Une communauté de patients au cœur de la recherche
Lancée en 2018 par les professeurs Viet-Thi Tran et Philippe Ravaud, la plateforme Compare (communauté de patients pour la recherche) repose sur une collaboration entre chercheurs et patients. Ces derniers participent activement à la recherche en répondant régulièrement à des questionnaires en ligne via une plateforme sécurisée. Compare constitue ainsi une communauté dédiée à mieux comprendre les maladies chroniques, en offrant un espace où les patients partagent leur vécu et leurs idées pour améliorer leur prise en charge. Lors d’une journée organisée au sein de l’université Paris Cité – co-pilote du projet, aux côtés de l’AP-HP – pour les cinq ans de la e-cohorte, les deux professeurs, ainsi que les responsables scientifiques des différents pans de la plateforme, ont présenté les projets qui sont au cœur de Compare.
58 000 patients et 20 cohortes maladies :
En 2024, la plateforme regroupe 58 000 volontaires souffrant de maladies comme le diabète, l’endométriose, la dépression ou le covid 19 long. Ces patients sont impliqués dans 95 projets de recherche et répartis en 20 cohortes maladies. Le volume de données collectées est impressionnant : 792 043 questionnaires remplis, représentant 24 millions de points de données exploitables par les chercheurs.
Ces données alimentent des recherches variées, allant de l’évaluation des trajectoires de soins à l’analyse du ressenti des patients face à leur traitement. Une étude, par exemple, a estimé que les patients consacrent en moyenne 143 minutes par jour à la gestion de leur maladie, soulevant la question du seuil d’un « fardeau acceptable ».
Une recherche collaborative et modulable :
La force de Compare réside dans sa flexibilité. Les données existantes peuvent être utilisées pour répondre à des questions de recherche, ou de nouveaux questionnaires peuvent être développés pour des études spécifiques. Cette adaptabilité favorise une recherche dite « frugale », permettant d’optimiser les ressources dans un contexte de financements publics limités.
Malgré cette efficacité, le financement de Compare reste fragile. Actuellement soutenu par des appels à projets, des legs et des associations, son modèle économique doit être renforcé pour garantir la pérennité de l’initiative et intégrer des outils complémentaires, comme les données du Système national des données de santé (SNDS) ou les objets connectés (IoT).
Les patients, acteurs à part entière
Plus qu’une simple source de données, Compare permet aux patients de s’impliquer activement. Certains participent à la création de questionnaires, à l’analyse des résultats, et même à la diffusion des études sous forme d’abstracts visuels accessibles. Cette implication renforce l’utilité et la pertinence des recherches menées, tout en valorisant l’expérience des patients.
Objectif : 100 000 patients pour étendre la recherche aux maladies rares :
Avec un objectif de 100 000 volontaires dans les années à venir, Compare vise à répondre à des questions de plus en plus complexes, y compris pour des maladies rares. Ce projet unique en son genre continue de transformer la recherche sur les maladies chroniques, en plaçant les patients au centre des avancées scientifiques et en ouvrant la voie à une médecine plus collaborative et adaptée.
3 projets au coeur de la plateforme :
Cet événement a été l’occasion de présenter les 3 projets qui sont au coeur de la plateforme Cohorte, qui sont destinés à mieux comprendre et améliorer la prise en charge de certaines maladies chroniques :
Compare Dépression (dirigé par le Dr Astrid Chevance) explore l’impact de la dépression sur la vie quotidienne, professionnelle et sociale des patients. Ce projet s’intéresse aux différents types de dépression, qu’elle soit récurrente, liée à un trouble bipolaire, ou post-partum. L’objectif est d’identifier les facteurs de rechute et de mieux comprendre les perceptions des patients sur leur maladie afin de guider les pratiques cliniques et les politiques de santé publique ;
Compare Endométriose (coordonné par le Pr Marina Kvaskoff) se concentre sur l’épidémiologie de l’endométriose, une maladie complexe encore sous-diagnostiquée. Le projet vise à estimer la prévalence de la maladie, identifier ses facteurs de risque, étudier son histoire naturelle et ses répercussions sur la qualité de vie des patientes. Avec plus de 7 000 participantes, cette cohorte soutient également des initiatives dans le cadre de la stratégie nationale contre l’endométriose en France ;
Compare Vitiligo (dirigé par le Pr Khaled Ezzedine) étudie les impacts psychosociaux du vitiligo, une maladie cutanée affectant l’image de soi et la qualité de vie des patients. Ce projet cherche à évaluer l’efficacité des traitements et à redéfinir les critères d’évaluation basés sur l’expérience des patients, tels que la satisfaction et la tolérabilité des traitements plutôt que des mesures cliniques traditionnelles comme la taille des lésions.
Dans sa cartographie des entrepôts de données de santé publiée le 20 novembre 2024, la Cnil montre que déjà 20 EDS – sur les 100 constitués ces 8 dernières années – ont été mis en œuvre (ou sont en cours de mise en œuvre) en 2024. Cela fait de cette année la deuxième en terme de création, juste derrière 2022 et ses 21 entrepôts de données de santé. Avec une moyenne d’1,9 EDS créé chaque mois, 2024 n’est qu’à une seule création d’entrepôt de devenir l’année où le plus d’EDS ont été mis en œuvre en France.
Courbe de l’évolution du nombre d’EDS depuis 2017 – @ Cnil
Grâce à une option permettant de trier le nombre d’EDS mis en œuvre chaque année, la cartographie de la Cnil montre qu’il y a eu une accélération de leur création dès 2020, année où la pandémie de Covid-19 a conduit à une augmentation de l’utilisation d’outils digitaux pour le suivi des patients et donc à une multiplication des données de santé créées. Le pic de 2022 et ses 21 créations d’EDS peut être expliqué par l’arrivée des outils d’intelligence artificielle générative (Gen AI) qui nécessitent de nombreuses données de santé pour être performants. Ce développement, qui n’a fait que croitre en 2023 et en 2024, explique que de nombreux EDS ont été constitués en cette période, malgré une légère baisse en 2023 (14 EDS).
Nombre d’EDS par année depuis 2017 – @ Cnil
OpenHealth en tête en termes d’EDS mis en œuvre
La cartographie de la Cnil permet notamment de voir quels sont les acteurs qui gèrent les entrepôts, quels types de données y sont stockés, dans quel but, mais aussi de comprendre les éventuels réseaux d’acteurs, “dans les cas où ces derniers mutualisent leurs données ou répartissent leurs compétences techniques”, indique la Commission. Quatre grands réseaux d’acteurs sont identifiables sur cette cartographie :
Si l’AP-HP dispose du plus grand entrepôt de données de santé d’Europe, ce n’est pas elle qui arrive en tête en termes de nombre d’EDS mis en œuvre, mais plutôt la société OpenHealth. Cette dernière, originaire de Vannes, gère 5 entrepôts. Elle se décrit comme un acteur privé qui traite, collecte et valorise des données de santé en flux pour les mettre à disposition. Son dernier projet en date, “EDS AGIR à dom”, par exemple, a pour but l’étude et le suivi des pathologies des patients soignés à domicile.
OpenHealth est talonné de près par les HCL et le bureau d’études spécialiste des EDS et du Système national des données de santé (SNDS), Clynitix, qui gèrent aujourd’hui chacun quatre EDS.
Cartographie des entrepôts de données de santé en France métropolitaine – @ Cnil
Une communauté de patients au cœur de la recherche
Lancée en 2018 par les professeurs Viet-Thi Tran et Philippe Ravaud, la plateforme Compare (pour Communauté de Patients pour la Recherche) repose sur une collaboration entre chercheurs et patients. Ces derniers participent activement à la recherche en répondant régulièrement à des questionnaires en ligne via une plateforme sécurisée. Compare constitue ainsi une communauté dédiée à mieux comprendre les maladies chroniques, en offrant un espace où les patients partagent leur vécu et leurs idées pour améliorer leur prise en charge. Lors d’une journée organisée au sein de l’universitéParis Cité – co-pilote de la e-cohorte, aux côtés de l’AP-HP – pour les 5 ans de Compare, les deux professeurs, ainsi que les responsables scientifiques des différents pans de la plateforme, ont présenté Compare, mais aussi les projets qui sont au coeur de celle-ci.
Une plateforme qui regroupe 58 000 patients et 20 cohortes maladies :
En 2024, la plateforme regroupe 58 000 volontaires souffrant de maladies comme le diabète, l’endométriose, la dépression ou le covid 19 long. Ces patients sont impliqués dans 95 projets de recherche et répartis en 20 cohortes maladies. Le volume de données collectées est impressionnant : 792 043 questionnaires remplis, représentant 24 millions de points de données exploitables par les chercheurs.
Ces données alimentent des recherches variées, allant de l’évaluation des trajectoires de soins à l’analyse du ressenti des patients face à leur traitement. Une étude, par exemple, a estimé que les patients consacrent en moyenne 143 minutes par jour à la gestion de leur maladie, soulevant la question du seuil d’un « fardeau acceptable ».
Une recherche collaborative et modulable :
La force de Compare réside dans sa flexibilité. Les données existantes peuvent être utilisées pour répondre à des questions de recherche, ou de nouveaux questionnaires peuvent être développés pour des études spécifiques. Cette adaptabilité favorise une recherche dite « frugale », permettant d’optimiser les ressources dans un contexte de financements publics limités.
Malgré cette efficacité, le financement de Compare reste fragile. Actuellement soutenu par des appels à projets, des legs et des associations, son modèle économique doit être renforcé pour garantir la pérennité de l’initiative et intégrer des outils complémentaires, comme les données du Système national des données de santé (SNDS) ou les objets connectés.
Les patients, acteurs à part entière de Compare
Plus qu’une simple source de données, Compare permet aux patients de s’impliquer activement. Certains participent à la création de questionnaires, à l’analyse des résultats, et même à la diffusion des études sous forme d’abstracts visuels accessibles. Cette implication renforce l’utilité et la pertinence des recherches menées, tout en valorisant l’expérience des patients.
Atteindre les 100 000 patients pour élargir le champ de la recherche aux maladies rares :
Avec un objectif de 100 000 volontaires dans les années à venir, Compare vise à répondre à des questions de plus en plus complexes, y compris pour des maladies rares. Ce projet unique en son genre continue de transformer la recherche sur les maladies chroniques, en plaçant les patients au centre des avancées scientifiques et en ouvrant la voie à une médecine plus collaborative et adaptée.
3 projets au coeur de la plateforme :
Cet événement a été l’occasion de présenter les 3 projets qui sont au coeur de la plateforme Cohorte, qui sont destinés à mieux comprendre et améliorer la prise en charge de certaines maladies chroniques :
Compare Dépression (dirigé par le docteur Astrid Chevance) explore l’impact de la dépression sur la vie quotidienne, professionnelle et sociale des patients. Ce projet s’intéresse aux différents types de dépression, qu’elle soit récurrente, liée à un trouble bipolaire, ou post-partum. L’objectif est d’identifier les facteurs de rechute et de mieux comprendre les perceptions des patients sur leur maladie afin de guider les pratiques cliniques et les politiques de santé publique ;
Compare Endométriose (coordonné par le professeure Marina Kvaskoff) se concentre sur l’épidémiologie de l’endométriose, une maladie complexe encore sous-diagnostiquée. Le projet vise à estimer la prévalence de la maladie, identifier ses facteurs de risque, étudier son histoire naturelle et ses répercussions sur la qualité de vie des patientes. Avec plus de 7 000 participantes, cette cohorte soutient également des initiatives dans le cadre de la stratégie nationale contre l’endométriose en France ;
Compare Vitiligo (dirigé par le professeur Khaled Ezzedine) étudie les impacts psychosociaux du vitiligo, une maladie cutanée affectant l’image de soi et la qualité de vie des patients. Ce projet cherche à évaluer l’efficacité des traitements et à redéfinir les critères d’évaluation basés sur l’expérience des patients, tels que la satisfaction et la tolérabilité des traitements plutôt que des mesures cliniques traditionnelles comme la taille des lésions.
L’écosystème du diabète en France est un réseau diversifié et interconnecté. Il est animé par plusieurs acteurs qui collaborent à différents niveaux pour améliorer la prise en charge des patients. Cette dernière repose essentiellement sur une coopération entre les professionnels de santé, les établissements médicaux, les associations de patients et les acteurs institutionnels. Ces partenariats permettent de développer des programmes d’éducation thérapeutique (ETP), de soutenir les patients dans leur parcours de soin et de promouvoir des actions de prévention. Les associations jouent un rôle central dans la sensibilisation du public et dans l’accompagnement des patients, tandis que les soins sont adaptés grâce à une coordination entre médecins généralistes, diabétologues, infirmiers et diététiciens, garantissant une approche multidisciplinaire.
En parallèle, la recherche et la formation des professionnels de santé font également partie intégrante de cet écosystème, renforçant son caractère interconnecté. Les partenariats entre les structures de recherche, les hôpitaux et les universités facilitent l’émergence de nouvelles approches thérapeutiques et permettent de collecter des données pour mieux comprendre la maladie. Ces collaborations sont soutenues par des initiatives de formation continue, où les médecins et les soignants peuvent se tenir informés des dernières avancées.
De nombreux services spécialisés répartis sur le territoire :
En France, de nombreuses structures médicales sont dédiées à la prise en charge des patients diabétiques. Près d’une centaine d’hôpitaux français – principalement des CHU, comme ceux de Lille, Toulouse ou Strasbourg – abritent des services de diabétologie pour gérer les cas complexes de diabète, qu’il s’agisse du diabète de type 1 et de type 2, ou même des formes plus rares, comme le diabète insipide et le diabète Mody. Ces établissements s’appuient sur des équipes pluridisciplinaires regroupant endocrinologues, diététiciens, podologues et psychologues. Leur objectif est de fournir un accompagnement global, incluant la prévention des complications sévères telles que la cécité ou l’insuffisance rénale. Ces centres jouent un rôle important dans la coordination du parcours de soin, en assurant le lien entre consultations spécialisées et soins de proximité.
À un niveau plus local, les maisons de santé pluri-professionnelles (MSP) offrent une alternative accessible pour le suivi des patients diabétiques. Ces structures, présentes dans toutes les régions, proposent un accompagnement individualisé combinant suivi glycémique, conseils diététiques et éducation thérapeutique. Certaines initiatives innovantes, comme le centre de prévention du pied diabétique au CHU de Lille, ont pour but de réduire les risques d’invalidité liés à des complications mal surveillées, telles que les ulcères du pied. Ces structures illustrent l’importance d’un maillage territorial pour répondre aux besoins croissants des patients.
Un accompagnement des patients et une sensibilisation par les associations :
Les associations de patients occupent elles aussi une place centrale dans l’écosystème du diabète en France. La Fédération française des diabétiques (FFD) est l’un de ces principaux acteurs, soutenant les patients à travers des actions d’information, de prévention et de plaidoyer auprès des décideurs publics. Ses campagnes visent à sensibiliser le grand public aux risques liés au diabète de type 2, en mettant l’accent sur l’importance du dépistage précoce et des habitudes de vie saines. Par ailleurs, la FFD est un acteur clé pour faire entendre la voix des patients, notamment dans le cadre de projets législatifs ou de discussions autour du remboursement des traitements.
D’autres associations, comme l’Aide aux jeunes diabétiques(AJD), se concentrent sur des besoins spécifiques, notamment ceux des enfants et adolescents touchés par le diabète de type 1. Ces jeunes et leurs familles reçoivent un soutien adapté pour mieux vivre la maladie au quotidien, avec des conseils pour la gestion des repas, les injections d’insuline ou les activités scolaires et sportives.
Pour un meilleur accompagnement des patients et de leur famille, plus d’une centaine d’associations locales, qui sont membres de la FFD, existent sur tout le territoire français. En plus de cet accompagnement, elles proposent tout au long de l’année des actions de proximité, comme des manifestations, des conférences, des ateliers, et des rencontres, pour sensibiliser et prévenir le diabète et ses complications mais aussi pour accompagner les personnes atteintes de diabète et leurs proches.
La recherche et la formation, pour une meilleure prise en charge
La recherche scientifique joue un rôle fondamental dans la lutte contre le diabète, permettant d’améliorer à la fois les traitements et la compréhension des mécanismes de la maladie. Avec la formation, elles permettent de répondre aux défis posés par l’évolution croissante du nombre de patients, qui a été multiplié par 5 en moins de 50 ans. La recherche et la formation sont comme deux faces d’une même pièce, de telle sorte que la formation des professionnels de santé est un élément clé pour appliquer les avancées scientifiques dans la pratique quotidienne et n’a donc pas d’intérêt sans recherche, et la recherche n’a de son côté pas d’intérêt si elle n’a pas vocation à être utilisée par les médecins.
De la recherche effectuée même par des institutions qui ne sont pas tournées exclusivement vers le diabète :
En France, la recherche sur le diabète est articulée autour de plusieurs acteurs majeurs qui collaborent pour améliorer la compréhension de la maladie et développer de nouvelles solutions thérapeutiques. La Société francophone du diabète (SFD) est le principaux d’entre ces acteurs et joue un rôle central en réunissant les professionnels de santé et les chercheurs autour de projets scientifiques, d’événements et de publications qui permettent de partager les dernières avancées dans le domaine. Parmi ces projets les plus récents, la SFD a mené une l’étude sur l’impact des facteurs environnementaux sur l’émergence du diabète de type 2, avec des recherches visant à mieux comprendre comment des éléments comme l’alimentation, le stress ou la pollution influencent la progression de la maladie. La Fondation francophone pour la recherche sur le diabète (FFRD) soutient aussi activement la recherche en finançant des projets novateurs et en favorisant les collaborations entre chercheurs, institutions et associations.
En plus de ces acteurs spécialisés, d’autres institutions, bien que n’étant pas exclusivement dédiées au diabète, contribuent de manière significative à la recherche sur cette pathologie. Par exemple, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) mène des travaux sur les mécanismes de résistance à l’insuline et sur l’impact du diabète sur d’autres maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires. L’Institut Pasteur, quant à lui, participe à des recherches sur l’immunothérapie et les réponses inflammatoires, des domaines qui pourraient avoir un impact important pour les traitements futurs du diabète de type 1. Ces collaborations interinstitutionnelles permettent de croiser des expertises, d’élargir les horizons de la recherche et de développer des solutions de plus en plus ciblées et efficaces pour la prise en charge du diabète.
La nouvelle génération de médecins formés dès l’université :
Outre son implication dans la recherche, la SFD est un acteur incontournable dans le domaine de la formation des professionnels de santé sur le diabète, puisqu’elle organise des sessions de formation continue. Ces événements permettent aux médecins, infirmiers et autres professionnels de rester informés des dernières avancées scientifiques, tout en partageant des pratiques innovantes pour mieux accompagner leurs patients. En parallèle, certaines universités françaises, comme l’université Claude Bernard Lyon 1, l’université Paris-Saclay, ou encore l’université de Bordeaux, proposent des diplômes universitaires (DU) spécialisés en diabétologie, formant ainsi une nouvelle génération d’experts capables de répondre aux enjeux complexes liés à cette maladie.
Des initiatives locales, souvent portées par les agences régionales de santé (ARS), visent également à renforcer les compétences des soignants, en particulier dans les zones rurales ou sous-dotées. Des programmes spécifiques, tels que l’éducation thérapeutique du patient, sont développés pour aider les professionnels à guider leurs patients dans la gestion quotidienne de leur maladie. Cette approche de proximité permet de renforcer l’adhésion des patients aux traitements, tout en améliorant leurs connaissances sur les complications potentielles du diabète.
Une lutte contre le diabète aussi orientée vers les pays en voie de développement
À l’échelle internationale, plusieurs organisations jouent un rôle clé dans la lutte contre le diabète. L’International diabetes federation (IDF) coordonne des campagnes mondiales pour sensibiliser aux enjeux de cette maladie, tout en soutenant la recherche dans les pays en développement. Cette organisation met également en avant des recommandations pour harmoniser les politiques de santé publique en faveur des personnes atteintes de diabète. L’European association for the study of diabetes (EASD) complète cet effort en Europe, en organisant des conférences scientifiques et en promouvant les collaborations entre chercheurs et cliniciens.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est un autre acteur majeur, notamment dans les pays en voie de développement où l’accès aux soins pour les patients diabétiques reste limité. Ses campagnes visent à réduire les inégalités dans la prise en charge et à promouvoir des stratégies de prévention globales. Ces initiatives internationales, bien que diversifiées, convergent vers un même objectif : réduire l’impact du diabète à l’échelle mondiale, en combinant efforts scientifiques, éducation et accès aux soins pour les populations les plus vulnérables.
Cartographie des acteurs de l’écosystème du diabète en France :
La cartographie des acteurs de l’écosystème du diabète en France – @ Health&Tech Intelligence
Avec un taux de croissance annuel de 4,8 %, le diabète est l’une des affections de longue durée (ALD) qui a le plus progressé ces dernières années, passant ainsi d’une maladie (diabète de type 1 et de type 2 compris) qui concernait environ 1,9 millions de Français de plus de 20 ans en 2010 à 3,3 millions en 2022, selon les derniers chiffres de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), publiés dans un rapport paru en juin 2024. Cette augmentation du nombre de Français diabétiques de 75 % en 12 ans, fait de cette ALD la deuxième plus importante en France, avec 21,4 % des patients, juste derrière les maladies cardiovasculaires qui concernent, quant à elles, 27 % des patients souffrants d’ALD. Si l’on prend en compte tous les âges, le diabète touche 5,6 % des Français (3,8 millions) selon les derniers chiffres de Santé publique France.
Effectifs par ALD en 2022 et taux de croissance des effectifs depuis 2010 – @Igas
En 2023, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié des documents montrant une multiplication par cinq du nombre de personnes atteintes de tous types de diabète depuis 1980 : alors que 108 millions de personnes étaient concernées par cette pathologie il y a 44 ans, il y a désormais environ 540 millions de patients dans le monde aujourd’hui. L’OMS fait du diabète un enjeu de santé publique internationale, notamment parce que cette affection est une une cause importante :
de cécité ;
d’insuffisance rénale ;
d’infarctus du myocarde (IDM) ;
d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) ;
et d’amputation des membres inférieurs.
Cela est aussi dû au coût énorme de sa prise en charge pour les états qui ont instauré des politiques dédiées, pour les mutuelles, ainsi que pour les patients eux-mêmes.
Les pays à faible revenu touchés par une augmentation plus rapide :
Les chiffres de l’OMS ainsi que ceux de l’International diabetes federation (IDF) montrent que la prévalence du diabète a augmenté et continuera de le faire. Plus rapidement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que dans les pays à revenu élevé, avec des projections de l’IDF allant jusqu’à :
+134 % de patients diabétiques entre 2021 et 2045 en Afrique subsaharienne ;
jusqu’à 87 % dans la région Moyen-orient et Afrique du nord ;
et jusqu’à 68 % d’augmentation dans l’Asie du sud-est.
En France, l’organisation internationale prévoit que 4,22 millions de personnes seront touchées par le diabète en 2045.
Nombre de personnes atteintes du diabète dans le monde et projection jusqu’en 2045 – @ IDF
Plus de 10 Mds€/an de dépenses de l’Assurance maladie
Dans leur revue des dépenses concernant les ALD, l’Igas et l’Inspection générale des finances (IGF) montrent que, sur les 112 milliards d’euros dépensés par l’Assurance maladie, 10,9 concernent la prise en charge des soins du diabète. Cela en fait l’une des pathologies les plus coûteuses pour le système de santé, juste derrière le cancer. Sur ces 10,9 milliards d’euros, la grande majorité vient du remboursement des soins de ville (8 milliards d’euros en 2021). Les autres dépenses proviennent de l’hôpital et des prestations en espèces.
Par ailleurs, le diabète se présente comme l’une des ALD avec le plus bas reste à charge pour les patients : sur une moyenne de 5 565 euros de dépense moyenne par an pour un patient diabétique, seulement 717 euros restent à la charge du patient et 4 848 euros sont pris en charge par l’Assurance maladie. A titre de comparaison, le reste à charge :
du cancer est de 960 euros par an en moyenne ;
de l’insuffisance cardiaque grave est de 919 euros ;
et des maladies coronaires est de 831 euros.
Dépenses et reste à charge moyen pour les 30 principales combinaisons d’ALD, en 2021 – @ Igas
200 bandelettes/an remboursées dans le diabète de type 2 :
Les dispositifs médicaux (DM) occupent une place centrale dans le suivi quotidien des diabétiques : pompes, lecteurs de glycémie, auto-piqueurs… Suivant leur destination, les dispositifs ont été classés en plusieurs catégories, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) :
les systèmes de surveillance de l’équilibre glycémique : lecteurs de glycémie, électrodes/bandelettes, auto-piqueurs, bandelettes urinaires, holters glycémiques, automates et réactifs de laboratoire ;
les systèmes d’administration d’insuline : stylos injecteurs, aiguilles pour stylos injectables, pompes à insuline externes, pompes implantables, seringues à insuline et inhalateurs d’insuline.
En termes de remboursement, ce sont les bandelettes, capteurs et électrodes ainsi que les pompes à insuline (y compris le forfait journalier et la location) qui représentent les montants les plus élevés. En effet, en cas d’autosurveillance par mesure du glucose interstitiel en continu (MGC), l’Assurance maladie prend en charge un kit tous les 4 ans et un capteur tous les 10 ou 14 jours. Pour ce qui est des bandelettes, la prise en charge est limitée à 200 bandelettes par an pour les personnes avec un diabète de type 2 non traité par insuline.
Si la CT de la Haute autorité de santé (HAS) voit sa présidence rester la même – avec Pierre Cochat en président, ainsi que Michel Clanet et Étienne Langliné en vice-présidents -, ce renouvellement est marqué par le départ des deux anciens vice-présidents de la Cnedimts, Philippe Amabile et Pascal Sellier, et l’arrivée de nouvelles vice-présidentes. Membres de la Cnedimts lors du mandat précédent, ce sont Nawale Hajjaji et Françoise Hidden Lucet qui ont été choisies pour les remplacer. Elles intègrent ainsi le bureau de la Commission aux côtés de Jean-Yves Grall, ancien président par intérim qui a été reconduit à la tête de la Commission.
Titulaire d’un doctorat en sciences de l’université de Tours, Nawal Hajjaji est oncologue médicale au centreOscar Lambret à Lille et membre de l’unité Inserm U1192 PRISM depuis 2018, où elle mène des recherches en oncologie translationnelle. Ancienne conseillère scientifique pour BIG against breast cancer, elle a également travaillé pendant près de dix ans au CHU de Tours.
De son côté, Françoise Hidden Lucet exerce dans le service de cardiologie médicale de la Pitié Salpêtrière et est spécialisée dans la physiologie cardiaque et la médecine vasculaire. Titulaire d’un doctorat en médecine, elle est impliquée dans des recherches cliniques et expérimentales sur les maladies cardiovasculaires. Elle a exercé en tant que praticien hospitalier à l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, où elle a mené de nombreuses études sur les pathologies cardiaques. Elle est également membre de plusieurs équipes de recherche, notamment dans le domaine de la cardiologie et de la pathophysiologie vasculaire.
28 nouveaux membres en tout
11 nouveaux membres à la CT :
Créée en 2004, la Commission de transparence de la HAS regroupe médecins, pharmaciens et experts en méthodologie et épidémiologie. Elle évalue les médicaments ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché, à la demande des laboratoires qui souhaitent leur inscription sur la liste des produits remboursables.
Le mandat actuel court du 11 novembre 2024 au 11 novembre 2027 et vient introduire 11 nouveaux membres, qui rejoignent les 17 membres dont le mandat a été reconduit. Les membres de la CT pour les 3 prochaines années sont donc : Elisabeth Aslangul, Pierre Attali, Fatiha Barka, Audrey Bellesoeur, Hugues Blondon, Francis Bonnet, Sylvie Chevret, Muriel Doret-Dion, Céline Eiden, Patricia Etienne, Thierry Facon, Raphael Favory, Jean-Christophe Lega, Clara Locher, Ariane Mallat, Guillaume Marie, Véronique Minard-Colin, Marina Nguenang, Patrick Niaudet, Anne-Pierre Pickaert, Benoît Pilmis, Matthieu Roustit, Catherine Simonin, Dominique Tregoures, Albert Trinh Duc, Sylvie Viaux-Savelon.
17 nouveaux membres à la Cnedimts :
Fondée en 2010, la Cnedimts est une commission de la HAS chargée d’évaluer les dispositifs médicaux, les technologies de santé et les actes médicaux en vue de leur remboursement par l’Assurance maladie. Elle joue un rôle clé en éclairant les pouvoirs publics sur ces décisions et en contribuant à l’amélioration des pratiques professionnelles ainsi qu’à la qualité des soins. Elle examine les demandes de remboursement pour des dispositifs médicaux à usage individuel, des produits diagnostiques, thérapeutiques ou de compensation du handicap (hors médicaments) et des prestations associées. Ces analyses, réalisées à partir de bases scientifiques solides, peuvent être sollicitées par les fabricants ou intervenir sur saisines officielles.
Le mandat actuel court aussi pour 3 ans (renouvelable deux fois) et vient d’introduire 17 nouveaux membres, qui rejoignent les 10 membres reconduits auprès du président. Les membres de la Cnedimts pour ces 3 prochaines années sont donc : Pierre Ambrosi, Murielle Assoun, Alexander Balcerac, Catherine Bancal, Frederic Barbot, Hervé Corbineau, Philippe Cornu, Eric De Kerviler, Benoit Dervaux, Delphine Follet, Dominique Garel, Charlotte Gourio, Marie Paule Guillodo, Pascal Guillon, Sylvie Catherine Joannidis Gauthier, Fabien Labombarda, Pierre Lantelme, Jean-Charles Mikaelian, Jean Paysant, Anne-Marie Perron, Samuel Pouplin, Amina Rezkallah, Stéphane Tringali, Samuel Vialatte.
Dépasser les résultats cliniques randomisés grâce aux RWD
Les essais cliniques randomisés (RCT) restent la référence pour approuver de nouveaux médicaments, mais leur rigueur exclut souvent des profils de patientes plus divers, comme les personnes âgées ou celles ayant des comorbidités. Pour combler cette lacune, des chercheurs français, venant principalement du centre Léon Bérard et d’Unicancer, ont mené une étude sur l’efficacité de huit traitements utilisés contre le cancer du sein métastatique, en utilisant des données de vie réelle issues de la cohorte ESME-MBC. Ce groupe rassemble les données de santé de 32 598 patientes traitées entre 2008 et 2021 en France, permettant d’observer l’efficacité des traitements dans des contextes cliniques quotidiens et variés.
L’objectif de cette étude est d’émuler les RCT en utilisant des RWD, afin de confirmer ou de nuancer les conclusions des essais contrôlés, en observant notamment si les traitements testés offrent des bénéfices similaires en termes de survie. Ses résultats seront publiés en décembre 2024 dans le European journal of cancer (EJC), sous la forme d’un article intitulé “Assessing the real-world effectiveness of 8 major metastatic breast cancer drugs using target trial emulation“.
Résultats : une forte concordance avec les essais cliniques pour la majorité des médicaments
L’étude a évalué huit traitements couramment prescrits contre le cancer du sein métastatique, parmi lesquels les inhibiteurs CDK4/6 (palbociclib, ribociclib, abemaciclib), les anticorps anti-HER2 (trastuzumab, pertuzumab), le T-DM1, et l’everolimus. Les chercheurs ont recréé les conditions d’essais cliniques dans ce contexte réel en ajustant des variables pour minimiser les biais et observer les effets des médicaments comme dans les RCT, mais dans un échantillon de patientes plus large et varié.
Les résultats montrent que pour sept des huit traitements, l’efficacité observée en conditions réelles concorde avec celle des RCT. Les inhibiteurs CDK4/6, par exemple, confirment des bénéfices en termes de survie similaires à ceux observés en essais cliniques, tout comme les anticorps anti-HER2, qui continuent de montrer une efficacité substantielle en dehors du cadre strict des RCT. Cependant, des écarts ont été notés pour l’everolimus, dont l’efficacité en conditions réelles est apparue moindre. Les chercheurs ont indiqué que ces différences pourraient refléter les caractéristiques des patientes en milieu réel, plus diversifiées que celles des essais, et parfois plus vulnérables.
Les RWD offrent une perspective complémentaire :
Ils ont aussi mis l’accent sur le fait que ces données réelles, issues de situations cliniques quotidiennes, offrent une perspective complémentaire aux essais cliniques traditionnels, particulièrement pour des patientes qui pourraient être exclues des RCT. Elles permettent de mieux comprendre comment les médicaments fonctionnent dans la diversité des cas rencontrés en pratique. Cette approche aide les cliniciens à ajuster les traitements aux besoins spécifiques des patientes et à améliorer la prise en charge du cancer du sein métastatique.
* Assessing the real-world effectiveness of 8 major metastatic breast cancer drugs using target trial emulation
Alison Antoine, David Pérol, Mathieu Robain, Thomas Bachelot, Rémy Choquet, William Jacot, Béchir Ben Hadj Yahia, Thomas Grinda, Suzette Delaloge, Christine Lasset, Youenn Drouet.
European Journal of Cancer, Volume 213, 2024, 115072, ISSN 0959-8049, https://doi.org/10.1016/j.ejca.2024.115072.
Des cyberattaques de grandes ampleurs depuis plusieurs années
Ces dernières années, plusieurs hôpitaux français ont été touchés par des cyberattaques d’une ampleur considérable. L’une des attaques les plus marquantes est celle du Centre hospitalier Sud-Francilien (CHSF) d’août 2022, menée par le groupe cybercriminel Lockbit. Ce piratage a mis hors service le système informatique de l’établissement pendant plusieurs semaines, forçant le personnel à recourir à des méthodes manuelles pour assurer les soins. Les données exfiltrées, comprenant des informations personnelles et médicales de patients, ont été mises en ligne par les pirates après l’échec de leurs tentatives de rançon
En 2024, les cyberattaques sur les établissements de santé n’ont fait que s’intensifier. En février, l’hôpital d’Armentières a dû fermer temporairement son service des urgences et son bloc opératoire après une attaque bloquant ses systèmes, entraînant l’annulation de nombreux rendez-vous et une gestion manuelle des soins critiques. En octobre 2024, le groupe hospitalier Hospi Grand Ouest, incluant la Clinique de La Sagesse à Rennes, a également été ciblé par une cyberattaque de type ransomware, perturbant ses opérations et accentuant la pression sur son personnel.
Exemples d’attaques par rançongiciel ayant touché des centres hospitaliers en France depuis 2020 – @ANSSI
C’est dans ce contexte de cyberattaques d’ampleurs en France, ainsi que dans le reste du monde, que l’Anssi a décidé de publier, le 7 novembre 2024, son rapport “secteur de la santé : état de la menace informatique” dans lequel elle évoque les raisons pour lesquels les acteurs de la santé sont ciblés, mais aussi les manières de se prémunir de ces menaces informatiques.
Les établissements ciblés à cause de leur manque de cloisonnement
L’Anssi explique que dans ce secteur, les acteurs les plus ciblés sont les établissements de santé, et de loin (86 %). Pour l’Agence, cela s’explique par le fait que le manque de cloisonnement des systèmes d’information (SI) hospitaliers dû à l’impératif de garantir la disponibilité des services pour de nombreux utilisateurs et applications – ce se traduit fréquemment par des SI dépourvus de segmentation réseau et de contrôle d’accès – fait de ces acteurs des cibles privilégiés par les cybercriminels.
Distribution des incidents et signalements transmis à l’ANSSI entre janvier 2022 et décembre 2023 par entités du secteur de la santé – @ANSSI
En effet, les établissements de santé gèrent des informations personnelles et médicales hautement sensibles, nécessaires à la continuité des soins. Ce caractère unique, combiné à une infrastructure complexe et à un parc technologique hétérogène, rend la sécurité plus difficile à standardiser et à renforcer. De plus, les contraintes de disponibilité des données, cruciales pour les soins urgents, font de ce secteur une cible de choix pour les cybercriminels, en particulier dans le cadre des rançongiciels (ransomware).
– Quelques fonctions et dépendances critiques d’un Centre Hospitalier typique – @ANSSI
Une statistique marquante : entre janvier 2022 et décembre 2023, 86 % des incidents signalés à l’Anssi dans le secteur concernaient les établissements de santé, confirmant leur exposition accrue aux menaces informatiques.
Les menaces lucratives sont prédominantes :
Le rapport de l’Anssi distingue trois types principaux de menaces :
Menace à finalité lucrative : ce type de menace représente la majorité des attaques. Les cybercriminels s’intéressent avant tout aux gains financiers immédiats, avec des méthodes telles que les rançongiciels, la revente de données ou les fraudes en ligne ;
Menace à finalité d’espionnage : liée principalement à des États ou organisations cherchant à obtenir des informations stratégiques, cette menace s’est intensifiée avec la pandémie de Covid-19, visant par exemple les données de recherche sur les vaccins ;
Menace de déstabilisation : souvent orchestrée par des groupes hacktivistes, elle prend la forme d’attaques par déni de service (DDoS) ou de sabotage. Les objectifs sont de perturber les services de santé ou de compromettre la réputation des entités visées.
Parmi ces menaces, les attaques à finalité lucrative prédominent en raison de leur rentabilité directe pour les cybercriminels. Le déploiement de rançongiciels dans les hôpitaux vise à contraindre ces derniers à payer des rançons pour récupérer l’accès à leurs systèmes. Le chantage lié à la divulgation de données exfiltrées est également une tactique courante. Les attaques par rançongiciels ont particulièrement marqué le secteur depuis 2020, notamment en exploitant la pression sur les établissements de santé pendant la pandémie, une période durant laquelle la continuité des soins était impérative.
“Sensibiliser les collaborateurs”, parmi les recommandations de l’Anssi
La particularité de ce rapport de l’Anssi est qu’il ne se contente pas de faire un état des lieux de la menace informatique qui pèse sur le secteur de la santé en France, puisque l’Agence va émettre plusieurs recommandations pour contrer ces menaces. Les 19 recommandations vont concerner 8 pans importants de la sécurité informatique, à savoir, la sécurité des ressources humaines, la gestion des risques, l’acquisition, développement et maintenance du SI, l’architecture du SI, la gestion des identités et des accès, la gestion des vulnérabilités, la journalisation et la détection des failles, ainsi que la résilience du SI.
Parmi ces recommandations, l’Anssi insiste sur la sensibilisation des collaborateurs. L’agence recommande des sessions régulières de sensibilisation pour transmettre aux utilisateurs et administrateurs des bonnes pratiques face aux risques de cybermalveillance, en mettant l’accent sur les comportements sûrs et la vigilance face aux courriels suspects et aux extensions de fichiers potentiellement malveillantes.
En complément, l’Agence suggère également de mettre en œuvre un plan de réponse aux cyberattaques, de centraliser les journaux d’évènements et les alertes des capteurs de sécurité, et d’assurer des sauvegardes régulières et sécurisées des données sensibles. Ces mesures visent à renforcer la résilience des systèmes et à assurer une capacité de réponse efficace en cas d’incident, pour limiter les impacts opérationnels sur la continuité des soins.
Des centaines de structures d’étude et de traitement
De nombreuses structures d’étude et de traitement de la douleur chronique ont été créées pour prendre en charge de manière spécifique la douleur des patients, qu’elle soit chronique ou qu’elle soit la conséquence d’une opération chirurgicale. Les structures les plus avancées sont les centres qui permettent une prise en charge pluridisciplinaire. Parmi ces acteurs, on retrouve le centre “évaluation & traitement de la douleur” de l’hôpital Foch, ou encore, l’un des derniers en date, l’institut de lutte contre la douleur de l’hôpital privé Paul d’Egine (Ramsay Santé) qui a ouvert en octobre 2023.
Ces structures pluridisciplinaires peuvent se situer dans des établissements classiques, comme c’est le cas au CHU de Lille, ou dans des instituts ou centres créés spécifiquement pour répondre à cette problématique. Elles sont dédiées à la prise en charge de la douleur grâce à des professionnels de santé spécialistes, comme des acupuncteurs, des ostéopathes, des hypnothérapeutes, ou des psychologues, pour offrir aux patients une gamme variée d’approches thérapeutiques pour le traitement de leurs maux.
En France, ces structures d’étude et de traitement de la douleur chronique se décomposent en plusieurs centaines d’établissements proposant des consultations contre la douleur et surtout de 70 centres spécialisés répartis sur tout le territoire métropolitain, ainsi que dans les territoires d’outre-mer, avec notamment deux centres à la Réunion.
L’importance de la recherche pour une meilleure prise en charge
Et si l’amélioration de la prise en charge de la douleur des patients est l’objectif final de tous les acteurs dédiés à la lutte contre la douleur, ces derniers participent aussi à cette cause par le biais de la recherche pour comprendre la douleur et les manières de la prendre en charge. En France, des fondations, des associations, mais aussi des instituts, déploient des efforts constants pour faire avancer cette recherche.
L’Institut Analgesia fait partie de ces acteurs. En plus de compter plus de 20 centres de la douleur dans son écosystème, il a mis en place plusieurs projets de recherche qui ont abouti à des publications scientifiques, notamment sur le paracétamol, le remplacement des opioïdes, et sur l’utilisation d’outil numérique pour la surveillance et le suivi médical des patients. Ses recherches lui ont aussi permis de mettre en place des campagnes de sensibilisation, mais aussi de développer des applications mobiles pour accompagner au quotidien les patients douloureux chroniques suivis en centres de la douleur.
Une recherche qui a aussi lieu à l’international :
Plusieurs organisations internationales sont concentrées sur la recherche sur la douleur pour une meilleure prise en charge du patient. Parmi elles, on compte l’Association internationale pour l’étude de la douleur(IASP) qui soutient la recherche et la formation pour le traitement et la compréhension de la douleur, mais aussi la Fédération européenne de la douleur (EFIC) qui est une organisation qui regroupe les sociétés nationales européennes pour promouvoir la recherche et la gestion de la douleur.
La formation des professionnels mène à une meilleure prise en charge :
Une meilleure prise en charge des patients souffrants de douleur ne peut exister sans une formation adéquate des professionnels de santé. C’est pourquoi des acteurs français et internationaux se coordonnent pour former les médecins aux meilleures pratiques pour la gestion de la douleur des patients.
C’est ce que fait en France le Centre national de ressources de lutte contre la douleur de l’AP-HP, et le World Institute of Pain à l’international. Ces acteurs forment sur plusieurs sujets, notamment sur les manières d’évaluer la douleur, sur les ressources thérapeutiques existantes pour les différents types de douleur ou encore sur les structures vers lesquelles orienter les patients.
Mettre en lumière des solutions de santé numérique parfois inconnues du secteur : telle est l’ambition des Trophées de la e-santé, organisés chaque année à l’occasion des journées de l’Université de la e-santé, dont la 18ème édition de cet événement annuel conçu et porté par Castres-Mazamet Technopole aura lieu le 27 novembre 2024. Et pour l’occasion – aux côtés des catégories “patients” et “structures de soin et professionnels de santé” deux nouvelles catégories font leur apparition : “prévention, bien-être et bien vieillir” et “traitement, valorisation et sécurisation des données de santé”.
Après l’analyse des projets de plus de 80 candidats, 14 ont été retenus pour être présentés devant les jurés lors de la première journée des Trophées de la e-santé. Jurés qui éliront les lauréats de cette 18ème édition. En plus des 4 catégories habituelles, deux des 14 finalistes pourront aussi remporter deux prix spéciaux : le prix du jury, ainsi que le trophée des internautes – puisque vous avez la possibilité d’élire votre projet préféré en votant en suivant ce lien.
Des anciens lauréats qui ont levé plusieurs dizaines de millions d’euros :
Plus qu’une simple remise des trophées, cette compétition permet à chaque lauréat de bénéficier d’une visibilité accrue, notamment par le biais :
➡️ d’interview d’après cérémonie ; ➡️ d’apparitions sur le site internet de l’évènement ; ➡️ d’apparitions sur les réseaux sociaux de l’évènement ; ➡️ d’un communiqué de presse post évènement qui sera envoyé aux médias du secteur du numérique en santé.
De plus, nombres de lauréats des éditions précédentes ont depuis levé plusieurs millions d’euros : c’est le cas de Tilak Healthcare et de OSO-AI qui ont tous les deux levés 10 millions d’euros après avoir remporté un trophée de la e-santé.
Entreprise
Solution
Description de la Solution
ALIA SANTE
ALIA DATA GEN
ALIA DATA GEN analyse des données médicales pour améliorer la gestion des soins et les décisions cliniques. La solution fournit des analyses approfondies en temps réel.
AXOMOVE
AXOMOVE THERAPY
AXOMOVE THERAPY propose une rééducation fonctionnelle à distance, combinant des programmes d’exercices personnalisés et un suivi des progrès via une application mobile.
PARENTALIS
BeParentalis
BeParentalis est une plateforme d’accompagnement pour les parents, offrant des conseils et du soutien pour faciliter l’éducation et la santé des enfants.
AIMED2
BETTY CARE
BETTY CARE propose un suivi de l’état de santé des patients hospitalisés ou à domicile grâce à des capteurs et à l’intelligence artificielle pour alerter les soignants.
BACK LEARNING
Doado
Doado aide les patients souffrant de douleurs dorsales avec des exercices personnalisés et un suivi à distance pour améliorer leur posture et soulager les douleurs.
GMT SCIENCE
IOScope
IOScope est une plateforme de télémédecine spécialisée dans le suivi des maladies respiratoires. Elle permet un suivi à distance et l’analyse de données respiratoires.
KanopyMed
Pred’ic
Pred’ic utilise des algorithmes prédictifs pour identifier les patients à risque de complications médicales, optimisant ainsi les soins préventifs et la gestion des risques.
PTERYON
Kinalgo Corporate
Kinalgo Corporate améliore l’efficacité des entreprises dans le secteur médical avec une solution de gestion des processus de soin et de la performance des équipes.
MAGIC GENOMIX
Magic X
Magic X est une plateforme d’analyse génétique qui propose des insights sur la santé personnelle, facilitant la prévention et le dépistage des maladies génétiques.
NANOMADE
PULSE
PULSE propose une technologie de capteurs tactiles pour surveiller les signes vitaux et d’autres paramètres médicaux, facilitant la détection de changements de santé.
Novo Nordisk
NOVOPEN (Novopen 6 & Echo Plus)
NOVOPEN est un dispositif connecté pour les patients diabétiques, permettant un dosage précis de l’insuline et un suivi des injections pour une meilleure gestion de la maladie.
PHILOMEC SAS
Philomec
Philomec est une solution qui utilise des exosquelettes pour assister les professionnels de la santé dans leurs tâches physiques, réduisant la fatigue et les risques d’accidents.
PRAXYSANTE
PraxyConsultation : scribe médical
PraxyConsultation propose un scribe médical numérique, qui assiste les médecins en prenant des notes automatiques pendant les consultations pour optimiser leur temps.
SKEZI
SKEZIA
SKEZIA est une solution de gestion des données médicales permettant le partage sécurisé des informations entre les professionnels de santé pour une coordination optimale.