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  • IA & handicap : 13 cas d’usage de l’IA pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap

    5 catégories de cas d’usage de l’IA pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap

    L’intelligence artificielle est devenue un levier majeur pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap. Qu’il s’agisse de reconnaissance visuelle, de transcription automatique, d’aide à la mobilité ou de stimulation cognitive, l’IA transforme la manière dont les individus interagissent avec leur environnement. Cette étude explore les principaux cas d’usage de l’IA pour l’accessibilité et met en avant les solutions les plus innovantes dans chaque domaine.

    5 catégories de cas d’usage ont été relevés :

    • Aide à la perception visuelle et à la lecture ;
    • Mobilité et assistance à la navigation ;
    • Communication et accessibilité auditive ;
    • Interfaces cerveau-machine et rééducation motrice ;
    • Aide aux troubles cognitifs et neurologiques.

    Aide à la perception visuelle et à la lecture

    1.1. Reconnaissance et description d’images pour les malvoyants :

    L’IA permet aux personnes malvoyantes ou aveugles d’obtenir une description sonore de leur environnement. La vision par ordinateur couplée au traitement du langage naturel (NLP) identifie objets, couleurs, textes et visages pour faciliter la navigation autonome.

    1.2. Lecture de texte en temps réel pour les malvoyants :

    L’OCR (Reconnaissance Optique de Caractères) associé au NLP convertit les textes écrits en format audio. Cela permet aux malvoyants de lire des documents, des panneaux ou des étiquettes de produits.

    Mobilité et assistance à la navigation

    2.1. Aide à la navigation en milieu urbain pour les malvoyants :

    Les modèles d’IA embarquée et de machine learning permettent une navigation autonome en analysant l’environnement et en guidant l’utilisateur.

    2.2. Exosquelettes et assistance biomécanique pour les personnes à mobilité réduite :

    L’IA facilite la rééducation motrice et la récupération d’une mobilité partielle grâce à des exosquelettes adaptatifs.

    Communication et accessibilité auditive

    3.1. Transcription en temps réel pour les personnes sourdes et malentendantes :

    Les modèles Speech-to-Text convertissent instantanément les conversations orales en texte.

    3.2. Accessibilité téléphonique pour les malentendants :

    Certaines applications transcrivent en temps réel les conversations téléphoniques.

    3.3. Assistance vocale personnalisée pour les personnes ayant des troubles de la parole :

    Des algorithmes avancés permettent de reconnaître et transcrire les voix affectées par des troubles du langage.

    3.4. Synthèse vocale personnalisée :

    Les avancées en deep learning et speech synthesis permettent de recréer la voix d’un utilisateur pour la synthétiser. Interfaces cerveau-machine et rééducation motrice

    4.1. Contrôle d’ordinateurs et de dispositifs par la pensée :

    Les interfaces cerveau-machine (BCI) utilisent des signaux neuronaux pour commander des appareils.

    4.2. Rééducation neurologique assistée par IA :

    La combinaison de l’IA et de la réalité virtuelle permet une rééducation cognitive et motrice.

    Aide aux troubles cognitifs et neurologiques

    5.1. Stimulation et évaluation des capacités cognitives :

    L’IA analyse les performances cognitives et propose des exercices personnalisés.

    5.2. Assistance aux enfants avec des troubles du développement :

    Les algorithmes d’IA adaptent les interactions aux enfants atteints de troubles du spectre autistique.

    5.3. Assistance conversationnelle pour les personnes âgées et atteintes de troubles cognitifs :

    Des assistants IA interactifs accompagnent les personnes souffrant de solitude ou de troubles cognitifs.


    Cartographie des cas d’usage de l’IA pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap :

    Cartographie des cas d'usage de l'IA pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap - ©Health & Tech Intelligence
    Cartographie des cas d’usage de l’IA pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap – ©Health & Tech Intelligence
  • Handicap : quelles innovations numériques pour renforcer l’autonomie ?

    Une population diversifiée et des situations multiples

    28 % des personnes de 15 ans et plus déclarent au moins une limitation fonctionnelle sévère, et 10 % rencontrent des restrictions majeures dans les activités essentielles du quotidien. Parmi les enfants de 5 à 14 ans, 15 % ont une limitation fonctionnelle sévère et 2 % connaissent des restrictions importantes dans leur vie quotidienne.

    Un accès inégal aux structures d’accompagnement

    Fin 2022, 174 200 enfants et adolescents étaient accompagnés dans des établissements et services médico-sociaux (ESMS), soit 1 % des moins de 20 ans. La dynamique d’accompagnement en milieu ordinaire s’intensifie, avec 36 % des jeunes bénéficiant d’une prise en charge hors structure spécialisée. Malgré les dispositifs existants, l’accès à l’emploi reste un défi majeur. Le taux d’emploi des personnes en situation de handicap est inférieur à celui de la population générale. En 2022, les travailleurs handicapés représentaient 5,6 % des salariés du secteur privé soumis à l’obligation d’emploi. L’édition 2024 du rapport (le handicap en chiffres) met en évidence les différences régionales dans la prévalence du handicap et l’accès aux aides. Les DROM affichent une prévalence plus élevée qu’en France métropolitaine, malgré une population plus jeune. L’allocation aux adultes handicapés (AAH) bénéficiait à 1,29 million de personnes fin 2022. La prestation de compensation du handicap (PCH), qui vise à soutenir l’autonomie, concernait 429 200 bénéficiaires, un chiffre en augmentation de 4,2 % sur un an.

    Loi handicap, accessibilité, solutions et cas d’usage

    La question du handicap en France soulève des défis, à la fois en termes de politiques publiques, d’accessibilité et d’innovation technologique. Cette étude propose d’analyser les dispositifs mis en place pour accompagner les personnes en situation de handicap, depuis les mesures législatives jusqu’aux initiatives locales favorisant l’inclusion. L’accessibilité, qu’elle soit physique ou numérique, est un enjeu pour garantir une participation équitable à la vie sociale et professionnelle. Le développement des outils numériques en santé transforme la prise en charge et l’autonomie des personnes handicapées, notamment à travers la télémédecine, les dispositifs d’assistance connectés et l’intelligence artificielle appliquée à la réadaptation. Cette étude vise ainsi à dresser un état des lieux des avancées et des défis pour une meilleure intégration du handicap dans notre société.

    Contenu de l’étude : 

    Handicap : 20 ans de réformes pour une société plus inclusive

    Depuis plusieurs années, la législation française a renforcé les droits des personnes en situation de handicap, en favorisant leur inclusion sociale et professionnelle. La loi du 30 juin 1975 marque une première reconnaissance du handicap comme enjeu de société, instaurant des mesures d’aide sociale et d’accessibilité. 

    Robotique, IA et création numérique : trois avancées majeures pour le handicap

    Animia, une application de création d’animation adaptée aux différents publics des Etablissements ou Service Medico-Sociaux (ESMS), EXTENDER d’Orthopus, un projet de développement d’une interface de contrôle d’un bras robotique, et “l’oreille augmentée” d’OSO-AI sont trois solutions d’IA dédiées aux handicaps qui se sont vues récompensées en 2024.

    Quatre tiers-lieux d’expérimentation en santé numérique dédiés aux handicaps

    Le programme d’accélération en santé numérique de France 2030, souhaite développer les Tiers-Lieux d’expérimentation dans ce secteur. Parmi ces Tiers-Lieux 4 sont spécialisés sur des problématiques spécifiques aux personnes en situation de handicap.

    Revue de littérature : L’IA & neurologie : première cause de mortalité et d’invalidité (Journal of Neurology)

    Les maladies neurologiques sont aujourd’hui la première cause combinée de mortalité et d’incapacité dans le monde, avec 276 millions d’années de vie corrigées de l’incapacité (DALYs) et 9 millions de décès en 2016. Face à cette charge croissante, l’IA représente une opportunité pour restaurer les fonctions motrices, sensorielles et cognitives altérées par les troubles neurologiques.

    IA & handicap : 25 solutions utilisées en France

    Guider les malvoyants en analysant leur environnement et en signalant les obstacles à l’aide de retours sonores, sauvegarder la voix des personnes atteintes de maladies neurodégénératives pour qu’ils s’expriment via une interface qui imite leur timbre vocal, transcrire en temps réel des conversations… en France, 25 solutions d’IA sont utilisées pour les personnes en situation de handicap.

    IA & handicap : 13 cas d’usage de l’IA pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap

    Reconnaissance et description d’images pour les malvoyants, transcription en temps réel pour les personnes sourdes et malentendantes, aide à la navigation en milieu urbain pour les malvoyants… au moins 13 cas d’usage de l’intelligence artificielle existent pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap.

  • 4 Tiers-Lieux d’expérimentation en santé numérique portant sur des handicap

    Un tiers-lieu est un espace physique ou virtuelle qui a pour objectif de favoriser la collaboration et le partage entre les différents acteurs (professionnels, usagers, associations, entreprises) d’un même domaine. Depuis 2023, 10 tiers-lieux d’expérimentation en santé numérique ont été labellisés dans le cadre de la stratégie France 2030. Ce développement a pour but de palier au déficit de terrains d’expérimentation pour les solutions du secteur. Il existe en France 4 Tiers-Lieux d’expérimentation de santé numérique prenant en charge des problématiques spécifiques aux personnes en situation de handicap.

    L’INH LAB

    l’INH Lab (Laboratoire d’Innovation Numérique au service du Handicap) basé à Rennes est spécifiquement dédié au handicap de manière générale. Il est composé d’un consortium de 5 partenaires basés en Bretagne :

    • CoWork’HIT, une société coopérative d’intérêt collectif dédiée au handicap. Ses activités incluent prototypage, co-conception avec les usagers, et formations pour les professionnels de santé;
    • Biotech Santé Bretagne, un centre d’innovation technologique structurant les filières régionales de la santé et des biotechnologies. Il soutient les PME en anticipant leurs besoins et en favorisant les collaborations avec la recherche et les centres de soins;
    • Centre de Kerpape, un établissement mutualiste spécialisé en robotique, réalité virtuelle, et impression 3D;
    • Fondation ILDYS, une fondation de gestion des établissements dédiés aux personnes en situation de handicap, à leurs familles, et aux personnes âgées;
    • Fondation Saint-Hélier, une organisation reconnue d’utilité publique, spécialisée dans la rééducation, la santé connectée, la robotique, et le” bien vieillir”;

    L’INH Lab offre de remonter les besoins des usagers, de tester les solutions des entreprises, d’accompagner les entreprises dans les études cliniques et l’accès au marché.

    Tiers-Lieu Déficiences Visuelles

    Le Tiers-Lieu Déficiences Visuelles est spécialisé sur la thématique des personnes malvoyantes. Il vise à développer et tester des solutions numériques pour améliorer l’autonomie des personnes atteintes de déficience visuelle, tout en impliquant leurs aidants et les professionnels de santé.

    Il est porté par un consortium de 6 partenaires spécialisés dans la santé visuelle et l’innovation numérique :

    • Streetlab, leader du projet, est spécialisé dans la recherche et le développement de solutions pour les personnes atteintes de déficience visuelle;
    • CHNO des Quinze-Vingts, un centre hospitalier national dédié aux pathologies oculaires;
    • Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, un établissement expert en neuro-ophtalmologie;
    • Groupe VYV3, 1er acteur mutualiste de santé et de protection sociale en France;
    • Association Valentin Haüy, une organisation dédiée au soutien des personnes aveugles et malvoyantes;
    • Forum des Living Labs en Santé et Autonomie, un réseau collaboratif favorisant l’innovation en santé;

    Le Tiers-Lieu Déficiences Visuelles offre des terrains d’expérimentation en vie réelle, d’accompagner les entreprises dans la mise sur le marché des solutions numériques et leur validation clinique.

    MOBIS (Mobilités Intelligentes en Santé)

    MOBIS est centré sur la mobilité intelligente, incluant la motricité des patients, l’amélioration des parcours de soins, et l’accessibilité territoriale. Ce projet répond aux besoins des patients en matière de prévention des chutes, de rééducation et de mobilité adaptée.

    Il est porté par un consortium de 11 partenaires :

    • CHU d’Angers, coordinateur du projet, est spécialisé dans les parcours de soins complexes;
    • CENTICH, un centre d’expertise national sur les technologies pour l’autonomie;
    • Digital Pharma Lab, un accélérateur dédié aux innovations numériques en santé;
    • AFM-Téléthon, une association spécialisée dans les maladies génétiques, rares, évolutives et lourdement invalidantes;
    • Plusieurs technopoles et pôles de compétitivité régionaux apportant leur expertise sur les technologies numériques;

    MOBIS propose des terrains d’expérimentation pour tester les solutions numériques, d’évaluer leurs impacts cliniques et médico-économiques, et d’accompagner leur intégration dans les parcours de soins.

    SantéAdom

    SantéAdom est un tiers-lieu dédié à la santé à domicile. Il se concentre sur le développement de solutions numériques pour accompagner les personnes atteintes de maladies chroniques ou ayant une mobilité réduite Ceci dans une approche basée sur la médecine 5P (Préventive, Prédictive, Participative, Personnalisée et Pertinente).

    Ce tiers-lieu est porté par un consortium regroupant 4 partenaires :

    • CHU Clermont-Ferrand, coordinateur du projet, et spécialisé dans les soins chroniques et la santé numérique;
    • Clermont Auvergne Innovation, une structure dédiée à l’accompagnement des projets innovants;
    • CENTICH, un centre d’expertise national sur les technologies pour l’autonomie;
    • Université Clermont Auvergne, une université impliquée dans la recherche clinique et technologique;

    SantéAdom offre un guichet unique pour simplifier l’accès à l’innovation numérique, propose une modélisation médico-économique des solutions développées, et expérimente ces dernières en conditions réelles avec les usagers.

    @Health&Tech Intelligence

  • IA & handicap : 25 solutions utilisées en France

    5 types d’IA utilisés pour aider les personnes en situation de handicap

    L’intelligence artificielle (IA) transforme de nombreux domaines, et celui de l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap ne fait pas exception. En France, plusieurs solutions basées sur l’IA sont déjà utilisées pour améliorer l’autonomie des individus. Qu’il s’agisse de vision par ordinateur, de traitement du langage naturel (NLP), de reconnaissance vocale ou encore d’interfaces cerveau-machine, l’IA permet d’ouvrir de nouvelles perspectives dans l’inclusion sociale et professionnelle. Avec cette étude, Health & Tech Intelligence explore les technologies actuellement accessibles en France, en les classant selon le type d’IA qui les sous-tend.

    5 types d’IA sont utilisés pour aider les personnes en situation de handicap : le deep learning, le machine learning, le traitement de langage naturel, la reconnaissance vocale et la vision par ordinateur. La majorité des solutions utilisées en France combinent plusieurs types d’IA pour offrir des fonctionnalités avancées et adaptées aux besoins spécifiques des personnes en situation de handicap. C’est le cas, par exemple, de Seeing AI combine deep learning, NLP et la vision par ordinateur. Les deux types d’IA les plus utilisées sont le NLP, qui est intégré dans 11 des 23 solutions d’IA pour les personnes en situation de handicap, et le machine learning, intégré aussi dans 11 solutions. Le deep learning est intégré dans 10 solutions, la vision par ordinateur dans 9 et la reconnaissance vocale dans 4.


    Le deep learning créé un “oeil numérique” au service des déficiences visuelles

    Les avancées en deep learning appliquées à la vision par ordinateur ont permis de rendre accessibles de nombreux services pour les personnes atteintes de déficiences visuelles. Seeing AI, développé par Microsoft, est une application disponible en France qui analyse l’environnement en temps réel et fournit une description vocale des objets, textes et visages détectés. Sur un principe similaire, Envision AI et Lookout de Google exploitent l’IA pour lire des documents et identifier des éléments du quotidien, facilitant ainsi la vie des non-voyants.

    OrCam MyEye, une solution matérielle portable, utilise également des réseaux neuronaux pour identifier les objets et lire des textes en temps réel. Ce dispositif compact et embarqué est une avancée majeure, notamment pour les déplacements en autonomie. Une alternative française, Sonar Vision, propose une IA embarquée capable de guider les malvoyants en analysant leur environnement et en signalant les obstacles à l’aide de retours sonores.

    Enfin, Lysa, une technologie de navigation intelligente, va encore plus loin en combinant vision par ordinateur et machine learning. Son objectif est d’apporter une assistance en temps réel pour la mobilité en ville, en identifiant les trottoirs, les passages piétons et les obstacles en hauteur, un défi auquel de nombreux outils existants ne peuvent pas répondre avec précision.

    Le NLP et la reconnaissance vocale utilisée pour augmenter l’accessibilité sonore

    Les technologies de traitement du langage naturel (NLP) et de reconnaissance vocale sont devenues un pilier essentiel pour améliorer l’accessibilité des personnes sourdes et malentendantes. Ava, une application largement adoptée en France, permet la transcription en temps réel des conversations, facilitant la communication dans des contextes variés, du cadre professionnel aux interactions du quotidien.

    Dans le domaine des appels téléphoniques, RogerVoice se distingue par son IA capable de retranscrire instantanément les échanges, permettant ainsi aux personnes sourdes d’accéder aux services téléphoniques de manière autonome. Live Transcribe de Google et Otter.ai complètent cet écosystème en proposant des outils de retranscription avancés, adaptés aux conférences et aux réunions professionnelles.

    Le deep learning aussi utilisées pour les personnes qui ont du mal à communiquer :

    Ces outils sont également bénéfiques pour les personnes souffrant de troubles moteurs affectant la parole. Voiceitt, un programme d’IA utilisant des modèles de deep learning, apprend à reconnaître la voix de personnes ayant des troubles de l’élocution, traduisant ensuite leurs propos en texte clair ou en synthèse vocale. De son côté, Dragon NaturallySpeaking (Nuance) exploite des modèles de machine learning pour convertir la voix en texte, offrant ainsi un accès simplifié aux ordinateurs et autres appareils numériques.

    Une innovation récente développée par Apple, Live Speech, intègre un modèle avancé de deep learning et de synthèse vocale. Il permet aux personnes atteintes de maladies neurodégénératives de sauvegarder leur voix et de continuer à s’exprimer via une interface qui imite leur timbre vocal. Cette avancée est particulièrement prometteuse pour les personnes risquant de perdre leur capacité d’expression.

    Mieux se déplacer grâce au machine learning et aux interfaces cerveau-machine

    Les interfaces cerveau-machine (BCI) représentent l’un des développements les plus ambitieux de l’IA appliquée au handicap moteur. En France, le projet BCI WIMAGINE, mené par Clinatec, permet aux personnes tétraplégiques de contrôler des exosquelettes ou des dispositifs informatiques par la pensée. Ce système repose sur l’apprentissage automatique pour interpréter les signaux cérébraux et les convertir en commandes exploitables par un ordinateur ou une prothèse.

    Dans le domaine de la rééducation motrice, des solutions comme ReWalk et Ekso Bionics s’appuient sur des algorithmes de machine learning pour adapter leurs mouvements aux besoins spécifiques de chaque utilisateur. Izar, développé par Mindmaze, utilise une combinaison de neurosciences computationnelles et d’apprentissage profond pour offrir une rééducation immersive basée sur la réalité virtuelle.

    Interagir avec un écran ou un ordinateur sans utiliser les mains :

    Pour ceux qui ne peuvent pas utiliser des interfaces classiques, HeadMouse Nano (Origin Instruments) permettent de contrôler un ordinateur avec les mouvements de la tête, tandis que Tobii Dynavox Eye Gaze (Tobii) repose sur la reconnaissance du regard pour permettre aux personnes atteintes de paralysie sévère d’interagir avec un écran sans utiliser leurs mains.

    Accompagner le handicap invisible avec le machine learning et le deep learning

    Les troubles cognitifs, comme l’autisme, la dyslexie ou la maladie d’Alzheimer, nécessitent des approches adaptées pour améliorer l’autonomie des personnes concernées. Cognifit, une plateforme de stimulation cognitive basée sur le machine learning, analyse les performances cérébrales et propose des exercices personnalisés pour renforcer la mémoire et l’attention.

    MindMaze, déjà mentionné pour la rééducation motrice, est également utilisé pour le suivi des patients atteints de troubles neurologiques. En combinant deep learning et neurosciences computationnelles, cette technologie s’adapte aux spécificités de chaque individu, offrant ainsi une prise en charge plus efficace.

    Les enfants autistes bénéficient également de solutions comme Leka, un robot interactif qui apprend à s’adapter aux besoins spécifiques de chaque utilisateur grâce à l’intelligence artificielle. Son objectif est d’améliorer les interactions sociales et d’aider au développement des capacités cognitives. Enfin, les assistants intelligents comme Elliq utilisent des modèles de traitement du langage naturel et de machine learning pour interagir avec les personnes âgées ou atteintes de troubles cognitifs, leur rappelant de prendre leurs médicaments, stimulant leur mémoire et les aidant à lutter contre l’isolement social.


    Cartographie des solutions d’IA pour les personnes en situation de handicap utilisées en France :

    Cette cartographie classe les solutions d’IA pour les personnes en situation de handicap utilisées en France en fonction de leur type d’IA.

    Cartographie des solutions d'IA pour les personnes en situation de handicap utilisées en France - ©Health & Tech Intelligence
    Cartographie des solutions d’IA pour les personnes en situation de handicap utilisées en France – ©Health & Tech Intelligence
  • Handicap : 20 ans de réformes pour une société plus inclusive

    La loi du 11 février 2005 s’inscrit dans la continuité en instaurant le principe d’égalité des droits et des chances. Elle impose l’accessibilité généralisée des établissements recevant du public et des transports, tout en renforçant l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (6 % dans les entreprises de plus de 20 salariés). Plusieurs réformes ont complété ce cadre : simplification de l’accès à certains droits, amélioration de la compensation du handicap (comme la réforme de la prise en charge intégrale des fauteuils roulants) et développement des dispositifs d’accompagnement (comme la stratégie 2023 – 2027 de mobilisation et de soutien aux aidants).

    Repères chronologiques : 

    Renforcement de la protection juridique et de l’accessibilité

    La réforme de la protection juridique des majeurs de 2007 recentre la justice sur les personnes vulnérables et renforce leur accompagnement. En 2010, la France ratifie la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, affirmant une responsabilité sociétale sur l’inclusion. Le rapport de 2013 sur l’accessibilité valide l’échéance de 2015 et recommande les Agendas programmés de mise en accessibilité (Ad’Ap). L’ordonnance de 2014 simplifie les normes et introduit des échéanciers. Pourtant, en 2015, de nouveaux délais sont accordés pour la mise en accessibilité des lieux publics et transports.

    Inclusion scolaire et emploi : La loi de 2013 introduit le concept d’“école inclusive” dans le code de l’éducation, transformant la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire. Côté emploi, la loi de 2018 modifie l’obligation d’emploi des personnes handicapées (OETH) en imposant à toutes les entreprises de déclarer leurs effectifs et fixe un taux minimum de 6% à partir de 2024.

    Nouvelles avancées en matière de droits sociaux : La création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale en 2020 vise à mieux couvrir la perte d’autonomie. En 2022, la loi permet aux accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) de signer des CDI après trois ans d’exercice. D’autres avancées concernent la déconjugalisation de l’allocation adulte handicapé (AAH) en 2023, supprimant l’impact des revenus du conjoint sur son calcul. La loi de décembre 2023 facilite aussi l’accès à la complémentaire santé solidaire (C2S) pour les bénéficiaires de l’AAH.

    Accessibilité numérique et accompagnement des élèves : Une ordonnance de septembre 2023 impose l’accessibilité numérique à 100% pour les sites publics sous peine de sanctions dès 2024. Une autre ordonnance renforce l’accessibilité des services téléphoniques pour les personnes sourdes et malentendantes. En janvier 2024, le Sénat adopte à l’unanimité une proposition de loi pour la prise en charge par l’Etat des AESH intervenant sur le temps méridien, un enjeu financier jusqu’ici supporté par les collectivités locales.

    20 ans après la loi handicap : un bilan contrasté et des défis persistants

    Adoptée en 2005, la loi sur le handicap visait donc à garantir l’égalité des droits et l’accessibilité universelle. Vingt ans plus tard, malgré des avancées importantes en matière d’éducation et d’emploi, des obstacles demeurent. D’après le rapport de février 2025 ; 20 ans après la loi du 11 février 2005 : bilan et perspectives, l’accessibilité incomplète et la complexité administrative freinent encore l’inclusion des personnes en situation de handicap.

    Un cadre juridique pour une société plus inclusive

    Avant 2005, la prise en charge du handicap reposait sur une logique d’assistance. La loi du 11 février 2005 a marqué un tournant en instaurant l’égalité des droits et la compensation du handicap. Elle a élargi la définition du handicap et imposé des obligations d’accessibilité aux infrastructures publiques et aux employeurs. Ces avancées ont permis une meilleure reconnaissance des droits, mais leur mise en œuvre reste inégale. L’accessibilité des transports et des lieux publics demeure insuffisante, et les démarches administratives restent complexes.

    Des progrès significatifs mais inachevés

    Accessibilité : des avancées partielles

    Depuis 2005, des efforts ont été réalisés pour rendre accessibles les infrastructures publiques. À ce jour, 60 % des gares nationales et 64 % des gares régionales sont accessibles. Cependant, seuls 62 % des arrêts prioritaires de transports interurbains sont adaptés. Les établissements recevant du public (ERP) restent largement en retard : 900 000 ERP n’ont engagé aucune démarche d’accessibilité. Un milliard d’euros a été alloué sur cinq ans pour accélérer ces mises en conformité. L’accessibilité numérique a également progressé, avec un objectif de 100 % de conformité des sites publics d’ici 2025. Pourtant, en 2024, seulement 3 % des démarches administratives en ligne étaient entièrement accessibles.

    Éducation : une inclusion renforcée mais incomplète

    Le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire est passé de 130 000 en 2005 à 520 000 en 2025. L’accompagnement des élèves a été renforcé avec l’augmentation du nombre d’AESH et d’ULIS. Cependant, des défis continuent : le manque d’accompagnants, les disparités territoriales et l’insuffisance de la formation des enseignants freinent encore l’inclusion scolaire.

    Emploi : Un taux de chômage deux fois plus élevé 

    L’obligation d’emploi des travailleurs handicapés à hauteur de 6 % dans les entreprises de plus de 20 salariés a permis une meilleure insertion professionnelle. Des dispositifs comme l’emploi accompagné et les ESAT ont facilité l’accès à l’emploi. Toutefois, le taux de chômage des personnes en situation de handicap reste deux fois plus élevé que la moyenne nationale, s’établissant à 12 % contre 7 %. Les discriminations à l’embauche, l’inadéquation des offres d’emploi et le manque d’adaptations en entreprise expliquent cette difficulté.

    Les perspectives pour une inclusion réelle

    Simplifier l’accès aux droits

    Les démarches administratives restent un frein. Le délai moyen de traitement dans les MDPH atteint cinq mois. La complexité des dispositifs d’aide (PCH, AAH, aides locales) rend leur accès difficile pour de nombreux bénéficiaires. La réforme de l’AAH, avec la déconjugalisation en 2023, a constitué une avancée, tout comme la prise en charge intégrale des fauteuils roulants à partir de décembre 2025.

    Accélérer l’accessibilité universelle

    L’accessibilité reste l’un des principaux défis. Malgré les engagements pris, de nombreux lieux publics et services demeurent inadaptés. Un effort financier et réglementaire est nécessaire pour respecter les objectifs fixés par la loi. L’accessibilité numérique doit aussi être renforcée. L’adoption du RGAA a permis une progression, mais le retard reste important.

    Vers une société pleinement inclusive

    L’événement du 11 février 2025 au Handilab a été l’occasion de dresser un bilan et d’identifier les priorités pour l’avenir. Le gouvernement affirme sa volonté de poursuivre les efforts, mais l’inclusion ne pourra devenir une réalité qu’avec une mobilisation collective des acteurs publics et privés. L’enjeu des prochaines années sera de transformer les engagements en actions pour garantir une participation pleine et entière des personnes en situation de handicap à la vie sociale, économique et citoyenne.

    La cinquième branche de la Sécurité sociale : un financement dédié à la perte d’autonomie

    La loi du 7 août 2020 a instauré une cinquième branche de la Sécurité sociale, consacrée à la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées et en situation de handicap. Gérée par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), elle vise à structurer et financer un accompagnement adapté face aux défis démographiques.

    Face au vieillissement de la population, la création de cette cinquième branche vient compléter les quatre autres volets de la Sécurité sociale : maladie, accidents du travail et maladies professionnelles, retraite et famille. Son objectif est de renforcer l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie, en assurant un financement pérenne pour les dispositifs d’aide existants et à venir.

    Des missions centrées sur l’aide et le soutien

    La cinquième branche s’articule autour de plusieurs missions : Financement de la perte d’autonomie et prise en charge des aides à domicile, des établissements médicalisés (EHPAD, foyers d’accueil) et des dispositifs de soutien aux aidants. Amélioration de l’accès aux aides : simplification des dispositifs comme l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) et la Prestation de Compensation du Handicap (PCH). Et soutien aux proches aidants : mise en place d’aides financières et de solutions de répit.

    Malgré des sources de financement (contribution dédiée, fonds publics existants, journée de solidarité), des interrogations persistent sur la soutenabilité à long terme de la branche, compte tenu de l’augmentation prévue du nombre de personnes concernées. D’ici 2050, la France comptera près de 4 millions de personnes en perte d’autonomie. Cependant, on note :

    • Un financement jugé insuffisant, appelant des arbitrages budgétaires.
    • Un reste à charge encore élevé pour les familles, en particulier en EHPAD.
    • Une pénurie de professionnels du soin et de l’aide à domicile, freinant la mise en œuvre des mesures.

    Stratégie nationale des aidants 2023-2027 : 6 engagements pour un meilleur accompagnement

    Enfin, il est difficile d’évoquer la question du handicap sans parler des aidants. Ces quelques 8 à 11 millions de Français qui accompagnent un proche en situation de handicap, de perte d’autonomie ou de maladie chronique. Un renforcement des dispositifs de soutien et de reconnaissance des aidants ; La nouvelle stratégie nationale des aidants 2023-2027, présentée par le gouvernement, avec six engagements clés, renforce l’accès au répit, les droits sociaux et la reconnaissance des aidants dans la société.

    Des solutions de répit renforcées : Le gouvernement s’engage à garantir aux aidants les plus concernés jusqu’à 15 jours de répit par an. Cela passe par la création de 6 000 places supplémentaires en accueil temporaire et de jour, avec un total de 19 000 places pour les personnes âgées et 4 000 places pour les personnes en situation de handicap. Les établissements pour enfants en situation de handicap ouvriront également 600 places durant les vacances et les week-ends.

    Un interlocuteur unique dans chaque département : Un guichet unique sera mis en place dans tous les départements pour orienter et accompagner les aidants. Ces plateformes de répit proposeront un ensemble de services : soutien psychologique, information et solutions de répit. Ce dispositif s’intègre au Service public départemental de l’autonomie (SPDA) en construction.

    De nouveaux droits sociaux : La reconnaissance des aidants passe par le renforcement de leurs droits sociaux. L’assurance vieillesse des aidants (AVA) permettra la validation de trimestres de retraite pour ceux qui cessent leur activité professionnelle. Le congé proche aidant (CPA) et l’allocation journalière proche aidant (AJPA) seront étendus avec des droits rechargeables.

    Une reconnaissance des compétences acquises : L’expérience acquise par les aidants sera valorisée via la validation des acquis de l’expérience (VAE). Cette mesure vise à favoriser leur insertion professionnelle, en particulier pour ceux ayant interrompu leur carrière pour accompagner un proche.

    Un soutien adapté aux jeunes aidants : La stratégie prévoit des aides pour les jeunes aidants, avec une revalorisation des bourses étudiantes et des aménagements dans le parcours scolaire et universitaire. Leur identification sera renforcée notamment à travers la Journée défense et citoyenneté et le Service national universel.

    Un meilleur repérage et une information accrue : Une campagne nationale de communication sera lancée pour sensibiliser l’opinion et améliorer l’information des aidants sur leurs droits. Les professionnels de santé seront formés à mieux identifier les aidants et les dispositifs de soutien seront rendus plus accessibles.

    Un suivi annuel : Un point d’étape annuel sera organisé chaque 6 octobre, lors de la Journée nationale des aidants, afin d’évaluer la mise en place des mesures et ajuster la stratégie si nécessaire. Le gouvernement veut inscrire cette reconnaissance des aidants dans la durée, en impliquant les collectivités, les entreprises et les associations.

     

  • L’IA & neurologie : première cause de mortalité et d’invalidité (Journal of Neurology)

    L’article « Artificial Intelligence in Neurology: Opportunities, Challenges, and Policy Implications », publié dans le Journal of Neurology en 2024, explore l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur la neurologie. Il s’agit d’une revue de 66 études récentes qui analysent les applications de l’IA dans la prévention, le diagnostic, la prise en charge et la réhabilitation des maladies neurologiques. En effet, les troubles neurologiques sont une source de handicap nécessitant une approche multidimensionnelle pour l’évaluation, la prise en charge et la réadaptation des personnes touchées.

    Un fardeau croissant : 276 millions d’années de vie corrigés de l’incapacité

    Les maladies neurologiques représentent aujourd’hui un défi majeur en santé publique. Elles constituent la première cause combinée de mortalité et d’incapacité dans le monde. En 2016, elles étaient responsables de 276 millions d’années de vie corrigés de l’incapacité* (DALYs) et de 9 millions de décès. Cette charge devrait augmenter de 50 % d’ici 2040 en raison de l’évolution démographique, des changements de mode de vie et des impacts environnementaux. Face à cette situation alarmante, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a adopté en 2022 un plan d’action mondial pour la santé du cerveau. Ce programme met en avant l’urgence d’adopter des solutions innovantes, dont l’intégration de l’IA dans la prise en charge neurologique.

    📖 Années de vie corrigée de l’incapacité : Disability-Adjusted Life Years (DALYs) sont une mesure de l’impact global des maladies sur la population. Elles combinent :

    ·         les années de vie perdues (YLLs) à cause d’une mortalité prématurée ;

    ·         les années vécues avec une incapacité (YLDs), pondérées en fonction de la gravité de la maladie.

    Cette métrique permet d’évaluer la charge totale d’une pathologie en intégrant à la fois sa létalité et son impact sur la qualité de vie des patients.

     

     

    Beaucoup de recherche mais peu de projet transposer au chevet du patient

    Cette revue qui comprend 66 articles explore la valeur de l’IA en neurologie et en santé cérébrale, en systématisant le paysage des opportunités cliniques émergentes et des tendances futures tout au long du parcours de soins depuis la prévention jusqu’à la réhabilitation. Ces recherches démontrent comment les algorithmes avancés peuvent révolutionner le diagnostic, améliorer la personnalisation des traitements et optimiser le suivi des patients atteints de troubles neurologiques.

    Prévention et stratification des risques

    L’IA peut aider à identifier les personnes à risque de développer des affections neurologiques invalidantes et à mettre en place des stratégies de prévention personnalisées.

    4% d’augmentation du risque d’AVC détectée par l’IA

    L’IA permet la détection précoce des facteurs de risque associés aux maladies neurologiques. Par exemple, une analyse menée par un réseau neuronal convolutionel sur l’âge rétinien a permis d’identifier une augmentation de 4 % du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC). De plus, l’utilisation de capteurs portables pour la surveillance des paramètres cliniques, tels que la fréquence cardiaque et la pression artérielle, pourrait contribuer significativement à la réduction du fardeau des maladies évitables.

    Diagnostic et détection précoce

    L’IA peut améliorer la détection précoce des affections neurologiques, réduisant ainsi les erreurs de diagnostic et les retards thérapeutiques, ce qui est particulièrement important pour les personnes handicapées.

    Un modèle d’IA atteint une AUC de 0,93 pour les gliomes

    L’IA aide au diagnostic des maladies neurologiques grâce à l’analyse des images et des biomarqueurs. Un modèle basé sur l’histologie Raman stimulée a atteint une aire sous la courbe ROC (AUC) de 0,93 dans la classification des sous-types de gliomes. De même, l’analyse automatisée des photos de la rétine par IA a obtenu une AUC comprise entre 0,73 et 0,91 pour le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer. Ces avancées permettent d’améliorer considérablement la rapidité et la précision des diagnostics.

    Traitement, gestion et réadaptation

    L’IA peut accélérer la neurologie de précision personnalisée, en particulier le pronostic, la planification du traitement, la prédiction de l’efficacité et la neuroréadaptation améliorant les résultats pour les personnes handicapées.

    Un jumeau numérique en neurochirurgie

    Les modèles de “jumeaux numériques” permettent de simuler les interactions entre la maladie et les interventions médicales, offrant ainsi un outil d’aide à la décision pour les professionnels de santé. Dans le cas de l’épilepsie pharmacorésistante, ces modèles permettent d’évaluer précisément l’extension et l’organisation de la zone épileptogène avant une intervention chirurgicale augmentant ainsi les chances de succès du traitement.

    Un modèle de prédiction pour la progression de la sclérose en plaques

    L’IA permet de contribuer à la réhabilitation neurologique en facilitant le suivi personnalisé des patients. Par exemple, dans la sclérose en plaques, un réseau neuronal artificiel est capable d’estimer l’impact d’un traitement sur l’évolution du handicap, en s’appuyant sur l’analyse des données cliniques et d’imagerie. Cette approche permet d’optimiser les protocoles thérapeutiques et d’améliorer la qualité de vie des patients.

    Recommandations pour une intégration réussie et principaux défis

    Les principales mesures misent en avant par les auteurs comprennent l’intégration rapide, éthique et axée sur l’équité des nouvelles technologies dans les flux de travail cliniques, l’atténuation des problèmes liés aux données, la lutte contre les inégalités numériques et l’établissement de cadres de gouvernance robustes qui équilibrent la sécurité et l’innovation

    L’intégration de l’IA en neurologie fait face également à plusieurs défis :

    • modèles : nécessité d’améliorer la fiabilité et l’interprétabilité des prédictions pour assurer leur adoption clinique ;
    • données : importance d’assurer la qualité des jeux de données et de limiter les biais qui pourraient fausser les résultats ;
    • faisabilité et équité : garantir un accès équitable aux outils d’IA et instaurer une relation de confiance entre cliniciens et technologies ;
    • régulation et innovation : nécessité d’un cadre éthique et juridique robuste, garantissant une utilisation sécurisée et responsable des technologies d’IA.
  • Robotique, IA et création numérique : trois avancées majeures pour le handicap

    Chaque année de nombreux concours et appels à projets sont organisés dans le domaine de la santé numérique ou des domaines pouvant potentiellement récompenser des entreprises de ce secteur. En 2024 trois solutions destinées aux personnes en situation de handicap se sont distinguées. 

    Animia, lauréate des talents de la e-santé 2024

    L’application d’Animia est destinée aux usagers des ESMS. Elle a pour but de permettre à ses usagers d’avoir des moments “créatifs, récréatifs, pédagogiques voire thérapeutiques”. Les animations sont adaptées aux spécificités des différents publics des ESMS (résidents d’EHPAD, personnes en situation de handicap, ou enfants en Instituts médicaux éducatifs). La complexité, la durée et le matériel utilisé sont ajustés à l’utilisateur cible. L’application peut être connectée directement au Dossier Unique Informatisé (DUI) permettant ainsi d’émettre rapidement des comptes rendus. Cela permet de consacrer plus de temps aux interactions humaines tout en assurant un suivi des résultats. 

    Animia a remporté le Prix de l’innovation numérique dans le secteur médico-social lors de l’édition 2024 des talents de la e-santé. Le concours, organisé par la Délégation au numérique en santé et l’Agence du Numérique en Santé, a lieu tous les ans et décerne un prix dans 9 catégories. 

    EXTENDER d’Orthopus, vainqueur de l’appel à projet “Défi Transfert Robotique”

    Le projet EXTENDER porté par Orthopus a remporté l’appel à projet “Défi Transfert Robotique”, un programme de France2030 soutenu par l’Agence Nationale de la recherche et la Banque Publique d’Investissements. Le projet a pour objectif de développer des options de commande du bras robotiques personnalisables en fonction des possibilités sensori-motrices et cognitives des utilisateurs. Le projet va examiner plusieurs types d’interfaces : des lunettes intelligentes, des casques de réalité augmentée, des dispositifs de commande vocale basés sur l’IA générative, ainsi que des capteurs permettant de détecter l’activité musculaire, les mouvements ou l’activité cérébrale. 

    Un projet coopératif 

    Le projet EXTENDER réunit des acteurs de différents secteur, universitaire, industriel et médical, plus précisément : 

    • 1 start-up, Orthopus; 
    • 3 laboratoires de recherche spécialisés en robotique, l’Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique (ISIR), le Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes (LAAS-CNRS) et l’équipe projet AUCTUS du centre INRIA de l’université de Bordeaux; 
    • 1 laboratoire de recherche en sciences sociale, le Centre d’étude des techniques, des connaissances et des pratiques (CETCOPRA); 
    • 2 opérateurs de tests précliniques : L’Etablissement de Santé pour Enfants et Adolescents de la région Nantaise de l’APF France. 

    La phase de recherche du projet va durer 2 ans. Au terme de cette période une phase d’industrialisation sera mise en place afin de commercialiser les solutions de commande si les performances sont conformes aux résultats attendus. 

    OSO-AI, sélectionnée pour représenter la France lors de l’événement du 6 septembre 2024 « France, Terre de champions / France, Land of Champions – Beyond the Olympic & Paralympic Games, What’s Next?

    OSO-AI propose un système d’alerte via une surveillance de l’environnement sonore. Si le système détecte un événement sonore suspect (vomissement, appel, à l’aide, chute) il prévient un soignant qui a alors la possibilité d’écouter le signal sonore en question et ainsi d’évaluer la situation.  Cette solution permet de diminuer la charge mentale associée à la veille continue. OSO-AI propose une solution dédiée aux personnes âgées et une solution dédiée aux personnes en situation de handicap

    OSO-AI fait partie des 20 entreprises lauréates de l’appel à manifestation d’intérêt lancé le 8 juillet 2024 par la Direction générale des Entreprises. Elle a ainsi pu présenter sa solution devant des investisseurs et acheteurs français et internationaux, le 6 septembre 2024, en marge des Jeux paralympiques de Paris 2024, lors de l’évènement « France, Terre de champions / France, Land of Champions – Beyond the Olympic & Paralympic Games, What’s Next? ».

  • Thermo Fisher lance une nouvelle gamme de tests rapides pour les maladies infectieuses émergentes

    La réponse à une menace mondiale en expansion

    SARS-CoV-2, Mpox, H1N1, Zika, Chikungunya, Lyme, Dengue, Ebola… Depuis 1900, 335 maladies infectieuses émergentes (MIE) ont été identifiées. Leur nombre a presque quadruplé en 50 ans sous l’effet de nouveaux agents pathogènes ou mutations de souches existantes. Les quatre causes majeures de cette prolifération sont :

    • La mondialisation, avec la diffusion accrue des pathogènes par les échanges et déplacements ;
    • Les changements climatiques, qui ont conduit à une expansion des vecteurs infectieux comme les moustiques ;
    • L’urbanisation et la pression humaine, qui ont accentués les contacts avec les réservoirs animaux ;
    • Les mutations génétiques, qui ont conduit à l’adaptation et à la résistance aux traitements.

    En plus de cette multiplication, les méthodes classiques de diagnostic présentent plusieurs contraintes et commencent à montrer leurs limites. La sérologie souffre d’une sensibilité limitée et d’un délai de résultats pouvant atteindre 15 jours. La culture cellulaire permet l’isolement du pathogène, mais son processus est long et complexe. Quant à l’immunofluorescence, bien qu’efficace pour certains virus respiratoires, elle reste limitée aux charges virales élevées, ce qui réduit son applicabilité

    Une technologie combinant immunochimie et biologie moléculaire

    Pour répondre à ces problématiques, Thermo Fisher Diagnostics a développé des tests alliant immunochromatographie et PCR multiplex pour une détection simultanée et rapide. Ses kits qui se composent de bandelettes immunochromatographiques pour une lecture fiable, de réactifs monoclonaux marqués assurant une détection précise affichent les performances suivantes :

    • Des résultats en moins de 30 minutes ;
    • Une sensibilité supérieure à 95 % pour certains pathogènes ;
    • Une spécificité de 98 %, réduisant les faux positifs ;
    • Une detection simultanée de plusieurs agents grâce à la PCR multiplex.

    Un premier déploiement prévu en Europe avant de s’attaquer aux marchés américains et asiatiques :

    Fort de ses 11 sites de production en Europe (Allemagne, Finlande, France, Pays-Bas, Italie et Royaume-Uni), Thermo Fisher Diagnostics déploie massivement ses nouveaux kits sur le marché européen. La production mondiale sera progressivement étendue aux États-Unis, via ses six sites majeurs, ainsi qu’à l’Asie, où l’entreprise dispose de trois unités à Singapour, en Chine et à Taïwan, avec un déploiement prévu d’ici la fin du premier trimestre.

    Présent aux côtés des géants du diagnostic in vitro BioMérieux, Cepheid et Qiagen, Thermo Fisher Diagnostics vise un marché estimé à 24,52 milliards de dollars en 2023, attendu à 41 milliards en 2031 (+6,64 %/an) selon, Data Bridge Market.

     

  • Recherche clinique en Europe : un retard qui limite l’accès aux innovations (Leem)

    Une compétitivité à restaurer

    L’Europe représente 19 % des essais cliniques mondiaux, derrière l’Asie (60 %) et l’Amérique du Nord (28 %). La France conserve sa place dans le classement européen principalement grâce aux essais de phase précoce en oncologie, mais demeure distancée par l’Espagne et l’Allemagne. D’après la note du Leem, cette situation menace l’accès aux innovations thérapeutiques, en particulier dans des domaines comme l’oncologie, les maladies rares et les médicaments de thérapie innovante.

    @ 14 ème enquête annuelle du Leem : Recherche clinique : la France stagne, l’Europe recule. Comment préserver l’innovation ?

    L’alerte a déjà été donnée au niveau européen. Dans un rapport publié en septembre, Mario Draghi soulignait le retard de l’Europe face aux autres régions du monde et appelait à une nouvelle stratégie industrielle. Le secteur pharmaceutique, moteur de la R&D et de la balance commerciale, y est reconnu comme un pilier nécessitant un engagement renforcé. D’autres pays européens ont déjà pris des mesures pour faciliter la recherche clinique : accélération des procédures d’autorisation, intégration des essais décentralisés… L’Allemagne, avec son German Medical Research Act, va encore plus loin en simplifiant la contractualisation et en reliant le prix des médicaments à la présence d’essais cliniques sur son territoire.

    En France, la complexité administrative et réglementaire freine la compétitivité du secteur. « Il est impératif d’agir rapidement pour simplifier, accélérer et harmoniser les processus afin de garantir aux patients un accès rapide aux innovations », insiste Thierry Hulot, président du Leem.

    Quatre leviers pour relancer l’attractivité

    Face à cette situation, des réformes sont nécessaires pour retrouver un leadership européen et garantir un accès rapide aux innovations. Parmi les mesures proposées :

    • Mise en place d’un fast track européen pour réduire à 31 jours les délais d’autorisation des essais cliniques (contre plus de 100 jours aujourd’hui).
    • Meilleure coordination des réglementations européennes, notamment entre le médicament et le diagnostic in vitro.
    • Simplification de la contractualisation au niveau national, avec une approche forfaitaire par visite de patient.
    • Accélération de la digitalisation et de la décentralisation des essais cliniques pour faciliter leur réalisation à domicile.

     

    @ 14 ème enquête annuelle du Leem : Recherche clinique : la France stagne, l’Europe recule. Comment préserver l’innovation ?

     

    Le projet de loi de simplification de la vie économique, bientôt examiné à l’Assemblée nationale, constitue une première étape vers un cadre plus attractif pour les industriels du médicament. Des actions complémentaires seront indispensables pour repositionner la France et l’Europe dans la compétition mondiale de la recherche clinique.

  • Les Français et la téléconsultation : 42% ont franchi le pas en 2024 (Baromètre Qare 2024)

    14 millions d’actes en 2024

    Avec plus de 14 millions de téléconsultations réalisées en 2024, la téléconsultation n’est plus perçue comme un simple recours ponctuel mais comme un complément essentiel à la médecine présentielle. Le Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (PLFSS) et la Proposition de loi contre les déserts médicaux visent d’ailleurs à renforcer son intégration dans le parcours de soins. Les Assises de la téléconsultation, initiées par l’Assurance Maladie, réuniront bientôt les acteurs du secteur afin de définir les contours de son déploiement futur. Sylvie Nhansana, CEO de Qare, estime que “la téléconsultation transforme concrètement l’accès aux soins pour tous” en facilitant le lien entre patients et professionnels de santé.

    66 % en IDF, 28 % dans le Grand Est : la téléconsultation à deux vitesses

    L’Île-de-France affiche le taux d’adoption le plus élevé (66%), contre une moyenne nationale de 42%. Cette forte utilisation s’explique par la densité de population et la présence de nombreuses Zones d’Interventions Prioritaires (ZIP), où l’accès aux soins est limité. La Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Bretagne suivent avec des taux d’utilisation de 39% et 38%. En revanche, certaines régions restent en retrait. Le Grand Est affiche un taux d’adoption de seulement 28%, soit 14 points en dessous de la moyenne nationale. Julie Salomon, directrice médicale de Qare, rappelle que “cette solution doit rester un complément au présentiel, particulièrement dans les territoires sous tension”.

    Un usage installé, porté par les 25-39 ans

    Les femmes représentent 54% des utilisateurs, et les 25-39 ans constituent la tranche d’âge la plus utilisatrice (36%), suivie des 40-54 ans (30%). L’usage progresse chez les plus de 55 ans (22%) et les jeunes adultes de 18-24 ans (12%). Par régions, l’Île-de-France concentre 39% des utilisateurs, contre 20% dans le Sud-Est, 15% dans le Sud-Ouest, 14% dans le Nord-Est et 12% dans le Nord-Ouest. La fréquence d’utilisation atteste d’une adoption installée : 48% des utilisateurs ont téléconsulté plusieurs fois par an et 63% ont eu recours au service au cours des 12 derniers mois.

    L’Île-de-France concentre 39 % des utilisateurs, 1,5 million de Franciliens sans médecin traitant

    • Île-de-France : 39% des utilisateurs, dont 20% de 18-24 ans. 96% des habitants vivent en zone sous-dense, et 1,5 million de personnes n’ont pas de médecin traitant.
    • Nord-Ouest : 12% des utilisateurs nationaux, avec 34% des habitants ayant téléconsulté. L’usage est majoritairement masculin (54%).
    • Nord-Est : 14% des utilisateurs, avec un usage marqué chez les 40-54 ans (36%). La fréquence d’utilisation y est plus faible (18% dans les trois derniers mois).
    • Sud-Est : 20% des utilisateurs. L’usage est surtout féminin (60%) et concerne principalement les 25-39 ans et les seniors.
    • Sud-Ouest : 15% des utilisateurs. L’adoption est forte chez les actifs (32% des 25-39 ans et 33% des 40-54 ans), avec un usage moins régulier (19% dans les trois derniers mois).

    Vers une généralisation de la pratique

    La téléconsultation s’inscrit progressivement dans les habitudes de soins des Français. Si elle est plus utilisée dans les grandes agglomérations, elle constitue aussi une réponse aux difficultés d’accès aux soins dans les zones sous-dotées.