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  • L’Hôpital Fondation Rothschild obtient 2,2 M$ de Meta pour une plateforme de recherche alliant IA et neurosciences

    Un partenariat autour de l’IA et des neurosciences

    L’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild a conclu un partenariat de 2,2 millions de dollars avec Meta pour créer une plateforme de recherche dédiée à l’intersection entre intelligence artificielle, neurosciences et nouvelles technologies. L’annonce a été faite à Paris lors de l’Artificial Intelligence Action Summit 2025 par Joëlle Pineau (Université McGill, VP recherche en IA chez Meta) et Yann Le Cun (New York University, directeur scientifique IA de Meta), aux côtés des porteurs du projet, le chercheur Jean-Rémi King (Meta) et le neurochirurgien Pierre Bourdillon (Fondation Rothschild et Université Paris Cité).

    Une technologie de neuro-imagerie inédite

    Le projet s’appuie sur deux piliers : l’enregistrement de l’activité cérébrale via une nouvelle technologie de magnétoencéphalographie – la MEG OPM (Optically Pumped Magnetometers) – et l’analyse des signaux obtenus grâce à des techniques d’intelligence artificielle. Le dispositif MEG OPM, porté comme un casque, permet de mesurer les champs magnétiques émis par l’activité neuronale, sans implantation ni procédure invasive.

    L’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild est reconnu internationalement pour la prise en charge de l’épilepsie pharmaco-résistante. Aujourd’hui, la localisation des zones épileptogènes repose souvent sur l’implantation d’électrodes intracrâniennes. Le recours à la MEG OPM, couplé à l’IA, pourrait affiner ce ciblage, voire permettre d’éviter l’implantation dans certains cas. En France, environ 30 % des épilepsies sont résistantes aux traitements médicamenteux, soit 450 nouveaux cas chirurgicaux par an, selon la HAS.

    Au-delà de l’épilepsie, la plateforme s’inscrit dans un programme plus vaste de recherche fondamentale sur le décodage neuronal. L’enjeu est d’extraire, à partir de données MEG OPM, des représentations mentales liées à la parole, au mouvement ou à la vision, afin d’alimenter les futures interfaces cerveau-machine.

    Un soutien stratégique de Meta

    Pour Meta, ce projet illustre l’engagement de son laboratoire FAIR dans la recherche ouverte en IA. Selon Jean-Rémi King, ce partenariat pourrait mener à des avancées importantes sur la compréhension du cerveau humain et la compensation des handicaps neurologiques. Guillaume Le Hénanff, directeur général adjoint en charge de la recherche et de l’innovation à l’Hôpital Fondation Rothschild, précise que ce financement permettra l’ouverture d’un nouveau laboratoire, le recrutement d’experts, et l’acquisition d’équipements de pointe. Il souligne également que ce partenariat s’inscrit dans une stratégie de long terme engagée il y a dix ans, axée sur le développement de la recherche médicale en milieu hospitalier.

  • Cancer du poumon : l’étude OPTI-DEPIST-MUT explore la faisabilité d’un dépistage organisé en Île-de-France

    Un dépistage structuré pour une population à risque

    Depuis le début de l’année 2025, l’Institut Curie pilote, en partenariat avec l’Institut Mutualiste Montsouris et le Centre de Santé du Square de la Mutualité, l’étude OPTI-DEPIST-MUT (OPTImisation de l’Implémentation du DEPISTtage du cancer broncho-pulmonaire en Île-de-France). Soutenue par la Fédération Nationale de la Mutualité Française (FNMF), cette initiative s’inscrit dans la stratégie décennale de lutte contre le cancer portée par l’INCa. L’objectif est de tester la faisabilité d’un dépistage organisé du cancer du poumon chez une population identifiée comme à risque : fumeurs ou anciens fumeurs de 50 à 74 ans, résidant en Île-de-France. L’enjeu est d’évaluer les conditions concrètes de mise en œuvre d’un tel programme, actuellement inexistant en France pour cette pathologie, contrairement à ceux pour les cancers du sein, du côlon et du col de l’utérus.

    Réduire le diagnostic tardif et améliorer le pronostic

    Le cancer du poumon, responsable de plus de 30 000 décès par an, est la première cause de mortalité par cancer dans le pays. Il est le plus souvent diagnostiqué à un stade avancé, rendant les traitements moins efficaces. Pourtant, détecté précocement, il peut être traité par chirurgie avec un taux de survie à 5 ans supérieur à 85 %. Selon des études internationales, un dépistage par scanner chez les personnes exposées au tabac peut réduire la mortalité liée au cancer du poumon de 20 à 40 %. L’étude OPTI-DEPIST-MUT s’inscrit dans cette dynamique en testant un parcours standardisé pour les patients.

    Une cohorte inédite en Île-de-France

    L’étude est conduite par l’Institut du Thorax Curie-Montsouris et prévoit de recruter 500 participants en 18 mois, à travers 10 centres d’inclusion répartis en Île-de-France. Les personnes ciblées sont invitées à se rendre sur une plateforme web où elles peuvent vérifier leur éligibilité via un questionnaire d’auto-évaluation. Les critères incluent l’âge, le statut tabagique et la région de résidence. Les personnes éligibles sont ensuite orientées vers un centre investigateur pour un rendez-vous dédié, suivi d’un scanner thoracique dans un délai de 4 semaines. Les participants bénéficieront ensuite d’un suivi à un, trois et cinq ans, permettant d’analyser l’impact du dépistage dans le temps.

    Vers de nouveaux outils d’aide au diagnostic

    Au-delà du dépistage, l’étude permet également de collecter des données radiologiques qui serviront à développer des outils numériques d’aide à la décision, notamment via l’analyse d’images et l’intelligence artificielle. Ces travaux visent à affiner la sélection des patients à haut risque et à améliorer la prise en charge des dépistages positifs. En explorant les conditions d’un dépistage organisé du cancer du poumon en Île-de-France, OPTI-DEPIST-MUT entend poser les bases d’un modèle reproductible à plus grande échelle, avec l’objectif de faire évoluer les pratiques de prévention en France.

    “A travers l’étude OPTI-DEPIST-MUT…nous voulons montrer que, pour répondre à cet enjeu de santé public majeur, le déploiement et la mise en œuvre du dépistage organisé est possible”, Pr Nicolas Girard, pneumologue, chef du département d’oncologie médicale de l’Institut Curie et coordinateur de l’étude OPTI-DEPIST-MUT.

  • La France renforce sa veille sanitaire avec EMERGEN 2.0, doté de 12 M€ sur 5 ans

    Une plateforme conçue pour durer et élargir la veille aux futures menaces infectieuses

    Le 19 mars 2025, Santé publique France, l’Inserm/ANRS Maladies infectieuses émergentes et l’Anses ont lancé EMERGEN 2.0. Ce projet succède au consortium EMERGEN, mis en place en 2021 pour suivre l’évolution du SARS-CoV-2 via la génomique microbienne. EMERGEN 2.0 conserve cet objectif, tout en élargissant son périmètre à d’autres pathogènes d’origine virale, bactérienne, fongique ou parasitaire. Ce nouveau dispositif s’inscrit dans la stratégie d’accélération « maladies infectieuses émergentes et menaces nucléaire, radiologique, biologique et chimique » de France 2030. Il est doté d’un budget de 12 millions d’euros sur cinq ans, financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR). Sa coordination repose sur les trois institutions fondatrices, avec l’Anses désormais partie prenante, renforçant l’approche intersectorielle.

    Un héritage opérationnel de la crise COVID-19

    Durant la pandémie, EMERGEN a permis de conduire 135 enquêtes flash et produire 55 analyses de risque sur les variants du SARS-CoV-2, en lien avec le centre national de référence des viroses respiratoires. Il a aussi soutenu 16 projets de recherche, pour un total de 9,3 millions d’euros. Les résultats ont orienté les décisions sanitaires. Pensé dès l’origine comme évolutif, EMERGEN a préparé le terrain à une réponse plus large, multisectorielle et durable. EMERGEN 2.0 consolide donc cette dynamique en coordonnant les capacités de séquençage existantes et en structurant une plateforme bio-informatique dédiée, intégrant la base de données génomiques.

    Un élargissement concret : Mpox et grippe zoonotique en ligne de mire

    Le déploiement d’EMERGEN 2.0, amorcé dès octobre 2024, cible dans un premier temps la surveillance génomique du Mpox et des grippes zoonotiques. La réunion de lancement, tenue le 19 mars 2025, marque le démarrage opérationnel du programme avec l’ensemble des partenaires réunis pour fixer les étapes à venir. Le dispositif prévoit également de poursuivre les appels à projets de recherche et d’élargir les thématiques aux pathogènes émergents ou ré-émergents, tout en renforçant les outils bio-informatiques mis en œuvre pendant la crise Covid-19.

    Approche « Une seule santé » et gouvernance partagée

    L’intégration de l’Anses entérine l’adoption d’une approche « One Health », interconnectant santé humaine, animale et environnementale. EMERGEN 2.0 favorisera le partage de séquences issues de différentes origines, en collaboration avec les projets SUM’Eau et Obépine+ pour la surveillance des eaux usées. Il prévoit également l’ouverture des données aux équipes de recherche. Les responsables des trois institutions soulignent la nécessité d’une articulation renforcée entre surveillance et recherche, publique comme privée. Pour Gilles Salvat (Anses), cette plateforme permet l’harmonisation des outils de surveillance dans une logique collaborative. Pour Bruno Coignard (Santé publique France), elle favorise la réactivité face aux émergences. Hervé Raoul (ANRS) insiste enfin sur la place centrale de la recherche en période inter-épidémique. En structurant un réseau national de séquençage, en développant une base de données centralisée et en coordonnant la production de connaissances sur les pathogènes émergents, EMERGEN 2.0 vise à anticiper les crises sanitaires à venir. Il entend consolider les liens entre surveillance et recherche, pour répondre plus efficacement aux futures pandémies.

  • Addictions des jeunes : la Cour des comptes recommande une refonte coordonnée des politiques de prévention

    La Cour des comptes consacre un volume entier de son rapport public annuel 2025 à la prévention et à la prise en charge des addictions des jeunes aux drogues illicites et à l’alcool. Elle y constate une situation préoccupante, tant par l’ampleur des consommations que par l’insuffisance des réponses sanitaires et médico-sociales.

    Des consommations précoces aux conséquences lourdes

    L’usage de cannabis, d’ecstasy ou de cocaïne reste élevé chez les 18-24 ans, avec 46 % ayant déjà expérimenté le cannabis, et 3,5 % en consommant quotidiennement. L’alcool, quant à lui, reste très accessible malgré l’interdiction de vente aux mineurs : 2,6 % des 18-24 ans déclarent en consommer chaque jour, un des taux les plus élevés en Europe. Le risque d’alcoolodépendance est multiplié par dix en cas d’initiation avant 15 ans. L’enquête menée auprès de 10 000 jeunes révèle qu’un sur dix se considère dépendant à une ou plusieurs substances. Pourtant, la France ne dispose pas d’un système de suivi épidémiologique fiable sur ces addictions, et les données hospitalières comme médico-sociales restent lacunaires.

    Une prise en charge fragmentée et mal dimensionnée

    Le rapport pointe le manque de coordination entre médecine de ville, hôpital et secteur médico-social. Les généralistes détectent rarement les conduites addictives, et peu sont formés au repérage précoce. Dans les établissements hospitaliers, seules 351 équipes de liaison en addictologie (ELSA) sont actives, pour 693 structures d’urgence. Côté médico-social, les 260 « consultations jeunes consommateurs » (CJC) sont jugées pertinentes mais sous-dotées, sans évaluation nationale de leur efficacité. Les structures d’accueil (CSAPA, CAARUD) peinent à capter les jeunes : en 2019, ils représentaient à peine 6 % des personnes prises en charge.

    Des politiques de prévention encore peu ambitieuses

    Le pilotage interministériel, porté par la Mildeca, manque d’objectifs chiffrés. Douze ARS seulement ont signé une feuille de route régionale, et aucune campagne nationale de sensibilisation de grande ampleur n’a été menée. La Cour recommande de mobiliser les établissements scolaires et universitaires pour renforcer la prévention dès le plus jeune âge. Parmi les leviers proposés : instaurer un prix minimum de l’unité d’alcool, renforcer les sanctions pour vente aux mineurs, et développer des campagnes ciblées sur les réseaux sociaux. Les expériences menées au Danemark (programme MOVE) et en Islande montrent qu’une approche intégrée peut réduire significativement les consommations et les coûts sociaux associés.

    Cinq recommandations prioritaires

    La Cour appelle à :

    • Mieux mesurer l’ampleur des addictions par des études épidémiologiques dédiées ;
    • Cartographier l’offre médico-sociale à destination des jeunes et fixer des objectifs chiffrés de réduction de la consommation ;
    • Renforcer la sensibilisation des professionnels de santé et d’éducation au repérage des jeunes à risque ;
    • Lancer une campagne nationale d’information à destination des 12-25 ans ;
    • Instaurer un prix plancher pour les boissons alcoolisées, afin de freiner leur accessibilité.

     

  • Lancement du cluster IA « 3IA Côte d’Azur 2030 » : 20 M€ pour intensifier recherche et formation en intelligence artificielle

    Seul cluster IA de la Région Sud, 3IA Côte d’Azur bénéficie d’un financement de 20 M€ sur cinq ans via France 2030, pour renforcer ses activités en santé et territoires intelligents.

    Une extension du périmètre et des missions

    Créé en 2019 dans la dynamique de la “Stratégie Nationale pour l’Intelligence Artificielle” (SNIA) annoncée par Emmanuel Macron, le 3IA Côte d’Azur fait partie des quatre Instituts Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle initialement proposés par le rapport Villani. Labellisé en 2024 comme cluster IA, il revoit son périmètre à la hausse avec un positionnement renforcé sur la recherche, la formation, le transfert technologique et la diffusion des savoirs.

    Coordonné par l’Université Côte d’Azur, le cluster réunit plusieurs partenaires académiques de la région : CNRS, Inria, Inserm, EURECOM, SKEMA Business School, l’École de l’air et de l’espace et Centrale Méditerranée. Il se spécialise dans deux domaines d’application : la santé et les territoires intelligents et sécurisés.

    Une feuille de route ambitieuse

    Le lancement officiel du cluster, en présence des membres du consortium, d’acteurs industriels et institutionnels, marque le début d’une nouvelle phase. Parmi les engagements portés par le projet figurent :

    • La création de 33 chaires académiques et l’accueil de 5 chaires internationales ;
    • L’accompagnement de 70 doctorants et postdoctorants ;
    • La structuration de 3 unités de recherche internationales ;
    • La mise en place de plus de 20 nouveaux programmes d’excellence, visant à former 1 600 étudiants par an ;
    • Le développement de deux programmes industriels supplémentaires ;
    • La reconduction du programme 3IA TechPool dédié à l’ingénierie IA ;
    • Enfin, le renforcement du soutien aux startups à travers le programme Start-It-Up.

    Une contribution à la stratégie nationale

    Seul cluster IA de la Région Sud, 3IA Côte d’Azur rejoint un réseau national de neuf pôles d’excellence en intelligence artificielle. Il s’inscrit dans la stratégie de montée en puissance de l’excellence scientifique française, avec pour ambition de renforcer la visibilité internationale de l’écosystème IA et d’en faire un levier d’innovation dans les domaines d’usage prioritaires, notamment la santé.

  • Dossier patient informatisé : la CNIL formalise ses exigences de sécurité dans un projet de recommandation

    Un cadre renforcé pour un enjeu stratégique en santé numérique

    Face à l’augmentation des cyberattaques ciblant les hôpitaux, la CNIL propose une consolidation des règles de sécurité applicables aux DPI. Ce projet de recommandation s’adresse aux établissements de santé publics et privés, responsables du traitement de ces données particulièrement sensibles. Il vise à garantir la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des informations médicales des patients.

    Périmètre et destinataires de la recommandation

    Le texte encadre uniquement les traitements mis en œuvre par les établissements de santé pour l’enregistrement et la conservation des données issues de la prise en charge. Il exclut les usages en libéral, la facturation, la recherche ou encore le Dossier Médical Partagé (DMP). Il s’adresse notamment aux délégués à la protection des données, médecins DIM, DSI, RSSI, mais aussi aux éditeurs de logiciels et sous-traitants techniques, appelés à intégrer ces exigences dès la conception des solutions.

    Gouvernance, responsabilité et conformité RGPD

    Le DPI relève de la responsabilité de l’établissement de santé. En cas de responsabilité conjointe (ex. : GHT), une convention spécifique doit organiser les accès. Le traitement repose sur l’article 6.1.c du RGPD (obligation légale) et l’article 9.2.h pour les données sensibles. Aucune opposition ou demande d’effacement n’est possible pour les patients. L’analyse d’impact (AIPD), exigée par le RGPD, doit être actualisée régulièrement, notamment en cas de modification majeure du système. La CNIL recommande une révision annuelle et l’adoption d’un plan d’action formalisé, soutenu par la direction.

    Architecture des données et cloisonnements techniques

    Le projet recommande un cloisonnement strict entre :

    • Les données administratives des patients et des professionnels.
    • Les données de santé structurées (paramédicales, cliniques, biologiques…).
    • Les documents non structurés (comptes rendus, résultats, ordonnances…).

    Chaque type de données doit être sécurisé selon des modalités précises : chiffrement, pseudonymisation, accès restreint et traçabilité renforcée. Les identifiants (INS, IPP, RPPS) bénéficient de protections spécifiques.

    Durée de conservation et archivage : Les données du DPI sont conservées pendant 20 ans après le dernier passage, ou 10 ans après le décès si celui-ci survient plus tôt. L’archivage intermédiaire doit être encadré par des procédures automatisées ou manuelles, respectant les durées légales. À l’issue de ces délais, le médecin DIM statue sur la destruction après avis.

    Échanges et interopérabilité, sécurité des API et flux réseau : La CNIL préconise le chiffrement systématique des flux internes et externes, un cloisonnement réseau dédié au DPI et une sécurisation forte des interfaces d’échange (API). Les systèmes d’imagerie (PACS) doivent être protégés contre les accès non autorisés, et les métadonnées DICOM réduites lors des exports pour réutilisation.

    Information des personnes et traitements ultérieurs : Le responsable du traitement doit informer clairement les patients, leurs proches, les professionnels, et ce dès la collecte. Les droits limités des personnes concernées doivent être explicités. En cas de réutilisation des données (vigilance, recherche, entrepôt de données), une information complémentaire s’impose, notamment via des portails de transparence.

    Projet de recommandation – Dossier patient informatisé

  • 2,5 millions d’euros pour lancer la première plateforme française d’essais cliniques dédiée à la maladie de Parkinson

    Alors que la prévalence de la maladie de Parkinson pourrait grimper à 360 000 cas en France d’ici 2050, le réseau NS-PARK lance « Master Trial », une plateforme adaptative inédite pour accélérer la mise à disposition de traitements visant à ralentir sa progression.

    Une réponse à un besoin croissant de traitements

    Avec plus de 11 millions de personnes concernées dans le monde, la maladie de Parkinson reste sans thérapie capable d’en ralentir l’évolution. En France, 270 000 personnes sont actuellement diagnostiquées, un chiffre en hausse avec le vieillissement démographique. C’est dans ce contexte que NS-PARK, réseau labellisé par l’infrastructure F-CRIN, annonce la création de Master Trial, une plateforme d’essais cliniques dédiée aux maladies neurodégénératives. Porté par l’AP-HP, le projet bénéficie du soutien de France Parkinson, du CHU de Toulouse et de partenaires internationaux.

    Un protocole bayésien pour tester plusieurs traitements en parallèle

    Master Trial s’appuie sur un modèle adaptatif utilisé notamment en oncologie et pendant la pandémie de Covid-19. Il permettra, via un protocole statistique bayésien, de :

    • Comparer simultanément plusieurs molécules à un groupe contrôle.
    • Effectuer des analyses intermédiaires pour inclure ou exclure rapidement des candidats.
    • Suivre les patients sur 18 mois, en évaluant symptômes et biomarqueurs.

    L’objectif est de réduire à cinq ans, au lieu de huit à dix ans, le délai moyen de validation d’un traitement. Les premiers essais débuteront en 2026.

    Priorité au repositionnement de molécules existantes

    Le premier axe de travail de la plateforme repose sur le repositionnement de médicaments déjà sur le marché. Lixisenatide, un antidiabétique récemment testé dans l’étude LixiPark publiée dans The New England Journal of Medicine, fait figure de candidat prioritaire. La sélection des patients sera facilitée par la biobanque et les bases de données du réseau NS-PARK, qui suit plus de 25 000 personnes en France.

    Un financement public déjà amorcé

    Le projet rassemble 27 centres français et s’inscrit dans un consortium avec le Royaume-Uni, les États-Unis, la Norvège et l’Australie. Un comité d’experts internationaux assurera la sélection des molécules les plus prometteuses. France Parkinson coordonne un groupe consultatif de patients partenaires, impliqués dans la conception et le suivi du protocole.

    Soutenu par l’infrastructure F-CRIN, Master Trial dispose d’un financement initial de 2,5 millions d’euros. Des levées de fonds complémentaires sont prévues pour étendre les bras de comparaison et renforcer l’efficacité du dispositif.

  • Classement OEB 2024 : l’Inserm en tête, la France reste 2ᵉ pays le plus innovant d’Europe

    La France maintient sa position de leader en innovation

    Le classement 2024 de l’Office Européen des Brevets (OEB) confirme la dynamique d’innovation de la France, qui se classe à la 2ᵉ place des pays les plus innovants d’Europe, derrière l’Allemagne. Dans ce contexte, l’Inserm renforce sa présence dans les secteurs stratégiques de la santé.

    Progression notable de l’Inserm dans les brevets santé

    L’Inserm se hisse à la 1ʳᵉ place dans le classement pharmaceutique de l’OEB et occupe la 4ᵉ position dans celui des biotechnologies. Ce résultat marque une progression par rapport à 2023, où l’institut occupait respectivement les 5ᵉ et 2ᵉ places dans ces catégories. Ces performances traduisent la continuité des efforts de valorisation et de protection des innovations issues de la recherche publique. En tant que filiale de l’Inserm dédiée au transfert de technologies, Inserm Transfert agit comme un levier entre la recherche académique et l’industrie. Ses activités — gestion de la propriété intellectuelle, accompagnement à la création de start-up, partenariats industriels — participent à la compétitivité du secteur santé.

    Inserm Transfert intervient en amont pour identifier les résultats de recherche valorisables et accompagne les chercheurs dans la sécurisation de leurs découvertes par des dépôts de brevets. Ce travail de proximité est essentiel pour attirer des investissements et favoriser l’accès au marché des innovations.

    Une reconnaissance européenne de l’expertise française

    « Sécuriser les innovations par des brevets est essentiel pour permettre que l’innovation soit mise au service des patients », rappelle Pascale Augé, présidente du directoire d’Inserm Transfert. Elle souligne également que cette reconnaissance par l’OEB valorise la démarche proactive de l’organisation et son expertise en propriété industrielle. Le classement de l’OEB vient souligner l’importance de l’écosystème français de l’innovation en santé, dans lequel l’Inserm et Inserm Transfert jouent un rôle.

  • USA : un projet de loi veut autoriser les IA à prescrire des médicaments

    Le 5 février 2025, le représentant David Schweikert a déposé le Healthy Technology Act of 2025 à la Chambre des représentants. Ce projet de loi vise à permettre à des systèmes d’intelligence artificielle approuvés par la FDA de prescrire des médicaments, à condition que la législation de l’État concerné l’autorise également.

    Objectifs affichés : réduire les erreurs et soulager les soignants

    Les partisans de cette initiative y voient plusieurs bénéfices attendus : réduction des erreurs de prescription, allègement de la charge des médecins (notamment face au burnout), et amélioration de l’accès et de la personnalisation des soins. Ce texte s’inscrit dans la continuité de l’intégration progressive des outils d’IA dans les pratiques cliniques, notamment via les scribes numériques déjà utilisés en routine.

    Des réserves sur la sécurité et la responsabilité

    Le projet suscite toutefois de vives interrogations. Les opposants pointent des risques pour la sécurité des patients, notamment en cas d’erreur ou d’absence de supervision humaine. Les questions de responsabilité juridique et de confidentialité des données sont également soulevées, tout comme les biais algorithmiques qui pourraient influencer les décisions thérapeutiques.

    Avec ce projet, le débat autour de l’IA en santé passe un cap. Il ne s’agit plus seulement d’assistance à la décision ou de transcription, mais bien de délégation partielle d’un acte médical. Certaines spécialités pourraient être directement concernées. La proposition de loi ouvre ainsi une nouvelle étape dans l’intégration des technologies en santé, avec un arbitrage délicat entre innovation, sécurité et encadrement éthique.

  • Chine : une feuille de route ambitieuse pour structurer la santé numérique d’ici 2025

    Une stratégie d’État au croisement de la santé et de l’innovation numérique

    Le « Plan d’informatisation de la santé pour la période du 14e Plan quinquennal » (2021-2025), publié en novembre 2022, s’inscrit dans la continuité des grandes orientations stratégiques chinoises, à savoir les initiatives « Chine numérique » et « Santé Chine 2030 ». Élaboré conjointement par le Comité national de la santé, le Bureau national de la médecine traditionnelle chinoise et le Bureau national de contrôle des maladies, ce plan encadre les priorités de transformation numérique du système de santé chinois sur cinq ans. Il vise notamment à construire un réseau d’information en santé intégré à tous les niveaux (État, province, ville, comté), à connecter l’ensemble des établissements de santé publics, et à doter chaque citoyen d’un dossier de santé électronique sécurisé. La modernisation numérique est perçue comme une réponse à la fragmentation du système, aux inégalités d’accès aux soins et aux tensions sur les ressources hospitalières.

    Moderniser l’infrastructure numérique de santé

    Le premier pilier du plan concerne le développement d’une infrastructure de données et de connectivité robuste. Des centres de données seront établis à chaque niveau administratif pour garantir le stockage, le traitement et l’interopérabilité des données médicales. Tous les hôpitaux publics doivent être numérisés et connectés à une plateforme nationale d’échange d’informations de santé, déjà interopérable avec plus de 7 000 établissements de niveau 2 et plus. La couverture réseau (fibre optique, 5G) sera étendue à l’ensemble du territoire, notamment pour soutenir le développement des hôpitaux en ligne (déjà 1 700 ouverts) et l’offre de services de téléconsultation, y compris dans les zones rurales et reculées.

    Une normalisation poussée pour assurer l’interopérabilité

    La gouvernance des données est un autre axe du plan. La Chine dispose déjà de 220 normes nationales relatives aux actes médicaux, diagnostics, prescriptions ou codification des dossiers patients. L’objectif est désormais de généraliser un système normatif unifié pour l’ensemble du pays, intégrant les spécificités des dispositifs numériques, des prescriptions électroniques ou encore de la médecine traditionnelle chinoise. Des plateformes seront mises en place pour assurer l’alerte épidémiologique, la gestion des urgences sanitaires et l’unification des systèmes de paiement. Les autorités veulent aussi créer un indice national de santé publique et des tableaux de bord partagés entre institutions.

    Vers une offre de soins plus accessible, intégrée et personnalisée

    La numérisation est également mobilisée pour fluidifier l’accès aux soins. Le plan prévoit la généralisation des plateformes « Internet + santé » permettant aux patients de consulter, payer, suivre leurs traitements ou accéder à leurs examens à distance. L’expérience patient doit être repensée dans un format hybride — en ligne et sur place — incluant la télémédecine, les suivis à domicile, ou les services à destination des publics spécifiques (seniors, femmes enceintes, enfants, travailleurs isolés). La prise en charge des maladies chroniques, les problématiques de santé mentale et les besoins en éducation sanitaire sont identifiés comme prioritaires. Le développement des dossiers de santé électroniques, accessibles aux patients comme aux professionnels, est conçu pour favoriser une prise en charge continue et personnalisée sur l’ensemble du parcours de vie.

    Structurer une économie de la santé numérique

    Sur le plan industriel, le plan vise à stimuler l’innovation technologique. Il encourage la croissance des entreprises de la e-santé, le développement de services personnalisés, et la structuration d’un véritable marché des données médicales. Des mesures sont prévues pour soutenir les technologies émergentes : intelligence artificielle appliquée à la santé, pharmacologie numérique, équipements connectés, outils de diagnostic à distance ou encore jumeaux numériques. L’intégration de la médecine traditionnelle chinoise dans ce virage numérique est également prévue, via la mise en réseau des hôpitaux spécialisés et le développement d’outils intelligents à destination des praticiens.

    Renforcer la gouvernance, la cybersécurité et la souveraineté numérique

    Enfin, un effort particulier est porté sur la régulation, la sécurité et la gouvernance du système. Le plan réaffirme l’importance de lois déjà en vigueur comme la Loi sur la cybersécurité (2017), la Loi sur la sécurité des données (2021) et la Loi sur la protection des informations personnelles (2021). Il prévoit la classification des données sensibles, la mise en place d’identités numériques sécurisées pour les patients et les professionnels, ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle, d’auditabilité et de cryptographie. La Chine entend également renforcer son influence internationale : coopération avec l’OMS, harmonisation avec les standards globaux, et co-construction de normes en matière de santé numérique.

    Une ambition portée au plus haut niveau de l’État

    Dans les documents d’accompagnement officiels, le président Xi Jinping rappelle que la modernisation du pays passe nécessairement par l’informatisation, et que la santé numérique doit devenir un levier pour renforcer la qualité du service public, rééquilibrer la répartition des ressources médicales et soutenir l’innovation. Le plan quinquennal est accompagné d’un dispositif de suivi et d’évaluation, basé sur des indicateurs d’informatisation intégrés dans les processus de pilotage des établissements. Il prévoit aussi le développement des compétences numériques via la formation des personnels, la création de postes de Chief Information Officers dans les hôpitaux, et la professionnalisation des acteurs de la gouvernance.

    Malgré les avancées récentes, plusieurs défis structurels sont identifiés : infrastructures inégalement réparties entre les régions, cloisonnement persistant des données, manque de coordination entre institutions, pénurie de talents numériques, et faible maturité en matière de gouvernance. L’État chinois entend répondre à ces enjeux par une approche centralisée, progressive et fondée sur l’innovation.

    Cinq leviers et des solutions numériques pour transformer le système de santé

    Dans le cadre de sa stratégie “Healthy China 2030”, la Chine engage une transformation structurelle de son système de santé, en misant sur la prévention, l’efficience des soins et le numérique. Un livre blanc publié par Deloitte et AXA Tianping identifie les principaux axes de cette mutation, illustrés par les usages émergents des patients, les priorités politiques et les innovations des acteurs de l’écosystème.

    Renforcer les soins primaires et fluidifier les parcours : Plus de 300 millions de Chinois vivent aujourd’hui avec une maladie chronique. Pour limiter l’engorgement des grands hôpitaux publics, les autorités misent sur la hiérarchisation du système de soins : mécanisme de double orientation entre soins primaires et hôpitaux de niveau 1 à 3, développement de laboratoires indépendants pour les examens spécialisés (imagerie, biopsie), ou encore création de dossiers de santé numériques.

    Des consommateurs plus autonomes, notamment en ligne : Les nouveaux usages montrent une forte appétence pour les services en ligne. 56 % des sondés ont recours à l’autodiagnostic en cas de symptômes mineurs, 41 % consultent en ligne, et 32 % préfèrent acheter leurs médicaments sur des plateformes e-commerce plutôt que se rendre en pharmacie. Les médecins de famille connectés, capables d’assurer un suivi régulier en ligne, sont également de plus en plus plébiscités, avec 22 % de recours.

    Des innovations en matière de financement : Face à l’inflation des coûts médicaux, l’État promeut des mécanismes tels que les paiements groupés par pathologie (DRG), les achats groupés de médicaments et les services d’assurance intégrés. Certaines compagnies proposent des offres couplant remboursement et accompagnement hospitalier personnalisé (gestion des admissions, services de nutrition, soutien psychologique). Les populations chroniquement malades, encore peu couvertes par l’assurance classique, pourraient bénéficier de nouveaux outils d’évaluation du risque (objets connectés, scoring comportemental), actuellement en phase d’expérimentation.

    Une santé connectée portée par les objets et les plateformes : Le marché chinois a vu un essor des dispositifs de mesure à domicile : glucomètres, ECG domestiques, tests thyroïdiens, kits métaboliques, etc. Chez les personnes atteintes de maladies chroniques, les vans mobiles de détection sont également bien perçus. Les objets connectés sont aussi très utilisés pour le suivi d’activité, du sommeil ou des constantes, notamment chez les jeunes urbains. Les attentes se tournent vers les services intégrés, capables de fournir des recommandations de traitement ou des rappels de prise de médicaments en ligne.

    L’émergence d’une offre personnalisée de services : Les consommateurs attendent désormais des services sur-mesure tout au long du parcours. Cela va du coaching sportif (utilisé par plus de 60 % des répondants) au suivi diététique ou à la consultation psychologique. 20 % des personnes interrogées disent avoir déjà utilisé un service professionnel de soutien psychologique, avec un usage plus fort parmi les classes moyennes et supérieures. Les services numériques de médecins de famille sont, eux aussi, appelés à se diversifier : au-delà des diagnostics ou renouvellements d’ordonnance, les utilisateurs attendent des plans de santé personnalisés, la gestion des antécédents médicaux, ou un accompagnement post-hospitalisation.

    Une industrialisation pilotée par la stratégie d’État

    Le développement de la santé numérique s’inscrit en Chine dans une stratégie industrielle claire, intégrée au 14e Plan quinquennal. Cette orientation vise à transformer le secteur de la santé en moteur d’innovation économique, en s’appuyant sur les technologies émergentes — intelligence artificielle, blockchain, cloud, IoT — et en structurant un marché national de la donnée de santé. Le plan prévoit la création de zones pilotes, de centres de R&D régionaux et de plateformes d’échange de données sécurisées. Il soutient également l’émergence d’un tissu d’entreprises innovantes dans les dispositifs médicaux connectés, les logiciels de diagnostic, les services à distance et les solutions de médecine personnalisée.

    Acteurs privés mobilisés et logiques de consortium

    Le secteur privé est fortement sollicité via des incitations ciblées. Des géants technologiques comme Tencent, Huawei, Alibaba ou Ping An ont investi massivement dans la santé numérique — plateformes de téléconsultation, cloud médical, hôpitaux numériques, IA diagnostique. Ils travaillent en lien avec les institutions publiques, dans une logique de consortiums locaux ou régionaux. Le modèle chinois favorise les partenariats public-privé et la mutualisation des ressources : laboratoires, hôpitaux, start-ups, universités et collectivités territoriales sont encouragés à coconstruire des chaînes de valeur intégrée. Les hôpitaux intelligents font office de vitrines et de terrains d’expérimentation pour les innovations technologiques.

    Structuration du marché de la donnée médicale

    La stratégie chinoise inclut la création d’un marché structuré de la donnée de santé, avec des mécanismes d’accès sans transfert, des standards techniques et des plateformes de mutualisation. Des bases de données nationales sont en cours de consolidation, notamment pour les pathologies chroniques, les maladies infectieuses, ou les populations spécifiques (personnes âgées, enfants). Cette valorisation de la donnée ouvre la voie à des services fondés sur le big data et l’IA : modélisation prédictive, médecine de précision, pharmacovigilance numérique, suivi épidémiologique. Des centres de calcul spécialisés doivent être mis en place pour soutenir ces applications à grande échelle.

    Enfin, le développement d’une industrie nationale de la santé numérique vise aussi la souveraineté technologique. Les autorités investissent dans les semi-conducteurs, les modules IoT médicaux, les plateformes d’IA propriétaires et les logiciels hospitaliers développés localement. La stratégie inclut également l’internationalisation : exportation de solutions, participation à la normalisation mondiale, et intégration dans l’initiative « Route de la soie numérique ». L’ambition est claire : faire de la Chine un acteur influent dans la gouvernance internationale de la santé numérique.