 100 000 patients pour élargir le champ de la recherche aux maladies rares :

    Avec un objectif de 100 000 volontaires dans les années à venir, Compare vise à répondre à des questions de plus en plus complexes, y compris pour des maladies rares. Ce projet unique en son genre continue de transformer la recherche sur les maladies chroniques, en plaçant les patients au centre des avancées scientifiques et en ouvrant la voie à une médecine plus collaborative et adaptée.

    3 projets au coeur de la plateforme :

    Cet événement a été l’occasion de présenter les 3 projets qui sont au coeur de la plateforme Cohorte, qui sont destinés à mieux comprendre et améliorer la prise en charge de certaines maladies chroniques :

    • Compare Dépression (dirigé par le docteur Astrid Chevance) explore l’impact de la dépression sur la vie quotidienne, professionnelle et sociale des patients. Ce projet s’intéresse aux différents types de dépression, qu’elle soit récurrente, liée à un trouble bipolaire, ou post-partum. L’objectif est d’identifier les facteurs de rechute et de mieux comprendre les perceptions des patients sur leur maladie afin de guider les pratiques cliniques et les politiques de santé publique​ ;
    • Compare Endométriose (coordonné par le professeure Marina Kvaskoff) se concentre sur l’épidémiologie de l’endométriose, une maladie complexe encore sous-diagnostiquée. Le projet vise à estimer la prévalence de la maladie, identifier ses facteurs de risque, étudier son histoire naturelle et ses répercussions sur la qualité de vie des patientes. Avec plus de 7 000 participantes, cette cohorte soutient également des initiatives dans le cadre de la stratégie nationale contre l’endométriose en France ;
    • Compare Vitiligo (dirigé par le professeur Khaled Ezzedine) étudie les impacts psychosociaux du vitiligo, une maladie cutanée affectant l’image de soi et la qualité de vie des patients. Ce projet cherche à évaluer l’efficacité des traitements et à redéfinir les critères d’évaluation basés sur l’expérience des patients, tels que la satisfaction et la tolérabilité des traitements plutôt que des mesures cliniques traditionnelles comme la taille des lésions​.
  • Qu’est-ce que le projet TEF-Health, une infrastructure européenne pour valider l’IA en santé ?

    Une infrastructure unique pour tester l’IA médicale

    TEF-Health répond à un besoin fondamental : offrir aux développeurs de solutions innovantes un environnement adapté pour tester et valider les technologies médicales basées sur l’IA. Ce projet met à disposition des centres physiques et virtuels permettant d’évaluer des dispositifs tels que des logiciels de diagnostic et des robots chirurgicaux dans des conditions proches de la réalité clinique.

    Ces infrastructures, réparties à travers l’Europe, garantissent une validation complète et conforme aux normes européennes. Elles permettent aussi d’accélérer la certification des dispositifs, un enjeu majeur pour la mise sur le marché. Parmi les partenaires du projet, figurent des hôpitaux, des universités, ainsi que des organismes de certification comme le Laboratoire national de métrologie et d’essais santé (LNE) en France ou TÜV en Allemagne.

    Services de TEF-Health : tests physiques et virtuels, accompagnement réglementaire et certification - @ EIT Health
    Services de TEF-Health : tests physiques et virtuels, accompagnement réglementaire et certification – @ EIT Health

    Un consortium paneuropéen au service de l’innovation

    TEF-Health rassemble 51 partenaires issus de 9 pays européens : Allemagne, France, Suède, Portugal, Slovaquie, Belgique, Finlande, Italie et République tchèque. Cette collaboration transnationale inclut des instituts de recherche, des hôpitaux, des agences de certification et des entreprises technologiques. Le consortium est coordonné par Charité-BIH, un prestigieux institut de santé basé à Berlin.

    Cette diversité géographique et institutionnelle garantit une expertise multidimensionnelle et favorise la synergie entre les acteurs du secteur. Elle permet également de développer des standards européens harmonisés pour les innovations en santé.

    Localisation des partenaires TEF-Health dans 9 pays européens - @ EIT Health
    Localisation des partenaires TEF-Health dans 9 pays européens – @ EIT Health

    Soutenir les start-ups et PME dans le domaine de l’IA

    Une partie significative du financement du projet, soit 30 millions d’euros, est allouée à la réduction des frais pour les petites structures, comme les start-ups et PME. Ces entreprises peuvent accéder à des infrastructures de pointe pour tester leurs innovations, tout en bénéficiant de conseils spécialisés dans des domaines tels que la conformité réglementaire et la cybersécurité.

    Des appels à projets annuels permettent de sélectionner les entreprises participantes, qui reçoivent un accompagnement personnalisé pour valider leurs solutions et accélérer leur entrée sur le marché. Ces initiatives visent à soutenir les jeunes pousses innovantes et à stimuler l’économie numérique européenne.

    Services d'accompagnement offerts aux start-ups et PME par TEF-Health - @ EIT Health
    Services d’accompagnement offerts aux start-ups et PME par TEF-Health – @ EIT Health

    Une ambition pour harmoniser normes et technologies

    En plus de ses infrastructures, TEF-Health se distingue par son rôle dans la définition de standards éthiques, techniques et réglementaires. Le projet développe des protocoles de certification spécifiques pour garantir la qualité, la sécurité et l’acceptabilité des technologies IA dans la santé. Ces efforts renforcent la confiance des professionnels et du public envers les innovations médicales.

    Essentielle pour éviter les disparités entre pays membres, l’harmonisation des standards au niveau européen devrait, à long terme, permettre une adoption plus rapide des nouvelles technologies et réduire les inégalités d’accès aux soins.

    Résultats attendus : 500 solutions testées et un impact mesurable

    TEF-Health se fixe des objectifs ambitieux pour mesurer son succès et son efficacité. D’ici 2028, le projet prévoit de tester 500 solutions innovantes dans des conditions réelles, avec un taux d’adoption initial de 2 % par les prestataires de soins. Parmi les autres indicateurs déterminés :

    • 80 % des utilisateurs des infrastructures de test seront des PME ;
    • 70 % des projets impliqueront des partenaires transnationaux ;
    • et 50 % des solutions testées devraient entrer dans un processus de certification, contribuant à accélérer leur mise sur le marché.

    Une vision stratégique pour l’Europe de la santé

    TEF-Health s’inscrit dans le cadre du programme Digital Europe, qui vise à moderniser les systèmes de santé en renforçant leur efficacité et leur résilience. Grâce à des partenariats durables entre universités, entreprises et centres de recherche, le projet aspire à transformer les avancées scientifiques en bénéfices concrets pour les professionnels de santé et les patients. Il représente, de ce fait, un pièce importante du puzzle de l’innovation médicale en Europe. Avec une infrastructure inédite, un consortium paneuropéen et des ambitions stratégiques claires, TEF-Health illustre la volonté de l’Union européenne de s’imposer comme un acteur clé dans le domaine de l’IA en santé.