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  • IA : « Le dépistage du cancer du sein va être de plus en plus automatisé » (Olivier Clatz, Therapixel)

    Olivier Clatz, PDG de Therapixel, start-up qui développe un outil d’aide à l’interprétation en mammographie, a accordé une interview à Health&Tech Intelligence à l’occasion des Journées Francophones de Radiologie, où Therapixel s’est vu remettre le prix SFR-Medicen-Snitem.

    • les avancées technologiques en intelligence artificielle,
    • les enjeux de l’automatisation du dépistage de certains cancers,
    • l’importance de la preuve du bénéfice clinique apporté,
    • la nécessité de collaboration avec les centres hospitaliers,

    Tels sont les principaux points abordés au cours de cet entretien.

    D’où est né Therapixel ?

    Therapixel est une spin-off de l’Inria. Mon associé Pierre Fillard et moi-même étions tous deux chercheurs en traitement de l’image médicale à l’Inria. Nous avons d’abord développé des outils de visualisation avant de nous orienter vers des outils d’interprétation de l’image.

    La start-up a été créée en juin 2013, mais nous avions déjà entamé une démarche qualité deux ans auparavant. Nous avons obtenu le marquage CE en 2015, et eu nos premiers clients la même année.

    Comment êtes-vous passés de la diffusion d’images en salle d’opération au screening pour la détection du cancer du sein ?

    Nous avons commencé par créer des outils de visualisation, notamment un outil de visualisation de l’imagerie pour les chirurgiens piloté par le geste. Il leur permet d’accéder plus rapidement à l’information en cours d’intervention en levant les contraintes liées au maintien de la stérilité.

    Sur la base de notre expertise en traitement d’images, nous avons fait évoluer notre offre vers l’aide à l’interprétation.

    En effet, les avancées technologiques en intelligence artificielle permettent désormais d’obtenir des performances bien supérieures à ce qui était possible il y a 4 ans. En tant qu’anciens chercheurs, nous étions en veille sur ce sujet. Nous avons fait une analyse détaillée de l’ensemble des applications sur lesquelles nous pourrions nous positionner, compte tenu de notre savoir-faire et de notre base logicielle.

    C’est dans ce contexte que nous avons commencé à travailler sur l’assistance à l’interprétation de la mammographie. C’est un hasard qu’au même moment le Digital Mammography Challenge ait été organisé.

    Pouvez-vous nous en dire plus sur ce concours, que vous avez gagné ?

    Ce challenge mondial a réuni 1 300 équipes, avec un prix d’1,2 million de dollars à la clé. Les participants avaient temporairement accès, sur un cloud sécurisé, à une base de données médicales anonymisées de 650 000 examens provenant du Breast Cancer Surveillance Consortium (BCSC), l’organisme américain de surveillance du cancer du sein.

    Nous avons gagné la phase compétitive. La seconde phase réunissait les 8 premières équipes dans une approche collaborative. La participation à cette phase impliquait de partager notre propriété intellectuelle, ce que nous trouvions problématique. C’est pourquoi nous avons décidé de rester en retrait de cette phase. Nous ne regrettons pas ce choix, car l’augmentation de la performance collective s’est avérée très faible, et bien inférieure à ce que nous avons réussi à faire de notre côté.

    Où en êtes-vous en termes de commercialisation ? Quelles sont vos ambitions et perspectives pour les années à venir ?

    Nous sommes encore en phase de recherche. Nous savons que nous avons le meilleur algorithme, mais nous souhaitons en améliorer la pertinence clinique. Une campagne de dépistage du cancer du sein est évaluée à travers deux critères : le pourcentage de cancers détectés et le pourcentage de rappels inutiles. Notre objectif est d’agir sur ces deux aspects.

    Il existe deux marchés :

    • les marchés existants, avec des campagnes de dépistage qui coûtent cher et dont nous pouvons améliorer l’efficience ;
    • les zones géographiques avec peu, ou pas, de radiologues et où le bénéfice en termes d’accès aux soins est très important.

    En termes de commercialisation, les États-Unis sont une de nos priorités, en raison de la taille de ce marché. Nous n’avons pas encore l’agrément de la FDA et le processus sera probablement plus long. En effet, notre revendication n’a pas d’équivalent sur le marché : nous ne pourrons certainement donc pas passer par la procédure 510 K.

    Pourquoi la mammographie et le cancer du sein ?

    Nous avons fait ce choix pour 3 raisons :

    • les enjeux majeurs de santé publique ;
    • le fait qu’il s’agisse d’un marché surveillé où on peut évaluer les performances de dépistage et donc faire la preuve de sa valeur ;
    • les enjeux de fiabilité de la lecture, avec par exemple une lecture successive par deux radiologues en France.

    Quelles sont les prochaines étapes de votre développement ?

    Aujourd’hui, la mammographie est l’examen de référence, mais d’ici une dizaine d’années elle sera remplacée par la tomosynthèse ; c’est notre prochaine étape. Nous souhaitons aussi à terme travailler sur d’autres dépistages, par exemple celui du cancer du poumon.

    Beaucoup de start-ups et de grandes entreprises comme Zebra Medical Vision ou IBM s’attaquent au marché de l’imagerie médicale avec des algorithmes d’IA. Comment vous différenciez vous ?

    Il y a une différence importante entre ce que nous faisons et des start-ups comme Zebra Medical Vision : ils ont une approche transverse, avec de multiples applications. Nous sommes focalisés sur une seule application, pour laquelle nous visons la démonstration de la performance et du bénéfice clinique.

    Quant à Watson, nous n’avons pas trouvé les articles scientifiques qui nous permettraient d’effectuer une comparaison avec nos travaux.

    Comment obtenez-vous les données vous permettant d’entraîner votre machine ?

    Nous travaillons avec les principaux centres hospitaliers en France : AP-HP, Institut Gustave Roussy, Institut Curie, plusieurs centres de lutte contre le cancer, etc. Nous collaborons également avec le Breast Cancer Surveillance Consortium et son équivalent britannique.

    Pourquoi avoir fait le choix de mettre en place une plateforme gratuite pour le partage des images ? Comment les données y sont-elles sécurisées ? Qui y a accès ?

    Radvise est une plateforme dédiée au partage d’examens de médecin à médecin ou de médecin à plateforme de traitement. Elle est en conformité avec le RGPD et répond aux exigences de la CNIL. Elle n’a pas vocation à être commercialisée directement : nous la proposons en marque blanche à des éditeurs de logiciels, afin de nouer dès à présent des partenariats avec de potentiels distributeurs de notre solution d’interprétation. C’est donc pour nous un outil d’accélération de notre déploiement commercial. Radvise nous sert également de support technologique pour nos partenariats de recherche.

    Le screening a-t-il de plus en plus vocation à être automatisé ?

    Les dépistages du cancer du poumon, du cancer du sein ou de la rétinopathie diabétique vont effectivement être de plus en plus automatisés. Cela ne signifie pas qu’il n’y aura plus de radiologues : nous leur fournirons de l’information analytique, et ils resteront décisionnaires.

  • Le premier essai clinique 100 % numérique de phase 2 a été mené à bout

    La société américaine Science 37 vient de finaliser la première étude* clinique de phase 2 de manière totalement numérique. Cet essai clinique a été conduit sur une application mobile via la technologie NORA (Network Orientated Research Assistant). Il a permis d’évaluer un médicament contre l’acné du laboratoire AOBiome Therapeutics.

    Dématérialiser la recherche

    Mener des essais cliniques constitue la base de la recherche médicale. Mais conduire des essais randomisés, contrôlés sur plusieurs sites se révèle délicat et chronophage. Le recrutement des volontaires, qui résident parfois loin du site de recherche, rallonge souvent les délais de réalisation des études. Aux Etats-Unis, plus de 80% des 40 000 études cliniques en cours sont retardées à cause des difficultés de recrutement, d’après une étude du Center for Information and Study on Clinical Research Participation (CRISCRP).

    La société Science 37, basée à Los Angeles, a mis au point une technologie permettant de mener à bien des essais cliniques « numériques », donc totalement dématérialisés et décentralisés. Les participants reçoivent un iPhone ainsi qu’un forfait de données et les médicaments en test. Ils peuvent ensuite rentrer les données eux-mêmes et communiquer à tout moment avec les investigateurs de l’étude.

    Réduire le temps de recrutement des volontaires

    Selon ses dirigeants, « le recours à des technologies numériques pour rationaliser l’identification des participants, leur recrutement et le maintien de leur participation dans l’étude devrait permettre de réduire d’au moins 30% la durée des essais cliniques types ».

    Après trois ans de test, la société Science 37 a mené à bout le 1er essai clinique numérique pour la compagnie AOBiome Therapeutics uniquement par l’intermédiaire d’une application mobile. Les patients ont testé un médicament contre l’acné. Après un screening en ligne de 8000 personnes,

    • 372 patients ont pu être recrutés en moins de sept mois.
    • Cela représente un gain de temps d’environ 50%.
    • Une plus grande diversité de patients, avec notamment un nombre plus important de volontaires non-blancs (41% de non-caucasiens contre 10% habituellement)

    Une appli pour un suivi à distance

    Ensuite, les patients ont pu s’auto-administrer le produit pendant 12 semaines et être suivis pendant 4 semaines, le tout de manière 100% numérique. La technologie NORA (Network Orientated Research Assistant) leur permettait de rentrer les données mais aussi d’organiser des consultations de télémédecine par vidéo, de faire des photographies et de les enregistrer sur la plate-forme afin que les médecins y aient accès. La société AOBiome a annoncé les résultats de cet essai numérique : son produit contre l’acné réduisait de manière significative la sévérité de l’acné et aucune effet indésirable n’a été enregistré.

    Vers 50% d’essais cliniques réalisés virtuellement

    « La finalisation de l’étude AOBiome démontre clairement qu’il est possible de réaliser efficacement des essais complets à distance sans avoir besoin d’installations physiques, a déclaré le Dr Noah Craft, co-fondateur et CEO de la société Science 37. Nous pensons qu’aujourd’hui, la moitié des essais cliniques peuvent être réalisés virtuellement avec une bonne expertise et une bonne logistique. » En mars 2017, le groupe Sanofi avait annoncé qu’il lançait des essais cliniques « numériques » en partenariat avec Science 37.

  • L’AMA crée PIN, une plateforme pour permettre aux médecins et entreprises tech de collaborer

    Le Réseau d’innovation des médecins (Physician Innovation Network (PIN)), une plateforme en ligne mettant en relation les médecins et les entrepreneurs en vue de leur permettre de collaborer à l’élaboration de solutions de santé améliorées, telle est l’initiative annoncée par l’American Medical Association (AMA) le 24 octobre 2017.

    Les membres des deux communautés pourront rentrer en contact les uns avec les autres via le forum d’accès libre pour collaborer en vue de développer et d’améliorer les produits et les services numériques de santé.

    La plateforme permettra de faire converger les intérêts des médecins et des entreprises :
    • les médecins pourront rentrer en contact avec des entreprises ou de start-ups ayant besoin d’une expertise médicale pour le développement de leurs produits et services à titre gracieux ou contre rémunération ;
    • les industriels de la santé numérique pourront solliciter des avis éclairés auprès de médecins dont la spécialisation correspond à leurs aires de recherche ;
    • un espace d’échange de connaissances est fourni, notamment sous forme de panels de discussion virtuels impliquant les entrepreneurs innovants et les professionnels de santé partageant les mêmes idées.

    L’intérêt de ce nouveau réseau créé par l’AMA est de soutenir la démarche déjà établie de l’AMA de s’engager pour une utilisation des outils de santé numérique basés sur des preuves scientifiques, validés et interopérables. Le PIN est une façon de donner davantage de poids à la voix de la communauté scientifique et des professionnels de santé dans le domaine de l’innovation numérique.

  • Stratégie nationale de santé : la consultation du public ouverte du 6 au 25 novembre 2017

    La consultation du public sur la stratégie nationale de santé sera ouverte du 6 au 25 novembre 2017 : c’est ce qu’indique un arrêté en date du 26 octobre 2017 publié au Journal officiel du 29 octobre 2017.

    Pour ce faire, un questionnaire sera mis en ligne à l’adresse suivante : www.strategie.sante.gouv.fr.

    Prévue dans le cadre de la loi santé de 2016, la Stratégie nationale de santé, qui vise à fixer de façon pluriannuelle « des domaines d’action prioritaires et des objectifs d’amélioration de la santé et de la protection sociale », comprendra 4 axes :
    • la prévention et la promotion de la santé ;
    • la lutte contre les inégalités sociales et territoriales d’accès aux soins ;
    • l’amélioration de la pertinence et de la qualité des soins ;
    • l’innovation.

    Elle doit être finalisée d’ici à la fin de l’année, avec la publication d’un décret de mise en œuvre attendue fin décembre.

  • PLFSS : un amendement précise les modalités d’évaluation des expérimentations de télésurveillance

    Un amendement à l’article 36 (télémédecine) du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 adopté lors de l’examen par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée Nationale et validé en séance plénière vient préciser les modalités d’évaluation des expérimentations de télésurveillance : elles donneront lieu à une évaluation « médico-économique, sociale, qualitative et quantitative ».

    Il est précisé dans l’exposé des motifs que cette évaluation doit porter au moins sur cinq dimensions :
    • l’accessibilité aux soins ;
    • les pratiques et l’organisation des soins ;
    • la qualité de prise en charge des patients ;
    • la satisfaction des patients ;
    • les coûts liés aux recours aux soins.

    L’évaluation devra en outre impliquer « l’ensemble des soignants mobilisés dont l’expertise d’usage doit être prise en compte », ainsi que « la satisfaction des patients notamment en matière d’accessibilité. »

    Enfin, la date de remise au Parlement des premiers rapports d’évaluation des expérimentations a été modifiée par un autre amendement : elle a été ramenée au 30 juin 2019 au lieu du 30 septembre 2019, car « le déploiement de la télésurveillance ne doit accuser aucun nouveau retard. »

    Le vote solennel du PLFSS en première lecture à l’Assemblée nationale doit avoir lieu le 31 octobre 2017.

  • Aide à la décision clinique : NHS Scotland va utiliser le système suédois Cambio Healthcare Systems

    NHS Scotland a annoncé mi-octobre 2017 avoir sélectionné le système suédois Cambio Healthcare Systems pour fournir un système d’aide à la décision clinique au niveau national.

    Dans la première phase du projet, le département des soins primaires du gouvernement écossais accompagnera la mise en œuvre du dispositif au sein des premières organisations à adopter la solution.

    Cambio CDS : une solution adaptable à n’importe quel système

    Si tout fonctionne correctement, l’objectif à plus long terme est de déployer la solution Cambio CDS en tant que plateforme nationale d’aide à la décision clinique à travers toute l’Écosse.

    La division de la santé et des soins numériques du gouvernement écossais :

    • a géré le processus d’achat ;
    • prendra en charge la mise en œuvre initiale et l’évaluation dans les premiers sites d’adoption.

    L’application Cambio CDS peut être intégrée à n’importe quel SI de santé.

    Aider les médecins à prendre des décisions plus éclairées

    La solution est censée être intégrée dans le système informatique des hôpitaux pour améliorer la fluidité des soins.

    Concrètement, il s’agit d’un outil d’aide à la décision clinique combinant des informations spécifiques à chaque patient avec des données basées sur des preuves médicales. Les médecins peuvent prendre connaissance en temps réel de ces ressources pour obtenir des conseils sur tel ou tel traitement et proposer au patient celui qui semble le plus adapté mais aussi assurer une meilleure prévention.

    Cambio vise un déploiement international

    Le système de Cambio est déjà bien implanté dans les pays nordiques. Il a été déployé dans huit régions sanitaires suédoises, représentant 30 % de la population.

    De premiers essais concluants au niveau de la prévention des AVCs

    Une étude sur l’utilisation de l’outil dans le cadre de la prévention des AVCs a démontré que le dispositif permettait de sauver des vies et d’éviter des souffrances inutiles en réduisant les AVCs causés par un rythme cardiaque irrégulier.

    « Pour Cambio, cette opportunité [avec NHS Scotland] nous offre la possibilité de nous adresser à un public international plus large grâce à notre solution CDS indépendante », explique Peter Gille, P.-D.G. de Cambio Healthcare Systems.

    Le NHS d’Écosse couvre une population de 5,8 millions de personnes. Il dispose de 956 cabinets de médecins généralistes et de 14 conseils de santé. La première phase du projet est maintenant planifiée et le dispositif de Cambio sera prochainement déployé dans les premiers sites d’adoption du pays.

  • Santé numérique : le Pays de Galles va investir 5,5 millions de livres sterling dans l’IT

    Le gouvernement gallois a annoncé début octobre 2017 qu’il allait investir 5,5 millions de livres sterling (6,2 M. €) dans les technologies numériques, espérant ainsi améliorer l’utilisation des données de santé et la délivrance de soins.

    Parmi les projets qui recevront un financement figure en tête un examen de chaque système de cybersécurité du NHS au sein du Pays de Galles. Les résultats de ces examens « éclaireront [les décisions visant à l’élaboration] de plans de cybersécurité nationaux et locaux », a déclaré le gouvernement gallois.

    Le gouvernement gallois renforce ses plateformes numériques de santé

    Ce financement servira à concrétiser l’engagement envers le numérique énoncé dans la stratégie « santé et soins éclairés » de 2015 déployée par le Pays de Galles, en examinant les méthodes permettant d’améliorer la qualité des soins et la sécurité des patients grâce à la technologie.

    En dehors du programme de cybersécurité, le gouvernement va également investir :

    • dans le Welsh Clinical Portal, une plateforme en ligne qui rassemble des informations sur les patients provenant de divers systèmes hospitaliers afin d’offrir aux médecins une vue complète sur les dossiers des patients ;
    • dans un système commun capable d’effectuer différentes tâches, telles que la gestion des demandes de tests médicaux ;
    • dans le système d’information sur les soins primaires gallois (WCCIS), une plateforme web permettant aux professionnels de santé et aux services de protection sociale de centraliser et de partager les informations dont ils disposent sur les patients.

    « Utiliser la meilleure technologie possible dans le NHS gallois »

    « Dans un [système national de santé] moderne, offrant des soins de classe mondiale au XXIe siècle, doivent être mis en place des systèmes de technologie de l’information nouvelle génération. Si vous voulez utiliser la meilleure technologie possible dans le NHS gallois, vous devez investir dans l’IT », a déclaré le secrétaire à la Santé de l’assemblée galloise, Vaughan Gething.

    Accélérer le développement des programmes cliniques

    Le gouvernement gallois travaille aux côtés d’un certain nombre d’organisations du NHS, telles que le NHS Wales Informatics Service (NWIS), afin d’accélérer le développement de programmes cliniques nationaux et de classer par ordre de priorité les solutions censées offrir les meilleurs avantages à la fois aux médecins et aux patients.

  • « La radiomique permet d’identifier des biomarqueurs d’imagerie » (Karine Seymour, Medexprim)

    Karine Seymour, fondatrice de Medexprim, start-up qui a développé Radiomics Enabler, outil permettant de faciliter la réutilisation des données d’imagerie, a accordé une interview à Health&Tech Intelligence à l’occasion des Journées Francophones de Radiologie qui se sont tenues à Paris du 13 au 16 octobre 2017.

    • Le développement de la radiomique et ses applications,
    • L’intérêt d’automatiser le processus d’identification, d’extraction et d’anonymisation de séquences d’images archivées dans les PACS,
    • La réutilisation des données présentes dans les entrepôts pour la recherche,
    • Les perspectives de développement de Medexprim,

    Tels sont les principaux points abordés au cours de cet entretien.

    D’où est né Medexprim ?

    J’ai découvert le concept de radiomique en 2014 au cours d’une conférence réunissant les porteurs de projets de PACS régionaux en Martinique, lorsque j’étais chef de projet pour le PACS régional Midi-Pyrénées. C’est à ce moment-là que j’ai compris tout l’intérêt d’identifier des biomarqueurs en imagerie.

    Pouvez-vous préciser ce que recouvre la radiomics ?

    La radiomique permet d’aller au-delà de ce que regarde habituellement le radiologue quand il analyse l’image et d’en extraire des informations supplémentaires.

    Concrètement, elle consiste à appliquer des logiciels de post-traitement pour tirer un grand nombre d’informations quantitatives (morphologie, texture…) des organes observés – tumeurs et tissus environnants – et à identifier les corrélations entre ces éléments issus de l’imagerie et d’autres éléments, qu’ils soient cliniques ou génétiques. La radiomique permet d’identifier des biomarqueurs d’imagerie, pour évaluer et prédire l’évolution d’une tumeur ou proposer un traitement personnalisé.

    La radiomique est née en cancérologie, mais elle a également des applications en neurologie, en cardiovasculaire, etc.

    En quoi consiste la solution développée par Medexprim ?

    Il s’agit d’un ETL, ou extract transform load, qui permet d’automatiser le processus d’identification, d’extraction et d’anonymisation de séquences d’images, facilitant ainsi la réutilisation des données pour la recherche.

    Sans automatisation de ce processus, lorsque l’on souhaite réutiliser des données, soit on ne sait pas quelles sont les données pertinentes présentes dans le PACS et il faut alors disposer d’informations cliniques en amont, soit on a déjà une cohorte de patients, mais il faut alors ouvrir chaque dossier patient un à un pour en extraire les informations.

    Notre logiciel, Radiomics Enabler, permet de faciliter l’identification des séquences et d’automatiser le processus une fois les séquences d’images sélectionnées. Le CHU de Toulouse, notre site pilote, a comparé le temps opérateur nécessaire sans et avec utilisation de Radiomics Enabler pour 118 IRM et Pet scan : de 5,5 heures, on passe à 17 minutes.

    Le gain de temps est donc considérable, tout comme la capacité à chercher les bonnes données.

    Quelles sont vos perspectives de développement ?

    Nous commençons la commercialisation, et avons déjà un premier client français, l’association neurologique sud-francilienne pour la recherche clinique, dans le cadre d’une étude sur l’AVC. Nous sommes également positionnés en sous-traitance de Maincare pour la tranche recherche du PACS régional Nouvelle-Aquitaine.

    Notre modèle économique repose sur la fourniture de services : paramétrage de l’outil, installation, etc. Nous avons en effet fait le choix de proposer Radiomics Enabler en open source, ce qui nous permettra notamment de développer rapidement une communauté d’utilisateurs et de bénéficier de contributions externes.

    Nos clients potentiels sont les hôpitaux et centres de recherche, mais aussi les entreprises qui développent des outils d’IA et ont besoin de données pour l’apprentissage machine. Les industriels du dispositif médical ayant besoin de mener des études rétrospectives avec de l’imagerie, ou les CRO en imagerie, pour des études prospectives tout autant que rétrospectives, sont également susceptibles d’être intéressés par notre solution.

    Envisagez-vous une commercialisation à l’international ?

    Nous souhaitons nous développer aux États-Unis, notamment parce que les exploitations « big data » de données existantes y sont plus développées. C’est pourquoi nous participerons au RSNA (congrès annuel de radiologie aux États-Unis) cette année, dans le « start-up showcase ».

    Vous avez récemment conclu un partenariat avec Sword : pouvez-vous en préciser la portée et les enjeux ?

    Notre partenariat avec Sword s’inscrit dans le cadre du projet ConSoRe, l’entrepôt de données cliniques d’Unicancer. ConSoRe permet de faciliter l’identification de cohortes de patients et de réaliser des études épidémiologiques sur l’ensemble des centres de luttes contre le cancer participants, notamment grâce à une analyse sémantique des données non structurées. Radiomics Enabler y est désormais intégré via un bouton permettant à l’utilisateur d’accéder directement à notre outil. Il s’agit pour nous d’une preuve de concept : nous avons développé une API standardisée qui permet l’intégration de Radiomics Enabler à n’importe quel entrepôt de données.

    Êtes-vous confrontée à des difficultés, notamment d’ordre réglementaire, pour l’accès aux données ?

    Notre solution est déployée au sein des établissements de santé, et ce sont les professionnels de santé qui manipulent les données. En tant que prestataire de services de déploiement et support informatique, nous ne sommes pas soumis à la réglementation sur l’hébergement des données de santé. Ce sont les établissements qui effectuent les démarches nécessaires à la réutilisation de données dans les différents projets de recherche qu’ils mènent (Autorisation CNIL ou MR-03). Nous envisageons toutefois de proposer un conseil juridique aux établissements, en partenariat avec un cabinet d’avocats, afin de les accompagner dans ces démarches et dans la contractualisation avec des industriels pour la réutilisation de données.

  • Coordination des soins primaires : l’ARS et l’URPS PACA s’engagent pour le développement des PTA

    L’Agence régionale de santé et l’URPS médecins libéraux de Provence-Alpes Côte d’Azur ont signé le 26 octobre 2017 un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (Cpom) 2017-2020 autour de l’amélioration de l’offre de soins de proximité.

    Parmi les sept axes de travail se trouvent le développement des plateformes territoriales d’appui et le déploiement d’une stratégie de systèmes d’information pour l’offre de proximité.

    L’ARS et l’URPS prennent des engagements financiers pour le déploiement des actions prévues dans le Cpom : en 2017-2018, le montant apporté par chacun des deux organismes sera d’environ 370 000 €.

    Le Cpom a été élaboré autour de trois actions structurantes :

    • la mise en place d’un observatoire régional de l’accès aux soins libéraux ;
    • le développement de l’exercice coordonné ;
    • le partage d’information entre professionnels de santé.

    Le soutien à l’exercice coordonné doit notamment passer par le développement de la télémédecine : ainsi sera mis en place dès fin 2017 un projet de télé-expertise en dermatologie, permettant à chaque médecin généraliste d’adresser à un dermatologue la photo d’un patient de façon sécurisée.

    En ce qui concerne le partage d’information, il doit s’appuyer sur l’implication de l’URPS dans l’élaboration d’une stratégie de systèmes numériques d’appui à la coordination (Snacs) et d’un schéma directeur régional e-santé.

  • Anne Peyroche nommée présidente par intérim du CNRS

    Anne Peyroche a été nommée présidente par intérim du CNRS le 24 octobre 2017. Elle prend la suite d’Alain Fuchs, nommé président de Paris Sciences & Lettres.

    Ancienne élève de l’ENS de Cachan, agrégée en biochimie et génie biologique, Anne Peyroche était précédemment directrice générale déléguée à la science du CNRS.