Syndicats

  • EyeNetra : pour un diagnostic connecté des problèmes de vue

    La start-up américaine EyeNetra a conçu des solutions connectées afin de pouvoir mesurer les problèmes de vue et poser un diagnostic à distance, via un smartphone.

    EyeNetra a développé trois solutions afin de scanner l’oeil : Netra, Netrometer, et Netropter, toutes trois reliables à la plupart des smartphones pour un diagnostic rapide et possible à distance, et connectés à une plateforme Cloud. Les appareils peuvent être achetés par des particuliers, ou par des professionnels. 

    L’innovation que constitue cette initiative est particulièrement observable à travers le programme lancé par EyeNetra en Inde : Nayantara. Dans ce pays qui souffre de la pénurie de médecins spécialistes, couplée à de grands déserts médicaux, le diagnostic des problèmes de vue reste complexe ou trop onéreux pour la population. 

    Ainsi, le programme Nayantara permet de former des « Visionneers » à l’utilisation des appareils, des jeunes étudiants en médecine par exemple, qui iront réaliser les examens dans les régions les plus reculées. La technologie permettant de poser un diagnostic à distance, les conclusions de l’examen pourront être données par les spécialistes restés en ville. Selon les porteurs du projet, plus de 17000 personnes pourraient bénéficier de cette initiative. 

  • AdhereTech : un tube connecté au service de l’observance médicamenteuse

    AdhereTech est une start-up new-yorkaise créée en 2011 positionnée sur le marché de l’observance médicamenteuse. La solution connectée d’AdhereTech permet aux séniors de bénéficier d’une télésurveillance de la prise de leurs médicaments chaque jour.

    La solution d’AdhereTech se présente sous forme d’une bouteille. Celle-ci détecte les mouvements d’ouverture et de fermeture du bouchon, afin de pouvoir attester de la prise effective du médicament.

    Les données sont collectées et connectées : une antenne et une puce mobile placées dans la bouteille permettent d’envoyer les données collectées en temps réel à une centrale détenue par AdhereTech. 

    Si les médicaments ne sont pas pris, la bouteille peut s’illuminer ou émettre un son. La solution permet également l’envoi d’un sms ou d’appeler directement le patient. 

    La solution AdhereTech permet de s’adresser à un plus grand nombre de séniors : ceux qui ne seraient pas familiers des smartphones et applications mobiles, mais à qui un dispositif de télésurveillance s’impose. 

  • The Fabulous, start up santé qui propose une app. de « happy coaching » intègre le Garage de Facebook

    Elle intégrera le Startup Garage de Facebook dès septembre 2017 : The Fabulous, créée en 2014 est une start-up qui aide à instaurer de nouvelles habitudes de vie, au service de la santé et du bien-être.
    Son co-fondateur et dirigeant, Sami Ben Hassine a accordé un entretien à Health&Tech Intelligence afin de présenter l’application et la philosophie sur laquelle elle se repose.

    Pouvez-vous expliquer les origines de la création de The Fabulous ?

    Le début c’est une envie d’avoir un coach personnel sans devoir payer une fortune. Idéalement, il faut avoir un coach qui vient à 7h du matin et ne part pas avant que vous ayez fait du sport. J’ai donc réfléchi à une application qui agit comme un coach qu’on aimerait, et non un coach trop ennuyeux. Je lisais en même temps Le Petit Prince et L’Alchimiste et je me suis rendu compte que ce qui nous transforme, c’est le voyage, les épreuves, les aventures. Donc nous avons voulu intégrer cet aspect, en créant une invitation au voyage pour changer les habitudes. Parallèlement, nous avons voulu appuyer cela sur des concepts scientifiques démontrés et existants. Nous nous sommes aperçus que les conseils en matière de sommeil par exemple sont très nombreux sur internet, mais parfois contradictoires, peu fiables : personne ne sait vraiment ce que sont les 5 étapes précises pour dormir par exemple, comme se déconnecter des appareils avec écran. Ce sont des habitudes à prendre et elles sont très difficiles à mettre en place.

    Le deuxième aspect du raisonnement est qu’on peut très bien prendre la décision de changer une habitude, mais être freiné par son environnement : l’instauration d’une nouvelle habitude passe par le changement de son environnement. Par exemple, on peut décider de s’inscrire dans une salle de sport pour aller faire du sport, mais en général, on ne s’y tient que quelques jours, car si on ne change pas son environnement dans ce sens (avec des incitations à aller faire du sport), on n’ira pas. Le problème, c’est l’environnement immédiat qui ne rappelle pas cette motivation à faire du sport : il suffirait par exemple de mettre ses chaussures de sport à coté du lit, ou de mettre Usain Bolt en fond d’écran pour construire un environnement propice. C’est le secret de la mise en place d’une habitude automatisée.

    Voilà comment est né le concept : un ami d’enfance qui travaillait à l’époque dans une banque m’a suivi dans l’aventure et est devenu co-fondateur et CTO, Amine Laadhari.

    Quel est le principe de votre application ?

    The Fabulous, c’est une aventure, à l’image des livres que je lisais. L’utilisateur s’embarque dans l’aventure. D’ailleurs, l’application est construite sur ce concept : il faut se lancer dans l’aventure et ne pas avoir peur de faire des erreurs. C’est un autre aspect de notre solution : nous avons construit l’application sur les bases de l’attitude positive : on apprend de ses erreurs. Il n’y a pas d’échec dans l’application. Elle est destinée à se sentir mieux.

    Elle aide donc à mettre en place des routines : matinales, du soir, du week-end.

    • L’utilisateur commence d’abord par la mise en place d’une habitude matinale, car c’est un moyen de se familiariser facilement avec la notion de routine, de rituel : très simplement, la première habitude est de boire de l’eau le matin. C’est durant les deux premiers jours d’utilisation de l’application que l’utilisateur bâtit une relation de confiance avec elle, il est donc primordial de proposer une routine simple. Par la suite, l’application introduit le sport comme routine matinale.
    • La routine du soir consiste à favoriser le sommeil. Encore une fois, le sport étant la base de tout, nous encourageons à instaurer une routine sportive, qui aidera au sommeil, à lutter contre la dépression ou la baisse d’énergie.
    • La méditation, sous toutes ses formes est aussi encouragée : prière, contemplation, réflexion, relaxation.

    Nous avons commencé à Paris en lisant des articles de science du comportement. Mais il y a deux ans, nous avons été acceptés dans l’incubateur de Duke University, qui possède un laboratoire de Sciences Comportementales, dirigé par Dan Ariely (professeur de Behavioral Economics).

    Cette incubation a complétement bouleversé notre façon de voir les choses, puisque nous sommes partis de l’idée qu’il fallait que nous aidions les humains à faire des choix pour leur santé puisqu’ils sont irrationnels par nature. Plus qu’entrepreneurs, nous étions chercheurs dans cette aventure. C’est là que nous avons approché la notion de « rituels », qui aident à reprendre confiance en soi, et à créer un environnement familier : comme lorsqu’on se coupe les cheveux après une rupture par exemple. Nous incitons donc les utilisateurs à instaurer un rituel avant de faire du sport, comme par exemple taper trois fois dans les mains, ce qui motive à la pratique sportive.

    A qui s’adresse votre application ? 

    L’application s’adresse à tous ceux qui veulent mettre en place des habitudes : par exemple, les personnes qui veulent prendre leurs médicaments. Après un infarctus, beaucoup de patients vont abandonner la prise de leurs médicaments. Nous pouvons aider ces gens à mettre en place une habitude.

    Notre champ d’application est la santé et le bien-être. Nous aidons les gens dans tous ces champs.

    Je parlais du sport, mais si vous n’aimez pas le sport ou ne pouvez pas en faire, nous restons positifs, et nous vous proposons des pratiques adaptées et plus simples, comme aller se balader tout simplement.

    Quel est le modèle économique de l’application ?

    Nous avons deux modèles économiques :

    • L’application consommateur nécessite une inscription et est accessible en freemium, c’est-à-dire gratuitement pour les fonctionnalités de base, et par un abonnement payant pour des fonctionnalités plus poussées.
    • Nous travaillons aussi avec des hôpitaux notamment aux Etats-Unis : nous allons participer à une étude clinique sur des patients ayant eu un infarctus, concernant l’adhérence médicamenteuse. Nous fonctionnons ici en B2B.

     

    Quelles sont vos perspectives d’avenir sur ce marché ?

    The Fabulous s’engage dans le healthcare, santé digitale, adhésion médicale. C’est notre prochain objectif, et nous adaptons l’application pour qu’elle corresponde à ces ambitions. Nous commençons également à démarcher des entreprises pour qu’elles proposent l’application à leurs employés : les routines et rituels peuvent s’appliquer au travail pour être productif. 

    Vous allez intégrer le Startup Garage de Facebook en septembre, qu’est ce que cela va vous apporter ?

    Nous connaissons bien Facebook et notre objectif est de pouvoir nous rapprocher des collaborateurs de Facebook pour en apprendre plus sur les pratiques mises en place afin d’augmenter nos utilisateurs.

     

     

  • Rétinopathie diabétique : E-opthalmo, l’application qui facilite le parcours de soin des patients

    Faciliter la communication entre les intervenants du parcours de soin d’un patient diabétique pouvant souffrir de rétinopathie diabétique, tel est l’objectif de la plateforme E-ophtalmo. Cette maladie peut en effet toucher un tiers des personnes atteintes de diabète, mais le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste est parfois un frein au diagnostic.

    Lancée en 2016, la société E-ophtalmo a été lauréate d’un prix au sein de la 3e promotion du programme Lyon Startup.

    Le délai moyen en France pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste est de trois mois. Il est néanmoins possible, depuis 2014, pour les personnes diabétiques, de consulter un orthoptiste qui pourra alors réaliser les examens nécessaires et envoyer les résultats à un ophtalmologiste pour analyse. 

    C’est cette étape du parcours de soin que souhaite faciliter la société E-ophtalmo grâce à sa plateforme. E-opthalmo permet au patient de géolocaliser les orthoptistes près de chez lui afin d’y réaliser ses examens, qui seront envoyés à un ophtalmologiste qui pourra par la suite poser le diagnostic. 

    Le projet, notamment soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et Saint-Etienne métropole, n’est pour l’instant ouvert qu’aux personnes diabétiques mais pourrait s’étendre au diagnostic d’autres maladies ophtalmologiques. 

  • Israël : 384 start-up e-santé et 175 m€ d’investissements en 2016 (rapport Start Up Nation Central)

    70 % des investissements de 2016 réalisés vers des start-up d’objets connectés et d’analyse de la data. Le rapport de la Start-up Nation Central fait un état des lieux fondé sur les données sur la période 2015-2016 et ébauche l’évolution de la santé numérique et digitale en Israël. Il s’agit d’un secteur particulièrement porteur en termes de financements engagés et d’acteurs industriels mobilisés.
    Le nombre de sociétés du secteur a cru de façon considérable pour atteindre pratiquement 400 start-up dédiées. Un investissement à hauteur de 175 M€ pour l’année 2016 en forte augmentation par rapport à l’année 2015 affichant 144 M€.
    Les niches des objets de santé personnels connectés et de la science de la donnée sont les plus attractives : 1/3 des financements a été consacré à l’analyse de données en 2016.
    La croissance tendancielle de ces investissements s’inscrit dans une démarche plus globale de responsabilisation et d’empowerment du patient.

    Start-up Nation Central est une organisation de promotion de  l’innovation et des nouvelles technologies généraliste, avec un segment vertical dédié au secteur de la santé digitale. Elle est également gestionnaire d’une plateforme gratuite et ouverte de mise en contact entre acteurs de l’innovation israélienne, soit plus de 5 000 sociétés nationales et autres investisseurs ou groupes opérant sur le territoire de l’état israélien.

    Modèle économique et secteurs de développement centrés sur l’utilisateur final et l’expérience utilisateur

    L’étude pose les constats suivants :

    • De plus en plus fréquemment, les industriels de la e-santé développent ou diversifient leurs offres en mixant leurs modèles économiques B2C ou B2B2C. Le nombre de sociétés ayant adopté le modèle B2B exclusivement est en recul. 
    • L’utilisateur final est au cœur du processus de l’innovation pour garantir le développement des usages.

      Il en découle que les principales niches de développement des innovations e-santé sont les objets connectés de suivi personnel impliquant l’analyse des données biométriques et l’analyse big data avec dans une seconde mesure l’analyse comportementale.  45% des sociétés du secteur de la e-santé en Israël opèrent sur ce segment.

    Les autres secteurs de la santé digitale israélienne sont :

    • la télémédecine,
    • les outils et plateformes liés au parcours de soins (aide à la décision, paiement en ligne, optimisation des processus et des flux et l’automatisation)
    • les wearables.

    Caractérisation de l’investissement et du financement des start-up

    En 2015-2016, 70% des investissements ont été dirigés vers l’analyse des données et les objets connectés permettant un suivi et une action directe sur la santé du bénéficiaire. En 2016, 32% des investissements ont ciblé les start-up de l’analyse de données (soit 55,5 M€) contre 59% en 2015.

    Ce qui caractérise ces deux secteurs à fort potentiel est la corrélation entre l’étape précoce de financement du projet et le stade avancé dans la réalisation du produit. C’est surtout vrai pour les objets connectés où un financement limité donne lieu à des produits fonctionnels et disponibles à l’utilisation très rapidement.

    Les algorithmes sont plus longs à pouvoir être mis sur le marché et nécessitent des cycles d’investissements plus lourds. Les logiciels, applications et autres outils d’analyse, nécessitent pour être disponibles sur le marché de la santé de passer par des études cliniques et validations et de répondre aux contraintes d’interopérabilité.

    Un changement d’échelle et de couverture grâce à un contexte institutionnel favorable

    Le ministère de la santé israélien est un nouvel acteur de l’innovation en santé. Il a fait preuve d’une volonté d’intégrer l’écosystème de la santé digitale et les innovations qu’il draine dans l’écosystème de la santé publique. En 2016, 3 appels d’offres mettant à l’honneur l’innovation dans des domaines différents ont été ouverts : efficacité des systèmes de soins hospitaliers et d’urgence, réduction des erreurs médicales et gestion de l’obésité.

    La DigitalHealth.il Conference expose les nouvelles technologies et réunit les entrepreneurs, les hauts représentants des grands groupes industriels dans le domaine de la santé et investisseurs. L’édition de 2016 tournait principalement autour des défis actuels : la preuve et la validation clinique, la révolution comportementale, le big data et l’impact de la santé digitale sur le marchés émergents.

    Un institut technologique d’excellence, le Technion, développe ses activités de recherche et noue fin 2016 un partenariat avec la Chine. L’aile chinoise de l’Institut est installée près du campus de l’Université de Shantou et se veut une université innovante et axée sur la recherche. Par la suite, il est prévu qu’un centre d’innovation soit construit à proximité et serve de point d’entrée aux entreprises israéliennes dans la pénétration du marché chinois entre autres.

    La création de nouveaux accélérateurs et incubateurs en 2016 favorise  également l’entreprenariat disruptif.

    Tendances de développement et évolution

    Au cours de la période 2015-2016, les investissements en phase précoce de création de start-up (seed et Série A) sont les plus nombreux.

    Sous la pression d’une tendance généralisée mettant au cœur de l’innovation le patient et l’utilisateur final, les frontières entre les différents domaines de la e-santé tendent à s’estomper. Les domaines  s’agrègent pour former des produits de santé puissants et intégrés. L’interconnexion est au service d’un recentrage autour du patient.

    C’est ce qui explique le développement des offres sur le modèle B2C et une préférence pour le marché des « soins domestiques ».

    Les solutions cliniques, domaine historique de développement de la e-santé, commence à enregistrer un recul dans les investissements, tout en étant relativement stables en 2015-2016, notamment en raison de la contrainte d’adaptation des solutions à chaque acteur de l’offre de soins, opérant lui-même au sein des marchés à caractère national.

  • Machine learning : « Nous voulons être leader sur le marché du sommeil » (Hugo Mercier, Rythm)

    Hugo Mercier, co-fondateur et CEO de Rythm, a accordé une interview à Health&Tech sur le positionnement de la start-up, qui a élaboré un bandeau visant à améliorer la qualité du sommeil :
    • une approche fondée sur les neurosciences et le machine learning
    • un positionnement BtoC pour créer un leader sur ce marché fragmenté
    • des collaborations de recherche nombreuses
    • une implantation aux Etats-Unis très en amont

    Tels sont les principaux points abordés par Hugo Mercier dans cet entretien.

    Qu’est-ce qui vous a poussé à créer une start-up spécialisée sur le sommeil ? De quels financements et aides avez-vous bénéficié ?

    J’ai co-fondé Rythm avec Quentin Soulet de Brugière alors que nous étions encore étudiants à Polytechnique. Tout a commencé lorsque nous avons participé à un programme de recherche en neurosciences à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière sur les effets de la stimulation cérébrale dans la promotion du sommeil profond. Cela nous a permis d’avoir un début de preuve de concept sur la possibilité d’améliorer la densité et la durée du sommeil profond, ainsi que le ressenti au réveil, via des stimuli externes.

    Nous avons eu envie d’aller plus loin et de transposer cette optimisation des phases de sommeil au grand public. En effet, un tiers de la population dort mal, et il n’existe pas de solutions réellement intéressantes pour améliorer la qualité du sommeil : les médicaments – somnifères – ont de nombreux effets secondaires, et les wearables ne proposent qu’un monitoring peu fiable. Nous avons alors eu l’ambition d’utiliser les neurosciences pour créer un leader sur le marché du sommeil, actuellement très fragmenté, avec beaucoup d’acteurs de taille moyenne.

    C’est dans ce contexte que Rythm a été créée en juillet 2014. Nous nous sommes rapidement aperçus que nous devions développer beaucoup de nouvelles technologies, notamment pour la mise au point des capteurs, et la start-up s’est fortement développée : nous sommes aujourd’hui 70. L’équipe comprend beaucoup d’ingénieurs et de PhD.

    Nous avons levé environ 10 millions d’euros depuis la création de Rythm, et avons également gagné les trois phases du Concours mondial d’innovation.

    Nous avons conservé beaucoup de collaborations scientifiques, avec des centres de sommeil par exemple, et de projets de recherche en neurosciences.

    Pourquoi avoir fait le choix d’une implantation aux États-Unis très tôt dans le développement de la start-up ?

    Nous avons ouvert un bureau aux États-Unis moins d’un an après la création de Rythm, car il est indispensable de penser international tout de suite : le marché français est trop petit, le marché européen trop segmenté. On ne peut pas se permettre d’attendre que le produit soit développé pour envisager un développement à l’international.

    Par ailleurs, certaines compétences, notamment en design industriel, sont plus pointues aux États-Unis.

    Notre bureau américain est principalement axé sur des fonctions de marketing et de design, mais nous menons également quelques projets de recherche avec Stanford.

    Considérez-vous Dreem comme un dispositif médical ? Quand sera-t-il commercialisé ?

    Dreem est un bandeau qui optimise les phases de sommeil et améliore la qualité du sommeil profond grâce à des stimulations sonores particulières, déclenchées à des moments précis, à partir de la mesure de l’activité cérébrale via des capteurs EEG. Ces stimulations permettent de générer plus d’ondes lentes, de meilleure qualité.

    Nous avons d’abord commercialisé Dreem en série limitée dans le cadre d’un programme payant de test auprès les utilisateurs. Sur 7000 volontaires, nous en avons sélectionné 500 sur des critères socio-démographiques et de sommeil. Cela nous a permis d’enregistrer 30 000 nuits dans notre base de données, et d’avoir des metrics objectives sur l’amélioration du sommeil ainsi qu’un retour des utilisateurs sur les bénéfices ressentis.

    Une nouvelle version de Dreem sera commercialisée avant l’été, à un prix d’environ 350 €. Nous avons fait le choix de le vendre en BtoC, sans passer par un marquage CE. Il y a un blocage sur l’innovation incrémentale dans le secteur de la santé, et nous sommes convaincus qu’il faut passer par le consommateur pour la déployer. Par ailleurs, la médecine du sommeil est encore peu développée, et les troubles du sommeil sont sous-diagnostiqués : ce n’est donc pas la bonne façon d’aborder le sujet.

    Nous avons toutefois mis en place un système qualité et disposons déjà des données cliniques nécessaires à la constitution du dossier technique produit pour une éventuelle demande de marquage CE.

    Comment fonctionne le projet Morpheo ? Quels en sont les objectifs, la temporalité et le financement ?

    Morpheo est un projet de recherche que nous avons lancé dans le cadre d’un consortium avec Polytechnique et l’université Paris Descartes. Il vise à rapprocher deux populations qui s’intéressent aux données médicales : les machine learners, qui ont besoin de beaucoup de données pour développer leurs modèles, et les professionnels de santé, qui disposent de données et souhaitent pouvoir les analyser plus facilement.

    Morpheo est une plateforme collaborative open source et gratuite, sur laquelle nous n’avons pas de retour financier. Elle permet d’entraîner les modèles de machine learning sur des bases de données situées n’importe où dans le monde, sans aucun téléchargement. L’information est cryptée et reste propriété des laboratoires de recherche. Morpheo est construit sur une infrastructure de blockchain, qui assure la traçabilité et la sécurité des données.

    De leur côté, les hôpitaux se pluggent à la plateforme via un viewer qui leur permet de visualiser leurs données et de bénéficier des modèles développés dans le réseau.

    Morpheo va ainsi permettre d’accélérer l’analyse des données d’enregistrement du sommeil et d’élaborer des outils d’aide au diagnostic. Le registre sera ouvert à l’international en septembre.

    Quelles innovations voyez-vous arriver dans la prise en charge du sommeil dans les années à venir ?

    Trois niveaux d’application potentielle du machine learning peuvent être distingués :

    • la détection des biomarqueurs des pathologies du sommeil, qui est déjà effectuée dans les centres de sommeil ;
    • la détection d’autres pathologies, via leur impact sur le sommeil : maladies cardiovasculaires, maladies neurodégénératives, diabète…
    • la détection de marqueurs en amont du déclenchement de pathologies comme les maladies neurodégénératives.

    Pour faire cela, il faut beaucoup de données médicales, d’où notre implication dans le projet Morpheo.

    A plus long terme, on peut imaginer d’améliorer la compréhension du cerveau humain via la compréhension du sommeil.

    Quelles sont les perspectives de Rythm dans les années à venir ?

    Nous avons fait le choix d’une démarche BtoC : soit les consommateurs adhèrent à notre solution, et nous connaîtrons une forte croissance, soit Rythm disparaîtra.

     

  • Cardiologie : Devinnova lance un patch-ECG connecté pour détecter le risque d’infarctus

    La start-up Devinnova, créée en 2016 à Montpellier, lance dès septembre sur le marché Vitalsigns, un électrocardiogramme connecté, composé d’un patch cutané à usage unique et relié à une application, capable de détecter les prémices d’un infarctus jusqu’à deux mois avant qu’il ne survienne.
    Devinnova a bénéficié du soutien du programme « Dell for Startups » de Dell et du programme d’accélération Start2You.

    Vitalsigns est un patch cutané à usage unique composé de 3 électrodes. Relié en bluetooth à une application smartphone ou tablette, il permet d’enregistrer le rythme cardiaque afin d’en déceler les troubles. Il peut ainsi détecter un risque d’infarctus jusqu’à deux mois avant. 

    Les données récoltées sont enregistrées sur le serveur de l’application et sont accessibles par le médecin en mode Saas afin que celui-ci puisse suivre en temps réel le patient à risque, pour une meilleure prise en charge. 

    Vitalsigns est un capteur polyvalent qui permet de détecter d’autres pathologies comme l’apnée du sommeil ou les maladies respiratoires par la mesure de : 

    • ECG
    • Fréquence respiratoire 
    • Température cutanée 
    • Saturation en oxygène
    • Posture du patient

    La société a annoncé la commercialisation de son dispositif dès septembre 2017. 

  • Ehtrace : solution de traçabilité des DM implantables pour se conformer avec le réglement européen

    Ehtrace, start-up innovante lancée en 2015 et spécialisée dans les solutions de traçabilité des dispositifs médicaux implantables répond aujourd’hui à un besoin formulé par deux nouveaux règlements européens adoptés par le Parlement européen le 5 avril 2017. Pour autant, la traçabilité est encore une problématique de taille dans les établissements de santé, mais aussi pour les fabricants et les patients.
    Economies, gain de temps, sécurité du patient, tels sont les enjeux de la traçabilité des dispositifs médicaux implantables que nous présente Laurent Olivier, fondateur et dirigeant d’Ehtrace dans un entretien accordé à Health&Tech Intelligence.

    Pouvez-vous présenter votre société ? 

    L’histoire a démarré il y a dix ans, avec un fabricant de dispositifs médicaux implantables d’orthopédie : il fallait trouver une idée pour tracer ses dispositifs. Nous avons ensuite développé une solution pour les cabinets dentaires.

    En 2015, nous avons créé avec deux collègues la start-up Ehtrace pour développer une nouvelle solution indépendante des fabricants. Nous voulions développer une solution moderne, innovante, qui permette de s’affranchir des normes propres du fabricant en termes d’étiquetage et de tracer de façon mobile les dispositifs dans les établissements de santé. Notre système devait être capable de reconnaitre les codes-barres de toutes les boites et offrir de la mobilité.

    Quels sont les enjeux et les contraintes du marché aujourd’hui ?

    Il existe deux nouveaux règlements européens (règlements relatifs aux dispositifs médicaux – 2012/0266 et 2012/0267) qui officialisent le besoin d’une traçabilité des dispositifs médicaux « tout au long de la chaîne d’approvisionnement ».  

    Par ailleurs, deux paradoxes principaux régissent le secteur de la santé : d’abord les commandes dans ce secteur se font en effet en flux-tendu, chaque jour, parfois du jour pour le lendemain et la gestion par fax ou téléphone est très fastidieuse. Le deuxième paradoxe est que la grande majorité des boites sont étiquetées avec un ou plusieurs code-barres, sans harmonisation et catalogue universel entre les fabricants. Aujourd’hui, une harmonisation existe aux Etats-Unis, mais pas encore en Europe. Notre solution doit répondre à ces deux enjeux.

    A qui s’adressent vos produits ?

    L’enjeu est d’assurer la traçabilité d’un dispositif implantable pour le patient mais aussi pour le fabricant et l’établissement de santé. Nous nous adressons aux trois maillons de cette chaine.

    Concernant les fabricants, ils se retrouvent souvent en difficultés pour connaitre le devenir des stocks qu’ils ont vendu. En effet, la majorité des dispositifs médicaux implantables sont consignés dans les établissements de santé et sont facturés s’ils sont posés. Or, les fabricants mettent donc des stocks à disposition dont ils ne connaissent pas le devenir. Lorsque les périmés leurs reviennent, c’est sur eux que pèsent les coûts. Plus encore, lorsque, lors d’un rappel de lot pour incident survient, c’est à eux de rappeler leurs stocks, ils ne savent bien souvent pas où ces derniers se trouvent. Notre solution, en plus de supprimer l’envoi de Fax en dématérialisant les commandes, leur donne donc une traçabilité et une visibilité du devenir de leurs produits.

    Pour le volet établissement de santé, il s’agit de pouvoir tracer les dispositifs médicaux, aussi bien au niveau des stocks, que ceux qui sont posés, périmés, perdus car ouverts mais non posés. Cela permet de réelles économies par la mesure des écarts existants entre ce qui est acheté et ce qui est réellement consommé et facturé. On évalue l’économie à 4% à peu près. Notre solution propose également une traçabilité de l’occupation des locaux (salle d’opération), ce qui permet une prise de conscience du coût d’occupation d’un bloc opératoire par exemple. Enfin, au-delà des économies financières, c’est une économie de temps : le personnel de santé peut se concentrer sur son métier, au lieu de coller des étiquettes, de remplir des feuilles et de resaisir des données. Notre solution est aujourd’hui en évaluation dans 4 établissements : le CH d’Arcachon, le CH de Libourne, l’Institut Bergonié de Bordeaux et la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine.

    Enfin, s’agissant des patients, selon une enquête du Ministère de la Santé, 60% d’entre eux n’ont reçu aucune information sur la référence de leurs implants. De plus, la multiplication des implants sur un patient (prothèses de hanches et implants dentaires par exemple) rend d’autant plus nécessaire une agglomération de la traçabilité, pour des questions de sécurité notamment, lors d’une intervention qui nécessite de connaitre au préalable les implants dont dispose le patient. Lorsque le dossier médical partagé (DMP) sera actif partout, nous pourrons activer ce service de façon systématique. En attendant, nous proposons aux patients une solution sur smartphone pour agréger ses informations d’implants.  

    Quel est le modèle économique de votre solution ?

    Concernant les patients et les praticiens libéraux, le service est gratuit. Ceux qui nous permettent réellement de financer cette solution sont les établissements de santé et les fabricants.

    Après avoir essuyé un refus du Ministère de la Santé pour essayer de voir si un financement de sa part était envisageable envers les établissements, nous avons opté pour le mode Saas : la solution n’est pas installée sur les serveurs des hôpitaux, mais sur une plateforme hébergée par un hébergeur de données sécurisé de santé. Il suffit aux établissements de se connecter sur la plateforme via des tablettes paramétrées par nos soins. Les établissements n’achètent pas la solution : ils sont facturés à l’intervention chirurgicale de 0,15 à 0,20% du coût d’une intervention. Cette facturation comprend la traçabilité des produits utilisés, et d’une manière générale, la traçabilité de tout ce qui est consommé lors de l’intervention. De part notre traçabilité financière, les établissements disposent d’informations précises sur les consommations par type de chirurgie, par exemple, ce qui leur permet ainsi de générer des économies.

    Concernant les fabricants, ces derniers paient la facture des établissements de santé si elle provient d’une commande effectuée en dématérialisation. En contrepartie, ils auront économisé sur les coûts de gestion d’une commande.

    Notre modèle économique incite à la commande dématérialisée : le fabricant y gagne mais les établissements de santé aussi s’ils peuvent s’affranchir des coûts de facturation de notre solution. 

    Quelles sont vos perspectives de développement ?

    Notre priorité est d’installer la solution en France cette année. Outre nos établissements pilotes, nous avons également contracté avec des établissements parisiens. Mais à partir de l’année prochaine, nous projetons un développement international. En effet, les règlements qui officialisent les besoins en termes de traçabilité sont européens. Ainsi, tous les pays européens ont les mêmes contraintes, ce qui est intéressant pour nous. De même, la Tunisie ou le Maroc sont assez proches de la France en termes d’exigence de traçabilité, et cela peut être une opportunité. 

    Nous sommes actuellement en phase d’étude marketing pour voir ce qui est réalisable, et comment le réaliser en fonction des contraintes réglementaires de chaque pays.  

  • Startup Challenge Digital Africa 2017 : 4 start-ups e-santé lauréates primées par la BPI et l’AFD

    Le startup challenge digital Africa, organisé par Bpifrance et l’Agence Française de Développement, a dévoilé ce 2 mai 2017 ses lauréats : 10 start-up (5 françaises et 5 africaines) dans les secteurs fintech, santé, environnement-énergie et agriculture.

    Parmi les 10 lauréates, on compte 4 start-up e-santé : Teekeo et Citizen Doc pour la France, GiftedMom et OTRAC pour l’Afrique.

    L’objectif du concours est d’encourager et de soutenir les nouveaux acteurs de l’économie numérique, de faciliter la diffusion de savoir-faire et l’émergence de nouvelles solutions pour le développement de l’Afrique.

    A l’issue du concours, une « learning expedition » pour ces start-up, en Côte d’Ivoire et Afrique du Sud, vers les hubs de la FrenchTech afin de découvrir l’écosystème local, les incubateurs, les centres techniques, de rencontrer des partenaires publics et privés et de participer à des rendez-vous d’affaire d’affaires. 

    Présentées par Bpifrance et l’AFD lors du 27e sommet Afrique-France à Bamako, les 10 startups lauréates du concours comptent parmi elles 4 start-up du secteur de la e-santé. 

  • Concours Martinique Territoire d’Innovation 2017 : Clikodoc, start-up e-santé récompensée

    Organisée par la Jeune chambre économique de Martinique et EDF, cette deuxième édition du concours vise à récompenser start-ups et jeunes entrepreneurs porteurs de projets innovants afin de favoriser l’innovation locale.

    La remise des prix de l’édition 2017 a récompensé d’un chèque les start-up de plusieurs secteurs, parmi lesquels la e-santé avec Clikodoc, le portail web de prise de rendez-vous médicaux créé il y a à peine un mois et porté par Rodolphe Hospice.

    Clikodoc est une plateforme créée il y a un mois, et destinée aux Antilles françaises : Guyane, Martinique et Guadeloupe. S’adressant aux praticiens et aux patients qui créent leurs comptes et peuvent donc être mis en relation, le site permet :

    • La géolocalisation des praticiens 24h/24
    • La prise rendez-vous de la part du patient pour lui ou un de ses proches, et d’ainsi désengorger les communications téléphoniques qui peuvent s’avérer chronophages pour les professionnels de santé.
    • La gestion des historiques des rendez-vous
    • La possibilité d’adresser une demande particulière au praticien lors du prochain rendez-vous
    • La communication en cas d’impossibilité de venir au rendez-vous.  

    S’agissant des professionnels de santé, ils doivent s’acquitter d’un abonnement afin de pouvoir être répertoriés sur le site et en utiliser les fonctionnalités. 

    Parmi les évolutions à venir sur la plateforme : 

    • La prise de rendez-vous par le professionnel de santé, pour ses patients, chez un confrère
    • Une liste d’attente intelligente pour optimiser les plannings du professionnel et réduire l’attente des patients
    • La mise en place d’une messagerie écrite et vidéo entre professionnels de santé et avec le patient