Un partenariat israélo-singapourien a été annoncé au début du mois de mars 2018 dans l’optique de développer des appareils à 5 USD (4 €) pour détecter la dengue et les accidents vasculaires cérébraux.
Développés conjointement par BGN Technologies, le pôle « technologie » de l’Université Ben Gourion (BGU) du Néguev (Israël), et la start-up singapourienne health tech Biosensorix, les deux kits analysent les éléments chimiques présents dans le sang pour diagnostiquer la maladie et les problèmes cardiovasculaires en quelques minutes.
Un biocapteur pour détecter les problèmes de santé en quelques minutes
BGN Technologies et Biosensorix vont développer un premier biocapteur capable de détecter la composition des éléments chimiques dans le sang afin de diagnostiquer certaines maladies en quelques minutes, évitant ainsi l’envoi d’échantillons sanguins et de tissus à un laboratoire.
Le kit permet notamment de diagnostiquer la dengue, une maladie causée par un virus transmis par les moustiques et parmi les plus répandues en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud. Grâce à un diagnostic rapide, le personnel médical va pouvoir commencer à traiter les patients sans avoir besoin d’attendre les résultats des laboratoires, précise Biosensorix.
Le personnel médical pourra aussi déterminer la gravité de la maladie
Les immunocapteurs ou biocapteurs sont des dispositifs médicaux qui mesurent les niveaux de produits chimiques dans le sang en détectant les courants électriques créés en raison d’une interaction entre les enzymes. En se basant sur la présence et la quantité de produits chimiques spécifiques, le personnel médical peut ainsi déterminer l’existence et la gravité d’une maladie donnée.
Un gain de temps et d’argent
Plusieurs kits existent aujourd’hui sur le marché pour diagnostiquer des maladies à domicile ou en centre de soins mais le produit développé par Biosensorix et BGN Technologies représente une avancée dans le secteur car il permet de mesurer rapidement le niveau d’un biomarqueur, et ce, à petit prix, explique Luka Fajs, P.-D.G. de Biosensorix (source : Timesofisrael.com).
Actuellement en phase avancée de prototypage, le kit est constitué de deux composants : une bandelette de test sanguin en forme de clé USB et un second dispositif qui ressemble à un iPhone, dans lequel les utilisateurs doivent insérer la « clé USB » avec l’échantillon de sang pour analyser sa composition chimique.
« La plupart des personnes atteintes de dengue peuvent être soignées à domicile mais sont gardées à l’hôpital jusqu’à l’arrivée des résultats, commente Robert Marks, professeur au département de génie biotechnologique Avram et Stella Goldstein-Goren à l’Université Ben Gourion du Néguev et co-fondateur de Biosensorix. Avec le nouveau kit de diagnostic, le médecin peut libérer le patient en une demi-heure, ce qui économise du temps et de l’argent. »
Un 2ème kit pour détecter les AVC
Un deuxième kit est actuellement en développement. Il sera capable de fournir des informations pour aider à prévenir les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et détecter la possibilité d’un accident vasculaire cérébral secondaire, qui survient souvent après la sortie du patient de l’hôpital, ajoute M. Marks.
Le diagnostic d’un AVC repose actuellement sur des évaluations cliniques et des procédures d’imagerie comme les IRMs.
L’appareil, qui peut être utilisé à la maison, comporte deux applications. Il peut aider à prévenir les accidents vasculaires cérébraux en surveillant la composition du sang du patient sur une base hebdomadaire et en fournissant une évaluation des risques dans les quinze minutes, alors que les résultats de tests effectués en laboratoire peuvent être obtenus des jours voire des semaines après l’examen.
Un deuxième avantage tient au fait que dans les situations d’urgence, il fournit aux professionnels de la santé des informations précieuses et opportunes qu’ils peuvent utiliser non seulement pour accélérer le processus de diagnostic mais aussi pour déterminer la meilleure ligne de conduite à suivre.
Un programme pour encourager les collaborations entre Singapour et Israël
La collaboration entre l’université israélienne et Biosensorix est née dans le cadre du programme NRF CREATE Singapour-Israël, fondé en 2015 pour financer des propositions de recherche basées sur la coopération entre chercheurs israéliens et singapouriens.
Ce partenariat multinational a ouvert la voie à des chercheurs israéliens pour développer des technologies médicales pour des maladies qui ne sont pas spécifiques au marché local, comme la dengue. Ces travaux peuvent ensuite être étendus à de grands marchés comme l’Asie du Sud-Est et l’Amérique du Sud, où la prévalence de la maladie est beaucoup plus élevée, a indiqué M. Marks.
Le gouvernement de Singapour a versé 1 M. $ pour financer le projet
Le gouvernement de Singapour a versé près d’1 million de dollars (809 000 €) pour financer le projet Biosensorix-BGN.
Actuellement en phase de financement de pré-série A, Biosensorix prévoit d’introduire ses dispositifs sur les plus grands marchés du monde d’ici 2020 après avoir achevé la phase de fabrication initiale et reçu l’approbation de la FDA, a indiqué l’entreprise.