« Dans le domaine de la santé, on se dirige vers des transformations profondes », a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, député Les Républicains et candidate à la primaire de la Droite et du Centre, lors de sa visite le 26 mai 2016 du salon HIT. Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, l’innovation en santé va permettre une plus grande implication des patients. Mais elle estime, dans l’entretien accordé à Health & Tech Intelligence, que les investissements dans ce domaine ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Quel bilan tirez-vous de votre visite du salon HIT ?
Je m’intéresse à la façon dont le monde change et ce que j’ai vu sur ce salon montre la richesse de l’innovation en France dans le domaine de la santé. Tout est aujourd’hui bousculé par ne numérique et dans le domaine de la santé, on se dirige vers des transformations profondes, avec un impact non seulement sur les nouveaux traitements, les nouvelles pratiques médicales que permettent les évolutions technologiques mais aussi sur notre système de santé. Notamment parce que toutes les innovations qui touchent au quantified self et à l’automesure de nos capacités physiques ou de notre état de santé va faire profondément évoluer la prévention et la prise en charge des patients.
Les patients et le système de santé sont-ils prêts à ces évolutions ?
Je crois en la puissance de transformation du numérique. Nous sommes actuellement dans un système de santé très hospitalo-centré et très curativo-centré. Le numérique va permettre de changer cette organisation en remettant réellement le patient au coeur de notre système. Il va naturellement devenir de plus en plus un acteur responsabilisé de sa santé. On peut, grâce aux nouvelles technologies, les objets connectés, la télémédecine, faire beaucoup plus et beaucoup mieux en matière de prévention. On peut même aller plus loin que la simple prévention et impliquer, par exemple, le patient dans la préparation d’une intervention chirurgicale grâce aux technologies qui lui permettent de recueillir lui-même les paramètres nécessaires pour l’équipe médicale. Et puis, disposer des outils pour prendre en main sa propre santé, cela permet aussi de dédramatiser, de supprimer de l’angoisse par rapport à la maladie.
Les investissements dans l’innovation en santé sont-ils à la hauteur des enjeux ?
Non ! L’investissement dans l’innovation n’est pas suffisamment aidé et son niveau n’est pas à la hauteur des enjeux. Dans les établissements de santé publique, la tarification à l’activité plutôt qu’au résultat ne favorise pas cet investissement. Dans le privé, on constate que beaucoup d’établissements sont rachetés par des financiers qui ne voient pas la rentabilité immédiate de l’innovation. Et puis il y a aussi dans notre pays le problème des données de santé qui sont trop sécurisées et qui freinent les évolutions que permettrait leur ouverture.