Nabil

  • EP PerMed : un appel à projets de 35 millions d’euros pour la pharmacogénomique en médecine personnalisée

    Renforcer la médecine personnalisée

    EP PerMed, soutenu par l’Union européenne dans le cadre d’Horizon Europe, a annoncé la prépublication de son appel à projets JTC2025. Ce programme vise à financer des projets de recherche multinationaux axés sur la pharmacogénomique et la personnalisation des traitements, afin d’accélérer l’intégration de la médecine personnalisée dans les pratiques cliniques européennes. Le budget alloué est estimé à 35 millions d’euros. 

    Les propositions devront concerner :

    • L’identification et la validation de biomarqueurs pharmacogénomiques à partir de données multi-omiques.
    • L’optimisation des traitements personnalisés en ajustant posologie et gestion des risques d’effets indésirables.
    • L’intégration de méthodologies interdisciplinaires (bioinformatique, économie de la santé, recherche clinique et préclinique).

    Calendrier

    • Mi-décembre 2024 : Publication officielle de l’appel.
    • 18 février 2025 : Clôture des pré-propositions.
    • Juin 2025 : Dépôt des propositions complètes.
    • Fin 2025 – début 2026 : Démarrage des projets sélectionnés.

    Une journée d’information dédiée à la communauté scientifique est prévue le 9 janvier 2025.

    Collaboration et participation attendue

    L’appel encourage les consortiums interdisciplinaires et intersectoriels, incluant :

    • Universités et instituts de recherche.
    • Secteur clinique et de santé publique.
    • Partenaires privés, PME et organisations de patients.

    23 pays et 10 régions européennes sont impliqués, parmi lesquels l’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Italie. Chaque équipe sera financée par son organisme national ou régional. EP PerMed prévoit également un outil de partenariat pour faciliter la mise en relation des équipes de recherche.

     

  • Google lance un accélérateur pour des solutions d’IA générative à impact social : un appel mondial de 30 millions de dollars

    Un soutien pour des projets à fort impact

    En 2023, Google a investi dans 15 projets alimentés par l’IA, incluant des initiatives en santé numérique pour améliorer l’accès aux soins et l’expérience des prestataires. Chaque initiative a bénéficié de 3 millions de dollars en assistance technique, financement direct et crédits Google Cloud, certains projets bénéficiant même de bourses Google, mobilisant des employés à temps plein. Désormais, c’est au tour des initiatives à impact social de bénéficier du même programme, avec une dotation de 30 millions de dollars pour identifier et accompagner des organisations à but non lucratif, des entités civiques, des institutions académiques et des entreprises sociales souhaitant exploiter l’IA générative (GenAI) à des fins d’impact social. Les initiatives retenues bénéficieront d’un programme structuré de six mois comprenant mentorat, formation technique et crédits Google Cloud.

    Les candidats devront démontrer une utilisation pertinente et innovante de la GenAI pour répondre à des problématiques dans trois domaines prioritaires de Google :

    • Connaissances et apprentissages : créer des outils permettant aux individus d’acquérir des compétences et des connaissances pour prospérer.
    • Progrès scientifiques : accélérer les percées scientifiques grâce à l’IA et renforcer les collaborations entre universités, instituts de recherche et ONG.
    • Communautés résilientes : développer des solutions pour construire des sociétés plus solides, améliorer la sécurité en ligne et renforcer la résilience face aux crises.

    Processus de sélection et accompagnement

    L’évaluation des candidatures se fera sur des critères tels que la faisabilité, l’efficacité de l’utilisation de la GenAI, le potentiel d’évolutivité et la capacité à tirer parti de l’accélérateur. Outre le financement, les projets retenus recevront un soutien de la part des employés de Google, qui travailleront bénévolement aux côtés des équipes participantes.

    Google souligne également l’importance de la formation technique pour aider ces organisations à concrétiser leurs projets.

  • Commure acquiert Memora Health pour renforcer la personnalisation des soins de santé

    Une collaboration pour des soins mieux adaptés

    Cette alliance technologique ouvre la voie à une gestion plus fluide et plus personnalisée des soins. L’intégration des outils de navigation des soins de Memora Health au moteur CommureOS renforcera la personnalisation des parcours de soins. Commure, qui propose une plateforme de développement conforme aux standards FHIR, et Memora, spécialisée dans la gestion automatisée des besoins complexes des patients, s’unissent pour offrir une solution combinée.

    La plateforme améliorée permettra aux prestataires de santé d’optimiser la coordination des soins grâce à des rappels automatisés, des communications simplifiées et des outils de suivi adaptés. L’objectif est de simplifier les flux de travail des professionnels et d’améliorer le soutien apporté aux patients tout au long de leur parcours.

    Une acquisition qui complète un portefeuille existant

    Pour Commure, cette acquisition renforce un portefeuille de solutions bien diversifié, comprenant notamment Scribe, un outil de documentation clinique alimenté par l’intelligence artificielle, et des badges connectés pour la sécurité des travailleurs de la santé. Memora vient enrichir cette offre dans les domaines de l’engagement des patients, de la gestion des revenus et des systèmes de localisation en temps réel.

    Les dirigeants des deux entreprises ont souligné les bénéfices de ce rapprochement. Tanay Tandon, PDG de Commure, évoque “une opportunité d’accroître l’impact des outils numériques sur la qualité des soins”. De son côté, Kunaal Naik, cofondateur de Memora Health, met en avant la capacité de cette intégration à “toucher des millions de patients à travers des solutions de nouvelle génération.”

    Une dynamique de croissance pour les deux entreprises

    Commure, valorisée à 3,5 milliards de dollars après plusieurs levées de fonds en 2021, a précédemment acquis Karuna Health, consolidant son expertise dans les solutions de communication pour les soins. Memora a levé 30 millions de dollars en 2022 avec le soutien de General Catalyst et d’autres investisseurs, tout en nouant des partenariats stratégiques comme celui avec PeriGen pour la santé périnatale.

  • Doctolib déploiera, dès février 2025, une garantie de paiement des complémentaires santé pour sécuriser la pratique du tiers payant

    Sécuriser la facturation des professionnels de santé : en déploiement progressif jusqu’en février 2025

    Doctolib annoncé le lancement d’une garantie de paiement des complémentaires santé qui sera progressivement déployée auprès de l’ensemble des utilisateurs d’ici février 2025. Cette solution, actuellement en phase de bêta-test auprès d’une centaine de soignants, vise à pallier les difficultés rencontrées par les professionnels de santé lors de l’application du tiers payant intégral. Actuellement, environ 6 % des paiements réalisés par les complémentaires santé sont rejetés, obligeant les soignants à initier des procédures de recouvrement souvent longues et complexes. Cette charge administrative conduit de nombreux praticiens à renoncer à certaines factures impayées.

    Un dispositif technique pour simplifier le tiers payant intégral

    Avec cette nouvelle garantie de paiement, Doctolib propose un outil intégré à sa plateforme permettant de :

    • Vérifier en temps réel les droits du patient.
    • Connaître le montant couvert par la complémentaire santé au moment de la facturation.
    • Assurer la prise en charge pour chaque facture, réduisant les risques de rejet.
    • Sécuriser les revenus des soignants, avec un gain potentiel de 100 € mensuels préservés pour certaines professions, comme les masseurs-kinésithérapeutes.

    Cette simplification administrative répond à une demande récurrente des médecins libéraux, souvent confrontés à des rejets de paiement chronophages.

    Un levier pour améliorer l’accès aux soins

    Au-delà des bénéfices pour les soignants, cette initiative pourrait avoir un impact positif sur l’accès aux soins. En France, près d’un quart des patients renonce à des soins ou à des équipements médicaux pour des raisons financières, souvent liées à l’obligation d’avancer les frais. Avec cette garantie de paiement, les patients n’auront plus à avancer la part couverte par leur complémentaire, réduisant ainsi les inégalités sociales d’accès aux soins.

    Selon Jean-Urbain Hubau, Directeur général France de Doctolib : « Cette nouvelle solution était très attendue par nos utilisateurs. Elle offrira une gestion simplifiée des paiements et réduira drastiquement les tâches administratives des soignants tout en garantissant un accès aux soins sans avance de frais pour les patients. »

     

  • Quels bilans et enseignements pour le secteur de la santé en 2024 ?

    Bilan 2024 et perspectives 2025 de l’AIS : positionner la France comme un acteur de référence dans l’innovation en santé :

    Un plan de 54 milliards d’euros, 400 projets accompagnés et des avancées dans la bioproduction placent la France au 2ᵉ rang européen en biomédicaments. Un point sur la mise en œuvre et les premières réalisations de la feuille de route de l’AIS.

    IA et données de santé : bilan des cadres réglementaires 2024 en France, en Europe et aux États-Unis :

    L’année 2024 a été marquée par des annonces réglementaires dans le secteur de la santé : entrée en vigueur de l’AI Act européen, déploiement de HOP’EN 2 en France. Voici un tour d’horizon de quelques-unes d’entre elles.

    Bilan 2024 : Reprise des fusions dans les medtech avec 38 acquisitions, dont 13,1 milliards de dollars pour Shockwave Medical :

    Le secteur des technologies médicales a connu en 2024 une forte reprise des opérations de fusion-acquisition, avec 38 transactions réalisées, en hausse de 72 % par rapport à 2023. Johnson & Johnson a mené cette dynamique avec l’acquisition de Shockwave Medical pour 13,1 milliards de dollars, renforçant sa position dans le secteur cardiovasculaire.

    Bilan 2024 : Les institutions de santé françaises réclament des réformes structurelles :

    Face à un déficit prévisionnel de 11,4 milliards d’euros pour 2024, la CNAM, la DGS et la FHF publient des rapports appelant à des réformes profondes. Prévention, responsabilité populationnelle et innovation numérique figurent parmi les solutions avancées pour moderniser le système de santé.

    Qualité des soins en 2024 : des résultats encourageants malgré des disparités à corriger :

    La Haute Autorité de Santé (HAS) publie en décembre 2024 un bilan national sur la qualité des soins dans les établissements français, basé sur 21 indicateurs et près de 70 % des décisions de certification rendues. Si la satisfaction des patients progresse, des disparités régionales et sectorielles persistent, notamment en psychiatrie et sur la prévention des infections.

    Les nominations marquantes dans le secteur de la santé en 2024 :

    En 2024, le paysage institutionnel de la santé en France a été remanié, marqué par plusieurs changements et nominations ministérielles. De Catherine Vautrin à Yannick Neuder, en passant par des directions majeures comme la CNAM, la CNSA ou encore le Snitem. Point récapitulatif de certaines nominations durant cette année.

    Certification, téléconsultation, financement : récapitulatif des textes parus au JO en 2024 :

    De nouvelles règles encadrent désormais la certification des professionnels de santé, la téléconsultation ou encore la prise en charge des dispositifs numériques. Bilan de quelques décrets, arrêtés et textes parus au JO en 2024.

     

  • Bilan 2024 et perspectives 2025 de l’AIS : positionner la France comme un acteur de référence dans l’innovation en santé

    Un accompagnement structuré au service de l’innovation

    L’Agence de l’innovation en santé (AIS) a dressé un bilan des avancées en matière de recherche, d’innovation et de soutien aux projets de santé numérique et biomédicale. Depuis le lancement de son guichet unique à destination des porteurs de projets, l’AIS a accompagné plus de 400 initiatives innovantes dans le domaine de la santé, affichant un taux de satisfaction de 85 %. Ce guichet centralisé simplifie l’accès aux financements publics et oriente les acteurs vers les dispositifs de soutien les mieux adaptés à leur niveau de maturité. L’agence s’est engagée sur 12 chantiers prioritaires définis dans le cadre de France 2030, couvrant des secteurs stratégiques tels que, les biothérapies et la bioproduction, la santé numérique, les dispositifs médicaux innovants, la prévention et la gestion des maladies infectieuses émergentes. Ce cadre a permis à la France de passer de la 3ᵉ à la 2ᵉ place européenne dans le domaine des biomédicaments, devant l’Allemagne et la Suisse.

    Développement des bioclusters et renforcement de l’excellence scientifique

    L’AIS a contribué au déploiement de cinq bioclusters, des pôles d’excellence associant laboratoires, centres de soins et entreprises innovantes comme Paris Saclay Cancer Cluster (oncologie), Brain&Mind (neurosciences et ophtalmologie), ou encore le MIB Marseille (immunologie). L’agence a financé 22 chaires d’excellence qui soutiennent des recherches. Ces initiatives renforcent l’attractivité scientifique du pays.

    • Création de 5 bioclusters thématiques regroupant laboratoires, centres de soins et entreprises, notamment dans le domaine du cancer et des neurosciences.
    • 22 chaires d’excellence ont été financées pour soutenir des projets de recherche ambitieux.
    • 12 nouveaux Instituts Hospitalo-Universitaires (IHU) ont été installés, renforçant l’attractivité de la France pour la recherche et les essais cliniques.

    Structuration du parcours de l’innovation et accompagnement renforcé

    L’AIS a renforcé son soutien direct aux porteurs de projets innovants. Pour 2025, l’agence prévoit de déployer un parcours structuré autour de l’innovation pour accompagner plus efficacement les porteurs de projets, quel que soit leur niveau de développement. Ce dispositif comprendra :

    • La mise en place d’un label AIS pour certifier les projets alignés avec les priorités de santé publique.
    • Un soutien renforcé via des expertises techniques et des conseils personnalisés.
    • Des partenariats avec les autorités sanitaires (HAS, ANSM) et des pôles de compétitivité.

    Un accent est aussi mis sur la simplification des démarches, notamment via l’outil G_NIUS, ciblant les innovations non numériques comme les dispositifs médicaux et biomédicaments.

    Prévention et innovations organisationnelles

    L’État a lancé en août 2024 une stratégie de prévention santé dotée de 170 millions d’euros, visant à soutenir des projets innovants portés par des consortiums public-privé. Plus de 800 acteurs ont déjà manifesté leur intérêt lors de webinaires organisés par l’AIS. Par ailleurs, l’agence poursuit ses efforts pour :

    • Décentraliser et digitaliser la recherche clinique afin d’étendre l’accès aux essais cliniques sur tout le territoire.
    • Tester de nouvelles méthodologies cliniques, notamment pour les maladies rares et les populations fragiles.

    Récemment, Parmi les lauréats soutenus par l’Agence de l’innovation en santé, trois projets se distinguent par leur impact. OPTALIM propose un analyseur d’urines connecté permettant un suivi précis et en temps réel des maladies rénales, facilitant la détection précoce des complications. DermInConnect pour le suivi des dermatoses inflammatoires en offrant un système de télésurveillance, réduisant ainsi les déplacements des patients et améliorant la continuité des soins. Enfin, Immer-Soin exploite la réalité virtuelle pour diminuer l’anxiété des enfants hospitalisés, en leur offrant des expériences immersives apaisantes avant des procédures médicales, contribuant à un meilleur vécu des soins pédiatriques.

    Des avancées dans la gestion des données

    L’ARS Île-de-France a lancé Datalogue, un outil initialement destiné à ses équipes, désormais accessible à tous, qui recense et décrit les données de santé disponibles. Il facilite l’accès aux informations sur leur origine et leur gestion, renforçant ainsi la transparence et l’aide à la décision. L’agence encourage la mise à jour régulière de la plateforme et la déclaration de nouvelles sources. Par ailleurs, le programme HOP’EN 2, soutenu par l’AIS, vise à moderniser les systèmes d’information hospitaliers en améliorant l’interopérabilité des données avec Mon espace santé.

    Rappel des moyens en faveur de la stratégie du numérique en santé

    • 81 millions d’euros alloués à la formation de l’ensemble des acteurs de la filière santé numérique.
    • 60 millions d’euros investis dans des Programmes et Équipements Prioritaires de Recherche (PEPR).
    • 20 millions d’euros par an dédiés à un appel à projets visant à évaluer le bénéfice médical et/ou économique des dispositifs médicaux numériques et basés sur l’intelligence artificielle.
    • 63 millions d’euros consacrés à la création de 30 tiers-lieux d’expérimentation d’ici 2025.
    • 95 millions d’euros investis pour soutenir l’excellence de la filière de l’imagerie en France.
    • 50 millions d’euros supplémentaires pour renforcer les aides à l’innovation ciblant les nouveaux usages numériques en santé.

    Perspectives pour 2025

    Avec un budget de 54 milliards d’euros alloué au plan France 2030, l’AIS poursuit son objectif : positionner la France comme un acteur de référence dans l’innovation en santé, au bénéfice des patients et des professionnels du secteur. Pour 2025, l’AIS prévoit de nouvelles actions structurantes comme :

    • Un tour de France de l’innovation avec des colloques thématiques sur l’investissement et l’attractivité territoriale.
    • Un outil d’horizon scanning pour anticiper l’impact des innovations sur le système de santé.
    • Renforcement de la visibilité internationale, avec la participation à des événements comme le congrès BIO.
  • Bilan 2024 : Les institutions de santé françaises réclament des réformes structurelles

    Une année marquée par des recommandations stratégiques pour la santé

    2024 a été particulièrement riche en publications stratégiques dans le domaine de la santé. Alors que la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) annonce un déficit de 11,4 milliards d’euros, plusieurs rapports institutionnels majeurs ont été dévoilés, proposant des pistes de réforme pour améliorer l’efficacité du système de soins français. Parmi les documents figurent le rapport Charges et Produits de la CNAM, le projet stratégique 2024-2026 de la Direction Générale de la Santé (DGS), le rapport de Santé Publique France et le livre blanc de la Fédération Hospitalière de France (FHF). Tous convergent vers une même priorité : renforcer la prévention et la coordination des soins tout en exploitant le potentiel des données de santé.

    La CNAM : économiser tout en renforçant la prévention

    Le rapport Charges et Produits de la CNAM, publié le 19 juillet 2024, dresse un constat grave : un déficit prévisionnel de 11,4 milliards d’euros. Pour redresser la situation, l’Assurance Maladie propose un double levier :

    • Des mesures d’économies : fin du remboursement des prescriptions émises par des médecins non conventionnés, réduction des arrêts maladie jugés excessifs et renforcer le contrôle des actes d’imagerie et des transports sanitaires.
    • Un renforcement de la prévention : lancement du dispositif Mon Bilan Prévention centré sur le dépistage des maladies chroniques (cardiovasculaires, rénales) et la santé des femmes (endométriose, cancer du sein).

    La santé mentale des jeunes est également ciblée, avec la formation des médecins généralistes pour mieux repérer les troubles mentaux et adapter les prescriptions de psychotropes.

    La DGS met l’accent sur la gestion des crises et l’équité d’accès

    Le projet stratégique 2024-2026 de la DGS s’aligne sur la Stratégie Nationale de Santé et développe quatre axes majeurs :

    • Anticipation des crises sanitaires : relocalisation de la production de médicaments essentiels et modélisation avancée des données pour prévoir les risques.
    • Renforcement de la prévention : intensification des campagnes anti-tabac et actions ciblées dans les écoles.
    • Lutte contre les inégalités d’accès : déploiement d’unités mobiles de santé dans les zones rurales et ultra-marines, y compris en Seine-Saint-Denis.
    • Santé durable : réduction de l’empreinte carbone des établissements de santé via l’usage d’équipements éco-responsables.

    Santé Publique France : la donnée au service de la prévention

    Le rapport Éclairer de Santé Publique France, publié en août 2024, souligne l’importance des données de santé pour prévenir les crises et améliorer la gestion des soins. L’outil présenté est le projet Orchidée, une initiative exploitant l’intelligence artificielle pour analyser les données hospitalières à grande échelle. Son objectif est de surveiller plus efficacement les épidémies grâce à des signaux d’alerte précoces.

    La FHF défend une approche territoriale et collaborative

    Dans son livre blanc publié cet été, la Fédération Hospitalière de France (FHF) promeut le modèle de Responsabilité Populationnelle (RP), visant à coordonner les soins au niveau des territoires pour répondre de manière plus ciblée aux besoins de santé publique. Un exemple marquant : en Haute-Saône, un RP approche de RP a permis de réduire de 50 % les hospitalisations d’urgence pour le diabète, tout en augmentant les prises en charge ambulatoires. La FHF propose de généraliser cette approche à d’autres territoires, avec :

    • Une meilleure coordination entre médecine de ville et établissements hospitaliers.
    • Le développement de la télémédecine et des outils numériques pour fluidifier le parcours de soins.

    Médicaments innovants : le LEEM alerte sur l’accès précoce

    Le LEEM (syndicat des entreprises du médicament) a publié, pour améliorer l’accès précoce aux médicaments innovants pour les patients atteints de maladies rares ou graves, 12 recommandations comme la création d’une plateforme unique (centralisant la collecte des données), un soutien financier graduel selon les capacités des établissements, et une meilleure formation des professionnels de santé. En revanche, les principaux freins identifiés sont :

    • Manque de transparence : opacité des conventions de dédommagement entre laboratoires et établissements.
    • Complexité du recueil de données : multiplicité des plateformes de collecte et manque de personnel formé.

    IA et santé : le Sénat recommande un accès facilité aux données et des investissements renforcés

    Un rapport sénatorial publié en août 2024 met en lumière les bénéfices de l’intelligence artificielle (IA) pour la santé, tout en soulignant des obstacles persistants. Le Sénat appelle à un accès sécurisé et accéléré aux données de santé, à une meilleure formation des professionnels et à un soutien financier accru pour accompagner l’innovation.

    • Aide au diagnostic : notamment dans l’imagerie médicale et l’ophtalmologie, où l’IA améliore la précision des interprétations et contribue à la détection précoce des pathologies.
    • Gestion des données de santé : l’IA permet d’analyser de vastes volumes de données pour un suivi prédictif des patients, facilitant la prévention et la prise en charge des maladies chroniques.

    Malgré ces avancées technologiques, plusieurs obstacles freinent encore l’intégration de l’IA dans le système de santé français. Le rapport sénatorial pointe particulièrement des délais d’accès excessivement longs aux données médicales, estimés en moyenne à 18 mois en France, contre quelques semaines dans des pays comme les États-Unis ou Israël. Cette lenteur administrative empêche le développement rapide de solutions innovantes et limite les capacités de recherche. Le cadre éthique et réglementaire demeure également flou, générant des réticences importantes, tant chez les professionnels de santé que chez les patients. Ces incertitudes nourrissent des résistances culturelles, certains soignants craignant que l’IA puisse conduire à une standardisation des soins, voire à une déshumanisation de la relation entre le patient et le médecin.

    Pour lever ces freins, le Sénat recommande des mesures visant à accélérer l’intégration de l’IA dans les pratiques médicales. L’accès aux données de santé doit être simplifié et sécurisé. Par ailleurs, le rapport insiste sur la nécessité d’une formation renforcée des professionnels de santé. Le Sénat préconise ainsi la création de fonds publics spécifiquement dédiés à l’innovation technologique dans le domaine de la santé. Ce soutien permettrait de financer des projets pilotes et des expérimentations. Enfin, le rapport souligne la nécessité de moderniser la réglementation autour de l’IA en santé. La mise en place de standards communs et de protocoles d’évaluation clairs.

    L’ensemble de ces rapports convergent vers une même conclusion : la nécessité d’une transformation structurelle du système de santé français. Le renforcement de la prévention, l’usage stratégique des données de santé et l’intégration des innovations numériques sont désormais des priorités claires.

     

  • Qualité des soins en 2024 : des résultats encourageants malgré des disparités à corriger

    Une amélioration globale des indicateurs de qualité des soins

    En 2024, la HAS a mesuré 21 indicateurs de qualité et de sécurité des soins, couvrant la médecine-chirurgie-obstétrique (MCO), les soins médicaux et de réadaptation (SMR), l’hospitalisation à domicile (HAD) et la psychiatrie. Les résultats, disponibles sur le service Qualiscope, révèlent une amélioration générale de la satisfaction des patients, avec des scores de 79,5/100 en chirurgie ambulatoire, 76,7/100 en SMR et 74,8/100 pour les hospitalisations longues en MCO. La participation des patients aux enquêtes de satisfaction a également progressé, avec 1,35 million de réponses, dont 760 000 issues de la chirurgie ambulatoire. Près de 91 % des établissements affichent des résultats satisfaisants en chirurgie ambulatoire, contre 66 % en MCO.

    Certification : un bilan globalement positif mais contrasté

    Près de 70 % des décisions de certification ont été rendues en 2024. Le bilan est globalement favorable, 87 % des établissements obtenant des résultats positifs, dont 23 % avec la mention « Haute qualité des soins ». Toutefois, 13 % des structures n’atteignent pas les standards exigés, 9 % étant certifiées sous conditions et 4 % non certifiées. Les meilleurs résultats sont observés dans les CHU et centres de lutte contre le cancer, tandis que les établissements psychiatriques et certaines régions comme les DOM, hors La Réunion, affichent des performances inférieures.

    Des disparités sectorielles et des points à améliorer

    Certains indicateurs restent préoccupants. En psychiatrie, malgré une amélioration de l’évaluation cardiovasculaire et métabolique (69 % des patients évalués, +9 points depuis 2021), la gestion des comorbidités et des risques d’addictions nécessite encore des efforts. En prévention des infections, la consommation de solutions hydroalcooliques a baissé pour la deuxième année consécutive, atteignant seulement 79 % des objectifs fixés. Le taux de vaccination antigrippale des soignants reste insuffisant, avec seulement 19 % des établissements atteignant un niveau convenable.

    Des innovations numériques pour une amélioration continue

    La HAS a intégré l’intelligence artificielle dans l’outil e-Satis pour faciliter l’analyse des commentaires des patients. Cet algorithme, opérationnel depuis septembre 2024, permet de mieux identifier les points forts et axes d’amélioration des établissements à travers des analyses thématiques automatisées.

    En 2025, la HAS prévoit de nouveaux indicateurs pour mieux évaluer la qualité perçue, notamment l’expérience des patients en psychiatrie et l’hygiène des mains dans les établissements. Un sixième cycle de certification sera lancé, intégrant des critères renforcés sur la santé mentale, les soins critiques et l’usage des dispositifs médicaux numériques.

     

  • Bilan 2024 : Reprise des fusions dans les medtech avec 38 acquisitions, dont 13,1 milliards de dollars pour Shockwave Medical

    Un marché des medtech en forte reprise

    Après un ralentissement post-pandémique, les opérations de fusion et acquisition dans le secteur des medtech ont connu un regain d’activité en 2024. Selon les analystes de BTIG, 38 opérations avaient été conclues au 12 décembre, contre 22 sur l’ensemble de l’année 2023. Ce volume, bien qu’inférieur aux 48 opérations de 2021, fait de 2024 la deuxième année la plus active depuis 2011. Les acquisitions ont couvert des montants variés, allant des méga-rachats, comme celui de Shockwave Medical par Johnson & Johnson (13,1 milliards de dollars), à des prises de contrôle ciblées, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle (Stryker et Care.ai, GE Healthcare et Intelligent Ultrasound Group).

    Johnson & Johnson consolide son leadership cardiovasculaire

    Le rachat de Shockwave Medical par Johnson & Johnson, finalisé le 31 mai 2024 pour 13,1 milliards de dollars, a renforcé la position du groupe dans le traitement des maladies coronariennes et artérielles périphériques. Cette acquisition a généré 229 millions de dollars de chiffre d’affaires au troisième trimestre 2024 et porté les revenus cumulés des actifs acquis à plus de 300 millions de dollars. Cette transaction s’inscrit dans la stratégie d’expansion de J&J dans le secteur cardiovasculaire, après le rachat d’Abiomed pour 16,6 milliards de dollars en 2022.

    Acquisitions stratégiques et expansion des portefeuilles

    D’autres transactions ont marqué l’année :

    • BD et le groupe de soins intensifs d’Edwards : Rachat de l’activité de surveillance avancée des patients (APM) pour 4,2 milliards de dollars, contribuant à 74 millions de dollars de chiffre d’affaires au quatrième trimestre 2024.
    • Patient Square Capital et Patterson Companies : Acquisition annoncée en décembre pour 4,1 milliards de dollars, visant le secteur des produits dentaires et vétérinaires.
    • Boston Scientific et Axonics : Rachat à 3,7 milliards de dollars, renforçant le segment urologie avec des dispositifs pour traiter les troubles urinaires et intestinaux.

    L’IA et la santé numérique dans les stratégies d’acquisition

    L’intelligence artificielle a été un axe des acquisitions 2024. Stryker a racheté Care.ai, spécialisé dans l’IA clinique. GE Healthcare a renforcé ses capacités dans l’échographie avec l’acquisition de Intelligent Ultrasound Group. L’objectif de ces opérations est double : améliorer la prise en charge des patients grâce à des solutions d’aide à la décision basées sur l’IA et moderniser les outils de diagnostic.

    Des moteurs de croissance pour 2025

    Le marché des technologies médicales a également vu des acquisitions à vocation géographique ou sectorielle : Quest Diagnostics a acquis LifeLabs pour 1,35 milliard de dollars canadiens (environ 985 millions USD) afin de se renforcer sur le marché canadien. Owens & Minor a racheté Rotech Healthcare Holdings pour 1,36 milliard de dollars. Cette dynamique devrait se poursuivre, soutenue par plusieurs facteurs :

    • Pression sur les revenus futurs : L’industrie fait face à l’expiration de nombreux brevets, avec un “cliff” estimé à 120 milliards de dollars de pertes de revenus d’ici 2028.
    • Capacité financière élevée : Les grandes entreprises disposent d’une capacité d’investissement proche de 1 370 milliards de dollars, un niveau quasi record.
    • Conditions économiques favorables : La baisse des valorisations et un accès limité aux financements facilitent les acquisitions stratégiques.

    Un intérêt renforcé pour l’oncologie et les maladies rares

    Les secteurs clés des transactions restent dominés par l’oncologie, qui représentera à lui seul 35 % de la croissance du marché biopharmaceutique d’ici 2028, mais aussi les maladies rares. Ces dernières bénéficient de conditions réglementaires favorables, attirant les investisseurs malgré des coûts d’acquisition élevés. Par exemple, Amgen a acquis Horizon Therapeutics pour 27,8 milliards de dollars et Biogen a investi 7,3 milliards de dollars dans Reata Pharmaceuticals, reflétant l’intérêt croissant pour ces segments de niche.

    Les entreprises semblent privilégier des acquisitions stratégiques ciblant des actifs en phase avancée de développement. En parallèle, les partenariats et collaborations se multiplient, permettant d’accéder à l’innovation sans engagement financier total. En 2024, les acquisitions dans le secteur des medtech ont reflété des stratégies de diversification et de consolidation, soutenues par des investissements dans l’innovation technologique et l’IA. La croissance des opérations, portée par la transformation numérique et l’expansion géographique, devrait se poursuivre, redéfinissant les modèles économiques et les offres de soins dans les années à venir.

     

  • Les nominations marquantes dans le secteur de la santé en 2024

    Changement de ministre

    En 2024, le ministère de la Santé en France a connu plusieurs changements :

    • Catherine Vautrin : Nommée ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités le 11 janvier 2024, elle a succédé à Agnès Firmin-Le Bodo, qui assurait l’intérim après la démission d’Aurélien Rousseau.
    • Frédéric Valletoux : Le 8 février 2024, il a été nommé ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention dans le gouvernement de Gabriel Attal.
    • Geneviève Darrieussecq : Le 21 septembre 2024, elle a été nommée ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, succédant à Frédéric Valletoux.
    • Yannick Neuder : Le 23 décembre 2024, il a été nommé ministre délégué chargé de la Santé et de l’Accès aux soins dans le gouvernement de François Bayrou, devenant ainsi le septième titulaire de ce poste en deux ans et demi.

    Autres nominations 2024 

    24/04 : Pierre Pribile nommé directeur de la sécurité sociale (DSS) : A la suite d’un décret datant du 24 avril 2024, Pierre Pribile prend ses fonctions ce jour, en tant que directeur de la sécurité sociale (DSS). Il succède ainsi à Franck Von Lennep qui lui est nommé conseiller à la Cour des comptes.

    06/05 : Frédéric Girard, président de France Biotech : Le conseil d’administration de l’association France Biotech a élu Frédéric Girard comme nouveau président. Il succède ainsi à Franck Mouthon qui, lui, a été nommé en mars 2024 directeur exécutif de l’agence de programmes pour la recherche en santé de l’Inserm.

    17/06 : Thierry Hulot réélu président des entreprises du médicament pour 2 ans : Président directeur général de Merck en France depuis février 2017, Thierry Hulot a été réélu à la présidence du Leem, le syndicat professionnel des entreprises du médicament. A ce poste depuis juillet 2022, il entame ainsi un nouveau mandat de deux ans.

    25/06 : Fredrik Edström, nouveau directeur général France de l’entreprise de téléconsultation Livi : Ancien directeur général de l’éditeur de logiciels de paiement Planet, Fredrik Edström est devenu directeur général France de la société Livi qui est aussi présente en Suède, en Norvège et au Royaume-Uni. Il succède à Quentin Pernez qui a quitté le groupe Kry/Livi, en mars 2023.

    16/07 : Maëlig Le Bayon nommé directeur de la CNSA : Directeur du cabinet des deux dernières ministres chargées des personnes âgées et des personnes handicapées depuis juillet 2022, Maëlig Le Bayon a été nommé directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) par un décret du Président de la République. Il débutera ces fonctions le 2 septembre 2024 en remplacement de Virginie Magnant, directrice depuis mai 2019.

    03/09 : Mariana Kuras nommée directrice Data du Paris Saclay cancer cluster (PSCC) : Mariana Kuras prend les fonctions de Directrice Data au Paris Saclay Cancer Cluster (PSCC), apportant son expertise dans la gestion de projets en oncologie et données de vie réelle. Elle aura pour mission de coordonner les initiatives de données de santé pour renforcer les innovations cliniques dans la lutte contre le cancer.

    17/09 : Franck Von Lennep nommé vice-président du conseil stratégique de l’innovation en santé : Franck Von Lennep, ancien directeur de la sécurité sociale, a été désigné vice-président du conseil stratégique de l’innovation en santé par arrêté du 17 septembre 2024. Il succède à Dominique Polton en tant que personnalité qualifiée et jouera un rôle clé dans l’orientation des politiques d’innovation en santé en France.

    30/09 : Julie Huguet nommée à la tête de la Mission French Tech : cofondatrice de la plateforme de mise en relation Coworkees, elle a été nommée directrice générale de la Mission French Tech le 30 septembre 2024, succédant à Clara Chappaz, désormais secrétaire d’État chargée de l’intelligence artificielle et du numérique.

    03/10 : Nicolas Scotté nommé directeur général de l’Institut national du cancer : qui succède à Thierry Breton, Nicolas Scotté sera notamment chargé de la mise en œuvre de la stratégie décennale de lutte contre les cancers ainsi que des missions de l’Institut.

    10/10 : Nomination de Martin Trelcat comme directeur adjoint de cabinet de la ministre de la Santé : Par arrêté en date du 10 octobre 2024, Martin Trelcat est nommée directeur adjoint du cabinet de Geneviève Darrieussecq, ministre de la Santé et de l’accès aux soins à compter du 14 octobre 2024. Retrouvez la composition du cabinet de Geneviève Darrieussecq en bas de l’article.

    01/11 : Catherine Paugam-Burtz nommée directrice générale : Directrice générale adjointe de l’AP-HP depuis juin 2020, Catherine Paugam-Burtz a quitté le plus grand CHU de France où elle a exercé de 1997 à 2024 pour prendre la direction générale de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Elle a été nommée par un décret du président de la République publié le 1er novembre 2024.

    16/12 : François Hébert nommé directeur général délégué du Snitem : Fort d’une carrière de près de 30 ans, dont 15 ans dans le secteur de la santé, et d’un parcours mêlant administration publique, régulation sanitaire et industrie, François Hébert rejoint le Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (Snitem), en tant que directeur général délégué, avec l’ambition de renforcer la capacité stratégique du syndicat.

    21/11 : Frédéric Lavie nommé directeur de la recherche, de l’innovation et de la santé Publique : Médecin rhumatologue et immunologiste, le Dr Frédéric Lavie prendra à partir du 21 novembre 2024 les rênes de la direction de la Recherche, de l’Innovation et de la Santé Publique au Leem. Il succède ainsi au Dr Thomas Borel.

    17/12 : Sylvie Nhansana, nouvelle PDG de Qare pour une nouvelle phase stratégique : Sylvie Nhansana prend la tête de Qare, société de téléconsultation. Elle succède à Olivier Thierry, qui devient administrateur après avoir dirigé l’entreprise depuis 2019.