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  • Régulation des produits de santé : la Cour des comptes alerte sur le fonctionnement du CEPS

    Une régulation maîtrisée malgré une hausse des dépenses de santé

    Le CEPS joue un rôle crucial dans le système de santé français en négociant les tarifs des médicaments et dispositifs médicaux avec les industriels. Ses décisions influencent directement l’équilibre des comptes sociaux, l’accès aux soins et la souveraineté industrielle. Cette mission est menée sous la supervision des ministres de la Sécurité sociale, de la Santé, de l’Économie et de l’Industrie.

    Dans son dernier rapport sur cet organisme, la Cour des comptes a émis ses “observations définitives” concernant les exercices 2019-2023. Elle estime qu’entre 2011 et 2021, la régulation assurée par le CEPS a permis de contenir l’augmentation des dépenses liées aux produits de santé à +12 %, contre +27 % pour l’ensemble des dépenses de santé. Toutefois, l’arrivée de médicaments innovants et coûteux a récemment fait repartir ces dépenses à la hausse.

    Des moyens humains insuffisants :

    Malgré l’importance de ses missions, le CEPS souffre d’un manque chronique de moyens humains. Pourtant, entre 2011 et 2019, les dépenses de médicaments ont augmenté de +14 %, en raison de l’arrivée sur le marché de médicaments innovants et coûteux. Depuis 2018, les renforts apportés à son secrétariat général sont restés insuffisants pour pallier ses faiblesses structurelles. Le Comité dépend encore largement de l’expertise de ses membres issus de diverses administrations. La Cour des comptes recommande une réorganisation complète, incluant la mise en place de procédures internes claires et l’adoption d’un nouveau règlement intérieur. Le renforcement des règles déontologiques applicables aux membres et agents du CEPS est également jugé indispensable.

    Un système d’information obsolète :

    Le rapport de la Cour souligne que le système d’information utilisé par le CEPS constitue un frein majeur à son efficacité. Obsolète pour les médicaments et inopérant pour les dispositifs médicaux, il est source d’erreurs et ralentit l’élaboration des arrêtés ministériels. Malgré un projet de refonte amorcé depuis 2017, des retards importants ont été accumulés. Un prestataire a été sélectionné en 2024, et la mise en œuvre doit désormais être priorisée, y compris en comblant rapidement le poste vacant chargé de superviser ce projet.

    Des orientations ministérielles imprécises à clarifier

    Enfin, la Cour des comptes souligne le manque de directives claires et priorisées de la part des ministères. Cette carence complique l’action du CEPS, d’autant plus qu’il ne dispose ni d’autonomie fonctionnelle ni de personnalité juridique. Pour améliorer son efficacité, une meilleure définition des objectifs stratégiques et un soutien renforcé de l’État sont essentiels.

    3 recommandations de la Cour des comptes :

    La modernisation du système d’information du CEPS et le renforcement de ses moyens humains constituent ainsi des priorités absolues. Pour maintenir son efficacité face aux défis croissants de la régulation des produits de santé, la Cour des comptes estime que des ajustements rapides et structurels s’imposent et émet trois recommandations :

    • le renforcement des effectifs : augmenter l’effectif du secrétariat général du CEPS pour lui permettre d’assumer ses nouvelles missions – cette recommandation est adressée au CEPS, à la DSS et à la Cnam ;
    • l’adoption d’un nouveau cadre réglementaire : un nouveau règlement intérieur couvrant l’ensemble des activités du comité pour améliorer son fonctionnement – cette recommandation est adressée au CEPS ;
    • la simplification des processus : simplifier les processus d’élaboration et de publication des arrêtés d’inscription et des avis de prix en remplaçant ces arrêtés par des décisions administratives regroupant l’inscription, le prix et le taux de remboursement des produits – cette troisième recommandation est adressée à la DSS, la DGS, la DGOS ainsi qu’au CEPS.

     

  • Etude : les comptes-rendus cliniques générés par IA réduisent peu la charge administrative (NEJM)

    L’IA, solution à la charge administrative

    L’ambient listening (écoute ambiante) suscite beaucoup d’intérêt. Des outils utilisant l’intelligence artificielle (IA) sont de plus en plus utilisés pour automatiser la documentation lors des consultations médicales. Déléguer l’analyse et le résumé des conversations vise évidemment à simplifier le travail des cliniciens. D’une part, ces outils d’ambient listening peuvent améliorer la précision des informations comparées à ce que les médecins pourraient se rappeler. D’autre part, ils pourraient réduire la charge administrative, permettant aux cliniciens de se concentrer davantage sur les soins, et par conséquent contribuer à diminuer le stress des soignants et à rendre les soins plus efficaces.

    L’efficacité de l’ambient listening en question :

    L’un de ces outils se nomme le Dragon Ambient eXperience (DAX), développée par Nuance Communications, une société de Microsoft. Il génère une note clinique en « écoutant » la conversation entre un clinicien et un patient lors de la consultation. Atrium Health, un grand système de santé académique multisite, a été le premier à utiliser le DAX Copilot. Il a donc mené une évaluation des résultats de l’utilisation de DAX dans les contextes de soins primaires afin de déterminer si l’utilisation de DAX améliore l’efficacité des cliniciens (mesurée par des indicateurs d’utilisation des dossiers médicaux électroniques) et les performances financières du système de santé. Leur étude longitudinale incluait 112 cliniciens en soins primaires utilisant DAX et un groupe témoin de 103 cliniciens ne l’utilisant pas. Deux sous-groupes ont été identifiés : les utilisateurs actifs (ayant transféré ≥25 % des notes via DAX) et les utilisateurs intensifs (ayant transféré ≥60 % des notes via DAX).

    Les résultats de leur étude ont été publiés le 22 novembre dans le NEJM AI.

    Résultats : de très légères améliorations dans des sous-groupes

    • Aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre les groupes de cliniciens.
    • Les utilisateurs intensifs de DAX ont connu une diminution globale d’environ 7 % des heures de documentation par rapport au groupe témoin.
    • Les cliniciens qui voyaient peu de patients ont passé environ 9 % de temps en moins sur la documentation par rapport au groupe témoin.
    • Les médecins qui voyaient beaucoup de patients ont vu une augmentation moyenne de 2,62 % dans leurs rendez-vous complétés. Disposer de plus de temps par consultation (grâce à la documentation simplifiée) leur permettait sans doute de gérer plus de rendez-vous sans compromettre la qualité de la prise en charge.

    Au vu de ses résultats, se pose la question sur les espoirs mis dans l’ambient listening. Les auteurs de cette étude tiennent en tout cas à souligner que « l’engouement et la nouveauté des outils d’IA d’écoute ambiante ont dépassé les preuves nécessaires pour soutenir ou réfuter les affirmations selon lesquelles ces outils seraient transformateurs en termes de gain de temps et d’efficacité. Par conséquent, les systèmes de santé, qui fonctionnent déjà avec des marges faibles dans des environnements hypercompétitifs, risquent de payer plus cher sans réaliser les bénéfices escomptés. »

    Un espoir de lutte contre l’épuisement professionnel :

    Cependant, ces résultats mettent tout de même en évidence des situations où de tels outils d’IA apportent un bénéfice. Notamment chez les cliniciens avec un volume élevé de patients ou chez les généralistes, où les consultations sont souvent variées et administrativement lourdes. L’automatisation de la rédaction des comptes-rendus pourrait dans ces cas « réduire la charge cognitive et libérer de l’énergie mentale et du temps pour se concentrer davantage sur la gestion des rendez-vous et la clôture rapide des dossiers ». En outre, les auteurs de l’étude font le pari que « les gains d’efficacité offerts par la documentation assistée par IA pourraient se traduire par une diminution des marqueurs d’épuisement professionnel pour un sous-ensemble de cliniciens, et peut-être de manière plus large lorsque l’adoption de DAX atteint un niveau plus élevé. » D’autant que certains cliniciens ont utilisé le gain de temps non pas pour voir plus de patients mais pour dormir davantage et passer moins de temps à travailler chez eux.

    Des travaux supplémentaires doivent donc être menés pour identifier les situations précises dans lesquelles l’ambient listening apporte un bénéfice substantiel. Cependant, une étude antérieure, parue en avril dans le JAMIA, avait conclu que DAX n’avait aucun effet quantifiable sur la sécurité des patients.

    Pour aller plus loin

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    * Does AI-Powered Clinical Documentation Enhance Clinician Efficiency? A Longitudinal Study

    Tsai-Ling Liu, Timothy C. Hetherington, Ajay Dharod, et al

    Published November 22, 2024
    NEJM AI 2024;1(12)
    DOI: 10.1056/AIoa2400659
  • Contexte et chiffres clés du système de santé suédois

    📑Un système de santé universel principalement financé par les taxes régionales et municipales

    La Suède possède un système de santé fortement décentralisé. Il repose sur la collaboration entre les 21 régions et les 290 municipalités du pays. Les régions financent et gèrent les soins primaires, les centres d’urgence communautaires et les services de santé maternelle et infantile. Les 21 régions administratives sont réparties dans 6 régions de santé. Les municipalités prennent en charge les soins de longue durée, notamment pour les personnes âgées et les patients à domicile. Ce partage des responsabilités permet une couverture de santé universelle. Toutefois, il existe certaines disparités régionales.

    La Suède permet la liberté de choix pour choisir son médecin généraliste. Les centres de soins primaires regroupent différents professionnels y compris des généralistes et des infirmiers. Chaque région fixe les modalités de remboursement et les services proposés. L’accès aux soins spécialisés se fait sans restriction géographiques. Toutefois les rôles de régulation et d’aiguillage varient selon les régions.

    Depuis les années 1990, la Suède a choisi une politique souhaitant réduire les hospitalisations au profit des soins ambulatoires et de jour. Cette transition améliore l’efficacité grâce à des innovations technologiques mais entraîne des problèmes de saturation des services hospitaliers. Les urgences sont concentrées dans les hôpitaux universitaires pour les cas critiques mais chaque région a ses spécificités. Les municipalités quant à elles, jouent un rôle plutôt pour les soins de longue durée. Ces soins sont fortement encouragés pour se faire à domicile avec pour objectif de favoriser l’autonomie des patients.

    🏥100 hôpitaux et 7 CHU de renommée mondiale

    La Suède dispose de 100 hôpitaux dont 85 % sont publics couvrant une population de 10,5 millions d’habitants. Parmi eux, 7 hôpitaux universitaires se distinguent par leur excellence en recherche et soins spécialisés tels que le Karolinska University Hospital qui est classé 7ᵉ meilleur hôpital mondial par Newsweek en 2024 juste devant la Pitié Salpêtrière. Les hôpitaux privés minoritaires dans le pays participent principalement aux soins primaires et aux soins pour les personnes âgées et représentent 12 % des dépenses totales de santé​. En 2023, on compte également 66 hôpitaux ayant des urgences et 4430 cliniques dentaires. Les centres de soins primaires au nombre de 1100-1200 sont organisés en districts géographiques couvrant de 5 000 à 50 000 habitants.

    👨🏻‍⚕️1 085 infirmiers et 430 médecins pour 100 000 habitants

    La Suède est reconnue pour avoir une densité élevée de professionnels de santé comparée à d’autres pays européens : environ 55 à 65 médecins généralistes pour 100 000 habitants et plus de 1 085 infirmiers pour 100 000 habitants. Cependant, certaines spécialités et certaines régions rurales souffrent de pénuries.

    La proportion de médecins généralistes est plus faible qu’ailleurs en Europe. De nombreuses régions rurales peinent à recruter suffisamment de généralistes. Cela limite l’accès local aux soins primaires obligeant parfois les habitants à parcourir de longues distances ou à attendre des délais plus longs pour consulter un médecin. Concernant les infirmiers, une pénurie dans les services de gériatries, de soins intensifs et d’urgences s’aggravent depuis 2015.

    🌐99% des prescriptions sont électroniques

    Depuis 2006, la Suède place la e-santé comme un levier stratégique pour accompagner la transformation de son système de santé.  Aujourd’hui, 95 % des dossiers médicaux pour les soins primaires et 69 % pour les soins soins spécialisés sont numériques. Les e-prescriptions représentent 99 % des ordonnances émises électroniquement​.  La stratégie actuelle en santé numérique vise à faire de la Suède un leader européen en intégrant les innovations technologiques dans les services de santé et les services sociaux. Chaque année, 1,2 milliard de dollars sont consacrés à la santé numérique par les régions​.

    Chiffres clés Suède @ H&TI
  • eHälsa 2025 : quelle stratégie de la Suède pour devenir le leader mondial de la santé numérique ?

    Pourquoi la Suède mise sur la santé numérique

    Aujourd’hui reconnue comme un leader en santé numérique, la Suède est en bonne voie pour atteindre son objectif de leadership mondial d’ici 2025 grâce à ses infrastructures avancées et à ses projets d’innovation ambitieux.

    Depuis les années 2000, le pays a investi massivement dans la numérisation de son système de santé. Les premières initiatives concernaient la gestion électronique des dossiers médicaux et l’intégration de plateformes numériques. En 2016, face à la nécessité de coordonner ces efforts, le gouvernement suédois et l’Association des autorités locales et régionales (Salar) ont lancé la stratégie nationale « Vision for eHealth 2025 », aussi appelée “eHälsa 2025”.

    Grandes étapes de la transformation numérique en santé :

    • 2012 : Développement des premières plateformes numériques pour la gestion des maladies chroniques.
    • 2016 : Lancement officiel de la stratégie “Vision for eHealth 2025”, avec des “points de départ communs” pour la numérisation des services sociaux et des soins de santé.
    • 2019 : Déploiement de projets IA dans les hôpitaux pour optimiser les diagnostics et les flux de patients.
    • 2020 : Multiplication des consultations numériques (+300%) dues à la pandémie de COVID-19.
    • 2023 : Expansion des plateformes interopérables et intensification des projets de recherche en santé numérique.

    Une stratégie pour moderniser les services de santé et de protection sociale

    4 axes stratégiques :

    L’objectif principal de la stratégie “eHälsa 2025” est de faire de la Suède “le meilleur pays au monde dans l’utilisation du numérique pour améliorer la santé publique”. Quatre axes stratégiques structurent cette vision :

    👤 Des citoyens maîtres de leur parcours de soins :

    L’individu comme co-créateur. La stratégie place le patient au cœur du système de santé. Chaque citoyen doit pouvoir gérer ses informations de santé, prendre des décisions éclairées et accéder à des services numériques personnalisés. Des initiatives comme les portails de santé interactifs permettent la prise de rendez-vous, le suivi médical et la gestion des prescriptions.

    📊 Des données fiables pour un meilleur diagnostic :

    Des informations et connaissances pertinentes. Les professionnels de santé doivent disposer d’informations actualisées pour offrir des soins de qualité. Cela inclut le développement de systèmes de gestion des données de santé interopérables et sécurisés, facilitant les décisions médicales fondées sur des données probantes.

    🛡️ Sécurité renforcée pour des services de confiance :

    Traitement sécurisé de l’information. La stratégie accorde une priorité absolue à la sécurité des données de santé. Les infrastructures numériques sont conçues pour éviter les violations de données tout en garantissant la confidentialité et l’accès contrôlé aux informations sensibles.

    🌐 Innover tout en transformant les pratiques médicales :

    Développement et transformation numérique simultanés. Les évolutions technologiques doivent s’accompagner d’une transformation organisationnelle. Cela implique la formation continue des professionnels de santé et l’intégration de solutions numériques dans les processus de travail.

    3 conditions fondamentales pour la réussite de la stratégie :

    L’harmonisation des cadres réglementaires et la standardisation des systèmes numériques sont essentielles pour moderniser durablement les services sociaux et de santé. Par ailleurs, une coordination nationale renforcée permettra un échange d’informations plus fluide et sécurisé. Ainsi, pour garantir un déploiement efficace de sa stratégie “eHälsa 2025”, la Suède a identifié trois notions fondamentales :

    • Un cadre réglementaire adapté : la gestion des données personnelles sensibles exige un équilibre entre la protection de la vie privée et l’accès à des informations essentielles aux soins. les acteurs doivent identifier les besoins d’évolution réglementaire et proposer des ajustements pour garantir la sécurité des données et faciliter la transformation numérique.
    • Des standards et une interopérabilité : l’adoption de standards communs à l’échelle nationale et internationale assure un échange fluide des données sans interventions supplémentaires. les parties prenantes doivent maintenir un cadre d’interopérabilité commun et participer activement à la standardisation internationale.
    • Une terminologie uniformisée : une utilisation cohérente des termes et classifications est essentielle pour structurer les informations et faciliter leur réutilisation dans la recherche et les statistiques. une transition vers un système de gestion de l’information harmonisé est en cours, offrant l’occasion de standardiser concepts et termes.
    Stratégie nationale e-santé "eHälsa 2025" - @ Health&Tech Intelligence
    Stratégie nationale e-santé “eHälsa 2025” – @ Health&Tech Intelligence

    Une gouvernance claire pour un déploiement réussi

    • Développement : Une coordination centralisée grâce à un “secrétariat de coordination”. Il s’agit d’une ressource indépendante responsable de la gestion des activités conjointes, de la communication et de l’organisation des réunions.
    • Mise en œuvre : Un pilotage opérationnel grâce un “groupe préparatoire” composé de représentants du gouvernement, de Salar, des régions et des municipalités. Le groupe coordonne à la fois les activités stratégiques et les activités opérationnelles.
    • Suivi et évaluation : Une supervision stratégique grâce à un “groupe de pilotage” composé de représentants politiques du gouvernement et de Salar. Ce groupe supervise la priorisation des travaux et le suivi de la mise en œuvre.
    • Panels nationaux : Les panels nationaux sont organisés chaque année pour maintenir un dialogue avec les acteurs des services sociaux et de santé, les représentants professionnels, les entreprises, les institutions académiques et les organisations de patients. Ils se concentrent sur les initiatives stratégiques et les questions générales. Le groupe préparatoire en assure l’organisation, avec la participation du groupe de pilotage si nécessaire.
    • Panel sur la standardisation : Un panel spécifique à la standardisation se tient annuellement, impliquant agences gouvernementales, organisations professionnelles et représentants des utilisateurs. Il vise à coordonner les développements stratégiques et à identifier de nouvelles initiatives communes.
    • Groupes de coopération et de travail : Le groupe préparatoire peut établir des groupes de coopération pour traiter des questions spécifiques ou des groupes de travail temporaires pour des missions définies. Leurs tâches, objectifs et responsables sont précisés dès leur création.
    • Allocation des responsabilités et financement : La stratégie respecte les responsabilités institutionnelles existantes entre les acteurs nationaux, régionaux et municipaux. Chaque organisation finance ses initiatives dans le cadre de son budget, à l’exception du secrétariat de coordination, financé conjointement par l’État et Salar.

    Des actions concrètes pour une e-santé performante

    Pour atteindre ces objectifs, la Suède a déjà déployé plusieurs initiatives :

    • une interopérabilité nationale des données de santé : des plateformes centralisées facilitent le partage sécurisé des informations médicales entre professionnels ;
    • des outils de  télésanté : développement d’applications de télésanté, et notamment de consultations virtuelles, pour réduire les délais de prise en charge ;
    • des projets pilotes en IA : déploiement de systèmes d’aide au diagnostic et à la gestion des soins basés sur l’IA.

     

  • Panorama des acteurs du numérique en santé en Suède

    Un écosystème dynamique pour une santé numérique interconnectée

    La Suède, en quête de solutions durables et innovantes pour son système de santé, a mis en place un cadre numérique de santé cohérent, réunissant un ensemble d’acteurs publics et privés. Dans un contexte où les défis du vieillissement démographique et de la hausse des coûts de santé sont omniprésents, l’innovation numérique se présente comme un levier stratégique pour améliorer l’efficacité et l’accessibilité des soins. Le pays se distingue par un modèle collaboratif entre institutions publiques, agences de santé, entreprises privées et start-ups du secteur numérique.

    Le système de santé numérique en Suède repose sur une coordination étroite entre plusieurs acteurs clés qui contribuent à l’innovation, à la gouvernance et à la mise en œuvre des technologies de santé. Ces acteurs peuvent être classés en trois catégories : institutions publiques et agences de régulation, entreprises privées et start-ups, ainsi que partenaires internationaux.

    Le rôle clé de l’Agence suédoise pour la santé numérique

    Pionnière dans l’utilisation de l’IA en santé en Suède :

    En Suède, l’Agence suédoise pour la santé numérique (eHälsomyndigheten) est l’acteur central dans le domaine du numérique en santé. Fondée en 2014, cette agence a pour mission de coordonner et de soutenir les initiatives nationales en matière de santé numérique, en mettant l’accent sur l’amélioration de l’interopérabilité des systèmes de santé et la facilitation de l’échange de données entre les différents acteurs du système. Elle joue un rôle majeur dans l’intégration des nouvelles technologies et de l’innovation numérique pour la santé, tout en garantissant une sécurité optimale des données de santé des citoyens suédois. L’une de ses initiatives phares est la mise en place et le développement du dossier de santé électronique (DSE), un système qui permet à chaque patient de disposer d’un dossier numérique accessible par les professionnels de santé à travers tout le pays (comme Mon espace santé en France). Cette initiative a considérablement facilité l’accès aux soins et amélioré la continuité des soins entre différents prestataires, en permettant un suivi médical plus fluide et une gestion centralisée des données de santé.

    L’Agence suédoise pour la santé numérique a également joué un rôle déterminant dans la promotion de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et des dispositifs médicaux connectés dans les soins. En soutenant des projets pilotes et des partenariats avec des start-ups et entreprises privées, elle contribue à l’intégration de ces technologies innovantes dans les pratiques cliniques, avec l’objectif d’améliorer l’efficacité des traitements et la qualité des soins, notamment pour les maladies chroniques. L’agence a aussi facilité la mise en place de solutions de télémédecine, qui ont connu un essor considérable ces dernières années, notamment avec l’augmentation de la demande liée à la pandémie de COVID-19.

    Une étroite collaboration avec les institutions du pays :

    En complément de son rôle central dans l’innovation numérique, l’agence travaille en étroite collaboration avec d’autres institutions publiques, telles que le ministère de la Santé et des Affaires Sociales (Socialdepartementet), qui supervise la politique de santé publique et des soins. Ce ministère s’assure que les initiatives numériques soient alignées avec les objectifs de santé publique du pays, tout en régulant et soutenant les développements technologiques via ses agences spécialisées.

    L’une de ces agences est la National Board of Health and Welfare (Socialstyrelsen), qui définit les normes, les lignes directrices et les réglementations pour les services de santé et sociaux en Suède. Cette institution joue un rôle clé dans la gestion des données de santé nationales, ainsi que dans l’élaboration de politiques basées sur des preuves scientifiques. En supervisant des bases de données et des registres de santé nationaux, Socialstyrelsen facilite l’échange d’informations entre les prestataires de soins et soutient le système de santé dans l’amélioration de la qualité des services.

    Un autre acteur majeur est la Public Health Agency of Sweden (Folkhälsomyndigheten), qui veille à la promotion de la santé publique, notamment à travers des programmes et des conseils sur la prévention des maladies et la gestion des crises sanitaires. Elle joue également un rôle dans les initiatives numériques de prévention en utilisant les données numériques pour identifier les tendances en matière de santé et promouvoir des comportements préventifs au niveau national.

    Enfin, la Swedish Agency for Health Technology Assessment and Assessment of Social Services (SBU) complète ce tableau en évaluant les technologies utilisées dans les soins. Elle évalue non seulement les méthodes thérapeutiques et les dispositifs médicaux, mais aussi les technologies numériques, afin de garantir leur efficacité et leur pertinence dans l’amélioration des soins . Ces évaluations permettent d’intégrer les technologies numériques de manière réfléchie et mesurée, assurant leur contribution positive au système de santé suédois.

    Les partenariats public-privé, levier de l’innovation

    Plusieurs plateformes numériques phares ont été créées par des entreprises privées :

    Pour ce qui est du secteur privé, il joue lui aussi un rôle clé dans l’essor de la télémédecine et de l’innovation technologique en santé. Des entreprises comme Kry, Doctrin, et Min Doktor sont des exemples emblématiques de ce phénomène. Kry (qui possède Livi en France et au Royaume-Uni), fondée en 2014, est aujourd’hui l’un des principaux acteurs de la télémédecine en Suède. Elle permet aux patients d’avoir des consultations médicales à distance via une application mobile, une solution qui a gagné en popularité notamment pendant la pandémie de COVID-19. Min Doktor, une autre entreprise pionnière dans ce domaine, offre également des services de consultations en ligne, en plus de ses collaborations avec les établissements de santé traditionnels pour améliorer l’accès aux soins. Doctrin, quant à elle, a développé une plateforme qui permet aux professionnels de santé de gérer les consultations à distance tout en optimisant les processus administratifs et en réduisant les coûts. Cette solution est utilisée par plusieurs établissements de santé, ce qui démontre l’efficacité de l’intégration des outils numériques dans le système de santé suédois. Ces entreprises ne se contentent pas de développer des technologies innovantes, elles collaborent également avec des institutions publiques pour rendre la télémédecine accessible à un plus grand nombre de citoyens et améliorer les processus de soin.

    Le soutien de l’écosystème entrepreneurial suédois, particulièrement des hubs d’innovation comme HealthTech Nordic et Startup Stockholm, est essentiel à cette dynamique. Ces organisations soutiennent les start-ups du numérique en santé en leur offrant des services de mentorat, de financement et de mise en réseau, et en facilitant leur intégration dans des projets collaboratifs avec le secteur public et des entreprises privées. Par exemple, HealthTech Nordic est un réseau d’entrepreneurs, d’investisseurs et d’acteurs du secteur public qui œuvre pour faire de la Suède un leader mondial dans le domaine de la santé numérique. Ce réseau aide les entreprises à entrer en contact avec des partenaires potentiels dans le secteur public, ouvrant ainsi la voie à des collaborations qui favorisent l’adoption de solutions numériques dans les hôpitaux et les cliniques.

    Des projets menés avec les institutions publiques :

    Plusieurs entreprises suédoises se sont également engagées dans des projets avec des agences publiques, comme l’Agence suédoise pour la santé numérique (eHälsomyndigheten), pour intégrer des technologies de santé dans des projets à grande échelle. Un exemple de collaboration est l’initiative 111 000, qui permet aux patients d’accéder à des consultations en ligne et à des services de santé via un portail unique. Les entreprises telles que Kry et Min Doktor participent activement à ce projet en fournissant leurs plateformes et leurs technologies, tout en contribuant à la mise en œuvre de solutions numériques dans les soins primaires et spécialisés.

    En outre, des projets comme celui du comté de Scanie, une des plus grandes régions suédoises, ont permis à des start-ups comme Voluntas de participer à des initiatives locales visant à améliorer les soins aux patients grâce à la télémédecine. Cette dernière, par exemple, a développé une solution d’IA pour analyser les symptômes des patients et recommander des traitements, un projet qui a été intégré aux systèmes de santé régionaux pour optimiser les soins à distance.

    Le secteur privé bénéficie également de partenariats avec des entreprises de technologies plus larges. Par exemple, Ericsson, en collaboration avec plusieurs start-ups de santé, participe à des projets qui intègrent la 5G dans la télémédecine et les dispositifs médicaux connectés, permettant une gestion des soins à distance plus rapide et plus sécurisée. Ces innovations contribuent à renforcer le système de santé en Suède en rendant les soins plus accessibles et plus efficaces, tout en ouvrant la voie à de nouvelles opportunités pour les entreprises du secteur.

    L’engagement du secteur privé, facilité par ces réseaux d’innovation et soutenu par des partenariats stratégiques avec le secteur public, permet non seulement l’émergence de nouvelles solutions technologiques en santé, mais aussi leur adoption à grande échelle dans le système de santé suédois. Ce modèle collaboratif entre public et privé positionne la Suède comme un leader dans l’intégration des technologies numériques dans les soins.

    Un acteur clé dans le numérique en santé à l’échelle européenne

    La Suède a également su établir des partenariats européens et internationaux pour soutenir le développement de la santé numérique. Le pays est un acteur clé dans des projets collaboratifs financés par l’Union européenne, notamment dans le cadre de Horizon Europe, un programme qui soutient la recherche et l’innovation. Ces collaborations permettent de connecter la Suède à un réseau de partenaires européens, facilitant le partage de bonnes pratiques et l’accès à des financements pour la recherche en santé numérique.

    Ces collaborations internationales sont également renforcées par la présence d’acteurs suédois dans des initiatives mondiales telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des réseaux de santé numérique comme HIMSS (Healthcare Information and Management Systems Society), où les experts suédois apportent leur expertise en matière de régulation et de gestion des technologies de santé.

    Des acteurs pour l’interconnexion des données de santé

    L’écosystème de la santé numérique en Suède est un modèle de collaboration entre les institutions publiques, les entreprises privées et les chercheurs. Cette interconnexion entre les acteurs du secteur a permis à la Suède de devenir un leader mondial dans l’intégration des technologies de santé innovantes. Grâce à une gouvernance partagée, le pays parvient à améliorer la qualité des soins tout en garantissant la sécurité des données et l’accessibilité des services de santé.

    Dans les prochaines années, la Suède poursuivra plusieurs projets ambitieux pour renforcer encore son leadership en santé numérique. Un des objectifs principaux est la consolidation de l’interconnexion des données de santé à l’échelle nationale. Le projet eHealth Sweden, lancé par l’Agence suédoise pour la santé numérique (eHälsomyndigheten), vise à harmoniser les systèmes de gestion des données de santé et à faciliter leur partage entre les différents acteurs du secteur. Cette initiative permettra de centraliser les informations de santé des patients, améliorant ainsi la coordination des soins et la prise en charge des patients à travers tout le pays.

    La Suède met aussi en place des projets pour étendre la télémédecine, notamment dans les zones rurales. Un exemple clé est le programme 1177 Vårdguiden, qui permet aux patients d’accéder à des consultations médicales à distance via une plateforme en ligne. Ce service est déjà largement utilisé pour des consultations de soins primaires et devrait se développer pour inclure davantage de spécialités médicales, facilitant l’accès aux soins pour les patients dans les régions les plus reculées.

    Pour un futur réseau fort dans le numérique en santé, la Suède poursuit son investissement dans la recherche et l’innovation à travers des initiatives telles que HealthTech Nordic, un réseau de start-ups dans le domaine de la santé numérique. Ce réseau soutient les entreprises innovantes dans l’intégration de leurs solutions dans le système de santé public, favorisant la collaboration entre les entreprises privées et les agences publiques pour développer des solutions de santé numériques adaptées aux besoins de la population.

     

  • Suède : état des lieux de la santé numérique, réglementation et principaux acteurs

    Grâce à une organisation décentralisée, un cadre juridique solide et une stratégie tournée vers le numérique, la Suède répond aux besoins diversifiés de sa population en matière de santé. Ses investissements à hauteur de 1,2 milliards de dollars annuellement, soit 10,6 milliards SEK dont 8 milliards (0,9 milliards $) pour les services, équipements numériques et logiciels, soulignent l’importance accordé à la santé numérique. Dans cette étude, Health & Tech Intelligence réalise un état des lieux du système de santé suédois : son organisation décentralisée, ses données et chiffres clés, son cadre juridique et législatif, ainsi que sa stratégie de santé numérique incarnée par la vision eHealth 2025.

    Ces thématiques résonnent particulièrement avec l’objectif du Health & Tech Summit 2024 qui se tiendra à PariSanté Campus à Paris du 17 au 19 décembre. Cet événement rassemblera les leaders mondiaux de la santé et du numérique autour du thème « Drive the Change » axé sur l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) et des données dans les systèmes de santé. Parmi les intervenants phares, Maria Hassel, conseillère senior à l’Agence suédoise de la santé numérique partagera son expertise lors de la session « Optimizing Hospital Operations with AI » le mercredi 18 décembre. Pour vous inscrire : ici.

    📌 Contexte et chiffres clés du système de santé suédois :

    Le système de santé suédois est reconnu comme étant un des plus performants en Europe. Son modèle repose sur une organisation décentralisée avec une responsabilité partagée entre les 21 régions et les 290 municipalités. Ce système garantit une couverture universelle financée principalement par des taxes régionales et municipales complétées par des subventions nationales. Cependant, la Suède fait face à des défis liés aux disparités régionales et au vieillissement de sa population ainsi qu’à une pénurie de médecins généralistes malgré une workforce conséquente.

    Chiffre clé : le financement public représente 86 % des dépenses de santé

    👉 H&TI dresse un aperçu détaillé de différents aspects du système de santé du pays, notamment son organisation, son financement et son contexte numérique, dans un article à retrouver ici.

    📌 Principales évolutions réglementaires en Suède en lien avec la santé numérique :

    Depuis 2012, la Suède a entrepris plusieurs réformes législatives pour moderniser et renforcer son système de santé. Ces réformes s’inscrivent dans une démarche visant à garantir une prise en charge équitable, à améliorer l’accessibilité des soins malgré la distance géographique et à intégrer des innovations numériques tout en respectant les cadres européens. En créant un cadre réglementaire qui soutient la transparence, l’égalité d’accès et l’interopérabilité des systèmes la Suède offre une base solide pour l’innovation et la modernisation des soins.

    Chiffre clé : en 2023, le pays a obtenu un score de 78/100 pour la maturité de son système de santé numérique.

    👉 H&TI dresse un état des lieux des principales initiatives réglementaires sur lesquelles s’appuient les différentes stratégies en santé numérique et des principales réglementations en matière de couverture de santé, dans un article à retrouver ici.

    📌 Panorama des acteurs clés de l’écosystème suédois autour de la santé numérique:

    La Suède possède un écosystème dynamique et affiche une collaboration étroite les secteurs publics et privés. Avec des institutions publiques comme l’Agence suédoise pour la santé numérique (eHälsomyndigheten) qui pilote les initiatives de e-santé et des entreprises comme Kry ou Min Doktor qui développent des solutions adaptées aux besoins de la population, la Suède affiche une ouverture internationale pour les entreprises du numérique en santé. Les gouvernements suédois et français ont d’ailleurs renouvelé leur partenariat pour l’innovation en janvier 2024.

    Chiffre clé : 95 % des dossiers médicaux sont électroniques pour les soins primaires.

    👉 H&TI réalise un panorama des nombreuses organisations jouant un rôle dans la réglementation et la mise en œuvre des initiatives numériques, dans un article à retrouver ici.

    📌 Quelle stratégie en santé numérique et data ?

    La Suède s’est fixé un objectif ambitieux avec sa stratégie nationale eHälsa 2025 : devenir le leader mondial de la santé numérique. Pour cela, le pays mise sur l’intégration des technologies innovantes comme l’intelligence artificielle (IA), la télémédecine et la gestion centralisée des données de santé.
    Depuis le lancement de cette stratégie, le gouvernement suédois en collaboration avec l’Association des autorités locales et régionales (Salar) a structuré une approche progressive pour moderniser les services de santé et de protection sociale. Des dossiers médicaux électroniques interopérables aux téléconsultations, la stratégie repose sur une combinaison d’axes technologiques, organisationnels et réglementaires visant à améliorer l’efficacité des soins et à renforcer la place du patient dans son parcours.

    Chiffre clé : 99 % des prescriptions délivrées électroniquement.

    👉H&TI réalise une synthèse des principaux points de cette stratégie, dans un article à retrouver ici.

    Récapitulatif des chiffres clés Suède @ H&TI
  • Une décentralisation au service de l’égalité, de l’accessibilité et de la prévention

    Un système de santé décentralisé entre régions et municipalités

    En Suède, le système de santé repose sur une gestion décentralisée. Les 21 régions (landsting) financent et organisent les soins primaires, les soins spécialisés et psychiatriques. Regroupées en six zones sanitaires, elles assurent la mise en œuvre des priorités nationales en matière de santé publique. Les municipalités gèrent les soins aux personnes âgées, aux personnes handicapées et aux enfants en milieu scolaire. Dans un pays où le vieillissement de la population est marqué, elles supervisent aussi les services à domicile. Parmi les institutions nationales, le Conseil national de la santé et du bien-être (Socialstyrelsen) établit des standards de qualité, délivre les autorisations professionnelles et gère les registres médicaux. L’Inspection des soins et de la protection sociale (IVO) complète ce dispositif en surveillant la conformité des pratiques et en enquêtant sur les incidents si nécessaire. Enfin, pour garantir un accès simplifié aux services, la plateforme 1177 Vårdguiden fournit des conseils médicaux en ligne et par téléphone. Ce service, qui est centralisé, oriente les patients vers les structures locales adaptées à leurs besoins.

    En résumé :

    • Les régions (landsting), des acteurs centraux : Les 21 régions suédoises organisent et financent la majorité des services de santé. Elles supervisent les soins primaires et spécialisés, ainsi que la prévention et les campagnes de santé publique. Environ 80 % de leur financement provient des impôts locaux, le reste étant assuré par l’État et les frais payés par les patients.
    • Les municipalités (kommuner), au plus près des populations vulnérables : Les 290 municipalités se concentrent sur les soins aux personnes âgées, les personnes handicapées et les enfants en milieu scolaire. Elles gèrent aussi les services à domicile.

    Prévention, qualité et accès, comment les agences suédoises pilotent la santé publique ?

    Au niveau national, plusieurs institutions assurent la régulation, la supervision et la mise en œuvre des priorités de santé publique :

    • Le ministère de la Santé et des Affaires sociales définit les grandes orientations stratégiques en matière de santé publique, en mettant l’accent sur la prévention et la gestion des maladies chroniques. En coordination avec les agences nationales et les 21 régions, le ministère veille à ce que les priorités nationales soient alignées sur les besoins de la population. Cela inclut des initiatives telles que les plans de santé mentale et les programmes de prévention des suicides. Bien que la gestion opérationnelle des soins soit décentralisée, le ministère supervise la répartition des subventions de l’État et contrôle leur utilisation pour garantir une efficacité et une équité dans l’accès aux soins.
    • Le Conseil national de la santé et du bien-être (Socialstyrelsen) définit les standards de qualité et régule les pratiques médicales. Il élabore des lignes directrices basées sur des données pour orienter les professionnels de santé, couvrant des domaines comme la gestion des maladies chroniques et les soins palliatifs. L’institution supervise l’accréditation et la régulation des professions médicales, garantissant ainsi une pratique conforme aux normes établies. Par ailleurs, le Socialstyrelsen gère des registres médicaux nationaux pour la recherche, l’évaluation des politiques publiques et l’allocation efficace des ressources en santé.
    • L’Inspection des soins et de la protection sociale (IVO) contrôle les établissements de santé et médico-sociaux pour s’assurer de leur conformité avec les normes en vigueur. En cas d’incident affectant la sécurité des patients, l’IVO mène des enquêtes pour identifier les causes. Par exemple, en 2022, l’agence a traité près de 7 500 signalements d’incidents graves. Par ailleurs, elle soutient les régions en fournissant des recommandations qui visent à améliorer les pratiques et à renforcer la qualité des soins sur le territoire.
    • L’Agence de santé publique (Folkhälsomyndigheten) surveille les épidémies et conçoit des stratégies pour limiter leur impact. Par ailleurs, elle développe des programmes visant à encourager des comportements favorables à la santé, tels que l’arrêt du tabac, la prévention de l’obésité et la vaccination. Sur le plan international, la Folkhälsomyndigheten collabore avec des organisations comme l’OMS pour coordonner les réponses aux menaces sanitaires globales et partager les meilleures pratiques.
    • La plateforme nationale 1177 Vårdguiden est un outil numérique et téléphonique qui centralise l’accès aux conseils médicaux et oriente les patients vers les services de santé. Les patients peuvent appeler le 1177 ou consulter le site web pour obtenir des informations sur leurs symptômes et être dirigés vers les professionnels ou établissements appropriés. La plateforme reçoit environ 12 millions de demandes par an. En simplifiant l’accès aux soins, 1177 Vårdguiden allège la charge des services d’urgence et améliore la gestion des flux de patients.

    Comment les lois encadrent la santé publique en Suède

    Le système de santé suédois repose sur un cadre juridique structuré qui garantit l’accès équitable aux soins pour tous les résidents. Ces lois définissent les responsabilités des régions et des municipalités, ainsi que les droits des patients. Elles établissent également les normes en matière de qualité et de sécurité des soins, tout en régulant les dispositifs médicaux et les médicaments.

    • La loi sur les services de santé et médicaux (Hälso- och sjukvårdslagen) est le fondement du système de santé suédois. Elle garantit un accès aux soins pour tous les résidents, en se basant sur leurs besoins médicaux. La législation définit les responsabilités des régions et des municipalités, en mettant l’accent sur la prévention des maladies et la réhabilitation, en plus des soins curatifs. Les municipalités sont chargées des soins de longue durée. Cette loi vise à harmoniser l’accès aux soins tout en permettant une adaptation aux besoins locaux.
    • La loi sur la responsabilité des soins de santé (Patientlagen), entrée en vigueur en 2015, vise à renforcer les droits des patients dans le système de santé suédois. Elle leur garantit la liberté de choisir leur prestataire de soins, qu’il soit dans leur région ou ailleurs dans le pays. La loi impose également une obligation de transparence aux professionnels de santé, qui doivent fournir des informations claires sur l’état de santé des patients et sur les options de traitement disponibles. En permettant une participation active des patients à leurs décisions de santé, cette législation encourage leur autonomisation et leur implication dans leur parcours de soins.
    • La loi sur les soins sociaux (Socialtjänstlagen) cible spécifiquement les besoins des populations vulnérables. Elle confie aux municipalités la responsabilité d’organiser et de financer les soins de longue durée pour les personnes âgées, les personnes handicapées et d’autres groupes nécessitant un soutien particulier. Cette législation englobe également des services tels que l’aide à domicile, la réhabilitation sociale et le soutien psychologique. En intégrant ces dimensions sociales au système de santé, la loi assure une prise en charge globale des individus, répondant à leurs besoins au-delà des soins médicaux traditionnels.
    • La loi sur les dispositifs médicaux et les médicaments, encadrée par la Läkemedelsverket (Agence suédoise des produits médicaux), garantit la sécurité, l’efficacité et l’accessibilité des traitements en Suède. Avant leur mise sur le marché, tous les médicaments et dispositifs médicaux doivent répondre à des critères rigoureux. L’agence veille également à ce que les traitements essentiels soient accessibles à tous, grâce à un plafonnement des coûts supportés par les patients. En régulant les prix des médicaments, cette législation limite les dépenses des ménages tout en assurant une équité d’accès.
    Principales initiatives réglementaires en Suède @ H&TI
  • Recherche : le partenariat entre Amgen, l’Institut Pasteur et Biolabs comme modèle pour accélérer l’innovation

    Des synergies stratégiques pour accélérer l’innovation

    L’alliance entre Amgen France, l’Institut Pasteur et Biolabs illustre la nécessité d’une coopération étroite pour relever les défis de la santé moderne. Pour ces trois acteurs, l’innovation ne se limite pas aux laboratoires. Elle repose de plus en plus sur des collaborations stratégiques visant à transformer les découvertes scientifiques en traitements accessibles aux patients. Ce modèle de recherche partagée apparaît comme une réponse efficace aux enjeux médicaux actuels. Dans ce sens, les partenaires développent, chacun de son côté, des projets innovants, avec des collaborations diverses :

    • Amgen France, par exemple, mène actuellement 25 essais cliniques dans l’Hexagone, dont près de la moitié en oncologie. Nathalie Varoqueaux, directrice médicale d’Amgen France, a précisé que ces essais portent sur des innovations thérapeutiques destinées à répondre à des besoins médicaux non encore couverts.
    • À l’Institut Pasteur, l’accent est mis sur le développement de projets scientifiques à fort potentiel. Son “Accélérateur de l’innovation” accompagne actuellement dix initiatives, allant de la recherche fondamentale à la création de technologies médicales appliquées. Nicolas Torno, directeur adjoint de la direction des applications de la recherche et des relations industrielles (Darri) de l’Institut, a expliqué que cet accompagnement vise à rapprocher les découvertes scientifiques du marché.
    • Biolabs soutient l’émergence de jeunes entreprises innovantes, notamment à travers son programme Golden ticket, qui leur permet d’accéder gratuitement à des laboratoires et à des conseils d’experts. Johanna Michielin, directrice Europe de Biolabs, a souligné que les dispositifs de l’incubateur international favorise la création de solutions de santé novatrices, en intégrant les start-ups directement dans l’environnement hospitalier, comme c’est déjà le cas à l’Hôtel-Dieu à Paris.

    Former la prochaine génération de chercheurs :

    Pour assurer un écosystème d’innovation durable, l’éducation scientifique reste un levier majeur. L’Institut Pasteur et la Fondation Amgen collaborent depuis 2015 à travers le programme Amgen Scholars, qui offre à des étudiants européens l’opportunité de travailler dans des laboratoires de recherche de renom.

    Selon Monica Sala, directrice de l’enseignement de l’Institut Pasteur, cette initiative vise à “préparer les talents scientifiques de demain en leur donnant accès à des projets multidisciplinaires dans des domaines clés comme la microbiologie, la génomique et l’immunologie.” Depuis sa création, plus de 80 % des participants ont poursuivi en doctorat dans des universités prestigieuses, tandis que les autres ont intégré des entreprises de biotechnologie.

    Stimuler la coopération scientifique :

    Les Rencontres Recherche & Innovations, qui ont suivi la conférence de presse, ont réuni plus d’une centaine d’experts du monde académique, industriel et institutionnel autour des thématiques de l’excellence de la recherche en France, l’intégration des patients dans le processus de recherche et l’exploitation des données de santé.

    L’événement a permis de présenter des projets soutenus par le Fonds Amgen France pour la Science et l’Humain, qui finance des recherches prometteuses dans divers domaines médicaux. Depuis 2018, 41 projets ont reçu des financements, représentant un investissement total de 4,5 millions d’euros.

    Les promesses de l’innovation ouverte

    Pour Amgen France, l’innovation repose sur trois axes : soutenir les start-ups, financer la recherche fondamentale et participer à des réflexions stratégiques à travers son think tank éphémère Innovation Days dont la prochaine édition sera consacrée à la thématique de la prévention. Depuis 2016, cinq start-ups françaises sont accompagnées chaque année par l’entreprise dans le cadre de projets collaboratifs. Pour la présidente du laboratoire américain en France, Corinne Blachier-Poisson, la collaboration entre acteurs publics et privés est essentielle pour accélérer le développement de solutions médicales innovantes et améliorer la santé publique de manière équitable et inclusive.

    De son côté, l’Institut Pasteur combine recherche fondamentale et transfert de technologie pour maximiser l’impact de ses découvertes. Depuis 1997, 35 start-ups ont vu le jour grâce à ses activités de valorisation scientifique, dont 26 sont toujours en activité. En 2023, l’institut a signé 235 contrats industriels, illustrant l’ampleur de son réseau de partenariats.

    Biolabs, un tremplin pour les start-ups de la santé :

    À travers ses sites en France et dans le monde, Biolabs accompagne le développement de projets innovants en biotechnologie et santé numérique. Depuis 2022, plus de 30 Golden tickets ont été attribués en Europe, dont 20 en France.

    La deuxième édition de son appel à projets, lancée en septembre 2024, permettra d’identifier les start-ups les plus prometteuses dans le secteur des sciences de la vie. Selon Johanna Michielin, soutenir ces jeunes entreprises permet de transformer des idées scientifiques en solutions médicales concrètes, répondant aux besoins de santé les plus pressants.

     

  • Un retard numérique mettrait le NHS en danger, avertit TechUK

    Moderniser un système sous pression

    Le financement annoncé en novembre vise à transformer en profondeur le NHS, en s’appuyant sur les technologies numériques. Parmi les priorités figurent le développement d’applications pour les patients, l’amélioration de l’efficacité des services, la libération de temps pour les équipes médicales et l’intégration du dossier patient électronique, tout en renforçant la cybersécurité des données. TechUK, une association d’entreprises du secteur technologique britannique, soutient cette démarche mais alerte sur les risques d’un manque de continuité. Selon l’organisation, il est nécessaire de “sanctuariser les financements” pour garantir la réussite des réformes en cours.

    Investissements, architecture et transparence

    Le rapport propose plusieurs pistes pour renforcer les infrastructures numériques du NHS :

    • Augmenter les investissements en capital pour moderniser les systèmes existants.
    • Adopter une architecture commune pour le développement des outils numériques, afin d’assurer une meilleure interopérabilité.
    • Améliorer les pratiques commerciales et d’approvisionnement, avec une transparence concernant les activités commerciales.

    Des règles claires pour les technologies de santé

    Concernant les outils de santé numérique, TechUK souligne la nécessité d’établir des critères clairs et standardisés pour leur validation et leur remboursement par le NHS. Cette démarche s’appuierait sur les consultations en cours menées par NHS England et l’agence NICE, visant à clarifier les voies d’accès aux dispositifs médicaux innovants. L’organisation recommande de s’appuyer sur les retours de l’industrie recueillis lors de la consultation en cours sur les voies d’accès aux dispositifs médicaux. TechUK rappelle que la cohérence et la transparence dans ces processus sont essentielles pour encourager l’innovation et permettre une adoption rapide des nouvelles technologies. En 2022, le gouvernement conservateur précédent avait déjà publié une stratégie visant à améliorer la cohérence et la transparence des processus d’innovation dans le secteur des technologies médicales.

    IA et transformation numérique : des priorités identifiées

    Parmi les recommandations de techUK figurent :

    • Une stratégie centrale pour encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les systèmes de santé et de services sociaux, en garantissant sécurité et responsabilité.
    • La définition des prochaines étapes pour le développement de l’application NHS App, un outil central dans la transformation numérique du NHS.

    Les risques d’un retard numérique

    TechUK met en garde contre les conséquences d’une inaction. Selon l’organisation, retarder les réformes numériques pourrait affaiblir l’écosystème d’innovation du Royaume-Uni et le rendre vulnérable face à des concurrents étrangers plus avancés. « Si ces recommandations ne sont pas mises en œuvre rapidement, le NHS risque de manquer une occasion de se moderniser », avertit le rapport. Pour techUK, des actions rapides et coordonnées sont nécessaires pour améliorer le système de soins au Royaume-Uni. En appelant à une mobilisation gouvernementale, l’organisation insiste sur le rôle clé des technologies numériques dans la pérennité du NHS et des services sociaux.

     

  • USA : l’anneau EvieMED de Movano Health, une avancée approuvée par la FDA

    Un outil certifié pour la santé connectée et la recherche pharmaceutique

    L’EvieMED mesure des données médicales comme le taux d’oxygène dans le sang et la fréquence cardiaque, ainsi que des indicateurs liés au bien-être comme l’énergie, le sommeil, l’activité physique et l’humeur. Movano Health collabore avec un laboratoire pharmaceutique pour intégrer l’EvieMED dans des essais cliniques futurs en 2025. L’anneau est utilisé dans une étude menée par le MIT sur le suivi des patients atteints de COVID long et de maladie de Lyme chronique. Le PDG de Movano Health, John Mastrototaro, affirme que cette autorisation “constitue une avancée majeure : l’objectif de la société est de proposer des dispositifs de qualité clinique répondant aux besoins des assureurs, des laboratoires pharmaceutiques et des fabricants de dispositifs médicaux”.

    Santé numérique : comment la télésurveillance

    L’approbation de la FDA renforce le rôle des objets connectés dans la santé numérique. La télésurveillance médicale, portée par des appareils comme l’EvieMED, connaît une forte progression. Le marché des dispositifs médicaux connectés pourrait atteindre 187,4 milliards de dollars d’ici 2028, avec une croissance annuelle de 24,9 %, selon Fortune Business Insights. Ces technologies offrent un suivi continu des patients pour les maladies chroniques. En recherche clinique, elles réduisent les biais liés à l’autodéclaration et permettent une collecte de données fiable et en temps réel.

    Les développements de Movano Health

    Côtée en bourse depuis 2021, Movano Health a récemment mené une enquête interne sur des irrégularités liées à une opération de regroupement d’actions. Son titre est actuellement autour de 5,52 dollars. La société propose une autre bague connectée, l’Evie Ring, conçue pour les femmes. Après une interruption due à des problèmes d’approvisionnement, ce modèle a été relancé en septembre avec une application améliorée intégrant l’intelligence artificielle. L’appareil analyse des données sur le cycle menstruel, le sommeil et la santé cardiaque pour fournir un suivi personnalisé.

    Un enjeu pour les professionnels de santé

    Les dispositifs connectés comme l’EvieMED facilitent un suivi plus précis des patients et renforcent l’efficacité des soins à distance. Ces outils permettent une meilleure coordination entre les différents acteurs du système de santé, comme les assureurs et les industriels. Ils participent à l’évolution vers une médecine plus préventive et personnalisée.