Nabil

  • Mammographie numérique : l’ANSM renforce le contrôle qualité des équipements

    Des contrôles plus rigoureux et harmonisés

    Cette décision remplace celle du 15 janvier 2020 et s’applique aux équipements utilisant des récepteurs numériques DR, des écrans radioluminescents CR ainsi qu’aux fonctions de tomosynthèse. Elle introduit deux niveaux de contrôle :

    • Le contrôle interne, réalisé régulièrement par l’exploitant, vérifie la qualité des images et la dose délivrée.
    • Le contrôle externe, effectué tous les six mois par un organisme accrédité, audite les procédures internes et réalise des tests complémentaires sur les équipements.

    En cas de non-conformité grave, l’appareil concerné doit être immédiatement mis hors service et signalé à l’ANSM et à l’ARS. Les non-conformités mineures doivent être corrigées sous six mois avec une validation par contre-visite.

    De nouvelles exigences techniques

    L’ANSM impose également des spécifications techniques plus strictes, notamment l’utilisation de fantômes anthropomorphes pour simuler les tissus mammaires, de luminancemètres pour contrôler l’affichage des moniteurs et de plaques de calibration pour les faisceaux de rayons X. Par ailleurs, la dose glandulaire moyenne (DG), essentielle pour la radioprotection, devra être calculée avec des formules intégrant divers paramètres physiques, garantissant une meilleure maîtrise de l’exposition des patientes.

    Un calendrier de mise en conformité précis

    Les exploitants ont six mois pour appliquer ces nouvelles règles. Les équipements récemment installés devront être contrôlés avant leur mise en service. L’ensemble des installations existantes devra intégrer ces nouveaux protocoles dans leur cycle de maintenance.

  • Cervital : une IA prometteuse pour optimiser la détection du cancer du col de l’utérus

    Chaque année en France, près de 3000 femmes développent un cancer du col de l’utérus et 1 100 en décèdent, malgré les campagnes de dépistage et de vaccination. Le test HPV, bien que sensible, manque de spécificité et entraîne une multiplication des colposcopies (+70 %). Par ailleurs, la colposcopie elle-même est dépendante du praticien et souffre d’une variabilité importante. Ces limites augmentent le stress des patientes et entraînent des interventions invasives parfois évitables, comme la conisation ou l’hystérectomie.

    Cervital : un modèle d’IA innovant

    Publiée dans Computers in Biology and Medicine, une étude met en avant un modèle d’IA multimodal intitulé Cervital. Cet outil vise à améliorer la reconnaissance des lésions précancéreuses du col utérin en combinant plusieurs sources de données :

    • Cervital données historiques (antécédents cytologiques et HPV)
    • Cervital imagerie colposcopique
    • Cervital combo, qui associe les deux

    Grâce à une base de données de 30 000 patientes sur 20 ans, incluant des biopsies et conisations, l’IA délivre une prédiction fiable en moins de 30 secondes. L’analyse de performance a été menée sur 6400 patientes avec un diagnostic validé, permettant d’obtenir un modèle robuste et optimisé.

    Des performances supérieures aux experts

    Cervital dépasse l’expertise humaine, avec une précision supérieure de 10 points pour la prédiction des pré-cancers (CIN2+). Son utilisation par des praticiens moins expérimentés pourrait encore amplifier cet écart. Son accessibilité en temps réel pourrait transformer la prise en charge du cancer du col de l’utérus en :

    • Réduisant les erreurs d’évaluation et les incertitudes
    • Diminuant le nombre de conisations inutiles
    • Optimisant le parcours de soins et le suivi des patientes
    • Offrant un gain de temps pour les médecins et réduisant le stress des patientes
    • Contribuant à des économies de santé publique

    Les résultats encourageants de cette première étude ouvrent la voie à une validation multicentrique et prospective. Si ces performances se confirment, Cervital pourrait devenir un outil efficace pour améliorer le dépistage et la prise en charge du cancer du col de l’utérus.

     

  • France 2030 : l’IA au service du diagnostic médical avec cinq nouveaux projets

    L’IA pour affiner et accélérer les diagnostics médicaux

    Dans un contexte où l’IA s’impose comme un outil pour la médecine de demain, le Health Data Hub (HDH), en partenariat avec Bpifrance, le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI), l’Agence de l’innovation en santé (AIS) et la Délégation au numérique en santé (DNS), accompagne cinq nouveaux Data Challenges sélectionnés en 2025.

    Depuis 2020, ces compétitions rassemblent des data scientists du monde pour développer des solutions innovantes sur des problématiques médicales. Parmi les projets lauréats cette année :

    • ML-KIDCAR (IHU ICAN) : utilisation de l’IA pour détecter les risques d’insuffisance rénale aiguë après une chirurgie cardiaque.
    • MYOCARDIA (MIRACL.ai) : classification des myocardites aiguës via des algorithmes d’apprentissage profond appliqués aux IRM cardiaques.
    • OutsAIder (GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences) : corrélation entre la production artistique d’individus atteints de troubles psychiatriques et leur diagnostic.
    • AID-Oral (AP-HP) : analyse d’images de lésions buccales pour anticiper un risque de transformation maligne.
    • RESPRED-UC (Hôpital Foch) : prédiction de la réponse aux immunothérapies pour le cancer urothélial de la vessie à partir d’images anatomopathologiques.

    Ces projets bénéficieront d’un soutien financier de France 2030, ainsi que d’un accompagnement juridique, technique et logistique du HDH.

    Des résultats attendus lors du Sommet pour l’IA à Paris

    Parmi les initiatives précédemment sélectionnées, le projet CytologIA, porté par le Groupe Francophone d’Hématologie Cellulaire et Algoscope, a été intégré aux 35 défis Convergence IA. Son objectif est d’automatiser le diagnostic en hématologie grâce à l’IA. Les résultats de ce projet seront présentés lors du Sommet pour l’action sur l’IA.

     

  • Téléconsultation : une adoption en hausse de 13 % en 2024, avec un fort besoin en pédiatrie

    Un recours croissant, notamment en dehors des heures ouvrées

    Pour la cinquième année consécutive, l’éditeur de télémédecine Medaviz publie son étude sur l’usage de la téléconsultation en 24/7. L’analyse des données de 8 millions de bénéficiaires, issus de 80 organisations partenaires (mutuelles, assurances, écoles, etc.), montre une adoption en hausse.

    En 2024 :

    • 89 % des appels concernaient un médecin généraliste, confirmant une hausse continue depuis 2021.
    • 40 % des patients ont utilisé le service plus d’une fois, démontrant un ancrage progressif dans les pratiques.
    • 34 % des appels ont été passés en dehors des heures d’ouverture des cabinets médicaux, illustrant un besoin de prise en charge nocturne et le week-end.

    L’âge moyen des appelants est de 44 ans, avec une prédominance des 30-49 ans, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

    Une forte demande en pédiatrie et en gynécologie

    Si la médecine générale reste prépondérante, certaines spécialités émergent :

    • 49 % des appels spécialisés concernaient la pédiatrie, en hausse par rapport à 2023 (47 %).
    • 19 % des appels ont sollicité un gynécologue (contre 17 % en 2023).
    • La psychologie et la psychiatrie, en baisse, représentent 13 % des consultations (contre 17 % en 2023).

    Un service plébiscité par les femmes

    En 2024, 60 % des appels ont été passés par des femmes (contre 54 % en 2023) et 55 % des comptes ont été créés par des utilisatrices. Ces chiffres confirment que l’accès à la téléconsultation est une démarche majoritairement féminine, notamment pour des besoins en pédiatrie et en gynécologie.

    Une alternative efficace aux consultations en cabinet

    L’étude révèle que 81 % des appels ont permis d’éviter un rendez-vous en cabinet. La téléconsultation est perçue comme une solution complémentaire, permettant d’obtenir une réponse rapide en cas de non-disponibilité du médecin traitant, lors de déplacements ou en cas de besoin de réassurance. Le temps d’attente avant mise en relation est de 88 secondes, et la durée moyenne des échanges s’établit à 5 minutes et 14 secondes. Le service affiche un taux de satisfaction de 88 % (en progression de 3 points par rapport à 2023).

    En 2023, environ 8 % des personnes âgées de 18 ans ou plus ont consulté un médecin par vidéo en France.

     

  • Bpifrance déploie 10 milliards d’euros pour renforcer l’IA en France et soutenir les entreprises

    Un plan pour renforcer la souveraineté technologique

    Dans un contexte de compétition mondiale, la France s’appuie sur un écosystème d’IA pour renforcer sa compétitivité. En un an, l’usage de l’IA générative par les PME françaises est passé de 15 % à 31 %. Une adoption rapide mais encore incomplète. Pour accélérer cette transition, Bpifrance investira 10 milliards d’euros sur plusieurs axes stratégiques :

    • Financement en fonds propres : soutien aux startups développant des modèles d’IA avancés et infrastructures technologiques.
    • Investissements via des fonds partenaires : appui aux fonds français et internationaux spécialisés en IA.
    • Accompagnement des entreprises : aide aux sociétés à intégrer l’IA dans leur modèle économique et à anticiper les transformations sectorielles.

    Des investissements pour structurer l’écosystème IA

    Précurseur dans le financement de l’IA depuis 2015, Bpifrance a déjà investi plus d’un milliard d’euros en capital innovation, participant notamment aux levées de fonds de Mistral AI, Poolside et H Company. En 2024, le programme France 2030 a permis d’allouer 3,4 milliards d’euros au financement de projets IA innovants via des appels à projets dédiés (IA embarquée, cloud souverain, espaces de données mutualisées). Par ailleurs, plus de 150 startups d’IA a bénéficié d’investissements à travers des fonds spécialisés, notamment dans les secteurs du software B2B et de la santé.

    Un accompagnement renforcé pour les entreprises françaises

    Bpifrance ne se limite pas aux investissements : l’accompagnement des entreprises est une priorité. Le programme IA Booster France 2030, lancé en 2023, propose formations et conseils pour aider les PME à exploiter leurs données et intégrer l’IA. Résultat : plus de 600 PME ont bénéficié de ce programme en 2024, et 8 000 chefs d’entreprise se sont inscrits au cursus “Intelligence Artificielle”. Un accélérateur “Transition digitale et IA” sera lancé fin 2025 pour renforcer cet accompagnement et structurer davantage l’écosystème.

    « A l’heure où tout s’accélère, la France a une place à prendre dans cette révolution. Elle compte déjà 750 startups dans l’IA et des pépites reconnues dans le monde entier. Elle s’appuie sur un écosystème solide et dispose des talents et des compétences nécessaires pour faire la différence. Grâce à nos investissements et à notre soutien continu, nous renforçons la position de la France en tant qu’acteur mondial dans ce domaine stratégique » déclare Nicolas Dufourcq, Directeur général de Bpifrance.

     

  • eNov30 : la stratégie de Softway Medical pour renforcer la santé numérique d’ici 2030

    Une vision pour répondre aux défis de la santé

    Depuis 25 ans, Softway Medical anticipe les mutations du secteur et développe des solutions numériques adaptées aux besoins des professionnels de santé. Avec eNov30, le groupe structure son action autour de cinq objectifs clés :

    • Soutenir les médecins avec des outils d’IA sécurisés pour des décisions médicales plus éclairées.
    • Libérer du temps médical pour recentrer les soignants sur les soins aux patients.
    • Améliorer la qualité de vie au travail (QVT) grâce à des solutions ergonomiques et adaptées.
    • Valoriser la donnée de santé pour accélérer la recherche clinique.
    • Accélérer la transition vers la médecine préventive des 6P (personnalisée, préventive, prédictive, participative, pertinente et basée sur des preuves).

    Le Lab Innovation, un moteur de co-construction

    Softway Medical mise sur une approche collaborative pour accélérer ses innovations. Dès 2025, le groupe lance le Lab Innovation, un espace réunissant experts médicaux, industriels et start-up pour concevoir et tester de nouvelles solutions. Ce Lab s’accompagne d’un investissement massif avec 150 recrutements par an et un engagement financier de 50 millions d’euros sur plusieurs années.

    “Réunir ceux qui connaissent les problématiques et ceux qui proposent des solutions est essentiel. Ce Lab nous permet d’expérimenter et d’affiner les innovations avant leur déploiement.”
    — Sherley Brothier, CPTO du Groupe Softway Medical

    Des innovations grâce à des bases technologiques solides

    Softway Medical s’appuie sur des socles technologiques modernes pour accélérer l’implémentation d’innovations stratégiques :

    • Une plateforme No-code permettant aux établissements de personnaliser leurs logiciels sans compétence en développement.
    • L’IA générative appliquée aux soins, avec la production automatisée de résumés cliniques en croisant les données du DMP, des urgences et des consultations.

    Ces avancées facilitent la tâche des soignants et ouvrent la voie à une gestion plus fluide et efficace du parcours patient.

     

  • L’IA médicale en France : 6,9 millions d’euros investis dans le projet PARTAGES

    Un écosystème en plein essor

    En six ans, la France est passée de la 13ᵉ à la 5ᵉ place du Global AI Index, et s’impose comme le premier hub européen en IA générative. Avec plus de 1 000 start-ups spécialisées, dont Mistral AI, Hugging Face et Dataiku, elle attire aussi les investisseurs : 1,9 milliard d’euros levés en 2024, et des engagements financiers d’ampleur, notamment de Microsoft (4 milliards d’euros), Amazon (1,2 milliard) et Telehouse (1 milliard). Les grandes entreprises ne sont pas en reste : Thales, Iliad ou encore CMA-CGM se positionnent sur le marché, tandis que la France demeure la première destination européenne pour les investissements étrangers en IA, selon le baromètre EY.

    Nouvelles priorités stratégiques

    Malgré ces avancées, la concurrence mondiale s’intensifie. Pour éviter un retard technologique, le gouvernement mise sur quatre axes prioritaires :

    • Renforcer les infrastructures : Extension des supercalculateurs Jean Zay, Adastra et Alice Recoque, soutien aux acteurs français du cloud et développement de 35 sites dédiés aux centres de données.
    • Former et retenir les talents : Objectif 100 000 personnes formées par an d’ici 2030, développement des IA Clusters, simplification des visas pour les chercheurs étrangers.
    • Accélérer l’adoption de l’IA : Incitations pour les entreprises et intégration de l’IA dans les secteurs stratégiques.
    • Garantir une IA fiable et sécurisée : Création de l’Institut national pour l’évaluation et la sécurité de l’IA (INESIA), chargé de la régulation et de l’évaluation des modèles d’IA.

    L’État veut généraliser l’IA dans l’administration

    L’intelligence artificielle est aussi appelée à jouer un rôle dans la transformation des services publics. Plusieurs ministères expérimentent déjà des outils basés sur l’IA :

    • Éducation : recours à des assistants pédagogiques et automatisation de certaines tâches administratives.
    • Justice : anonymisation des décisions et transcription assistée des audiences.
    • Intérieur : utilisation de l’IA pour l’analyse des images de vidéosurveillance et la détection des feux de forêt.
    • Emploi : développement d’algorithmes d’appariement entre offres et demandes d’emploi.

    L’IA au service du diagnostic et de la recherche médicale

    L’essor des modèles d’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives en matière de détection et de prévention des maladies. Dans ce cadre, le projet PARTAGES, porté par le Health Data Hub et financé à hauteur de 6,9 millions d’euros, réunit 20 hôpitaux et 10 équipes de recherche, en partenariat avec Mistral AI. Son objectif est de développer un modèle de langage spécialisé en santé, adapté au français, pour assister les professionnels dans l’analyse des données médicales et la rédaction de comptes rendus. D’autres initiatives visent à améliorer l’interprétation des examens médicaux. L’Assurance Maladie et la Haute Autorité de Santé lancent ainsi une expérimentation sur l’usage de l’IA dans l’analyse des électrocardiogrammes (ECG). L’objectif est de faciliter l’accès à cet examen pour le dépistage des maladies cardiovasculaires et d’en améliorer l’interprétation en médecine générale.

    L’IA transforme les pratiques médicales, mais son adoption suppose une formation adaptée des professionnels de santé. Dès la rentrée 2025, l’apprentissage du numérique et de l’IA deviendra obligatoire dans le premier cycle des études médicales. Un investissement de 119 millions d’euros vise à former 500 000 professionnels en cinq ans, incluant médecins, personnels paramédicaux et ingénieurs en santé numérique.

    Un leadership européen à consolider

    Si la France affiche des ambitions élevées, plusieurs défis restent à relever. L’accès aux talents, la consommation énergétique des modèles d’IA et la régulation des usages figurent parmi les questions. Sur ce dernier point, l’IA générative suscite des préoccupations croissantes, notamment sur la protection des données et les biais algorithmiques. Avec la création de l’INESIA, premier institut européen dédié à la sécurité de l’IA, la France entend se positionner dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.

    Au-delà du territoire national, la France veut jouer un rôle dans la stratégie européenne. Elle s’appuie sur :

    • L’initiative AI Factories, qui vise à structurer un réseau de hubs spécialisés en IA en Europe.
    • La Boussole de Compétitivité, lancée par la Commission européenne pour harmoniser les stratégies IA des États membres.
    • Une IA durable, avec un effort sur la sobriété énergétique et l’intégration de critères environnementaux dans le développement des technologies.

    Alors que la compétition mondiale s’intensifie, la France doit encore prouver sa capacité à transformer ses avancées en résultats. L’adoption massive de l’IA dans l’économie et l’administration pourrait être un accélérateur, mais le défi reste de concilier innovation, souveraineté et cadre éthique robuste.

    Faire de la France une puissance de l’IA – Comité interministériel de l’Intelligence artificielle – 6 février 2025

     

  • Tempus lance Olivia : une application IA de conciergerie santé pour centraliser les données des patients

    Une plateforme unique pour centraliser les données de santé

    Grâce à l’intelligence artificielle, cet outil vise à améliorer l’accès, la compréhension et l’utilisation des informations de santé, offrant ainsi un accompagnement personnalisé aux utilisateurs. L’un des principaux atouts d’Olivia est son intégration avec plus de 1 000 systèmes de santé via les dossiers de santé électroniques (DSE). Cette connectivité permet aux patients de :

    • Synchroniser les données issues d’appareils de santé connectés pour un suivi quotidien ;
    • Télécharger et organiser leurs dossiers médicaux, y compris résultats de laboratoire, rapports d’imagerie et résumés de consultations ;
    • Accéder aux images DICOM (imagerie médicale standardisée) et les partager directement avec leur équipe de soins.

    L’application structure ces informations dans une chronologie dynamique, permettant aux patients de visualiser et suivre l’évolution de leur état de santé de manière intuitive.

    Une intelligence artificielle au service des patients

    Grâce à ses capacités IA, Olivia ne se contente pas d’agréger les données, elle aide aussi les patients à mieux comprendre leur santé. Parmi ses fonctionnalités avancées :

    • Un assistant intelligent capable de répondre aux questions sur les dossiers médicaux, d’en extraire des résumés et de proposer des analyses personnalisées.
    • Une connexion à clinicaltrials.gov pour informer les patients des essais cliniques pertinents en fonction de leur profil médical.

    Par exemple, un patient peut simplement demander : “Résume-moi mon état de santé”, et l’application générera une synthèse claire et exploitable des informations contenues dans ses dossiers médicaux.

    Selon Eric Lefkofsky, fondateur et PDG de Tempus : “L’IA est en train de transformer les soins de santé. Olivia ne se contente pas d’organiser les informations, elle devient un véritable partenaire proactif qui aide les patients à naviguer avec clarté et confiance dans leur parcours de soins.”

     

  • Inserm : un nouvel algorithme pour le dépistage de la maladie d’Alzheimer

    Un enjeu pour la prise en charge précoce

    La maladie d’Alzheimer est caractérisée par l’accumulation de peptides amyloïdes bêta dans le cerveau, entraînant la destruction progressive des neurones impliqués dans la mémoire et les fonctions cognitives. Cette accumulation débute plusieurs années avant l’apparition des premiers symptômes, ce qui en fait une cible essentielle pour les traitements émergents, notamment certains anticorps monoclonaux déjà autorisés en Europe.

    Actuellement, le diagnostic repose sur des techniques invasives comme la ponction lombaire ou l’imagerie par TEP-amyloïde, difficiles à généraliser en routine. Face à ces limites, une équipe de l’Inserm au sein du centre de recherche Bordeaux Population Health (BPH, unité 1219 Inserm/Université de Bordeaux), dirigée par Carole Dufouil, a développé un modèle prédictif permettant d’évaluer le risque de dépôts amyloïdes cérébraux chez des patients présentant des troubles de la mémoire. Ces travaux, menés dans l’équipe PHARes (Recherche translationnelle en santé des populations) en collaboration avec le Centre d’investigation clinique de Bordeaux (CIC 1401 Inserm/CHU de Bordeaux), ont été portés par Lisa Le Scouarnec, doctorante, épidémiologiste et biostatisticienne. Validé sur la cohorte Memento et confirmé sur l’Amsterdam Dementia Cohort, ce modèle repose sur des critères sociodémographiques, biologiques et cliniques, offrant une alternative plus accessible aux méthodes de diagnostic actuelles.

    Une méthode développée à partir de la cohorte Memento

    Les chercheurs ont construit et testé leur modèle sur les données de la cohorte Memento, une étude lancée en 2011 ayant suivi 2 323 patients présentant des troubles cognitifs légers. Parmi eux, 853 individus ont bénéficié d’un dosage des dépôts amyloïdes, permettant de comparer les prédictions du modèle à la réalité clinique.

    Six versions de l’algorithme ont été testées, intégrant différentes combinaisons de variables :

    • Critères sociodémographiques et cognitifs (âge, sexe, IMC, niveau d’éducation, tests de mémoire).
    • Facteurs génétiques (présence de l’allèle ApoE4).
    • Biomarqueurs sanguins (concentration de protéines amyloïdes bêta et Tau).
    • Données d’imagerie (atrophie de l’hippocampe, microhémorragies cérébrales).

    Un modèle validé et applicable en clinique

    Les résultats ont montré que les modèles intégrant le gène ApoE4 et/ou des biomarqueurs sanguins étaient les plus performants pour prédire un seuil pathologique de dépôts amyloïdes. Ces conclusions ont été confirmées sur une seconde cohorte indépendante, l’Amsterdam Dementia Cohort, renforçant la robustesse du modèle.

    Toutefois, les chercheurs privilégient la version basée uniquement sur les biomarqueurs sanguins, jugée plus éthique et plus facilement applicable en routine. Bien que sa précision soit inférieure aux techniques actuelles d’imagerie ou de ponction lombaire, elle permettrait d’exclure un risque chez environ 30 % des patients et d’éviter ainsi des examens inutiles.

    Vers un dépistage simplifié et généralisable

    L’équipe bordelaise poursuit ses travaux pour améliorer la performance de l’algorithme en intégrant de nouveaux biomarqueurs, notamment pTau217, une variante prometteuse de la protéine Tau. L’objectif à terme est de proposer un outil rapide, fiable et accessible, facilitant l’identification des patients à risque et accélérant leur prise en charge. Ce modèle prédictif pourrait jouer un rôle dans la démocratisation du dépistage et l’optimisation des stratégies thérapeutiques.

    Environ 900 000 personnes seraient touchées par la maladie d’Alzheimer en France, avec 225 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année.

    Source : Development and assessment of algorithms for predicting brain amyloid positivity in a population without dementia. L. Le Scouarnec et coll. Alz Res Therapy, 11 octobre 2024 ; doi:10.1186/s13195-024–01595‑5

  • Paris-Saclay Cancer Cluster : un biocluster au service de l’innovation en oncologie

    Une dynamique au service de l’innovation en oncologie

    Chaque année, le cancer touche plus de 430 000 nouvelles personnes en France et reste la première cause de mortalité prématurée. Si la France bénéficie d’une recherche d’excellence en oncologie, la transformation des découvertes scientifiques en solutions thérapeutiques reste un défi. PSCC s’est donné pour mission de combler cet écart en rassemblant chercheurs, cliniciens, entreprises et institutions pour accélérer le développement de traitements et diagnostics innovants.

    « Accélérer l’innovation signifie connecter les meilleurs talents, technologies et ressources pour transformer les découvertes scientifiques en solutions tangibles », souligne le Pr Eric Vivier, président du PSCC. Installé sur le Campus Grand Parc à Villejuif, à proximité de Gustave Roussy et des principaux centres de recherche européens, le biocluster se structure pour devenir un pôle de référence en oncologie.

    2024 : une année structurante pour le PSCC

    En 2024, le PSCC a franchi des étapes en consolidant son offre autour de quatre axes stratégiques :

    Un soutien renforcé aux start-ups et au financement de l’innovation

    • 61 start-ups accompagnées, réparties entre biotech et medtech, développant des solutions thérapeutiques de précision et des innovations technologiques pour le parcours patient.
    • 118 millions d’euros levés par 13 start-ups soutenues par le PSCC.
    • 300 expertises mobilisées, incluant mentorat, masterclasses et hackathons.
    • 20 associations de patients intégrées au processus d’accompagnement des start-ups.

    Le développement de plateformes scientifiques de pointe

    Cinq plateformes technologiques ont été mises en place et financées pour favoriser :

    • L’oncologie de précision grâce aux analyses cellulaires, à la génomique et à l’imagerie avancée.
    • La mise en œuvre de modèles précliniques ex vivo et le développement de la thérapie cellulaire et génique.
    • L’accélération des essais cliniques précoces, en collaboration avec les principaux centres hospitaliers partenaires.

    Un site stratégique : le Campus Grand Parc

    En janvier 2025, le PSCC a emménagé sur le Campus Grand Parc, à Villejuif, un site de 100 000 m² dédié aux biotechnologies et aux équipes industrielles de R&D. À quelques mètres de Gustave Roussy, ce campus offre un accès direct aux infrastructures, aux experts et aux essais cliniques.

    Une dynamique renforcée avec les acteurs industriels et investisseurs

    • GSK rejoint le PSCC en tant que mécène et investit 2,5 millions d’euros pour soutenir les activités du biocluster.
    • Des rencontres stratégiques entre start-ups et grands groupes pharmaceutiques favorisent le financement et le développement de nouveaux projets.
    • Un premier comité investisseur a réuni en septembre 2024 des business angels et des fonds spécialisés en santé.
    • L’association PSCC Connect, qui regroupe plus de 150 membres issus du secteur, facilite la mise en réseau des acteurs de l’innovation.

    2025 : de nouvelles ambitions pour structurer l’écosystème

    L’année 2025 sera marquée par deux initiatives :

    • Le lancement d’une plateforme dédiée aux données de santé en oncologie, pour améliorer l’exploitation des données de vie réelle et accélérer le développement d’algorithmes d’intelligence artificielle.
    • La mise en place d’un laboratoire centralisé (central lab.) sur le Campus Grand Parc, destiné à optimiser les phases précliniques et cliniques des innovations thérapeutiques.