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  • Santé populationnelle : l’évolution de la rémunération et le VBHC sont des leviers efficaces, N.Revel

    Nicolas Revel, Directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (CNAM), s’est exprimé au Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) le mercredi 17 mai 2018, à l’occasion de la conférence internationale organisée par l’Université Paris Descartes et l’International Consortium for Health Outcomes Measurement (ICHOM).

    Intitulé Shifting to value-based healthcare : from theory to practice, la conférence portait sur l’émergence de modèles organisationnels et financiers innovants dans le système de santé français. 

    Incarnant le point de vue des financeurs (the payer perspective), Nicolas Revel a évoqué les transformations à l’œuvre dans le système de santé – nouveaux modes de financement et d’organisation et nouvelles formes de prises en charge. Dans ce contexte, il a annoncé trois nouveaux cadres d’expérimentations nationaux, qui verront le jour d’ici la fin de l’année 2018 : 
    – l’intéressement collectif inspiré des ACO américains (Accountable Care Organizations) ;
    – le forfait à l’épisode de soins (pour l’orthopédie et la chirurgie viscérale) ;
    – la mise en place de la rémunération forfaitaire pour les équipes médicales de ville, fondée sur une approche populationnelle en santé : la CNAM proposera à ces structures d’exercice regroupées de substituer à la rémunération à l’acte, en tout ou partie, une rémunération forfaitaire.

    Présent lors de la conférence, H&TI restitue les éléments marquants de l’intervention de Nicolas Revel.

    « L’évolution des modes de rémunération et l’introduction du value-based healthcare (…) sont certainement des leviers efficaces qui nous permettront de répondre à deux des principaux enjeux auxquels notre système de santé et ceux de nos voisins sont aujourd’hui confrontés « . Nicolas Revel.

    État des lieux

    Nicolas Revel rappelle que les pouvoirs publics français tentent aujourd’hui de « concilier, dans la durée, trois objectifs apparemment irreconciliables » pour assurer la soutenabilité de nos systèmes de solidarité. Il dresse un état des lieux du système actuel : 

    • le système de santé français « fonctionne bien » : avec l’intervention cumulée de la sécurité sociale et des complémentaires privées, le reste à charge des patients français est inférieur à 9%
    • malgré des évolutions inéluctables : le système de santé est toutefois confronté au vieillissement de la population et à l’augmentation du nombre de pathologies chroniques – ces dernières concernent aujourd’hui un assuré sur trois, rappelle Nicolas Revel. Par ailleurs, la croissance annuelle des  affections de longue durée est de 6%. Ces évolutions nous invitent à « revoir les modes de prise en charge de ces patients ».
    • et la croissance des dépenses de santé : « nous devons maîtriser l’évolution des dépenses », dont la progression se stabilise toutefois en France aujourd’hui autour de 2% par an.

    Faire émerger de nouveaux modèles de régulation

    Nicolas Revel rappelle qu’il est important de faire émerger de nouveaux modes de régulation des systèmes de santé. Ces derniers doivent permettre de sortir de ce que la France a privilégié au cours des dernières décennies, à savoir un mode de régulation fondé sur la maîtrise des dépenses et la régulation des tarifs, au sein d’un système de rémunération qui a valorisé la rémunération à l’acte et des séjours hospitaliers. Ceci, selon le directeur de la CNAM, « ne prend en compte que de manière marginale des notions essentielles de prévention, de la qualité des actes et des pratiques, le travail collectif entre professionnels ». Cet héritage historique est encore perceptible dans les aspirations des professionnels de santé.

    Il entretient, selon lui, « une série de rigidités d’organisation dont notre système de santé souffre : une organisation trop cloisonnée, insuffisamment préventive, qui pousse à l’activité, et laisse de côté l’évaluation économique et la valorisation des actes ». 

    La question de l’évolution des modes de rémunération et de tarification est donc « centrale ». Nicolas Revel juge qu’il s’agit « d’un des leviers d’amélioration décisifs » de notre système de santé.

    Retard français en matière de diversification des modes de rémunération

    La France s’est saisie tardivement de cette question. « Elle est restée trop longtemps prisonnière d’une préférence pour la productivité du système de soins », au détriment de la qualité. Cet attachement est attribuable à plusieurs facteurs : cela peut rassurer le payeur qui paie des actes de soins « et rien d’autre » ; cela répond également aux aspirations des professionnels de santé, la rémunération à l’acte pouvant les protéger des notions d’évaluation de la qualité et de transparence de leur pratique.

    Ainsi, la prise en compte de la qualité des pratiques dans la rémunération des professionnels de santé est inexistante dans les hôpitaux. Concernant la médecine de ville, seul 1% des médecins de ville intègre cette composante à leur mode de rémunération.

    Comment rattraper ce retard ?

    Nicolas Revel entend ainsi « privilégier la voie de la mobilisation des acteurs de terrain ». L’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, permet aux établissements et professionnels de santé de déroger aux modes d’organisation et de tarification habituels, pour faire émerger des pratiques plus efficientes sur le plan médico-économique. 

    L’article 51 de la LFSS de 2018 fournit un cadre propice aux innovations

    Le directeur général de la CNAM rappelle que les expérimentations dans le champ de la santé « n’ont rien de nouveau ». La France est à l’origine de nombreuses expérimentations au cours des années précédentes, qui présentaient « souvent les mêmes défauts » : démarche souvent descendante et issue d’initiatives législatives « très cadrées juridiquement ». Leur mise en œuvre sur le terrain s’est souvent avérée « très lente » et a donné lieu à une évaluation très insuffisante, ce qui n’a pas permis d’en envisager la généralisation à l’échelle du territoire.

    L’article 51 comme moyen d’éviter les écueils de l’expérimentation

    Selon Nicolas Revel, l’article 51 présente plusieurs avantages, en ce qu’il promeut : 

    • une démarche ascendante : les expérimentations se fonderont sur une démarche tout à la fois ascendante et descendante (bottow-up et top-down). Les projets expérimentaux peuvent ainsi être portés par les acteurs de terrain ;
    • une temporalité plus courte : l’article 51 prévoit un délai maximum de quatre mois pour l’examen des dossiers par le Comité technique.
    • des exigences d’évaluation et de transparence posées par l’article 51.

    L’objectif de l’article 51, conclut-il, est « de faire bouger les lignes du droit commun » à partir d’expérimentations régionales, lesquelles permettront d’identifier des caractéristiques qui pourront être généralisées à l’ensemble du territoire.

    Comment mesurer la valeur en santé et apprécier la qualité des indicateurs mis à notre disposition ?

    « Nous avons beaucoup d’indicateurs à notre disposition. (…) Nous devons orienter nos efforts là où c’est nécessaire ».

    Connaître le point de vue des patients est indispensable, souligne Nicolas Revel. La France accuse un certain retard en matière de collecte des avis des usagers du système de santé. Il faut également pouvoir valoriser, dans nos bases de données existantes, la mesure de ces indicateurs, pour ne pas faire peser sur les professionnels de santé une charge trop importante. 

    N. Revel annonce trois nouveaux cadres nationaux d’expérimentations dès l’été 2018

    Les trois initiatives seront lancées dès cet été et prendront la forme d’appels à manifestation. La CNAM travaille actuellement à la finalisation des cahiers de charge. 

    Pour son directeur général, les Français, qu’ils soient professionnels de santé ou usagers du système, demeurent attachés au paiement à l’acte. Il convient de dépasser cet attachement et d’embrasser des modes de rémunération et de financement alternatifs, conclut le directeur général de la CNAM. 

    1er cadre : intéressement collectif inspiré des Accountable Care Organizations

    Le premier cadre d’expérimentation national proposera à des établissements sanitaires et des groupements professionnels, un intéressement collectif, complémentaire et non substitutif à leur mode de rémunération existant, sur un modèle directement inspiré des Accountable Care Organizations, introduit aux États-Unis par le Patient Protection and Affordable Care Act de 2010. Les ACO sont définis comme des groupes de prestataires de soins (médecins, hôpitaux, etc.), qui se réunissent sur la base du volontariat pour dispenser des soins coordonnés de qualité à l’échelle d’un territoire et bénéficient de financements publics annuels.

    L’objectif de ce mode de rémunération partagée, fondé sur des indicateurs de qualité et sur les économies dégagées à partir de cibles de dépense, est d’inciter à la coordination entre les acteurs de la ville, de l’hôpital et du secteur médico-social et de rééquilibrer la rémunération en intégrant les enjeux de qualité et d’efficience médico-économique.

    2ème cadre : paiement au forfait à l’épisode de soins en orthopédie et en chirurgie viscérale, inspiré des travaux de Michael Porter (Harvard Business School)

    L’objectif est de dépasser les fractionnements de paiement entre les divers intervenants. Il s’agit d’y substituer un forfait unique (conformément aux recommandations de la CNAM formulées dans son rapport annuel de 2018). Ces forfaits pourraient intégrer une partie des dépenses liées aux complications potentielles des actes médicaux. Ceci est à l’étude. 

    3ème cadre : rémunération forfaitaire des équipes de santé en ville 

    Cette mesure poursuit un triple objectif. Il s’agit de :

    • encourager les modes d’exercice regroupés entre professionnels de santé en ville ;
    • lever les difficultés liées à l’atomisation des médecins ;
    • améliorer la prise en charge des pathologies lourdes et chroniques.

    Ce cadre d’expérimentation s’appuie sur une approche populationnelle en santé. 

    La CNAM proposera à ces structures d’exercice regroupées de substituer à la rémunération à l’acte, en tout ou partie, une rémunération forfaitaire. Les options seront nombreuses, précise N. Revel.

  • La Study Watch de Verily pourrait analyser la progression de la maladie de Parkinson

    La division santé d’Alphabet Inc, Verily Life Sciences, s’associe à la fondation « Michael J. Fox » pour la recherche sur la maladie de Parkinson (MJFF) afin de collecter des données sur cette maladie neurodégénérative. Telle est l’annonce faite par la fondation dans un communiqué du 9 mai 2018.

    La Study Watch de Verily collectait déjà les données du rythme cardiaque, de l’activité électrodermale (activité des glandes de la sudation et du système nerveux autonome), ainsi que les mouvements inertiels. Ces derniers semblent pouvoir être exploités afin d’analyser les tremblements des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. 

    L’objectif est de collecter, puis d’analyser les informations afin de refléter la vie quotidienne des personnes atteintes, et la progression de la maladie en dehors des zones médicalisées.

    Une étude conduite auprès de 800 malades

    La Study Watch sera portée par plus de 800 participants aux États-Unis dans le cadre de l’étude Parkinson’s Progression Markers Initiative (PPMI) menée sur deux ans. Les capteurs portés en permanence pourraient se révéler intéressants pour lutter contre la maladie de Parkinson. En effet, celle-ci provoque des réactions différentes d’une personne à l’autre, d’un moment de la journée à un autre, au sein d’un hôpital ou à l’extérieur.

    “La PPMI devrait nous permettre de mieux comprendre la maladie de Parkinson et ainsi aider au développement de nouvelles solutions thérapeutiques », explique Todd Sherer, CEO de la MJFF. 

    Le programme AMP PD

    MJFF et Verily ont également signé un partenariat pour le programme Accelerating Medicines Partnership Parkinson’s disease (AMP PD), une collaboration publique/privée entre la fondation, le National Institutes of Health (NIH) et cinq entreprises des sciences de la vie.

    Le programme AMP PD a été lancé en janvier 2018 afin d’élaborer l’empreinte moléculaire de la maladie de Parkinson.

  • E-prescription : Qare et Pharma Express s’associent pour proposer un parcours de soin intégral

    Qare, plateforme de télémédecine de premier recours, a annoncé le 14 mai 2018 son partenariat avec Pharma Express, un spécialiste de l’ordonnance numérique, afin de proposer à ses utilisateurs du service de consultation en ligne la possibilité de se voir délivrer une ordonnance numérique leur permettant d’accéder rapidement à un traitement.

    Grâce au partenariat avec Pharma Express, les usagers du service de la plateforme de Qare pourront se faire livrer les médicaments prescrits à leur domicile 7 jours sur 7.

    Une plateforme proposant un cycle de soin complet

    Qare a lancé sa plateforme de télémédecine en France fin janvier 2018 et réunit aujourd’hui plus de 120 professionnels de santé issues de 20 spécialités (médecine générale, pédiatrie, la dermatologie, la gynécologie ou la psychologie, etc.).

    Pharma Express est spécialisée dans les solutions digitales et met à disposition des médecins affiliés à Qare son outil d’ordonnance numérique qui permet la délivrance d’ordonnance dans de bonnes conditions de sécurité.

    Reflet de la volonté des deux acteurs à contribuer à un parcours de soin fluide et à proposer un accompagnement intégral, le partenariat est fondé sur le recours aux solutions numériques qui offrent un cadre de sécurité nécessaire pour la gestion d’informations médicales.

    Pharma Express développe par ailleurs des solutions numériques intervenant à différents stades du parcours de soin telles que :

    • des services de communications entre patients, praticiens et pharmaciens ;
    • le carnet de santé connecté ;
    • l’observance thérapeutique automatisée ;
    • le dossier médical digital.

    Pour rappel, Pharma Express a conclu un partenariat qui permet à SOS Médecins d’utiliser sa solution d’ordonnance numérique depuis juillet 2017.

  • Data : les serious games pour la prise en charge du diabète

    Après s’être développés dans le secteur du marketing, de la gestion ou de la culture, les champs d’application des serious games se sont étendus au secteur de la santé à la fois pour les patients, les médecins, les étudiants, les aidants, tant pour la prévention que la formation, le suivi de la prise en charge voire le traitement.

    Dans la rubrique Data du 16 mai 2018, H&TI répertorie 5 serious games disponibles en France pour les patients diabétiques (entreprises qui les développe, caractéristiques, public visé, prix pratiqués, etc.).

    Pour accéder à l’indicateur sur les serious games pour la prise en charge du diabète, suivre ce lien.

  • 5 serious games pour la prise en charge du diabète disponibles en France

    Le jeu sérieux ou logiciel ludo-éducatif ou encore serious game en anglais est un jeu vidéo qui combine une intention sérieuse, utilitaire ou pédagogique, avec des ressorts ludiques et s’écarte ainsi du seul divertissement.

    Après un développement dans le secteur du marketing, de la gestion ou de la culture, les champs d’application des serious games se sont étendus au secteur de la santé à la fois pour les patients, les médecins, les étudiants, les aidants, tant pour la prévention, que la formation, le suivi de la prise en charge voire le traitement. Ces serious games ont, pour la plupart, fait l’objet d’études médicales.

    Dans la rubrique Data du 16 mai 2018, H&TI répertorie les serious games disponibles en France pour les patients diabétiques.

    Concernant cette pathologie, tout a commencé aux États-Unis dans les années 1990 avec d’une part Captain Novolin (1992) qui permettait aux enfants atteints de diabète d’incarner un héros diabétique – les joueurs doivent faire attention à l’index glycémique des bonus alimentaires qu’ils ramassent – puis Packy & Marlon (1994) développé pour la console Super Nintendo, qui mettait en scène deux éléphanteaux qui devaient trouver de la nourriture adaptée pour leurs camarades de colonie de vacances atteints de diabète.

    Aujourd’hui, ces jeux ont disparu et les versions plus récentes sont pour la plupart disponibles sur smartphone ou sur tablettes et disposent de multiples fonctions. La société Zippyware est à l’origine d’une bonne partie d’entre eux, mais des entités comme Sanofi s’intéressent aussi au créneau.

  • DM : le Snitem obtient l’annulation du décret imposant la transmission des caractéristiques à l’ANSM

    Saisi par le Syndicat national de l’Industrie des Technologies Médicales (Snitem), le Conseil d’Etat a annulé le décret du 13 décembre 2016 dans un arrêt du 26 avril 2018.

    Ce décret prévoyait que lors de la mise en service sur le territoire national de dispositifs médicaux, les fabricants ou leurs mandataires transmettent à l’Agence Nationale de Sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) un résumé des caractéristiques de leur dispositif. Un règlement européen rend ce décret obsolète.

    Par un arrêt du 26 avril 2018, le Conseil d’Etat annule les dispositions du décret du 13 décembre 2016.

    Dispositions règlementaires en cause : décret du 13 décembre 2016

    Le décret n° 2016-1716 du 13 décembre 2016 relatif au résumé des caractéristiques du dispositif médical pris en application de l’article L. 5211-4-1 du code de la santé publique était attaqué pour excès de pouvoir par le Snitem et l’association Medtech.

    Obligations s’imposant aux industriels de santé

    L’article L. 5211-4-1 du code de santé publique dispose que :  » Lors de la mise en service sur le territoire national de dispositifs médicaux dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de la santé après avis de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), les fabricants ou leurs mandataires transmettent à l’agence un résumé des caractéristiques de leur dispositif. / Le contenu et les modalités de transmission du résumé des caractéristiques du dispositif sont déterminés par un décret en Conseil d’État ».

    Sanctions encourues par les industriels de santé

    La méconnaissance de cette obligation est punie de 150 000 euros d’amende et peut faire l’objet d’une sanction financière.

    Pour l’application de ces dispositions, le décret du 13 décembre 2016 insère l’article R. 5211-66-1 dans le code de la santé publique. Le I de cet article prévoit que les caractéristiques des dispositifs médicaux soit adressé par voie électronique au directeur général de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) lors de la mise en service du dispositif médical sur le territoire national. Le II de cet article détermine les éléments qui doivent figurer dans le résumé des caractéristiques du dispositif médical. 

    Argumentaire du Snitem et de Medtech

    Le Snitem et l’association Medtech reprochent au décret du 13 décembre 2016 d’aller au-delà des exigences du droit européen (directive 90/385/CEE du 20 juin 1990 concernant le rapprochement des législations des États membres relatives aux dispositifs médicaux implantables actifs et directive 93/42/CEE du 13 juin 1993 relative aux dispositifs médicaux). D’après les requérants, le décret porte atteinte aux objectifs de transposition de ces directives en droit interne.

    En particulier, est en cause l’obligation de transmission du résumé des caractéristiques du dispositif.

    Conclusions du juge adminstratif

    Un décret rendu obsolète par la règlementation européenne

    L’article L. 5211-4-1 du CSP introduit par le décret du 13 décembre 2016 n’est pas compatible avec le droit européen : 

    « 6. Il suit de là que les dispositions de l’article L. 5211-4-1 du code de santé publique ne sont pas compatibles avec les objectifs des directives 90/385/CEE et 93/42/CEE. »

    Par ailleurs, le ministère de la santé ne peut imposer par anticipation d’appliquer l’article 32 du règlement (UE) 2017/745 du 5 avril 2017 abrogeant les directives précitées. Par conséquent, le Conseil d’Etat fait bon droit aux requérants :

    8. Il résulte de ce qui précède que le SNITEM est fondé à soutenir que le résumé des caractéristiques du dispositif, objet du décret litigieux, est dépourvu de base légale et, par suite, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, à demander, pour ce motif, l’annulation du décret qu’il attaque.

    L’Etat est par ailleurs condamné à verser au Snitem la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

  • L’ARS Centre-Val de Loire lance son GRADeS pour la mise en oeuvre de la stratégie e-santé

    Afin de mettre en œuvre la stratégie nationale et régionale de e-santé, l’Agence Régionale de Santé Centre Val de Loire a annoncé dans un communiqué du 15 mai 2018 la constitution de son GRADeS sous la forme d’un GIP créé le 20 mars 2018.

    Il regroupe 76 structures de la région, organisées en six collèges : les établissements et organismes relevant du champ sanitaire, médico-social ou social publics ; les établissements privés à but lucratif; les établissements privés à but non lucratif ; les unions régionales des professionnels de santé (URPS) ; les structures de coopération de professionnels de santé, sociaux et médico-sociaux ; les autorités de contrôle et de tarification et/ou les financeurs.

    La priorité du GRADeS est de mener à bien le déploiement de la télémédecine et des SNACs pour fluidifier les parcours de santé des patients et répondre à la demande des professionnels de santé souhaitant que les services numériques contribuent à améliorer la qualité et la sécurité des prises en charges.

    Le Conseil d’administration du GRADeS est présidé par le Dr Raphaël Rogez, Président de la fédération des URPS du Centre-Val de Loire, et 2 vice-présidents, Olivier Servaire-Lorenzet, Directeur du Centre hospitalier de Blois et du Comité stratégique du GHT du Loir-et-Cher et Bruno Papin, Directeur général adjoint de la Mutualité Française Centre-Val de Loire.

  • Prise en charge de l’arthrose : Sublimed signe un partenariat avec les Laboratoires Expanscience

    Sublimed, société spécialisée dans le développement de solutions non-médicamenteuses pour la prise en charge des patients douloureux chroniques, annonce le 15 mai 2018 par communiqué avoir conclu un partenariat avec Expanscience, laboratoire pharmaceutique et dermocosmétique spécialisé dans le traitement de l’arthrose et la santé de la peau.

    Cet accord prévoit qu’Expanscience assure, à terme, la distribution en France du neurostimulateur transcutané actiTENS de Sublimed et son application smartphone permettant de le piloter et de collecter des données de suivi patient.

    Pour rappel, actiTENS se présente sous la forme d’un boîtier miniaturisé et flexible à placer directement sur le corps, piloté sans fil par smartphone grâce à une application dédiée. Cette application permet également le suivi du traitement par le professionnel de santé. 

    Sublimed a obtenu en février 2018 le marquage CE pour ce dispositif qui est désormais disponible, par son intermédiaire, à la prescription et à la vente en France.

    Une étude clinique en cours

    Expanscience et Sublimed s’associent également pour réaliser une étude clinique en vue de la promotion élargie auprès des rhumatologues de l’actiTENS dans l’arthrose d’ici 2020.

    Une attention particulière sera portée à la formation, l’information, et l’accompagnement du patient pour une utilisation quotidienne efficace de ce dispositif médical.

  • Téléconsultation : la Mutuelle générale enrichit son offre à destination des TNS et des TPE/PME

    La Mutuelle Générale a fait savoir dans un communiqué du 15 mai 2018 qu’elle avait enrichi deux de ses offres en complémentaire santé en proposant un service de téléconsultation à l’ensemble des adhérents travailleurs non salariés (TNS) et salariés des TPE/PME et leurs affiliés sans modification de la cotisation.

    Un forfait de 5 séances annuelles par bénéficiaire

    Ce sont les autoentrepreneurs et les travailleurs non salariés couverts par l’offre « Advengo Santé » et les salariés des TPE/PME adhérents au contrat « Esprit Collectif » qui sont visés par le service de téléconsultation proposés par la Mutuelle Générale.

    Les adhérents et leurs affiliés peuvent chacun bénéficier de cinq téléconsultations sur une année auprès de médecins généralistes ou spécialistes. La téléconsultation est disponible 24h/24, 7j/7 en France comme depuis l’étranger et accessible par audio, vidéo ou chat.

    Pour une prise en charge intégrale, le médecin pourra délivrer à l’issue de la téléconsultation une ordonnance électronique si cela s’avère nécessaire.

    Offre sur mesure et souscription électronique du contrat

    Par ailleurs, afin de répondre aux contraintes de temps des actifs, la mutuelle lance également un service de souscription électronique des contrats qui peut se faire par mail ou en ligne via son site internet grâce à la signature électronique.

    Selon la mutuelle, d’autres services parmi lesquels l’aide au domicile, la livraison de médicaments au domicile ou le transport à l’hôpital sont proposés afin de faciliter la vie de ses adhérents dans le contexte du système de santé en pleine évolution.

  • Intelligence artificielle : le comité d’éthique britannique analyse les grands enjeux éthiques

    Le Nuffield Council on Bioethics a publié une note le 15 mai 2018 sur les grands enjeux éthiques que représente l’intelligence artificielle. Conscient des immenses espoirs suscités par cette révolution dans le domaine de la santé, le comité britannique passe en revue les questions de responsabilité, de fiabilité des données et de risque d’isolement des patients et appelle de ses vœux une gouvernance capable à la fois de stimuler l’innovation et de respecter les intérêts de chacun.

    Les ambitions britanniques sur l’IA

    Le gouvernement britannique a récemment annoncé son ambition de devenir une nation leader dans le domaine de l’intelligence artificielle. En avril, un accord de plus d’un milliard de livres a été signé entre le gouvernement et des entreprises privées pour développer ce secteur. Cet investissement se justifie par les espoirs majeurs que suscite l’intelligence artificielle.

    Dans le domaine de la santé, l’IA peut tout à la fois rendre les soins plus efficaces, réduire les erreurs de diagnostic, faciliter l’autonomie des patients ou encore aider à trouver de nouveaux médicaments. Cependant, ce potentiel ne doit pas masquer les inquiétudes que provoquent ce type de partenariat public-privé, ni même les enjeux éthiques liés à l’IA.

    Derrière les espoirs, les craintes

    C’est la raison pour laquelle le Nuffield Council on Bioethics a publié le 15 mai 2018 une note de huit pages passant en revue les questions éthiques et sociales. Le comité pointe tout d’abord du doigt les limites de cette technologie.  » Les humains ont des qualités que les systèmes d’IA pourraient ne pas posséder authentiquement, comme la compassion, écrivent les auteurs du rapport. La pratique clinique implique souvent des jugements complexes et des capacités que l’IA est actuellement incapable de reproduire, comme les connaissances contextuelles et la capacité de lire les indices sociaux. »

    La liste des grands enjeux éthiques

    Le Nuffield Council on Bioethics passe ensuite en revue les différents enjeux éthiques :

    • La fiabilité des données

    Bien que l’IA soit en mesure de réduire les biais et les erreurs humaines, elle peut aussi refléter et renforcer les biais contenus dans les données utilisées pour établir les algorithmes. Cela pourrait conduire à des discriminations liées au sexe, à l’origine ethnique, à l’ handicap et à l’âge. Les auteurs du rapport se font l’écho de la proposition qui consisterait à renforcer la diversité parmi les développeurs pour éviter que des préjugés ne se glissent dans les algorithmes.

    • La transparence

    Les résultats des systèmes d’intelligence artificielle peuvent se révéler difficiles à valider. Tout d’abord, parce que les propriétaires de certains systèmes peuvent vouloir maintenir le secret autour de leur technologie et par ailleurs parce que l’apprentissage automatique génère continuellement de nouveaux paramètres. Pour les membres du comité d’éthique, cette opacité soulève la question de la responsabilité des décisions prises par l’IA et la manière dont les personnes lésées peuvent demander réparation.

    • La déshumanisation

    Si l’IA contribue parfois à maintenir à domicile des personnes atteintes de maladie chronique, et donc renforce leur autonomie et leur dignité, cette même technologie suscite des craintes inverses. « Des craintes en terme de perte de contact humain et d’isolement social accru sont apparues lorsque l’IA remplace les équipes soignantes ou les aidants familiaux », écrivent les auteurs du rapport. Ils ajoutent que ces systèmes « pourraient avoir un impact négatif sur l’autonomie individuelle, par exemple s’ils restreignent les choix basés sur des calculs de risque. Si les systèmes d’IA sont utilisés pour établir un diagnostic ou concevoir un plan de traitement, mais que le professionnel de la santé est incapable d’expliquer comment ils y sont arrivés, cela pourrait restreindre le droit du patient à prendre des décisions libres et éclairées sur leur santé. »

    • L’impact sur les professionnels de santé

    Les soignants peuvent se sentir remis en cause dans leur autorité. En outre, le recours à l’IA pourrait justifier l’emploi de personnels moins qualifiés, ce qui pourrait être préjudiciable en cas de défaillance de la technologie. « L’IA pourrait rendre les professionnels de la santé négligents, et moins susceptibles de vérifier les résultats et de contester les erreurs », craignent les éthiciens britanniques.

    • La protection des données

    Les données de santé font l’objet de législations très protectrices, mais des informations d’ordre social pourraient être utilisées pour en savoir plus sur la santé des individus. Le Nuffield Council of Bioethics plaide donc pour que la loi aille au-delà du cadre actuel afin de tenir compte des attentes du public quant à l’utilisation de leurs données confidentielles.

    Vers quelle gouvernance ?

    Les auteurs de la note plaident donc en faveur d’une régulation de l’intelligence. Bien que cette technologie se développe rapidement et dans le monde de l’entreprise, la question clé est celle de la gouvernance. La protection des données fait par exemple déjà l’objet d’une réglementation, mais le comité d’éthique s’interroge : l’IA doit-elle faire l’objet d’une réglementation propre ou faut-il encadrer chaque domaine et examiner l’impact de chacun sur l’IA ?

    Les capacités éthiques des machines

    Enfin, les systèmes d’IA les plus avancés effectuent des tâches sans aucune intervention humaine. Par conséquent, seront-ils aussi capables de prendre des décisions éthiques ? « Cela fait l’objet de nombreux débats philosophiques, soulevant des questions sur le fait de savoir si et comment les valeurs ou les principes éthiques peuvent être codés ou appris par une machine; et si les droits qui s’appliquent aux humains peuvent ou devraient s’appliquer aux machines, ou si de nouveaux principes éthiques pourraient être nécessaires », concluent les auteurs.