« 2% seulement des Français ont déjà procédé à une vidéo consultation avec un médecin ou une infirmière », apprend-on dans l’étude du Pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques (Pipame) publiée en février 2016.
Le Pipame reconnaît que la téléconsultation « se révèle particulièrement adaptée pour les patients dont la mobilité est réduite » et « a également un potentiel de développement fort dans les spécialités peu répandues sur le territoire, comme l’addictologie. »
Les conditions pour la pratique de la téléconsultation sont établies par le décret du 19 octobre 2010. La téléconsultation est soumise à l’agrément de l’ARS, mais n’entre pas dans les nomenclatures de la Cnam et n’est donc pas remboursée.
Parallèlement, des services de téléconseil médical se développent. Le Cnom a publié à ce sujet un rapport en février 2016 où il évoque, tout en reconnaissant la nécessité de développer la télémédecine, le danger d’une « ubérisation de la santé ».
Le cadre juridique de la téléconsultation
L’encadrement de la télémédecine repose sur plusieurs textes:
- La loi 13 août 2004 relative à l’assurance maladie qui définit la télémédecine ;
- La loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires ;
- Le décret du 19 octobre 2010 qui définit les pratiques qui relèvent de la télémédecine :
- La téléconsultation qui a pour objet de permettre à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient. Un professionnel de santé peut être présent auprès du patient et, le cas échéant, assister le professionnel médical au cours de la téléconsultation. Le décret stipule que des psychologues peuvent, eux aussi, assister le patient.
- La téléexpertise. Elle a pour objet de permettre à un professionnel médical de solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières sur la base des informations médicales liées à la prise en charge du patient. 3° La télésurveillance médicale. Elle doit permettre à un professionnel médical d’interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d’un patient et, le cas échéant, de prendre des décisions relatives à la prise en charge de ce patient. L’enregistrement et la transmission des données peuvent être automatisés ou réalisés par le patient lui-même ou un professionnel de santé.
- La téléassistance médicale qui a pour objet de permettre à un professionnel médical d’assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte.
- La réponse médicale qui est apportée dans le cadre de la régulation médicale.
- La télémédecine inclut la téléconsultation. Quant au téléconseil, il permet aux acteurs de s’introduire sur un marché très voisin sans agrément, en proposant aux internautes de poser des questions à des médecins en ligne, à des tarifs variables.
La question du remboursement
Le remboursement constitue l’une des raison du retard du développement de la téléconsultation en France par rapport à d’autres pays. Les téléconsultations pourtant autorisées par l’ARS et par la Cnil ne rentrent pas dans les nomenclatures de la Cnam et ne sont donc à ce jour pas remboursées par la sécurité sociale.
L’ubérisation du parcours de soin
La téléconsultation n’est pas prise en charge par la sécurité sociale ni intégrée au parcours de soin. Des sociétés privées, start-ups ou assurances commencent à proposer un service en dehors du parcours de soin, avec ou sans agrément de l’ARS. Il s’agit d’un phénomène d’ubérisation dénoncé par le Cnom dans son rapport de février 2016.
Parmi ces services on peut citer :
- Mesdocteurs qui propose une réponse en 15 minutes pour 5,90 euros ou un échange par tchat à 1,90 euros la minute.
- Epiderm qui propose d’entrer en contact avec un dermatologue pour 14,99 euros.
- Deuxièmeavis, qui propose d’obtenir un deuxième avis médical pour 295 euros (ce site a reçu l’agrément de l’ARS).
- Axa ou la mutuelle April qui offrent des services de téléconseil médical à leurs assurés.
La télésurveillance et les objets connectés
En mesurant certaines variables sur l’état de santé du patient grâce aux objets connectés, un médecin peut alors contacter son patient pour lui indiquer un protocole de soin ou lui transmettre une ordonnance évitant ainsi une consultation physique.