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  • US : Le Queen’s Health Systems réduit de 63,9 % l’attente aux urgences grâce au command center

    Un comand center hospitalier pour fluidifier les parcours et réduire la saturation des urgences

    Face à la saturation des urgences et aux retards de prise en charge, The Queen’s Health Systems, seul centre de traumatologie de niveau 1 d’Hawaï, a ouvert en 2024 un centre de commandement hospitalier sur son site de Honolulu. Ce projet s’inscrit dans une transformation entamée plusieurs années auparavant, centrée sur l’optimisation du parcours patient, la gestion proactive de la capacité et l’amélioration de la coordination clinique. Avant l’ouverture du centre Aukahi, l’organisation a mis en place une série de chantiers structurels :

    • Une gouvernance des flux patients intégrant toutes les parties prenantes pour renforcer la responsabilisation collective.
    • Des discussions pluridisciplinaires de sortie (MDRs), limitées à 90 secondes par patient, appuyées sur un rapport de planification des sorties.
    • Un plan de gestion de capacité avec protocoles de gestion des pics d’activité.
    • L’optimisation de l’attribution des lits grâce à des workflows standardisés et des données en temps réel.
    • Un centre de commandement virtuel en amont du lancement physique, pour valider les processus et renforcer la coordination en temps réel.

    Superviser plus de 575 lits

    Ces changements ont repositionné les superviseurs administratifs de flux comme leaders opérationnels, chargés de fluidifier les prises de décisions au quotidien. En 2024, le centre Aukahi a ouvert pour assurer la coordination entre l’établissement principal de 575 lits et un hôpital communautaire de 120 lits. Ce hub regroupe équipes, données et outils pour faciliter la synchronisation des processus d’admission, de transfert et de sortie. Son rôle : fournir une vision partagée et en temps réel des capacités hospitalières, tout en appuyant une prise de décision centralisée.

    Des résultats mesurables en moins d’un an

    Dix mois après son ouverture, les effets sont significatifs :

    • -1,07 jour sur la durée moyenne de séjour.
    • -248 minutes sur le délai d’admission depuis les urgences.
    • -63,9 % de patients en attente de lit aux urgences.
    • +22,2 % de transferts inter-hospitaliers acceptés.
    • 20 M$ d’économies, liés à la réduction des durées moyennes de séjour.

    Le tout sans ajout de lits, grâce à une meilleure orchestration des ressources. Selon les dirigeants du projet, le succès ne repose pas uniquement sur la technologie. Il tient à la préparation organisationnelle : outils de pilotage, protocoles de coordination, implication des équipes, et transformation des pratiques en amont du lancement.

  • AAP : la Fondation Cœur & Recherche mise sur l’IA en cardiologie et la santé cardiovasculaire pédiatrique

    Recherche cardiovasculaire : deux priorités pour 2025 soutenues par la Fondation Cœur & Recherche

    Pour son appel à projets 2025, la Fondation Cœur & Recherche – émanation de la Société Française de Cardiologie (SFC) – étend le périmètre des thématiques éligibles. Deux axes viennent compléter les domaines déjà soutenus les années précédentes :

    • L’intégration de l’intelligence artificielle dans la recherche cardiovasculaire,
    • Et la prise en charge du cœur de l’enfant.

    La Fondation entend encourager les travaux intégrant l’IA à différents stades de la prise en charge : aide au diagnostic, stratification du risque, prédiction d’événements cardiovasculaires, ou personnalisation des traitements. Cette orientation s’inscrit dans une dynamique portée par la SFC, qui a récemment initié le Cercle Cardio-IA, un collectif multidisciplinaire chargé de structurer les usages de l’IA en cardiologie.

    Deuxième priorité identifiée cette année : la protection du cœur de l’enfant. Les projets attendus dans ce domaine pourront porter sur la compréhension des mécanismes précoces de la maladie cardiovasculaire, l’amélioration de la détection et de la prise en charge des cardiopathies congénitales, ou encore sur des stratégies de prévention à déployer dès la petite enfance. En mettant en lumière cette thématique, la Fondation souligne l’écart persistant entre la recherche cardiovasculaire adulte et pédiatrique, et appelle à rééquilibrer les efforts d’investigation.

    AAP ouvert jusqu’au 6 octobre

    Les chercheurs souhaitant proposer un projet doivent le faire en ligne avant le 6 octobre 2025. Tous les détails de l’appel à projets, y compris les critères d’éligibilité et les modalités de financement, sont disponibles sur le site de la Fondation.

  • Inauguration d’une pépinière hospitalière dédiée à l’e-santé et à l’IA médicale

    Cross Care Data Lab : Une pépinière de 20 entreprises en santé numérique

    Installé dans un ancien bâtiment du Centre hospitalier spécialisé (CHS) de Sarreguemines, le Cross Care Data Lab (CCDL) a vu le jour en seulement quatre mois. La structure, inaugurée officiellement, met à disposition 400 m² d’espaces aménagés comprenant six bureaux, un open space, une cuisine, une salle de réunion, un lieu de détente et des espaces de formation. Elle peut héberger jusqu’à 20 entreprises.

    Le projet s’inscrit dans une stratégie portée par le Groupement hospitalier de territoire (GHT) Moselle-Est. Jacques Hubert, directeur du système d’information et du développement au sein du GHT, insiste sur la double ambition : attirer de jeunes médecins et préparer les établissements à la médecine de demain. Les données de santé deviennent ainsi un levier essentiel pour améliorer la prise en charge et renforcer la pertinence des prescriptions.

    Un accès aux données de santé pour startups et chercheurs

    Trois premières entreprises accueillies

    Le CCDL compte déjà trois entreprises résidentes :

    • SmartBiotic, dirigée par le médecin réanimateur Mathieu Raad, développe un logiciel d’aide à la prescription antibiotique fondé sur des données locales. Déjà déployé au Canada, en Grande-Bretagne et dans plusieurs hôpitaux français, l’outil bénéficie de collaborations avec les universités de Londres et Montréal. L’intégration dans la pépinière permet une proximité directe avec les médecins.
    • Capcir, qui propose un suivi du patient informatisé et anticipe les enjeux d’interopérabilité et de cybersécurité, en lien avec le programme Ségur numérique.
    • Okantis, spécialisée dans l’accompagnement des établissements de santé dans leur transition numérique, et qui mise sur la coopération transfrontalière avec l’Allemagne.

    Au-delà de l’hébergement et des services mutualisés, le CCDL offre un accès encadré à un Entrepôt de données de santé (EDS), un accompagnement juridique, réglementaire et éthique, ainsi qu’un environnement hospitalier qui favorise les expérimentations cliniques. Le projet se déploie aussi dans une dimension européenne, via l’Eurodistrict SaarMoselle et la convention santé MOSAR, afin de développer des coopérations avec la Sarre et le Luxembourg.

    La pépinière est ouverte aux startups, entreprises innovantes, chercheurs et porteurs de projets souhaitant intégrer cet écosystème.

  • ChatGPT jugé moins performant dans une étude sur la thérapie cognitivo-comportementale

    IA vs praticien : 75 professionnels évaluent ChatGPT en situation de TCC simulée

    Une étude pilote publiée dans la revue Psychotherapy a évalué l’efficacité comparative de ChatGPT-3.5 face à un thérapeute humain dans la délivrance de thérapies cognitivo-comportementales (TCC) en format textuel. Réalisée auprès de 208 professionnels et étudiants en santé mentale – dont 75 ont mené l’évaluation jusqu’à son terme – cette recherche visait à tester les capacités d’un agent conversationnel dans un cadre de thérapie simulée.

    Les participants ont évalué deux transcriptions de sessions TCC : l’une animée par un thérapeute humain, l’autre par ChatGPT-3.5, chacune portant sur des scénarios cliniques strictement identiques. L’évaluation s’est appuyée sur la Cognitive Therapy Rating Scale (CTRS), outil de référence pour juger de la qualité d’une intervention TCC, complétée par une analyse qualitative des commentaires des évaluateurs.

    Les professionnels jugent le thérapeute humain plus efficace que ChatGPT

    52 % des évaluateurs donnent la meilleure note au thérapeute humain, contre 28 % pour ChatGPT

    Les résultats montrent une supériorité nette du thérapeute humain dans la majorité des dimensions mesurées. Ainsi, 52 % des répondants lui ont attribué la note maximale (6) pour la mise en place de l’agenda thérapeutique, contre seulement 28 % pour ChatGPT-3.5. De manière plus globale, 29 % des participants ont qualifié le thérapeute humain d’« hautement efficace », une appréciation que seuls 9 % ont accordée au modèle IA.

    Sur le volet du guided discovery (approche structurée pour aider le patient à identifier ses schémas cognitifs), le thérapeute humain reste également en tête (24 % contre 12 %, p<0.001). Toutefois, sur la compréhension de la réalité intérieure du patient, les résultats sont plus nuancés : 36 % ont estimé que ChatGPT-3.5 y parvenait, contre 19 % pour le thérapeute humain (p=0.004).

    Des interactions jugées pertinentes mais trop peu personnalisées

    Dans les retours qualitatifs, les professionnels ont relevé une interaction parfois pertinente mais perçue comme impersonnelle et rigide dans le cas du chatbot. Cette perception limite aujourd’hui l’usage de ChatGPT-3.5 à un rôle de complément plutôt que de substitut à la relation thérapeutique humaine.

    Les auteurs, affiliés à plusieurs institutions universitaires américaines (notamment Rutgers University), précisent que ces résultats ne peuvent être étendus à l’ensemble des dispositifs de thérapie assistée par IA. Le test portait sur un usage textuel et limité du modèle GPT-3.5, sans explorer d’autres formats ou versions plus récentes.

    Acevedo S, Aneja E, Opler DJ, Valera P, Jarmon E. Evaluating the Efficacy of ChatGPT-3.5 Versus Human-Delivered Text-Based Cognitive-Behavioral Therapy: A Comparative Pilot Study. Psychotherapy (Chic). 2024;61(3):229-238. doi:10.1176/appi.psychotherapy.20240070.

  • Maladies neurodégénératives : 1,6 M de patients et une stratégie nationale pour structurer la réponse d’ici 2030

    Le gouvernement relance une stratégie nationale interrompue depuis 2021

    Une feuille de route pour anticiper le doublement des cas d’ici 2050

    Le 4 septembre 2025, le gouvernement a lancé la Stratégie nationale Maladies Neurodégénératives (MND) 2025-2030, marquant la reprise d’une politique publique interrompue depuis 2021. Cette feuille de route interministérielle vise à anticiper le doublement attendu du nombre de cas d’ici 2050, avec déjà 1,6 million de personnes concernées en 2024, dont 300 000 pour la maladie de Parkinson et 140 000 pour la sclérose en plaques. Elle mobilise six ministères, dont ceux de la Santé, de l’Autonomie, du Handicap et de la Recherche.

    La stratégie repose sur 6 axes et 37 mesures. Elle propose une réponse structurée sur l’ensemble du parcours de soin et de vie : communication grand public, prévention, repérage précoce, soins à domicile, transformation des EHPAD, recherche, et appui aux aidants. L’accent est mis sur l’inclusion sociale, la désinstitutionnalisation, le diagnostic précoce, la réduction des inégalités territoriales et la coordination des acteurs. Le programme prévoit, entre autres, le doublement des équipes spécialisées à domicile (ESMND), la création de structures pour les jeunes malades, et le développement des consultations mémoire.

    Parmi les objectifs prioritaires affichés :

    • Améliorer l’accès aux soins via le développement de la médecine de proximité.
    • Appuyer l’innovation par une stratégie de données et de recherche (avec un PEPR et une consolidation de la Banque Nationale Alzheimer).
    • Et renforcer le soutien aux aidants.

    Ce dernier point mobilise notamment 6 000 solutions de répit supplémentaires d’ici 2027 et l’intégration de 1 100 psychologues dans les services à domicile d’ici 2034.

    Une cellule de veille pour adapter la stratégie MND aux futures innovations thérapeutiques et organisationnelles

    Le dispositif a été coconstruit avec les associations de patients, professionnels de santé, chercheurs et aidants. Il s’appuie sur l’expertise de trois garants médico-scientifiques : la Pr Florence Pasquier (CHU Lille), la Pr Maria Soto-Martin (CHU Toulouse/IHU Health Age) et Étienne Hirsch (Inserm). Plusieurs expérimentations sont intégrées dans le plan, comme PassCog’ pour le diagnostic ambulatoire ou des unités mobiles de soins somatiques.

    Un comité stratégique piloté par les ministères concernés se réunira semestriellement pour évaluer les avancées. Une cellule de veille des innovations accompagnera les évolutions scientifiques et organisationnelles sur la période 2025-2030, avec des bilans annuels.

    Données, numérique et innovations dans la stratégie

    Des données de santé dans le pilotage et la recherche

    La stratégie prévoit quelques actions autour de la structuration et l’exploitation des données de santé, le suivi des parcours et le développement de traitements :

    • Extension du SNDS (Système national des données de santé) à l’ensemble des maladies neurodégénératives, afin d’inclure les bases de données cliniques, biologiques, d’imagerie et de vie réelle.
    • Consolidation de la Banque Nationale Alzheimer (BNA), présentée comme un entrepôt de données de référence et un outil de surveillance pour les maladies neurocognitives.
    • Soutien à la recherche via les données : l’objectif est de permettre l’analyse longitudinale, la modélisation des trajectoires de soins et l’identification de facteurs de risque.

    Des moyens sectoriels, sans enveloppe budgétaire globale annoncée

    La stratégie MND 2025-2030 ne s’appuie pas sur un financement centralisé unique mais sur la mobilisation de crédits existants dans les champs sanitaire, médico-social, de l’autonomie et de la recherche. Plusieurs mesures intègrent des objectifs chiffrés : déploiement de 1 100 psychologues dans les services à domicile d’ici 2034, création de 6 000 solutions de répit pour les aidants d’ici 2027, doublement des équipes spécialisées MND à domicile, ou encore mise en place de 500 Centres de ressources territoriaux (CRT) d’ici 2028. En recherche, un Programme Prioritaire (PEPR) est annoncé, sans enveloppe précisée, tout comme le soutien à la Banque Nationale Alzheimer. La gouvernance du plan, assurée par un comité stratégique inter-administratif, prévoit un suivi semestriel des actions et une veille sur les innovations, avec ajustement possible des moyens au fil de l’évolution du contexte.

    MND 2025-2030 : 37 mesures pour anticiper le doublement des cas d’ici 2050

    Axe 1 — Informer et changer le regard

    • Campagne nationale “MND : Tous concernés” : sensibilisation sur la stigmatisation et les symptômes précoces.
    • Formation des agents publics pour l’inclusion sociale des patients.
    • Intégration de l’éthique dans les parcours de soin.
    • Diffusion du nouveau cadre de conduite automobile adapté aux troubles cognitifs.
    • Actualisation des données épidémiologiques (via la DREES) pour affiner les projections 2050.

    Axe 2 — Prévenir et repérer plus tôt

    • Prévention à tous les âges de la vie, articulée avec les politiques publiques sur la nutrition, l’activité physique, l’isolement ou la santé mentale.
    • Renforcement du dispositif ICOPE : 2 millions de personnes suivies d’ici 2027.
    • Formation de 170 000 professionnels à domicile d’ici 2030 pour détecter les signes précoces.
    • Recrutement dans les 570 consultations mémoire labellisées : neuropsychologues, infirmiers spécialisés.
    • Déploiement national de l’expérimentation PassCog’ pour le diagnostic ambulatoire en médecine de ville.
    • Déploiement du Service Public Départemental de l’Autonomie (SPDA) : coordination locale, orientation des droits, intégration ICOPE.

    Axe 3 — Améliorer la prise en charge et soutenir les aidants

    • Création d’équipes mobiles hospitalières dédiées aux jeunes malades, pour interventions à domicile.
    • Structures d’accueil spécifiques pour les moins de 60 ans atteints de MND.
    • Intégration des MND dans les cursus santé, via la mission 3e cycle.
    • Facilitation des soins somatiques (ex. dentaires) avec intégration au droit commun dès 2026.
    • Encadrement de la préparation des doses à administrer (PDA) pour réduire la iatrogénie.
    • Déploiement des interventions non médicamenteuses (INM) : activité physique adaptée, stimulation cognitive, nutrition.
    • Promotion de l’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP).
    • Renforcement des psychologues en soins à domicile : 100 en 2025, 1 100 d’ici 2034.
    • 6 000 solutions de répit créées d’ici 2027, avec une plateforme d’accompagnement et de répit par département.
    • Généralisation du “relayage de longue durée” jusqu’à 6 jours consécutifs.

    Axe 4 — Renforcer l’accompagnement à domicile

    • Transformation des ESA en ESMND (équipes spécialisées MND), effectif doublé d’ici 2030.
    • Développement des accueils de jour, encore peu mobilisés.
    • Amélioration de l’HAD pour les patients MND, y compris réforme tarifaire.
    • Déploiement de 500 Centres de Ressources Territoriaux (CRT) d’ici 2028, avec doublement du “volet 2” pour les cas complexes.
    • Soutien à l’habitat partagé et inclusif, en alternative à l’EHPAD.

    Axe 5 — Répondre aux besoins complexes en établissements

    • Transformation domiciliaire des EHPAD rénovés ou construits.
    • Formation de 100 000 professionnels en EHPAD pour la prise en charge des troubles psycho-comportementaux.
    • Généralisation des PASA (Pôles d’activités et de soins adaptés) en EHPAD.
    • Déploiement d’Unités Cognitivo-Comportementales (UCC) dans tous les départements d’ici 2030.
    • Organisation de filières MND territoriales, associant ville, médico-social et centres experts.
    • Amélioration de la prise en charge palliative, avec structuration des étapes d’anticipation.

    Axe 6 — Stimuler la recherche et l’innovation

    • Relance des centres d’excellence MND, avec nouveaux objectifs.
    • Consolidation de la Banque Nationale Alzheimer (BNA) comme base de référence.
    • Extension du SNDS aux données MND, pour alimenter les travaux scientifiques.
    • Lancement d’un PEPR (Programme Prioritaire de Recherche) dans le domaine des MND.
    • Engagement dans le partenariat européen “BrainHealth” dans le cadre d’Horizon Europe.
    • Création d’une cellule de veille des innovations (thérapeutiques, diagnostiques, numériques).

     

    Ministère de la Santé et de la Prévention. (2025). Stratégie nationale Maladies Neurodégénératives 2025-2030 

     

  • US : La start-up Monarch lance une solution tech en santé des femmes pour les médecins indépendants

    Autonomie, numérique et soins centrés sur les femmes

    La startup américaine Monarch s’adresse aux professionnels de la santé des femmes qui souhaitent créer un cabinet indépendant, en rupture avec le modèle traditionnel. Elle s’inscrit dans une double dynamique : répondre à la détresse professionnelle des praticiens et proposer une alternative numérique à un système de soins jugé inadapté aux besoins spécifiques des femmes.

    Fondée par Anna Lohrfink, également Chief Product Officer, Monarch repose sur une technologie qui permet aux médecins de retrouver la maîtrise de leur pratique. La plateforme intègre la gestion de patientèle, la définition de la stratégie de soins, les outils de communication avec les patientes, et un espace de formation pour les équipes. Les praticiens conservent la propriété de leur structure et Monarch ne détient aucune participation dans les cabinets.

    Tarifs, offre, outils : Monarch laisse aux médecins la main sur leur pratique

    La solution propose un accompagnement complet : analyse de la patientèle, outils d’aide à la décision, support au démarrage (immobilier, identité visuelle, stratégie de tarification, campagnes d’e-mailing), mais aussi maintenance opérationnelle continue. Des webinaires, des sessions interactives et une plateforme de support viennent renforcer l’adoption du modèle par les patientes.

    Les praticiens conçoivent leur offre sur mesure : téléconsultation optionnelle, prestations en métabolisme, ménopause, santé osseuse ou gestion du poids. Les tarifs mensuels, fixés par les médecins, dépendent du profil de la patientèle et du marché local. Le premier cabinet opérant sous ce modèle est implanté à Los Angeles. Monarch rejoint une mouvance portée par des acteurs comme Hint Health (médecine générale) ou Headway (santé mentale), en proposant des outils technologiques pour autonomiser les praticiens.

     

  • OSA IA : « une « oreille augmentée » pour les soignants du médicosocial

    Alertes en temps réel : des capteurs connectés pour renforcer la vigilance nocturne

    La sécurité des personnes âgées et en situation de handicap est une préoccupation majeure du personnel, à laquelle l’IA apporte une solution. OSO IA est un outil créé par une start-up brestoise qui renforce la sécurité des personnes hébergées par la reconnaissance intelligente des sons.

    La surveillance des personnes en perte d’autonomie par les soignants repose généralement sur des appels par sonnerie ou sur des rondes régulières effectuées systématiquement dans les chambres. Ces pratiques se heurtent au fait qu’on estime que 15% des personnes ne sont pas en mesure d’appeler elles-mêmes, ainsi qu’au manque de personnel, notamment la nuit, pour effectuer des rondes suffisamment fréquentes.

    OSO AI dispense des alertes en temps réel par l’analyse de l’environnement. Chaque chambre est équipée d’un capteur sonore connecté en wifi, qui détecte un large spectre d’alertes, en fonction des événements se produisant dans les chambres. Tous les sons d’une chambre sont traités par l’IA, qui détermine s’ils sont alarmants. S’ils ne le sont pas, rien ne se passe. S’ils le sont, les soignants reçoivent une alerte sur leur smartphone avec le numéro de la chambre et une première analyse de la nature du bruit : appel de confort (« j’ai soif », « j’ai chaud »), vomissement, cris, détresse respiratoire, choc inquiétant (de type chute). Le personnel intervient rapidement et à bon escient, ce qui est facteur de confort et de sécurité pour le résident et évite d’éventuelles complications en cas d’intervention tardive.

    L’IA détecte les changements d’habitudes chez les résidents et donne une évolution de l’activité sur le long terme

    Les données conservées en mémoire par OSO IA permettent un suivi en continu des habitudes de la personne et des changements qui interviennent : la fréquence des déplacements, une télévision à plus fort volume, moins de contacts sociaux, etc. ‍Les modifications, si elles sont durables, peuvent alerter sur un problème de santé, physique ou psychologique, qui sera éventuellement porté à la connaissance du médecin et de la famille.

    712 alertes détectées par OSO IA au CHU de Brest en 2025

    98 % des chutes repérées et 100 % des appels détectés

    Le CHU de Brest a expérimenté en 2018 le dispositif OSO IA, d’abord pour 30 lits d’USLD et d’unité de vie protégée, puis l’a généralisé en 2024 aux 198 patients de ces services. En janvier 2025, le CHU donne le chiffre de 712 alertes comptabilisées, dont 237 appels de confort pour un étage (60 résidents). La fondation Saint Hélier a implanté OSO IA dans la chambre de 290 résidents de ses trois Ehpad et pour 30 personnes âgées à domicile suivies dans le cadre du centre de ressources territorial (CRT). 

    Selon ces utilisateurs, OSO IA apporte des améliorations notables :

    Des résidents plus sécurisés et mieux respectés dans leur intimité.

    • Des familles rassurées et plus satisfaites.
    • Une qualité de travail améliorée pour les soignants, soulagés de la charge mentale de la surveillance et des rondes systématiques, qui peuvent ainsi consacrer plus de temps à la relation. 

    Selon les chiffres communiqués par OSO : 

    • 100% des appels sont détectés.
    • 98% des chutes repérées.
    • 99% de taux d’acceptation par les résidents et soignants. 

     

  • IA hospitalière : efficacité opérationnelle, priorité pour 80 % des établissements (rapport de la FHF)

    57 % des usages IA en santé dédiés à l’imagerie et au diagnostic

    En septembre, la Fédération hospitalière de France (FHF) publie un état des lieux sur l’adoption de l’intelligence artificielle dans les établissements publics de santé et médico-sociaux. À l’appui d’un baromètre mené auprès de 110 structures, l’étude confirme une dynamique engagée, portée par l’ambition présidentielle d’un investissement de 109 milliards d’euros, complété par 200 milliards à l’échelle européenne.

    Près des deux tiers des établissements interrogés ont déjà déployé des solutions d’IA en production. L’aide au diagnostic et à la décision clinique reste l’usage principal (57 %), notamment en imagerie médicale. Viennent ensuite le pilotage stratégique, la gestion des flux et la rédaction automatisée de comptes-rendus médicaux.

    Trois priorités émergent : améliorer l’efficacité opérationnelle (80 %), renforcer la qualité des soins (67 %), et accroître la satisfaction des soignants et des patients (42 %). L’optimisation des coûts (38 %) est perçue davantage comme une conséquence que comme un objectif premier.

    Des freins identifiés : budget, compétences, qualité des données

    Appel à une gouvernance structurée : seuls 48 % des établissements ont un référent dédié

    Le rapport souligne l’importance d’une gouvernance structurée. Aujourd’hui, seuls 48 % des établissements disposent d’un référent ou d’un comité IA. Pourtant, les risques sont identifiés : fragmentation des projets, inégalités d’accès aux outils, perte de contrôle sur les données, ou encore dépendance technologique. La FHF recommande une stratégie d’établissement intégrée, assortie d’une feuille de route, d’indicateurs de performance, et d’un dispositif de « Garantie Humaine » tel que défini dans la norme AFNOR SPEC 2213.

    Les obstacles au déploiement sont nombreux : manque de financements (83 %), pénurie de compétences internes (66 %), complexité réglementaire (34 %), mais aussi qualité insuffisante ou faible interopérabilité des données hospitalières. À cela s’ajoute une résistance au changement exprimée par certains professionnels, en lien avec la crainte d’une perte d’autonomie ou de sens clinique.

    4 chantiers 2025-2028 : de la rédaction à la planification automatisée

    Entre 30 000 et 50 000 € par application d’IA en santé

    Quatre axes structurent les projets à venir :

    • Généralisation des LLM pour la documentation médicale.
    • Optimisation du codage PMSI.
    • Prévision des besoins RH.
    • Et automatisation des tâches administratives.

    Ces transformations nécessitent un investissement conséquent, difficilement soutenable pour de nombreuses structures. Le coût annuel d’un service d’IA s’élève en moyenne à 30 000–50 000 € par application, sans compter les infrastructures et la formation.

    Sans données interopérables, pas d’IA fiable selon la FHF

    Les CHU et GHT apparaissent comme des catalyseurs d’une IA territoriale. Ils mutualisent les achats, hébergent les données en conformité avec la réglementation, et offrent une échelle pertinente pour les tests, la gouvernance et la formation. L’initiative « soignant augmenté » en Bourgogne-Franche-Comté, la prédiction des flux hospitaliers ou les simulateurs pédagogiques comme DocSimulateur montrent la diversité des usages en cours d’expérimentation.

    Sans données interopérables, pas d’IA fonctionnelle. Le rapport insiste sur la nécessité d’adopter le standard HL7 FHIR pour rendre les systèmes communicants. Le cloisonnement actuel reste un frein majeur, tant pour le développement que pour l’évaluation des outils.

    Une commission FHF pour accompagner et réguler

    La FHF a mis en place en 2025 une commission dédiée, réunissant experts hospitaliers, cliniciens, ingénieurs et représentants d’usagers. Objectif : observer, structurer et documenter les usages de l’IA dans le service public. Ce travail collectif doit permettre de dégager des bonnes pratiques.

     

  • VBHC : VBP.O, un projet pour structurer une norme européenne des achats médicaux fondés sur la valeur

    Chirurgie orthopédique : 20 % d’actes jugés inutiles, UniHA expérimente un modèle fondé sur la valeur

    Avec le vieillissement de la population et la progression de pathologies chroniques, les arthroplasties de hanche et de genou pourraient doubler en Europe d’ici 2050. Certains pays comme la France ou le Danemark enregistrent des taux d’intervention supérieurs à la moyenne européenne. À cette hausse s’ajoute le fait que 20 % des patients ne seraient pas satisfaits des résultats, selon l’OCDE, tandis que 20 % des interventions seraient jugées non pertinentes.

    Dans ce contexte, le projet Value-Based Procurement Orthopedics (VBP.O), coordonné par UniHA, propose une refonte des pratiques d’achat hospitalier dans le domaine des implants orthopédiques. Sélectionné dans le cadre de l’appel à projets Flagships Call 2025 d’EIT Health, il bénéficie d’un financement d’1 million d’euros, dont 200 000 euros pour les établissements français.

    Coordonné par UniHA, premier groupement d’achat public en santé en France, le consortium VBP.O réunit des partenaires hospitaliers et institutionnels comme le CHU de Lille, CHU de Toulouse, CHU de Nice, RENACOT, CNP-COT, l’Hôpital Infanta Leonor de Madrid et Servicio Madrileño de Salud – SERMAS, l’Hôpital de Vejle et Région Sud Danemark.

    Orthense, l’outil de Digikare au cœur d’un projet européen de réforme des achats médicaux

    Le projet VBP.O repose sur une approche d’achat fondée sur la valeur, intégrant à la fois les résultats cliniques et l’expérience des patients dans les critères de sélection des dispositifs médicaux. Actuellement, la majorité des hôpitaux sont encore financés à l’acte, un modèle quantitatif qui ne prend pas en compte la qualité des soins prodigués. Le consortium s’appuie notamment sur la plateforme Orthense développée par la start-up toulousaine Digikare, déjà utilisée pour le suivi de plus de 9 millions de dossiers. Cet outil SaaS permet la collecte de données en vie réelle, à partir de scores standardisés (CROM, PROM, PREM), mesurant l’état fonctionnel, les résultats rapportés par les patients et leur expérience.

    Orthense sera déployée dans les systèmes de santé de trois pays partenaires du projet — France, Espagne, Danemark — pour adapter le modèle d’achat à des contextes différents et tester sa transférabilité.

    Quatre objectifs pour structurer la transformation

    Fin 2025 : premiers résultats attendus pour une réforme des achats orthopédiques à grande échelle

    Le projet VBP.O s’est donné quatre objectifs :

    • Améliorer la satisfaction des patients : environ 400 000 patients devraient bénéficier de soins mieux ciblés dans les établissements participants.
    • Optimiser les coûts : les économies attendues, grâce à une meilleure structuration de la chaîne d’approvisionnement et des politiques tarifaires, sont estimées entre 8 % et 20 %, soit jusqu’à 300 millions d’euros.
    • Harmoniser les pratiques chirurgicales : en facilitant les échanges de bonnes pratiques et le perfectionnement technique des équipes.
    • Renforcer l’innovation MedTech : en favorisant des technologies évaluées sur des critères de performance et non uniquement sur leur coût.

    Au-delà des expérimentations, VBP.O ambitionne d’établir une norme scientifique commune pour permettre un déploiement élargi des achats par la valeur. L’objectif est d’éviter toute discrimination liée au profil des patients ou tout biais technologique dans la sélection des fournisseurs. Les résultats préliminaires sont attendus d’ici la fin de l’année 2025. UniHA espère ensuite étendre ce modèle à la moitié des hôpitaux français via son réseau, en l’intégrant dans les politiques d’achat.

  • 19ème édition des Trophées de la e-santé : l’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 25 septembre 2025

    Équité, souveraineté, durabilité : les axes 2025 des Trophées de la e-santé

    La Technopole de Castres-Mazamet a lancé le 18 août 2025 l’appel à candidatures de la 19e édition des Trophées de la e-santé. Organisé dans le cadre de l’Université de la e-santé, ce concours national distingue des innovations numériques susceptibles de transformer les parcours de soins. Les projets – en cours de développement ou commercialisés depuis janvier 2023 – peuvent être déposés jusqu’au 25 septembre à minuit.

    Cette 19e édition abordera trois thématiques : équité dans l’accès aux soins, souveraineté européenne du numérique en santé, et durabilité de l’innovation, en lien avec les problématiques de financement et d’impact environnemental.

    Six prix pour distinguer les solutions numériques les plus prometteuses

    Six récompenses seront attribuées en novembre :

    • Quatre trophées thématiques (Patients ; Prévention, bien-être et bien vieillir ; Structures et professionnels de santé ; Traitement, valorisation et sécurisation des données de santé)
    • Ainsi que deux prix spéciaux – le Grand Prix du Jury et le Trophée des internautes.

    Les candidatures seront évaluées selon six critères incluant la pertinence de la problématique adressée et la solidité du modèle économique.

    Remise des prix les 5 et 6 novembre

    Depuis sa création, la compétition a mis en lumière plus de 100 projets, dont plusieurs ont bénéficié d’une croissance rapide après leur participation comme :

    Pour les lauréats, le passage par les Trophées représente une opportunité de visibilité et de mise en réseau. Étienne Formstecher, CEO de GMT Science, souligne l’impact de cette reconnaissance dans les discussions avec investisseurs et partenaires. Sylvain Dal-Mas, fondateur d’Alia Santé, insiste sur la dynamique de collaboration que permet l’intégration à cet écosystème.

    Les projets finalistes seront présentés lors de sessions de pitchs publiques le 5 novembre à l’école d’ingénieurs ISIS de Castres. La remise des prix se tiendra le lendemain en clôture de l’Université de la e-santé.