Nabil

  • Iatrogénie médicamenteuse : la HAS prépare sur un bilan unique et partageable

    Retard, non-respect de la posologie, automédication et polymédication : des risques importants

    La iatrogénie médicamenteuse est responsable de plus de 10 000 décès chaque année, dont 7 500 chez les plus de 65 ans. C’est une population particulièrement concernée par les prises multiples de médicaments, entraînant mécaniquement un risque plus élevé d’incident lié à un mauvais usage.

    D’après un sondage réalisé par Opinion Way pour Notre Temps (2023), 28 % des sondés prennent leurs médicaments en retard. 10 % ne suivent volontairement pas leur traitement, voire l’arrêtent ou modifient les doses sans en discuter avec leur médecin. En cause, des effets indésirables qu’ils veulent éviter, des traitements différents délivrés par plusieurs médecins (56 % des patients ont des ordonnances prescrites par deux médecins différents), mais aussi la prise de médicaments de “confort” comme des antalgiques, sans ordonnance. Un mélange non sans risques, qui fait l’objet de nombreuses sensibilisations auprès du grand public.

     

    @ Bon Usage Du Médicament : Document Pharmacien sur la Iatrogénie Médicamenteuse

    Des bilans qui existent, et qui restent à harmoniser 

    La iatrogénie est un des quatre facteurs d’hospitalisation évitables. Pour ce faire, la Haute Autorité de Santé délivrera d’ici le premier trimestre 2025 un référentiel unique : “bilan médicamenteux partagé” pour lutter contre la iatrogénie médicamenteuse. Ce travail ne part pas de zéro, la HAS avait déjà publié des rapports sur la conciliation médicamenteuse sous forme de guide pour les professionnels de santé. Par ailleurs, deux bilans existent aujourd’hui :

    • Bilan partagé de médication (BPM) : réalisé en officine, destiné principalement aux personnes âgées polymédiquées (plus de 65 ans avec au moins 5 médicaments). Ce bilan passe par un recueil d’informations, une analyse du pharmacien, puis des entretiens réguliers d’observation.
    • Conciliation des traitements médicamenteux (CTM) : effectuée à l’hôpital à l’entrée ou à la sortie d’une hospitalisation, visant à assurer une continuité dans la prise en charge médicamenteuse du patient.

    Ces deux bilans ont le même objectif ; à savoir sécuriser la prise des traitements et éviter les erreurs. Pour autant, ils sont hétérogènes et non conformes en matière d’interopérabilité. Les établissements de santé peuvent créer des documents différents. Le partage entre hôpital et ville de ces informations est ainsi plus difficile.

    Un cadre unique et interopérable

    La tâche est donc moins de créer un nouveau référentiel que d’adapter le travail déjà réalisé et de concevoir un document unique et facilement partageable entre l’hôpital et la ville. Une grande partie de la méthodologie est similaire, et les saisines sont les mêmes. Les enjeux sont l’harmonisation des informations et l’interopérabilité qui permettra un “bilan unique” dans les systèmes d’information numériques comme “Mon espace santé” ou le DMP.

    En France, une hospitalisation sur 40 est causée par un “événement indésirable grave associé aux soins” (EIGS).

     

  • Panorama des partenariats entre organismes assureurs et plateformes de téléconsultation

    La téléconsultation, un terrain commercial pour les mutuelles ?

    Remboursée par l’Assurance maladie et la complémentaire santé solidaire, la téléconsultation peut aussi faire l’objet de remboursements par les mutuelles et les complémentaires santé privées. Pendant la crise du Covid-19, la téléconsultation faisait l’objet d’un remboursement intégral de la part de l’Assurance maladie (800 millions d’euros de coûts entre 2020 et 2021). Depuis septembre 2022, ce régime d’exception est terminé. C’est le retour du cofinancement (70%/30%) entre Assurance maladie et les complémentaires santé. Les mutuelles sont entrées sur ce nouveau territoire commercial et proposent désormais des offres complètes de téléconsultation (dépistage, soutien psychologique, prévention, suivi des maladies chroniques).

    RDV dans l’heure, programmes de prévention… Des services premium pour les assurés

    L’offre de téléconsultation est souvent incluse dans les contrats santé. L’assureur adapte la tarification si cette option est souhaitée par l’assuré. Les assureurs font des partenariats avec des plateformes numériques et proposent des services avantageux et « premium » de consultations médicales à distance. Les patients peuvent consulter un généraliste ou un spécialiste rapidement, voire en urgence, bénéficier de programmes de prévention, d’un deuxième avis médical, d’applications numériques pour suivre leur état de santé. Par exemple, la Mutuelle Générale et Lifeaz proposent un suivi pour les patients avec des antécédents médicaux à risques. La prise en charge financière est aussi simplifiée du fait de la prise en compte du reste à charge. Pour les complémentaires santé, les avantages sont nombreux :

    Limiter les coûts de santé :

    La téléconsultation permet de réduire les coûts de prise en charge. En incitant les adhérents à consulter à distance pour des pathologies bénignes, elles évitent des consultations physiques ou aux urgences, parfois coûteuses. En facilitant l’accès aux soins des maladies chroniques, la téléconsultation améliore la prévention et réduit les complications à long terme.

    Améliorer la notoriété, l’image de marque et fidéliser les assurés :

    En investissant dans des solutions innovantes, numériques, qui proposent de la valeur, les mutuelles et complémentaires santé renforcent leur image d’organismes modernes, attentifs aux évolutions et aux besoins de santé des assurés/patients. C’est un levier de fidélisation dans un marché très concurrentiel. Aussi, les données collectées permettent de mieux comprendre les comportements et les besoins de santé, et ainsi d’adapter les offres et services en fonction des tendances observées.

    24/7, zéro à charge, des offres homogènes en matière de services :

    Les offres s’adressent aussi bien aux assurés particuliers qu’aux travailleurs (indépendants, petites et moyennes entreprises, grands groupes). La téléconsultation est souvent disponible 24h/24 et 7j/7, accessible parfois depuis l’étranger. Autre promesse, celle d’échanger avec un médecin quasiment à la demande, ou avec le minimum de temps d’attente (rendez-vous en moins de 20 minutes). Le volume de rendez-vous possible est souvent limité à 5 consultations par an.

    Les partenariats comme source de valeur, et des offres similaires 

    Face à l’essor de la téléconsultation, les mutuelles et complémentaires santé développent des offres de consultation médicale à distance. À l’instar d’Axa, qui a été l’un des premiers à proposer, en 2015, des rendez-vous avec des médecins en ligne. C’est l’occasion pour ces entreprises de se démarquer dans un paysage très concurrentiel. Pour ce faire, elles s’associent à des plateformes numériques dont c’est le cœur de métier, aussi bien sur le plan technique que médical.

    Voici quelques exemples de partenariats :

    Assureurs / complémentaires santé / mutuelles Offres de téléconsultation Partenaires / Plateformes numériques Cibles commerciales
    Alan Accès 24h/24 et 7j/7, accès à un médecin en moins de 5 minutes. Livi Travailleurs indépendants, PME/TPE, grands groupes
    Allianz La téléconsultation en ligne est une solution apportée par Allianz aux salariés pour consulter un médecin 7j/7 24h/24, pour un conseil ou une ordonnance. MySantéclair, Qare Particuliers et entreprises
    AG2R la Mondiale, Viasanté Service de téléconsultation 7j/7, 24h/24, en moins d’1h. Inclus dans le contrat santé. Test santé mentale avec Coronapsy.fr MédecinDirect (Teladoc Health) Particuliers et entreprises
    Apicil Téléconsultation 7j/7 incluse dans les contrats santé API Services. Inclus dans le contrat le 2ème avis et le soutien psychologique. API Services (propre à Apicil) Particuliers, TPE/PME
    April 5 téléconsultations prises en charge avec le contrat santé. Accès en moyenne sous 1h à médecin généraliste. 7j/7j de 6h à minuit. Teladoc Health Particuliers, entreprises
    Axa

    AXA propose une téléconsultation médicale via son service Angel. Inclus dans tous les contrats santé. Accès 7j/7, en France et à l’étranger.

    Angel Particuliers et entreprises
    CNP Assurances

    Consultations médicales à distance et prescription médicale avec envoi d’ordonnance.

    n.a Anticipa : une offre santé et prévoyance, pour la Fonction publique
    Generali Accès 24/7 pour le médecin généraliste  Med&Vous (Europ Assistance) Particuliers, travailleurs indépendants, entreprises
    Groupama Permet 6 téléconsultations par an pour chaque membre d’une même famille d’assurée. Qare Particuliers, entreprises
    Harmonie Mutuelle Accès  5 téléconsultations 24h/24 7j/7 sans rendez-vous par visio avec l’un des médecins généralistes ou spécialistes (dermatologues, gynécologues, ophtalmologues, psychiatres, sage-femme). Livraison de médicaments possible. MesDocteurs et Maiia (Cegedim Santé) Particuliers, entreprises, travailleurs indépendants, secteurs publics
    Klésia Accès à un généraliste accessible 24h/24
    et 7J/7 en moins de 30 min ou sur rendez-vous.
    Med&Vous Particuliers, familles, TPE/PME
    Maaf Accès 7j/7 et 24h/24 par vidéo avec un médecin. Les téléconsultations sont accessibles sans limite de nombre. MesDocteurs Particuliers
    Macif Accès au réseau de soins Carte Blanche : permet de bénéficier d’un service de téléconsultation 24h/24 et 7j/7. Sans rendez-vous MesDocteurs Particuliers, familles, TPE/PME
    Malakoff Humanis, Groupe Vyv, Pro BTP Téléconsultation (en moins d’1h), 7j/7 de 8h à 20h, de France comme de l’étranger. 5 Consultations par an. Consultation psychologie incluse. 5700 téléconsultations réalisées par an. Qare, Maiia (Cegedim Santé) Salariés couverts par un contrat de santé collectif
    MGEN Les téléconsultations et vidéos consultations sont prises en charge au même titre qu’une consultation classique en cabinet médical. MesDocteurs Fonctionnaires, enseignants
    MMA Un accès au service de téléconsultation sans limite de nombre et sans avance de frais. Une mise en relation sous 15 mn en journée et 2 heures la nuit. Mysantéclair Particuliers, TPE/PME
    Swiss Life Depuis 2020 : service de téléconsultation accessible 7j/7 et  24h/24. A venir, les “Confort Hospitalisation” et “Confort Santé”.  Med&Vous (Europ Assistance) Particuliers, travailleurs indépendants, entreprises

    Cartographie des partenariats entre assureurs/mutuelles/complémentaires santé et plateformes de téléconsultation :

    @ Health & Tech Intelligence

    Agenda, tâches administratives : les “plus” pour les médecins

    Certains assureurs développent eux-mêmes des applications de prise de rendez-vous médicaux, directement intégrées à l’environnement numérique de l’entreprise. C’est le cas de Generali vie et Europ Assistance qui ont développé la plateforme Med&Vous. L’application permet d’effectuer des tâches standards comme le suivi des remboursements, l’envoi de factures, mais aussi de prendre rendez-vous avec un médecin, en téléconsultation ou en cabinet. Les offres de téléconsultation des assureurs, mutuelles et complémentaires santé apportent plutôt les mêmes avantages : une disponibilité quasi 24h/24, plusieurs spécialités (médecine générale, pédiatrie, dermatologie), livraison de médicaments, une prise en charge des frais ainsi que des programmes de prévention et de suivi des maladies chroniques. Pour les professionnels de santé, ces plateformes facilitent la gestion des patients, l’emploi du temps et l’ensemble des tâches administratives.

    L’abonnement à la téléconsultation : l’ONM réagit

    Les sociétés spécialisées dans la téléconsultation sont souvent critiquées par les syndicats de médecins libéraux et les responsables politiques. En cause, une médecine qualifiée de déshumanisée, une réglementation floue, et une commercialisation excessive de la santé, où la rentabilité prime parfois sur la qualité des soins. Les téléconsultations, gérées par des entreprises privées, peuvent être perçues comme un modèle de profit au détriment des soins de qualité. En juin 2023, le service de téléconsultation Ramsay Santé a essuyé une vive polémique. La raison : son offre de consultations (en partenariat avec Medaviz) médicales accessible via un abonnement de 11,90 € par mois, donnant accès à 20 consultations par an. Les professionnels du secteur de la santé y voient une source de désorganisation du système de santé, mais aussi un modèle économique qui favorise une médecine à deux vitesses, entre ceux qui peuvent payer et les autres, qualifiant le système de “médecine Netflix”. Ramsay Santé s’est défendu en disant justement que ces offres sont déjà proposées par les mutuelles.

    Un agrément désormais nécessaire :

    Depuis le 1er mars 2024, les sociétés de téléconsultation doivent obtenir un agrément pour facturer l’Assurance Maladie. Seules celles respectant plusieurs critères peuvent être agréées : elles doivent être des sociétés commerciales, indépendantes des fabricants de médicaments ou de dispositifs médicaux, et garantir la protection des données personnelles selon le RGPD, suivre les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), respecter les exigences tarifaires. De plus, leurs outils numériques doivent être conformes aux référentiels d’interopérabilité. L’agrément doit être renouvelé chaque année, et en cas de fraude, un retrait définitif peut être prononcé.

    L’ambition de cette réglementation est de maintenir la téléconsultation comme un outil complémentaire au service des soins, et non une source de revenus complémentaire.

     

  • Evolutions réglementaires de la téléconsultation : limiter le risque d’une “ubérisation” de la médecine ?

    Un encadrement nécessaire

    Définie par l’article R. 6316-1 du Code de la santé publique (CSP), la téléconsultation est définie comme une pratique qui « a pour objet de permettre à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient […] ». Tout professionnel médical (i.e. médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme) peut recourir à la téléconsultation, indépendamment de sa spécialité, de son secteur d’exercice et de son lieu d’exercice. Bien qu’elle se stabilise (effet post-Covid) cette pratique est devenue très fréquente dans les habitudes des Français. Neuf millions de consultations médicales à distance sont réalisées chaque année depuis 2021. Soit 4 % des consultations de médecine générale. La crise sanitaire du Covid-19 a largement contribué à l’essor de la pratique.

  • Imagerie : Carpl.ai s’associe à Casis pour des diagnostics plus fiables grâce à l’IA

    Carpl.ai renforce sa position sur le marché de l’IA médicale

    Carpl.ai, plateforme d’IA dédiée à la radiologie, a signé un partenariat stratégique avec Casis, spécialiste en imagerie cardiovasculaire et créateur de la suite logicielle Qir Suite (logiciel d’analyse en imagerie cardiovasculaire). Cette collaboration vise à intégrer les solutions d’IA de Casis sur la plateforme Carpl.ai, renforçant l’offre de cette dernière sur le marché mondial.

    Carpl.ai, qui s’est récemment distinguée en signant un contrat avec le gouvernement de Singapour pour optimiser l’utilisation de l’IA dans ses hôpitaux publics, continue de renforcer sa position sur le marché de l’IA médicale. Avec plus de 125 applications d’IA déjà disponibles, Carpl.ai est reconnue pour sa capacité à intégrer l’IA dans la pratique clinique, contribuant à améliorer la qualité et la rapidité des diagnostics.

    Les différentes fonctionnalités proposées par Carpl.ai – @ Carpl.ai

    Des diagnostics cardiovasculaires rapides et plus précis

    Casis a récemment lancé une version améliorée de sa Qir Suite, qui intègre des algorithmes d’IA précis pour l’analyse des images cardiovasculaires. On note par exemple l’analyse des tissus myocardiques. Une telle synergie entre la marketplace d’applications de Carpl.ai et la technologie de Casis pourrait permettre aux établissements de santé de bénéficier de diagnostics fiables et d’une meilleure prise en charge des patients. Les deux entreprises entendent ainsi répondre aux défis du secteur de l’imagerie cardiovasculaire à savoir précision et rapidité.

    Ce partenariat pourrait aussi avoir un impact sur la recherche clinique. En facilitant l’accès à des analyses plus précises des données d’imagerie cardiovasculaire, les chercheurs auront la possibilité d’améliorer leur compréhension des maladies cardiaques, voire d’accélérer le développement de nouvelles thérapies.

     

  • Cnam : lancement d’un dispositif de détection des fausses ordonnances pour les officines

    Vigilance pour les médicaments onéreux

    Dans son dernier rapport Charges et produits 2025, la Cnam préconise de dégager 1,56 milliard d’euros d’économies. Parmi ses propositions, on retrouve l’amélioration de la pertinence des soins, mais aussi la lutte contre la fraude, notamment les fausses ordonnances.

    Le 2 août 2024, l’Assurance maladie met à disposition le téléservice ASAFO (Alerte sécurisée aux fausses ordonnances). Disponible sur Amelipro, ce site permet aux pharmaciens de toute la France de vérifier si une ordonnance a déjà été identifiée comme frauduleuse, et, le cas échéant, prévenir la caisse d’assurance maladie. La Cnam invite les pharmaciens à être particulièrement vigilants sur les médicaments à prix élevé.

    Comment ça fonctionne ?

    Le pharmacien a accès à la plateforme Amelipro en utilisant sa carte CPS, e-CPS ou CPE. Pour se connecter, il doit suivre les étapes suivantes :

    Connexion à Amelipro : Le pharmacien utilise sa carte pour se connecter. Avec la carte CPS si il est titulaire ou adjoint. Ou bien avec la carte e-CPS reservée au titulaire d’officine. Pour les salariés avec une CPE, le titulaire doit établir une délégation pour leur permettre l’accès.

    Accès aux fonctionnalités : le pharmacien doit se rendre dans le bloc « Activités » et sélectionner « Fausses ordonnances (ASAFO) ».

    Une fois connecté, le pharmacien a la possibilité de :

    • Consulter la liste des ordonnances frauduleuses : Il peut accéder aux informations détaillées sur les ordonnances confirmées comme frauduleuses, y compris les données sur le prescripteur, le bénéficiaire des soins, les médicaments concernés, et visualiser une copie numérique de l’ordonnance falsifiée.
    • Déclarer un signalement : Le pharmacien peut également déclarer des signalements concernant des ordonnances suspectées d’être frauduleuses.

    En cas de doute sur une ordonnance, l’Assurance maladie mentionne que “ce nouveau service ne remplace pas l’échange avec le prescripteur”. En cas d’impossibilité de joindre le prescripteur, le signalement peut être réalisé.

    Un tutoriel diffusé par l’Assurance maladie précise, copies d’écran à l’appui, comment effectuer ce signalement sur Amelipro.

     

  • Centre-Val de Loire : un AMI pour développer une stratégie territoriale de santé numérique (31/12)

    Inclusivité et territoires : les points clés du nouvel AMI

    Développer l’offre de soins, décloisonner les acteurs de la santé, et surtout rendre accessible le numérique dans les usages des professionnels de santé et des patients sont des objectifs auxquels les candidatures soumises doivent répondre. Tandis que les derniers AMI (2021 et 2022) ont mis l’accent sur le développement de la télésanté, cette nouvelle édition incite à “accompagner les territoires pour développer une stratégie territoriale d’inclusion du numérique dans les organisations et dans les pratiques du quotidien.”

    Les porteurs de projets devront donc aussi intégrer la dimension territoriale dans leurs dossiers, le tout en proposant la méthodologie et les modalités de gouvernance adéquates. Car si plusieurs propositions sont faites, un seul projet qualifié de prioritaire sera présenté et pourra faire l’objet d’un soutien de l’ARS Centre-Val de Loire.

    Une bonne identification des cas d’usage et des objectifs clairs :

    Concernant les facteurs clés de succès, un retour d’expérience a été réalisé lors des précédentes éditions et a permis de dégager les enseignements suivants :

    • accompagnement au changement : il est important d’accompagner les acteurs dans l’adaptation de leurs pratiques pour favoriser l’appropriation des nouvelles technologies.
    • préparation du projet : le projet de santé doit identifier et intégrer les prérequis nécessaires pour un lancement opérationnel efficace, en décrivant un projet organisationnel clair.
    • rôle du numérique : le projet collectif doit définir comment le numérique peut améliorer l’offre de soins sur le territoire, en s’assurant qu’il soit au service des besoins locaux.
    • collectif d’acteurs : les projets doivent être appropriés par un collectif d’acteurs sur la base de cas d’usage validés, permettant une meilleure intégration et coopération entre les parties prenantes.

    Sur ce dernier point, l’ARS précise les acteurs et les secteurs d’activités qu’il est nécessaire d’associer, tels que :

    • les établissements médico-sociaux ;
    • les collectivités ;
    • les équipes de soins spécialisées ;
    • les maisons de santé ;
    • ainsi que les associations, CPTS, etc.

    Modalités et financement

    Les projets sélectionnés pourront recevoir un financement couvrant de 40 à 80 % de leur coût total. Certains projets non retenus peuvent faire l’objet d’un accompagnement “spécifique” qui intègre une aide de 50 % des “dépenses d’ingénierie” ou de “maîtrise d’ouvrage”, bien que la région Centre-Val de Loire précise que ces données sont indicatives.

    La date limite de dépôt est le 31 décembre 2025, avec une étude des dossiers faite au fur et à mesure et une sélection trimestrielle.

    Valoriser l’expérience acquise

    Le CPER est un instrument de coopération entre l’État et les régions, structuré autour de plans pluriannuels pour le développement territorial. Le CPER 2021-2027 se concentre sur des axes stratégiques comme :

    • le développement de la santé numérique ;
    • l’accès aux soins ;
    • la modernisation des infrastructures de santé ;
    • et globalement l’intégration du numérique dans les pratiques médicales.

    L’édition 2021-2022 des appels à projets a servi de tremplin pour cette nouvelle phase en 2024. On observe une continuité dans les objectifs, mais avec un accent mis sur la structuration territoriale et la collaboration intersectorielle. Le nouvel AMI souhaite surmonter les obstacles rencontrés précédemment, comme :

    • la conduite du changement ;
    • l’appropriation collective ;
    • la bonne définition des cas d’usage ;
    • et une bonne compréhension de la vision organisationnelle, notamment en ce qui concerne les prérequis.

     

  • ARS Ile-de-France : rééducation post-AVC, analyseurs d’urine… quels sont les 7 lauréats de l’AAP 2024 de la Dirnov ?

    Prise en charge médicale, soutien aux patients, IA… Des thématiques variées

    Lancé en mars 2024, cet appel à projets initié par la Dirnov de l’ARS Île-de-France vise à faire émerger des innovations organisationnelles pour faciliter le parcours de soins des patients et optimiser le travail des professionnels de santé. Plus globalement, de faciliter ceux qui font, et ceux qui utilisent le système de santé.

    Par exemple, l’initiative « pair-aidance » s’adresse aux aidants, en leur permettant d’échanger entre eux pour faire face à l’isolement bien connu dont ils souffrent. Les critères de cet appel à projets se doivent d’être en cohérence avec « les orientations stratégiques régionales » ; à savoir de faciliter le travail et la coopération entre les professionnels de santé, de favoriser les formations, et d’améliorer le parcours de soins des patients. Ce qui inclut la prévention, l’accès aux soins, la communication et l’intégration des proches dans le dispositif.

    Tour d’horizon des 7 lauréats :

    Amélioration de la prise en charge médicale par des outils numériques :

    • Derminconnect : propose une solution de télésuivi pour les patients atteints de dermatoses inflammatoires, combinant suivi à l’hôpital et à distance.
    • Verti-go : améliore la prise en charge des troubles de l’équilibre via une application numérique qui coordonne les soins.

    Diagnostic assisté par l’intelligence artificielle :

    • Diagnostic en ophtalmologie : offre un parcours rapide et complet en ophtalmologie, en utilisant l’IA pour fournir un diagnostic exhaustif en quelques minutes.
    • Optalim : optimise la prise en charge nutritionnelle des patients atteints de maladies rénales chroniques grâce à un analyseur d’urines connecté utilisant l’IA.

    Rééducation et soutien aux patients ;

    • Autonomie AVC : offre un espace d’autorééducation pour les patients post-AVC, axé sur la rééducation motrice et cognitive.
    • Immer-soin : utilise la réalité virtuelle pour réduire l’anxiété des enfants ayant des handicaps psychiques ou intellectuels, en les habituant à différents environnements.
    • La pair-aidance : développe des services de pair-aidance pour améliorer le parcours de soins des patients via des échanges sécurisés avec des pairs aidants formés.

    La mise en œuvre des projets sélectionnés se fera sur deux ans.

     

  • USA : création d’un comité consultatif pour le numérique en santé au sein de la FDA

    Un premier sujet autour de l’évaluation

    En octobre 2023, la Food and drug administration (FDA) avait annoncé la création d’un comité consultatif d’experts sur la santé numérique. Ce comité vise à conseiller la FDA sur les nouvelles technologies de santé comme la réalité virtuelle (VR), les dispositifs numériques en santé, la gestion des données et l’intelligence artificielle (IA).

    La phase d’appel à candidatures étant terminée, les noms des neuf membres qui feront partie de ce comité sont désormais connus. Ils ont été désignés pour un mandat de quatre ans. Aussi, il a été décidé d’intégrer d’autres représentants (consultatifs) à ce comité : un groupe représentera les industriels, et une personne les consommateurs. Ces derniers ont un mandat temporaire et ne disposent pas de droit de vote.

    La GenAI au programme de la première réunino :

    Une première réunion du comité se tiendra les 20 et 21 novembre à Gaithersburg, Maryland, et en ligne. Il commencera ses travaux, comme prévu, sur les nouvelles approches pour évaluer les technologies de santé numérique, par exemple pour les essais cliniques. Cela comprend les questions scientifiques, techniques et éthiques : risques, avantages et obstacles seront donc passés au peigne fin pour mesurer et préconiser les meilleurs solutions.

    L’ordre du jour de cette première réunion portera sur l’utilisation de l’IA générative (GenAI) dans les dispositifs médicaux et ses impacts sur la sécurité et l’efficacité des dispositifs.

    Les membres du DHAC

    Board :

    • Ami Bhatt : Directrice de l’innovation de l’American College of Cardiology.
    • James Swink, Centre pour les dispositifs et la santé radiologique de la FDA.

    Membres votants :

    • Ray Dorsey : Professeur de neurologie à l’Université de Rochester. Expertise : télémédecine et mesures numériques.
    • Yaniv Kerem : Médecin au service des urgences du Kaiser Permanente Redwood City Medical Center. Expertise : médecine d’urgence et informatique clinique.
    • Joyce Ho : Professeure associée en informatique à l’Université Emory. Expertise : apprentissage automatique et maladies chroniques.
    • Jessica Jackson : Fondatrice et PDG de Therapy is for Everyone. Expertise : psychologie et santé mentale numérique.
    • Thomas Maddox : Professeur de cardiologie à la Washington University School of Medicine. Expertise : innovation en santé.
    • Chevon Rariy : Directrice de la santé et vice-présidente principale de la santé numérique chez Oncology Care Partners. Expertise : santé numérique.
    • Laura Stanley : Professeure associée à l’École d’informatique de la Montana State University. Expertise : santé numérique et intégration des systèmes humains.

    Représentante des consommateurs au sein du conseil : 

    • Melissa Denise Clarkson : Professeure au Département de médecine interne de l’University of Kentucky College of Medicine. Expertise : informatique biomédicale et défense des droits des patients.

     

  • AAP : la santé toujours parmi les thématiques ciblées par le Concours d’innovation i-Nov (14ᵉ édition)

    Faire émerger des entreprises capables de s’exporter

    “Faire de la France un pays leader en matière de création et de développement d’entreprises innovantes”. C’est l’ambition affichée par l’État pour les filières industrielles stratégiques. Dans ce cadre, le gouvernement a lancé les “concours d’innovation”, dotés d’une enveloppe de 100 millions d’euros par an afin de stimuler l’innovation dans les technologies de pointe et de renforcer la souveraineté industrielle du pays.

    Après i-Lab et i-PhD, c’est désormais i-Nov qui prend le relais. Porté par l’État, Bpifrance et l’Ademe, cet appel à projets (AAP) vise à “soutenir le développement de projets innovants à fort potentiel pour l’économie française, portés par des start-ups ainsi que des petites et moyennes entreprises (PME)”. Cette nouvelle session ambitionne également de faire émerger des entreprises à fort potentiel de développement international. Les dimensions techniques et innovantes restent au cœur du dispositif.

    Des financements allant de 1 à 5 M€

    Financé par le plan France 2030, les coûts des projets retenus doivent se situer entre 1 et 5 millions d’euros, et viser une durée de réalisation comprise entre 12 et 36 mois. La réglementation européenne faisant autorité en matière d’aides d’État, les montants de soutien sont limités à 45 % pour les petites entreprises et 35 % pour les moyennes. Le règlement cite que “le financement apporté dans le cadre du concours d’innovation se fera sous forme d’aides d’État constituées pour 60 % de subventions et 40 % d’avances récupérables.”

    Les thématiques cibles de cette session sont : numérique, mobilité (bâtiments durables, villes et transports), énergies (ressources et milieux naturels) et enfin, la santé.

    En juillet 2023, Neuropin faisait partie des deux Grands Prix de l’i-PhD. L’entreprise de technologie médicale développe des logiciels de neuroradiologie basés sur l’intelligence artificielle (IA). De nombreux autres acteurs du domaine de la santé ont été sélectionnés et financés par ce dispositif, comme :

    • CellEmax (imagerie cellulaire) ;
    • Pulse Audition (lunettes auditives) ;
    • ou encore Pearcode (stockage de données numériques sur ADN synthétique).

    Les porteurs de projets ont jusqu’au 1er octobre 2024 pour soumettre leur dossier de candidature.

    Rappel des éditions précédentes :

    ➡️ i-PhD : Lancé en 2019, ce volet cible les doctorants et jeunes docteurs désireux de créer une start-up à partir de leurs travaux de recherche. Il vise à favoriser l’émergence de projets deeptech, en accompagnant les jeunes chercheurs dans le transfert de technologie.

    ➡️ i-Lab : Ce concours, créé en 1999, est axé sur la valorisation des résultats de la recherche publique à travers la création d’entreprises technologiques innovantes. Il soutient des projets plus matures, souvent issus de la recherche académique, qui nécessitent un financement important pour passer à l’échelle commerciale.

     

  • Accès précoce aux médicaments : le Leem propose d’expérimenter l’IA pour le recueil des données (livre blanc)

    Lourdeur administrative, multitude de plateformes… l’enjeu du recueil des données

    Dans notre bilan des faits marquants de l’été 2024, Health & Tech Intelligence est revenu sur les 12 propositions du Leem, publiées le 23 juillet dans le livre blanc “Accès précoce”. L’occasion de revenir plus en détail sur ses préconisations.

    Le rapport parle du recueil de données comme un “moyen essentiel pour obtenir des données de vie réelle dans notre système de santé”, mais pointe des obstacles qui freinent le processus d’innovation et d’accès précoce aux médicaments.

    Le Leem constate 5 limites :

    📌 Une mauvaise compréhension des enjeux du recueil de données : les objectifs de l’accès précoce ne sont pas toujours clairs pour les professionnels de santé.

    📌 Un manque de transparence sur les conventions de dédommagement : une opacité des conventions de dédommagement entre les industriels et les établissements de santé, ce qui peut freiner la collaboration nécessaire pour une collecte efficace des données.

    📌 Une lourdeur des démarches : notamment administratives, qualifiées de “complexes” et pouvant “décourager”, compromettre voire entraîner des erreurs dans la collecte des données.

    📌 Un manque d’inclusion des patients dans le processus de collecte : des patients estimés éloignés du processus et tenant un rôle de “spectateurs”, malgré la place centrale qu’ils occupent.

    Le rapport pointe également une activité chronophage, de fortes inégalités territoriales et une multitude de plateformes qui compliquent l’exercice. Enfin, dans certains établissements, notamment les plus petits ou les plus éloignés des grandes métropoles, le manque de personnel qualifié comme les attachés de recherche clinique est désavantageux.

    Meilleure inclusion des patients, définition des objectifs… Les 12 recommandations du Leem

    Pour contourner ces obstacles, les 12 propositions du LEEM mettent notamment l’accent sur la simplification, la centralisation et l’usage de l’intelligence artificielle. Il recommande de graduer les exigences selon les capacités des établissements et d’améliorer la transparence des conventions de dédommagement.

    Réparties en deux temporalités pour une meilleure appropriation (“court terme” et “long terme”), le livre blanc donne de grandes orientations pour optimiser le recueil des données dans l’accès précoce aux médicaments.

    Court terme :

    1️⃣ Créer un site unique, administré par la Haute autorité de santé (HAS).

    2️⃣ “Sanctuariser” l’entretien physique avec les patients.

    3️⃣ Au niveau réglementaire, définir les objectifs du recueil de données.

    4️⃣ Mandater l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) pour mesurer l’usage du recueil de données par la HAS dans l’évaluation des médicaments.

    5️⃣ Mettre en place un annuaire qui répertorie les références sur l’accès précoce et le recueil de données au niveau des laboratoires.

    6️⃣ Définir le périmètre de collecte en fonction des ressources des établissements.

    7️⃣ Mandater l’Igas pour évaluer l’utilisation des financements.

    Long terme :

    8️⃣ Créer un module de formation sur l’accès précoce aux médicaments et au recueil de données.

    9️⃣ Organiser un webinaire tous les ans “bilan et perspective” avec la HAS et le Leem.

    1️⃣0️⃣ Créer une plateforme et un logiciel unique de recueil de données (par la HAS, l’ANSM et le Leem).

    1️⃣1️⃣ Intégrer des associations de patients et les sociétés savantes.

    1️⃣2️⃣ Utiliser l’intelligence artificielle dans la collecte de données.