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  • Un plan d’économies de 1,2 Md d’euros prélevés sur la masse salariale des hôpitaux serait à l’étude

    Une note de service de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), publiée sur le site d’information Hospimedia début mai 2018 indique qu’un plan d’économies à l’hôpital d’un montant de 1,2 milliard d’euros serait actuellement en cours de préparation.

    Pour atteindre les objectifs fixés par l’Ondam, la DGOS propose une modération de la croissance de la masse salariale, qui passerait d’un rythme de 2,1% par an observé sur la période 2013-2017, à moins de 1,59% par an entre 2018 et 2022.

    Un plan d’économies à l’hôpital est en voie de finalisation

    Lors d’un entretien accordé à BFM TV et Mediapart le 15 avril 2018, Emmanuel Macron avait assuré « qu’il n’y aurait pas d’économies sur l’hôpital dans ce quinquennat ». Des décisions gouvernementales sur l’hôpital seraient annoncées à la fin du mois de mai, avait-il ajouté.

    A rebours des déclarations du Président de la République, le site d’information spécialisé Hospimedia publie un document de travail de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) qui lui a été transmis par FO Santé.

    Ce document indique que de nouvelles coupes budgétaires sont à prévoir à l’hôpital au cours des quatre prochaines années : 1,2 milliard d’euros, prélevés sur la masse salariale des établissements publics de santé, serait actuellement à l’étude pour la période 2018-2022.

    1,2 milliard d’euros prélevés sur la masse salariales des hôpitaux publics 

    Le document de travail mis en ligne sur Hospimedia explicite la « méthode » proposée par la DGOS pour fixer « des objectifs régionaux d’évolution de la masse salariale des établissements publics de santé« . La DGOS formule ainsi « des propositions d’économies » sur la période 2018-2022, pour respecter l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) voté par le Parlement.

    Modération de la croissance de la masse salariale

    Pour atteindre les objectifs d’économie exigés sur les rémunérations des personnels des hôpitaux, le ministère prévoit une modération de la croissance de la masse salariale, qui passerait d’un rythme de 2,1% par an observé sur la période 2013-2017, à moins de 1,59% par an entre 2018 et 2022.

    Des taux cibles régionaux

    Ces mesures se fondent sur plusieurs critères : démographie, recours aux soins, performances des hôpitaux. Les propositions de la DGOS prévoient ainsi plusieurs taux d’évolution de la masse salariale hospitalière selon les spécificités de chaque région :

    • 1,2% de croissance de la masse salariale pour 1 tiers des régions françaises ;
    • de 1,7 à 1,9% maximum pour les hôpitaux situés dans les autres régions ; 
    • 2% pour les établissements de la Corse et de la Guyane ;
    • jusqu’à 9% à Mayotte, qui connaît actuellement des difficultés.

  • Prise en charge innovante de la douleur chronique au sein du GHT Cévennes-Gard-Camargue

    Plus de 150 professionnels de santé se sont réunis le jeudi 3 mai 2018 au CHU de Nîmes à l’occasion de la première Journée des Comités de lutte contre la douleur (CLUD) du Groupement hospitalier de territoire (GHT) Cévennes-Gard-Camargue pour évoquer l’enjeu de la prise en charge hospitalière de la douleur.

    Prise en charge de la douleur des personnes âgées : un enjeu croissant des politiques publiques

    En France en 2017, 1 personne sur 5 souffre de douleurs chroniques résistantes aux antalgiques. Si tous les âges de la vie sont concernés par la douleur physique et psychique, sa prévalence augmente avec l’âge. Ansi, « 50% des personnes âgées de plus de 75 ans sont touchées » par la douleur chronique explique un article de l’Actu des CHU. « En 2060, les plus de 80 ans représenteront plus de 11 % de la population française, c’est-à-dire plus d’une personne sur 10 », rapporte le CHU de Nîmes.

    Or, les personnes âgées expriment peu la douleur qu’elles ressentent, comme le montrait une étude de la DREES sur « la prise en charge de la douleur des personnes âgées vivant à domicile » (2007). L’altération des fonctions cognitives, la honte, les difficultés à communiquer, le manque d’attention des personnels de santé, peuvent constituer autant de facteurs inhibants, qui empêchent les personnes âgées d’exprimer leur état douloureux.

    La prise en charge de la douleur est un impératif thérapeutique, social, éthique et économique, rappelle le GHT Cévennes-Gard-Camargue. Elle a conduit à l’élaboration de plans ministériels successifs : Plan d’action triennal de Lutte contre la Douleur 1998-2000, Programme de Lutte contre la Douleur 2002-2005 et Plan d’amélioration de la prise en charge de la douleur 2006-2010.

    Quelques années auparavant, la loi n° 95-116 du 4 février 1995 portant diverses dispositions d’ordre social a instituait les Comités de lutte contre la douleur (CLUD), instance pluriprofessionnelle, en charge du pilotage de la politique d’amélioration de la qualité de la prise en charge de la douleur dans les établissements de santé.

    Le GHT Cévennes-Gard-Camargue se mobilise pour lutter contre la douleur chronique

    A l’occasion de la première journée des Comités de lutte contre la douleur le vendredi 4 mai 2018, le groupement hospitalier de territoire Cévennes-Gard-Camargue est revenu sur l’enjeu sociétal que représente la prise en charge de la douleur chronique.

    Créé le 1er juillet 2016, le GHT regroupe autour du CHU de Nîmes, établissement support, sept établissements de santé et neuf établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) publics du Gard.

    La douleur est l’une des filières identifiées dans le Projet médico-soignant partagé (PMSP) du GHT. La prise en charge de la douleur chronique rebelle (y compris psychologique) est érigée en priorité par les membres de ce GHT.

    La rencontre du 3 mai 2018 a montré que la filière douleur du GHT Cévennes-Gard-Camargue concentre ses travaux sur le thématiques suivantes : 

    • mises en place de procédures et de protocoles communs à l’ensemble des établissements du GHT pour optimiser la prise en charge de la douleur ;
    • réflexion sur le rôle de chaque établissement, de proximité, référent ou de recours ; 
    • réflexion sur l’organisations communes aux établissements sur le thème de la douleur. 

  • Australie : un plan stratégique pour faire de Melbourne le N°1 dans l’analyse des données médicales

    Le gouvernement de l’État de Victoria a annoncé fin avril 2018 avoir lancé le plan stratégique de la cité biomédicale de Melbourne (the Melbourne Biomedical Precinct Strategic Plan). Il s’agit d’une feuille de route visant à transformer la ville en une puissance économique mondiale, en veillant à ce que les découvertes médicales réalisées à Victoria et leurs retombées économiques profitent à la communauté locale.

    Ce projet devrait entraîner la création de 10 000 emplois d’ici 2030 en mettant davantage l’accent sur la commercialisation, en libérant la valeur des données sur la santé mais aussi en attirant et en retenant au sein de l’État des scientifiques et entrepreneurs de haut niveau.

    La gestion des big data médicales au cœur du projet

    Le plan stratégique met en avant trois grandes orientations futures pour la cité biomédicale de Melbourne afin de libérer de la valeur au niveau de la santé numérique et des big data :

    • 1. mettre en place des systèmes cliniques numériques ;
    • 2. améliorer l’utilisation des données sanitaires et biomédicales ;
    • 3. mieux exploiter les données significatives pour maximiser leur impact au sein de l’industrie.

    1. Mettre en place des systèmes cliniques numériques

    Après un investissement initial de 16,6 millions de dollars australiens (10,4 M. € ; 12,3 M. US$) dans le développement des dossiers médicaux électroniques (DME) au cours de l’année 2017-2018, le gouvernement de Victoria a engagé 123,8 millions de dollars (77,7 M. € ; 92 M. US$) dans le budget de l’État de 2018-2019 pour créer un système de DME de pointe au sein de trois services de santé clés de Parkville (banlieue de Melbourne) afin de permettre à davantage de patients de bénéficier de soins de meilleure qualité, plus rapidement et de manière plus sécurisée.

    Le Royal Children’s Hospital est le premier hôpital victorien à avoir mis en œuvre un système de dossier médical de classe mondiale entièrement numérique.

    Le dispositif permet aux médecins et aux infirmiers d’avoir un meilleur accès aux informations des patients et aux résultats des test médicaux. Tous les dossiers sont mis à jour en temps réel, ce qui permet aux cliniciens de sauvegarder et de consulter toutes les informations dont ils ont besoin pour fournir les meilleurs soins possibles, à chaque étape du parcours de soins. Le dispositif suit également les patients pouvant participer aux études et aux essais cliniques en cours afin de faciliter la recherche.

    S’appuyant sur la mise en œuvre réussie de la technologie au Royal Children’s Hospital, le système sera étendu au centre Melbourne Health, l’un des principaux fournisseurs de soins publics en Australie, au Royal Women’s Hospital et au centre de lutte contre le cancer Peter MacCallum.

    Les DME des trois services seront unifiés afin d’optimiser la qualité des soins. En regroupant tous les grands hôpitaux de Parkville dans un seul système, les dossiers médicaux complets et à jour des patients seront mis à la disposition des différentes équipe de soins, peu importe où elles se trouvent dans la cité.

    Le gouvernement de Victoria aidera d’autres services de santé à adopter des systèmes cliniques numériques et des dossiers médicaux électroniques.

    Une économie de 34,1 millions AUD

    Selon les chiffres officiels, la mise en place d’un DME permettra à l’État de Victoria d’économiser 34,1 millions de dollars (21,4 M. € ; 25,3 M. US$) chaque année une fois que le système sera opérationnel.

    Douze mois après sa mise en œuvre, le dossier numérique électronique du Royal Children’s Hospital a apporté des avantages aux patients, dont :

    • une réduction de 27 % des erreurs de prescription et d’administration de médicaments ;
    • une augmentation de 4 % des taux de vaccination des enfants hospitalisés ;
    • 6 768 tests médicaux effectués en moins ;
    • 2 414 examens d’imagerie médicale réalisés en moins.

    Selon le ministre d’État spécial, Gavin Jennings, le déploiement du DME est crucial pour améliorer les soins mais aussi stimuler l’innovation et la recherche.

    2. Améliorer l’utilisation des données sanitaires et biomédicales

    L’État de Victoria a mis en place différentes programmes et initiatives, actuellement en cours, pour recueillir et utiliser des données dans le cadre de la recherche et de la pratique cliniques mais aussi dans l’optique d’améliorer la sécurité et la qualité des soins ainsi que le suivi de la santé de la population.

    Certaines informations sont disponibles auprès de sources telles que les bases de données cliniques, le ministère de la Santé et des Services sociaux, les registres cliniques et le registre du cancer de Victoria.

    Le gouvernement de l’État de Victoria travaillera avec ses partenaires pour identifier les lacunes actuelles de ces systèmes d’informations électroniques et soutenir le développement d’un réseau de données sur la santé de calibre mondial sécurisé à l’échelle de la cité répondant aux préoccupations des citoyens en matière de confidentialité et de propriété des données.

    3. Mieux exploiter les données à forte valeur ajoutée

    Les progrès de l’automatisation ainsi que l’utilisation croissante des DME, des registres cliniques et des technologies numériques, tels que l’intelligence augmentée, signifient que l’industrie de la santé et le secteur des sciences biomédicales génèrent des volumes toujours plus importants de données significatives.

    Des compétences précises dans le domaine des big data et une infrastructure adaptée sont essentielles pour gérer, stocker et interpréter toutes ces informations précieuses. Voilà pourquoi le Bureau de la cité biomédicale de Melbourne va mettre en place avec des partenaires de la cité des approches collaboratives pour développer une main-d’œuvre qualifiée et ses capacités en analyse de données médicales.

  • Le ministère de la santé répertorie ses documents explicatifs sur le dispositif ETAPES-télémédecine

    Le Ministère des Solidarités et de la Santé publie le 4 mai 2018 un document répertoriant plusieurs fiches et arrêtés explicatifs liés au programme ETAPES (Expérimentations de télémédecine pour l’amélioration des parcours de santé).

    Pour rappel, l’article 14 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2014 a instauré le principe des expérimentations de télémédecine avec son programme ETAPES, dont l’objectif est de développer les activités de télémédecine, de définir un cadre juridique dans lesquelles elles peuvent évoluer et de fixer une tarification préfiguratrice des actes permettant aux professionnels de santé de développer des projets cohérents, en réponse aux besoins de santé et à l’offre de soins régionale.

    Le Ministère des Solidarités et de la Santé publie, dans un communiqué daté du 4 mai 2018, plusieurs fiches explicatives liées aux expérimentations de télémédecine et télésurveillance. En voici une liste non exhaustive.

    Rapport parlementaire et fiches explicatives

    • Rapport au Parlement sur les Expérimentations relatives à la prise en charge par télémédecine prévues par l’article 36 de la loi n° 2013-1203 de financement de la sécurité sociale pour 2014.
      Ce rapport daté du 22 novembre 2017 et réalisé par la Direction générale de l’offre de soins retrace les apports du programme en faveur du développement de la télémédecine, il comprend des témoignages de professionnels impliqués, et présente les évolutions à venir.

    • La DGOS publie également une fiche explicative à destination des fournisseurs de solutions techniques souhaitant participer aux expérimentations en télésurveillance.
      Cette fiche présente les démarches à accomplir auprès des institutions compétentes.

    Six cahiers des charges sont accessibles sur le site internet de la DGOS

    Les conditions de mise en œuvre des expérimentations de télémédecine et télésurveillance sont définies par des cahiers des charges publiés au journal officiel et sur le site internet du ministère.

    • L’arrêté du 17 avril 2015 a publié un premier cahier des charges : téléconsultations et téléexpertises portant sur les plaies chroniques et/ou complexes.
    • Un nouveau cahier des charges a été publié par un arrêté du 28 avril 2016 (abrogeant le précédent) portant sur la téléconsultation et la téléexpertise. Il élargit de façon très importante le périmètre de la population concernée par ces expérimentations, à savoir tous les patients souffrant d’ALD (affection longue durée) ou résidant en structures médico-sociales dans les neuf régions pilotes.
    • Trois cahiers des charges télésurveillance pour les pathologies : insuffisance cardiaque, insuffisance rénale et insuffisance respiratoire ont été publiés le 6 décembre 2016.
    • Deux cahiers des charges relatifs à la télésurveillance du diabète et à celle des prothèses cardiaques implantables ont été publiés en 2017, respectivement le 28 avril et le 22 novembre.
  • Le service de télémédecine de haute montagne Altidoc perdure après le décès de son fondateur

    Après la disparition d’Emmanuel Cauchy le 2 avril 2018 dans une avalanche, la société de télémédecine de haute montage qu’il a fondée perdure.

    Altidoc, filiale de l’Ifremmont basée à Chamonix, spécialisée dans la prise en charge du mal aigu des montagnes, de l’hypothermie  et des gelures, avait obtenu l’aval des autorités de santé pour dispenser des consultations à destination des alpinistes début 2017.

    Une dizaine de médecins français et suisses constituent aujourd’hui l’équipe d’Altidoc. Ils forment, partout dans le monde, des guides de haute montagne qui sont les correspondants d’Altidoc. En cas de problème médical pour leurs clients lors d’un trek dans les Alpes, l’Himalaya ou sur le Kilimandjaro, le guide appelle un numéro de téléphone qui fait sonner en même temps les portables de 12 médecins européens. La téléconsultation est alors donnée par le premier à répondre.

    160 téléconsultations en 18 mois

    L’autre activité d’Altidoc est réalisée en amont des treks. Grâce à un partenariat signé avec six agences de voyages spécialisées, les trekkeurs en passe de marcher à plus de 3 500 mètres d’altitude – seuil au-delà duquel 3 % de la population est génétiquement soumise à une intolérance à l’altitude pouvant provoquer le mal aigu des montagnes (MAM) – pour la première fois ont, inclus dans son package, droit à une téléconsultation facturée 35 euros.

    Pour satisfaire aux règles d’éthique et de confidentialité, la téléconsultation est réalisée au travers d’une plateforme agréée par le ministère de la Santé. Les médecins remplissent un carnet de santé numérique dans lequel ils peuvent téléprescrire une visite dans un des 23 centres français de médecine de montagne afin d’y réaliser un test de dépistage contre le MAM.

    Après dix-huit mois d’exercice, Altidoc a formé plusieurs centaines de guides de haute montagne de la cordillère des Andes aux Alpes. Quelque 160 téléconsultations ont été effectuées en dix-huit mois et, par 130 fois, des guides ont usé de leur téléphone pour que l’un de leurs 4 800 clients puisse téléconsulter.

    Le chiffre d’affaires de 2017 s’est élevé à 170 000 €.

    L’aventure continue

    Malgré le décès accidentel de son fondateur – Emmanuel Cauchy était un passionné des sommets, qui avait fait ses premières armes sur l’Everest au début des années 1990 et participé à de nombreuses expéditions à fois sportives et scientifiques -, Altidoc compte poursuivre l’aventure et pense élargir ses téléconsultations vers la langue anglaise pour satisfaire aux nécessités d’une patientèle étrangère.

    Pour rappel, Emmanuel Cauchy avait participé en janvier 2018 au sauvetage de l’alpiniste Elisabeth Revol en assurant le télé-suivi de la prise en charge de la Drômoise en perdition à 6 000 mètres d’altitude dans l’Himalaya. A l’Ifremmont, il avait également développé avec d’autres médecins un traitement contre les gelures : la prostavasine, qui permet de diminuer le risque d’amputation par deux.

  • PSIM

    Programme de soutien à l’innovation majeurenull

  • Ouverture d’un centre d’ophtalmologie rouennais fondé sur la télémédecine

    Inauguré à Rouen (Seine-Maritime) en mai 2018, « Plus belle ma vue » est un centre d’ophtalmologie dirigé par Jérôme Quenor. Les examens médicaux y sont réalisés par des paramédicaux. Les ophtalmologistes associés au centre sont basés à l’étranger, en Espagne et en Allemagne notamment.

    L’ouverture du centre, qui place la télémédecine au cœur des pratiques ophtalmologistes, n’emporte pas l’adhésion des ophtalmologues français et du Conseil national de l’ordre des médecins.

    Un centre d’ophtalmologie…sans ophtalmologiste

    Des délais d’attente raccourcis

    Le centre « Plus belle ma vue » propose de réserver un créneau dans les deux semaines qui suivent la prise de contact. Le centre présente plusieurs spécificités. Il ne compte aucun ophtalmologiste : les examens de la vue sont réalisés par des orthoptistes et des paramédicaux. Ces derniers travaillent avec des ophtalmologistes étrangers via des dispositifs de télémédecine. Ces professionnels sont basés en Espagne et en Allemagne, précise Jérôme Quenor, fondateur du centre, dans un entretien accordé au site d’information Paris-Normandie.fr. 

    Des examens de la vue délégués à des orthoptistes

    La consultation se déroule ainsi : l’orthoptiste réalise l’examen clinique et le dépistage de maladies oculaires. Il constitue un dossier qu’il transmet ensuite aux ophtalmologistes délocalisés. « Ce n’est pas un diagnostic mais seulement un dépistage. Dès qu’il y a une suspicion, nous renvoyons vers un médecin », précise Jérôme Quenor. Le rapport de l’ophtalmologiste, l’ordonnance et le compte-rendu médical sont communiqués au patient par email dans les 48h qui suivent la consultation.

    Le premier centre « Plus belle ma vue » voit le jour à Versailles (Yvelines). Répliqué à Rouen, d’autres centres ouvriront prochainement leurs portes au Havre et à Caen. Le projet suscite de vives critiques de la part des ophtalmologues français. 

    Les protocoles de délégation de tâches n’ont pas été validés par l’ARS

    L’exercice de la télémédecine repose sur des protocoles de délégation de tâches validés par l’ARS. Ces protocoles permettent notamment d’habiliter les professionnels intervenants auprès du centre (ophtalmologistes et orthoptistes) à y exercer leur profession. Chaque intervenant est signataire auprès de l’ARS et prend un certain nombres d’engagements, dont le respect est contrôlé par l’agence.

    Les consultations ne seront pas remboursées par l’Assurance maladie

    « Plus belle ma vue » n’a pour l’heure reçu aucune validation de l’ARS Normandie. Ainsi, la Sécurité sociale n’y remboursera pas les consultations, dont le montant est fixé à 35 euros, rapporte le site internet Paris-Normandie.fr. 

    • « Iconeus rend possible une imagerie du cerveau jusqu’à présent inaccessible » (L. Lecointre, Iconeus)

      Iconeus est l’un des trois vainqueurs de la catégorie Healthcare des Wilco Stars 2018 organisés début avril 2018 par l’accélérateur de start-ups Wilco.

      H&TI a interrogé un de ses co-fondateurs, Ludovic Lecointre, Chief Executive Officer, qui a défendu le projet porté par Iconeus lors de la soirée. Il était soutenu par Véronique Frechin, marraine d’un soir et responsable de l’innovation chez WeHealth By Servier, laboratoire partenaire de l’accélérateur Healthcare de Wilco.

      Dans l’entretien accordé à H&TI, Ludovic Lecointre présente la solution d’imagerie neuro-fonctionnelle en temps réel et interactive qui révolutionne la recherche en neurosciences en ce qu’elle permet de visualiser et de comprendre le fonctionnement du cerveau, ainsi que d’en établir une cartographie fonctionnelle précise sous forme de table de connectivité cérébrale.  À terme, « elle permettra de mieux comprendre les pathologies qui sont aujourd’hui mal détectées et mal prises en charge, comme l’autisme, et de parfaire les traitements afin de réduire l’impact sociétal des maladies affectant le système nerveux », explique-t-il. Son application pourrait déboucher sur la réduction de séquelle et de récidives dans le cadre de certaines interventions, ainsi que des coûts de celles-ci.

      Qui est l’équipe derrière le projet d’imagerie neuro-fonctionnelle d’Iconeus ?

      La genèse du projet s’inscrit dans les travaux du Laboratoire de Physique des Ondes pour la Médecine de l’Institut Langevin (Inserm), dirigé par le Dr Mickael Tanter, qui est à la pointe de l’imagerie médicale échographique mondiale. Il s’est associé avec une équipe de 4 chercheurs qui sont co-fondateurs : Zsolt Lenkei, médecin neurobiologiste du Laboratoire de Plasticité du Cerveau, Mathieu Pernot et Thomas Deffieux, physiciens de l’Inserm et Bruno Osmanski, CTO d’Iconeus, docteur en physique des ondes et expérimenté en neurosciences.

      Depuis, l’équipe s’est élargie au moment de la création d’Iconeus, en avril 2016, bien que nous ne soyons actifs que depuis fin 2016, avec l’arrivée  Mohamed Nouhoum, doctorant en physique des ondes et Thomas Kieffer, ingénieur informatique. Iconeus  est passé d’une personne début 2017 à quatre personnes début 2018 et projette le recrutement de six collaborateurs supplémentaires  début 2019.

      Vous êtes le seul pharmacien de l’équipe. Comment votre parcours vous a mené à la tête de la start-up ? 

      J’ai été cadre supérieur dans la recherche et développement dans l’industrie pharmaceutique au sein de grands laboratoires, tels Pfizer ou Bristol-Myers Squibb, ce qui m’a donné des bases dans la gestion des processus et des hommes dans un environnement international. Et mon expérience de 12 ans de pharmacien titulaire m’a permis de me frotter aux différents aspects de gestion d’une PME de 13 personnes, car il fallait être un peu comptable, un peu juriste et au final je trouve que c’est assez similaire à l’aventure d’une start-up. Et puis, à titre personnel j’ai goût certain pour le risque.

      Dans le cadre de ma mission d’expert indépendant auprès de l’ANSM dans l’évaluation pharmaceutique des dossiers de mise sur le marché, j’ai été impliqué dans l’évaluation pharmaceutique d’un projet fondé sur une technologie développée par le laboratoire de Mickael Tanter. Ce projet n’avait pas abouti, car il y avait trop d’obstacles réglementaires et scientifiques à l’époque, mais j’avais  beaucoup apprécié le travail avec les chercheurs et comme je souhaitais changer d’activité, j’avais laissé entendre à Mickael Tanter qui si un autre projet émergeait je souhaitais travailler avec lui. Un jour, il m’a appelé en m’annonçant qu’il avait une technologie à haut potentiel et me proposer de m’associer au projet en qualité de CEO de la structure qui allait la porter et j’ai accepté.

      Comment a émergé l’idée d’un imageur neuro-fonctionnelle ?

      Ce sont au départ des chercheurs qui sont venus à la rencontre de Mickael Tanter et qui lui ont fait part d’un besoin insatisfait. Le besoin se faisait sentir aussi bien en recherche académique, du côté des chercheurs, qu’en clinique, du côté des praticiens à l’hôpital. Les premiers espéraient une solution qui permet d’étudier le fonctionnement du cerveau dans des conditions réelles sans contraintes, alors que les deuxièmes en ont besoin pour comprendre les maladies et trouver les traitements adéquats. C’est le point de départ – le constat que l’on ne connaît pas les fondamentaux du cerveau.

      Pourtant, le seul outil dont les chercheurs disposent à l’heure actuelle pour faire de l’imagerie fonctionnelle est l’imagerie par résonance magnétique (IRMf) qui ne permet pas de rendre compte du fonctionnement cérébral dans de bonnes conditions.

      Par ailleurs, le coût des maladies du système nerveux en Europe représente 800 milliards d’euros par an.  C’est le premier poste de dépense qui absorbe 35% du budget santé des États européens, sans parler des coûts indirects causés par la perte de performance ou d’autonomie des personnes qui en souffrent.

      Le manque de connaissances en recherche fondamentale et d’outil efficace en recherche appliquée ont abouti à un système de soin peu efficace. Et Mickael Tanter avait déjà mis au point une nouvelle technologie  qui pouvait avoir des applications en imagerie médicale. Avec son équipe ils ont encore amélioré cette technologie pour augmenter ses performances, notamment sa sensibilité, et en faire  une solution d’imagerie neuro-fonctionnelle en temps réel et interactive à destination des laboratoires de recherche en neurosciences et des laboratoires pharmaceutiques du monde entier.

      Quel est le plus de la solution et qu’apporte-t-elle par rapport aux solutions disponibles sur le marché ? 

      Notre imageur chamboule l’imagerie neurofonctionnelle telle qu’elle est disponible aujourd’hui. Tout d’abord, il permet de mieux voir que les outils d’imagerie disponibles sur le marché donnent à voir – c’est comme passer d’un écran de télévision analogique à un écran 4K.

      En outre, étant donné qu’il s’agit d’une méthodologie légère à mettre en œuvre, elle permet de changer le contexte de l’imagerie en libérant le sujet de la contrainte de l’appareil et en examinant les sujets dans les conditions de vie réelles.

      Pour un chercheur, cela implique de pouvoir suivre un animal éveillé et complètement libre de ses mouvements et obtenir des résultats sans le biais d’une anesthésie. Pour un professionnel de santé, l’appareil représente la possibilité de réaliser des examens qui sont impossibles à pratiquer aujourd’hui.

      Pouvez-vous décrire votre solution et expliquer son fonctionnement ?

      Notre neuro-imageur est un appareil de paillasse qui se compose d’une boîte électronique très puissante mobile et d’accessoires pour connecter le sujet : une sonde échographique de la taille d’une pièce de 20 centimes qui va capter l’activité cérébrale du sujet. Il est équipé d’algorithmes de traitement du signal qui sont protégés par des brevets. Iconeus est titulaire d’une licence d’exploitation exclusive mondiale en neurosciences. 

      L’innovation technologique mise à part, le neuro-imageur est mobile, ce qui peut paraître anodin, mais qui est en réalité une petite révolution en imagerie et a des implications importantes en termes de logistique notamment dans les laboratoires de recherche. Les chercheurs sont peu regardants sur l’aspect esthétique. Ce qui les intéresse surtout, c’est la puissance de calcul que le boîtier permet de générer.

      Par ailleurs, nous mettons à disposition des chercheurs des matrices de connectivité (connectivity pattern) entre les différentes zones du cerveau que l’utilisation de notre neuro-imageur a permis d’établir pour un certain nombre d’activités ou de pathologies.

      Pouvez-vous expliquer ce qu’est une matrice de connectivité ?

      L’examen fonctionnel de l’activité cérébrale permet d’établir ce que l’on appelle des matrices de connectivité entre différentes zones du cerveau. Il s’agit de la signature biologique liée à une activité cérébrale. Elle permettra de différencier un fonctionnement « normal »  d’un fonctionnement pathologique. La connectomique est une science nouvelle qui repose sur ces matrices qui se présentent sous forme de tables ou de carrés, avec en abscisses et en ordonnées les noms de différentes zones du cerveau étudiées par les chercheurs. De petits carrés colorés indiquent le degré de connectivité entre les zones.

      Ces matrices sont d’un enjeu fondamental pour l’avenir de la science, car elles permettent la compréhension fonctionnelle de certains phénomènes cérébraux et déboucheront sur la mise en place de traitements adaptés.

      En quoi la technologie de l’imageur va aider les chercheurs et quels usages ils vont en avoir ?

      Nous avons divisé notre cible en deux segments : le segment pré-clinique qui couvre aussi bien la recherche académique que la recherche appliquée, et le segment clinique qui vise l’application médicale au sein d’établissements de santé.

      Notre proposition de valeur est de permettre aux chercheurs d’acquérir de nouvelles connaissances grâce à une nouvelle forme d’expériences pour comprendre et traiter maladies.

      Les chercheurs impliqués dans l’étude du cerveau ont besoin d’étudier l’intégralité du cerveau pour pouvoir observer ce qui se passe quand on le soumet à un stimulus, et de comprendre comment les différentes zones du cerveau sont interconnectées pour produire une réponse.

      Aujourd’hui, aucun outil ne permet de le faire de façon satisfaisante. L’IRMf, dans le cadre des études fonctionnelles du cerveau fournit des résultats limités, biaisés et imprécis. Elle ne permet pas d’examen dans les conditions de vie réelle. Les sujets examinés doivent être anesthésiés ou  immobilisés, alors que notre solution permet d’examiner des animaux conscients, donc libres de leurs mouvements. Grâce à cette interaction possible, les chercheurs aboutissent à des résultats non biaisés et peuvent envisager des études qui étaient impossibles jusqu’alors.

      En termes de qualité, l’IRM envoie une image toutes les 4 à 6 secondes et ne peut donc pas capter les phénomènes biologiques du cerveau qui interviennent à des fréquences temporelles inférieures à la seconde, alors que notre imageur le peut.

      Quels sont à terme applications cliniques visées par le neuro-imageur d’Iconeus ?

      Disposer d’un outil accessible et facile à mettre en œuvre, et qui produit une image de l’activité cérébrale aiderait à prendre les bonnes décisions cliniques pour améliorer le pronostique des patients.

      On n’y est pas encore, mais à l’avenir, lorsque la technologie sera mûre, on elle pourra être utilisée en pédiatrie au service de plusieurs objectifs médicaux. Ainsi, on pourra faire des  échographies visant l’établissement d’un diagnostic précoce de pathologies comme l’autisme. On connaît l’importance d’une détection précoce, car elle permet une prise en charge susceptible de réduire le handicap, mais actuellement en France l’âge moyen des enfants au moment du diagnostic se situe entre 4 et 6 ans. Cependant, selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé , le diagnostic devrait intervenir à l’âge de 30 mois.

      D’autres spécialités médicales pourront tirer bénéfice de notre solution, mais pour le moment, nous préférons ne pas dévoiler notre stratégie de développement.

      Iconeus a été incubé par Wilco. Avez-vous bénéficié d’autres dispositifs d’aide et que vous ont-ils apporté ?

      Avant même la création d’Iconeus, le laboratoire dirigé par Mickael Tanter avait reçu un soutien financier de la Commission européenne à hauteur de 2,5 millions d’euros via le Conseil européen de Recherche (ERC).

      Iconeus s’est établi grâce à l’aide du concours i-LAB, concours national opéré par Bpifrance d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes. C’est à l’occasion de l’édition de 2015 du concours que la start-up ancêtre d’Iconeus, Neuroflows, a été lauréate du concours dans la catégorie Création. Grâce à l’accompagnement au sein de l’accélérateur Wilco, nous avons pu bénéficier de prêts d’honneur qui ont beaucoup contribué au développement de la société. Enfin, tout récemment, Iconeus a été lauréat du Concours Innovation Numérique (CIN), financé par le Programme d’Investissements d’Avenir (PIA), qui va nous permettre de recruter quatre personnes pour développer de nouvelles technologies.

      Ces aides ont essentiellement servi au recrutement d’ingénieurs et à l’achat de matériel, car la fabrication de nos appareils exige la disponibilité de nombreux composants électroniques qui représentent des coûts conséquents pour nous.

      En termes d’accompagnement, nous bénéficions d’une incubation par Agoranov, incubateur parisien qui nous a ouvert de nombreuses portes, du programme de Wilco qui donne de la visibilité aux start-ups et donne aux porteurs de projets des clés pour bien structurer leur projet et les démarches à effectuer.

      Dans quelle phase de votre projet en êtes-vous ?

      Bien qu’il nous reste un long chemin à parcourir avant de pouvoir atteindre des clients du segment clinique, aujourd’hui nous commercialisons déjà notre solution en pré-clinique. Nous avons des clients qui font de la recherche qui sont des industriels, comme le laboratoire pharmaceutique Boehringer Ingelheim en Allemagne et un grand CRO européen qui, pour des raisons de concurrence, souhaite rester anonyme. En parallèle, des acteurs du monde académique sont également clients, puisque nous avons deux universités américaines qui vont faire l’acquisition de notre prototype cet été.

      Quelles sont les prochaines étapes et projets de développement que vous envisagez ?

      Nous entamons actuellement des discussions avec des business angels et des fonds d’investissement dans l’objectif de lever des fonds. Le fait que nous ayons déjà fait les premières ventes en mai 2017 et fin 2017, alors que nous en sommes qu’au stade de prototype, nous donne de la légitimité face aux investisseurs. Nous allons commencer par une levée de fonds d’un montant entre 500 000 et 700 000 euros courant 2018, car nous souhaitons mettre en place une preuve de concept clinique, vers la fin de l’année. Donc, le reste de l’année sera consacré à l’élaboration d’un plan de travail en vue de l’initiation de la preuve de concept (le POC), qui sera une première application clinique de notre prototype. L’objectif du POC est de procéder à l’examen de quelques sujets seulement afin de valider le design du produit et du logiciel associé, et de valider le geste du médecin dans son environnement de travail et la qualité des images fonctionnelles.

      En 2020, nous espérons faire une levée de fonds conséquente en vue de conduire l’étude clinique pour faire la démonstration d’efficacité de notre neuro-imageur et pour laquelle nous aurons besoin de quelques millions d’euros, entre 2 et 5 selon nous. Si tout se déroule comme prévu, nous espérons la finaliser en 2022. Nous allons procéder à des commercialisations aussi bien en Europe qu’aux États-Unis et nous visons également l’Asie.

       

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