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  • Premiers Etats généraux de la médecine spécialisée (CSMF), 25 novembre 2017

    La CSMF organise des États généraux de la médecine spécialisée sur le thème « Vers un projet pour la médecine spécialisée » le 25 novembre 2017 à Paris.

    Les débats seront centrés sur les thèmes de l’accessibilité, de la performance et de l’évolution du métier des médecins spécialistes libéraux.

    Programme

    • 9h-10h30 : Table ronde « La médecine spécialisée garante du parcours du patient, en tous points du territoire national »
    • 10h30-11h : pause
    • 11h-12h30 : Table ronde « La médecine spécialisée garante du bon usage des deniers de la solidarité »
    • 12h30-14h : déjeuner
    • 14h-15h30 : Table ronde « La médecine spécialisée garante de la mutation réussie des métiers »
    • 15h30-17h Table ronde « La médecine spécialisée, le pilier d’un virage ambulatoire réussi »
    • 17h-17h30 Regards croisés – Dr Julien Lenglet – Mr. Jérôme Nouzarède – Mr. Didier Bazzocchi
    • 17h-17h45 : conclusions

  • IT : NHS England juge les meilleurs hôpitaux UK « médiocres » par rapport aux normes internationales

    Le directeur des opérations et de l’information du NHS England, Matthew Swindells, a déclaré le 19 octobre 2017 que « les meilleurs hôpitaux du Royaume-Uni, [au niveau de leur] utilisation de l’informatique, [étaient] médiocres par rapport aux normes internationales ».

    « Nos hôpitaux sont extrêmement décevants en termes de technologie », regrette-t-il. M. Swindells encourage une transformation globale du système de santé britannique passant par le déploiement de nouvelles technologies.

    « Nous devons obtenir le meilleur du NHS au niveau international »

    Lors de son discours, Matthew Swindells a critiqué le rapport Commonwealth Fund 2017 Mirror, qui a classé le NHS britannique, avec celui de l’Australie et des Pays-Bas, comme le meilleur système de santé au monde en se basant sur un ensemble d’indicateurs incluant l’équité, l’accès aux soins et les résultats. « Je ne pense pas que le NHS soit le meilleur système de santé au monde malgré ce que dit le Commonwealth Fund », a-t-il déclaré (source : Digitalhealth.net).

    Numérique : les hôpitaux UK, moins performants que les hôpitaux chiliens, mexicains et malaisiens

    Le directeur des opérations et de l’information de NHS England a fait remarquer que certains hôpitaux basés au Chili, au Pérou, au Mexique, au Qatar, en Malaisie et à Singapour avaient « tous réalisé un meilleur travail de numérisation [de leurs établissements] que le meilleur hôpital du Royaume-Uni ».

    Son objectif est clair : « Nous devons obtenir le meilleur du NHS au niveau international ».

    Royaume-Uni : les professionnels de santé redouteraient le développement de l’IT

    Un « stress post-traumatique »

    M. Swindells estime que la communauté des professionnels de santé souffrirait encore d’un « stress post-traumatique » survenu à la suite du programme de développement de l’IT au sein du NHS, continuant à décourager l’innovation et la prise de risque.

    « Un directeur informatique de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, m’a dit qu’il existait un trouble de stress post-traumatique dont souffraient l’industrie informatique et le NHS après la mise en place du programme national [axé sur l’IT]. Soit la peur de faire quoi que ce soit d’innovant, la peur pour les directeurs généraux de développer le secteur de l’IT parce que cela pourrait leur coûter leur emploi. »

    Une transformation radicale en matière de numérique est nécessaire selon M. Swindells

    Matthew Swindells pense cependant que le NHS England a le potentiel pour être « le plus performant au monde ». « Une partie de notre travail consiste à prouver que si le gouvernement choisit d’investir plus d’argent dans le système de santé, cela se traduira par plus de soins et par [une population en meilleure] santé (…). »

    Objectif : diriger les patients vers les services adéquats pour réduire la file d’attente

    Selon lui, le NHS a besoin d’une transformation radicale. L’un de ses objectifs est notamment de désengorger les urgences. De nombreux patients pris en charge par ces services n’ont pas besoin d’une intervention d’urgence mais de consulter un médecin généraliste.

    L’ennui est qu’aujourd’hui, l’agenda des médecins généralistes est complet, et il est très difficile d’obtenir un rendez-vous, souligne M. Swindells. « Une [récente] étude du Royal College of GP indique que 27 % des personnes qui vont chez un médecin généraliste n’en ont pas besoin, elles auraient pu aller [directement] chez un pharmacien. »

    Modifier le système via les nouvelles technologies

    Le défi, d’après son analyse, est de changer le système en utilisant les nouvelles technologies comme un facilitateur. « Nous devons mettre en place un ensemble de voies numériques et techniques. Il ne s’agit pas de faire entrer la technologie dans le système mais de changer la façon dont les patients évoluent à travers le système », en développant par exemple des services numériques pour faciliter la prise de rendez-vous ou pour collecter des informations basiques sur les patients avant une consultation.

    L’idée serait en priorité d’éviter les examens redondants et de gagner en productivité pour gagner du temps et donc pouvoir prendre en charge davantage de patients sur une période donnée.

    Le directeur des opérations et de l’information de NHS England a précisé que l’ancienne stratégie informatique du NHS, en cours de mise à jour avec le programme Global Digital Exemplar (GDE), n’était pas mauvaise : « Il s’agit juste d’une stratégie informatique et non d’une stratégie de transformation du NHS ».

    Inciter les établissements de santé à devenir des exemples en matière de numérique

    Dans le cadre du programme GDE, NHS England a demandé aux établissement de santé de créer des modèles plus facilement déployables. « Nous prévoyons en partie de réduire le coût du déploiement des systèmes et nous remarquons que les hôpitaux travaillent dur pour que soient développés leurs modèles. »

    M. Swindells s’attend à ce que les professionnels qui suivent le programme en premier deviennent des exemples en matière de numérique (GDE) pour ensuite être eux-mêmes suivis par d’autres professionnels et ainsi de suite « afin de créer un modèle qui se propage le plus rapidement possible ».

  • GDE

    Global Digital Exemplarnull

  • Prise de rendez-vous médicaux en ligne : le GHT Val de Marne Est choisit KelDoc

    Le GHT Val de Marne Est a retenu KelDoc pour la prise de rendez-vous en ligne, a indiqué le groupement courant octobre 2017.

    Ce GHT est composé des centres hospitaliers intercommunaux de Créteil (CHIC) et Villeneuve Saint-Georges. Le déploiement a débuté au CHIC, où certaines spécialités sont déjà ouvertes à la prise de rendez-vous en ligne, tandis qu’au CHI de Villeneuve-Saint-Georges, les prérequis techniques sont validés.

    Le GHT prévoit l’achèvement du déploiement courant 2018.

  • Le PLFSS 2018 adopté en première lecture à l’Assemblée

    Le PLFSS 2018 a été adopté en première lecture à l’Assemblée Nationale le 31 octobre 2017, avec 354 voix pour, 192 contre et 3 abstentions.

    Parmi les principales mesures concernant la e-santé ont été votés :
    • le passage de la téléconsultation et de la télésurveillance dans le droit commun ;
    • le maintien des expérimentations de télésurveillance pour une durée de 4 ans ;
    • la possibilité d’expérimenter des organisations innovantes, avec un financement d’amorçage pour accompagner l’investissement dans des systèmes d’information communicants et pour l’exploitation des données, et de nouveaux modes de rémunération.

    L’examen du texte reprendre le 8 novembre, à la Commission des affaires sociales du Sénat.

  • TSN : pérennisation de Santé Landes, première PTA de Nouvelle-Aquitaine

    Le projet Landais XL ENS(1) piloté par l’Agence Régionale de Santé Nouvelle-Aquitaine, dans le cadre de TSN, touche à sa phase finale pour se transformer le 31 décembre 2017 en la plateforme territoriale d’appui (PTA) Santé Landes : telle est l’annonce faite par l’ARS Nouvelle-Aquitaine lors d’un soirée de bilan organisée le 12 octobre 2017.

    L’ARS revient sur l’expérience qualifiée comme un succès et en veut pour preuve les 2 400 utilisateurs des services proposés par la plateforme Santé Landes dans le suivi, l’accompagnement et la coordination des soins des malades chroniques.

    De nouveaux outils ont également été annoncés : Navigateur Pro, à destination des professionnels de santé, et Compagnon Santé pour accompagner les malades.

    Bilan plus que positif

    • 2400 personnes ont bénéficié des services intégrés à la plateforme Santé Landes ;
    • 1400 patients ont été activement accompagnés.

    La plateforme est plébiscitée par les professionnels de santé, les structures sanitaires et les patients. Sont utilisateurs de la plateforme :

    • pratiquement 50% des médecins et infirmiers du territoire ;
    • près de 100 % des pharmaciens et des structures partenaires (centres intercommunaux d’action sociale (CIAS), centres communaux d’action sociale (CCAS), associations, EHPAD).

    Par ailleurs :

    • 40% des demandes d’appui proviennent des professionnels de santé et 20% des malades ;
    • le CH Mont-de-Marsan enregistre :
      • une stagnation des passages aux urgences ;
      • une baisse du nombre de séjours en médecine ;
      • une forte augmentation des admissions directes des entrées dans les services,

    toutes imputables à l’influence de la plateforme.

    Pérennisation de la PTA

    Lancée en septembre 2015, Santé Landes va continuer à proposer les services suivants :

    • repérage précoce des maladies inflammatoires chroniques ;
    • accompagnement de personnes atteintes de cancer avec une vigilance et un soutien personnalisés assurés par téléphone ;
    • accès facilité à des avis spécialisés (une expérimentation sur les plaies et les problèmes de cicatrisation) ;
    • sécurisation du circuit du médicament (observance médicamenteuse à domicile ;
    • coordination avec la démarche PRADO (porte d’entrée unique Prado / Santé Landes et meilleure lisibilité des parcours).

    Deux nouveaux services vont s’ajouter à ceux déjà disponibles :

    • Navigateur Pro à destination des professionnels de santé pour permettre une coordination multiprofessionnelle au service d’une meilure prise en charge des patients ;
    • Compagnon Santé pour faire de la prévention auprès des patients et leur fournir des informations et les accompagner pour une meilleure qualité de vie.
  • UE : investir dans les infrastructures et structurer les données médicales est primordial (C.M. Auer)

    Clemens Martin Auer, directeur général au ministère fédéral autrichien de la Santé et des Droits des femmes, a fait une intervention remarquée lors de la conférence eHealthTallinn qui s’est déroulée à Tallinn du 16 au 18 octobre 2017.

    Le besoin d’investissements publics dans des infrastructures adaptées et la structuration des données en vue de leur échange transfrontalier sont des prérequis pour l’accélération du déploiement de la santé numérique à l’échelle de l’Union européenne.

    Il appelle également à une coopération politique supranationale plus « audacieuse » et des actions politiques plus contraignantes.

    Enfin, instaurer un climat de confiance autour du recours aux nouvelles technologies est une obligation vis-à-vis des citoyens.

    Clemens Martin Auer est responsable des systèmes d’information et de la coordination avec les instances de l’Union européenne au sein du ministère fédéral autrichien de la Santé. Il ne voit pas le numérique comme une menace mais comme une opportunité de :

    • répondre aux défis des systèmes de santé face à une population vieillissante et un besoin accru en soins ;
    • répondre de façon individualisée aux besoins de soins des patients ;
    • améliorer la surveillance médicale et a fortiori la prévention des maladies ;
    • contribuer à répondre aux changements systémiques qui affectent les systèmes de santé en permettant leur pérennisation.

    Les principales contraintes face à l’introduction du numérique dans les systèmes de santé sont :

    • la question de l’interopérabilité des systèmes ;
    • la question de la barrière liée à la compétence juridique en santé : problème insoluble, car le cadre d’action est limité par le traité de Lisbonne, ce qui n’empêche pas les États de prendre des mesures concrètes et audacieuses.

    Abandonner une politique volontariste au profit d’engagements effectifs

    Clemens Martin Auer souligne qu’à l’heure actuelle c’est le manque d’engagement politique qui entraîne une faiblesse politique.

    C’est la raison pour laquelle, actuellement :

    • dans peu d’États européens, les citoyens disposent d’une identité électronique en tant que patients ;
    • peu d’États européen disposent de répertoires numériques de professionnels de santé ;
    • une absence de standards techniques se fait sentir et quasiment aucun progrès n’a été fait en dans le domaine sémantique pour constituer des terminologies nécessaires à l’interopérabilité.

    Des engagements plus concrets de la part des gouvernements des États membres sont nécessaires pour permettre de :

    • aborder la question de l’identité numérique et les défis techniques liés à la mise en œuvre d’un  cadre pour l’échange des données ;
    • pointer du doigt à l’échelle nationale les barrières émanant des infrastructures numériques, car les établissement de santé (sans évoquer les soins gérées en ambulatoire) ne sont pas équipés pour échanger des données et les améliorations qui sont apportées aux systèmes d’information des établissements de santé visent à optimiser les processus internes et ne ne vont pas dans le sens d’une interopérabilité avec des tiers ;
    • sécuriser des subventions et des investissements publics dans les nouvelles infrastructures numériques.

    L’engagement du secteur public devrait également permettre aux industriels d’avoir un rôle plus actif dans la création et la commercialisation d’outils industriels rendant possible l’échange de données.

    La solution selon lui serait d’utiliser les fonds européens afin de dégager des investissements publics pour investir dans les infrastructures des systèmes de santé nationaux qui seraient des leviers pour atteindre les principaux objectifs futurs.

    Les données : soigner la matière première

    Échanger des données implique de résoudre en amont certaines questions autour des données elles-mêmes.

    Les données accessibles actuellement ne sont pas structurées de façon à permettre leur échange systémique, c’est pourquoi il est nécessaire de mettre en place des mesures visant à leur qualification et leur structuration :

    • qualifier les données (typologie, usages, structuration, moyens de collecte, etc.) ;
    • réorganiser et repenser les données par l’ensemble des acteurs (cliniciens, patients, opérateur d’établissements) pour charpenter les modes de création et de stockage ;
    • optimiser les techniques garantissant l’intégrité des données des citoyens-patients pour une utilisation sécurisée.
  • Québec : lancement d’Akio Clinik, un outil de téléconseil axé sur l’IA pour améliorer le diagnostic

    À l’occasion du Congrès annuel de médecine de famille, qui a eu lieu à Montréal du 25 au 26 octobre 2017, la société de télémédecine québécoise AkioSoft a annoncé le lancement de sa nouvelle clinique virtuelle : Akio Clinik.

    Basée sur l’intelligence artificielle, cette plateforme se présente comme un outil complémentaire dans le système de santé, facilitant l’accès aux soins pour les patients et aidant les médecins à établir de meilleurs diagnostics.

    Le logiciel conçu par AkioSoft interagit avec le patient par le biais d’un questionnaire intelligent, qui lui pose des questions en fonction des réponses précédentes. Après avoir consulté les réponses et pris connaissance des résultats probants identifiés par l’algorithme, le médecin tire ses propres conclusions et peut établir un diagnostic. Il a ensuite la possibilité de contacter le patient pour l’inviter à prendre un rendez-vous physique ou à passer des examens, de le guider vers un spécialiste ou de l’envoyer directement en pharmacie.

    Le dispositif Akio Clinik peut proposer une liste des diagnostics possibles pour environ 8 000 maladies.

    Akio Clinik est un outil d’aide à la décision, il ne remplace pas le médecin

    Les résultats délivrés par la plateforme sont générés via l’étude de matrices, associée à un système de deep learning, ce qui signifie que le programme se perfectionne au fil des consultations afin d’affiner les diagnostics qu’il propose.

    Quoique très performant, Akio Clinik se présente uniquement comme un outil de travail complémentaire. Seul le médecin a la possibilité de délivrer le diagnostic final.

    L’intelligence artificielle au service du diagnostic médical

    « Akio Clinik est le résultat de plusieurs années de recherche sur la façon dont l’intelligence artificielle peut venir en aide aux médecins généralistes [pour] qu’ils puissent poser des diagnostics plus rapidement et avec plus de précision tout en augmentant l’accessibilité des patients aux soins », a déclaré Francis Nicloux, président et fondateur d’AkioSoft (source : AkioSoft).

    Le but de la téléconsultation est « de mener à un conseil professionnel, à une prescription ou à une référence pour le patient, et ce, dans les meilleurs délais possibles », a-t-il précisé.

    30 dollars canadiens la consultation en ligne

    Le service Akio Clinik ne sera pas remboursé au Québec pour l’instant, et le coût d’utilisation a été défini de la façon suivante :

    • inscription gratuite pour avoir accès à la pré-consultation : 5 dollars canadiens (3 €) l’abonnement mensuel (l’abonnement n’est possible que si le patient et le médecin sont reliés dans le répertoire de la clinique virtuelle) ;
    • 30 dollars canadiens (20 €) en moyenne par consultation, dont 25 (17 €) seront versés au médecin (le médecin applique le tarif de son choix) + frais de traitement et de services, mentionnés avant de commencer la consultation en ligne.

    Médecine à distance : des bénéfices de plus de 2,5 Mds de dollars canadiens

    Selon l’organisation à but non lucratif Infoway, chargée d’accélérer l’adoption de solutions de santé numériques au Canada, les bénéfices de la médecine à distance dans le système de santé canadien en termes d’accessibilité, de qualité et de productivité dépassaient les 2,5 milliards de dollars canadiens (1,7 Mds €) en 2015. Pourtant, la Colombie-Britannique est pour l’instant la seule province du pays à rembourser les consultations médicales à distance.

    Akio Clinik : gagner du temps pour davantage de productivité

    L’un des intérêts premiers du logiciel de téléconseil élaboré par AkioSoft est qu’il permet de gagner du temps, aussi bien du côté du médecin, que du patient. Les deux parties n’ont plus besoin de se mettre d’accord sur une date et une heure précises afin de se rencontrer. « [AkioSoft] permet au médecin d’être plus productif en diagnostiquant plus de patients sur une période donnée », explique le Dr. Kahina Bensaadi, diplômée de la faculté de médecine d’Alger et médecin généraliste à AkioSoft depuis 2015.

    Elle indique, par ailleurs, que la délivrance d’une note clinique électronique « permet d’avoir accès à des leviers d’aide en temps réel lors d’une consultation. Par conséquent, un diagnostic peut s’avérer plus précis et plus rapide, et il devient alors envisageable de réduire le nombre de surdiagnostics ».

  • 16e Forum Paris Biotech Santé : innovations de rupture en santé humaine, 30 novembre 2017 à Paris

    Paris Biotech Santé, l’incubateur spécialisé en biotechnologie, organise le 16e Forum Paris Biotech Santé pour s’interroger sur les innovations de rupture dans le secteur de la santé humaine le 30 novembre 2017.

    Les trois thèmes abordés sont:
    • les innovations de rupture du point de vue des institutionnel, des industriels et des établissements de santé ;
    • les enjeux humains et financiers des ruptures technologiques ;
    • le sens de l’innovation de rupture en santé humaine.

    Les intervenants tels Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Philippe Lamoureux, directeur général du Leem, Patrick Johnson, directeur de la Recherche – Dassault Systemes ou Cédric Villani, député de l’Essonne y prendront part.

    Programme

    9h00-9h30 : Séance d’ouverture

    • Frédérique VIDAL, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
    • Frédéric DARDEL, Président de l’Université Paris Descartes Président de Paris Biotech Santé

    9h30-10h45 : Les innovations de rupture

    • Marc BONNEFOI, Vice-Président R&D France Sanofi
    • Christine CHOMIENNE, Directrice Recherche et Innovation à l’Institut National du Cancer
    • Xavier DUPORTETELIGO, BIOSCIENCE CEO et co-fondateur
    • Alexis HERNOT, CTO et co-fondateur de CALMEDICA
    • Jean-Patrick LAJONCHERE, Directeur Général Groupe Hospitalier Paris Saint Joseph
    • Nikos PARAGIOS, Fondateur de Thérapanacea et Professeur à CentraleSupelec

    11h15-12h45 : Les enjeux humains et financiers des ruptures technologiques

    • Catherine BORG-CAPRA, Directrice des filières industrielles à la direction de l’innovation BPI France
    • David CAUMARTIN, CEO -THERACLION
    • Marc De GARIDEL, Président d’Ipsen
    • Jean-Yves FAGON, Délégué Interministériel à l’innovation en santé
    • Christian LAJOUX, Président de MEDICEN – Président du Comité Carnot
    • Philippe LAMOUREUX, Directeur Général du Leem
    • Pierre LASSARAT, Co-fondateur HAPPYTAL

    12h45-13h30 : Séance de clôture : Que signifie la notion d’innovation de rupture en santé humaine ?

    • Patrick JOHNSON, Directeur de la Recherche – Dassault Systemes
    • Jean-Louis MISSIKA, Adjoint au Maire de Paris chargé de l’Urbanisme, de l’architecture, des projets du Grand Paris, du développement économique et de l’attractivité
    • Cédric VILLANI, Député de l’Essonne Mathématicien – Médaille Fields 2010

    Inscription

    L’inscription à l’événement est gratuite et se fait via ce formulaire.

  • IA : « Le dépistage du cancer du sein va être de plus en plus automatisé » (Olivier Clatz, Therapixel)

    Olivier Clatz, PDG de Therapixel, start-up qui développe un outil d’aide à l’interprétation en mammographie, a accordé une interview à Health&Tech Intelligence à l’occasion des Journées Francophones de Radiologie, où Therapixel s’est vu remettre le prix SFR-Medicen-Snitem.

    • les avancées technologiques en intelligence artificielle,
    • les enjeux de l’automatisation du dépistage de certains cancers,
    • l’importance de la preuve du bénéfice clinique apporté,
    • la nécessité de collaboration avec les centres hospitaliers,

    Tels sont les principaux points abordés au cours de cet entretien.

    D’où est né Therapixel ?

    Therapixel est une spin-off de l’Inria. Mon associé Pierre Fillard et moi-même étions tous deux chercheurs en traitement de l’image médicale à l’Inria. Nous avons d’abord développé des outils de visualisation avant de nous orienter vers des outils d’interprétation de l’image.

    La start-up a été créée en juin 2013, mais nous avions déjà entamé une démarche qualité deux ans auparavant. Nous avons obtenu le marquage CE en 2015, et eu nos premiers clients la même année.

    Comment êtes-vous passés de la diffusion d’images en salle d’opération au screening pour la détection du cancer du sein ?

    Nous avons commencé par créer des outils de visualisation, notamment un outil de visualisation de l’imagerie pour les chirurgiens piloté par le geste. Il leur permet d’accéder plus rapidement à l’information en cours d’intervention en levant les contraintes liées au maintien de la stérilité.

    Sur la base de notre expertise en traitement d’images, nous avons fait évoluer notre offre vers l’aide à l’interprétation.

    En effet, les avancées technologiques en intelligence artificielle permettent désormais d’obtenir des performances bien supérieures à ce qui était possible il y a 4 ans. En tant qu’anciens chercheurs, nous étions en veille sur ce sujet. Nous avons fait une analyse détaillée de l’ensemble des applications sur lesquelles nous pourrions nous positionner, compte tenu de notre savoir-faire et de notre base logicielle.

    C’est dans ce contexte que nous avons commencé à travailler sur l’assistance à l’interprétation de la mammographie. C’est un hasard qu’au même moment le Digital Mammography Challenge ait été organisé.

    Pouvez-vous nous en dire plus sur ce concours, que vous avez gagné ?

    Ce challenge mondial a réuni 1 300 équipes, avec un prix d’1,2 million de dollars à la clé. Les participants avaient temporairement accès, sur un cloud sécurisé, à une base de données médicales anonymisées de 650 000 examens provenant du Breast Cancer Surveillance Consortium (BCSC), l’organisme américain de surveillance du cancer du sein.

    Nous avons gagné la phase compétitive. La seconde phase réunissait les 8 premières équipes dans une approche collaborative. La participation à cette phase impliquait de partager notre propriété intellectuelle, ce que nous trouvions problématique. C’est pourquoi nous avons décidé de rester en retrait de cette phase. Nous ne regrettons pas ce choix, car l’augmentation de la performance collective s’est avérée très faible, et bien inférieure à ce que nous avons réussi à faire de notre côté.

    Où en êtes-vous en termes de commercialisation ? Quelles sont vos ambitions et perspectives pour les années à venir ?

    Nous sommes encore en phase de recherche. Nous savons que nous avons le meilleur algorithme, mais nous souhaitons en améliorer la pertinence clinique. Une campagne de dépistage du cancer du sein est évaluée à travers deux critères : le pourcentage de cancers détectés et le pourcentage de rappels inutiles. Notre objectif est d’agir sur ces deux aspects.

    Il existe deux marchés :

    • les marchés existants, avec des campagnes de dépistage qui coûtent cher et dont nous pouvons améliorer l’efficience ;
    • les zones géographiques avec peu, ou pas, de radiologues et où le bénéfice en termes d’accès aux soins est très important.

    En termes de commercialisation, les États-Unis sont une de nos priorités, en raison de la taille de ce marché. Nous n’avons pas encore l’agrément de la FDA et le processus sera probablement plus long. En effet, notre revendication n’a pas d’équivalent sur le marché : nous ne pourrons certainement donc pas passer par la procédure 510 K.

    Pourquoi la mammographie et le cancer du sein ?

    Nous avons fait ce choix pour 3 raisons :

    • les enjeux majeurs de santé publique ;
    • le fait qu’il s’agisse d’un marché surveillé où on peut évaluer les performances de dépistage et donc faire la preuve de sa valeur ;
    • les enjeux de fiabilité de la lecture, avec par exemple une lecture successive par deux radiologues en France.

    Quelles sont les prochaines étapes de votre développement ?

    Aujourd’hui, la mammographie est l’examen de référence, mais d’ici une dizaine d’années elle sera remplacée par la tomosynthèse ; c’est notre prochaine étape. Nous souhaitons aussi à terme travailler sur d’autres dépistages, par exemple celui du cancer du poumon.

    Beaucoup de start-ups et de grandes entreprises comme Zebra Medical Vision ou IBM s’attaquent au marché de l’imagerie médicale avec des algorithmes d’IA. Comment vous différenciez vous ?

    Il y a une différence importante entre ce que nous faisons et des start-ups comme Zebra Medical Vision : ils ont une approche transverse, avec de multiples applications. Nous sommes focalisés sur une seule application, pour laquelle nous visons la démonstration de la performance et du bénéfice clinique.

    Quant à Watson, nous n’avons pas trouvé les articles scientifiques qui nous permettraient d’effectuer une comparaison avec nos travaux.

    Comment obtenez-vous les données vous permettant d’entraîner votre machine ?

    Nous travaillons avec les principaux centres hospitaliers en France : AP-HP, Institut Gustave Roussy, Institut Curie, plusieurs centres de lutte contre le cancer, etc. Nous collaborons également avec le Breast Cancer Surveillance Consortium et son équivalent britannique.

    Pourquoi avoir fait le choix de mettre en place une plateforme gratuite pour le partage des images ? Comment les données y sont-elles sécurisées ? Qui y a accès ?

    Radvise est une plateforme dédiée au partage d’examens de médecin à médecin ou de médecin à plateforme de traitement. Elle est en conformité avec le RGPD et répond aux exigences de la CNIL. Elle n’a pas vocation à être commercialisée directement : nous la proposons en marque blanche à des éditeurs de logiciels, afin de nouer dès à présent des partenariats avec de potentiels distributeurs de notre solution d’interprétation. C’est donc pour nous un outil d’accélération de notre déploiement commercial. Radvise nous sert également de support technologique pour nos partenariats de recherche.

    Le screening a-t-il de plus en plus vocation à être automatisé ?

    Les dépistages du cancer du poumon, du cancer du sein ou de la rétinopathie diabétique vont effectivement être de plus en plus automatisés. Cela ne signifie pas qu’il n’y aura plus de radiologues : nous leur fournirons de l’information analytique, et ils resteront décisionnaires.