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  • DCT : lancement d’une phase pilote de 6 mois en vue de publier des recommandations françaises

    Visant à accompagner les promoteurs académiques et industriels dans leurs projets d’essais cliniques décentralisés (DCT), une phase pilote de 6 mois est mise en place par la Direction générale de la santé (DGS), la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), l’Agence Nationale de Sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Dans ce cadre, 20 projets seront sélectionnés jusqu’en juin 2024 et profiteront d’un soutien ciblé de la part des instances de santé. A la fin de cette phase, et après consolidation des travaux menés et des retours d’expérience des promoteurs participants, des recommandations françaises concernant les DCT seront publiées.

    Répondre aux problématiques des promoteurs

    En 2022, la Commission européenne a publié ses recommandations relatives aux DCT. Afin de les transposer au niveau national, la Commission nationale des recherches impliquant la personne humaine (CNRIPH) organise un groupe de travail avec des régulateurs et des opérateurs. Cette phase pilote vise à apporter des réponses concrètes aux promoteurs rencontrant des difficultés dès la phase de conception de leurs recherches contenant un ou plusieurs éléments décentralisés.

    Les promoteurs obtiendront une réponse “avant de soumettre leur projet finalisé pour avis et/ou autorisation du comité de protection des personnes (CPP), de l’ANSM et en amont de la réalisation d’une formalité auprès de la Cnil”. La Cnil précise, par ailleurs, que les réponses qui leur seront apportées “ne préjugeront en rien des décisions rendues par ces instances lors de leur saisine respective”.

    Critères de sélection des projets

    3 critères ont été retenus pour la sélection des projets de recherche. Ils devront être :

    • nationaux et n’impliquant pas une première administration à l’homme ;
    • autour du médicament, d’un dispositif médical (DM) ou d’un dispositif médical de diagnostic in vitro (DMDIV), qu’il s’agisse d’un essai clinique, d’une étude de performance ou d’une investigation cliniques ;
    • en cours de ce conception, soit “avant la soumission du projet de recherche sur le SIRIPH2G ou le CTIS”.

    Modalités de participation et suites

    Comment participer à la phase pilote ?

    Pour faire partie de la phase pilote, les promoteurs sont invités à adresser leur demande à l’adresse phasepiloteessaisdecentralises@sante.gouv.fr. Leur demande doit comporter :

    • une question précise sur la composante décentralisée et une synthèse de la problématique rencontrée ;
    • une proposition de scénario complet de mise en œuvre de l’élément décentralisé du projet de recherche ;
    • un résumé du protocole ;
    • ainsi que la notice d’information destinée aux futurs participants.

    Une sélection de 20 projets sera proposée par la DGS et validée par la cellule d’appui composée de la DGS, de la DGOS, de l’ANSM et de la Cnil. Le choix des projets sera fait de façon à ce qu’ils représentent l’ensemble des composantes pouvant être décentralisées et les différents types de recherches.

    Le promoteur saisissant la cellule d’appui recevra une acceptation ou un rejet dans une durée maximal de 15 jours.

    Consolider les retours d’expérience pour la publication de recommandations :

    • Des recommandations françaises seront publiées, consolidant à la fois les travaux menés par la CNRIPH et les retours d’expérience apportés par les promoteurs à l’issue de la phase pilote ;
    • Les promoteurs seront invités à faire part de leur retour d’expérience, notamment au déploiement des éléments décentralisés. Ils pourront indiquer notamment à la cellule d’appui, l’avis rendu par le comité de protection des personnes (CPP) sur leur recherche ainsi que, s’ils sont concernés, l’autorisation donnée par l’ANSM et la Cnil et en faisant un retour sur l’expérience pratique de cet élément de décentralisation sur le terrain lors de la conduite de leur recherche.
    • Un bilan sera effectué, sous forme de retour d’expérience et/ou de FAQ à destination des promoteurs.
    • Par ailleurs, les éléments de doctrine dégagés dans le cadre de cette phase pilote permettront d’alimenter les travaux de la Cnilrelatifs à la mise à jour des méthodologies de référence.

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  • ANSM : reconduction du Pr Joël Ankri en tant que président du conseil scientifique

    Professeur émérite et éminent spécialiste en santé publique, Joël Ankri a été reconduit à la tête du conseil scientifique de l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM). Il continuera ainsi à assumer ses responsabilités de président pour un nouveau mandat de 3 ans, à la suite d’une décision de l’ANSM prise en novembre 2023. Cette reconduction a été officialisée par un arrêté émanant du ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités, le 26 janvier 2024.

    L’évaluation et la surveillance comme priorités

    Réélu à l’unanimité lors de la réunion d’installation du conseil, le Pr Joël Ankri rappelle l’ambition qui anime ce dernier, à savoir agir avec diligence sur des enjeux majeurs de santé publique, en se concentrant sur l’évaluation rigoureuse et la surveillance attentive des produits de santé. Cette orientation vise non seulement à anticiper les problématiques émergentes mais également à fournir des recommandations éclairées et des perspectives de solutions à la direction générale de l’ANSM.

    “Nous souhaitons un conseil scientifique qui agisse de manière transversale sur des problématiques de santé publique, à partir de tout ce qui tourne autour de l’évaluation et de la surveillance des médicaments et des produits de santé, déclare le Pr Joël Ankri, avec la volonté d’anticiper les problèmes et de tenter d’apporter des solutions, ou tout du moins des pistes de réflexion, à la direction générale de l’Agence.”

    Anticiper les défis du futur pour les produits de santé

    Le rôle principal du conseil scientifique de l’ANSM est d’assurer la “cohérence de la stratégie scientifique de l’ANSM au regard de l’évolution des connaissances sur l’efficacité et la sécurité des produits de santé”. Il est habilité à fournir des conseils et des recommandations à la directrice générale sur diverses questions de santé publique et sur des sujets nécessitant une expertise transversale. Durant le précédent mandat, le conseil scientifique de l’ANSM a abordé une multitude de thématiques cruciales pour la santé publique, parmi lesquelles :

    • l’évaluation des risques des médicaments pendant la grossesse ;
    • la gestion des ruptures de stock de produits de santé ;
    • ainsi que la surveillance des vaccins liés au coronavirus.

    Composé de 10 membres nommés en fonction de leur expertise et de 6 personnalités scientifiques dont des personnalités étrangères nommées sur avis du ministre chargé de la recherche, ce groupe d’experts joue un rôle prospectif clé, en identifiant les futurs enjeux et défis dans le domaine des produits de santé.

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  • UK : exploiter la data des soins primaires pour accélérer la recherche clinique (rapport)

    Difficultés à impliquer les médecins généralistes dans la recherche, manque de connaissance des essais disponibles, entraves liées à l’identification et le recrutement des patients ralentissent la recherche clinique en Angleterre… Un rapport publié le 25 janvier 2024 par la société londonienne Newmarket Strategy, 6 recommandations spécifiques pourront répondre aux barrières existantes dans le domaine de la recherche et des essais cliniques dans les soins primaires.

    Les 6 recommandations pour des essais cliniques plus efficaces

    • NHS England et les autorités de santé anglaises devront fournir des indications claires sur comment les professionnels de santé et du médico-social devront être utilisés dans l’équipe des soins primaires et faciliter la recherche de celle-ci ;
    • l’Institut national de recherche sur la santé et le nouveau réseau de soins de Grande-Bretagne devront garantir la formation d’une grande variété de praticiens des soins primaires et soutenir les fournisseurs afin qu’ils puissent mener davantage de recherche clinique ;
    • le Ministère de la Santé et des Affaire sociales et le NHS England devront promouvoir et faciliter le financement des soins primaires pour qu’ils puissent participer à des essais commerciaux, notamment pour rembourser le coût de la recherche ;
    • le Royal College des praticiens généraux, l’Institut National de la Santé et la Recherche en soins et les réseaux de soins primaires financés par le NHS England encourageront l’utilisation de plateformes intégrées aux soins primaires, facilitant le recrutement de divers patients dans des essais cliniques grâce aux données détenues dans les Dossiers de santé électroniques ;
    • l’Autorité de la Recherche en Santé doit veiller à ce que les soins primaires soient représentés de manière appropriée dans l’élaboration de ses futures lignes directrices sur « l’identification et le contact des personnes au sujet de la recherche » ;
    • le Collège Royal des praticiens généraux, l’Institut national pour la recherche et la Recherche en soins ainsi que les réseaux de soins devront encourager les cabinets de médecins généralistes à utiliser des messages SMS pour directement proposer aux patients des essais cliniques.

    Identifier les patients pour la recherche clinique

    La continuité et la richesse des dossiers de soins primaires permettent d’identifier plus facilement les patients pour la recherche clinique. Les données sur les soins primaires sont utiles pour le recrutement d’essais cliniques de certaines maladies à long terme comme le diabète ou l’asthme.

    Les difficultés de la recherche primaire :

    La recherche en soins primaire fait face à plusieurs difficultés, voici les quatre obstacles les plus importants :

    • le manque de capacité à s’engager et prioriser la recherche. Les praticiens généraux font face à une pression croissante au travail, les empêchant de se focaliser sur la recherche ;
    • la connaissance des études cliniques en cours ne peuvent pas être assumées sans un accès à des outils appropriés. Une tâche pouvant être perçue comme fastidieuse ;
    • recruter les patients appropriés dans une recherche clinique peut être difficile et est connu comme l’aspect le plus dur pour lancer une recherche ;
    • engager directement les patients sur les recherches cliniques en incluant des essais n’est pas toujours simple, notamment à cause des implications légales concernées.

    Qu’est-ce qui empêche les praticiens de contribuer à la recherche ?

    Selon le NIHR, 1 003 285 patients ont été recrutés dans des recherches, dont des essais cliniques, entre l’année 2022 et avril 2023. En décembre 2022, seulement 35% des études recrutaient pour le délai et l’objectif, mais en novembre 2023, ce chiffre est passé à 82%. La capacité à identifier les bons patients pour l’étude était un obstacle majeur pour 73% des professionnels de la santé.

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    Comment approcher les patients pour les besoins des études cliniques ?

    Au-delà de l’annonce des médecins, les patients peuvent être identifiés et approchés en utilisant des données afin d’élaborer des approches plus ciblées. Les organismes de recherche clinique (CRO) sont souvent mandatés par des chercheurs sponsors pour effectuer des tâches de recrutement, même si cela peut être une approche coûteuse impliquant également de céder le contrôle d’une grande partie du processus de recrutement et de gestion des essais.

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    Faciliter la recherche dans les soins primaires

    La reconstruction du secteur de la recherche clinique au Royaume-Uni ne peut être pleinement réalisée sans tirer le maximum des atouts et des capacités du secteur des soins primaires. Les médecins généralistes devront être sûrs de la manière dont les données sont accessibles, quel est le processus de consentement et comment les données seront utilisées.

    Renforcer l’engagement des professionnels et des patients :

    Les médecins généralistes sont sous pression pour soigner leur patient et ne disposent que de 7 minutes par séance de consultation pour la recherche. Il est essentiel de garantir que la recherche puisse être intégrée dans leur flux de travail afin que leur participation soit facilitée. Notamment en comprenant qu’ils peuvent s’engager sans mener les activités de recherche forcément eux-mêmes.

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    87 % des patients interrogés ont convenu qu’il était important que le NHS mène des recherches cliniques, mais ils ne savaient pas comment y participer. Certaines organisations ont trouvé le moyen efficace de dialoguer avec les patients en exploitant les données d’une relation praticien général-patient, soit le cœur du soin primaire et jouant un rôle central dans la recherche clinique. Les patients font confiance à leur médecin généraliste : que 62% d’entre eux sont d’accords ou très favorables à prendre part à une étude clinique s’il elle est recommandée par leur médecin.

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  • Filière DM : 11 % des entreprises proposent un dispositif médical numérique (panorama Snitem)

    1 393 entreprises répertoriées en 2023, dont 90% sont exclusivement dédiées aux dispositifs médicaux (DM). La filière du DM en France, majoritairement composée de petites entreprises (PME/TPE), génère un chiffre d’affaires global de 32,5 milliards d’euros. C’est ce que révèle l’édition 2023 de l’étude “Panorama et analyse qualitative de la filière industrielle des dispositifs médicaux en France“, présentée le 5 février 2024 par le Snitem, en partenariat avec Bpifrance et Eurazeo et réalisée par D&Consultants. Ce panorama, publié tous les 2 ans depuis 2017, est basé sur les données du Snitem et une enquête en ligne auprès de plus de 200 entreprises.

    11 % des entreprises développent des DMN

    L’étude du Snitem révèle que 168 entreprises présentes en France développent des dispositifs médicaux numériques (DMN). Ces derniers représentent ainsi la 3e famille de DM produits par la filière après :

    • les DM à usage individuel et consommables (814 entreprises) ;
    • et les DM dits d’équipements (449 entreprises).

    En 4e position, on retrouve les DMDIV, fabriqués par 150 entreprises.

    Le marché du DMN en croissance :

    Une tendance positive de croissance (+2 %) du chiffre d’affaires se maintient sur la période 2021-2023, pour les entreprises du DMN. Celles fabriquant des DM à usage individuel et consommables ont enregistré une croissance de 0,5 %, après une légère décroissance entre 2019 et 2021, attribuée à l’impact de la crise Covid. De son côté, le marché du DMDIV affiche une dynamique de croissance positive depuis 2019, allant de 5 à 10 %.

    L’engouement des nouveaux entrants pour le numérique

    Entre 2021 et 2023, 119 entreprises ont quitté le marché et 36 nouvelles (dont 70 % de start-ups) l’ont investi, ramenant le nombre total d’acteurs à 1 393 (soit une baisse de 5,6 % par rapport à la période précédente). Tout en sachant qu’une entreprise peut cumuler plusieurs activités, l’étude enregistre la segmentation suivante par catégorie de produits :

    • 38 % ont des activités de DM d’équipement ;
    • 22 % ont des activités de DM à usage individuel et/ou consommable ;
    • 21 % ont des activités de DMN ;
    • 19 % ont des activités de DMDIV.

    Parmi les 119 entreprises qui ont quitté le marché :

    • 73 % ont déclaré une cessation d’activité ou une liquidation ;
    • 24 % ont été rachetées ;
    • et 3 % ont annoncé une fusion, un arrêt de production ou autre.

    152 projets financés par Bpifrance à hauteur (184 M€)

    [photo=198465]Lors de la matinée de présentation du panorama 2023 organisée par le Snitem, Fatima Heniche, responsable sectorielle Santé numérique chez Bpifrance, a présenté le bilan financier de la Banque publique d’investissement pour les DMN sur l’année 2023. Les financements alloués totalisent 184 millions d’euros, dont 80 millions provenant de la Stratégie d’accélération de santé numérique. Ils ont bénéficiés à 152 projets. Parmi les bénéficiaires, on compte 127 PME et 50 établissements de santé impliqués dans la construction d’entrepôts de données de santé (EDS).

    Les solutions numériques financées se répartissent comme suit :

    • aide au diagnostic/dépistage (36 %) ;
    • aide à la stratégie thérapeutique (29 %) ;
    • recherche (23 %) ;
    • télésuivi/télémonitoring (8 %);
    • formation (3 %) ;
    • aide à la gestion des flux (1 %).

    L’étude précise que les solutions spécifiquement axées sur la recherche et la formation ne relèvent pas directement de la catégorie des DM. Cependant, leur utilisation future, en particulier l’exploitation des données issues des EDS, est susceptible d’ouvrir la voie au développement de nouvelles applications. Cela pourrait inclure la création de nouveaux DMN innovants ou d’équipements médicaux.

    Quelles grandes tendances de la filière ?

    • En 2023, la filière française a généré un chiffre d’affaires de 32,5 milliards d’euro dont 10,6 milliards à l’export.
    • Les entreprises internationales représentent plus de deux tiers du chiffre d’affaires du secteur, bien qu’elles ne constituent qu’un quart du nombre total d’entreprises dans le pays.
    • Les régions Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes se démarquent en concentrant respectivement 36 % et 18 % des sièges sociaux des entreprises.
    • En ce qui concerne le nombre de sites de production, la région Auvergne-Rhône-Alpes occupe la première place (24 % des sites), suivie de l’Île-de-France avec (14 %), et des régions Grand-Est et Bourgone-Franche-Comté.

    Des obstacles à franchir et des leviers à exploiter :

    La réglementation européenne, notamment la certification MDR, représente un grand défi pour la majorité des entreprises de la filière. En effet, selon l’étude du Snitem, alors que 82% d’entre elles ont déposé des demandes de certification, 3/4 ne l’ont pas encore obtenue. L’accès au marché français se révèle difficile aussi : 46 % des entreprises ont renoncé à la mise sur le marché de leurs DM à cause de prix proposés trop faibles (38 %) ou d’un chemin d’accès au remboursement trop long et compliqué (38 %).

    Aujourd’hui, les DM peuvent bénéficier de 3 modalités de prise en charge :

    • le forfait innovation : conditionné à la réalisation d’une étude clinique et éventuellement médico-économique – en vigueur depuis 2009, il n’a enregistré 4 innovations publiées au Journal officiel entre 2021 et 2023 ;
    • le dispositif de prise en charge transitoire : conditionné aux DM innovants destinés à traiter une maladie rare ou grave ou à compenser un handicap, ce dispositif permet d’autoriser la mise sur le marché des DM innovants marqués CE pour une durée d’un an, mais 58% des entreprises interrogées ignorent cette option ;
    • le dispositif de prise en charge anticipée numérique (Pecan) : dont le décret a été publié en mars 2023, permet une prise en charge dérogatoire pendant un an pour les DMN à visée thérapeutique et les activités de télésurveillance (non inscrites sur la LPP ou la LATM) – jusqu’en décembre 2023, une seule entreprise a bénéficié de ce dispositif.

    📌 Pour accéder à l’intégralité du panorama 2023, cliquez ici.

    Un étude en cours sur la poids du numérique dans la filière

    Dans le cadre d’une étude pour le Snitem, Care Insight apportera un éclairage sur le poids du numérique et les stratégies adoptées par les acteurs du DM à travers un questionnaire interactif adressé à l’ensemble des entreprises de la filière. Cette sollicitation aura lieu courant mars 2024.

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  • Cancer : chiffres clés, les plans France et UE, promesses et limites des innovations (IA, télésuivi)

    Dans le contexte de la Journée mondiale de lutte contre le cancer (le 4 février), Health & Tech Intelligence fait le point sur les chiffres clés, les annonces gouvernementales et les innovations relatifs à cette maladie, enjeu de santé public majeur, première cause de mortalité chez l’homme et deuxième chez la femme (Insee).

    Il est à noter que le renforcement de la prévention en santé, au sens large et en particulier dans le champ de l’oncologie, fait partie des priorités nationales, tant au niveau des autorités qu’au niveau des acteurs du secteur. L’amélioration de la participation de la population éligible constitue un enjeu majeur dans la politique de dépistage des cancers. Les campagnes de dépistage organisées portent un double objectif de réduction des pertes de chances de guérison  et d’amélioration de l’accès aux examens diagnostiques.

    IA & aide à la décision, anapath numérique, entrepôt de données…

    👉 Sont présentés dans cet indicateur :

    📌 Les chiffres & données clés : les principaux cancers, l’évolution du taux de mortalité mais aussi les coûts associés à la maladie et les objectifs chiffrés du plan national 2021-2030 ;

    📌 Les principaux objectifs du plan français mais aussi du plan européen de lutte contre le cancer (Europe’s Beating Cancer Plan), deux stratégies qui placent l’intelligence artificielle (IA) et le numérique au centre de leurs actions ;

    📌 Un retour sur les principales innovations dans la filière, avec :
    • un focus sur l’espoir porté par l’immunothérapie et l’ARN messager ;
    • le développement de l’IA, en particulier dans l’aide au dépistage : avec une présentation de sociétés spécialisées dans l’IA appliqué à l’oncologie mais aussi des principales start-ups et PME françaises spécialisées en IA et radiologie (aide à la détection) ;
    • anapath numérique : une transformation en cours, avec l’arrivée de la numérisation des lames et de l’IA dans l’analyse de ces lames ;
    • l’essor de l’ambulatoire et des outils de suivi à domicile, porteurs de promesses mais présentant aussi certaines limites : avec une présentation de dispositifs innovants de suivi ambulatoire dédiés à l’oncologie ;
    • la structuration des données parmi les enjeux ;

    ➡️ Avec un zoom sur le déploiement de Consore (Continuum soins-recherche), moteur de recherche pour le big data en cancérologie, dans les centres Unicancer.

    Chiffres clés : 433 000 nouveaux cas de cancer détectés en France

    Synthèse des chiffres et données clés :

    [photo=198466]Ci-dessous les chiffres clés du cancer en France, mis en perspective avec les objectifs chiffrés du plan décennal français de lutte contre les cancers (2021-2030) ;

    note : les cancers de la prostate, du sein, du côlon-rectum et du poumon sont les cancers les plus fréquents en France : “la majorité d’entre eux peuvent être détectés de plus en plus tôt et faire l’objet de traitements donnant aux patients de meilleures chances d’en guérir, avec moins de séquelles”, indique l’Institut national du cancer (Inca) sur son site web.

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    Chiffres et données clés en détail :

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    Sources : Présidence de la République et Inca (présentation du plan décennal 2021-2030) ; Inca (panorama des cancers en France, édition 2023).

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    Inégalités face au cancer dans l’UE : Les taux de mortalité par cancer varient de 1,6 fois selon les pays et jusqu’à 37 % entre les régions d’un pays

    L’Asie concentre près de la moitié des cas détectés en 2022 d’après le CIRC (9,8 millions), l’Europe (au sens large, Russie incluse) concentre à elle seule près du quart des diagnostics (4,5 millions).

    Selon un rapport publié par la commission européenne en 2023, de fortes inégalités persistent en matière d’exposition aux facteurs de risque, affectant particulièrement les personnes issues de milieux socio-économiques défavorisés ; par exemple, le tabagisme quotidien est près de 50 % plus répandu chez les personnes moins instruites et les niveaux de surpoids et d’obésité sont 21 % plus élevés. De même, tant la consommation de fruits et légumes que les niveaux d’activité physique sont inférieurs.

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    Des écarts socio-économiques au détriment des personnes moins instruites sont constatés pour plusieurs facteurs de risque de cancer.

    Ce rapport montre également que Des taux de participation plus élevés aux programmes de dépistage du cancer du sein sont associés à des ratios plus faibles de mortalité par cancer du sein et d’incidence

    Rapport : OECD (2024), Beating Cancer Inequalities in the EU: Spotlight on Cancer Prevention and Early Detection, OECD Health Policy Studies, OECD Publishing, Paris

    Coût : 1,86 Md € remboursé par la Cnam en 2017 (derniers chiffres)

    Les dépenses :

    • 6,3 milliards d’euros de dépenses hospitalières en 2021 liées au diagnostic, au traitement ou au suivi des personnes atteintes de cancer* : +6,6% par rapport à 2020;
    • Dépenses liées aux médicaments anticancéreux, sur liste en sus* : 3,8 milliards d’euros (+ 13,9 % par rapport à 2020), dont 73 % pour les immunothérapies.

    * Hors séances de radiothérapie réalisées dans le secteur libéral et hors dépenses des anticancéreux facturés en sus des groupes homogènes de séjours.

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    Répartition des dépenses :

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    Évolution des dépenses des immunothérapies de 2014 à 2017 :

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    Le remboursement :

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    Source : « Les cancers en France en 2018 – L’essentiel des faits et des chiffres », édition 2019, Institut national du cancer.

    Lutte contre le cancer : le plan français (1,74 Md€) place IA et numérique au centre

    [photo=198165] Une « utilisation élargie de l’intelligence artificielle (IA) » et un appui sur les dispositifs numériques – notamment pour lutter contre l’isolement des personnes et les inégalités territoriales – font partie des actions principales inscrites dans la stratégie décennale de lutte contre les cancers (2021-2030), coordonnée par l’Inca, avec le ministère des Solidarités et de la Santé ainsi que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Les axes forts de ce plan ont été présentés le 3 février 2021 en conférence de presse, en amont du discours tenu le 4 février par le Président de la République, dans le contexte de la Journée mondiale de lutte contre le cancer.

    Le budget global de cette stratégie s’élève à 1,74 milliard d’euros pour 2021-2025 : le détail de cette enveloppe et des actions du plan sur 5 ans est précisé dans la feuille de route du Gouvernement, publié par décret au Journal officiel (JO) le 5 février 2021.

    Les 4 priorités nationales :

    • 1. améliorer la prévention : Mieux informer et sensibiliser la population sur les dépistages des cancers;
    • 2. Augmenter le nombre de participants aux dépistages organisés des cancers en population générale ;
    • 3. Mettre en œuvre des actions spécifiques pour les personnes les plus éloignées des systèmes de prévention et dans les territoires avec un moindre taux de participation, pour diminuer les inégalités d’accès aux dépistages des cancers ;
    • 4. Viser une amélioration continue des dépistages des cancers

    La stratégie décennale est plus précisément articulé en 4 grands axes, déclinés en 234 actions concrètes (qui seront dévoilées ultérieurement) :

    • axe 1 : améliorer la prévention (la lutte contre tabagisme et alcoolisme font partie des priorités n° 1 : « Je souhaite que la génération qui aura 20 ans en 2030 soit la première génération sans tabac de l’histoire récente », insiste Emmanuel Macron, qui annonce hausse des prix, extension des espaces sans tabac, campagne d’information et meilleur accompagnement pour ceux qui souhaitent arrêter de fumer) ;
    • axe 2 : limiter les séquelles et améliorer la qualité de vie ;
    • axe 3 : lutter contre les cancers de mauvais pronostic ;
    • axe 4 : s’assurer que les progrès bénéficient à tous.

    1 deuxième feuille de route a été établie pour 2024-2028

    Dans le détail, une première feuille de route de route a été établie pour la période 2021-2025 ; une seconde pour la période 2024-2028 : elles définissent les responsables des différentes mesures, les partenaires, les jalons, les indicateurs et le calendrier. Leur déploiement sera facilité par la mise en place d’une gouvernance adaptée, avec la création de 3 comités spécifiques à échelon national et à échelon régional. 

    Il est à noter que le numérique et l’IA font partie des domaines prioritaires à développer en matière d’aide à la détection.

    Plusieurs innovations sont en cours qui permettent de mieux cibler, là aussi de mieux prévenir grâce à ces technologies, d’éviter parfois des actes inutiles suite au premier constat et donc d’améliorer le dépistage.

    Télécharger la deuxième feuille de route ici

    Pour aller plus loin :

    • les éléments clés du plan français de lutte contre les cancers sont présentés dans un article H&TI dédié, accessible via ce lien ;
    • présentation détaillée de la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 sur le site de l’Inca ici ;
    • 1er bilan du plan français (115 actions lancées, 16 terminées et 27 en retard) : éléments clés présentés dans un articles H&TI ici.

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    ZOOM  : la filière IA & Cancers a été créée en août 2021 pour mutualiser les données de la recherche privée et publique

    Développer « une plateforme de données unique au monde » pour « rendre accessibles à la recherche les données publiques et privées en cancérologie » et « rendre plus aisée l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) » : c’est l’un des objectifs de la « stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 » annoncée par Emmanuel Macron le 4 février 2021, et dont le 1er comité de pilotage s’est tenu le 5 juillet 2021 à Matignon.

    L’Inca, le Health Data Hub, l’Ariis, France Biotech et les 7 industriels de santé sont les 11 membres fondateurs de l’association « Filière Intelligence artificielle et Cancers » (FIAC), investie d’une mission d’intérêt général. Officiellement créée le 3 août 2021, elle a été présentée en détail par ses fondateurs le 14 septembre 2021 à l’occasion d’une conférence de presse. Objectif : « accélérer l’innovation et la recherche au bénéfice des patients » à travers une collaboration inédite entre les acteurs du secteur public et du secteur privé.

    La singularité de l’association « repose sur sa capacité à fédérer, aux côtés des acteurs publics, une représentation importante d’industriels de santé », soulignent les partenaires dans un communiqué commun. « L’utilisation de l’IA dans le traitement des données de santé sera décisive dans la recherche, quel que soit le champ couvert, avancent-ils. Elle peut contribuer ainsi au développement de nouvelles stratégies de diagnostic et de traitements pour les patients. »

    Pour aller plus loin :

    ZOOM – Inauguration du Paris Saclay Cancer Cluster : Eric Vivier président, Benjamin Garel directeur général

    L’inauguration du PSCC, dont la création a été annoncée par Emmanuel Macron dans le cadre du CSIS en juin 2021, a eu lieu le 4 février 2022 dans les locaux de Gustave Roussy à Villejuf (Val-de-Marne) – en présence des ministres Olivier Véran (Santé) et Frédérique Vidal (Recherche et Innovation) ainsi que des représentants des 5 membres fondateurs de PSCC :

    • Sanofi ;
    • Gustave Roussy ;
    • l’Inserm ;
    • l’Institut polytechnique de Paris ;
    • l’université Paris-Saclay.

    L’une des principales priorités du PSCC est d’accélérer et simplifier l’accès aux données tout en garantissant leur standardisation, leur qualité et leur interopérabilité. Pour relever ce défi, le cluster met en œuvre les actions suivantes :

    • Création d’un réseau fédéré de données permettant des requêtes multisites, même si les données demeurent dans les établissements.
    • Établissement d’un point d’entrée unique pour tous les porteurs de projet.
    • Fourniture d’une assistance aux établissements de santé pour accélérer leurs initiatives en matière de qualité et d’interopérabilité.

    Ce projet, réalisé en partenariat avec UNICANCER, réunit déjà l’Institut Gustave Roussy, l’Institut Curie, le Centre Léon Bérard, l’AP-HP et l’hôpital Foch, et bénéficie des données du plan France Médecine Génomique 2025, comprenant plus d’un million de séquences génomiques 48 équipes de recherche en oncologie et 31 start-up. Pour aller encore plus loin, le PSCC collabore avec Cancer Core Europe, un réseau regroupant sept des principaux instituts de recherche et de soins européens, ainsi qu’avec le réseau des centres français de lutte contre le cancer Unicancer.

    Pour aller plus loin :

    • consulter les articles H&TI complets sur ce sujet ici et ici.

    Lutte contre le cancer : Le plan français en cohésion avec le plan européen (4 Md€)

    [photo=198166] Le 3 février 2021, la Commission européenne (CE) a présenté le plan européen pour vaincre le cancer (Europe’s Beating Cancer Plan), « une priorité essentielle dans le domaine de la santé de la Commission [présidée par Ursula von der Leyen] et un élément clé pour une Union européenne (UE) de la santé forte », souligne la CE dans le dossier exposant les lignes directrice de sa feuille de route.

    Ce plan, doté d’un budget de 4 milliards d’euros, est axé sur les nouvelles technologies, la recherche et l’innovation dans le but de définir une « nouvelle approche » de l’UE en matière de prévention, de traitement et de soins du cancer. Cela passera notamment :

    • par la mise en place d’« une initiative en matière d’imagerie sur le cancer » pour « soutenir le développement de nouveaux outils assistés par ordinateur afin d’améliorer la médecine personnalisée et les solutions innovantes » ;
    • par la fondation d’un Centre de connaissances sur le cancer dont le but sera de « contribuer à la coordination des initiatives scientifiques et techniques liées au cancer à l’échelle de l’Union ».

    Lors de la conférence de presse présentant le plan français, Anne-Marie Armanteras, conseillère santé, handicap, personnes âgées auprès du président de la République, a relevé que la feuille de route de française était en adéquation avec les objectifs visés par l’Europe en matière de lutte contre le cancer.

    Pour aller plus loin :

    Lutte contre le cancer- Recherche : Création de trois Instituts Hospitalo-Universitaires (IHU) en cancérologie

    [photo=198166] En 2023, suite à un appel à projets, trois centres d’excellence axés sur la recherche en cancérologie ont été annoncés. Parmi ces Instituts Hospitalo-Universitaires (IHU), on distingue :

    • L’IHU PRISM, une initiative conjointe du Centre National de Médecine de Précision en Oncologie et de l’Institut Gustave Roussy, reposant sur un consortium incluant l’Inserm, l’Université Paris Saclay, l’École CentraleSupélec et le réseau Unicancer basé sur le Cancer Campus à Villejuif. Ses objectifs sont :
      • Améliorer la survie des patients atteints de cancers difficiles à traiter de plus de 10 %.
      • Réduire les toxicités liées aux traitements chez au moins 20 % des patients.
      • Accélérer le développement de médicaments.
    • L’IHU THEMA-2, porté par l’Institut Européen de la Leucémie et la Fondation de l’Université Paris-Cité, a pour ambition de transformer radicalement le pronostic de la leucémie, voire de l’éradiquer.
    •  L’IHU Cancers des Femmes, porté par l’Institut des Cancers des Femmes et l’Institut Curie à Paris, est spécifiquement dédié aux cancers gynécologiques. Ses missions comprennent :
      •   Révolutionner la compréhension des cancers féminins.
      •   Repenser la prise en charge des cancers féminins en développant des stratégies de prévention des rechutes et d’amélioration de la qualité de vie des patients.
      •   Devenir un foyer d’innovation ouverte pour dépasser les attentes médicales et scientifiques, en catalysant les idées provenant des soignants, des chercheurs, des patients, des citoyens et des autorités publiques.

    Les promesses de l’immunothérapie

    [photo=198175] En plein essor depuis quelques années, l’immunothérapie est “un traitement qui vise, pour les molécules utilisées dans le mélanome, à stimuler les défenses immunitaires de l’organisme contre les cellules cancéreuses, explique l’Inca sur son site web. Deux types de molécules d’immunothérapie sont utilisés : les anticorps monoclonaux et l’interféron alpha.”

    2 immunologistes, l’Américain James P. Allison et le Japonais Tasuku Honjo, ont été récompensés par le prix Nobel de médecine en 2018 pour leurs travaux sur le traitement du cancer par “inhibition de la régulation immunitaire négative”.

    Une application à tous les cancers n’est pas encore possible

    Quoique très efficace et présentant un effet durable après l’arrêt du traitement, l’immunothérapie présente certaines limites puisqu’elle ne peut pas encore s’appliquer à tous les cancers comme toutes les tumeurs ne sont pas identiques.

    Les causes des échecs de l’immunothérapie ne sont pas toutes connues : la recherche clinique actuelle a pour but, à l’aide de biomarqueurs, de caractériser les patients chez qui ces thérapies ont des effets bénéfiques.

    “L’offre des traitements anticancéreux a été bouleversée avec l’arrivée de nouveaux médicaments, dits d’immunothérapie spécifique, relève Marianne Duperray, directrice des recommandations et du médicaments de l’Inca (source : panorama des cancers en France, édition 2022, Inca). Parmi eux, on compte les inhibiteurs de points de contrôle de l’immunité et les cellules CAR-T qui sont des lymphocytes T prélevés dans le sang du patient puis génétiquement modifiés en laboratoire avant d’être réinjectés au patient. Les cellules CAR-T, médicaments de thérapie cellulaire et génique, sont associées à de nombreux enjeux en matière d’organisation des soins, de sécurisation du circuit du médicament, de gestion de leurs toxicités, de maîtrise des dépenses de santé, etc. Pour assurer la sécurité des patients, un arrêté limite l’utilisation des cellules CAR-T à certains établissements de santé en fonction de critères précis.”

    ARN messager contre le cancer : un premier essai clinique lancé au Royaume-Uni

    Des patients de l’hôpital Hammersmith, à l’ouest de Londres, ont reçu une thérapie génique à ARNm. Cette intervention fait partie d’un essai clinique de phase 1/2, dont l’objectif est d’évaluer la toxicité, la tolérance et l’efficacité de cette nouvelle approche dans le traitement du mélanome, du cancer du poumon et d’autres tumeurs solides, comme rapporté par le Guardian.

    Il est à noter que plusieurs vaccins contre le cancer utilisant la technologie de l’ARN messager sont en cours de développement à l’échelle mondiale. L’Imperial College de Londres les classe en deux catégories :

    1. Les immunothérapies anticancéreuses personnalisées, qui reposent sur l’extraction du matériel génétique du patient à partir de ses propres tumeurs.

    2. Les immunothérapies thérapeutiques “prêtes à l’emploi”, telles que celle discutée ici, qui sont conçues pour cibler un type spécifique de cancer.

    Les promesses de l’IA

    Exemple d’un projet : le challenge AI4Curie ou l’IA au service de l’immunothérapie dans les cancers du poumon

    [photo=198173] L’Institut Curie et Swiss Life se sont associés en 2020 dans le cadre d’un challenge en IA pour prédire l’efficacité de l’immunothérapie dans le traitement des cancers bronchiques :

    • lancement le 22 janvier 2020 de la 1ère édition d’« AI4Curie », un appel à projets (AAP) qui s’adresse aux start-ups et aux chercheurs en IA dans l’objectif d’identifier des projets prometteurs (plus de détails sur l’AAP ici) ;
    • la start-up Magic Lemp est la lauréate du challenge (résultats dévoilés en septembre 2020) :
      • le projet de Magic Lemp : « Capricorn » (pour « Calibration de protocoles d’immunothérapie construits par réseau de neurones ») ;
      • son objectif : « permettre aux médecins de prendre une décision personnalisée sur la base des données du patient » (plus de détails dans l’article H&TI ici).

    La deuxième édition de l’AAP « AI4Curie » n’a pas encore été lancée.

    l’institut Curie a mené la création d’une intelligence artificielle capable de déterminer l’origine de cancers particulièrement retors

    L’Institut Curie à Paris a développé une intelligence artificielle (IA) capable de détecter l’origine de certains cancers difficiles à diagnostiquer, offrant ainsi une meilleure adaptation des traitements et potentiellement une augmentation du taux de survie. Le docteur Sarah Watson, oncologue médicale et chercheuse à l’Institut Curie, a dirigé cette initiative pour les cancers de primitifs inconnus (CPI), qui posent des défis majeurs aux spécialistes. L’IA, entraînée sur plus de 20 000 échantillons, a démontré une précision remarquable dans la détection de l’origine des cancers avec un taux de réussite dépassant 80%. Des patients ont bénéficié de traitements adaptés basés sur les diagnostics de l’IA, montrant des résultats prometteurs. Bien que l’IA soit un outil précieux, Sarah Watson souligne qu’elle doit être intégrée à une approche globale de prise en charge médicale, avec une interprétation humaine des résultats et une décision thérapeutique ultime.

    Zoom sur 4 autres actions de l’Institut Curie :

    L’IA au service de l’aide à la prédiction

    2 études mettent en avant les limites de l’IA :

    D’autres études mettent en avant l’efficacité de l’IA dans l’aide à la prédiction :

    Études publiées en 2021 :

    Études publiées en 2020 :

    Études publiées avant 2020 :

    Pour aller plus loin :

    Exemples de sociétés spécialisées dans l’IA appliqué à l’oncologie :

    [vue=198114]

    FOCUS – les principales start-ups et PME françaises spécialisées en IA et radiologie :

    • Note : le domaine de la radiologie rejoignant celui de l’oncologie (aide à la détection), la présentation ci-dessous a été intégrée dans cette partie dédiée à l’IA appliquée à la lutte contre le cancer.

    [vue=198149]

    Pour aller plus loin :

    Anapath numérique : une transformation en cours

    Plus de 1 670 anatomopathologistes (anapath) exerçaient en France en 2020. Selon les données du Cnam, 31,6 % exerçaient en libéral au 1er janvier 2021, 61,5 % en mode salarial et 6,9 % en mode mixte (Atlas de la démographie médicale en France). Depuis quelques années, le métier d’anapath évolue, notamment avec l’arrivée de la numérisation des lames et de l’intelligence artificielle (IA) dans l’analyse de ces lames. Le champ de l’oncologie est directement concerné par cette transformation.

    [photo=198244] [encadre=198243]

    Publications H&TI sur la numérisation de l’anapath :

    Exemples de dispositifs innovants de suivi ambulatoire dédiés à l’oncologie

    [vue=198099]

    À noter : liste non exhaustive

    Les limites des applications de suivi à domicile :

    Dans le cadre d’une étude publiée en septembre 2019 dans le BMJ Open, des chercheurs écossais de l’université d’Aberdeen ont mené une revue exploratoire de la littérature sur les applications mobile dédiées au cancer. Ils en ont étudié 151 et ont constaté que la plupart d’entre elles sont développées par des organisations commerciales. Quant aux promesses d’autonomisation dans la lutte contre le cancer, elles sont tempérées par le fait que beaucoup d’allégations de santé sont exagérées.

    Présentation détaillée des travaux et des résultats ici.

    La structuration des données parmi les enjeux

    Filière IA & Cancers : vers une plateforme de données en cancérologie

    La FIAC se concentre sur la réutilisation des données en cancérologie, en répondant aux besoins exprimés par les acteurs du domaine. L’appariement des bases de données est un enjeu majeur, au cœur des projets pilotes collaboratifs de la FIAC, visant à partager une expérience commune.

    L’INCa s’engage à construire une Plateforme des données en cancérologie, intégrant différentes sources de données, y compris celles des dossiers communicants. Le projet BACK-GAMMON, mené par Novartis, vise à enrichir cette plateforme avec des données d’examens de génétique moléculaire dans certains cancers du poumon.

    Les données d’accès précoce suscitent un intérêt particulier pour leur utilisation dans les médicaments nouvellement disponibles en France. Des efforts sont faits pour automatiser la collecte de données dans tous les centres de soins, avec une standardisation des protocoles pour faciliter leur utilisation. Les laboratoires comme AstraZeneca et Amgen développent des projets pour appairer ces données avec la base SNDS de la plateforme de l’INCa

    La FIAC explore également le potentiel des données de santé pour améliorer les parcours de soins. Des travaux sont en cours pour évaluer l’utilisation de questionnaires de qualité de vie structurés et pour mieux comprendre les parcours de santé, avec des propositions d’orienter les appels à projets vers des solutions technologiques adaptées.

    D’autres enjeux, tels que les bras contrôles synthétiques dans les essais cliniques, ont été soulevés lors de la journée. NovaDiscovery, spécialiste de ce sujet, présentera ses solutions aux membres de la FIAC, dans le cadre d’ateliers d’innovation réguliers

    FOCUS : Consore, un moteur de recherche pour le big data en cancérologie

    [photo=198174] L’outil Consore (pour “Continuum soins-recherche”), développé par Unicancer, est présenté comme un moteur de recherche pour le big data en cancérologie.

    L’objectif pour le groupe est que tous ces centres de lutte contre le cancer (CLCC) soient équipés de l’outil d’ici la fin de l’année 2020, indique Unicancer à Health & Tech Intelligence.

    Consore permet :

    • l’identification simplifiée de patients à qui proposer une étude clinique multicentrique : Consore identifie en quelques secondes le nombre de patients répondant aux principaux critères de sélection dans les différents centres ;
    • la visualisation synthétique de l’histoire pathologique des patients (apparition d’une tumeur, récidive, métastase, second cancer et traitements) et des soins dispensés en préparation de la réunion de concertation pluridisciplinaire ;
    • l’analyse de données pour des études épidémiologiques, en vie réelle ou médico-économiques.

    Pour chaque centre participant, Consore rassemble des données structurées et non structurées depuis 2004 notamment sur les traitements, les examens, la caractérisation des tumeurs et la démographie des patients.

    Ces données sont issues :

    • des dossiers patients y compris les compte-rendu d’examens et les courriers ;
    • des actes codés dans le PMSI (y compris la chirurgie et la radiothérapie) ;
    • les fiches de description standardisée des tumeurs ;
    • du dossier pharmaceutique pour les chimiothérapies ;
    • des informations du Centre de ressources biologiques (disponibilité d’échantillons tumoraux ou sanguins);
    • les informations des outils métiers de la radiothérapie ;
    • les analyses biologiques ;
    • les données d’imagerie.

    Le moteur de recherche exploite uniquement des documents existants et ne requiert donc pas de travail de codage supplémentaire aux centres hospitaliers qui l’utilisent, note Unicancer.

    10 ans de déploiement de Consore dans les centres de lutte contre le cancer Unicancer : état des lieux

    [vue=198096]

    Un outil qui a donné naissance à des programmes majeurs pour l’avenir de la lutte contre le cancer

    • Unibase, conduit en partenariat avec le Health Data Hub (HDH), qui permet de créer et mettre à la disposition des acteurs de la recherche en cancérologie une collection de bases de données de référence. Dans ce cadre, 9 projets financés : un premier projet – Precision Predict, lauréat du Grand défi IA en santé – de l’appel à projets du HDH, 3 dans l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) 2022 et 5 dans l’AMI 2023.
    • ONCO-DS, le projet d’entrepôts fédérés de données de santé d’Unicancer, retenu par le ministère de la Santé et de la Prévention et BPI France dans le cadre de l’appel à projets « Accompagnement et soutien à la constitution d’entrepôts de données de santé hospitaliers » de France 2030.
    • Le choix de ConSoRe par le Paris Saclay Cancer Cluster, le premier biocluster national, pour répondre aux grands défis de la cancérologie au sein des Centres, et peut-être demain pour d’autres hôpitaux.

    Pour aller plus loin :

  • Data : la majorité des établissements de santé encore « immatures » pour pouvoir innover (étude HBR)

    Manque d’interopérabilité, faible compétence d’analyse de la donnée, une culture collaborative insuffisante… Plusieurs facteurs ralentissent l’avancée de la data dans les établissements de santé, selon un rapport publié par les Harvard Business Review (HBR) Analytic Services. Bien que la majorité des organisations de santé dans le monde aient compris l’importance des données, seulement 16 % d’entre elles décrivent une maturité dans l’intégration et l’analyse de la data pour éclairer leurs processus de prise de décision.

    Une immaturité dans la gestion de la data

    Le sondage réalisé par HBR rapporte les résultats suivants :

    • 16 % des organisations sont considérées matures, ayant une capacité de prise de décision rapide ;
    • 56 % des organisations sont en cours de “maturation”, la plupart des données étant numériques mais il existe des écarts dans les diagnostics, ralentissant la prise de décision ;
    • 28 % des organisations sont considérées immatures, ne pouvant identifier et valoriser des données de qualité.

    Principaux obstacles :

    Parmi les principaux obstacles à la maturation des organisations de soins en termes de data, selon le sondage :

    • des systèmes et des données incompatibles ;
    • des silos organisationnels ;
    • et le manque de compétence dans l’analyse de data.

    “Nous ne pouvons pas gérer une organisation de santé viable sans utiliser la data avec des moyens novateurs”, explique John Halamka, président de la Mayo Clinique. “Nous ne pouvons voir des patients à consulter sans exploiter leurs données du passé pour trouver des soins optimaux dans le futur”, ajoute-t-il. Et de conclure : “Nous ne pouvons réduire les burnouts chez nos professionnels sauf si nous regardons la data pour déterminer ce que les cliniciens ont besoins de savoir chez leur patients.”

    A la recherche d’un équilibre entre valorisation et sécurité des données :

    Dans la plupart des cas, les structures de santé s’associent à des partenaires externes pour analyser des données, aidées notamment par l’intelligence artificielle (IA) ou l’apprentissage automatique ou machine learning (ML). Leur enjeu principal consiste en un équilibre à trouver entre sécurité des données et de capacité d’analyse pour améliorer les diagnostics et les traitements d’un patient est crucial.

    [photo=198072]

    Des défis de l’intégration de la Data

    74 % des organisations ayant répondu affirment qu’elles ont fait plus d’efforts, ces 3 dernières années, dans leur approche pour intégrer la data et l’interopérabilité. Leurs 2 motivations principales sont :

    • l’amélioration de l’efficacité opérationnelle et de la productivité (89 %) ;
    • l’accélération de la prise des décisions (67 %).

    Le manque interopérabilité comme frein :

    Un écart important persiste pourtant entre la volonté d’utiliser la data dans les établissements de santé et son exécution réelle : alors que 96% des organisations admettent qu’il est important d’utiliser la data, seulement 25% indiquent être performantes dans ce domaine. L’un des principaux freins reste le manque d’interopérabilité où les professionnels de santé doivent composer avec des dossiers médicaux dispersés dans différents hôpitaux, n’ayant pas accès à l’historique médical complet de leur patient.

    [photo=198078]

    L’acculturation et les partenariats entre établissements

    Bien que l’intégration, l’interopérabilité et la gestion de la data représentent de véritables défis aux établissements de santé, le manque de “leadership” et de “culture” s’avère aussi être un facteur important de ralentissement de l’innovation, selon l’étude de HBR. Les silos organisationnels et le manque de collaboration ne prennent pas en compte les utilisateurs finaux, à savoir les professionnels de santé : il s’agirait également d’un problème de « mentalité » au sein des établissements, plutôt qu’un problème seulement technique.

    Construire une culture de la data :

    Les directions des établissements de santé devraient soutenir les projets innovants et essayer de mieux comprendre les besoins de leurs infrastructures, d’après les résultats du sondage. D’un autre côté, et pour parvenir à l’intégration et l’interopérabilité des données, ils devraient renforcer leurs partenariats avec des organismes externes pour analyser leurs données, apporter des technologies numériques (IA, ML). De tels partenariats présentent des risques en termes de sécurité des données. L’enjeu restent donc pour les différentes organisations de soins de relever ces défis pour réussir la transformation de leur gestion des établissements et des parcours de santé.

  • M. Marmier nommée conseillère Santé des populations, Produits de santé et Bioéthique de G. Attal

    Par un arrêté publié le 2 février 2024, Mathilde Marmier a été nommée au cabinet du Premier ministre, Gabriel Attal, en tant que conseillère santé des populations, produits de santé et bioéthique. Diplômée d’un doctorat en médecine spécialisé en santé publique et médecine sociale de l’Université Paris-Est Créteil (Upec), Mathilde Marmier a pris ses nouvelles fonctions le 29 janvier 2024, après avoir été sous-directrice de la Santé de la Ville de Paris. Elle a également fréquenté l’Université Paris Dauphine (PSL) où elle a obtenu un master en économie et management des organisations du secteur médico-social.

    Une expérience politique précoce

    Très tôt au cours de sa carrière, Mathilde Marmier a été nommée conseillère en questions de société, droits des usagers, santé mentale, et populations vulnérables au sein du cabinet de la Ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes. De 2012 à 2015, elle a joué un rôle clé dans l’élaboration de politiques publiques axées sur l’amélioration de la qualité de vie des groupes les plus vulnérables de la société. Son engagement dans ce domaine a été marqué par une approche centrée sur l’humain, visant à adresser les complexités des questions sociales et de santé mentale à un niveau gouvernemental.

    En 2015, elle a rejoint le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis pour superviser des programmes de santé publique, notamment dans la lutte antituberculeuse et la vaccination. A partir d’avril 2022, elle occupe le poste de sous-directrice de la Santé à la Ville de Paris.

    Une expertise en santé publique et en éducation

    Mathilde Marmier a connu diverses expériences en santé publique et en enseignement : en tant qu’enseignante en master Affaires publiques à Sciences Po Paris, et en 2019, en tant que responsable adjointe du département produits de santé à la Caisse nationale de l’assurance maladie, avant d’assumer les responsabilités de médecin cheffe du service de protection maternelle et infantile (PMI).

    L’arrêté publié le 2 février 2024 marque ainsi le retour de Mathilde Marmier dans le champ politique mais aussi la reconnaissance de son expertise dans les différents domaines de la santé publique.

    [annuaire=198077]

  • Mon espace santé : plus de 10 millions de Français ont déjà activé leur compte (DNS)

    “Chaque mois, ce sont 20 millions de documents de santé qui sont envoyés sur Mon espace santé, soit un document de santé sur deux : ce qui représente plus du double du nombre de documents envoyés en 15 ans dans l’histoire du DMP” : c’est l’un des constats dressés par Hela Ghariani, co-responsable de la DNS, lors de la présentation de la synthèse d’études quantitative et qualitative sur les Français et le numérique en santé organisée le 5 février 2024 au ministère de la Santé par la Délégation au numérique en santé (DNS). Cette synthèse, réalisée de manière récurrente (la dernière ayant eu lieu en 2020, après l’épisode du Covid qui a fait exploser l’adoption du numérique), aborde les questions de : l’usage du numérique en santé par les Français, certaines de leurs inquiétudes quant à la montée de cet usage, mais surtout le rapport des Français au service Mon espace santé (MES).

    Ces résultats sont le fruit de deux enquêtes :
    • la première, dite “quantitative”, réalisée en ligne sur 2 032 Français âgés de plus de 18 ans ;
    • la seconde, dite “qualitative”, réalisée par le biais de 6 réunions par groupe de 8 à 10 personnes en mettant en place un équilibre en termes d’âge, de sexe, de catégorie socioprofessionnelle, d’utilisateur ou non de Mon espace santé, ou encore de personnes atteintes ou non d’affection de longue durée (ALD).

    Une utilisation de plus en plus croissante

    Le croisement des données récoltées par le biais de ces enquêtes a montré une nette évolution de l’utilisation du numérique en santé par les Français depuis la dernière synthèse réalisée par la DNS en 2020 : 90% des personnes interrogées indiquent qu’elles ont déjà eu recours à au moins un outil ou service numérique en santé comme une téléconsultation ou de la récupération électronique de documents d’analyse. Cette évolution se remarque par exemple avec un augmentation de 8 points depuis 2020 (passant de 70 à 78 %) du nombre de Français qui ont déjà eu recours à un rendez-vous en ligne avec un praticien. Une augmentation de 7 points est enregistrée (passant de 32 à 39 %), celle du nombre de Français qui ont déjà communiqué avec leur médecin par SMS ou par e-mail.

    Le numérique en santé présente pour les Français deux principaux avantages :

    • 74 % d’entre eux considèrent que son développement “aura un effet positif sur la coordination” des différents praticiens dans le suivi du dossier médical du patient et donc une meilleure coordination de son parcours médical ;
    • 72 % des Français estiment que la santé numérique “aura un effet positif sur la fluidité des démarches administratives de santé”, notamment la prise en charge ou le remboursement.

    MES : bien connu des Français mais encore peu exploité

    Les deux enquêtes réalisées ont montré que plus de 4 Français sur 5 (82 %) connaissent Mon espace santé même si seulement la moitié de ceux interrogés affirment l’avoir déjà utilisé. Un chiffre qui peut paraître surprenant lorsque l’on sait que seulement 15,6 % de la population a effectivement activé son compte MES. Hela Ghariani indique que la campagne de communication incitant les Français à activer leur espace santé a démarré en septembre 2022 et qu’en 15 mois, plus de 10 millions de personne ont activé leur compte. Elle ajoute qu’il est rare de voir “un niveau d’utilisation aussi haut de la part des usagers en si peu de temps, en sachant qu’environ 300 000 personnes se connectent pour la première fois sur le service chaque mois”.

    Le rôle des professionnels de santé dans l’adoption de MES :

    Pour les 82% des personnes qui connaissent MES, elles ont soit été informées de manière directe ou indirecte :

    • 28% indiquent qu’elles ont eu connaissance du service en se connectant à un autre service ou à un autre site de gestion de santé comme la MGEN ou Ameli ;
    • 26% ont en eu connaissance via leur médecin qui leur en a parlé et 13% par le biais d’un autre professionnel de santé qui n’est pas le médecin traitant ;
    • 23% indiquent qu’elles ont découvert MES par le biais des médias.

    De plus, parmi les non-utilisateurs du service, 57% d’entre eux ont déclaré qu’ils seraient prêts à l’utiliser sur recommandation d’un médecin. Ceci témoigne que ce chiffre de 15% d’utilisateurs pourrait augmenter rapidement si les professionnels de santé incitaient leur patient à l’utilisation de MES.

    Les parents favorables à un carnet de santé numérique :

    Parmi les parents questionnés au cours des deux enquêtes, 78 % de ceux qui ont un enfant âgé de moins de 12 ans ont montré un fort intérêt pour la mise en place d’un carnet de santé numérique au sein de Mon espace santé. Un carnet qui serait un doublon du format papier, tandis que 65% d’entre eux ont montré un intérêt pour le remplacement total du carnet papier par un carnet numérique.

    Qu’est-ce qui explique la non-activation du compte MES ?

    Alors que 85 % des Français n’utilisent pas MES et que seulement 15,6 % d’entre eux ont activé leur compte, la synthèse des enquêtes menées expliquent les principales raisons de cette non-activation :

    • 29 % de ceux qui n’ont pas activé leur compte MES alors qu’ils connaissent le service déclarent qu’ils ne l’ont pas fait parce qu’ils “n’en voyaient pas l’utilité” ;
    • 26 % d’entre eux indiquent qu’ils ne l’ont pas fait par manque de temps et parce qu’ils ont l’impression que le processus d’activation sera long et fastidieux ;
    • 24 % de ceux qui ne l’ont pas activé déclarent ne pas l’avoir fait parce qu’”ils n’avaient pas à disposition toutes les informations qui semblaient nécessaires” à cette activation.

    Des inquiétudes sur l’usage et la sécurité des données

    Même si 90 % des Français interrogés affirment avoir déjà utilisé un outil ou un service de santé numérique, il n’en reste pas moins que de nombreuses barrières freinent encore leur adoption massive et continue. Parmi les plus évoqués :

    • la crainte que la qualité des diagnostics et des soins soit altérée par la déshumanisation ;
    • la crainte de la mise à l’écart des populations moins à l’aise avec le numérique ;
    • la crainte concernant l’utilisation et la sécurité des données personnelles de santé : 86 % considèrent que leurs données sont sensibles et 76 % redoutent des usages commerciaux de leurs données de santé.

    [annuaireOrga=198085]

  • H&TI Morning / Webinaire : bilan 2023 des levées de fonds des startups de la santé numérique (13/02)

    Chers abonnés,

    Nous avons le plaisir de vous inviter à notre prochain H&TI Morning, consacré au bilan des levées de fonds réalisées lors de l’année 2023 par les sociétés françaises sur le marché du numérique en santé, en lien avec une analyse DATA publiée en parallèle sur H&TI.

    Après une croissance sans précédent des investissements depuis 2020 et la crise liée à la pandémie Covid-19 jusqu’à fin 2022, la période « record » touche à sa fin, avec un retour à la dynamique pré-covid qui se confirme. Les sociétés françaises du numérique en santé ont levé 619 millions d’euros en 2023, soit une chute de plus de 67 % des investissements et une baisse de près de 32 % du nombre de deals effectués. Pour rappel les investissements en health tech s’élevaient à 2,13 Mds € en 2021 (107 opérations), 621,86 M€ en 2020 (66 opérations), 732 M€ en 2019 (66 opérations) et 245,5 M€ en 2018 (57 opérations).

    À noter : l’année 2023 a été marquée par une forte diminution du capital risque et une absence de “méga deals”. En 2022, plus de 1,4 Md€ avait été totalisé par les 10 levées les plus importantes, parmi lesquelles 6 ont été réalisées par des licornes. Faut-il s’inquiéter de cette baisse des investissements ? Quelles opportunités pour les start-ups en 2024 ?

    📅 Au programme du webinar :

    • Quel est le bilan des levées de fonds annoncées entre janvier et décembre 2023 sur le marché du numérique en santé (montants, nombre d’opérations…) ?
    • Quel est le bilan des levées de fonds en santé numérique aux USA et quelles sont les tendances ?
    • Quels sont les investisseurs les plus actifs ?
    • Quel est le top 10 des opérations les plus importantes ?
    • Quelles sont les principales tendances et les perspectives d’évolution du marché à court et à moyen terme ?
    • Quelles seront les meilleures approches en santé numérique pour se financer en 2024 ?

    👉 Pour participer, inscrivez-vous maintenant en suivant ce lien. 


    📌 Connectez-vous le mardi 13 février de 8h30 à 9h15 et posez vos questions en direct aux intervenants : 
    • Arnaud Houette, associé gérant chez Extens ;
    • Jill Handy, consultant healthcare innovation Care Insight.

    Arnaud Houette est un professionnel reconnu dans le domaine de l’investissement et de l’entrepreneuriat, occupant le poste d’associé gérant chez Extens, un fonds d’investissement de premier plan en France dans le secteur des logiciels de santé. En plus de son rôle chez Extens, il assume des responsabilités en tant qu’administrateur au sein de sociétés technologiques à forte croissance. Parmi ses réalisations notables, Arnaud Houette est l’inventeur du concept FlyView. En tant qu’entrepreneur passionné, Arnaud Houette s’intéresse profondément aux leviers de croissance des PME, au leadership des dirigeants et aux avancées technologiques et scientifiques. Son parcours professionnel reflète son engagement envers l’innovation et son désir de promouvoir le développement des entreprises technologiques et de santé.

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  • IA & pharmacie : quels freins et quels leviers pour réussir l’intégration des innovations ? (étude)

    La formation des personnels, plus d’investissement dans des solutions innovantes et une réglementation solide pour protéger les données des patients. Selon une étude* publiée dans le Journal of Medical Economics, plusieurs leviers existent pour accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) en pharmacie. L’IA automatise et simplifie certaines tâches, poussant les pharmacies à devenir à l’avenir des centres de gestion de la santé plutôt que de simples lieux de dispensation des médicaments. Les outils pilotés par l’IA modifient de nombreux aspects de la chaîne pharmaceutique de l’approvisionnement, à la sécurisation des ordonnances, en passant par la gestion des stocks et la prédiction des ruptures.

    Quels enjeux et quels avantages pour l’IA en pharmacie ?

    Selon les auteurs, l’intégration de l’IA dans les pharmacies, qu’elles soient d’officine ou hospitalières, promet de nombreux avantages et soumise à différents enjeux :

    • 1️⃣ un gain de temps et une réduction des coûts ;
    • 2️⃣ un manque de connaissances des pharmaciens pour utiliser les applications d’IA, notamment dans les pays en voie de développement ;
    • 3️⃣ les coûts initiaux à installer l’IA sont conséquents, mais peuvent augmenter l’efficacité opérationnelle et réaliser des économies importantes à long terme ;
    • 4️⃣ la collaboration avec les professionnels de santé est cruciale pour le succès de l’IA en pharmacie, notamment dans le partage et l’accès aux données de santé. C’est en fournissant des plans de traitements complets grâce à des efforts multidisciplinaires que les soins pourront être personnalisés ;
    • 5️⃣ afin de surmonter les entraves structurelles à l’IA, les pharmaciens devront être formés en amont, bénéficier du soutien financier des acteurs de la santé et s’appuyer sur une réglementation solide pour la protection des données des patients.

    Les chatbots peuvent interagir comme un représentant du service client, répondant aux questions et aux préoccupations des utilisateurs. Si la question est vraiment complexe, ils peuvent la transmettre à un humain du service afin d’obtenir une réponse personnalisée.

    Des difficultés au déploiement

    L’article du Journal of Medical Economics objective différents obstacles concernant l’adoption de l’IA dans les pharmacies, notamment le manque de connaissances entravant son fonctionnement et son amélioration. L’IA pose également des problèmes de confidentialité et de sécurité des données de ses utilisateurs, notamment face aux menaces des cyberattaques et de perte de données.

    Les agences de réglementation exigent des preuves rigoureuses sur la sécurité, la fiabilité et l’efficacité des algorithmes intelligents avant d’approuver leur utilisation dans les communautés et les milieux pharmaceutiques hospitaliers. Ce processus est long, fastidieux et nécessite beaucoup de ressources, aussi bien financières qu’humaines, avec des logiciels et du personnel hautement qualifiés.

    Un investissement initial et une formation pour les personnels

    L’intégration de l’IA fait face à des problèmes techniques, des coûts opérationnels élevés et la nécessité d’une collaboration multidisciplinaire. L’IA peut améliorer la gestion des stocks et la prévision des ventes de médicaments. Le frein majeur réside dans des investissements initiaux importants, notamment dans l’installation du matériel adéquat. Le manque de collaborations avec d’autres professionnels de santé réduit les avantages potentiels de la technologie, qui a besoin d’une quantité de données significatives.

    Pour bénéficier des avantages de l’IA, les pharmaciens devront être formés et sensibiliser à la pratique de ses applications. Son utilisation pourra libérer les pharmaciens de leurs tâches quotidiennes comme la distribution de médicaments pour des actions à valeur ajoutée, comme des orientations, des conseils et des services de santé personnalisés comme des vaccinations, des dépistages ou de la gestion de maladies.

    Concernant les autorités, les politiques publiques devront proposer des directives explicites pour l’intégration de l’IA dans les soins de santé et les pharmacies. Notamment un cadre réglementaire pour la protection des données de santé et la mise en place de mesures efficaces, comme l’acquisition de compétence liée à cette technologie.