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  • Production, gestion et préservation de la valeur neutre et probante de l’information médicale

    Le livre blanc publié par Interop’Santé le 23 mai 2016 s’adresse aux pouvoirs publics, aux DSI des établissements hospitaliers, aux chefs de projets, aux archivistes, aux médecins du DIM, aux éditeurs de SIH et aux éditeurs de SAE. Il traite à la fois d’aspects juridiques, métiers et techniques.

    Il identifie et documente plusieurs cas d’usage de production et de gestion de l’information médicale en établissement de santé et y associe des normes et profils IHE. Un des cas d’usage présenté s’intéresse particulièrement au GHT.

    Ce livre blanc est le résultat de la réflexion d’un groupe de travail regroupant les représentants de l’Anap de l’Asip, du SIAF et des adhérents de l’association Interop’Santé.

  • UDGPO

    Uion des groupements des pharmaciens d’officinenull

  • Médicaments en ligne : interdiction de vente pour Doctipharma

    Doctipharma s’est vu interdire le 31 mai 2016 par la justice la vente de médicaments en ligne. Cette filiale de Doctissimo (groupe Lagardère Active) se revendiquait le « référent » de la pharmacie en ligne. Le tribunal a jugée «illicites » ses ventes en ligne sans ordonnance et « ordonné de faire cesser l’exploitation » de Doctipharma.

    L’UDGPO (Union des groupements de pharmaciens d’officine) qui avait engagé l’action contre Doctipharma se « félicite » que le Tribunal de commerce de Nanterre lui ait donné raison « puisque cette société commerciale n’a pas qualité de pharmacien d’officine et ne peut exercer cette activité, ni comme vendeur, ni comme intermédiaire dans la vente de médicaments ».
    La décision est parée de l’exécution provisoire, ce qui démontre, pour l’UDGPO, que le juge a été sensible à l’urgence de faire cesser ce commerce illégal.

    Lancé en Novembre 2014 par le groupe de presse Lagardère Active, le site Doctipharma, filiale à 100 % du site d’information santé Doctissimo, affichait l’ambition d’en faire le « référent » de la pharmacie en ligne.

    Lagardère Active indique « prendre acte » de la décision du tribunal et précisera « dans les prochains jours » s’il entend faire appel ou non. Et la société a rappelé les arguments sur lesquels elle appuyait sa position:

    • « Cette décision interdit la possibilité de développer une grande plate-forme française mise au service des pharmaciens, ce qui aura pour effet de favoriser des plate-formes de vente opérant depuis l’étranger ».

    L’activité de vente en ligne de médicaments est très limitée en France: « sur 22.401 officines recensées au 1er janvier 2015, seules 301 ont développé un site internet » à cet effet, soit 1,34%, ou encore « dix fois moins qu’en Allemagne », indiquait l’Autorité de la concurrence en avril 2016.

  • E-santé : Singapour attire les acteurs de la santé numérique

    En Asie du Sud-Est, Singapour attire les acteurs de la santé numérique pour sa fiabilité et son positionnement stratégique au cœur de la zone Pacifique. Exemple le plus récent : le partenariat annoncé en janvier 2016 entre la branche e-santé de Philips et l’agence gouvernementale en charge du développement économique de la cité-État, l’EDB (The Economic Development Board). Objectif : aider les petites et moyennes entreprises centrées sur la santé numérique à se développer dans la région.

    Comment expliquer cet attrait pour la « little red dot », comme on la surnomme ici ? Les Dr. Eddy Lee et Kevin Yap, experts en e-santé, exposent pour H&TI leurs points de vue sur le marché.

    Singapour : un marché ouvert sur l’Asie du Sud-Est

    « Je pense que l’une des raisons pour lesquelles les acteurs de la santé digitale s’intéressent à Singapour c’est parce que nous sommes réputés pour notre excellent niveau en technologies de l’info-com », estime le Dr. Yap, maître de conférences à l’Université de Singapour et spécialiste en cyber-pharmacie.

    Il évoque aussi le rôle joué par le programme « Healthcare 2020 vision », mis en place par l’État en 2012 pour améliorer le système de santé, en partie grâce à des outils numériques. « L’une des stratégies utilisées par le gouvernement pour faire de Singapour une « Smart City » est d’attirer des entreprises étrangères pour co-développer des solutions innovantes. » Philips a été séduit par la formule.

    Le chercheur rappelle que « la cité-État dispose des capacités pour devenir un précurseur dans l’industrie». C’est en effet l’un des premiers pays à avoir numérisé l’ensemble de son système de santé via le lancement du programme NEHR (National Electronic Health Record) en 2011.

    « [L’un des autres points forts de la ville est] la grande confiance accordée aux produits de Singapour dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des technologies financières », analyse de son côté le Dr. Eddy Lee, un investisseur singapourien revenu il y a environ un an sur l’archipel asiatique, après quatre années passées dans la Silicon Valley et un séjour en France dans la ville de Lyon. En janvier, il a lancé avec son associé Kevin Darmawanhas Coffee Ventures, une société de capital-risque qui cible les start-up souhaitant se lancer sur le marché international, entre autres dans le domaine de l’e-santé.

    Le Dr. Lee nous explique avoir choisi de baser son entreprise dans la cité-État pour profiter de son excellente position en Asie du Sud-Est (près de 630 millions de consommateurs potentiels) et pour faire évoluer positivement l’écosystème des start-up dans la région grâce à l’expérience en investissement forgée par son équipe en Californie. D’autant plus que l’ASEAN (The Association of Southeast Asian Nations) – à l’instar de l’UE – facilite le commerce entre les pays de cette zone clé.

    Des règles strictes pour gagner la confiance des entreprises mondiales

    Enthousiastes quant à l’avenir de Singapour dans le domaine des technologies de santé, les deux experts n’en restent pas moins lucides. « La santé numérique est un nouveau secteur qui remet en question les traditionnels business modèles établis, souligne le Dr. Eddy Lee. Est-ce par exemple aux constructeurs high-tech de prendre en charge la vente d’un moniteur cardiaque sans fil, est-ce plutôt aux compagnies d’assurance d’acheter le produit puis de le distribuer aux patients, ou est-ce aux hôpitaux de proposer un système de prêt pour ce genre d’outils ? Pour espérer une utilisation généralisée de ces dispositifs, il faudrait s’adapter à la culture de chaque ville et du pouvoir d’achat moyen de chaque population».

    Le Dr. Yap se préoccupe quant à lui des problèmes liés à la confidentialité et à la sécurité des informations personnelles. « Le gouvernement prend très au sérieux le sujet. En 2012, une loi sur la protection des données personnelles, le PDPA (Personal Data Protection Act), a été instaurée. Elle régit la collecte et l’utilisation des ces informations, un cadre strict en matière d’e-santé. Cela peut être perçu comme un avantage pour le consommateur, auquel on garantit la protection de ses données, mais aussi comme un frein». Car certaines entreprises, notamment celles spécialisées dans l’analyse de données, sont ainsi plus limitées que dans d’autres pays. « Il faut néanmoins préciser que cette exigence du PDPA vise aussi à renforcer la position de Singapour comme hub mondial fiable auprès des entreprises », nuance le chercheur.

    Parmi les éventuels freins au développement de l’e-santé sur le territoire, il y aussi cette peur de l’échec, très présente dans la cité-État, notent les deux experts. Le Dr. Kevin Yap admet que les investisseurs de la little red dot sont très exigeants. « Ils veulent des garanties. Mais c’est l’une des forces du pays. Les entreprises y viennent parce qu’elles savent que les projets lancés ici sont bons. Nos bases sont solides ! ».

    Anticiper le vieillissement de la population et donner sens aux big data

    L’universitaire identifie deux enjeux essentiels à moyen terme. Le premier est l’anticipation du vieillissement de la population : à Singapour, l’âge médian est passé de 34 à 40 ans entre 2000 et 2015, indique le département national des statistiques. Le Dr. Yap redoute que la part grandissante des personnes âgées soit réticente au développement des innovations en e-santé. « Je pense qu’il faut se concentrer sur les individus aujourd’hui âgés de 40-50 ans. Ils savent utiliser un ordinateur, ils connaissent les technologies liées à la téléphonie mobile. Ils pourraient nous aider à faire le lien entre les générations».

    Le second enjeu est la gestion des big data. Le chercheur estime que l’essentiel du travail pour les acteurs de la filière est de « donner un sens à ces données afin de les rendre utiles et exploitables pour l’industrie ».

    E-santé : Singapour se concentre sur ses points forts

    La little red dot pourrait-elle prendre la place de la Silicon Valley dans le domaine de l’e-santé ? « Pourquoi vouloir remplacer la Silicon Valley, qui fonctionne si bien ? », s’interroge le Dr. Eddy Lee. « Je pense cependant que Singapour peut devenir un centre d’excellence en ce qui concerne le diagnostic, le traitement et la gestion des maladies spécifiques à l’Asie, comme le diabète ou certains cancers ». Le Dr. Kevin Yap partage le même avis. « Chaque pays peut apporter sa pierre à l’édifice en se concentrant sur un domaine précis. À Singapour, on travaille notamment de près sur la télésanté et la télémédecine afin d’être en mesure de suivre n’importe quel patient, n’importe quelle maladie, n’importe où ».

    Pour les deux experts, il faut percevoir le marché de la santé numérique comme un tout. Les pays ont tout intérêt à travailler ensemble à échelle internationale, et non les uns contre les autres.

  • Parcours de soin des insuffisants rénaux : les orientations pour l’expérimentation en régions (JO)

    Les orientations nationales pour l’élaboration des cahiers des charges régionaux pour l’expérimentation visant à améliorer le parcours de soins des personnes atteintes d’insuffisance rénale chronique ont été fixées par l’arrêté du 17 mai 2016 publié au JO le 27 mai. L’arrêté détaille également la liste des régions choisies pour l’expérimentation.

    Afin d’alléger la coordination entre les intervenants, y compris le patient, l’arrêté précise les outils de communication simples et dématérialisés (messagerie sécurisée, hotline, télémédecine…) et les outils d’information qui doivent être mis en œuvre.

    L’arrêté détaille les dispositions à prendre en matière de protections des informations personnelles et des données de santé récoltées dans le cadre de l’expérimentation.

    Les outils de communication

    • PPS
    • Dossier communiquant (DMP, dossier pharmaceutique)
    • Messagerie sécurisée
    • Plates-formes d’échange
    • Outils de télémédecine
    • Web-conférences

    Les outils d’information

    • Outils digitaux, vidéos et plaquettes d’information provenant des associations de patients
    • Outils spécifiquement conçus pour l’information des patients dans le cadre de l’expérimentation.

    Informations et données personnelles

    • La transmission dématérialisée d’informations notamment via un système de messagerie sécurisée garantit la non-diffusion sur Internet des données et permet également une authentification des échanges. (Identification certaine de l’émetteur et du destinataire).
    • Un hébergement sécurisé des données de santé à caractère personnel doit être mis en place via un hébergeur agrée ASIP garantissant la sécurisation de ces données (confidentialité, traçabilité, protection contre les intrusions).
    • Le professionnel de santé, après avoir informé la personne, doit recueillir son consentement sur les modalités de transmission d’informations dans le cadre du projet pilote et le cas échéant, d’hébergement des données de santé à caractère personnel.
    • L’expérimentation doit prévoir, après confirmation de l’éligibilité, les modalités précises de l’information et du recueil du consentement exprès  » du patient pour l’entrée dans le dispositif ainsi que pour le recueil, la transmission et l’hébergement des données le concernant. Ce consentement peut être recueilli soit par le médecin traitant soit par le néphrologue référent, selon les choix des expérimentateurs.

    Les régions concernées

    • Alsace,Champagne-Ardenne et Lorraine ;
    • Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes ;
    • Auvergne et Rhône-Alpes ;
    • Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées ;
    • Pays de la Loire ;
    • La Réunion.
  • Cyber-pharmacie : « Singapour pourrait devenir leader » (Dr. Kevin Yap)

    « La gestion des médicaments est une question importante, qui doit être abordée. (…) De nombreux acteurs internationaux du secteur sont en train de se pencher sur ce marché pour réfléchir aux manières dont ils pourraient l’intégrer. »

    Le Dr. Kevin Yap, maître de conférences et expert en cyber-pharmacie à l’Université de Singapour, revient pour H&TI sur les spécificités et les intérêts de la cyber-pharmacie, un domaine dans lequel la cité-État excelle.

    Un entretien rythmé en quatre points :

    1. Les objectifs de la pharmacologie cybernétique ;
    2. Investir dans la cyber-pharmacie : la stratégie de Singapour pour anticiper le vieillissement de sa population ;
    3. L’intérêt grandissant des sociétés high-tech pour ce marché particulier ;
    4. Cyber-pharmacie : Singapour, leader mondial ?

    L’une de vos spécialités est la pharmacologie cybernétique, aussi appelée cyber-pharmacie. Quelles sont les applications concrète de ce domaine ?

    La pharmacologie cybernétique est une discipline en plein essor. Elle vise à perfectionner le système de prescription des médicaments à travers l’utilisation combinée de technologies impliquant une interaction entre l’Homme, l’ordinateur et les facteurs environnementaux. Objectif : réduire les risques liés à la prise de médicaments (surdosage, sous-dosage, effets secondaires indésirables, interactions médicamenteuses, etc.).

    Le dessein des professionnels du secteur est de veiller à ce que les innovations technologiques développées pour faciliter la bonne utilisation des médicaments soient de qualité et fiables. Le but, à terme, est d’améliorer les soins et d’assurer une meilleure sécurité des patients.

    Vous travaillez en collaboration avec le ministère de la Santé singapourien (MOHH) sur l’application du programme « Healthcare 2020 », qui vise à améliorer le système de santé en passant notamment par le développement d’outils numériques. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

    Plusieurs initiatives opérées par le MOHH rejoignent la mission du gouvernement, qui est de faire de Singapour une « smart city » et d’atteindre les objectifs annoncés dans le programme « Healthcare 2020 », soit améliorer l’accès aux soins et leur qualité afin de mieux répondre aux besoin des citoyens.

    Plusieurs de ces projets se basent sur des approches liées à la cyber-pharmacie, dont la création du Singapore Drug Dictionary (SDD) et du système national de dossiers électronique de santé (National Electronic Health Record, NEHR). Ils sont tous fondés sur un usage et une gestion adaptés des médicaments dans le cadre de leur champ d’application. Ainsi, les soins et la sécurité des patients peuvent être améliorés.

    Pourquoi le gouvernement singapourien est-il autant intéressé par la cyber-pharmacie ?

    La population de Singapour vieillit de plus en plus vite. Les statistiques montrent qu’une personne sur cinq aura 65 ans ou plus en 2030 (chiffres du gouvernement). Les spécialistes parlent de « Silver Tsunami » (« tsunami argenté ») pour décrire ce groupe particulier. La polypharmacie est courante chez ces patients en raison d’un taux élevé de maladies chroniques, ce qui prédispose les personnes âgées à un risque accru d’effets indésirables liés à la prise de médicaments, comme une perte d’équilibre ou un déclin fonctionnel.

    Nous commençons à constater qu’une petite part de ces patients ont tendance à surfer sur internet pour obtenir plus d’informations sur leur état de santé ou leurs médicaments – on les appelle les « Silver Surfers » (« les surfeurs argentés »). On sait aussi que leurs jeunes enfants sont familiers des nouvelles technologies. C’est pourquoi il est logique que le gouvernement anticipe l’avenir en explorant les façons dont les innovations high-tech pourraient l’aider à mieux répondre aux besoins changeants des plus âgés.

    Les acteurs de la santé numérique (investisseurs, sociétés high-tech, etc.) s’intéressent-ils eux aussi à la cyber-pharmacie ?

    La gestion des médicaments est une question importante, qui doit être abordée. Je crois qu’il y a actuellement de nombreux acteurs internationaux du secteur qui sont en train de se pencher sur ce marché pour réfléchir aux manières dont ils pourraient l’intégrer.

    Par exemple, il existe déjà des piluliers numériques qui facilitent la prise de médicaments en envoyant aux patients des alertes sonores et visuelles, par SMS ou par e-mail. Des applications mobiles les informent aussi en cas d’oubli et leur rappellent quand un renouvellement d’ordonnance doit être effectué.

    Il y aussi Helius, l’une des technologies les plus intrigantes mise au point par la société californienne Proteus Digital Health. Il s’agit d’une pilule intelligente, capable de surveiller à distance l’observance d’un traitement mais aussi de fournir des données sur le médicament ingéré et l’organisme du patient. La pharmacologie cybernétique intervient ici à tous les niveaux.

    Pensez-vous que Singapour puisse se démarquer au niveau international sur le marché de l’e-santé grâce à son expertise en cyber-pharmacie ?

    Oui, j’en suis sûr. Singapour pourrait devenir leader. Les habitants de Singapour sont des adeptes de l’high-tech ; l’atout du pays réside dans cette capacité d’innovation caractéristique de ses habitants.

    Je crois d’ailleurs que quelques initiatives du gouvernement, comme le NEHR et le SDD, sont des premières dans le monde.

    Je suis persuadé que certains pays voudront s’inspirer de notre système de santé et de notre expertise en pharmacologie cybernétique.

  • « Nous devons progresser dans l’intégration des solutions innovantes » (Béatrice Falise-Mirat)

    « L’organisation générale du système de santé et de soins change peu quand tout évolue », affirme le Dr Béatrice Falise-Mirat, déléguée générale de Medicen.

    Dans une tribune pour Health & Tech Intelligence, elle insiste sur la nécessaire évolution du parcours de soins, sur le rôle du patient, sur l’impact des données de santé et sur l’accès de l’innovation au marché.

    Les innovations technologiques et la montée en puissance du numérique bouleversent dans tous les domaines les organisations et les métiers. Les sciences du vivant, biotechnologies, technologies médicales, santé numérique sont également impactées : les patients ne sont plus les mêmes, les pathologies ont changé, les traitements évoluent rapidement. La médecine devient personnalisée, la chirurgie non invasive, les séjours hospitaliers raccourcissent, et la prise en charge devrait se faire beaucoup plus souvent au domicile. Mais, paradoxalement, l’organisation générale du système de santé et de soins change peu, quand tout évolue …

    « Aujourd’hui les patients sont essentiellement chroniques »

    Il y a cent ans, la première cause de mortalité était la grippe, les pathologies infectieuses. Le système de soins était organisé pour guérir le patient malade, et la santé publique traitait d’hygiène.  Aujourd’hui, les patients sont essentiellement chroniques. Ils ne guérissent pas et vivre avec leur maladie impacte leur quotidien, leur travail, leur cercle familial. Un diabétique dit devoir penser à sa pathologie toutes les 20mn, quand il ne voit un médecin que 4 ou 5 heures tout cumulé dans l’année – comment peut-on répondre à ses attentes et ses besoins au quotidien ?  De plus, ces pathologies chroniques sont souvent liées au comportement des patients : sédentarité, tabac, alcool, nutrition sont les premières causes de morbidité et mortalité. On est malade et on meurt très souvent de son mode de vie. La santé publique ne parle plus essentiellement d’hygiène, mais de prévention, d’information, d’éducation. Hors ces points restent des parents pauvres de notre système de santé.

    Ces problématiques sont partagées par pratiquement tous les systèmes de santé, et certains ont mis en place des organisations différentes, innovantes, utilisant les outils numériques et les données pour apporter des réponses différentes aux personnes.

    « Le patient est actif et partie prenante »

    Parcours de patients, plateforme de coordination, parcours de soins… évoquent une idée commune : le patient est en interaction souple avec un ensemble de professionnels de santé impliqués dans sa prise en charge, ces professionnels partageant les données médicales du patient et les protocoles mis en œuvre. Le patient est actif et partie prenante dans cette organisation, partageant données et informations avec tous ces professionnels. Cette transparence, ce partage permettent d’apporter au patient un suivi souple interactif, adapté à son cas, utilisant par exemple des moyens comme les messageries numériques, les sms, le téléphone, internet…

    Dans ces organisations, la notion d’acte médical apparait souvent non adaptée, et se mettent en place des rémunérations différentes comme le forfait ou la capitation.

    « Un système rémunéré sur la bonne santé »

    Ainsi par exemple, dans une organisation de santé rémunérée par capitation – somme fixe allouée au système par citoyen devant être pris en charge – l’intérêt du système de santé change : l’objectif n’est plus de soigner un malade dans le cadre d’un acte rémunéré, mais de maintenir une personne en bonne santé – moins la personne étant malade, plus le système étant financièrement viable. On passe ainsi d’une organisation rémunérée sur la maladie à un système rémunéré sur la bonne santé.

    Dans ce contexte, un certain nombre de points sont à assurer : maintenir la qualité (l’intégrer dans les objectifs), assurer la rémunération des professionnels de santé (qui peuvent être intéressés à la qualité et à la performance du système de soins…), évaluer la satisfaction des personnes. De telles organisations existent, et parfois près de nous, comme dans la région de Valence en Espagne (Alzira), où pour prendre au mieux la bonne santé des personnes, l’éducation à la santé des personnes commence dès l’école.

    « Les données sont un levier essentiel de l’innovation »

    Un focus doit être fait sur les données : data mining, big data, open data, autant de termes qui traduisent l’importance de ces données dans nos écosystèmes. De fait, les données (de santé, personnelles, ou autres) sont un levier essentiel de l’innovation en santé : pour l’organisation des soins : coordination et partage, mise en commun de savoirs ; pour la mise en place de la prévention : éducation des personnes, suivi et coaching ; pour le pilotage et du système de santé : analyse et évaluation des organisations en place ; pour la recherche : modélisation, l’anticipation… L’Europe et la France mènent des réflexions et s’organisent autour de cette thématique : règlement européen, groupes de travail, loi de sante… Mais s’il est fondamental de se donner les moyens de protéger nos fondamentaux (protection des personnes et de la vie privée), il est important de rester positionnés et actifs dans cette course à l’innovation, ne serait-ce que pour garder la maitrise des futurs traitements proposés aux français et européens.

    « Entrer dans la réalité du marché »

    De manière plus générale, nous devons progresser sur l’intégration des solutions innovantes dans les organisations de soins : si notre pays encourage et aide très activement l’émergence de l’innovation, les PME se trouvent souvent en grande difficulté pour entrer dans la réalité du marché. Nombreuses sont celles qui partent alors à l’international. Accompagner cette croissance doit entrer dans les préoccupations nationales. 

    L’image de notre système de santé est forte mais pourrait vite pâlir.  Il faut définir une a trajectoire pour évoluer, répondre par de nouvelles organisations, de nouveaux moyens aux attentes des personnes, et faire de la bonne santé pour tous un objectif partagé.

     

     

  • PPS

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  • Gestion numérique de l’information médicale à l’hôpital : le livre blanc d’Interop’Santé

    « Permettre aux établissements de santé de s’engager sereinement dans une démarche de dématérialisation et d’archivage électronique de l’information médicale à valeur neutre et probante », tel est l’objet du livre blanc publié par l’association Interop’Santé le 23 mai 2016.

    Le livre blanc s’adresse aux pouvoirs publics, aux DSI des établissements hospitaliers, aux chefs de projets, aux archivistes, aux médecins du DIM, aux éditeurs de SIH et aux éditeurs de SAE. Il traite à la fois d’aspects juridiques, métiers et techniques.

    Il identifie et documente plusieurs cas d’usage de production et de gestion de l’information médicale en établissement de santé et y associe des normes et profils IHE. Un des cas d’usage présenté s’intéresse particulièrement au GHT.

    Les principaux objectifs de la réflexion :

    • Obtenir un consensus large de l’ensemble des éditeurs et des utilisateurs sur la définition des prérequis sur les conditions de production et de gestion de l’information médicale au niveau du SIH (archives courantes).
    • Obtenir un consensus sur les solutions techniques d’interopérabilité à mettre en œuvre entre le SIH (archives courantes) et le SAE (archives intermédiaires).
    • Rédiger des recommandations à destination des acteurs de terrain et des éditeurs pour assurer la valeur probante et d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur des points de règlementation ou de normalisation manquants.

    Ce livre blanc est le résultat de la réflexion d’un groupe de travail regroupant les représentants de l’Anap de l’Asip, du SIAF et des adhérents de l’association Interop’Santé.

    Il fait suite aux travaux réalisés par l’Anap au sujet de « L’archivage du dossier patient : enjeux et principes de mise en œuvre », publiés le 10 septembre 2013.

    Le cas particulier des GHT

    Un des cas d’usage présenté dans le livre blanc concerne plus particulièrement les échanges d’informations entre professionnels de santé au sein du GHT, vers les partenaires extérieurs au GHT (système d’information de santé et parcours du patient au sein du territoire de santé). Il est également question de l’archivage des données médicales dans ce contexte de fonctionnement.

    • « Même si le projet de loi préconise d’unifier le SI pour les établissements participant au GHT, il faudra tenir compte sur le terrain des situations transitoires où des SI différents vont cohabiter pendant plusieurs années pour diverses raisons :
      • Il semble difficile de déployer un seul type de DPI sur un GHT composé d’établissements hospitaliers très disparates (CHU, CH, établissement de soins de suite et de réadaptation, hôpital psychiatrique, etc..). On peut penser qu’un DPI unique conviendra à des établissements homogènes. A côté du DPI unique subsisteront sans doute des DPI spécialisés.
      • Certains de ces établissements ont déjà investi dans un DPI, ce qui représente des coûts financiers et un investissement humain important pour maîtriser cet environnement. »
    • Le groupe de travail est donc parti du postulat qu’il devait prendre en compte le caractère hétérogène des SI dans la construction des GHT.
    • Dans ce contexte, le groupe de travail se pose deux questions :
      • Comment assurer le caractère neutre et probant de l’information médicale produite pour le compte du patient pris en charge dans le cadre du GHT ?
      • Quels mécanismes envisager pour assurer l’archivage électronique intermédiaire de ces informations médicales?

     

  • Cyber-pharmacy: « Singapore can become a leader » (Dr Kevin Yap)

    « Medications management is definitely an important issue that needs to be addressed, and I believe that many international e-health players are already scanning the scene to see how they can come in. »

    Dr Kevin Yap, lecturer and cyber-pharmacist at the Department of Pharmacy of the National University of Singapore, talks to H&TI about the specificity and the interest of pharmaco-cybernetics, a sector in which the city-state is very competitive.

    The interview is divided into 4 points:

    • The objectives of pharmaco-cybernectics;
    • Cyber-pharmacy : the Singapore strategy to better support the evolving needs of its elderly population;
    • The growing interest of high-tech companies in this market;
    • Cyber-pharmacy : Singapore, a world leader?

    One of your specialties is pharmaco-cybernetics, also called cyber-pharmacy. What is the practical application of research in this field?

    Pharmaco-cybernetics is an upcoming interdisciplinary field that supports medications use and management through the combined use of computational technologies with human-computer-environment interactions to reduce or prevent medication-related problems (e.g. overdose, under-dose, adverse drug reactions, drug interactions, etc).

    The aim of pharmaco-cybernetics is to ensure that technological innovations that are designed and developed to support medicines and drug use are of good quality and reliable for its purpose of use. The ultimate goal of pharmaco-cybernetics approaches is to enhance patient care and safety.

    You are currently working with the Ministry of Health Holdings (MOHH) as a consultant on a project linked to Singapore’s Healthcare 2020, a program launched to improve the healthcare system, including through the development of digital tools. What is the purpose of this huge project?

    The MOHH has come up with several initiatives that are in line with the government’s mission to make Singapore a “smart nation” and to achieve the Healthcare 2020 vision of improving the accessibility, quality and affordability of healthcare to better meet the needs of our citizens.

    Several initiatives that have used pharmaco-cybernetics approaches include the creation of the Singapore Drug Dictionary (SDD) and the National Electronic Health Record (NEHR) system – all these initiatives have been conceived with appropriate medications use and management as part of their scope and mission – so that patient care and safety can ultimately be enhanced.

    Why is the Singaporean government so interested in cyber-pharmacy?

    Singapore has a rapidly growing aging population. In fact, statistics show that one in 5 people will be 65 years and older by 2030 (government figures) – the term “Silver Tsunami” is used to describe this group of elderly population. Poly-pharmacy (the concurrent use of multiple medications) is common among this group of patients due to higher rates of chronic illnesses, and this predisposes the elderly to an increased risk of adverse drug events, such as falls or functional decline.

    We are beginning to see a small group of such patients who tend to surf the internet for more information about their health conditions and medications – known as “Silver Surfers”. Furthermore, the younger children of these elderly patients are also tech-savvy. It is not surprising that the government is planning ahead, and one of the approaches is to explore how technology can help better support the evolving needs of this elderly population.

    Are the e-health key-players (investors, high-tech companies, etc.) also interested in cyber-pharmacy?

    Medications management is definitely an important issue that needs to be addressed, and I believe that many international e-health players are already scanning the scene to see how they can come in.

    For instance, there are digital pill boxes that help medications management through audio-visual means and text/email alerts, and mobile apps that alerts users if they miss a dose of medications and remind users about prescription refills.

    Another example is that of Proteus Digital Health, which has come up with one of the most intriguing technologies so far: a “Helius” smart pill that is able to monitor medication adherence of patients, as well as drug ingestion data and body metrics of the patient. This brings pharmaco-cybernetics to a whole new level.

    Do you think that the city-state can make a difference in the international e-health market through its expertise in pharmaco-cybernetics?

    Yes, definitely. Singapore has the potential to become a leader. The people in Singapore are a tech-savvy population and the country’s asset is in the « innovativeness » of her people.

    In fact, some of the initiatives that have been conceived in the country – such as the NEHR and SDD – I believe, are the first in the world.

    I’m sure there will be other countries who will want to learn from our healthcare system, and our expertise in pharmaco-cybernetics.