Nabil

  • 4ᵉ Journée nationale de l’innovation en santé numérique : l’IA au cœur de la plénière

    Le second volet de la stratégie nationale « intelligence artificielle et données de santé » a été officiellement lancé mercredi à Paris, dans le cadre de la 4e Journée nationale de l’innovation en santé numérique. L’événement était organisé par la Délégation au numérique en santé (DNS) et ouvert par la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist.

    Ouverture par Stéphanie Rist : Annonce officielle du second volet de la stratégie nationale IA et données de santé

    Stéphanie Rist a rappelé que l’intelligence artificielle doit être mise « au service du soin et de la prévention ». Selon la ministre, l’IA contribue déjà à l’amélioration des diagnostics et à la libération de temps médical, sans pour autant se substituer à la relation humaine entre soignant et patient. La ministre a également annoncé l’intégration prochaine de solutions d’intelligence artificielle dans les logiciels métiers utilisés par les professionnels de santé. Issue d’une concertation impliquant plus de 70 acteurs du secteur, cette stratégie a pour objectif de structurer les usages de l’intelligence artificielle dans le système de santé. Elle entend améliorer la qualité, la sécurité et l’éthique des soins, tout en garantissant un développement responsable de ces technologies. Stéphanie Rist a appelé à une appropriation collective et responsable de ces outils, qualifiant l’IA d’« alliée de confiance, éthique et humaine ».

    Stratégie intelligence artificielle et données de santé 2025-2028

    Bruno Bonnell : 550 M€ pour la stratégie santé et 350 projets portés par des consortiums

    “Grâce à l’intelligence artificielle, on peut explorer des voies jusque-là relativement ignorées dans le domaine de la santé”

    Dans la suite de l’événement, le secrétaire général pour l’investissement, Bruno Bonnell a replacé le lancement du volet IA dans le cadre du plan France 2030, présenté comme « le double de tous les programmes d’investissement d’avenir précédents ». Bruno Bonnell a salué l’efficacité du pilotage interministériel de France 2030, qui finance des projets de recherche en santé numérique jusqu’à leur transfert industriel. Deux projets de télésurveillance illustrent cette approche orientée vers des solutions.

    • OdySight, porté par Tilak Healthcare, développe une solution de télésurveillance en ophtalmologie, notamment utilisée à Pécan.
    • Un autre projet, Curity Take Care, s’adresse à la télésurveillance en oncologie, en appui au suivi des patients atteints de cancer.

    Au global, avec 40 milliards d’euros engagés et 7 800 projets soutenus, le plan repose sur une logique d’interconnexion des innovations plutôt que de soutien sectoriel isolé. Dans le domaine de la santé numérique, 32 actions ont déjà été engagées, donnant lieu à 120 nouveaux projets lauréats cette année. Au total, 550 millions d’euros sont alloués à la stratégie santé, couvrant environ 350 projets portés par des consortiums associant universités, industriels et groupements hospitaliers.

    Transfert technologique : 22 projets France 2030 en phase d’industrialisation

    22 projets de recherche soutenus par France 2030 sont actuellement en phase de transfert de technologie, afin de passer du stade scientifique à la mise sur le marché. Cette logique vise à éviter que la recherche « reste dans les laboratoires » et à favoriser l’émergence de produits et services directement utiles aux patients et aux professionnels de santé.

    Côté formation, 70 000 étudiants ont déjà été formés aux outils numériques en santé, avec un objectif de 100 000 par an. Bruno Bonnell a souligné la bonne articulation entre les ministères impliqués dans la mise en œuvre du plan, qu’il s’agisse du financement, de la réglementation ou du soutien non financier. “Il y a une dynamique interministérielle qui est particulièrement efficace” a-t-il indiqué. Le dispositif France 2030 agit également comme levier de cofinancement, en mobilisant d’autres acteurs publics. Le ministère de la Recherche participe notamment au soutien de projets complémentaires, comme FIRAH ou France 2030 Santé, tandis que des entrepôts de données de santé ont bénéficié de plus de 35 millions d’euros d’investissement.

    Le Secrétaire général pour l’investissement a exprimé son souhait de renforcer la coopération européenne dans le domaine de la santé numérique et de l’innovation.

    Hela Ghariani : un Comex mensuel pour co-construire le programme annuel du numérique en santé

    Hela Ghariani, co-responsable de la Délégation au numérique en santé (DNS), a détaillé la nouvelle gouvernance mise en place pour renforcer la concertation autour des politiques du numérique en santé. Depuis le lancement de la stratégie nationale, la DNS promeut une approche collaborative entre les ministères, l’Assurance maladie et les acteurs institutionnels. Cette coordination s’étend désormais à l’ensemble de l’écosystème — représentants des patients, professionnels de santé, établissements, industriels et chercheurs. Autour du Conseil du numérique en santé, une assemblée générale du numérique en santé a donc été constituée. Elle offre un espace de dialogue, de transparence et de travail commun sur les priorités de la politique publique.

    Cette gouvernance renouvelée s’appuie sur un comité exécutif mensuel (Comex), dont la première réunion se tiendra mercredi 19 novembre. Ce Comex rassemblera les représentants de tous les secteurs concernés pour co-construire un programme de travail annuel, déterminant les priorités de la stratégie numérique (exemples cités : comment construire un catalogue national des données de santé ? Ou bien comment intégrer de l’IA dans les services de Mon espace santé).

    Ce comité identifiera donc les impacts concrets des technologies, leurs évaluations positives et négatives, ainsi que les modèles économiques à développer pour favoriser leur intégration durable. Les groupes de travail ouverts issus de ce programme accueilleront tous les acteurs souhaitant contribuer, afin de lever ensemble les freins techniques ou réglementaires identifiés par le terrain. L’objectif est de maintenir un rythme d’action cohérent avec la rapidité d’évolution des technologies.

    Formation : plus de 8000 étudiants formés à l’IA (École santé numérique de l’Université de Montpellier)

    Le Professeur Maurice Hayot, directeur de l’École de santé numérique de l’Université de Montpellier, a présenté le bilan de son projet, financé dans le cadre de l’appel à manifestations d’intérêt Compétences et métiers d’avenir. En deux ans et demi, plus de 8 000 étudiants ont été formés, dont 92 % de professionnels de santé. Le dispositif combine formations diplômantes, unités d’enseignement personnalisées et formation des formateurs. Le programme vise désormais la création d’un modèle national de formation en santé numérique et en IA, adossé à un campus numérique, pour pérenniser la dynamique au-delà de 2027.

    Elsan : les données de 11 millions de patients

    Sur l’axe de la donnée, Samantha Pasdeloup, du groupe Elsan, a présenté l’entrepôt de données de santé (EDS), soutenu par France 2030. Aujourd’hui, l’entrepôt est pleinement opérationnel, rassemblant les données de 11 millions de patients. Ce volume rend possibles des analyses à grande échelle pour des cas d’usage comme : le pilotage médico-économique des établissements, l’amélioration continue de la qualité des soins, des études de faisabilité en recherche clinique, et le développement de nouvelles recherches, auparavant freinées par la complexité d’accès aux données.

    44 DMN pris en charge par l’Assurance maladie

    Le réseau des tiers-lieux d’expérimentation en santé numérique dépasse les objectifs initiaux : 37 sites sont aujourd’hui opérationnels, contre 31 prévus. Ces structures accompagnent 115 projets financés et d’autres initiatives non subventionnées, autour de l’innovation ouverte et de l’évaluation en conditions réelles.  Guillaume Calmon, fondateur de la start-up RDS, a témoigné de l’apport des tiers-lieux. Son entreprise développe un dispositif connecté de suivi post-opératoire, déjà marqué CE depuis 2024. Le projet vise à sécuriser le retour à domicile des patients âgés après une chirurgie lourde, tout en générant les preuves cliniques et médico-économiques nécessaires à son remboursement. Les premiers retours d’expérience au CHU d’Amiens montrent une forte adhésion des patients, séduits par un outil simple, non intrusif et rassurant.

    44 dispositifs médicaux numériques sont déjà pris en charge par l’Assurance maladie, via le droit commun ou le dispositif PECAN. France 2030 soutient également l’exportation des innovations et la montée en puissance d’initiatives comme G_nius, dédiée à l’accompagnement des entreprises.

    G_NIUS : 5 ans d’impact et une communauté engagée

    « La santé numérique, c’est un peu comme un escape game », plaisante Julien Plagnes (chef de projet). Il faut savoir trouver les bons interlocuteurs, comprendre les règles du jeu et décrypter les dispositifs adaptés à son projet. C’est précisément le rôle de G_NIUS, la plateforme publique lancée en octobre 2020 pour accompagner les innovateurs du secteur. G_NIUS agit comme un guide interactif, ou selon son fondateur, « le Waze de la santé numérique » : indiquez où vous en êtes, et l’outil vous montre le meilleur chemin pour atteindre vos objectifs — qu’il s’agisse d’obtenir un financement, d’identifier les bons partenaires ou de naviguer dans les démarches réglementaires. En cinq ans, la structure a su s’imposer comme une référence de l’écosystème français : avec une communauté active (4000 membres), des fiche acteurs et des contenus régulièrement mis à jour.

    Pour les prochaines années, G_NIUS veut renforcer son action dans les régions, s’ouvrir davantage à l’international et développer des outils autour de l’intelligence artificielle en santé. L’objectif reste le même : rendre le numérique en santé plus accessible, lisible et efficace. Julien Plagnes conclut, comme il avait commencé, avec humour : « Si dans cinq ans G_NIUS est devenu célèbre, c’est qu’on aura réussi à rendre la santé numérique simple.

  • En 2024, le nombre de lits d’hospitalisation recule de 0,5% selon la Drees

    • Le nombre de lits d’hospitalisation complète recule de 0,5% en 2024, un ralentissement par rapport à 2023 (-1,2%) et 2022 (-1,8%)
    • L’hospitalisation partielle progresse de +3,1% en 2024, confirmant le virage ambulatoire entamé depuis deux décennies.
    • L’hospitalisation à domicile (HAD) augmente de +5,5% en 2024 et représente 8,1% des capacités d’hospitalisation complète (hors psychiatrie).
    • Les maternités françaises disposent de 770 lits de réanimation néonatale, en hausse de +1,1%, soit une densité moyenne de 1,2 lit pour 1 000 naissances.
    • Les écarts régionaux persistent : les quatre régions du quart sud-est métropolitain restent sous le seuil fixé (Drees).

    Les hausses continues de l’hospitalisation partielle (+3,1%) et de l’hospitalisation à domicile (+5,5%) confirment le basculement vers une logique de « juste soin au bon endroit », où la proximité et la prévention prennent le pas sur l’hospitalisation systématique. La tendance actuelle indique une mutation de la fonction hospitalière : l’hôpital devient un nœud de coordination, plus qu’un point de soins exclusif. L’enjeu n’est plus seulement quantitatif (nombre de lits), mais qualitatif : développer la capacité d’accueil “étendue” sur le territoire.

    La baisse des lits se poursuit, mais à un rythme moindre

    Un virage ambulatoire amorcé depuis deux décennies

    À fin 2024, la France compte 2 965 établissements de santé : 1 330 hôpitaux publics, 655 établissements privés à but non lucratif et 980 cliniques privées. Ces structures disposent de 367 300 lits d’hospitalisation complète, 91 200 places d’hospitalisation partielle et une capacité d’accueil simultané en hospitalisation à domicile (HAD) de 25 400 patients. Le nombre de lits d’hospitalisation complète a reculé de 0,5% en 2024, un rythme inférieur aux baisses observées en 2023 (-1,2%) et 2022 (-1,8%). Cette diminution s’inscrit dans une tendance amorcée depuis le début des années 2000, marquée par une réorganisation continue de l’offre de soins vers des prises en charge plus courtes et moins invasives.

    +3,1% de places supplémentaires en hospitalisation partielle

    Les alternatives à l’hospitalisation complète poursuivent leur progression. Le nombre de places en hospitalisation partielle a augmenté de 3,1% en 2024, après +4,0% en 2023. Cette hausse reste supérieure à la moyenne observée avant 2019. L’évolution est plus marquée en soins de moyen séjour (+5,5%) qu’en court séjour (+4,4%).

    Le numérique renforce la dynamique ambulatoire, notamment en psychiatrie

    En psychiatrie, les capacités d’hospitalisation partielle demeurent stables. Toutefois, cette stabilité s’accompagne d’une réorientation vers des modalités de soins intégrant davantage les parcours ambulatoires. Ces évolutions s’appuient sur l’introduction d’outils numériques de coordination et de suivi, soutenant la transformation du système vers des modèles de soins plus flexibles.

    L’hospitalisation à domicile progresse de 5,5%

    Les capacités d’hospitalisation à domicile connaissent une nouvelle hausse de +5,5% en 2024, après +4,1% en 2023. L’HAD représente désormais 8,1% des capacités totales de prise en charge en hospitalisation complète (hors psychiatrie), contre 2,1% en 2006. Les dispositifs techniques permettant un suivi à distance sécurisé, la montée en puissance des plateformes numériques de coordination et la diffusion de protocoles de télésurveillance des pathologies chroniques y contribuent.

    Réanimation néonatale : des écarts régionaux persistants

    Fin 2024, les 450 maternités françaises disposent de 13 800 lits d’obstétrique, 2 800 lits de néonatologie, 1 200 lits de soins intensifs et 770 lits de réanimation néonatale. Cette dernière catégorie affiche une hausse modérée (+1,1%), portant la densité moyenne nationale à 1,2 lit pour 1 000 naissances. La feuille de route nationale 2024-2030 « Pédiatrie et Santé de l’enfant » fixe pour objectif qu’aucune région ne soit en dessous d’un lit de réanimation néonatale pour 1 000 naissances d’ici 2027. Quatorze régions atteignent déjà ce seuil, dont les cinq départements et régions d’outre-mer. Les quatre régions du quart sud-est métropolitain restent sous l’objectif, selon la Drees.

  • Schizophrénie : une thérapie numérique réduit de 62 % les symptômes négatifs

    Une efficacité clinique démontrée après 16 semaines chez 457 patients schizophrènes

    L’étude de phase III CONVOKE a évalué l’ajout de la thérapie numérique CT-155 au traitement antipsychotique standard chez des adultes atteints de schizophrénie. Présentés au congrès de l’European College of Neuropsychopharmacology (ECNP) à Amsterdam, les résultats indiquent une réduction statistiquement significative des symptômes négatifs expérientiels après 16 semaines d’utilisation. Le protocole, conduit sur 457 patients américains atteints de schizophrénie depuis en moyenne 14,8 ans, portait sur des individus présentant des symptômes négatifs modérés à sévères, évalués par l’échelle CAINS-MAP. Abhishek Pratap, directeur exécutif global evidence lead chez Boehringer Ingelheim, a précisé que les patients étaient stabilisés sous antipsychotiques et n’avaient pas bénéficié de psychothérapie récente.

    Conçu comme un logiciel thérapeutique, CT-155 intègre des interventions interactives issues de la psychologie cognitive et comportementale. L’outil assigne des objectifs individualisés alignés sur le niveau de fonctionnement de chaque patient pour renforcer l’engagement social et la motivation. Les modules associent activation comportementale, restructuration cognitive et entraînement à la tolérance à la détresse. Cette approche vise les dimensions centrales des symptômes négatifs que sont l’avolition et l’anhédonie.

    70 % de patients engagés jusqu’à la fin du protocole

    Durant les 16 semaines d’étude, l’engagement des participants est demeuré élevé. Le taux de complétion atteignait 70,4 % pour la thérapie CT-155 et 76,5 % pour l’application contrôle. L’utilisation médiane quotidienne s’élevait à 8 minutes pour CT-155 contre 2 minutes pour l’application témoin. Les événements indésirables sont restés rares, avec 9,3 % d’incidence pour CT-155 et 13,4 % pour l’application comparatrice. Aucun événement grave imputable au traitement n’a été rapporté.

    Des perspectives d’intégration dans le parcours de soins psychiatriques

    La Food and Drug Administration (FDA) américaine a accordé, en 2024, le statut de Breakthrough Device Designation à CT-155. Cette reconnaissance facilite le processus de mise sur le marché d’outils numériques à haut potentiel thérapeutique. Une étude multicentrique complémentaire est en cours pour évaluer l’efficacité de CT-155 en vie réelle sur 262 patients, avec des résultats attendus début 2027. L’application devrait être proposée sur prescription médicale.

     

  • Point PLFSS 2026 : rejet de l’extension des franchises médicales et maintien des dispositifs expérimentaux

    700 amendements examinés avant la trêve du 11 Novembre

    Les discussions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026 ont porté sur plus de 700 amendements, examinés en deux jours. Le gouvernement de Sébastien Lecornu doit encore défendre le texte avant la clôture constitutionnelle du 12 novembre à minuit. Parmi les enjeux centraux figurent la suspension de la réforme des retraites et le maintien de dispositifs de santé publique expérimentaux.

    • Rejet de l’extension des franchises médicales

    Deux propositions du gouvernement ont été écartées. L’Assemblée nationale a rejeté l’extension du périmètre des franchises médicales aux consultations dentaires et dispositifs médicaux. Les députés ont également supprimé la réduction du plafond des indemnités journalières pour les affections longue durée (ALD) non exonérantes. Ces décisions marquent un refus de transférer une charge financière supplémentaire vers les assurés atteints de maladies chroniques.

    • Des structures locales mobilisées pour l’offre de soins 2026

    Les députés ont adopté la prolongation jusqu’en 2027 des haltes soins addictions, structures expérimentales ouvertes depuis 2016 à Paris et Strasbourg. La création d’un “réseau France Santé”, soutenu par le gouvernement, a également été votée, avec pour objectif de garantir une offre de soins de proximité à moins de 30 minutes pour chaque citoyen. Ce dispositif appuiera les maisons et centres de santé existants, voire certaines pharmacies dans les zones sous-dotées.

    • “Mon soutien psy” soumis à une évaluation nationale, et limitation des arrêts maladie à un mois adoptée

    Un amendement écologiste a validé l’évaluation nationale du dispositif “Mon soutien psy”, actif depuis 2022 et ayant concerné plus de 500 000 personnes. L’Assemblée a aussi instauré une limite légale à la durée des arrêts maladie : un mois pour une première prescription, deux pour un renouvellement, avec possibilité de dérogation justifiée par le médecin. Cette disposition remplace un décret initialement plus restrictif.

    • Les médecins libéraux échappent à une taxe sur les dépassements

    Plusieurs articles du texte initial ont été rejetés : la suppression de la visite médicale obligatoire après un congé maternité, la vaccination obligatoire contre la grippe pour les résidents en Ehpad et professionnels de santé, et la surtaxation des dépassements d’honoraires. Ces rejets traduisent la volonté des députés de maintenir les équilibres professionnels en vigueur dans le système de soins.

     

  • Entre février et septembre 2025, les consultations de dossiers par les professionnels ont augmenté de 56 %

    23 millions d’usagers actifs sur Mon espace santé en 2025

    L’écosystème du numérique en santé atteint un nouveau seuil en 2025. Selon les derniers chiffres présentés, Mon espace santé compte désormais 23 millions d’utilisateurs actifs, soit près d’un tiers de la population française. Plus de 513 millions de documents ont été partagés entre professionnels et usagers sur l’année, dont 42,8 millions pour le seul mois d’octobre, enregistrant une croissance annuelle de 40%. Les consultations de dossiers numériques par les professionnels progressent de 56% entre février et septembre 2025, confirmant un usage régulier des solutions connectées. Côté éditeurs, 97% des commandes logicielles de la première vague du Ségur, couvrant médecins libéraux, pharmaciens, laboratoires et établissements, sont désormais conformes aux exigences d’interopérabilité. Les premiers déploiements dans les secteurs médico‑social et de l’imagerie marquent le lancement de la deuxième vague.

    Une interopérabilité complète visée à horizon 2026

    Doté d’un financement global de 2 milliards d’euros, le Ségur du numérique en santé vise une modernisation des outils métiers et une amélioration de la cybersécurité. L’année 2026 constituera une étape décisive. L’article 31 du PLFSS 2026 prévoit le basculement vers une logique d’obligation d’usage. L’objectif est d’instaurer le partage numérique des données comme norme professionnelle. Chaque acteur de santé devra pouvoir consulter et alimenter Mon espace santé depuis son logiciel métier, dans un cadre fluide, interopérable et sécurisé.

    Les chantiers prioritaires : simplifier l’accès au DMP, former les professionnels, inclusion numérique …

    Malgré ces résultats, plusieurs priorités structurent la feuille de route à venir. Les travaux portent sur la simplification d’accès au DMP depuis les logiciels métiers, la stabilisation des identités numériques via l’INS, et la fiabilisation des échanges entre systèmes. La formation des utilisateurs reste également un levier essentiel pour encourager la consultation systématique des données. L’inclusion numérique des usagers demeure aussi un enjeu pour garantir l’accessibilité effective de ces services à l’ensemble de la population. Ces chantiers s’inscrivent dans la stratégie nationale portée conjointement par la Délégation au numérique en santé (DNS) et l’Agence du Numérique en Santé (ANS).

    La dynamique collective se poursuit en 2026 autour de quatre chantiers :

    • la deuxième vague du Ségur,
    • la doctrine 2025‑2027,
    • le dispositif Hopen 2
    • et le programme CaRE dédié au renforcement de la cybersécurité.

    L’ANS, cheffe de file de cette transformation, coordonne les acteurs pour garantir une cohérence opérationnelle et une continuité de service. L’ambition commune reste inchangée : assurer à chaque citoyen l’exercice effectif de son droit à la donnée de santé et offrir à chaque professionnel les moyens d’un partage utile au suivi des parcours de soins.

  • Un modèle français en tête : Mistral-medium-3.1 première du classement compar:IA 2024

    183 000 votes enregistrés pour construire un classement descendant

    Lancée en 2024, la plateforme compar:IA vise à évaluer la qualité des réponses produites par les modèles d’intelligence artificielle conversationnelle. Développée par la Direction interministérielle du numérique (DINUM) et le ministère de la Culture, elle repose sur un principe simple : comparer deux IA de manière anonyme et voter pour la réponse jugée la plus pertinente. L’objectif n’est pas de mesurer la performance technique des modèles, mais d’analyser la satisfaction des utilisateurs. L’outil permet ainsi de constituer des jeux de données en français reflétant les usages réels et les préférences subjectives de la population.

    Un modèle statistique (méthode Bradley-Terry ) pour convertir les préférences en score

    Le classement repose sur un modèle statistique de type Bradley-Terry, qui permet de convertir des votes binaires en un score probabiliste de satisfaction. Depuis son ouverture en octobre 2024, 63 modèles d’intelligence artificielle ont été comparés, pour un total de 183 000 votes recueillis. Les données issues de ces évaluations sont ensuite nettoyées et mises à disposition sous forme de jeux de données ouverts, favorisant la recherche publique sur la perception des systèmes conversationnels, notamment dans le contexte linguistique francophone.

    Mistral-medium-3.1, première intelligence artificielle selon les utilisateurs français

    Le modèle mistral-medium-3.1 de la société française Mistral AI arrive en première position du classement établi à partir des retours des utilisateurs. Il devance les modèles gemini‑2.5‑flash et gemini‑2.0‑flash de Google, ainsi que qwen3‑max‑2025‑09‑23 d’Alibaba et deepseek‑v3‑0324 de DeepSeek. Les modèles de sociétés américaines comme OpenAI (gpt‑oss‑120b), Anthropic (claude‑4‑5‑sonnet) ou xAI (grok‑3‑mini‑beta) apparaissent plus bas dans le classement. GPT‑5, modèle d’OpenAI, n’apparaît pas parmi les vingt premiers, illustrant une évolution du paysage concurrentiel entre acteurs nationaux et internationaux.

     

     

    Direction interministérielle du numérique (DINUM). Communiqué de présentation de la plateforme compar:IA, octobre 2024.

    Classement complet 

     

  • Tunstall Vitaris : la téléassistance préventive

    L’entreprise a lancé son dispositif de téléassistance en septembre 2024 en utilisant différents outils.

    Les nouvelles technologies pour une surveillance fine du comportement

    Au domicile de la personne en perte d’autonomie est installé dans chaque pièce un capteur « passif » pour suivre les activités qui s’y déroulent. Ainsi par exemple, un capteur sur le frigidaire permet de savoir si la personne s’alimente ou bien sur une porte pour savoir si la personne sort aussi régulièrement que d’habitude. En outre, une ou plusieurs caméras sont installées pour renseigner sur d’éventuels incidents, une chute par exemple, ou sur des changements d’habitude, comme des journaux non ouverts ou tout autre glissement d’activité. Les informations sont transmises à une centrale d’écoute ouverte 24h sur 24 et susceptible d’alerter les secours en cas d’urgence.

    L’IA pour analyser les comportements.

    L’IA utilise les données accumulées depuis un an auprès de 2000 clients : nombre d’appels, motifs et heures des appels, etc. En croisant les données ainsi recueillies elle peut repérer des signaux faibles en cas de changement dans les comportements observés. Deux semaines d’apprentissage suffisent à cet outil pour pouvoir s’adapter à chaque situation. En cas de besoin, l’IA déclenche une alerte et génère un plan d’action. Les informations recueillies sont envoyées à l’équipe de soins, ergothérapeute ou infirmière, qui fait le lien avec la famille. Il est prévu au moins un rapport par semaine, transmis à la famille. Tunstall Vitaris fait état de retours très positifs des services à domicile et des aidants, rassurés par la surveillance dont bénéficie la personne âgée à son domicile. Les professionnels indiquent être davantage en mesure de personnaliser leur plan d’aide à la situation réelle.

    Quant aux seniors, ils sont rassurés sur la discrétion et l’éthique du dispositif : respect du RGPD, la vidéo restant sur place. Ils ne le vivent pas comme intrusif mais comme une aide nécessaire pour rester à leur domicile.

     

  • 3,94 milliards d’euros de coûts liés à la dépression des jeunes selon une modélisation française

    95 paramètres intégrés dans la microsimulation : 590 000 cas de dépression supplémentaires modélisés sur 22 ans

    Une équipe de chercheurs dirigée par Nicolas Hoertel (hôpital Corentin-Celton, AP-HP), Frédéric Limosin et Henri Leleu a développé un modèle de microsimulation portant sur 18,6 millions de jeunes Français nés entre 1990 et 2012 et suivis sur la période 2000–2022.
    Ce modèle intègre 95 paramètres, combinant données sociodémographiques, comportements de santé et exposition aux plateformes numériques. Les analyses ont été conduites entre août 2024 et juillet 2025. Selon les simulations, un usage excessif des réseaux sociaux serait associé à 590 000 cas supplémentaires de dépression au cours de la vie, 799 décès par suicide et 137 000 années de vie en bonne santé perdues. L’impact économique global est estimé à 3,94 milliards d’euros.

    Interaction entre comportements numériques et sociodémographie

    Une hausse de la dépression féminine de 2 % à 10 % entre 2014 et 2022

    Les chercheurs soulignent que la dépression des adolescents découle d’une interaction entre plusieurs facteurs de risque : adversités précoces, inactivité physique, surpoids et usage de substances. L’exposition prolongée aux réseaux sociaux renforcerait ces vulnérabilités.
    Les mécanismes évoqués incluent la baisse de l’estime de soi, le cyberharcèlement, la perturbation du sommeil et l’addiction numérique. L’étude observe également des différences selon le genre : l’augmentation de la prévalence de la dépression entre 2014 et 2022 touche particulièrement les filles, passant de 2 % à 10 %.

    Trois scénarios testés montrent jusqu’à 14,7 % de réduction des troubles dépressifs

    Le modèle a permis d’évaluer l’effet de trois scénarios :

    • Limiter l’usage quotidien à une heure réduirait la prévalence cumulée de la dépression de 14,7 %.
    • Remplacer 30 minutes sur les réseaux par 30 minutes d’activité physique ferait baisser cette prévalence de 12,9 %.
    • Supprimer l’usage des réseaux pour les 8,5 % d’adolescents les plus à risque permettrait une diminution de 12 %.

    Ces résultats suggèrent qu’une régulation raisonnée du temps d’écran et un soutien ciblé aux jeunes vulnérables pourraient réduire significativement la charge de morbidité liée à la dépression.

    Validation des stratégies dans la vie réelle encore nécessaire

    Les auteurs rappellent que la microsimulation ne permet pas d’établir un lien causal formel entre les réseaux sociaux et la dépression. L’étude repose sur le temps d’exposition et non sur la nature des contenus ou la qualité des interactions.
    Les essais cliniques randomisés étant difficilement réalisables, ces résultats constituent néanmoins le niveau de preuve le plus robuste disponible à ce jour. Ils ouvrent la voie à des stratégies ciblées de prévention numérique et à une meilleure articulation entre politiques de santé publique et régulation des plateformes en France.

     

    Hoertel N, Olfson M, Blanco C, Biscond M, Limosin F, Sánchez-Rico M, Blachier M, Leleu H. Impact of excessive social media use on adolescent depression and its consequences in France: An individual-based microsimulation model. PLOS Medicine. 2025 Oct 21; 22(10): e1004737.

     

  • AI Act : Bruxelles accorde un délai aux fournisseurs d’IA à haut risque jusqu’en 2027

    Un délai d’adaptation pour les acteurs de l’IA

    La Commission européenne prévoit de repousser certaines dispositions du règlement sur l’intelligence artificielle. Les entreprises opérant des systèmes d’IA à haut risque — notamment dans les domaines de la biométrie et du recrutement — bénéficieront d’un sursis d’un an avant toute sanction. L’objectif est de leur laisser le temps d’adapter leurs processus internes à la nouvelle réglementation.

    Les fournisseurs de modèles d’IA générative déjà commercialisés avant l’entrée en vigueur du texte, parmi lesquels OpenAI et Mistral AI, seraient temporairement dispensés de certaines obligations. Les exigences liées à la transparence et à l’explicabilité ne s’appliqueraient qu’à partir d’août 2027, afin de permettre la mise en place des infrastructures techniques nécessaires.

    Un pilotage européen renforcé pour la conformité

    Au-delà du calendrier, la Commission européenne entend consolider le rôle du Bureau européen de l’intelligence artificielle. Chargé d’assurer une application uniforme du règlement, cet organe se verrait confier des missions élargies de contrôle et de coordination entre États membres. Bruxelles souhaite ainsi maintenir la cohérence réglementaire tout en limitant la charge administrative pesant sur les développeurs et les utilisateurs.

    Un compromis sous tension diplomatique

    Cette inflexion s’inscrit dans un contexte de tensions transatlantiques. L’administration américaine, appuyée par les grandes plateformes numériques, juge l’AI Act trop contraignant et susceptible de freiner les échanges commerciaux.  Bruxelles cherche à éviter toute rupture de coopération avec Washington, notamment dans les domaines de la défense et du renseignement.

  • Note aux abonnés : Comment financer la santé populationnelle ? Réponses et retours d’expérience au workshop H&TI le 18.11

    Chers membres,
    La transformation de notre système de santé vers une approche populationnelle ne pourra se concrétiser sans modèles économiques viables et pérennes. C’est tout l’enjeu de notre prochain workshop.

    📅 Rendez-vous le 18 novembre | 13h30-15h30 | à Parisanté Campus

    Dans la continuité de nos travaux préparatoires au livre blanc PHM (co-publication avec le CRAPS début 2026), ce 3ème workshop explorera une question importante : comment financer et organiser durablement la santé populationnelle ? Face à la pression démographique, l’explosion des maladies chroniques et les contraintes budgétaires, les acteurs publics et privés expérimentent de nouveaux modèles organisationnels et financiers.
    Ce workshop vous permettra de :
    • Comprendre les 3 approches complémentaires émergentes en France.
    • Échanger avec les pionniers de ces modèles innovants.
    • Anticiper les évolutions réglementaires et stratégiques à venir.
    • Contribuer activement à la réflexion collective qui nourrira le livre blanc 2026.

    3 modèles à l’étude :

    1. Modèle plateforme – Financement par les entreprises et mutuelles
      Intervenant : Vivoptim
    2. Modèle national – Organisation publique centralisée
      Intervenant : ICOPE
    3. Modèle territorial – Bundle de financements régionaux
      Intervenant : GRADes / acteur de territoire (à confirmer)

    Un cercle d’expertise unique

    Vous rejoindrez les décideurs et experts qui façonnent l’avenir de la santé populationnelle : ARS, AIS, CPTS, GRADes, assureurs, mutuelles, et acteurs innovants.
    Places limitées – Inscription gratuite pour les abonnés HTI
    • Abonnés Essentiel : 1 représentant/organisation
    • Abonnés Premium : 2 représentants/organisation
    • Date limite d’inscription : 15 novembre
    Confirmez donc votre place avant le 15 novembre : https://evenium.events/workshopphm18nov