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  • Protection des données : le CEPD critique la proposition Omnibus de simplification de l’AI Act

    Le Comité et le contrôleur soulignent que cette simplification administrative ne doit pas se faire au détriment de la protection des droits fondamentaux.

    La proposition Omnibus étendrait la possibilité de traiter des catégories particulières de données à caractère personnel, notamment les données relatives à la santé, aux fournisseurs de tous les systèmes et modèles d’IA, à des fins de détection et de correction des biais, sous réserve de garanties. Le Comité et le Contrôleur recommandent de préciser que ces données ne peuvent être utilisées que dans des situations précises où le risque d’effets négatifs résultant de ces biais est considéré comme suffisamment grave.

    Ils dénoncent la proposition de supprimer l’obligation d’enregistrer les systèmes d’IA lorsqu’ils font partie de catégories classées à risque élevé, même si les éditeurs considèrent que leurs systèmes ne présentent pas de risque élevé. Ils estiment que cette modification porterait gravement atteinte à la transparence et inciterait les entreprises à demander des exemptions indues.

    Le Comité et le Superviseur se disent à ces égards préoccupés du report proposé des dispositions fondamentales relatives aux systèmes d’IA à haut risque. Compte tenu de l’évolution rapide du contexte, ils invitent les colégislateurs à envisager un maintien calendrier initial pour certaines obligations, telles que les exigences de transparence, et à réduire autant que possible les retards.

    Bacs à sable

    Les deux institutions saluent la création de “bacs à sable réglementaires” pour l’IA au niveau de l’UE pour promouvoir l’innovation. Dans un souci de sécurité juridique, l’avis conjoint recommande de prévoir la participation directe des autorités de protection des données (APD) à la supervision du traitement des données dans le cadre de ces bacs à sable. Le Comité demande un rôle consultatif et le statut d’observateur au sein du Comité européen de l’intelligence artificielle afin de garantir la cohérence au niveau des bacs à sable de l’UE.

    En outre, le rôle de supervision du Bureau européen de l’IA sur les systèmes basés sur un modèle à usage général devrait être clairement défini dans la partie opérationnelle et ne devrait pas empiéter sur la supervision indépendante par le Comité des systèmes d’IA développés ou utilisés par les institutions de l’Union.

    Les deux institutions recommandent également de préserver l’obligation pour les fournisseurs et les déployeurs d’IA de garantir la maîtrise des systèmes par leur personnel. Toute nouvelle obligation de maîtrise de l’IA imposée à la Commission ou aux États membres devrait selon elles compléter, et non remplacer, les responsabilités des organisations qui développent et utilisent ces systèmes.

     

  • IA : Télésanté & Numérique en santé livre neuf préconisations

    L’IA “transforme la cognition, redistribue l’attention, et déplace la responsabilité”. Par conséquent le risque est qu’à force de lui déléguer des tâches, on finisse par déléguer une partie de ce que les professionnels “sont capables de penser”. Or “la responsabilité médicale, la décision clinique, la cognition, ne peuvent être déléguées”. “Décider, est un acte intellectuel et moral, pas un simple calcul”, de sorte que l’humain “doit rester le maitre”.

    Le texte invite à considérer l’IA “pour ce qu’elle est” à savoir un “assistant virtuel”, voire un “interne virtualisé” en phase de maturation, “un collaborateur sans conscience”.  Il cite le psychologue suisse Jean Piaget pour qui l’intelligence, “n’est pas ce que l’on sait,” mais “ce que l’on fait quand on ne sait pas”.

    Prévenir la perte de compétence 

    Le think tank juge indispensable de “développer et conserver les compétences cliniques analytiques” à savoir l’analyse sémiologique, l’élaboration d’un diagnostic différentiel, la capacité à justifier une décision thérapeutique, la lecture non assistée d’examens (imagerie, ECG, biologie). Pour accompagner cette préconisation, il envisage des “indicateurs de compétence et de perte de compétence, performants sans être intrusifs, permettant de suivre l’éventuel impact de l’automatisation sur l’apprentissage”.

    La formation à l’IA doit s’axer vers des compétences spécifiques mais aussi sur la vigilance de l’esprit critique et la qualité d’interprétation des résultats, avec préservation des savoir-faire humain : cette approche devra être intégrée aux enseignements fondamentaux de tous les métiers de la santé, en formation initiale, comme en formation continue. A cet égard une pédagogie innovante autour de l’IA en santé s’impose comme une nécessité.

    Un “indice d’acceptabilité professionnelle”

    Pour “éclairer la boîte noire de l’IA générative”, le think tank propose de créer un indice d’acceptabilité professionnelle (IAP) porté par des sociétés savantes, pour “orienter les choix d’outils dans les équipes”. Simple et mesurable, utilisable par tous, il serait facilement mis à jour, permettant de comparer les outils selon plusieurs critères : lisibilité, explicabilité, fiabilité perçue, charge cognitive induite, niveau de délégation accepté, Ecoscore.

    Le think tank demande d’intégrer dans le code de déontologie l’obligation d’informer sur l’usage d’une IA dans la décision de soin proposée, et d’inscrire l’information sur l’IA dans les recueils de consentement et les supports d’information. Pour lui cette transparence “contribue à prévenir la défiance et à maintenir un cadre éthique compatible avec l’autonomie, la bienfaisance, la non-malfaisance, et la justice”.

    En tant que patient, il est recommandé de “douter, vérifier, contextualiser” et notamment de ne pas “surestimer les capacités” de l’IA et de réaliser que les applications actuelles en santé “s’apparentent, en l’état, à des expériences en conditions réelles menées sans consentement explicite”. On ne doit pas non plus “ignorer les intérêts économiques sous-jacents”.

    Intégrer la sobriété numérique

    Pour  “intégrer la sobriété numérique et une évaluation environnementale dans les cahiers des charges, conformément à la loi ‘climat et résilience’”, le think tank souligne que l’enjeu est d’utiliser l’IA en santé “là où son bénéfice clinique dépasse son coût énergétique” avec des modèles “ayant une dépense énergétique adapté à la tâche demandée”, et mutualiser les infrastructures, dans “l’esprit du RGPD” qui impose de limiter les données traitées à ce qui est strictement nécessaire au résultat attendu. Il faudra à cet égard “exiger que les Conditions Générales d’Utilisation d’une application d’IA informent clairement l’usager sur l’empreinte environnementale de l’outil” et rendre obligatoire une évaluation du rapport bénéfice/impact carbone dans les projets et appels d’offres IA, avec par exemple, un “éco- score” automatique associé à chaque requête.

    Le Think tank exige une “traçabilité Humaine” dans toute décision assistée par IA, estimant que la fraternité et la dignité impliquent de ne pas substituer les métiers du soin par des agents artificiels dans les situations relationnelles critiques. “L’humain doit garder le premier et le dernier kilomètre de la réflexion” conclut-il.

     

  • Les Hôpitaux Confluence (Val-de-Marne) lancent leur EDS avec codoc

    1,5 million de patients, 4,2 millions de comptes rendus

    Le groupement en attend également une amélioration de ses pratiques professionnelles et de son pilotage médico-économique. Cet EDS a été réalisé en partenariat avec codoc, société française spécialisée dans la valorisation des données de santé.

    E-Confluence permet désormais de regrouper de manière sécurisée des données administratives, médicales, biologiques, d’imagerie, de comptes rendus et de prescriptions relatives à des patients ayant consulté ou ayant été hospitalisés dans ces deux établissements. L’entrepôt fait converger ces données, issues des différents logiciels utilisés, dans une seule et même base.  Ce mois de janvier 2026, il contient des données relatives à 1,5 million de patients et 3,9 millions de séjours, ainsi que 4,2 millions de comptes rendus 7,2 millions de données de biologie, et 1,2 million de données de PMSI. L’EDS dispose d’un historique depuis 2019.

    Il s’agira grâce à l’EDS de réaliser davantage de recherches, études ou évaluations dans le domaine de la santé, mais aussi d’améliorer le fonctionnement d’outils d’aide au diagnostic ou à la prise en charge médicale, de réaliser des études de faisabilité d’essais cliniques, de produire des indicateurs et d’améliorer le pilotage stratégique des établissements, sous la responsabilité du médecin responsable de l’information médicale. Le groupement prévoit notamment des analyses médico-économiques de parcours de soins ainsi que des évaluations de la qualité et de la pertinence des prises en charge. L’EDS permettra également d’améliorer la qualité de l’information médicale ou l’optimisation du codage dans le cadre du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI).

    E-Confluence sera accessible uniquement aux personnes habilitées : professionnels de santé, chercheurs et statisticiens des Hôpitaux Confluence, techniciens et ingénieurs responsables de la maintenance de l’EDS. Le groupement souligne que les données de l’EDS sont stockées en France, chez un hébergeur certifié hébergeur de données de santé.

    Les patients ont la possibilité de s’informer sur les différentes recherches menées par les équipes de Confluence, et auxquelles ils seraient susceptibles de participer en se connectant sur une plateforme dédiée :  https://exercicedesdroits.chicreteil.fr.

  • L’extraction de données par IA plus performante que l’extraction manuelle (étude)

    L’extraction par IA a également réduit la variabilité interinstitutionnelle entre les centres participant à l’étude. Les résultats en termes de survie obtenus à partir des données extraites par IA correspondaient précisément aux évaluations de terrain réalisées par des experts. Ces résultats sont d’autant plus intéressants que l’extraction manuelle de données réelles (RWD) à partir de dossiers médicaux non structurés nécessite encore beaucoup de ressources, avec un risque d’erreurs et varie considérablement d’un établissement à l’autre.

    Vers des essais cliniques appuyés sur des données extraites par IA à grande échelle

    Cette étude multicentrique menée au sein du consortium français LUCC (Large & Unified Cancer Cohort) a mobilisé un LLM finement ajusté appliqué à des dossiers médicaux non structurés et anonymisés au format PDF, avec l’objectif d’extraire 31 variables provenant de patients atteints d’un cancer du poumon dans 10 centres. Le critère d’évaluation principal était le taux d’erreur d’extraction, les critères d’évaluation secondaires étant notamment les performances par variable, la variabilité interinstitutionnelle, la valeur ajoutée des flux de travail hybrides IA-humain et les analyses de survie.

    Selon l’article ces résultats “confirment la faisabilité d’études multicentriques de nouvelle génération basées sur l’IA pour générer des données réelles de haute qualité à grande échelle, avec une applicabilité potentielle dans des essais cliniques prospectifs”.

     

  • Crédits de dotations aux établissements de santé : 1,4 milliard pour la 3e phase de délégation

    Selon le document oublié au Bulletin officiel du 14 janvier, la troisième phase de délégation des crédits pour 2025 affecte “près de 1,4 milliard d’euros de crédits complémentaires” aux établissements de santé : le chef de bureau souligne que la recherche et l’innovation “en constituent un pilier central” avec 460 millions d’euros consacrés à ce poste, “dont une part conséquente” de 50 millions d’euros issue de la mesure 16 du Ségur de la santé.  Selon Lionel da Cruz, “ces orientations sont le fruit d’un travail approfondi et partagé avec les conférences hospitalières, les fédérations et l’ensemble des acteurs, dans le cadre du COPIL RI et du groupe de travail ‘MIG recherche’ de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS)“.

    “Au titre de la mesure 16 du Ségur, 20 millions d’euros sont dédiés à la valorisation de l’excellence des publications hospitalières”. Selon Lionel da Cruz cette valorisation “repose sur le ‘gold standard” international” qu’est l’indice de citation, “reflet de l’impact réel des travaux dans la communauté scientifique et de leur capacité à influencer les pratiques de soins” : Ce “choix assumé” vise à “passer d’une logique de volume à une logique d’impact scientifique”

    5 millions d’euros sont dédiés au soutien des essais cliniques complexes, notamment de phase précoce (phase I/II) et de thérapie innovante (MTI), afin d’”accompagner la recherche la plus exigeante”.

    2 nouvelles DCRI

    Pour “renforcer les structures qui rendent l’excellence possible”, la mesure 16 du Ségur de la Santé investit aussi dans les structures d’appui à la recherche.

    Des crédits supplémentaires de 3,7 millions d’euros en 2025 permettront la création de 2 DRCI (Direction de la Recherche Clinique et de l’Innovation) : l’un en Polynésie française pour 500 000 euros (avec l’appui du GIRCI SOHO), l’autre en Corse (400 000€, avec l’appui du Centre Hospitalier Intercommunal Toulon – La Seyne-sur-Mer)
    Des crédits de 640 000€ permettront la scission du CIC Paris-Est de l’AP-HP, Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, conformément aux recommandations du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres)et du Comité de labellisation Inserm/DGOS

    5 millions d’euros seront affectés pour soutenir les infrastructures de données hospitalières, “avec des exigences renforcées de transparence et de contribution au catalogue national des données”, tandis que 10 millions d’euros serviront à “reconnaître le rôle essentiel” des PUI (Pharmacies à usage intérieur) dans la conduite des essais cliniques et la sécurisation des circuits pharmaceutique.

    “Investir dans l’excellence scientifique, la complexité des essais et les infrastructures, c’est transformer durablement la recherche en santé en France”, conclut Lionel da Cruz.

     

  • Études de faisabilité précoce pour les DM : quels défis pour les autorités européennes?

    L’étude signée en premier auteur par Majella Geraghty (Trinity College Dublin) signale un degré “variable”  de documentation des phases d’investigation clinique et des pratiques d’évaluation. Les lacunes dans les ressources des autorités nationales compétentes (ANC)  étaient “notables” dans les technologies de santé numériques (DHT), les dispositifs médicaux basés sur l’intelligence artificielle (AIeMD) et les statistiques. Les mécanismes de dialogue prévus par 63 % des ANC sont associés à une amélioration de la qualité des résultats. Les auteurs ont constaté que la formation était fragmentée et le recours à des experts externes limité. Les ANC ont souligné auprès d’eux l’impact de la pression réglementaire due à une complexité croissante.

    L’étude conclut à une “grande variabilité” des qualifications et des pratiques des évaluateurs, soulignant que ces différences “limitent la cohérence de la surveillance réglementaire” dans le cadre du règlement sur les dispositifs médicaux (MDR). Ils prônent notamment la mise en place de programmes de formation structurés et de mécanismes harmonisés de dialogue avec les promoteurs, jugeant qu’elle  sera “essentielle” pour la réglementation, son degré de préparation et sa cohérence.

    Normes minimales et lignes directrices

    Cette étude qui se présente comme “la première analyse publiée à l’échelle européenne sur la manière dont les autorités nationales compétentes (ANC) sont organisées pour évaluer les dispositifs médicaux, en particulier les dispositifs médicaux implantables actives (EFS) dans le cadre du règlement MDR” cite parmi les principaux défis à  relever “le manque d’uniformité dans la classification des études, l’intégration limitée du point de vue des patients et un accès inégal  au dialogue structuré avec les promoteurs”.

    Les auteurs recommandent d’établir des normes minimales à l’échelle de l’UE pour “les qualifications, la vérification des compétences et la formation des évaluateurs”.

    Ils demandent de créer des programmes d’études structurés et une formation continue adaptés aux technologies émergentes.

    Ils proposent de créer des mécanismes de dialogue standardisés entre les ANC avant la soumission des demandes.

    Ils demandent la préparation de lignes directrices harmonisées pour l’évaluation des technologies médicales innovantes et à haut risque.

    Ils proposent de valoriser le vivier d’experts qualifiés issus des organismes notifiés et des groupes d’experts pour épauler les ANC, en particulier dans les domaines les plus spécialisés ou à forte demande, dans lesquels les capacités internes sont limitées.

    Selon l’étude, des réseaux européens de régulateurs spécialisés ayant une expérience clinique, soutenus par des experts scientifiques et technologiques (y compris des experts en IAeMD), devraient être mis en place afin de renforcer la collaboration avec les développeurs et les promoteurs

     

     

  • Corilus et Sofia fusionnent pour créer un spécialiste européen des logiciels de santé ambulatoire

    Basée à Ensisheim (Haut-Rhin), Sofia développe des solutions logicielles et de services verticaux destinés aux professionnels de santé indépendants, avec plus de 38 000 soignants utilisateurs, infirmiers, kinésithérapeutes et orthophonistes. Basé à Gembloux près de Namur en Wallonie, Corilus développe des solutions logicielles basées sur le cloud pour médecins généralistes, pharmaciens, dentistes, sages-femmes, spécialistes, ophtalmologues, opticiens, infirmières, kinésithérapeutes et maisons de retraite. Le groupe belge revendique 40 000 professionnels de santé utilisateurs en Belgique et en France, avec quelque 400 collaborateurs en Belgique et en France.

    Corilus affiche un chiffre d’affaires annuel de plus de 55 millions d’euros, contre 34 millions d’euros pour Sofia Développement.

    Le nouvel ensemble combinera l’expérience de Corilus dans le déploiement de solutions SaaS pour de multiples professions, avec le réseau étendu de Sofia sur le marché français des soins ambulatoires. Il prévoit d’accélérer sa feuille de route produit, avec notamment l’intégration de solutions d’intelligence artificielle générative et de télésanté, comme l’assistant Harry AI de Sofia et la solution Helena (Pro) de Corilus, avec également des modules de gestion comptable et de facturation.​

    PSG Equity et Rivean resteront les actionnaires majoritaires conjoints du groupe. Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé.

  • Troubles bipolaires : résultats encourageants pour l’expérimentation Passport BP avec Semeia

    L’évaluation indépendante de ce dispositif, réalisée à la demande du Ministère de la Santé et de l’Assurance Maladie par ACE Santé et Heva sous le pilotage de la cellule d’évaluation Article 51, met en évidence une réduction de moitié des tentatives de suicide  (7,6 % avant inclusion contre 3,9 % après inclusion), alors que le risque suicidaire reste l’un des enjeux les plus critiques dans cette pathologie.

    On observe également une diminution de près de moitié du taux d’hospitalisations à temps plein en psychiatrie ( 42,5 % avant inclusion contre 24,8 % après), ainsi qu’une amélioration marquée des scores cliniques (dépression, manie, fonctionnement global) dès les premiers mois du suivi et une amélioration de la prise en charge des maladies cardiovasculaires, avec une augmentation du nombre moyen de traitements (2,2 avant contre 2,8 traitements après par patient)

    Trois plateformes numériques mobilisées

    Ces résultats ont été obtenus grâce à trois plateformes. La première,  MentalWise de Semeia, est un dispositif médical numérique conçu pour le télésuivi des troubles bipolaires et de la dépression :elle recueille quotidiennement des données cliniques et physiologiques ainsi que des informations issues du smartphone du patient, et offre aux équipes une vision en temps réel de son état psychique et physique grâce au croisement de données. Il livre des alertes personnalisées pour permettre une intervention précoce en cas de de besoin.

    La seconde, Happyneuron propose un parcours adaptatif de remédiation cognitive, avec une vingtaine d’exercices ciblant les principales fonctions cognitives, altérées chez près de la moitié (49%) des patients bipolaires.

    La troisième, SIMPLe, est une application de psychoéducation développée par le CHU de Clermont-Ferrand avec l’Institut de Neurosciences de Barcelone. Elle aide les patients à mieux connaitre leur maladie, à suivre leurs symptômes au quotidien et à repérer plus tôt les signes annonciateurs de rechute grâce à des messages individualisés.

  • Bacs à sable IA : le projet de règlement européen critiqué

    Ce texte vient en application de l’article 58, paragraphe 1, du règlement (UE) 2024/1689  (Ai Act) pour définir les règles pour la création, le développement, la mise en œuvre, l’exploitation et la supervision des bacs à sable d’IA.

    Ces dispositifs visent à offrir un cadre règlementaire spécifique, sous la supervision des autorités compétentes, pour “développer, entraîner, valider et tester des systèmes d’IA innovants, y compris en conditions réelles, pendant une durée limitée avant leur mise sur le marché”.

    L’objectif est de renforcer la sécurité juridique pour les innovateurs, tout en assurant la conformité au règlement IA et aux autres textes de l’UE (RGPD, règlement général sur la sécurité des produits), tout en favorisant une innovation responsable, ainsi que la compétitivité et l’accès rapide au marché, notamment pour les PME et les start-ups.

    Chaque État membre de l’UE devra disposer d’un bac à sable règlementaire à portée nationale comme prévu par l’IA Act, d’ici le 2 aout 2026. Le texte prévoit également l’établissement de bacs à sable locaux, régionaux ou européens, ainsi que sectoriels.  Le Contrôleur européen de la protection des données pourra également lancer son propre bac à sable pour les systèmes d’IA des institutions et agences de l’UE.

    Les États sont encouragés par le projet de règlement à créer des bacs à sable conjoints transfrontaliers, éventuellement formalisés par des accords-cadres ou mémorandums, et à développer des bacs à sable sectoriels dans des domaines stratégiques.

    La participation des PME, et notamment des start-up, doit être gratuite sauf coûts exceptionnels ; pour les autres acteurs, les frais doivent rester équitables, transparents et proportionnés, et être communiqués le plus tôt possible

    Quand le système d’IA testé implique des données personnelles, une autorité de protection des données devra être associée au fonctionnement du bac à sable.

    Le texte insiste toutefois sur le fait que la participation à un bac à sable ne vaudra ni certification ni présomption de conformité à l’AI Act, et ne remplacera pas les procédures classiques d’évaluation et de mise sur le marché. Un dialogue parallèle avec des organismes notifiés est encouragé

    Un texte jugé “insuffisant en tant qu’outil d’accélération”

    L’expert Dmitry Etin a publié sur Linkedin une analyse de ce projet de règlement. Il juge ce texte “cohérent en tant qu’instrument de gouvernance” mais “insuffisant en tant qu’outil d’accélération”. Il préconise notamment des améliorations sur la réutilisation des preuves, et une gouvernance des données qui fonctionne réellement dans la pratique.

    “Si les preuves écrites et les rapports de sortie ne sont pas structurés de manière à pouvoir être réutilisés, ils ne seront que des documents supplémentaires dans une pile”, estime-t-il.

    Pour les DM dotés d’IA, la voie à suivre est le règlement MDR: si les résultats du bac à sable ne correspondent pas parfaitement au dossier MDR, le bac à sable deviendra une activité secondaire, or la correspondance n’est pas assurée pour l’instant.

    “La gouvernance des données est un obstacle caché” ajoute le consultant, soulignant que si les hôpitaux constituent l’infrastructure physique des flux de données, ils sont aussi les contrôleurs de données, les propriétaires des workflows et la limite de capacité. Il souligne que ls « coûts exceptionnels » en santé sont souvent liés à l’intégration, à la gouvernance et au temps médical.

    Le recours à l’EHDS (Espace européen des données de santé) va dans le bon sens pour l’utilisation secondaire, mais la question du séquençage n’est pas abordée, ajoute-t-il: si l’accès aux données prend des mois, se posera la question des limites temporelles des bacs à sable.

    Dmitry Etin demande un “package” de preuves standard réutilisable dans tous les secteurs (MDR et au-delà) et un modèle opérationnel plus clair pour la participation des infrastructures physiques (hôpitaux) et le traitement des coûts, “afin que l’accès aux données et les tests en conditions réelles soient prévisibles”.

     

  • L’ePA (dossier patient électronique allemand) a un an : cybersécurité, ergonomie et accès, sont les freins qui ralentissent son adoption

    900 000 utilisateurs actifs, mais seulement 3,6% d’engagement réel

    Jens Baas, président du directoire de la TK (Techniker Krankenkasse), la plus importante caisse d’assurance-maladie du pays, dresse un bilan positif de l’outil : il a enregistré 560 000 connexions de patients pour le mois de décembre et estime à 900 000 le nombre d’assurés qui utilisent déjà activement l’ePA. Selon la Gematik, l’agence allemande de santé numérique, plus de 80% des cabinets médicaux ont déjà consulté ces dossiers. L’agence comptait fin octobre 37 millions de documents versés dans des ePA, et 2,6 millions de plus chaque semaine.

    L’engagement des patients en faveur de ce nouvel outil reste cependant encore modeste : selon une enquête réalisée auprès des caisses et publiée au début du mois par le réseau de médias régionaux RND (Redaktionsnetzwerks Deutschland), seuls 3,6% des titulaires de dossiers créés sont actifs. L’Allemagne a opté pour une création automatique du dossier patient pour chaque assuré, sauf opposition explicite.

    Protection des données, parcours d’inscription, les obstacles de l’ePA

    La TK explique que pour de nombreux patients, le processus d’inscription en plusieurs étapes, rendu nécessaire pour la protection des données de santé, constitue un obstacle. La caisse souligne à cet égard un “avantage décisif “du dossier patient électronique, à savoir qu’il est utile même si son titulaire n’est pas actif. Les résultats d’examens, résultats de laboratoire et ordonnances étant automatiquement intégrées, elles permettront une meilleure vision d’ensemble de la santé du patient et un meilleur ciblage des traitements. Les premiers bénéficiaires seront alors ceux qui souffrent de pathologies multiples, prennent de nombreux médicaments et ceux dont la mobilité est réduite.

    La sécurité des données est un autre obstacle sur le chemin de l’adoption. La spécialiste de cybersécurité Bianca Kastl a pointé des failles dans le système lors d’une présentation faite fin décembre au Chaos Computer Club de Hambourg : comme les terminaux des médecins ne vérifient pas la signature cryptographique, une carte falsifiée permettrait d’accéder aux dossiers. Selon elle, des cybercriminels pourraient obtenir les informations nécessaires pour reproduire la clé des ePA grâce à des fuites de données ou à la complicité d’employés des caisses, et voler des données de santé sensibles. Elle préconise une mise à jour du système de gestion des données des assurés (VSDM), qui vérifie et met à jour les données des assurés sur la carte électronique à chaque visite chez le médecin, un service qui date de 2012.