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  • Santé numérique : un guide 2025, avec 9 outils clés recensés, pour renforcer les usages numériques des soignants en Seine-et-Marne

    Lancement du Guide du Numérique 77 : une actualisation issue des retours de terrain des professionnels

    L’Alliance Santé 77, en collaboration avec le groupement d’intérêt public SESAN, a actualisé le Guide du Numérique en Santé à destination des professionnels de santé de Seine-et-Marne. Cette version révisée sera officiellement présentée lors des 2èmes Rencontres du Numérique en Santé 77, organisées le 27 novembre 2025 à l’Hôpital Forcilles. L’objectif du guide est

    • d’aider les professionnels de santé à mieux repérer les outils numériques disponibles ;
    • comprendre leur utilisation ;
    • et identifier les référents locaux pouvant les accompagner.

    Cette démarche territoriale mise sur la proximité et l’expérience de terrain pour favoriser l’appropriation des outils numériques publics.

    Retour d’expérience et ajustement des contenus pratiques : 9 fiches-outils pour orienter les usages numériques

    Initiée en 2023, la révision du guide s’est appuyée sur des groupes de travail interprofessionnels et sur des entretiens menés avec les soignants et responsables d’établissement. Les contributions de terrain ont permis de relier les besoins des utilisateurs aux dispositifs numériques publics existants. Le processus de co-construction a également permis de valoriser les retours d’expérience des professionnels du territoire. Les thématiques abordées intègrent la cybersécurité, l’identitovigilance, ainsi que les programmes de financement du Ségur du numérique, selon le type de structure.

    Des fiches-outils pour simplifier les usages

    Le Guide 2025 se compose de neuf fiches-outils pratiques, chacune dédiée à un service ou outil numérique. Parmi ces solutions figurent Mon Espace Santé, la MSSanté, le DMP, ViaTrajectoire, Santélien, Maillage 77, DirectProSanté77, le réseau de téléexpertise, ainsi que la plateforme nationale du SAS. Chaque fiche présente l’objectif de l’outil, les conditions d’accès, le fonctionnement et les contacts utiles. Un tableau récapitulatif intitulé « Quel outil pour mon besoin ? » aide les professionnels à identifier la solution la plus adaptée à leur usage. Les référents numériques du territoire sont également listés afin d’assurer un accompagnement de proximité.

    Créée en mars 2020, l’Alliance Santé 77 réunit des professionnels de santé et des acteurs institutionnels du département. Ce collectif, né pendant la crise sanitaire, a progressivement élargi son champ d’action.

    Son objectif est de soutenir la complémentarité des pratiques, de favoriser les projets collaboratifs et d’améliorer la coordination entre ville et hôpital. Les thématiques de travail incluent l’accès aux soins, la qualité, l’innovation et la réduction des inégalités territoriales. Le collectif agit aujourd’hui comme un laboratoire de projets numériques, inspirant pour les autres territoires.

    Accès au guide : le Guide du Numérique en Santé 77  

  • Aides à l’installation des médecins : la Cour des comptes pointe des dispositifs coûteux et inadaptés

    15 dispositifs différents: un système fragmenté et mal compris par les jeunes praticiens

    Sur la base d’une analyse couvrant la période 2016‑2023, la Cour des comptes dresse un bilan négatif des aides à l’installation des médecins libéraux.

    • Quinze dispositifs différents ont été identifiés,
    • répartis entre huit mesures sanitaires (zones d’intervention prioritaire et zones d’action complémentaire)
    • et sept dispositifs fiscaux liés au développement économique, comme les zones France ruralités revitalisation ou les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

    Selon les magistrats financiers, cette accumulation engendre “confusion” et “concurrences inopportunes” entre territoires. La diversité des aides rend le système “peu compréhensible et opaque”, en particulier pour les jeunes médecins en début d’installation, dont beaucoup ignorent l’existence ou les conditions d’accès à ces aides.

    205 millions d’euros en 2023 pour 17 000 bénéficiaires

    En 2023, les dépenses publiques et sociales en faveur de l’installation médicale ont atteint environ 205 millions d’euros. Elles concernent près de 15 000 médecins et 2 000 étudiants en médecine. La Cour des comptes relève des effets d’aubaine et un faible impact sur la densité médicale dans les zones sous‑dotées. La moitié des montants concerne les aides en zones sanitaires, l’autre moitié des exonérations fiscales et sociales dans les zones économiques prioritaires. Lorsque ces zonages se superposent, les aides font grimper le coût global d’installation sans accroître le nombre de praticiens. En revanche, lorsqu’ils diffèrent, les dispositifs se neutralisent tout en pesant sur les finances publiques.

    Collectivités : des aides locales importantes mais non évaluées

    Au-delà des financements nationaux, les collectivités territoriales déploient de nombreuses initiatives locales d’attractivité médicale. La Cour des comptes reconnaît ne pas pouvoir en chiffrer le volume global, bien qu’il puisse dépasser les dépenses de l’État. Ces actions, menées indépendamment des dispositifs nationaux, accentuent le morcellement de l’intervention publique, sans garantie d’efficacité.

    Rationalisation et suppression de dispositifs inefficaces

    Pour rationaliser l’action publique, la Cour des comptes propose

    • La création d’un “schéma départemental d’initiatives concertées relatif aux aides à l’installation des médecins”. Ce cadre permettrait d’articuler les interventions de l’État, de la Cnam et des collectivités autour de diagnostics partagés. Une base de données commune des besoins en soins primaires et de l’offre médicale locale renforcerait ce pilotage à l’échelle territoriale.
    • La Cour suggère de distribuer les aides via des appels à manifestation d’intérêt conjoints fondés sur ce schéma et de supprimer certains dispositifs jugés obsolètes, notamment les exonérations fiscales des bénéfices non commerciaux en zones prioritaires et deux mesures issues de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020.

    Les magistrats rappellent enfin que les aides financières favorisent la densité médicale uniquement dans les contextes d’exercice collectif. Le soutien à la médecine de groupe et aux centres de santé constitue, selon la Cour, une priorité pour rendre ces dépenses réellement efficaces. Les autorités publiques sont ainsi invitées à renforcer les moyens en faveur de l’exercice coordonné pour répondre aux inégalités territoriales d’accès aux soins.

  • PLFSS : les médecins libéraux dénoncent un budget qui fragilise la médecine de ville

    PLFSS : un budget jugé défavorable à la médecine libérale

    L’Union Régionale des Professionnels de Santé – Médecins Libéraux de PACA (URPS ML PACA) alerte sur les effets du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale actuellement débattu au Sénat. Plusieurs dispositions concernant la médecine libérale, notamment la réduction des tarifs d’actes médicaux en imagerie et en radiothérapie, ont été adoptées à l’Assemblée nationale. Selon Laurent Saccomano, président de l’URPS ML PACA, ces décisions unilatérales de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) rompent un équilibre établi depuis des décennies entre les praticiens et l’Assurance maladie. Pour lui, la recherche d’économies budgétaires ne doit pas reposer sur des baisses d’honoraires ou des mécanismes coercitifs, mais sur la pertinence et la coordination du parcours de soins.

    Des décisions perçues comme contraires aux besoins du terrain

    L’URPS ML PACA estime que ces mesures accentuent un climat d’instabilité pour les médecins libéraux et compromettent leur capacité d’investissement. Le syndicat redoute un impact sur la qualité et l’accessibilité de l’offre de soins dans les territoires. Pour l’organisation régionale, les réformes budgétaires devraient soutenir les initiatives locales d’organisation des soins, plutôt que de pénaliser les praticiens de proximité.

    Coordination, pertinence et innovation au cœur des solutions proposées

    Un appel à des moyens stables pour la médecine libérale

    Pour l’URPS ML PACA, l’avenir du système de santé passe par une meilleure coordination et une organisation renforcée des soins de ville. L’Union rappelle plusieurs initiatives menées dans la région :

    • Collaboration avec les facultés de médecine d’Aix-Marseille et de Nice Côte d’Azur pour former les étudiants au milieu libéral.
    • Plateforme Mon Rempla PACA pour faciliter les remplacements et assurer la continuité des soins.
    • Soutien à l’exercice coordonné via les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), les Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) et les projets collectifs.
    • Investissement dans le numérique de santé avec Extelib pour fluidifier les échanges entre médecins et améliorer le suivi des patients.
    • Déploiement de dispositifs de prévention de l’isolement et de l’épuisement professionnel à travers Med’Aide.

    L’Union mène en parallèle des actions de santé publique en lien avec les établissements hospitaliers pour lutter contre des pathologies chroniques et les résistances antimicrobiennes. Elle pilote aussi des projets numériques, dont un serious game d’éducation thérapeutique pour les patients diabétiques, et travaille sur un dispositif d’interprétariat destiné à faciliter l’accès aux soins pour les populations migrantes. L’Union appelle les pouvoirs publics à soutenir la médecine de proximité, à renforcer les moyens plutôt qu’à réduire les rémunérations, afin d’assurer la pérennité de l’offre de soins et la qualité du parcours patient.

     

  • IA en santé : gouvernance, formation, évaluation, les acteurs définissent les priorités

    Des établissements à la fois utilisateurs et “makers” d’IA

    À l’occasion d’une table ronde organisée durant la 4eme Journée nationale de l’innovation en santé numérique, et réunissant fédérations hospitalières, représentants des professionnels de santé, usagers et Haute Autorité de Santé (HAS), les acteurs du secteur ont détaillé les grands axes de la stratégie nationale sur l’intelligence artificielle (IA) appliquée à la santé.  Gouvernance territoriale, formation, cartographie des usages, évaluation et cadre réglementaire : autant de chantiers pour un déploiement sûr, utile et coordonné des technologies d’IA dans le système de santé. Les représentants hospitaliers ont rappelé que l’IA est déjà bien déployée dans les établissements, avec des stratégies d’extension territoriales sur un à trois ans — un rythme qualifié de « très rapide à l’échelle hospitalière ». Mais les hôpitaux ne sont pas de simples consommateurs d’IA : plusieurs développent eux-mêmes des solutions, créent des instituts et expérimentent des cas d’usage dans leurs services. Dans cette perspective, la gouvernance doit être ancrée dans les territoires.

    Former tous les professionnels, pas seulement la nouvelle génération

    Les organisations représentatives des professions de santé ont insisté sur l’importance de la formation et de l’accompagnement. Les transformations numériques s’accumulent — ordonnances, changements de pratiques, nouveaux logiciels, intelligence artificielle — mais les formats de formation actuels restent peu adaptés. Les constats sont partagés sur :

    • l’accès difficile aux formations (horaires, disponibilité) ;
    • le manque de mise en pratique immédiate entraînant un abandon rapide ;
    • la grande hétérogénéité des outils entre structures, services, établissements et territoires ;
    • la perte de motivation en l’absence d’accompagnement terrain.

    La formation, continue et adaptée est donc présentée comme une condition d’adoption.

    Cartographier les usages pour prioriser et guider le terrain

    L’un des piliers de la stratégie consiste à s’appuyer sur l’observatoire national des usages de l’IA en santé (Anap). Cet observatoire, déjà alimenté, recense plus de 60 retours utilisateurs, dans l’imagerie mais aussi dans les fonctions administratives, RH ou organisationnelles. Ses objectifs :

    • identifier ce qui fonctionne réellement dans les établissements ;
    • repérer les usages transférables ;
    • éclairer les choix des structures débutantes (« par où commencer ? ») ;
    • mutualiser les retours, contacts et retombées organisationnelles.

    Les participants ont plaidé pour élargir cette cartographie aux développements internes et aux indicateurs quantitatifs d’adoption.

    Mutualisation et réseau de vigilance : « Ce n’est pas un sujet technologique, mais une question de posture et d’organisation »

    Face à l’explosion du nombre de solutions d’IA, les établissements appellent à structurer une organisation nationale de mutualisation, reposant sur :

    • des établissements avancés jouant un rôle d’ambassadeurs ;
    • des dispositifs de vigilance et d’alerte, à l’image de ce qui existe en cybersécurité ;
    • des tiers-lieux d’expérimentation pour dérisquer, documenter et partager les retours.

    Pertinence : attentes fortes, craintes persistantes

    Les usagers demandent une implication systématique dans la conception, l’évaluation continue et l’évolution des solutions. Du côté des usagers, les attentes portent sur :

    • la précision diagnostique ;
    • la personnalisation des soins ;
    • la clarté des explications ;
    • le respect des données personnelles ;
    • la réduction des erreurs médicales ;
    • la fluidification du parcours de soins.

    Mais des craintes demeurent :

    • perte du lien humain ;
    • fiabilité des résultats ;
    • risque d’accentuation des inégalités d’accès ;
    • lisibilité insuffisante pour le grand public.

    Évaluation : la HAS prépare de nouveaux cadres adaptés à l’IA

    La Haute Autorité de Santé a rappelé que la majorité des systèmes d’IA utilisés aujourd’hui ne relèvent pas du marquage CE médical ou ne bénéficient pas d’un remboursement individualisé. Il faut donc inventer de nouveaux cadres. Parmi les enjeux identifiés :

    • évaluer plus régulièrement des systèmes en évolution constante ;
    • déterminer qui évalue (HAS, industriels, établissements, acteurs tiers) ;
    • définir les formats (évaluation individuelle ou par classe de technologies) ;
    • étudier la possibilité de labels ;
    • intégrer les impacts organisationnels, RH et financiers ;
    • vérifier l’adéquation entre données d’apprentissage et données utilisées en contexte réel.

    Une première évaluation servira de test méthodologique en 2026, notamment sur des cas d’usage d’électrocardiogrammes augmentés par IA.

    Responsabilité : un besoin urgent de clarification

    La question de la responsabilité en cas d’erreur liée à l’IA suscite de fortes attentes chez les professionnels comme chez les usagers. Aujourd’hui, le médecin demeure responsable de l’acte médical et l’établissement reste garant du cadre de soin, mais les praticiens rappellent qu’ils ne peuvent assumer seuls les conséquences d’erreurs provenant de mécanismes algorithmiques qu’ils ne maîtrisent pas. Les organisations professionnelles appellent ainsi à une clarification réglementaire, nationale et européenne, à une accélération des processus de validation des outils et à une transparence accrue sur la construction, l’évolution et les limites des systèmes d’IA.

    Acculturation, guides pratiques et masterclass

  • HAS : deux leviers proposés pour structurer l’expertise au service du virage préventif

    Pourquoi le virage préventif peine à se concrétiser ?

    La Haute Autorité de santé publie une analyse prospective qui vise à renforcer l’appui aux décideurs en prévention et promotion de la santé (PPS). Dans un contexte de contraintes budgétaires et de défiance scientifique, l’enjeu est d’objectiver les interventions avant leur déploiement, leur priorisation ou leur pérennisation. L’OMS encourage la « décision informée par les données probantes », combinant rigueur scientifique, transparence et redevabilité. Pourtant, en France, l’accès aux données utiles à la décision reste hétérogène, et les initiatives d’évaluation sont dispersées entre agences, caisses, collectivités ou organismes de recherche.

    Bien que la prévention soit affichée comme priorité publique depuis plusieurs années, les résultats demeurent insuffisants : participation réduite aux dépistages, couverture vaccinale inférieure à celle d’autres pays européens, niveaux élevés de tabagisme ou d’alcoolisation.
    De nombreuses initiatives n’ont pas été déployées à large échelle, faute de données probantes consolidées sur leur efficacité, leur efficience ou leurs conditions de mise en œuvre. Les travaux récents, dont ceux de l’Igas, soulignent le besoin d’une meilleure compréhension partagée des enjeux d’évaluation.

    Axe 1 — Construire une « boîte à outils » méthodologique partagée

    La HAS recommande de mettre à disposition un cadre de référence adaptable à la diversité des interventions : programmes nationaux, actions locales ou dispositifs intersectoriels comme l’aménagement urbain ou la rénovation énergétique.
    Ce cadre préciserait les catégories de données attendues :

    • efficacité, incluant effets positifs et négatifs ;
    • données économiques, combinant analyses budgétaires et économiques au sens large ;
    • conditions de mise en œuvre, liées aux mécanismes, contextes et adaptations ;
    • externalités, sanitaires ou non sanitaires.

    Le cadre doit soutenir la discussion entre effecteurs, évaluateurs et financeurs pour choisir les critères pertinents et les niveaux de preuve nécessaires selon la maturité de l’intervention.

    Un guide pour anticiper les évaluations

    La HAS insiste sur la préparation en amont : identifications des données utiles, budget dédié (avec repères comme ceux de Promotion Santé Suisse), accès aux données d’études, mobilisation des bases existantes (cohortes, registres, SNDS).
    Un guide d’accompagnement aiderait les acteurs à calibrer moyens et méthodes, éviter des reconstructions a posteriori et faciliter la diffusion des résultats.

    Rendre les données lisibles et utilisables

    La mise en forme des résultats doit être claire et pédagogique. Des référents scientifiques pourraient accompagner les décideurs. La HAS souligne l’intérêt de mécanismes inspirés de ReperPrev ou de formats synthétiques à l’image des « Quick Buys » de l’OMS, voire d’une forme de labellisation des interventions en PPS.

    Axe 2 — Créer un espace national de dialogue et d’intermédiation

    La HAS propose la création d’un espace structuré rassemblant décideurs, financeurs, effecteurs d’interventions et évaluateurs. L’objectif : construire une compréhension partagée des besoins de données, discuter des critères, éviter les doublons et faciliter l’appropriation des résultats. L’expérience du Australian Prevention Partnership Centre sert de référence : dialogues politiques, simulations pour tester des options d’intervention, implication continue de chercheurs, décideurs et acteurs de terrain.

    Critères pour le portage de cet espace

    L’acteur chargé d’animer ce dispositif devra disposer :

    • d’une assise scientifique garantissant la qualité ;
    • d’un lien fort avec la recherche pour suivre l’évolution des connaissances ;
    • d’une dimension interinstitutionnelle pour décloisonner santé, éducation, environnement, urbanisme ou protection sociale.

    La création d’un nouvel organisme n’est pas privilégiée au regard des enjeux de simplification. La HAS recommande d’identifier un ou plusieurs acteurs existants pour assurer cette fonction. La HAS entend contribuer à la construction de la « boîte à outils », notamment sur le volet économique. L’institution appelle à une démarche de co-construction impliquant administrations, agences, chercheurs, caisses, collectivités, acteurs associatifs et opérateurs locaux. L’espace de dialogue proposé vise à structurer durablement la compréhension, l’évaluation et l’interprétation des données probantes pour accélérer le virage préventif.

    Haute Autorité de santé. Comment renforcer l’expertise au service du virage préventif ? Analyse prospective. Saint-Denis La Plaine: HAS; 2025 Oct.

     

  • Onco’Link d’Unicancer validé pour un déploiement en droit commun

    Un modèle de suivi à domicile confirmé par les autorités

    Le Comité technique de l’innovation en santé (CTIS) et le Conseil stratégique de l’innovation en santé (CSIS) ont rendu, le 8 octobre 2025, un avis favorable à la généralisation du dispositif Onco’Link. Porté depuis 2021 par Unicancer, ce programme de suivi à distance des patients sous anticancéreux oraux s’inscrit dans le cadre de l’article 51 de la loi de financement de la Sécurité sociale. Avec plus de 13 800 patients inclus et 41 établissements partenaires, il constitue l’expérimentation la plus importante menée sur ce dispositif législatif. Le modèle repose sur une coordination entre équipes hospitalières et professionnels de ville, notamment les pharmaciens d’officine. Il vise à renforcer la sécurité du suivi, améliorer la qualité de vie et soutenir l’autonomie des patients traités à domicile.

    Réduction des hospitalisations non programmées et observance améliorée selon les retours médecins

    L’évaluation conduite par le CTIS souligne la qualité du dispositif et son caractère innovant. Les patients se sont déclarés satisfaits du suivi, avec un ressenti d’autonomie renforcée et une observance thérapeutique améliorée. Les professionnels de santé rapportent une meilleure coordination entre ville et hôpital ainsi qu’une détection plus précoce des effets indésirables. Sur le plan économique, le dispositif n’a généré aucun surcoût significatif pour l’Assurance maladie. Les premiers bilans suggèrent même un impact favorable grâce à la réduction des hospitalisations non programmées et à l’optimisation de la prise en charge des toxicités.

    41 établissements mobilisés et plus de 5 500 professionnels impliqués

    Fin octobre 2025, Onco’Link associait 41 établissements hospitaliers relevant des secteurs public, privé et à but non lucratif. Parmi eux, les Hospices Civils de Lyon, l’Institut Paoli-Calmettes et l’Institut Bergonié figurent parmi les principaux contributeurs avec plus de 1 000 patients inclus chacun. L’expérimentation mobilise au total 600 professionnels hospitaliers et 5 500 acteurs de ville.

    L’avis favorable du CSIS ouvre une période de transition pouvant aller jusqu’à 18 mois avant la généralisation du dispositif. Cette phase permettra d’élaborer les modalités précises du futur financement en droit commun et d’intégrer le modèle dans les réformes nationales de tarification hospitalière. Les établissements déjà partenaires poursuivront les inclusions, tandis que de nouveaux sites pourront intégrer la démarche après la période transitoire. L’objectif est d’inscrire Onco’Link dans l’organisation du suivi de cancérologie de ville, en cohérence avec la stratégie décennale des cancers 2021‑2030.

    Une réponse aux enjeux du virage ambulatoire en cancérologie

    Le dispositif vise deux enjeux identifiés en cancérologie : hausse du recours aux traitements oraux et développement des soins à domicile, avec des protocoles partagés et un suivi structuré. Le passage en droit commun d’Onco’Link pourrait devenir un jalon de la transformation numérique du parcours en cancérologie et servir de référence pour d’autres pathologies chroniques pris en charge à domicile.

     

  • Recherche en oncologie : le Pr Fabrice André alerte sur la complexification de la recherche clinique, plaide pour une simplification et l’usage de l’IA

    La recherche clinique en oncologie “devient infaisable”

    Directeur de la recherche à Gustave Roussy et président de l’ESMO, le professeur Fabrice André décrit, lors de la 4ᵉ Journée nationale de l’innovation en santé numérique, une situation où les essais cliniques s’alourdissent au point de devenir peu réalisables.

    Le nombre de procédures par étude a augmenté de 57 %, celui des formulaires à remplir de 227 %. Les centres doivent mobiliser des équipes importantes pour répondre à ces exigences, ce qui réduit le volume d’études, le recrutement de patients et l’équité d’accès à la recherche. La conséquence est aussi un appauvrissement des données disponibles, notamment pour entraîner les modèles d’IA. Pour y répondre, deux voies s’imposent selon lui : automatiser ou supprimer certaines procédures. Il défend une stratégie de simplification, formalisée dans plusieurs travaux académiques.

    Automatiser le recueil de données et harmoniser la terminologie médicale

    Un programme financé par France 2030 montre l’intérêt de l’automatisation. L’analyse des erreurs de remplissage indique 7 % d’erreurs avec l’IA, contre 14 % pour les saisies manuelles. Les erreurs concernent surtout les données contenant des dates. Des travaux avec CentraleSupélec visent à optimiser ces performances pour alléger la charge des équipes et réduire les coûts. Fabrice André insiste sur la variabilité des comptes rendus entre médecins. Sans terminologie unifiée, l’IA ne peut pas exploiter correctement les données. Il appelle les sociétés savantes et la communauté scientifique à structurer cette normalisation. La fragmentation des solutions numériques constitue un frein. Les centres doivent pouvoir s’appuyer sur un interlocuteur unique couvrant l’ensemble de la chaîne opérationnelle. La régulation et la standardisation restent des enjeux importants mais difficilement traitables dans le cadre d’une intervention de courte durée, souligne-t-il.

    Changer le paradigme scientifique : « Un cancer c’est avant tout une maladie… Il y a de la biologie. C’est pas juste une maladie anatomique. »

    Au-delà de l’opérationnel, le chercheur décrit un basculement conceptuel. Les classifications par organe montrent leurs limites. Les cancers doivent être définis par leur biologie, créant de fait des profils moléculaires uniques. L’ensemble des données cliniques, génomiques, protéiques et autres permet la construction d’un patient virtuel, représentation numérique de la maladie. Cette évolution modifie la manière de raisonner en oncologie et s’étend désormais aux essais.

    Trois niveaux d’utilisation des jumeaux numériques

    • Les similarités de patients : Déjà utilisées depuis une décennie, elles consistent à comparer un patient à des cas similaires issus de bases de données. Elles permettent d’estimer ce qui est arrivé à des groupes comparables et deviennent un support décisionnel complémentaire aux essais randomisés.
    • Les modèles génératifs : Les IA génératives interrogent des bases internes, des cartes de connaissances et la littérature pour identifier des options thérapeutiques pour un patient donné. Les performances sont jugées encourageantes. La question centrale devient : comment connecter les caractéristiques biologiques d’un patient aux masses de connaissances existantes pour proposer un traitement pertinent, y compris parmi les molécules encore non disponibles ?
    • Les simulations : Elles consistent à recréer virtuellement le cancer dans un environnement informatique afin de tester des traitements ou des combinaisons. La faisabilité technique progresse, ouvrant la voie à des essais virtuels complémentaires des essais physiques.

    Vers une nouvelle architecture de la recherche clinique

    Un programme de recherche clinique portant sur 10 000 patients est en préparation pour valider progressivement ces approches séquentielles et construire une IA générative capable de recommander un traitement en fonction des caractéristiques biologiques d’un patient. Fabrice André conclut en rappelant que les visions les plus innovantes resteront théoriques tant que l’infrastructure, la réglementation et les standards ne permettent pas leur mise en œuvre. L’IA peut augmenter les capacités opérationnelles et soutenir une médecine individualisée, mais elle dépend d’un socle organisationnel.

    « On peut rêver autant qu’on veut, si à la fin on peut pas délivrer les choses, on n’a pas l’infrastructure […] on ne peut rien faire. »

  • Etude : quand l’IA aide les patients à prendre des décisions chirurgicales (Lancet)

    Un jumeau numérique pour soupeser les risques

    La prothèse totale du genou est un traitement courant de l’arthrose avancée, mais environ un patient sur cinq reste insatisfait à long terme. Dans ces situations, le choix thérapeutique dépend fortement des priorités du patient (niveau de douleur toléré, mobilité souhaitée, durée de récupération, acceptation du risque). Les aides à la décision visent à structurer ce dialogue. Elles peuvent prendre la forme de brochures, vidéos, tableaux comparatifs ou questionnaires permettant d’identifier ce qui compte le plus pour le patient. Plus récemment, les données rapportées par les patients (douleur, fonction, qualité de vie) sont utilisées pour aider à visualiser l’évolution attendue. L’outil évalué ici va plus loin : il s’appuie sur un modèle d’IA pour générer un “jumeau numérique”, c’est-à-dire une simulation personnalisée des bénéfices et risques attendus de la chirurgie en fonction du profil individuel du patient.

    L’étude a été menée dans une clinique universitaire d’orthopédie à Austin (États-Unis). 201 patients atteints d’arthrose avancée du genou, potentiellement candidats à une prothèse totale, ont été répartis aléatoirement en deux groupes. Le groupe intervention a utilisé l’outil intégrant l’IA, associant une information éducative, un questionnaire sur les préférences du patient et une prédiction personnalisée du bénéfice attendu de la chirurgie. Le groupe contrôle a reçu la même information, mais sans prédiction personnalisée. Le critère principal était la qualité de la décision, évaluée par le K-DQI, qui mesure si la décision est informée et alignée sur les préférences du patient. Les critères secondaires portaient sur le conflit et le regret décisionnels, la fonction du genou, la satisfaction, la durée de la consultation et la cohérence entre traitement choisi et préférences exprimées. Le suivi s’est étendu jusqu’à six à neuf mois.

    L’étude a été publiée en novembre 2025 dans eClinicalMedicine.

    Résultats : Moins de regrets après une chirurgie

    • Qualité de décision (score 0–100) : 84,4 dans le groupe IA vs 71,4 dans le groupe contrôle
    • Conflit décisionnel (score 0–16) : 1,0 vs 3,3
    • Regret décisionnel (score 0–100) à 6–9 mois : 18,2 vs 27,2
    • Fonction du genou (score 0–100) à 6–9 mois : 69,5 vs 47,0
    • Traitement conforme aux préférences du patient : 91 % vs 76 %
    • Aucune différence notable pour la satisfaction, la durée de consultation et le taux de recours à la chirurgie.
    • Aucun effet indésirable attribué à l’outil n’a été rapporté.
    • Cette étude suggère qu’une aide à la décision personnalisée par l’IA peut améliorer la qualité du choix thérapeutique et les résultats fonctionnels perçus, sans alourdir la consultation. L’essai a cependant été mené dans un centre universitaire unique, déjà familier de la décision partagée. Il faudra vérifier la reproductibilité dans d’autres structures et auprès de populations plus variées. L’outil étant propriétaire, des données sur son coût, son intégration dans les systèmes de soins et sa transparence seront nécessaires.

    Plus largement, ce travail s’inscrit dans l’essor des jumeaux numériques en médecine, qui visent à simuler l’évolution d’un patient donné pour aider à choisir un traitement adapté. Leur utilisation semble aujourd’hui plus robuste au niveau individuel, pour aider à décider, que dans le cadre de la recherche clinique. En effet, une étude récente publiée dans NPJ Digital Medicine a montré que les jumeaux numériques utilisés pour remplacer un groupe contrôle dans les essais donnaient des résultats trop variables pour se substituer à de vrais patients. L’application clinique (soutenir la décision, personnaliser les choix) apparaît donc, à ce stade, plus mûre que l’application méthodologique (remplacer des essais).

    *Shared decision making using digital twins in knee osteoarthritis care: a randomized clinical trial of an AI-enabled decision aid versus education alone on decision quality, physical function, and user experience

    Jayakumar, Prakash et al.

    eClinicalMedicine, Volume 89, 103545 https://www.thelancet.com/journals/eclinm/article/PIIS2589-5370(25)00478-X/fulltext

     

     

  • RainPath, PaperDoc, CeveOp : les solutions distinguées à Castres-Mazamet

    90 % des projets finalistes déjà opérationnels en 2025

    L’Université de la e-santé de Castres-Mazamet a réuni, les 12 et 13 novembre 2025, plus de 500 participants autour de l’innovation numérique en santé. L’événement a confirmé la montée en maturité des projets de e-santé. Sur les 62 dossiers déposés, 15 finalistes issus de 12 départements ont été sélectionnés pour présenter leur solution. 90 % des projets finalistes sont portés par des sociétés déjà constituées, 55 % en phase de levée de fonds, tandis qu’un quart d’entre elles génèrent déjà un chiffre d’affaires. La nature des projets est diversifiée : amélioration des parcours de soins, réduction des coûts, optimisation des flux hospitaliers et renforcement de l’accès à l’information fiable.

    RainPath remporte le Grand Prix du Jury 2025

    • Le Grand Prix du Jury a été attribué à RainPath, concepteur de solutions numériques (RainFlow, RainHub, RainView) pour la standardisation et l’accélération des analyses anatomopathologiques. L’entreprise remplace les colorations chimiques traditionnelles par une approche numérique optimisant le diagnostic et la charge de travail des pathologistes.
    • Dans la catégorie “Patients”, la société PaperDoc a été distinguée pour sa plateforme SaaS mêlant intelligence artificielle sémantique et base documentaire certifiée. Elle facilite la recherche d’informations pour 25 000 professionnels de santé et ouvre un nouveau mode patient co-construit avec des associations, visant à réduire les inégalités d’accès à l’information médicale.
    • CeveOp, lauréat de la catégorie “Structures et professionnels de santé”, déploie une solution de gestion circulaire du matériel médical. Cette approche réduit les achats, favorise le réemploi et mesure les gains économiques et environnementaux obtenus par les établissements.

    e‑Astreinte primé pour la gestion des astreintes hospitalières

    • Dans la catégorie “Traitement, valorisation et sécurisation des données de santé”, la solution e‑Astreinte a été primée pour sa plateforme HDS sécurisée. Elle permet une meilleure organisation des astreintes hospitalières et participe à l’amélioration de la qualité de vie au travail (QVT) des personnels.
    • Dans le champ de la prévention et du bien vieillir, France Care a été récompensé pour son offre d’accompagnement personnalisé. À partir de 2,5 euros par mois, cette solution aide à prévenir le renoncement aux soins et les ré-hospitalisations évitables.
    • Enfin, le Trophée des internautes est revenu à MADLEN, un logiciel d’entraînement à domicile destiné aux patients souffrant de troubles de la voix et de la parole. L’outil, construit autour d’exercices personnalisés, illustre la place croissante du numérique dans l’autonomie thérapeutique et la rééducation.

     

  • Stratégie IA 25-28 : cartographier les usages et financer ce qui fonctionne dans les hôpitaux

    La stratégie 2025‑2028 articule l’accélération de l’usage secondaire des données avec l’Espace européen des données de santé et l’encadrement des usages d’IA en soins, via une gouvernance unifiée, des délais d’accès réduits, et des évaluations médico‑économiques mutualisées.

    EEDS : application secondaire au 26 mars 2029, délais 8–9 mois

    La stratégie 2025‑2028 prépare l’entrée en vigueur de l’Espace européen des données de santé au 26 mars 2029, avec obligation de rendre réutilisables les données pseudonymisées et non personnelles, des délais d’accès harmonisés à 8 mois pour les pseudonymes et 9 mois pour les anonymes, et un régime de redevances pour couvrir les coûts des détenteurs. La France planifie la désignation d’un Organisme responsable de l’accès aux données d’ici 2027 et l’inscription des adaptations nécessaires dans un projet de loi en 2026, en envisageant un réseau de détenteurs de données de confiance et un guichet unique coordonné.​ La gouvernance nationale évolue avec la fusion du Comité stratégique des données de santé au sein du COMEX du Conseil du numérique en santé et la mise en place d’un Forum des parties prenantes, avec une préfiguration opérationnelle annoncée pour début 2026.

    Accès, interopérabilité, grilles de redevances : trajectoire d’alignement européen

    Le Système national des données de santé et la Plateforme des données de santé structurent la réutilisation des données depuis 2019, avec une évolution vers une approche moins centralisée pour faciliter les appariements et renforcer l’interopérabilité entre sources. La Cnam et la Plateforme engagent une réduction progressive des délais d’accès, avec publication d’indicateurs à partir du second semestre 2025, et un objectif d’alignement complet avec les exigences de l’Espace européen des données de santé à un horizon de quatre ans. Un répertoire national des ensembles de données, un contrat‑type pour les entrepôts de données de santé et des grilles de redevances harmonisées doivent accélérer la contractualisation et stabiliser les tarifs pratiqués entre détenteurs et utilisateurs.

    Un comité (DGOS et ANAP) pour cartographier les usages de l’IA (deuxième semestre 2026)

    Un comité d’experts piloté par les fédérations d’établissements fixera dès 2026 les priorités d’usages de l’IA selon l’urgence et la maturité des solutions disponibles en Europe. Une cartographie annuelle, portée par la DGOS et l’Anap, recensera les usages, les évaluations et les contacts de sites, avec une première publication au second semestre 2026 et une diffusion via l’Assurance Maladie. Les premières mesures incluent deux appels à manifestation d’intérêt 2025 pour les urgences et les ressources humaines, un AMI 2026 pour la logistique hospitalière, ainsi qu’un algorithme public d’aide au codage CIM‑11 coordonné par l’ATIH et diffusé via la BOAS.

    IA non-DM: supervision obligatoire d’ici mi‑2027

    La Haute Autorité de santé pilote des méthodologies d’évaluation qui intègrent les impacts clinique, organisationnel et médico‑économique, avec une participation au projet européen SHAIPED et la mise en place de bases de validation dédiées aux dispositifs intégrant de l’IA, avec un jalon au second semestre 2026.​ Des modèles de financement conditionnels sont envisagés dans le cadre des lois de financement de la sécurité sociale, avec une première cible dès 2026 pour les outils d’aide à la décision lorsque des économies sont constatées, sous réserve d’adoption des mesures correspondantes.​ Le cadre d’articulation entre le Règlement IA, les réglementations dispositifs médicaux et diagnostic in vitro, et le RGPD fait l’objet de documents de clarification, tandis qu’un dispositif de supervision des systèmes d’IA non classés dispositifs médicaux doit être défini d’ici mi‑2027, incluant un suivi du cycle de vie et l’étude de certifications dynamiques.

    Compétences IA en santé : Un référentiel actualisé d’ici mi‑2027

    Acculturation 2026 : masterclass et dispositifs territoriaux

    Un portail national d’exercice des droits pour le SNDS central est annoncé pour le quatrième trimestre 2025, intégrant les nouveaux droits prévus par l’Espace européen des données de santé, dont le droit d’opposition à la réutilisation secondaire et la notification d’événements significatifs. La montée en compétences s’organise avec une masterclass Anap en 2026, la mise à jour du référentiel de compétences numériques avec un volet IA d’ici mi‑2027 et des dispositifs d’acculturation sectoriels. La stratégie prévoit enfin des enquêtes annuelles sur les impacts organisationnels, RH et environnementaux, et une trajectoire de sobriété numérique intégrée aux déploiements.

    Résumé des axes de la stratégie

    Chapitre 1 : Stratégie interministérielle pour construire notre patrimoine national des données de santé

    Axe 1. Favoriser la transparence et la confiance des citoyens

    • La gouvernance des données de santé se réorganise avec l’intégration du Comité stratégique des données de santé au comité exécutif du Conseil du numérique en santé, et la création d’un Forum des parties prenantes aligné sur le modèle européen, pour une mise en œuvre opérationnelle visée début 2026.
    • En parallèle, l’Espace européen des données de santé se prépare sur 2026‑2027 avec la désignation d’un Organisme responsable de l’accès aux données d’ici 2027, incluant des scénarios avec détenteurs de données de confiance et un guichet unique coordonné.
    • Dès le quatrième trimestre 2025, un portail national centralisera l’exercice des droits sur le SNDS, intégrant les nouveaux droits européens comme l’opposition à la réutilisation secondaire et l’information en cas de constat significatif. Le cadre de sécurité sera clarifié pour les référentiels SNDS/EDS, avec exigence de conservation et de traitement des données de santé au sein de l’Union européenne pour les acteurs concernés.

    Axe 2. Constituer des bases de données d’intérêt réutilisables

    • La stratégie prévoit d’abord une cartographie des besoins des utilisateurs pour orienter l’enrichissement priorisé des bases, avec des appariements facilités, y compris via le NIR dans le cadre juridique en vigueur, et une doctrine de centralisation ajustée autorisant un hébergement facultatif par la Plateforme des données de santé afin de chaîner avec la base principale du SNDS.
    • Les entrepôts de données de santé sont standardisés sur un socle OMOP et FHIR, avec une contribution aux labels qualité européens comme Quantum en phase pilote 2025‑2026, afin d’élever la qualité, la comparabilité et la réutilisation à grande échelle. Des ressources ouvertes sont renforcées, notamment via la BOAS et des kits EDS, et un programme de formation élargi démarre au second semestre 2025 pour accélérer l’appropriation des standards et des bonnes pratiques par les équipes.

    Axe 3. Réunir les conditions nécessaires au partage et à la mise à disposition

    • La stratégie prévoit, dès le second semestre 2025, le lancement d’un répertoire national des ensembles de données interopérable avec l’Espace européen des données de santé, construit avec la Plateforme des données de santé et FReSH, puis la convergence progressive des répertoires existants pour faciliter la découverte et l’accès.
    • Côté modèle économique, les besoins récurrents des entrepôts hospitaliers sont estimés entre 60 et 90 M€ par an pour les CHU, avec des grilles de tarification, des contrats‑types et des redevances alignées sur le régime européen proposés au premier semestre 2026, afin de sécuriser des financements pérennes d’ici 2027.

    Axe 4. Faciliter et simplifier l’utilisation des données

    • La stratégie simplifie l’accès aux données en privilégiant des déclarations de conformité aux référentiels, en réservant les autorisations de l’autorité de protection des données aux cas complexes et en ouvrant une dispense d’avis du comité national lorsque le comité scientifique et éthique local rend un avis favorable, avec des mises à jour des méthodologies de référence MR001 et MR003 attendues au premier trimestre 2026.
    • Elle harmonise la mise à disposition des données d’entrepôts avec un contrat‑type et des grilles de redevances, tout en optimisant les délais d’accès au SNDS grâce à des indicateurs publics, à une solution « intercalaire » opérée par la Plateforme des données de santé au premier semestre 2026 et à une trajectoire d’alignement avec l’Espace européen des données de santé sur quatre ans.

    Chapitre 2 — Transformer et améliorer le système de santé avec l’intelligence artificielle

    Axe 1. Gouvernance ouverte avec experts terrain

    L’axe 1 instaure une gouvernance d’“experts terrain” pour l’IA en santé, animée par les fédérations d’établissements et articulée avec la DNS, la DGOS, la Cnam, la HAS et l’Anap, afin de prioriser dès début 2026 les cas d’usage selon l’urgence et la maturité des solutions européennes, de capitaliser les retours d’expérience, de proposer les besoins de financement pour expérimentations et évaluations, et d’orienter les politiques publiques, sans représentation directe des éditeurs au sein du comité.

    Axe 2. Cartographier les usages et accélérer les déploiements

    l’axe 2 met en place une publication annuelle pilotée par la DGOS et l’Anap qui recensera les cas d’usage, les solutions déployées, les avis et rapports disponibles, ainsi que les contacts de sites, avec une diffusion via l’Assurance Maladie pour orienter vers des IA évaluées et repérer les manques de marché. Les premiers chantiers annoncés couvrent deux appels à manifestation d’intérêt 2025 dédiés aux urgences et aux ressources humaines, un AMI 2026 pour la logistique hospitalière, et une intégration progressive d’IA dans Mon espace santé, d’abord pour la recherche documentaire puis pour des recommandations personnalisées selon une feuille de route itérative.

    Axe 3. Évaluer les systèmes et parcours intégrant de l’IA

    L’axe 3 organise une évaluation structurée des systèmes et parcours intégrant des techniques d’aide algorithmique, en s’appuyant sur des méthodologies pilotées par la HAS couvrant les impacts clinique, organisationnel et médico‑économique, avec mutualisation des essais, constitution de bases de validation dédiées et participation au projet européen SHAIPED pour harmoniser les approches et partager les preuves. Les retours d’expérience et résultats sont diffusés pour faciliter la généralisation des usages à bénéfice démontré. Des mécanismes de financement de l’évaluation en conditions réelles sont prévus, avec partage des résultats et appui des dispositifs France 2030 et des Tiers‑Lieux d’expérimentation afin de consolider les démonstrations d’efficacité et d’efficience.

    Axe 4. Clarifier le cadre et adapter le financement

    L’axe 4 clarifie le cadre d’usage en articulant le règlement européen 2024/1689 avec les réglementations des dispositifs médicaux et de diagnostic in vitro, le RGPD et l’Espace européen des données de santé, au moyen de FAQ et de guides pratiques, tout en définissant d’ici mi‑2027 une supervision du cycle de vie pour les systèmes non classés dispositifs médicaux et en explorant des certifications dynamiques adaptées aux mises à jour fréquentes. Il propose aussi d’adapter le financement.

    Axe 5. Compétences, impacts organisationnels et environnementaux

    Enfin, l’axe 5 met à jour le référentiel des compétences numériques avec un volet dédié aux usages algorithmiques, instaure des obligations de formation initiale et continue, et déploie dès 2026 des masterclass et des actions d’acculturation par secteur, assorties d’enquêtes annuelles pour suivre les externalités négatives. Il intègre des critères de sobriété et des trajectoires environnementales dans les déploiements, avec des cas d’usage médico‑sociaux emblématiques comme l’automatisation et la fiabilisation des coupes Pathos d’ici 2028, appuyées par un renforcement des contrôles.

     

    Ministère de la Santé et de la Prévention. Stratégie intelligence artificielle et données de santé 2025‑2028. Paris: Ministère de la Santé et de la Prévention ; 2025.